Eh bien voilà mes amis...

C'est avec beaucoup d'émotions que je vous laisse ce dernier chapitre qui clôture ainsi cette histoire.

J'espère qu'elle vous aura plus jusqu'au bout et je m'excuse encore pour les fautes d'orthographe qui sont passées à travers mon radar, ma correctrice n'ayant plus le temps nécessaire pour me corriger...

Je vous remercie sincèrement de m'avoir suivi jusqu'à présent et j'attends vos retours avec beaucoup d'impatience. En espérant que vous serez là pour les prochaines fictions éventuelles que je ferais ^^

J'vous aime fort, les amis !

Akiss4.


18.

L'éveil de la Bête…

"Mon pire cauchemar avait déjà commencé…"

J'avais l'impression que mon âme s'extirpait de mon corps alors que je voyais ma vie partir lentement en lambeaux.

"SCOTT MCCALL ET JACKSON WHITTEMORE « PROPRES » COMME JAMAIS !"

Un froid glacial s'étendait lentement et progressivement dans ma chair et mes os.

"… il semblerait que la nouvelle acquisition de Jackson Whittemore, le très mignon et gentil Scott McCall, nous ait dissimulé ses biens nombreux talents…"

Au fur et à mesure du texte qui défilait, ma respiration doubla alors que l'oxygène se fit plus rare.

Mon cœur s'arrêta brutalement lorsque l'article prit fin pour laisser place à une vidéo que je n'avais jamais vu auparavant mais dont je ne connaissais que trop bien l'existence.

Qui ?

Qui avait bien pu faire ça ?

Le regard écarquillé et la bouche grande ouverte, je me tournais lentement vers Malia qui me fixait prudemment.

Elle baissa le regard sur le sol en pinçant de nouveau les lèvres alors que je déglutis face à la vidéo qui défilait sous mes yeux.

Elle sembla reprendre son aplomb et ouvrit la bouche mais je n'entendis qu'un gros bourdonnement qui me vrillait la tête.

Je me levais lentement de ma chaise et me dirigeais comme un automate vers la sortie de la bibliothèque.

Je vissais mon regard sur le sol en espérant que personne ne vienne m'interrompre dans ma quête désespérée de fuir le plus loin possible de cet horrible endroit.

Le bourdonnement qui ne me quittait pas me donnait des vertiges mais m'épargnais au moins les chuchotements des autres.

J'avais vécu pas mal de choses terribles dans ce lycée… à Beacon Hills tout court, d'ailleurs.

Je m'y connaissais en journées de merde mais cette… chose… c'était décidément la pire de toutes.

Et pourtant, j'avais subi un accident de voiture bénin mais flippant, une rentrée particulièrement traumatisante, du harcèlement scolaire et j'avais même faillis mourir dans cette putain de piscine…

Et ça, rien que dans cette ville de malheur. Ne parlons même pas de ce que j'avais bien pu vivre à San Francisco !

Cette fois c'était pas une mauvaise impression que j'avais faite… Une simple humiliation que je pouvais oublier avec un pot de glace et Netflix… Ce n'était pas un de ces horribles moments que je pouvais laisser derrière moi avec une sortie entres amis ou un jeu vidéo…

Je ne me sentais pas seulement humilié, horrifié ou mal à l'aise, non… J'étais entièrement détruis.

J'étais entièrement détruis parce que c'était une épreuve qui allait me suivre jusqu'à la fin de mes jours…

J'étais entièrement détruis parce que, non seulement je ne l'avais pas vu venir bien trop aveuglé par mon propre bonheur mais aussi parce que je n'étais pas sûr d'avoir les armes pour ça…

J'étais entièrement détruis parce que j'étais tout seul contre ce calvaire mais aussi et surtout…

J'étais complètement détruis parce que je connaissais parfaitement l'identité du sale crevard qui avait mis en ligne cette foutue vidéo.

Ce pseudo… Ce putain de pseudo !

Il ne pouvait y avoir que lui pour avoir un pseudo pareil ! Et, en cet instant, j'utilisais mes dernières forces pour prier toutes les divinités de ce putain d'Univers pour qu'on ait usurpé son identité.

N'importe quoi ! Un gigantesque complot ou je ne sais quoi… Quelque chose qui niait totalement les faits dont le Monde entier était témoin, maintenant.

J'étais prêt a croire à n'importe quoi plutôt qu'à cette évidence absolument effroyable que mon propre cerveau refusait même d'envisager.

La crise de panique menaçait dangereusement en rendant mes pas de plus en plus incertains…

Même si ma vision était trouble à cause du choc, le poids des regards de ceux qui m'entouraient était pareil à une chape de plomb qui m'oppressait complètement et je ne parvenais pas a réguler mon stress et mon anxiété.

La crise de panique n'allait pas tarder à se transformer en crise d'asthme et je ne pouvais malheureusement pas les arrêter que ce soit l'une ou l'autre.

Soudain, à travers le bourdonnement, j'entendis une voix qui m'appelait et je me figeais net.

Je me retournais lentement vers la source de la voix et mon regard, vide, rencontra celui, plein de vie, de Jackson.

Il avança d'un pas et, instinctivement, je reculais ce qui lui fit froncer les sourcils.

Le manège continua sur deux pas et je sentis l'interrogation et l'agacement durcir ses traits.

J'ouvris la bouche mais ma voix ne voulait pas sortir. J'étais entièrement paralysé par la peur et le choc et mon corps bougeait tout seul comme s'il était mû par une volonté qui lui était propre.

- Je peux savoir ce qu'il t'arrive ?

Je déglutis et ouvris à nouveau la bouche mais rien n'y faisait, j'étais désespérément muet.

Je ne voulais pas lui demander, j'avais bien trop peur de la réponse… J'avais bien trop peur de faire une crise maintenant et de perdre le peu qui pouvait me rester de dignité si tant était qu'il m'en restait encore…

- Scott, c'est quoi le problème ? Lança-t-il brusquement incertain.

Un faible espoir brilla tout au fond de mon cœur, cependant. Il avait les sourcils froncés mais il ne semblait plus agacé, simplement inquiet.

S'il était inquiet c'est que ça ne pouvait pas être lui le coupable, non ?

Aucun coupable n'était inquiet de voir sa victime démolie par ce… truc immonde qui circulait partout sur le net.

Ce fut cet espoir qui donna à ma voix la puissance nécessaire pour aller au-delà de mon blocage.

- Est-ce que ça vient de toi ? Ma voix n'était qu'un murmure blanc.

- De quoi tu parles ?

Absolument incapable de mettre des mots sur le calvaire que je vivais maintenant, je remontais lentement ma main et lui présentait le téléphone de Malia qui contenait l'article.

Il le parcourut un court instant avant de plonger à nouveau ses yeux dans les miens.

- Où est le problème ?

Mon regard dépourvu de vie, s'écarquilla au possible alors que ce gars ne semblait réellement pas voir où était, effectivement, le soucis.

- Tu ne sais pas ce que c'est ? Ma voix était aussi vivante que le reste de mon corps et ne semblait pas vouloir quitter cet état de faiblesse.

