Bonjour tout le monde. Alors aujourd'hui un chapitre qui va nous montrer un peu plus de Carlisle. On va comprendre un peu de chose sur le personnage. C'est vrai que j'ai tendance à ne pas en faire un prince charmant, mais c'est aussi ce qui fait l'originalité de cette fic, tout ne peut pas être rose.
Hmp: Carlisle est comme ça, parfois il ne pense pas à mal, mais c'est juste un crétin sans coeur par moment. Et on verra que ce sera aussi valable quand il veut bien faire. Il y a peut-être une raison pour laquelle il a rappelé sa maitresse. Carlisle ouvrira bien les yeux à un moment mais peut-être que ce sera trop tard. Bisous !
Guest: Non Carlisle n'a pas entendu la totalité de la conversation. Ce qui s'avère dommage sinon il aurait appris que sa femme l'aimait. Mais on y viendra. Bisous !
Allez bonne lecture et à la semaine prochaine !
- Pourquoi sommes nous ici ? demanda Carmen perdue. Nous nous retrouvons dans tes appartements d'habitude...
- Pas aujourd'hui, l'interrompit Carlisle en la faisant asseoir sur un sofa. J'ai besoin de te parler.
Carmen commença aussitôt à bouder, ce n'était pas bon signe. Elle savait très bien ce qui était en train de se passer et elle savait aussi qu'une colère ne la sauverait pas cette fois ci. Il ne restait que la culpabilité pour le faire céder.
- Tu crois que j'ignore que la princesse se trouve actuellement dans ta chambre, cracha-t-elle en enlevant ses mains de celles de son amant. Tu crois que les pies de la cour m'aurait épargné ça ? Ne te laisse pas avoir par son joli minois tu sais aussi bien que moi que c'est une sale manipulatrice.
- C'est ma femme que tu insultes, donc surveille le ton avec lequel tu en parles, se fâcha doucement le prince.
C'était pire que ce que pensait Carmen. Son pire cauchemar était en train de se réaliser. Elle le voyait dans son regard fuyant, dans sa posture, dans le fait qu'il ne l'ai pas touché depuis l'attaque du château.
- Tu as des sentiments pour elle, constata-t-elle froidement.
Carlisle ferma les yeux en attendant la tempête. Il n'avait pas prévu ça, jamais il n'aurait pensé pouvoir tenir à sa femme. Est-ce qu'il l'aimait, il n'en savait rien, mais ce qu'il savait, c'est qu'il ne pouvait plus se passer d'elle.
- Je comprend tu sais, tenta-t-elle de l'amadouer. Elle est belle, elle est intelligente et elle est intense. Autant de qualités que tu chéris. Je te connais. La princesse te partage avec moi depuis un an. Je suis prête à te partager moi aussi, à condition de ne pas te perdre. Je ne t'empêcherai pas de l'aimer, tant que tu ne l'aimes pas plus que moi.
- Ce n'est pas aussi simple et tu le sais, grogna-t-il en se frottant le visage.
- Tu n'as pas le droit de m'abandonner, pas après tant d'années, commença-t-elle à pleurer.
- J'ai juste besoin de temps pour faire le point...
- Non tu ne comprends pas, je n'y survivrai pas si tu me laisses, je t'aime trop pour ça. J'ai accepté tout ce que tu m'as demandé, mais je ne supporterai pas de te perdre.
Le cœur de Carlisle se serra encore plus. Il ne savait plus où il en était. Entre Isabella qui lui faisait douter de tous ses sentiments et Carmen qui lui pleurait son amour, comment pouvait-il s'en sortir ? Parce qu'il ne voulait plus être l'homme de deux femmes, il fallait qu'il choisisse, pour lui et pour elles aussi.
- Tu as juste besoin d'un héritier, une fois que ce sera fait, tu n'auras plus besoin de faire ton rôle d'époux. C'est ça qui te trouble. Depuis que tu réponds à chacun de ses caprices, tu changes. Elle se moque de toi, les médecins ont certifié qu'elle pouvait avoir des enfants, alors pourquoi n'en a-t-elle pas encore ? lança-t-elle en lui caressant la joue. Elle te ment depuis le début, que peut-elle te cacher d'autre ?
