Titre : Si nous pouvions revenir à ce jour...

chapitre 23 : Malgré tout ce que tu as fait, je ne t'en veux pas

couple : milo x camus

note : Avec la rentrée, il est fort probable que je poste moins souvent, faute de temps pour écrire. Et si vous pouviez laisser une petite review pour me donner vos impressions (bonnes ou mauvaises, je prends tout) je vous en serais infiniment reconnaissante, ça fait chaud au cœur et ça donne du courage pour écrire la suite

résumé : le combat tant attendu contre l'armée d'Aphrodite, et un mystère au plus sombre de sa forme !

Disclaimer : Saint Seiya est à Masami Kurumada et tout le blabla...


Malgré tout ce que tu as fait, je ne t'en veux pas

Psyché regarda la lumière de Délos engloutir Camus et Aphrodite, tandis qu'Albafica lui serrait étroitement la main. Eux aussi n'allaient pas tarder à rentrer, au petit matin pour être exacte. Mais pour la première fois depuis de très nombreuses années, la chevalier du Scorpion était angoissée. Demain il lui faudrait affronter l'armée d'Aphrodite, et elle avait bien peur que, à moins de recourir à une technique qu'elle jugeait beaucoup trop dangereuse, elle ne soit pas en mesure de combattre, son corps étant encore trop fatigué par les blessures reçues lors du combat contre Typhon. Et puis, le Poisson avait demandé à ce qu'il lui raconte toute la vérité, et s'il entendait par-là TOUTE la vérité, la jolie rousse savait qu'elle n'en aurait sûrement pas le courage.

Déjà qu'elle avait promis à Camus qu'elle leur raconterait tout...

- Écoutes, fit Psyché en se tournant vers son amant pour lui prendre le bras. Il y a certaines choses dont j'aimerais qu'on parle, toi et moi.

Et sans plus attendre sa réponse, elle l'entraîna vers la grotte cachée derrière la montagne.

Sans rechigné, Albafica suivit son amour à l'intérieur de cet endroit étrange, ressentant immédiatement la présence apaisante des lieus. Il se tourna ensuite vers la Scorpion, qui s'était assise contre la paroi recouverte de mousse.

- Qui a-t-il, Psyché ? demanda-t-il en venant la rejoindre et lui prenant la main.

La jeune femme se mordit la lèvre inférieure. Mais après un rapide tour de pensées, elle décida d'attaquer par ce qui l'angoissait le plus.

- Quand tu m'as demandé de tout te raconter, qu'est-ce que tu voulais dire par-là ?

Le chevalier des Poissons baissa les yeux. À vrai dire, il s'attendait à cette question.

- La vérité, finit-il par répondre. Juste la vérité.

- La vérité ?

Albafica releva son regard, et le planta dans celui de Psyché, dont les yeux ne laissaient filtrer aucune émotion. Il n'était pourtant pas dupe.

- Et bien, depuis que je te connais, tu as toujours été une personne très mystérieuse, avec un passé trouble. Comme chacun d'entre nous, en fait. Tu as connu ton lot de souffrance, avec la mort de tes parents, et personne au Sanctuaire n'ignore la haine que tu voues à Kanon. Tu es une combattante exceptionnelle, qui a passé sa vie à s'entraîner encore et encore pour pouvoir défendre Athéna et sa famille. Beaucoup de gens pensent que tu n'es qu'une femme sadique et froide, voir méprisante, mais moi je sais que c'est faux. Je sais que si on regarde à l'intérieur, tu n'es pas comme ça.

Il passa amoureusement une main sur le visage de la jeune femme, qui frémit.

- Pourtant, plus le temps passe, plus j'ai l'impression qu'il y a quelque chose, quelque chose en toi, qui te fais t'éloigner de plus en plus de nous. Je ne sais pas lire dans les étoiles comme notre déesse, mais j'ai bien vu que la constellation du Scorpion était troublée. Et j'en ai eu la confirmation quand je suis arrivé sur l'île : rien que la manière dont tu as parlé à Camus. En temps normal, tu es incapable de lui parler comme ça. Quand je suis tombé amoureux de toi, je t'ai accepté comme tu es, avec tes secrets et ton passé, quel qu'il soit. Mais s'il y a quelque chose que je dois savoir, quelque chose que je peux faire pour toi, je t'en supplie, dis-le moi.

Le regard d'Albafica s'était fait presque suppliant. Encore une fois, Psyché se demanda comment cet homme faisait-il pour si bien la comprendre alors qu'elle ne lui avait presque pas adressé la parole, et surtout pour viser si juste.