- C'est juste une vidéo où on baise dedans, et alors ?

- Elle est sur tous les écrans Jackson… Tout le monde peut voir cette vidéo.

Il haussa les épaules en me souriant.

- C'est pas si grave, tu es super canon dedans et c'est l'essentiel.

Quelque chose commença à s'allumer en moi… Quelque chose de sombre et de douloureux.

Je savais pertinemment que les faits étaient là mais il fallait tout de même que je sois sûr…

- Est-ce que c'est toi qui l'a envoyé ?

Ma voix était à peine audible. J'avais peur qu'en prononçant cette question un peu trop fort, un déchaînement de catastrophes allait me tomber dessus. J'étais aussi terrifié par la réponse…

Il me fit son putain de demi-sourire arrogant et me jeta son sempiternel regard satisfait et ça suffit a m'achever définitivement.

Il n'y avait plus aucun espoir à avoir, j'avais désormais ma réponse. C'était lui qui avait envoyé la vidéo et il semblait d'ailleurs assez content de lui.

- P-pourquoi tu as fais ça ? Osais-je demander malgré tout alors que je sentais mon cœur s'effriter.

- Maintenant tout est clair. Me dit-il en me souriant toujours. Tu n'as plus à t'inquiéter, je me sens plus confiant désormais. C'est uniquement grâce à toi, d'ailleurs.

- De quoi ?

- Je me sens plus apaisé maintenant que c'est fait parce que désormais tout le monde le sait, c'est officiel.

- T-tout le monde sait quoi ?

Je savais que mon cœur ne se remettrait pas de cette conversation. Je savais que, peu importe ce qui allait ressortir de ce dialogue, j'allais devenir complètement fou mais je ne parvenais pas à m'en empêcher.

Je devais absolument savoir quelles étaient ses raisons. Pourquoi avait-il décidé de se comporter de cette façon avec moi alors même qu'il savait pertinemment ce que je ressentais pour lui.

Il fallait que je le sache et peu importait le prix…

- Il savent tous maintenant que tu es à moi et uniquement à moi. S'enquit-il soulagé.

J'avais la sensation que le sol s'ouvrait en dessous de moi alors que ma respiration s'accéléra soudainement et que je sentais mon cœur voler en éclats en emportant, au passage, les miettes de ma raison.

Et ce fut à cet instant précis que je fus absolument certain d'une seule chose : je basculais complètement.

Ma colère, mon dégoût, mon anxiété et l'intégralité de mes autres émotions négatives eurent totalement raison de moi et me firent perdre tout sens commun.

Faisant fi de tout ce qui pouvait m'entourait, je me mis à me jeter sur Jackson et a lui assenait une pluie d'insultes et de coups en hurlant de manière incohérente.

J'avais l'air fou ? Tant mieux !

A l'heure actuelle, je me fichais totalement de ce qu'on pouvait bien dire de plus sur moi, le mal était déjà fait… Tout ce que j'avais en tête, c'était que je devais lui faire payer le malheur qu'il était en train de me faire subir.

Malheureusement Jackson était plus sportif que moi et donc plus fort. Il ne mit pas bien longtemps pour me plaquer sur les casiers et me neutraliser.

Et en plus cet abruti se permettait de me fixer avec un regard confus !

Je continuais à lui balancer toutes sortes d'insultes en anglais et en espagnol, en faisant même un mix bilingue qui en aurait surement fait rire plus d'un dans d'autres circonstances.

- Scott. S'écria Jackson. Arrête, t'es en train de péter les plombs !

- Ouais, surement ! Hurlais-je la haine déformant ma voix et mes traits. Mais j'arrêterai uniquement sur ton cadavre, parce que je vais te tuer, Jackson !

Il regarda autour de lui et gronda avant de me lancer un nouveau regard qu'il voulu imposant.

- Je vois bien que t'es en colère mais il faut que tu te calmes, on reprendra cette discussion tout à l'heure, quand on sera seuls. Murmura-t-il entres ses dents.

- On la reprendra pas plus tard parce que tu n'auras plus jamais l'occasion d'être seul avec moi, Jackson Whittemore ! M'égosillais-je à m'en meurtrir la gorge. Tu es vraiment la personne la plus abjecte que j'ai jamais vu de ma vie et sortir avec toi fut la pire décision que j'ai eu à prendre !

- Scott. T'as vraiment un problème là.

- Ta gueule ! Continuais-je toujours aussi révolté. Tu veux que je te dises mon problème ?! C'est toi le problème, Jackson ! Toi et ton putain de problème de confiance ! Toi et ta possessivité de merde ! Toi et tes crises de colère ! Ton existence entière, c'est ça mon problème ! Tu es la pire personne qui existe sur cette planète !

Jackson avait le regard écarquillé alors que j'essayais désespérément de retrouver mon souffle pendant que la haine, la trahison et la fureur circulaient encore dans mes veines et me brûlaient comme si c'était de la lave en fusion.

Le choc de ma crise de colère et mes hurlements lui avait fait lâcher sa poigne et m'avait entièrement libérer.

Le chagrin et la trahison me hurlaient de m'arrêter là et de déguerpir au plus vite pour échapper à ce cauchemar mais la haine et l'envie de me venger étaient plus fortes et me poussais a rester pour lui faire le plus de mal possible.

Le détruire exactement comme il m'avait achevé et le mettre en miettes comme je l'étais à cet instant.

Ma vision commençait à se flouter à mesure que les larmes de rages inondaient mes joues.

Je luttais pour que mes sanglots ne s'inscrivent pas sur ma voix et ressortent le moins possible.

- Tu espères qu'avec ça, je sois à toi ! Mon pauvre ami, tu te fourres le doigt dans l'œil. Je l'ai jamais été et avec ça, je ne le serais jamais !

Jackson serra les poings et contracta fermement sa mâchoire. Ses traits étaient terriblement tendus par la colère.

- Tu as dis que je serais toujours le seul. Dit-il fermement entres ses dents.

- … Je le pensais pas. Maintenant laisse-moi, tu me fais vomir. Dis-je avec un calme qui m'effraya presque et les lèvres tremblantes de rage.

Je vis à nouveau ce regard… Ce regard qui me brisait le cœur et que je ne voulais pas voir dans ses yeux.

Mais cette fois-ci c'était différent, j'étais suffisamment hargneux et tremblant de colère pour mettre ma culpabilité de côté et lui arracher ce stupide sourire arrogant.

Je le repoussais brutalement et lui lançais un dernier regard assassin avant de partir le plus loin possible de lui.

Plus je m'éloignais de ce type et plus mes pas se précipitaient vers la sortie. J'avais envie de vomir et de mourir en même temps.

Lorsque je parvins à sortir de l'établissement, je me précipitais vers le banc le plus éloigné de la cour déserte et m'affalais dessus en essayant de trouver un moyen de me calmer.

Je n'arrivais pas a réfléchir calmement et mes poumons commençaient à me brûler. Ma raison commençait a revenir tout doucement et je mesurais enfin l'ampleur des dégâts de cette foutue journée.