- Je suis navré, lança-t-il en retirant sa main. Cette fois ci, je tente de lui faire confiance. J'ai besoin de savoir où j'en suis. Laisse moi du temps.
Il se leva et s'en alla. Carlisle savait qu'il se comportait mal, avec l'une comme avec l'autre. Justement, il avait besoin de mettre un terme à tout ça ou d'apprendre à vivre avec sa mauvaise conscience. Mais il ne pouvait plus faire semblant. Isabella l'avait touché, bien plus qu'il ne s'y était attendu. Il avait toujours admiré son intelligence et sa beauté, mais depuis peu il avait appris à découvrir son immense cœur et son sens du devoir. La princesse était en effet tout ce qu'il aimait. Il était donc évident qu'il succombe à un moment ou à un autre. Malgré tout, il ne pouvait pas passer sur des années de relation avec Carmen aussi facilement. Il avait des sentiments pour sa femme, mais en avait-il plus que pour sa maîtresse ?
Alors qu'il rejoignait ses appartements, il vit Alice et Jasper au détour d'un couloir entrain de comploter. Il ne lui en fallut pas plus pour se cacher et écouter discrètement quel mauvais coup était en préparation.
- Non elle n'est pas ressortie depuis qu'elle est entrée dans ses appartements il y a une semaine de cela, s'inquiéta Jasper en se rongeant les ongles.
- Je suis certaine qu'elle va mieux. Le roi Charlie a le verbe haut mais il ne ferait pas de mal à sa fille..., tenta de le raisonner Alice en le prenant dans ses bras.
- Tu ne le connais pas. Bella l'a supplié de ne pas m'envoyer au port après le fiasco de notre mission dans le désert, il n'a rien voulu entendre. Malheureusement ici, il ne joue pas sur son terrain. Je sens mon amie fragile en ce moment. Bell's n'est jamais fragile, elle est comme Mama, toujours dans le contrôle. Le prince change quelque chose en elle et j'ai peur qu'elle ne s'y perde.
Alice posa sa main sur sa joue et la caressa tendrement avant de poser un baiser sur ses lèvres.
- Trouves tu que tu as changé depuis que nous nous fréquentons ? lui demanda-t-elle doucement.
- Oui, sourit-il enfin en l'embrassant à son tour. En bien. Je suis plus ouvert et moins colérique.
- Je réfléchirai au moins colérique si j'étais toi, se moqua Alice gentiment. Tu as changé, tu es devenu plus doux, moins confrère, moins phénixien, moins Major Whitlock. C'est la même chose pour la princesse.
- Mais moi je t'aime..., lança-t-il sans se rendre compte de ce qu'il venait de dire.
Alice lui fit un magnifique sourire et essaya de lui faire comprendre quelque chose du regard.
- Tu m'as déjà avoué qu'Isabella était prête à tout pour toi et que c'était totalement réciproque. Jasper, c'est ton amie, ta meilleure amie, mais c'est aussi une femme qui a le droit d'être aimé par son mari, même si celui ci ne l'aime pas comme toi tu voudrais qu'il le fasse. Le roi, Emmett et toi, vous ne voulez pas la partager, mais en même temps vous êtes prêt à la sacrifier sur l'autel de la confrérie. Elle est fatiguée, je pense qu'actuellement elle doit être triste que son père et son frère la juge. Bella est forte, mais elle a le droit de craquer.
Jasper baissa la tête en soupirant. Il n'était pas facile de le raisonner, mais Alice faisait ça à merveille.
- Je sais que tu ne l'abandonneras jamais, même pour moi et je comprend très bien pourquoi...
- Alice ! se désola-t-il en relevant la tête.
- Non tais toi, je t'aime, tu m'aimes aussi, mais on sait tous les deux que la princesse passe avant notre amour. Elle a déjà bien trop fait pour nous pour que nous l'abandonnions.
- Nous mariez n'y changerait rien..., tenta de la convaincre Jasper désespéré.