- Albafica, murmura-t-elle en appuyant sa joue sur sa main. Je ne sais pas comment tu fais pour toujours trouver les mots et si bien savoir ce que je ressens mais... Je te promets qu'une fois que tout sera terminé, je vous dirai tout. Mais pas maintenant. Parce que là, c'est autre chose que je dois te dire.

Psyché attira le jeune homme à la chevelure bleue/grise vers lui et le serra de toutes ses force contre elle. Cela faisait trop longtemps qu'elle n'avait pas senti son odeur, calme et apaisante. Elle sentait la neige et le soleil, lui la terre et la pluie. À la fois si contradictoires et si complémentaires...

- Que ce passe-t-il ? Tu trembles.

- Je ne sais pas trop comment te le dire mais...Je...J'ai une formidable nouvelle à t'annoncer.

La Scorpion s'éloigna un peu de son amant pour plonger ses yeux couleur de ciel d'été dans le regard nuit d'Albafica, qui était presque étonné de voir la jeune femme bégayer.

- Je suis enceinte.

Les yeux du douzième chevalier d'or s'agrandirent. Et comme pour prouver ses dires, Psyché retira son ample cape brune pour dévoiler son ventre arrondi. Beaucoup même.

Elle releva un regard gêné vers son compagnon, et murmura :

- Je sais que les chevaliers ne doivent pas avoir de relations, ni d'enfants, et je suis désolée de ne t'avoir rien dit, j'étais sur Délos et...

Psyché fut coupée dans ses excuses par un baiser sur ses lèvres.

- Ne t'excuses pas, assena Albafica. La Psyché que je connais ne s'excuse pas. Et je me fiche bien de l'avis des autres. Pour moi, il n'y a aucun cadeau plus merveilleux que tu pouvais me faire.


- Et bien, c'est un beau bazar, ici.

En effet, sous les pieds des deux chevaliers d'or s'étendait, devant la Maison du Bélier, un champ de bataille comme la Scorpion et le Poisson n'en avait rarement vus : les dix chevaliers d'or qui étaient restés au Sanctuaire étaient tous descendus prêter main forte à leur ami du premier, et les voilà qui se battaient contre des sortes d'anges en culottes courtes et armures noir avec des arabesques argentés.

Et au milieu de tous ça, Hédoné, déesse du plaisir et amour au service d'Aphrodite qui malmenait violemment Hémithéa et Aldo.

- Les chevaliers d'or ne sont visiblement plus ce qu'ils étaient, sourit-elle. Je comprends que vos maîtres ce soient fait battre par de simples bronzes.

Le sourire de la femme aux boucles brunes s'accentua alors qu'elle levait la main pour achever ses adversaires.

Du haut de la falaise où elle était perchée, Psyché s'avança d'un pas.

- Attend ! lui intima Albafica. Tu comptes vraiment y aller ?

La rousse hocha la tête.

- Mais c'est de la folie ! Cette déesse ne va faire qu'une bouchée de toi !

- Non. Aphrodite veut quelque chose que je n'ai pas, et je vais me faire une joie de le lui faire comprendre. De plus, mon cosmos s'est parfaitement régénéré. Je n'ai qu'à faire attention à mes blessures physique.

Le douzième gardien serra le poing mais acquiesça. Il savait qu'il pouvait faire confiance à son amante.

En contre bas, Hédoné s'était arrêtée. Elle comptait s'en prendre aux anciens golds, qui étaient venus voir ce qui se passait, mais maintenant qu'elle avait sentie sa présence dans son dos, elle n'avait plus fait un pas, laissant pas là l'occasion à Hémithéa et Aldo de se relever.

- Alors tu t'es finalement décidée à venir, fit la déesse du plaisir.

- Je n'aurais pas voulu manquer ça, lui répondit une voix où perçait une pointe d'amusement. De plus, j'ai cru comprendre que tu avais quelque chose contre moi.

Hédoné se retourna pour faire face à Psyché, qui avait revêtu l'armure du Scorpion sous sa cape brune.

- Rends-moi l'âme de ma mère et peut-être que j'accepterais de t'achever rapidement.

- Tu sembles bien sûre de toi.

- Parce que tu crois peut-être que tu es capable de me vaincre ? Ton état physique est déplorable, et ton cosmos plus que défaillant. Tu fais bien peine à voir, Thessalia.

La chevalier du Scorpion s'approcha de la déesse pour se retrouver à sa hauteur.

- Je ne suis pas Thessalia.

- Si. Et c'est pour ça qu'on te cherche.