Comme si ça suffisait pas d'avoir une vidéo de moi en train de coucher avec Jackson que tout le monde avait vu, je me souvenais que mes cris avaient attirés l'attention de plus de gens dans les couloirs.

J'avais mentis… Bien sûr que j'avais pensé chaque mot que j'avais prononcé pour lui. J'avais été raide dingue de ce pervers sociopathe mais je ne pouvais pas me permettre d'accepter ça.

Je pouvais pardonner énormément de choses surtout venant de lui mais ça, c'était au-dessus de mes forces et je n'en avais plus beaucoup, désormais.

Je sortis de mon sac mon inhalateur en sentant ma respiration devenir doucement sifflante et l'actionnais en tremblant.

L'air entra rapidement dans mes poumons et calma un peu la douleur. C'était probablement ça le meilleur moment de ma journée !

Mes bronches étant plus apaisées, je n'avais plus qu'à contempler les lambeaux déchirés de mon existence maintenant, en espérant que ma tension redescende au moins un peu.

J'avais écarté mes jambes au maximum, mes coudes étaient posés sur mes genoux, mon dos était rond et ma tête pendait entre mes épaules.

J'avais vraiment envie de disparaître à jamais pour que tout s'arrête enfin…

- Scott.

La voix incertaine d'Isaac parvint a surpasser le bourdonnement devenu omniprésent dans ma tête.

Je fermais les yeux et essayais vainement de rester calme mais la colère revenait de plus en plus forte.

Que ce soit lui ou Stiles, avec Jackson, ils étaient respectivement les trois personnes que je ne voulais pas voir aujourd'hui ni même plus jamais.

Jackson parce qu'il m'avait fait ça et eux deux parce qu'en plus d'être au courant, ils avaient osé garder le silence.

- Scott, on peut parler ? Demanda doucement Stiles que je sentis approcher.

Super j'avais les deux en même temps, jackpot ! C'était véritablement la plus belle journée de ma vie, dites-moi !

Je ne relevais pas la tête, je savais pertinemment que si je rencontrais leur regard, j'allais me lever et les frapper jusqu'à m'évanouir de fatigue.

- Cassez-vous. Murmurais-je, la voix tendu par le mépris. Je plaisante pas, barrez-vous tout les deux.

Je savais qu'ils ne le feraient pas mais, au fond, j'espérais sincèrement qu'ils s'exécuteraient et qu'ils me laisseraient tombés. Après tout, ce n'était pas la première fois mais, heureusement pour moi, ce serait la dernière, je m'en fis la promesse !

Je venais de vivre un véritable cauchemar, j'avais déversé ma rancœur sur Jackson qui l'avait amplement mérité et cette discussion m'avait rendu déjà à moitié fou et je savais pertinemment que je n'allais pas me remettre de la discussion avec ces deux là.

Si je n'arrivais pas à me remettre de ce que m'avait fait Jackson, Stiles et Isaac étaient clairement du même niveau…

- Tu es notre frère, parles-nous.

- Ha. Me moquais-je en reniflant dédaigneusement. Votre frère ? Vraiment ?

Je relevais lentement la tête et ils purent voir à quel point j'étais démolis parce que qu'on m'avait fait.

Mes yeux étaient surement gonflés, mes joues baignées de larmes de rage et de chagrin. Je n'étais même pas sûr d'avoir toujours l'air humain… Ils se sentaient mal ? Tant mieux pour leur gueule !

- C'est parce que je suis votre frère que vous ne m'avez pas prévenu ? Demandais-je acide.

Ils eurent la décence de paraître gênés, j'imaginais que c'était déjà ça de gagné !

Je n'arrivais pas à réfléchir correctement et la colère continuait a enfler en moi comme un ballon prêt a exploser une nouvelle fois et tant pis pour les dommages collatéraux.

- C'est parce qu'on est frères qu'au lieu de m'en parler, vous m'avez fuit comme si j'avais la peste en me laissant dans l'ignorance ?

- On ne savait pas comment te le dire... Commença Isaac.

- Ah vous saviez pas… Comme c'est triste pour vous, petits bouchons. Ironisais-je avec une rage difficilement contenue. Il y avait pourtant des centaines de façons de me l'apprendre, les mecs.

- Comment tu l'as su ? Demanda Stiles avec la mine penaude.

- C'est drôle que vous me posiez la question. Je me grattais l'arrière de la tête en leur faisant le sourire le plus faux que j'avais en réserve. Il se trouve que je pensais avoir des meilleurs amis qui m'ont abandonnés pendant des jours alors que le lycée entier se foutait de ma gueule mais heureusement pour moi j'ai rencontré quelqu'un qui a eut le cran de me le dire dés qu'elle l'a su, elle.

- Scott…

- Je ne veux pas vous entendre me donner des excuses toutes plus bidons les unes que les autres… Coupais-je durement Isaac. Je veux plus vous voir et je ne rigole pas.

Ils durent voir dans mon regard toute la rancœur et la colère que je possédais, et qui m'étaient normalement complètement étrangers d'ordinaire, parce qu'ils eurent un léger mouvement de recul.

Je pris mes affaires et m'éloigner le plus loin possible d'eux avant que de nouvelles larmes ne tombent. Il était absolument hors de question que je leur laisse voir ça.

J'étais partagé entre la colère, le chagrin et le dégoût alors que ma nausée commençait doucement à revenir en force.

Et le pire dans tout ça, c'était que je ressentais ses émotions contre eux mais surtout contre moi également, pauvre cloche que j'étais !

Je voulais juste que tout ça s'arrête… Je voulais remonter dans le temps et ne m'être jamais levé ce matin. Je voulais rester dans mon lit et y mourir de vieillesse… Je voulais aussi pouvoir remonter le temps et ne pas avoir eu ce stupide accident où je l'avais rencontré, lui.

C'est dans un état absolument pitoyable et dévasté que je quittais ce maudit bahut de merde.

Je commençais a marcher rapidement comme si j'avais le diable aux trousses quand la pluie commença a tomber.

Je rabattis ma capuche sur ma tête alors que mes vêtements se mouillaient progressivement et que mon sac à dos devenait de plus en plus lourd sous l'humidité.

Mes vêtements étaient collants et inconfortables mais c'était vraiment le dernier de mes soucis en cet instant.

Je savais pertinemment que j'étais pas un super mec courageux, ni quelqu'un de super intelligent. J'étais gentil et serviable en général et, même si je n'oubliais jamais vraiment, je pardonnais facilement.

Pourtant j'étais vraiment loin d'être une petite nature j'avais connu d'horribles galères à San Francisco notamment avec mon père mais pas que.

En venant à Beacon Hills, j'avais espéré que le calme paisible presque ennuyeux de cette petite ville de Californie, qui m'avait vu naître, me ferait du bien.

J'avais espéré qu'en retrouvant ma mère je pourrais enfin être pleinement épanouis. J'avais même prévu de me créer de nouveaux souvenirs avec mes meilleurs amis… mes frères ! …

Je n'arrivais pas à croire qu'ils m'avaient lâchement laissés dans l'ignorance… J'étais devenus aussi pathétique que leur pitoyable réaction.