- Je ne peux pas t'épouser Jasper, pas ici, même si j'en meurt d'envie. Tu es phénixien, tu es garde royal. Je suis une comtesse volterrienne. Mon futur mariage devra être approuvé par le roi et Carlisle ne consentira jamais au notre en sachant que tu n'es pas de sang noble.
- Mais Aro...
- Se meurt, l'interrompit Alice en haussant les épaules. Notre seul échappatoire c'est Phénixis et je m'y refuse. Je n'abandonnerai pas Bella et toi non plus, même pour moi.
Jasper semblait au supplice. Carlisle les espionnait avec un regard nouveau. Ils s'aimaient et ça c'était une chose qui importait aux yeux du prince. Aurait-il accordé ce mariage s'ils lui avaient demandé ? Probablement pas sans contrepartie, surtout face à Jasper. Mais il n'était pas totalement contre. L'amour était une chose qu'il avait connu et voir les yeux du Major brillait avec cette intensité le fit sourire. Il avait eu ce regard, lui aussi, fut un temps. Carlisle connaissait une solution, une qui leur permettrait de se marier sans que personne n'ait à y redire et qui en plus lui apporterait la paix, malheureusement c'était au sacrifice du peu de confiance que sa femme pouvait avoir en lui. Que devait-il faire ?
Faisant demi-tour et reprenant un autre couloir, il y réfléchit tout le long du chemin qui le menait jusqu'à ces appartements. Il entra discrètement et fut surpris de trouver sa femme assise devant une toile. Isabella ne l'avait même pas entendu entrer, elle était absorbée par sa contemplation. Le cœur de Carlisle se serra un peu en voyant lequel c'était.
- Ne devriez vous pas être au lit ? lança-t-il lui faisant part de sa présence.
- Je n'arrive pas à dormir, répondit-elle sans même sursauter. Puis je suis curieuse.
Le sourire de Carlisle s'agrandit. Sur ce coup, la princesse était honnête. Il la rejoignit sur le sofa et contempla la toile à son tour.
- Elle était très belle, constata Bella en scrutant chaque détail. Ses cheveux étaient de la même couleur que ceux d'Edward.
- Esmée était une femme d'une grande tendresse, avoua Carlisle se remémorant ses souvenirs.
- Parlez moi d'elle, demanda la brune en se tournant vers lui.
Le prince fronça les sourcils en ne comprenant pas pourquoi elle lui demandait ça. Carmen avait toujours refusé d'entendre parler de sa défunte épouse.
- Pourquoi ? s'inquiéta-t-il aussitôt.
- Parce que c'était votre premier amour, parce qu'il n'est pas facile de parler de sentiments pour vous alors que je suis certaine que vous en avez eu énormément pour elle. Il n'y a pas de honte à parler d'elle. Cette femme avait l'air exceptionnelle.
La surprise du prince pouvait se voir sur son visage. Il ne parlait jamais d'Esmée, plus depuis qu'Edward était mort. C'était comme rouvrir une boite où il avait enfermé tous ces souvenirs pour ne pas qu'ils le touchent encore.
- C'était une grande artiste, la plupart des toiles ici sont les siennes, admit-il enfin la voyant sincère. Elle était douce, elle aurait fait une mère merveilleuse.
- Elle a un regard tendre sur ce portrait. Mais aussi un petit quelque chose d'espiègle, analysa Bella avec le sourire.
- Oui, s'amusa son mari en regardant la peinture. Elle aimait faire des blagues et prétendre qu'elle n'y était pour rien. Nous étions si jeune et pourtant nous nous sommes aimés au premier regard.
- Un bal ?
- Exactement, elle était parfaite dans sa robe écrue, je n'ai pu détacher mes yeux d'elle de toute la soirée. Aro s'est beaucoup moqué de moi, comme il sait si bien le faire. Ne pouvant accepter qu'elle s'en aille loin de moi, je l'ai suivit et je lui ai fait la cour.
Le sourire de Bella était tendre et elle était vraiment heureuse qu'il se livre à elle. Ils en avaient besoin tous les deux.