- Non. Ça fait un moment que je ne le suis plus, et que l'âme de ta mère n'est plus en ma possession.

- Quoi ?!

Les yeux d'Hédoné s'étaient ouverts puis subitement rétrécis.

- La déesse Psyché m'a libérée de l'emprise de la malédiction de Zeus et est ensuite partie vous rejoindre. Je suis même étonnée qu'elle ne soit pas déjà arrivée.

Une claque magistrale lui répondit.

- Et alors ? Quand bien même tu dirais la vérité, j'aurais toujours autant envie de t'écraser ! L'heure est venue de payer pour tes crimes, maudite servante d'Athéna !

Le casque de la chevalier d'or avait volé jusqu'aux pieds de Camus, qui l'attrapa pour le montrer à Milo.

- Je crois que Psyché est revenue, traduisit son compagnon.

L'ancien Verseau pointa du doigt les deux femmes qui se faisaient face.

- Tu veux me faire payer ? fit Psyché. Et bien vas-y, essaie.

Le cosmos argenté de la petite-fille d'Aphrodite s'éleva, bientôt suivi par celui doré de la Scorpion.

- Dagues du Désespoir !

Un millier d'éclats noirs et tranchants s'élevèrent, fondant droit sur Psyché, qui essaya tant bien que mal de les parer.

- Uh...

- Quoi, une seule attaque et tu n'as déjà plus la force de fanfaronner ?

- Une seule attaque et tu penses déjà m'avoir vaincue ? Aiguille écarlate !

La divinité tenta d'éviter les coups portés à la vitesse de la lumière, mais Hédoné du reconnaître que, même avec deux locataires dans son abdomen, la chevalier d'or était plus rapide qu'elle. Peut-être qu'Antéros avait raison quand il disait que la Scorpion était une adversaire redoutable...

Non. Antéros était faible. Et cette femme ne méritait pas de vivre après tout ce qu'elle avait fait.

- L'aiguille écarlate est à la hauteur de sa réputation, dit Hédoné en se relevant. Le poison qu'elle inflige est infiniment douloureux.

Elle cracha une gerbe de sang.

- Je dois avouer t'avoir sous-estimée.

La déesse du plaisir se mit en position d'attaque, son poing s'éclairant d'une lueur argenté.

- Mais ce n'est pas ton cosmos d'humaine qui va te permettre de vaincre une déesse tel que moi.

Et elle se jeta sur la chevalier d'or, engageant un combat sans merci à une vitesse si impressionnante que même Éros et Antéros, perchés sur une colonne, ne pouvaient suivre.

- Psyché a gagné en puissance, remarqua Éros. Hédoné est animée par la colère. En ce moment, l'issue de ce combat est des plus incertaines.

Antéros jeta un coup d'œil à son frère.

- Éros, tu dois l'avoir entendu comme moi mais... Si ce que dit cette femme est vrai, pourquoi Psyché n'a toujours pas pris contact avec nous ?

- Elle l'a fait.

- Hein ?

Le brun tourna vivement la tête et regarda son aîné avec des yeux ronds où perçaient autant de surprise que incompréhension.

- Mais pourquoi tu ne l'as pas dit ? Tu sais que ce conflit peut tourner en guerre sainte et nous n'avons pas du tout besoin de ça ! Pire, tu es au courant que tu laisses ta propre fille mener un combat à mort ?

Éros se contenta de hocher la tête.

- Contrairement à ce qu'on pensait, cette querelle est beaucoup plus importante que prévue. En fait, elle engage plus de divinité que ce à quoi on s'attendait.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

Le dieu blond plissa les yeux, essayant de distinguer quelque chose de cette masse or/argent.

- Je n'en suis pas sûr, mais les paroles de Psyché étaient étrange. Comme si...Elle savait quelque chose que nous ignorions.


Quelques heures plutôt, dans le palais d'Aphrodite

- Éros... Éros !

Le dieu de l'amour sursauta à cette appel.

- Psyché ?

Il aurait reconnu la voix de son épouse entre mille.

- C'est toi ?

- Oui. Je suis contente de voir que tu te portes bien.

Le fils d'Aphrodite se leva d'un bond, et coupa court à ces politesses.

- Psyché, où es-tu ?

- Je suis en route pour le Sanctuaire. Je sais que ça va te paraître étrange, mais Psyché a réussit, avec mon aide, à briser la malédiction, et elle m'a libérée. Mais mes pouvoirs sont encore trop faibles pour pouvoir retourner dans mon corps d'origine, alors en attendant je me suis incarnée en Astria, qui elle aussi a été libéré en même temps que sa sœur.