« On ne savait pas comment te le dire. » Putain mais quelle excuse de merde ! Le pire c'est qu'ils me l'avaient sortis en étant pleinement confiant et en se disant qu'avec un peu de chance, ça marcherait !

J'inspirais aussi profondément que je le pus en levant mon visage vers le ciel et en espérant que les gouttes qui s'écrasaient sur mon visage nettoient mes larmes et mon chagrin.

Je ne m'étais encore jamais sentis aussi mal que maintenant.

Pas aussi mal que maintenant lors de l'accident avec Jackson ou encore l'incident de la piscine…

Pas aussi mal que maintenant alors que mon père m'avait foutu dehors ou quand il avait décidé que je ne serais qu'un étranger pour lui…

J'avais été trahi et humilié de la plus horrible des façons par une personne pour qui j'aurais absolument tout fait s'il me l'avait demandé… Pour qui j'aurais absolument tout donner sans la moindre hésitation.

Il ne s'était même pas contenté de m'humilier, il avait non seulement trahi ma confiance mais il avait totalement piétiné mes sentiments et ma dignité pour son putain d'égo.

Un nouveau sanglot sortit, serra ma gorge et je fus soulagé de savoir que j'étais seul à des dizaines de mètres à la ronde.

Je n'allais jamais me remettre de cette journée. Je n'en aurais probablement jamais la force et, au fond, je ne savais même pas si j'en avais vraiment envie.

Je voulais simplement rentrer chez moi, me jeter sous ma couette et prier pour qu'on m'oublie définitivement. Qu'on me foute enfin la paix une bonne fois pour toute !

Au bout de ce qui me parut une éternité et en même temps un trop court moment, je me retrouvais devant chez moi en hésitant sincèrement à rentrer.

Je ne voulais pas que ma mère me voit dans cet état, qu'elle me pose des questions auxquelles je ne voulais absolument pas répondre et auxquelles je n'avais surement pas de réponse moi-même.

J'inspirais à nouveau pour me calmer et essayais désespérément de nettoyer mon visage ravagé avec mes manches trempées et dégoûtantes.

Au moins cette pluie avait du bon, je pouvais toujours l'utiliser comme excuse à ma tronche devenu monstrueuse.

Je soufflais une dernière fois avant de mettre la clé dans la serrure en espérant ne pas trembler trop fort quand la porte s'ouvrit soudainement.

- Scott ? Je ne pensais pas que tu rentrerais aussi tôt.

Mon père écarquilla le regard quand il me vit dans ce piteux état. Il me fit vite rentrer et prit mon sac à dos tandis que je ne montrais aucune résistance.

J'avais le sentiment d'être un pantin désarticulé une migraine commençait a s'installer confortablement dans ma boîte crânienne et une immense fatigue envahissait chacun de mes membres.

- Où est maman ? Demandais-je à peine audible.

- Elle est partie régler une affaire à l'hôpital mais elle rentrera à temps. Je suis venu plus tôt pour tout préparer.

Je fronçais légèrement les sourcils, ne comprenant pas vraiment ce qu'il me disait mais hochais doucement la tête, malgré tout, pour ne pas l'inquiéter.

- Va prendre une douche et mettre des vêtements secs.

J'opinais doucement de la tête et m'exécutais alors que mon père fronçait les sourcils à ma soudaine docilité mais se tut tout de même.

Je jetais mes vêtements dans le panier à linge et fonçais dans la douche où j'allumais le robinet et ce fut au moment où l'eau brulante entra en contact avec ma peau glaciale que la lumière se fit.

Aujourd'hui, c'était mon anniversaire...

Cette pensée frôla mon esprit et je craquais totalement je balançais mon poing sur les carreaux de la douche en pleurant comme un enfant.

Au lieu de fêter le jour de ma naissance, j'allais fêter l'immense catastrophe qu'était devenue ma vie.

J'étais meurtri par la trahison de ceux que j'aimais, humilié d'avoir été si crédule, déçu de me rendre compte que lui ne valait pas l'importance que je lui accordais et surtout, j'étais furieux contre moi-même.

J'étais en colère contre moi car, malgré tout ce que je ressentais, je l'aimais toujours et ça faisait putain de mal au point de vouloir m'arracher le cœur et l'enterrer au plus profond dans la terre pour ne plus en entendre parlé…

Je voulais retourner auprès de lui... Je voulais pardonner immédiatement à mes amis. Je voulais juste revenir en arrière, comme on était avant et me rendre compte que cette journée n'était juste qu'un simple cauchemar.

Et je détestais vraiment cette partie de moi là !

Tous mes sentiments se mélangeaient, m'épuisaient et me donnaient envie de vomir et de mourir pour que j'ai enfin la paix.

Ne plus rien ressentir, ne plus s'inquiéter de rien. Ça devait être tellement plus reposant…

J'ouvris le regard sous le jet et secouais la tête pour mettre mes mauvaises pensées au loin. Il ne fallait pas que je me laisse aller et surtout pas maintenant, surtout pas pour eux.

Ma mère n'allait pas tarder avec Chris et nous allions fêter mon anniversaire tous ensembles. Il fallait que je tienne le coup pour qu'ils n'aient pas à s'inquiéter pour moi.

Ils ne méritaient pas de vivre mon calvaire et j'allais au moins leur permettre d'être heureux ce soir.

Mes nouvelles résolutions en tête, je m'habillais et me contemplais à travers mon reflet pour me redonner au minimum un aspect humain.

Je descendis les marches et me dirigeais vers le placard à pharmacie dans le salon. Je pris un médicament pour calmer ma migraine avant de m'affaler sur le canapé.

Il fallait absolument que je me ressaisisse pour paraître normal. J'aurais tout le loisirs de pleurer et de retourner toutes les mauvaises décisions que j'avais prises sous ma couette, ce soir.

- Scott ? La voix habituellement affirmée de mon père paraissait incertaine. Est-ce qu'on peut discuter, s'il te plaît ?

- Papa…

Il leva une main pour m'arrêter et s'installa en face de moi avant d'inspirer doucement. Il semblait chercher ses mots et ne savait pas où se mettre.

- Je te promet que ce ne sera pas long. Je tenais, tout d'abord, a m'excuser pour mon comportement et ce que je t'ai fais… Il se tut un instant et ferma les yeux avec douleur. Ce que je t'ai fais subir.

Je n'étais vraiment pas en état d'affronter cette conversation avec mon père mais il ne fallait pas que je fasse de vague. Il se rendrait compte que je n'allais pas bien, sinon.

Mes deux parents étaient capables de voir à travers les apparences et surtout les miennes. Ma mère, de part sa personnalité et mon père, de part son métier.

- Je vois un psychologue depuis que tu es chez ta mère. Lâcha-t-il soudainement.

J'écarquillais le regard sous cet aveu alors qu'il n'osait toujours pas me regarder dans les yeux.

- Un psychologue ? Répétais-je stupidement. Pour Kate ?