- Notre mariage était simple comparé au notre, mais cela nous suffisait. Puis elle est tombée enceinte. Elle rayonnait. Nous étions au comble du bonheur. Puis tout a dérapé. Elle a accouché, Edward était en excellente santé. Esmée était fatiguée mais semblait aller bien...
Les larmes montèrent aux yeux du prince. Il commença à se détourner et à vouloir se lever, mais sa femme le rattrapa. Elle posa ses mains de chaque côté de son visage et l'embrassa.
- Il n'y a pas de honte à avoir, vous avez le droit de pleurer votre femme, en ma présence cela ne sera jamais mal prit, la consola-t-elle du mieux qu'elle put.
Carlisle posa sa main sur celle de sa femme et ses lèvres se mirent à trembler.
- Elle est revenue dans notre chambre, nous nous sommes couchés, heureux comme les jeunes parents que nous étions. Puis nous nous sommes écroulés de fatigue.
Les larmes coulèrent pour de bon sur la visage du prince. Le cœur de Bella se serra de le voir aussi ému.
- A mon réveil, elle ne bougeait plus. Sa tête était encore posé sur mon bras. Elle avait les yeux fermés et son visage... il était si blanc. Elle est morte dans mes bras et je ne m'en suis même pas rendu compte.
Le prince essuya ses larmes rageusement, comme si, même après tant d'années, il ne se le pardonnait toujours pas.
- Le lit était couvert de sang, elle avait fait une hémorragie à la suite de l'accouchement et je n'ai rien vu parce que je dormais.
Bella plongea sa main dans les cheveux de son mari et lui caressa doucement.
- Vous ne pouviez pas savoir, chuchota-t-elle avec tendresse.
- C'est ce que l'on a pas arrêté de me répéter, mais ça n'empêchera jamais à ma culpabilité de réapparaître à chaque fois que j'y pense. Depuis ce jour, je dors seul, je refuse d'avoir cette angoisse de vous retrouver sans vie à mes côtés au petit matin.
Ceci expliquait cela. Bella n'imaginait même pas l'horreur qu'il avait pu vivre. Surtout aussi jeune. Cela devait être un traumatisme qu'il n'avait jamais surmonté. Elle le prit dans ses bras, le consolant du mieux qu'elle pouvait.
- Votre amour était beau Carlisle, gardez ça en mémoire. Vous vous aimiez et il n'y a rien de plus précieux au monde. J'ai toujours envié mes parents pour leur amour inconditionnel l'un pour l'autre. Edward devait être heureux de savoir que ces parents s'aimaient de la même façon que moi je le suis de voir mes parents.
- Sauf qu'Esmée n'est plus là et notre fils non plus, rétorqua-t-il en séchant ses larmes traîtresses. Je ne suis même pas capable de protéger ma famille, il suffit de vous regarder aujourd'hui pour voir à quel point je suis un mauvais mari. J'aimerai vous rendre heureuse, vous le méritez. J'aimerai voir votre sourire chaque jour, effacer cette mélancolie que je vous vois parfois. Mais je ne suis pas assez bon pour ça.
La princesse fut surprise de voir une nouvelle facette de son mari. Sa fragilité. Il paraissait tellement insensible, que c'était choquant de le voir ainsi. Puis elle finit par comprendre quelque chose d'essentiel. Carlisle était dans son antre, entouré de tous les souvenirs de sa vie. C'était ici qu'il venait se ressourcer, en dehors de cette pièce, il ne laissait pas de place aux sentiments.
- Vous vous améliorez chaque jour, le rassura-t-elle avec un sourire tendre. Vous savez très bien qu'il ne manque pas grand chose pour que je sois heureuse, seulement je veux que ça vienne de vous. J'estime avoir fait assez d'effort.
- Vous avez fait plus que ça. Vous êtes d'une patience d'ange pour dire vrai, avoua-t-il en la prenant à son tour dans ses bras. Je ferai mon possible dès à présent pour vous rendre heureuse.
Elle avait envie de lui dire de ne pas faire de promesse qu'il n'était pas capable de tenir, mais elle ne s'en senti pas le cœur. Pour une fois qu'il lui ouvrait son jardin secret, elle n'allait pas lui renvoyer en pleine tête.