Le dieu resta un instant interdit, avant d'assimiler les paroles de sa femme.

- Pourquoi est-ce que tu aides à ce point les chevaliers ? Ça t'as déjà valu de te faire bannir pendant seize ans. Veux-tu vraiment que je te perde définitivement ?

- Ne t'inquiète pas. Astria et moi bénéficions de la protection d'une personne très puissante. Je te promets qu'ils ne m'arrivera rien.

- Je vais prévenir ma mère de ton retour.

- Surtout pas !

Le jeune homme s'arrêta alors qu'il franchissait déjà le pas de la porte de sa chambre.

- Psyché va retourner au Sanctuaire, et il faut qu'elle affronte Hédoné.

- Alors tu préfère faire passer cette prêtresse déchue avant notre propre fille, répondit Éros, amère.

- Non, promit la déesse de l'âme. Ce combat sera bénéfique pour les deux. Et si c'est ça qui t'inquiète, je te promets qu'il n'arrivera rien à Hédoné. Fais-moi confiance, mon amour. Comme tu l'as fait lorsque j'ai accomplit toutes ces épreuves pour te retrouver*.

L'ange de l'amour serra son poing.

- Très bien. Je te fais confiance, mon amour.


Au Sanctuaire, le combat faisait toujours rage entre la chevalier du Scorpion et la déesse du plaisir. Autour d'elles les autres batailles avaient cessées, et tous se concentraient désormais sur les deux femmes d'une puissance écrasante.

- Qu'est-ce que tu cherches à prouver, Hédoné ? cria Psyché. Tu penses vraiment que c'est en me tuant que tu vas rendre ta mère fière de toi ?

- Tais-toi ! répliqua la femme aux boucles brunes. Je montrerai ma loyauté à Aphrodite et prouverai à ma mère qu'elle avait tort de te choisir, toi!

Psyché esquiva un coup et attrapa le poing de son assaillante.

- Te choisir ? Mais tu es complètement folle ! Psyché ne m'a jamais choisit par rapport à toi ! Elle m'a aidé à vaincre une malédiction !

Hédoné se retourna et assena un coup dans le visage de la huitième gardienne.

- Tu es une créature maudite, et à cause de toi ma mère est tombée en disgrâce ! Pire, à cause de toi, elle m'a abandonnée !

La déesse infligea une nouvelle attaque à la rousse, qui s'échoua misérablement contre une colonne. Peut-être qu'elle n'était pas assez rétablie pour combattre, finalement.

- Abandonnée ? souffla-t-elle tout de même. Psyché a passé seulement seize ans loin de toi, et à peine me rendait-elle visite lors de mes précédentes incarnations. Toi qui as vécu bien plus longtemps que n'importe qui, toujours entourée de ta famille, qu'est ce que tu sais de l'abandon ?

La brune aux yeux bleus regarda avec mépris la chevalier qui agonisait par terre.

- Pff. C'est vrai que tes parents t'ont lâchement abandonnée dans un champs de fleurs près du Sanctuaire.

Hédoné se pencha en attrapa entre son pouce et son index de la main gauche le visage de Psyché, qui avait en partie perdue son masque, qui ne recouvrait plus qu'un seul de ses yeux.

- Mais si je me souviens bien, tu as été sauvée par un chevalier d'or, qui t'as élevée comme sa propre fille. Et grâce à ma mère, il est encore envie aujourd'hui, tout comme ton maître. Moi, j'ai connu la solitude et la jalousie pendant seize ans. Et toi, qu'as-tu fais ? Simplement grandir avec l'amour de tes amis et de ta famille, sans aucune difficulté. Tu ne sais pas ce que c'est que d'être une déesse. Et ce n'est pas ton pouvoir famélique qui te sauveras.

Psyché esquissa un sourire, qui en réalité s'apparentait plus à une grimace de douleur.

- Il faut l'aider, s'écria Milo, déjà prêt à voler au secours de sa fille adoptive.

- Non, l'arrêta une voix, ainsi qu'un bras blanc qui se dressa en travers de son torse.

- Déesse Athéna, que faites-vous ici ?! s'étrangla Saga.

- Psyché va s'en sortir seule, affirma la déesse de la Sagesse. Laisse-lui juste le temps.

La chevalier du Scorpion posa sa main sur le bras de la déesse du plaisir, et lui murmura :

- Tu as faux sur tellement de choses, Hédoné. Permets-moi de te le prouver en un seul souvenir.