- Non ce n'est pas pour Kate, enfin, pas que… Disons que c'est un tout. Soupira-t-il. Je n'arrive pas à me remettre de ce qui s'est passé ce soir là il semblerait.

Je fronçais les sourcils de confusion avant de me souvenir de quoi il parlait. Je poussais un soupir en plissant les lèvres.

- Papa, c'était juste un accident…

- Qui n'aurait jamais dû arriver, Scott. Cette fois là n'aurait jamais dû exister.

Ma mère avait demander le divorce parce que mon père buvait. Elle avait perdu parce que mon père avait plus de revenus qu'elle et elle avait perdu l'appel pour la même raison.

La première année, je ne comprenais pas vraiment ce qu'il se passait entre eux et je ne comprenais pas pourquoi je devais quitter la ville avec mon père alors que ma mère, elle, y restait.

Mon père n'avait pas l'alcool mauvais mais il n'était pas vraiment joyeux à ce moment là.

Il y avait peu de choses dont j'étais sûr mais il avait réellement aimé ma mère et quand elle avait demandé le divorce, il avait pas très bien réagi et malheureusement pour moi, j'étais là.

Je ne m'en souvenais plus très bien, j'étais bien trop petit à l'époque mais il m'avait repoussé avec force et j'avais chuté dans les escaliers de l'appartement.

Il avait définitivement arrêté de boire depuis ce fameux jour et ma mère n'avait jamais été mise au courant, elle m'aurait kidnappé si ça avait été le cas. Même si nos relations étaient tendus, je savais qu'il s'en était énormément voulu et qu'il avait arrêter définitivement l'alcool alors je n'avais rien dis.

- Je n'arrivais pas à me remettre de… ça. Alors j'ai préféré simplement…

- Mettre ça derrière toi ?

Il osa enfin poser son regard sur le mien et, après un long silence, il opina de la tête comme s'il avouait une faiblesse.

Je me rendais compte que mon père et moi n'étions pas si différent pour certaines choses.

C'était plus facile de mettre les choses derrière nous et les oublier plutôt que de les affronter.

- Je ne te demande pas de me pardonner, ce que j'ai fais est inqualifiable mais…

- Papa… On peut en parler plus tard ? Demandais-je en reculant au maximum mon émotion. S'il te plaît ?

Il me fixa un moment avant de plisser les lèvres et de hocher la tête, l'air coupable. Il se leva et je me sentis brusquement mal pour lui.

Je n'arrivais pas à encaisser ce que j'avais vécu et maintenant ça… Je ne voulais pas paraître injuste mais c'était beaucoup trop en moins de vingt-quatre heures.

- Papa ? Appelais-je incertain.

Il se tourna vers moi avec une mine interrogatrice et j'hésitais pendant un petit instant avant de prendre mon courage à deux mains.

- Est-ce que cet été, je peux venir chez toi ? Osais-je après un court silence.

Ses yeux s'écarquillèrent soudainement et je sentis une étincelle soudaine passer. Il me fit un sourire timide mais néanmoins sincère.

- Bien sûr, Scott. Même si tu n'y vis plus, ce sera toujours ta maison aussi.

Je me levais et le prit dans mes bras brusquement.

Il se tendit quelques secondes avant de me rendre mon étreinte et de m'embrasser le sommet du crâne.

Je ne savais même plus à quand remontais notre dernière étreinte mais elle apaisa mon cœur blessé.

Il faisait un effort et, avec ce que j'avais appris, je pouvais enfin laisser ma colère contre lui de côté et voir de quoi il était enfin capable.

Il n'était pas parfait et j'étais persuadé que des disputes entres nous, il y en aurait des tonnes à l'avenir, mais il faisait un pas vers moi et je voulais vraiment y croire.

- Je t'aime Scott. Même si je me comporte comme un con, je ne veux jamais que tu l'oublie.

- Moi aussi.

Il commença à me parler de ses séances chez le psychologue et de son travail. C'était une conversation plutôt étrange et nous n'étions pas très à l'aise mais c'était tout de même la première discussion normale que j'avais avec mon père de toute ma vie.

Je ne tenais pas à parler de moi et utilisais ma gêne pour demander implicitement à mon père de ne pas nous entraîner sur ce terrain là.

Ce fut de cette façon que ma mère et Chris nous retrouva dans le salon à discuter de notre plan pour l'été.

J'avais réussi à me mettre en mode « famille » et a oublier tout ce qu'il pouvait y avoir hors de cette maison.

J'eus la surprise de voir mon Abuela m'accueillir avec un grand sourire aux lèvres.

- Ah ! Feliz cumpleaños cariño mio ¡ (~Joyeux anniversaire mon chéri ¡)

Elle m'enlaça et son effluve épicée pénétra directement dans mes narines en me provoquant une soudaine bouffée de nostalgie.

J'étais terriblement heureux de voir mes deux grands-parents et touché qu'ils aient fait un tel voyage pour mon anniversaire.

Abuelo me fit un tape dans le dos avec un regard d'excuse.

- Normalement on aurait dû revenir avec tes amis pour te faire la surprise mais ta grand-mère n'en voulait pas.

Je me tendis à la mention de mes amis mais, heureusement pour moi, personne n'y fit attention.

Abuela renifla dédaigneusement avant de s'installer dans un fauteuil.

- Il s'agit d'un anniversaire en famille ! Il pourra faire une fête avec ses amigos plus tard ! N'est-ce pas cariño mio ?

J'opinais de la tête en étant soulagé intérieurement. Je n'aurais pas supporté de les voir maintenant.

Même si j'étais en mode « famille », j'étais encore terriblement fragile. Je n'aurais pas pu faire semblant sans que ça ne paraisse totalement faux…

- Bon. S'enquit Chris tout sourire. Et si on buvait à ta santé en attendant que tout soit prêt ?

Ma mère et Abuela lui firent les gros yeux alors qu'il me tendait une bière et, pendant un peu plus de vingt minutes, les hommes et les femmes présents dans cette maison se firent la guerre pour savoir si, oui ou non, je pouvais me permettre cette incartade à la loi.

C'était assez amusant de les voir tous se disputer pour quelque chose d'aussi trivial et émouvant de les voir réunit rien que pour moi.

Pourtant, il ne fallait vraiment pas que je craque maintenant. Il fallait au moins que je protège leur bonheur et leur sourire. Ma famille le méritait amplement et j'allais donc protéger leur cœur même si le mien était mort aujourd'hui.

Plus les heures passées et plus la fête allait bon train ; Le repas que j'avais demandé simple, s'était transformé en un gigantesque festin avec quasiment tout ce que j'aimais manger.

Les hommes avaient finalement gagnés la bataille et on m'avait donc autorisé une bière et une seule alors que ma mère et Abuela étaient en train de s'imaginer que j'allais surement finir voyou rien qu'avec cette petite canette.

On venait de terminer le traditionnel plateau de fromages français auquel Chris tenait beaucoup et on en était au café.

Plus ça avançait et plus j'oubliais petit à petit ce que j'avais vécu aujourd'hui. Mais paradoxalement, c'était toujours aussi dur de faire semblant d'être heureux.