- Vous saviez que le Major et Alice étaient amoureux l'un de l'autre ? demanda-t-il en se souvenant de leur conversation dans le couloir.
- Ils se croient discret, s'amusa la brune en haussant les épaules. Je ne pensais pas trouver un jour une femme assez patiente pour supporter Jasper.
- Vous n'avez jamais eu de sentiment pour votre ami ? demanda Carlisle vraiment curieux sur ce sujet. Vous vous entendez tellement bien, de plus vous avez grandi ensemble.
- Comme avec Emmett, répondit honnêtement sa femme. Jasper est mon frère d'arme, celui pour qui je suis prête à me couper un bras et à me mettre mon père et mon mari à dos s'il le faut. J'ai sorti Emmett d'autant de galère que Jasper. Ils ne savent pas être sage ces hommes.
- Il faut bien une Alice ou une Rosalie pour les raisonner. Tout comme il est temps que j'ai une Isabella pour me guider.
- Vous seriez prêt à m'écouter ? demanda-t-elle mutine.
- Quand on a une femme qui défend son nouveau pays au prix de sa vie et qui défend son honneur face à son propre père, on l'écoute et attentivement de préférence. Vous êtes une grande diplomate, une grande princesse mais surtout vous êtes une magnifique femme.
- Qu'est-ce qui me vaux autant de compliment ? s'étonna Bella surprise.
- Je rattrape juste tout ceux que je ne vous ai pas fait depuis notre mariage. Mais surtout, je pense qu'il est temps pour moi de me conduire en mari admirable. Il est temps que je vous remercie pour tout ce que vous avez fait pour moi.
La princesse fronça les sourcils en ne comprenant pas où il voulait en venir. Voyant son incompréhension, Carlisle prit son courage à deux mains et se fit sérieux.
- J'ai prévenu la marquise que je préférais que nous fassions une pause, je veux savoir où j'en suis, avec elle, avec vous et surtout avec moi même. Aucune de vous ne devrez avoir à subir mon hésitation. Je l'ai beaucoup avantagé comparé à vous, alors j'estime qu'il est à présent temps que je vous donne votre chance.
Les larmes montèrent aux yeux de la brune. Il était sincère, elle le voyait. Son mari était entrain de lui annoncer qu'il mettait sa maîtresse de côté pour d'avantage s'occuper d'elle.
- Va-t-elle rentrer chez elle ? demanda Bella la voix chevrotante.
- Je n'y avais pas encore pensé pour tout vous dire. Mais je pense que oui, il est préférable qu'elle prenne de la distance pour me laisser le temps de savoir ce que je ressens vraiment.
- Alors vous ressentez quelque chose pour moi ? marmonna-t-elle à demi-mot la gorge serrée.
- En doutiez vous ? répondit-il avec un petit sourire charmant. Je n'ai jamais eu aussi peur de ma vie que lorsque j'ai su que vous étiez seule à défendre ce château. Je peux mentir aux autres, mais pas à moi même ni à vous. Oui, vous m'avez touché Isabella, seulement je suis trop peu sujet aux émotions de ce genre pour savoir comment les analyser. Je tiens à vous, mais je tiens à elle également. Malheureusement, je sais que nous ne supporterons pas cette situation éternellement et que le plus simple, c'est encore que je sache exactement où j'en suis. Et tant que je ne vous aurais pas donner votre chance, jamais je ne le saurais.
Oubliant son rang et ses blessures Bella se jeta dans ses bras en le serrant de toutes ses forces. Il lui donnait une chance, il leur donnait une chance.
- Vous m'aviez demandé du temps, susurra-t-il à son oreille en lui caressant les cheveux. Je vous l'offre enfin.
Elle resta dans ses bras à profiter jusqu'à ce qu'il la recule se faisant soudain sérieux. Il respira un bon coup et lui sourit tendrement.
- Pour le Major, qu'est-ce qui est le plus important pour vous ? Son bonheur ou le votre ? demanda-t-il le cœur serré.