Elle retira sa main pour la reporter sur la tête de son ennemie, qui écarquilla les yeux tandis que la jeune femme rousse les fermait.


- Non...non...non !

Psyché tomba à genoux, le corps secoué de violents sanglots. Non...Ils ne pouvaient pas.

- Papas...Papas !

L'enfant d'à peine trois ans écrasa ses paumes dans la terre, et ses pleurs redoublèrent à ce contact. C'était impossible ! Elle avait déjà tout perdu il y a longtemps, pourquoi le sort s'acharnait-il sur elle ? Que quelqu'un l'aide ! Que quelqu'un lui vienne en aide !

- Aaaaaaaaaaaaaaaaah !

Elle attrapa sa tête à deux mains, et lâcha un profond cri de douleur et de désespoir. Autour d'elle, les racines se soulevèrent, réceptives à sa détresse, et la nature s'agita violemment, réagissant aux volontés de sa maîtresse.

- Mère !


Hédoné partie violemment en arrière, et se retrouva assise par terre, regardant fixement Psyché dans les yeux.

- Mais que.. Qu'est-ce que... Qu'est-ce que tu es, au juste !

La gardienne de la huitième Maison gardait les yeux fermés, une main plongée dans la terre, ses veines parcourues d'une étrange lumière dorée.

- Hédoné. Tu voulais savoir ce que c'était que de se sentir seule ? Et bien j'en t'en ai montré un exemple. Ce jour-là, j'ai eu l'impression que ma vie s'effondrait autour de moi, et que plus personne ne pourrait jamais m'aider. Si la déesse de l'âme ne m'avait pas aidée en ramenant mes parents à la vie, je me serais très certainement détournée de la voie des chevaliers. Ta première erreur a été de croire que ta mère t'avais oubliée, alors qu'elle m'a de nombreuses fois dit à quel point elle tenait à toi. La seconde, ça été de penser que mes parents biologiques m'avaient laissés seule, alors qu'ils ont toujours été là pour moi. La troisième fut de croire que je ne connaissais pas le malheur, alors que j'y ai sans doute été exposée bien trop de fois. Et la dernière...

Psyché ouvrit les yeux, les plantant dans ceux de la déesse qui lui faisait face, le visage meurtri par la colère.

- Ça a été de dire que j'étais humaine. Parce que techniquement, seul un quart de mon sang est humain. Le reste...Il s'agit du sang qui coule dans les veines des dieux.

Elle se releva et toisa Hédoné, qui lança un regard à un des membres de l'assemblée.

- Ne me dis pas que tu es la fille de ce chevalier et de...

- Si. Précisément.

Psyché se pencha et murmura quelque chose à l'oreille de la déesse, qui écarquilla les yeux, avant de porter une main à sa bouche.

- Alors... Ma mère...

- Oui. Mais sache que je ne t'en veux aucunement, Hédoné. À ta place, j'aurais certainement agis pareil.

La brune baissa les yeux.

- Je comprends, murmura-t-elle. Et je suis désolée pour ce que j'ai fais ou dit. Je vais rentrer, et j'expliquerai la situation à Aphrodite. De toute façon, les guerres entre les dieux n'ont que trop durées. Il est temps qu'elles cessent.

Et la déesse se releva, fit signe à son armée qu'il était temps de partir en s'envola, suivit d'Éros et d'Antéros en direction du palais d'Aphrodite.

Et après le départ de l'armée de la déesse de la beauté, Psyché resta pendant de longues minutes face au soleil qui déclinait, sans prendre en compte la présence d'Athéna et du reste de la chevalerie derrière elle.

- Psyché, finit par faire Saori. Tout à l'heure, pendant ton combat contre Hédoné, tu as laissé l'énergie de la Terre te guérir. Est-ce que ça veut dire que tu as enfin réussit à contrôler ce lien ?

Autour d'eux, les chevaliers se regardèrent. Qu'est-ce que leur déesse voulait dire par-là ?

- Vous étiez au courant ? murmura la Scorpion. Oui, bien sûr. Mais en fait j'ai juste accepté ce que j'étais, comme me l'avait conseillé ma mère.

- T'as mère ? releva Camus.

- Papa. Il y a seize ans, sur l'île de Délos, je t'ai promit que je te raconterai tout.

Elle se retourna et sourit à l'assemblée, une lueur triste allumée dans son œil qui était visible.

- Je crois qu'il est temps de vous raconter l'histoire de Psyché du Scorpion.


* lire le mythe Éros et Psyché


Une p'tite review sivousplaît, ça fait plaisir et ça encourage à écrire la suite *_*