C'était une émotion très étrange, assez désagréable et j'espérais sincèrement qu'elle finirait par disparaître au bout d'un moment.

- Alors Chris, quand est-ce que tu vas demander notre fille en mariage ? Demanda ma grand-mère en sirotant sa boisson.

- Maman ! S'enquit ma mère gênée !

Abuelo leva les yeux au ciel tandis que Chris fit un sourire crispé à mon Abuela.

- Il faut bien que vous vous marriez un jour si vous voulez fonder votre famille. Lança-t-elle d'un air innocent.

- Promis Mme Delgado…

- Suis-je si vieille ?! S'écria Abuela d'un air courroucé. Carmela, je te pris !

- Eh bien… Carmela, je vous promets que, quand je le ferais, vous serez la première au courant.

- En espérant qu'elle ait toujours ses menstruations d'ici là.

- Maman ! S'écria ma mère alors que mon père était hilare.

Chris dissimulait son rire derrière ses mains jointes tandis que ma mère frappait mon père avec un torchon en l'insultant en espagnol et qu'Abuelo ne savait plus vraiment où se mettre.

- Si tu ne les a plus, tu ne pourras pas avoir d'autres enfants mi hija, ça me semble logique.

- On peut parler d'autre chose, s'il te plaît ? Demanda ma mère entre ses dents tout en fusillant sa propre mère du regard.

Ma grand-mère ouvrit la bouche dans le but certain d'enchérir quand la sonnette retentit.

Je me tendis légèrement, ne sachant pas réellement qui pouvait être derrière la porte mais je n'avais pas beaucoup d'espoir là-dessus, je savais que ce serait pour moi.

Après avoir pris ma douche, j'avais éclaté mon téléphone contre le mur et il s'était fracassé contre le sol.

Je ne pouvais plus supporter les appels en absences et la tonne de messages que j'avais reçu. Je ne voulais plus rien savoir.

Je pris le plateau de fromages des mains de Chris et me réfugia comme un lâche dans la cuisine.

Je fermais les yeux et fis quelques exercices de respirations pour reprendre contenance et jouer la comédie autant que possible.

La main d'Abuela dans mon dos me fit sursauter et elle me fit un sourire suggestif.

- C'est pour toi mi querido. Elle me fit un clin d'œil. Une jeune fille qui te demande.

J'espérais sincèrement que ce n'était pas Cora mais je me souvins que j'étais partis avec le téléphone de Malia.

La pauvre, elle avait probablement dû m'appeler plusieurs fois pour savoir ce que j'en avais fait.

Je me précipitais dans le salon avant de me figer, bouche bée devant cette situation absolument surnaturelle.

Ça, je ne l'avais clairement pas vu venir…

Élégamment emmitouflée dans un manteau blanc qui devait probablement coûter bien plus cher que ma maison entière, une jeune fille que je ne connaissais que trop bien trônait dans mon salon.

Une chose était sûre : ce n'était pas Malia, bien au contraire !

La flamboyante Lydia Martin était toujours au top d'elle-même avec sa cascade de cheveux aussi enflammée que son caractère, même dans une petite maison basique comme la mienne.

Quand elle posa son regard sur moi, elle me fit un petit sourire énigmatique avant que mon Abuela ne se précipite sur elle et ne s'extasie dessus.

J'avais l'impression que tout était en train de remonter et des tonnes de questions vrillaient ma tête.

Qu'est-ce qu'elle foutait là ? Qu'est-ce qu'elle me voulait ? Comment elle connaissait mon adresse ? Elle était venue de la part de quelqu'un ? Qui ? Pourquoi ?

Le président des États-Unis dans mon salon m'aurait parût bien plus cohérent et probable que sa venue à elle.

Je ne comprenais pas ce qu'elle pouvait bien fabriquer ici mais je devais faire bonne impression.

J'avais réussi jusque là, je n'allais pas la laisser gâcher tous mes efforts.

- Mi pollito qui est cette magnifique jeune fille ? Me demanda ma grand-mère avec les yeux pétillants.

- Je m'appelle Lydia Martin, je suis une amie de Scott, madame.

Polie, bien présentée et absolument adorable, notre magnifique Reine du lycée était toujours aussi éblouissante. Elle était bien pire que Jackson parce que, au regard de ma mère, elle semblait être tombée dans le panneau elle-aussi.

Putain mais qu'est-ce qu'elle foutait là ? Elle venait rire de mon malheur ? Détruire définitivement le peu qu'il me restait de vie ? Elle venait récupérer Jackson ?

Je n'arrivais pas à comprendre ses motivations et c'était là tout le mystère Lydia. Elle avait parfois des réactions très étrange et totalement inattendues.

Lorsqu'elle vit Chris elle lui sourit de manière sincère et il le lui rendit. Ils se firent la bise comme de vieux amis.

- J'espère que tu vas bien depuis le temps, Christopher. S'enquit-elle jovialement.

- Oui, si tu es ami avec Scott, tu dois avoir appris la nouvelle, j'imagine.

- Oui ! Lâcha-t-elle heureuse en frappant joyeusement dans ses mains. J'ai vraiment hâte qu'elle revienne. Elle me manque tellement.

- Tu lui manque tout autant, saches-le.

J'avais complètement oublié qu'elle connaissait Allison et je n'avais même pas pensé au fait qu'en connaissant la fille, elle pouvait aussi connaître son père.

Elle échangea deux ou trois banalités avec ma famille tandis que je ne savais toujours pas comment me comporter avec elle.

Elle se présentait comme si elle était mon amie et, même si on n'était plus tout à fait ennemis, elle était loin d'être une copine pour moi et c'était réciproque à n'en pas douter.

N'y tenant quasiment plus, je finis par m'excuser auprès de ma famille et j'embarquais Lydia dans ma chambre sous les regards lourds de sous-entendus de mes grands-parents.

Une fois dans ma chambre et seuls, je refermais ma porte alors qu'elle inspectait les environs avec son œil critique de reine de beauté.

Je m'adossais à la porte en croisant les bras contre ma poitrine tandis qu'elle continuait son exploration en m'ignorant royalement.

- C'est assez simpliste, typique d'une chambre d'ado lambda, j'imagine. Elle ressemble un peu à la grotte de Stiles. Conclus-t-elle finalement.

- Pourquoi tu es là ?

- Quoi que, tu n'as pas ses derniers gadgets numériques et son immense tableau qu'il a pour se donner un genre d'enquêteur…

- Lydia ! Lâchais-je durement.

Je n'étais clairement pas d'humeur a jouer et encore moins a tourner autour du pot et je savais pertinemment que ce n'était pas son cas, non plus.

Elle était en train de faire ressurgir tout ce que j'avais gardé sous clé depuis que j'étais rentré et ce n'était définitivement pas bon du tout.

Je voulais qu'elle dégage et en vitesse. Je voulais pouvoir retourner festoyer avec ma famille et attendre la nuit pour m'apitoyer sur ma vie merdique.

- Pourquoi t'es là ? Répétais-je durement.