- Je ne comprend pas le sens de votre question, ou même le pourquoi de cette question, s'inquiéta sa femme en fronçant les sourcils.
- Êtes vous prête à le partager avec votre dame de compagnie ? l'interrogea-t-il sincèrement.
- Bien sûr ! se scandalisa la princesse. Jasper est mon ami, mon garde, mon frère d'arme, mais Jasper ne m'appartient pas. C'est un homme libre !
- Très bien, lança Carlisle en la calmant. C'est tout ce que j'avais besoin de savoir. Je dois également vous dire que votre frère se désespère de vous voir.
- Moi aussi pour dire la vérité, avoua Bella en soupirant. Seulement mon père est tellement furieux que j'ai peur qu'il me hurle à nouveau dessus.
- Voilà plusieurs jours que vous êtes ici, votre père n'a pas voulu partir sans vous revoir et je sais de source sûr qu'il a reçu une lettre de votre mère, sourit en coin Carlisle.
- Ma mère a écrit à mon père ? s'étonna la brune en grimaçant. Si c'est Emmett qui a lâché le morceau, mon père est un homme mort en rentrant.
- Il se pourrait que ce ne soit pas votre frère, s'amusa Carlisle avec espièglerie.
Le visage de Bella se décomposa en comprenant puis elle finit par rire.
- Vous avez envoyé une lettre à ma mère ?
- Un certain Major m'a dit un jour que la seule personne pouvant le calmer se trouvait être la reine de Phénixis. Je n'aime pas vous voir en pleurs. J'ai juste fait ce qui me paraissait nécessaire pour que vous repartiez sur de bonne base avec votre famille. Je sais mieux que quiconque que la famille c'est précieux. Ne restez pas sur une dispute, vous le regretteriez.
Elle le remercia en l'embrassant. Prenant son courage à deux mains, elle se leva. Même si son mari continuait de la couver et lui conseillait de rester coucher, la princesse se sentait mieux. Carlisle n'avait pas dormi une seule fois avec elle dans la chambre, elle l'avait retrouvé une nuit sur le sofa, une autre fois à son bureau étudiant des rapports. La princesse fit appeler une domestique et s'habilla. A défaut d'être totalement remise, elle serait présentable.
- Jasper restera avec vous, expliqua Carlisle en l'accompagnant jusqu'à devant ses appartements. Je vais lui dire que s'il y a le moindre soucis, il vienne me voir. Il est rare que je vous dise de rester campée sur vos positions, mais cette fois ci, puisque c'est en ma faveur, je vais vous le dire.
La princesse s'amusa de la voir aussi taquin, c'était rare venant de lui. Le plaisantin habituellement c'était Aro. Il déposa un baiser sur son front avant de la laisser seule. Un quart d'heure plus tard Jasper entra en trombe et la regarda sous tous les angles pour vérifier qu'elle était entière. Son amie lui sourit tendrement avant de le serrer dans ses bras. Ils n'eurent pas le temps de discuter des jours qui venaient de passer qu'une domestique leur annonçait la visite de Charlie et Emmett.
- Fais toi discret, lui conseilla-t-elle. Avec lui, on se peut jamais savoir sur qui il va passer ses nerfs.
- Ne t'en fais pas pour moi, je ne sais pas pourquoi, mais pour une fois ton mari est de mon côté, s'étonna Jasper en grimaçant.
Déposant un dernier baiser sur sa joue elle se prépara à recevoir les deux hommes de sa famille. Elle n'eut même pas le temps de voir son père qu'elle fut déjà étouffée par l'étreinte de son frère. Emmett était de ces personnes qui rendait la vie des gens beaucoup plus belle avec un simple sourire.
- Je t'interdit de bouder dans une chambre où je ne peux pas aller la prochaine fois, chuchota-t-il à son oreille. Ce n'est pas parce que nos parents ont une dent contre nous que nous nous cachons l'un de l'autre.
- Tu ne m'en veux pas alors, demanda-t-elle discrètement en cherchant son regard.