- J'ai appris pour Jackson.

Je serrais les poings et contractais ma mâchoire sans oser la regarder. Donc elle était surement venue pour se moquer…

Entendre son nom me vrillait les oreilles, me retourner l'estomac et meurtrissait mon cœur déjà en miettes. Ce nom me donnait simplement envie de marteler le sol à coups de pieds, à coups de poings et de hurler au Monde ma souffrance.

Je ne voulais pas penser à lui, surtout pas maintenant ! Je ne voulais me souvenir de rien le concernant. C'était une question de survie !

J'inspirais profondément pour reprendre mes esprits et espérais me calmer suffisamment pour garder le contrôle qui était en train de glisser entre mes doigts.

Ses traits étaient indéchiffrables alors qu'elle posait son regard émeraude sur moi.

- Est-ce que tu es venue te moquer de moi ? Crachais-je en plissant le regard.

- Qu'est-ce que j'y gagne si c'est le cas ?

Je la fusillais du regard alors que cette peste feignait parfaitement l'innocence. Elle devait surement bien rire du piédestal où elle était…

Elle s'avança doucement vers moi, comme si j'étais un animal craintif, prit ma main et m'obligea a m'asseoir sur mon lit rien qu'avec son regard de souveraine.

Je ne voulais pas lui obéir, je n'avais plus rien à y gagner et surtout plus maintenant mais c'était toujours Lydia et, comme je lui avais toujours dis, elle n'avait besoin de personne pour être la Reine qu'elle était.

Elle me fit un sourire satisfait quand je lui obéis et s'installa un peu plus loin sur ma chaise de bureau.

- Tu es un gentil garçon Scott. Commença-t-elle tout doucement en plantant son regard pénétrant dans le mien. La gentillesse c'est ce qui te caractérise depuis toujours, j'imagine.

Dans sa bouche, je n'étais pas tout à fait certain que ce soit un compliment. Elle commença a jouer avec une mèche de ses cheveux en prenant son habituel masque d'Impératrice nonchalante et hautaine.

- Je ne t'aimais pas au début. Continua-t-elle en fixant ses ongles parfaits. Tu étais trop gentil, trop naïf… Ce qui s'est passé aujourd'hui te pendait au nez depuis le début.

J'en revenais pas du culot qu'elle avait, cette garce !

- C'est vraiment sympa de prendre du temps de ta vie parfaite pour venir m'emmerder dans ma propre maison Lydia. Ironisais-je avec un profond mépris. Mais tes conseils, ma grande, tu peux te les garder.

Mes mots étaient acides et la colère commençait a remonter dangereusement alors que ma migraine revenait en forme, elle aussi.

J'avais l'impression que tous les efforts que j'avais fait pour paraître bien avec ma famille me revenaient en pleine gueule et ça faisait super mal.

La rousse baissa le regard un instant avant de le planter à nouveau dans mes yeux assombrit par les tourments qui s'échappaient peu à peu de la boîte de Pandore dans laquelle je les avaient planqués.

- Un petit Scotty énervé ? Elle haussa un sourcil et risqua un petit sourire arrogant. On a peut-être de l'espoir, donc.

- Putain mais qu'est-ce que tu me veux à la fin ?! Si tu veux te foutre de ma gueule, j'aime autant que tu le fasses dans mon dos et surtout si c'est toi ! Crachais-je durement.

Elle n'avait pas une seule once d'humanité en elle ? Elle pouvait pas me foutre la paix cinq minutes ?

Elle allait finir par me pousser au suicide mais, diabolique comme elle était, ce serait surement à mes parents de lui payer des intérêts…

Elle prit une mine pensive en me regardant fixement sans cesser de jouer avec sa mèche rousse.

- Est-ce que tu vas juste laisser faire ? Demanda-t-elle après un moment de silence.

- … Quoi ? Lançais-je confus.

- Je te demande si tu vas laisser tes imbéciles de copains et le Roi des salopards, en personne, t'aplatir au sol sans rien faire. C'est ce que tu comptes faire, gentil Scotty ?

Je la fixais les sourcils froncés. La colère, le chagrin et le désespoir avaient été balayés par un sentiment désormais dominant : la totale confusion.

Je ne comprenais pas vraiment le sens de sa question. Je ne voyais même pas ce que ça pouvait bien lui foutre ce que je comptais faire ou pas.

- Tu sais, avant ma vie était parfaitement simple. Elle consistait a souffrir en silence en attendant que Jackson veuille bien revenir dans mes bras et se rende compte que je pouvais le satisfaire pleinement.

Elle se leva de la chaise les mains jointes derrière son dos et examina les figurines qui étaient posés fièrement sur une de mes étagères.

- Ensuite tu es arrivé… Commença-t-elle en plissant les lèvres de mécontentement et en me fusillant du regard. Et je le savais déjà tout au fond de moi… Je savais bien que je l'avais perdu, bien avant ton arrivé mais le fait que tu me mettes le nez dedans, ça m'a vraiment énervé.

Je baissais les yeux, incapable de soutenir son regard contrarié. Elle se releva et fit quelques pas en me tournant le dos.

- Je me suis sentie humiliée, infantilisée et furieuse mais… Même si je t'ai haïs pour l'avoir fait, c'était ce qu'il y avait de mieux à faire, pour me faire avancer et que je tourne définitivement la page.

Je relevais la tête vers elle alors qu'une flamme dansait dans ses yeux magnifiques.

- Tu m'as dis que je n'avais pas besoin de Jackson pour briller et tu avais parfaitement raison. Je suis restée telle que j'étais, la Reine incontestée de Beacon Hills. Elle me fit un petit sourire satisfait. Je n'ai pas perdu ma côte de popularité et j'ai des amis qui me sont toujours aussi fidèles.

Je ne comprenais pas bien pourquoi elle était venue me dire tout ça, elle espérait surement que je l'applaudisse ou que je sois jaloux ?

- Tu es venue pour te venter, donc ? Demandais-je confus.

Un rire cristallin absolument sublime franchit ses lèvres. Je restais bêtement là à la regarder rire sans trop savoir quoi faire exactement.

Lorsqu'elle s'arrêta enfin, elle s'avança vers moi avec la grâce d'un prédateur et se pencha sur moi de sorte que nos visages ne soient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre.

- Je suis venue ici pour te remercier, Scott. Me dit-elle en souriant. Je te remercie de m'avoir permise d'être ce que je n'aurais jamais dû cesser d'être. Donc, sincèrement, merci à toi.

J'étais totalement stupéfait par cette soudaine déclaration. J'essayais désespérément de voir où pouvait-être le piège mais il n'y avait rien à faire, elle semblait vraiment sincère.

Je voyais dans son regard, comme de la reconnaissance et ça me fit un drôle d'effet mais loin d'être désagréable. Ce n'était pas parfait, loin de là, mais, des remerciements et surtout venant d'elle, ça tenait d'un profond miracle.

Pourtant une partie de moi était toujours en plein doute… Elle faisait ça comme ça ou avait-elle juste pitié de moi ?

- Ben de rien… Lançais-je mitigé. Mais tu es venu juste pour me remercier ?