- En quoi pourrais je t'en vouloir ? Tu es une bagarreuse, comme toutes les femmes de cette famille. Il n'y a rien d'étonnant à te retrouver à la tête de la défense de ce château. Défendre, c'est dans les veines des phénixiens. Mais je reconnais que ma sœur me manque plus que je ne l'aurais imaginé.
- Viens me voir plus souvent, sourit-elle en lui caressant la joue.
- Oui et bien si j'écoutai ma femme nous habiterions ici, se moqua-t-il gentiment.
Charlie était resté en retrait, boudant dans son coin. Ce n'était pas un mauvais homme, ce n'était pas non plus un mauvais père. Seulement Bella, même s'il ne l'avouait pas, était sa fille adorée. La prunelle de ses yeux. Un savant mélange de l'amour qu'il portait à sa femme. Il n'aimait pas décevoir sa fille mais il n'aimait pas non plus qu'elle lui tienne tête. Charlie savait très bien qu'il avait un mauvais caractère et qu'avec sa fille, il s'emportait vite, parce qu'elle était bien trop têtue pour lui. La princesse le regarda méchamment. Elle n'était pas prête à recevoir à nouveau des reproches, qu'ils soient mérités ou non.
- Je suis désolé de mettre emporté, grogna-t-il en baissant les yeux.
- Tu étais désolé avant ou après t'être fait houspiller par maman ? demanda méchamment la brune pas prête à être indulgente pour l'instant.
Charlie releva la tête aussitôt, scandalisé qu'elle soit déjà au courant. Le sourire en coin de la brune n'échappa à aucun des hommes de la pièce.
- J'ai été élevé à être une espionne, ne t'étonne pas que je sache cette maigre information. Je sais qui je suis, ce que je vaux. Mais je sais aussi que je suis un être humain et pas un objet. J'ai un cœur, des sentiments et une force de caractère qui ne me fera pas flancher facilement. Alors oui, je risque beaucoup dans l'opération, j'en suis consciente. Mais tu n'as pas le droit de me retirer la possibilité de peut-être trouver le bonheur.
- Je cherche juste à te protéger ! intervint Charlie coupable. De toi même s'il le faut !
- Tu m'as marié au continent ! cracha Isabella cherchant à lui faire comprendre. Tu m'as vendu au plus offrant pour ton pays ! Et tu me reproches, à moi, de défendre ce même continent auquel tu m'as vendu !
- Ça n'a rien à voir et je ne t'ai pas vendu...
- Tu appelles ça comment père ? le coupa-t-elle n'en supportant pas plus. Un échange de bon procédé ? Tu m'as envoyé comme n'importe quel espion de l'autre côté de l'océan pour les assagir. Chaque espion de la confrérie qui souhaite rester à sa place lorsque sa mission est atteinte en a le droit. Ma mission ne sera jamais atteinte si je pars. Tu m'as enchaîné à ce pays, comme tu m'aurais enchaîné à Opale si j'avais épousé James. Je serai reine de Volterra, très prochainement et je devrai faire en sorte que ce pays se tienne tranquille. A quel moment, père, aurais-je le droit de choisir entre Phénixis et Volterra ? Jamais, parce que tu as fait en sorte que jamais plus je ne retourne à Phénixis. Ce choix que chaque espion de chez nous a, tu me l'as retiré. Tu ne cesses de répéter que je suis phénixienne et pourtant... ce n'est pas de Phénixis dont je vais devenir la reine.
Les lèvres de Charlie étaient totalement closes. Que pouvait-il répondre à ça ? En y réfléchissant bien elle avait raison. Même si elle ne lui avait jamais dit, tout ce qu'elle avait sur le cœur était en train de sortir. Charlie n'avait jamais vu à quel point sa décision avait pu affecter sa fille.
- Tu n'as pas le droit de me reprocher d'aimer ce pays, d'aimer mon mari et d'aimer être ici par moment. Même si Phénixis me manque bien plus que je ne l'admet, Volterra est loin d'être l'ennemi que je pensais trouver. J'ai une chance de ne pas être l'espionne, l'étrangère, j'ai une chance d'être leur reine. Parce que je leur ai prouvé ma valeur. Je me suis battue pour eux et à Volterra il n'y a pas plus belle marque de respect. Tu m'en veux d'utiliser mes dons pour eux, mais ça ne t'a jamais empêcher de les utiliser pour toi. Parfois je n'ai pas l'impression d'être ta fille, mais ton investissement.