- Non je suis venue régler ma dette également.

- Ta dette ?

- Tu m'as aidé comme jamais personne ne l'avait fait, Scott. Déclara-t-elle sérieusement. Et de mon côté, c'est assez terrible ce que je t'ai fais vivre.

Je ne pouvais pas vraiment lui donner tort, même si je le voulais. Je poussais un profond soupir.

- Si ça peut te rassurer, rien de ce que j'ai vécu ne peut être pire que maintenant… Marmonnais-je dans ma barbe.

- C'est justement pour ça que je suis là.

Je me remis instinctivement sur la défensive tandis qu'elle me fit un sourire conquérant auquel je répondis en haussant un sourcil.

- Qu'est-ce que tu attends de moi, Lydia ?

- Une décision. Répondit-elle fermement. Tu es beaucoup trop passif et mignonnet avec tout le monde, gentil Scotty, c'est pour ça qu'on aime bien te marcher dessus et, malheureusement pour toi, aucune de ces qualités ne pourra t'aider à te sortir de ce pétrin dans lequel tu t'es fourré comme un idiot.

Je ne savais pas si c'était parce qu'elle n'avait aucun tact, qu'elle semblait presque tranchante ou simplement parce que c'était Lydia mais ce qu'elle me disait me faisait quand même vachement mal…

- Aujourd'hui, tu as tout perdu mon sympathique petit Scotty. Conclut-elle d'un air faussement triste. Mais, heureusement pour toi, je suis là pour rectifier le tir.

Elle me fixa encore plus intensément que précédemment et je crus voir la flamme, dans ses yeux, grandir encore plus.

- Alors dis-moi Scotty, est-ce que tu veux que je t'apprennes à être un véritable Roi pour pouvoir rendre à ces imbéciles la monnaie de leur pièce et avancer sans eux, comme tu me l'as appris ?

Je la regardais totalement estomaqué par sa proposition aussi saugrenue qu'alléchante.

J'étais en plein rêve ou elle me proposait son aide, là ? J'avais réellement cette option ? Cette chance ?

Lydia était assez terrifiante mais elle était désormais l'une des seules personnes en qui je pouvais avoir confiance et c'était plutôt miraculeux connaissant nos antécédents relationnels.

Je pris mon temps pour réfléchir à cette option Dans mon total désespoir, je n'avais même pas réellement penser à la manière dont j'allais me débrouiller désormais mais je savais qu'avec Lydia ça allait surement déménager sévèrement.

Je ne la connaissais pas personnellement mais je l'avais suffisamment fréquenté pour dire avec certitude qu'elle n'était pas réputée pour sa patience ou sa tendresse.

Elle me faisait légèrement penser à Malia, pour le coup, mais je connaissais nettement mieux cette dernière.

Je savais que si je décidais d'accepter son offre, énormément de choses allaient changer, c'était certain.

Mais à ce stade, c'était surement ce qu'il y avait de mieux à faire pour que je survive à cette catastrophe.

Elle avait l'air très confiante et sûr d'elle et je voulais vraiment la croire mais je persistais dans mon hésitation, cependant…

- Que va-t-il se passer si je dis oui ? Osais-je lui demander avec suspicion.

- Je vais m'arranger pour mettre ta gentillesse maladive, ta passivité horripilante et ta naïveté alarmante sur le banc de touche pour te faire grandir comme il faut. Déclara-t-elle avec certitude.

- Donc si je comprends bien…

- Je vais faire en sorte que le louveteau pitoyable que j'ai en face de moi sorte ses griffes et montre quel alpha il peut être. Coupa-t-elle confiante. Entre mes mains expertes, tu ne vas pas juste te sortir de ce mauvais pas, tu vas tous les écraser.

Elle me fit un sourire mutin qui me fit frémir de peur autant que d'excitation alors que je buvais chacune de ses paroles.

- Alors mon Scott, est-ce que tu t'en sens capable ?

Elle me présenta sa main comme pour sceller un accord professionnel ou un pacte avec le diable et, après une courte hésitation, je la pris et la serrais.

Elle agrippa ma main et me releva de mon lit avec un grand sourire auquel je lui répondis par un sourire plus timide.

Si j'avais peur de lui faire confiance, je ne pouvais me tourner que vers elle, désormais.

On descendit les marches pour retrouver ma famille au salon où ma grand-mère kidnappa littéralement ma nouvelle alliée et la força a rester pour le gâteau.

Cette dernière eut un sourire chaleureux et accepta bien volontiers l'invitation. Ce fut de cette façon que l'ont trinquèrent à mon anniversaire et à notre « partenariat ».

Je n'avais absolument aucune idée de ce qui allait se passer à l'avenir, ni ce qui allait sortir de tout ça mais une chose était sûr : Je ne pouvais pas tomber plus bas alors je n'avais plus qu'à remonter la pente, maintenant.

On allait donner le meilleur de nous pour ça, c'était certain.

Fin


ALORS ELLE EST CHOUQUETTE CELLE-LA OU PAS ?! :D

Oui bon j'admets, vous devez probablement faire une tête indignée et me détester avec beaucoup d'entrain... Mais c'est pas une blague, c'est bel et bien de cette manière que "Le pire en Moi" se termine u_u

J'imagine que vous avez des tonnes de questions et des millions d'insultes à mon égard et je ne peux pas vous en vouloir, parce que je les mérites ! :o C'est vrai ! Pourquoi je me fatiguerais a clôturer cette histoire aussi vite et ainsi laisser autant de trous dans l'intrigue, sérieux ?

Mais ne faites pas d'attaque cardiaque tout de suite et rassurez-vous ! Cette histoire est finie, oui ! Mais ça ne veut pas dire que leur histoire à eux est terminée !

Scott a été très clair là-dessus, après tout ! Ils vont donner "le meilleur d'eux" alors faites-leur confiance. Hinhinhin ;D

J'espère que cette histoire vous aura plus en tout cas et n'hésitez pas à me laisser des retours, je me sentirais triste et seule si vous ne le faites pas. (J'en veux pleins, pleins ! /)

N'oubliez pas qu'elle a pu voir le jour et se terminer grâce à ma plume mais surtout grâce à vous et c'est ce qui fait la beauté des fanfictions ! :D

N'oubliez pas que j'vous aime même si vous me caillassez ! *cœur*

Votre bien dévouée Akiss4.


Ps : Je remercie chaque personne qui m'ont envoyé leurs retours, vous me donnez tous la banane, la pêche, et la patate et continuez à me donner le melon et me faire rougir comme une tomate, c'est bon pour la santé et ça me fait mes 5 fruits et légumes journaliers ! :D

Blague à part, merci vraiment à vous tous. Je n'aurais jamais eu le courage de la finir sans vous, c'est absolument certain. Je remercie également les lecteurs silencieux pour leur intérêt et qui compte malgré tout !

Sachez que c'était la première histoire que je postais sur ce site et que je terminais, aussi et surtout ! J'espère vous revoir pour les autres histoires que je coucherais sur ce site pour vous les transmettre ! :)