Ces paroles touchèrent Charlie bien plus qu'il ne le montra. Il aimait sa fille, d'un amour incommensurable, même s'il ne lui montrait pas bien.
- Je veux juste que tu sois heureuse, lança-t-il le cœur lourd de culpabilité. Et je maintiens que je ne crois pas que cet homme soit capable de t'aimer comme il faut.
- C'est à moi d'en juger père, répondit sa fille en haussant les épaules. Depuis le début tu m'as bien fait comprendre que c'était mon choix, mon erreur, mes conséquences, alors pourquoi essayes tu d'interférer ? Parce que tu n'obtiens plus toutes les informations dont tu as besoin ? Parce que tu te rends compte que bientôt, ta fille sera sur un pied d'égalité avec toi et que tu devras jouer de diplomatie plus que d'autorité ?
Emmett, comme bien souvent, n'osait pas intervenir. Se mettre entre les deux, c'était un peu comme se retrouver au cœur d'une tornade. Il comprenait le point de vue de son père, Bella avait une mission et elle était en train de s'en détourner. Seulement, il ne pouvait nier que sa sœur serait la meilleure reine pour ce pays et que lui n'apprécierait pas que Rosalie continue à fournir des informations à son pays d'origine. La situation était bien complexe. Devait-il vraiment choisir un parti ? Ou tout simplement les laisser se calmer.
- Tu seras une reine fabuleuse, je n'en ai jamais douté, la complimenta son père. Mais tu as changé. Carlisle t'a changé. Il serait peut-être temps que tu y regardes de plus près et que tu t'en rendes compte. Tu étais censée le manipuler et pas l'inverse.
- Il ne me manipule pas...
- Si tu en es convaincue, grand bien te fasse, la coupa à son tour Charlie. Mais quand il te décevra à nouveau, quand il te brisera le cœur, parce qu'il le fera, il l'a déjà fait, il recommencera. Dans ce cas là, rappelle toi que de l'autre côté de l'océan, ta famille sera toujours là pour toi. Que tu sois reine ou non, tu restes phénixienne aux yeux de ton pays. Et tu auras le choix d'y retourner et de bénéficier de sa protection. S'il faut que j'entre à nouveau en guerre avec Volterra pour te protéger je le ferai. Donc n'oublie jamais que quand tu ouvriras les yeux, nous serons là.
Ce fut au tour de Bella de se sentir coupable. Elle avait accusé son père de la vendre, de l'utiliser et bien d'autre chose. Mais elle savait qu'au fond il l'aimait. Malgré tout, il l'aimait. Les lèvres tremblantes, elle lui fit un signe de tête.
- Je m'en souviendrai, répondit-elle la gorge serrée. Et ce n'est pas parce que j'aime Volterra que j'abandonne Phénixis. Moi au pouvoir de ce pays, Volterra n'attaquera jamais Phénixis.
- C'est le principal, sourit enfin Charlie en lui tendant les bras.
Alors qu'ils profitèrent enfin d'une étreinte bien méritée et d'une accalmie. Des cors se firent entendre. Un long souffle déchirant qui fit se redresser toutes les personnes de la pièce.
- Qu'est-ce que c'est ? Une attaque ? s'inquiéta Charlie en regardant sa fille.
- Non ! se mit-elle à pleurer en comprenant.
Jasper ferma les yeux en grimaçant. Le moment était venu. Le cœur de Bella s'arracha aussitôt.
- Le roi est mort, expliqua le garde en jetant un froid dans la pièce. Aro est mort.
Non pas taper moi ! Ca fait au moins... depuis le début de la fic que je dis qu'il va mourir. Alors moi aussi ça me brise le cœur, parce que j'en ai fait un perso que j'adore, mais c'était nécessaire. Quand à Carlisle, doucement mais surement on avance, pourvu que ça dure. Bisous tout le monde !
