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Chapitre 18
7ème Année
La bataille finale
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Lorsqu'elle se réveilla, Ivy ressentit une vive douleur à la tête et étonnement, au cœur. Papillonnant des yeux, elle remarqua que la dent était toujours dans sa main et que le diadème devant elle, avait la pierre bleue en son centre, brisée.
Soudain, elle eut un haut le cœur. Elle l'avait fait... Elle l'avait détruit. Ne pouvant se retenir, elle vomit le faible contenu de son estomac. Ravalant ses larmes, elle attrapa d'abord la coupe puis le diadème et les serrèrent contre son corps.
La vie était tellement injuste. Elle n'avait voulu qu'une seule chose, être avec lui. Était-ce trop demander ?
Se levant, elle se dirigea vers la sortie. Le temps de l'ascension fut plus long qu'elle ne crut et lorsqu'elle sortit enfin du puits, Terry n'était plus en vu. Lui aussi l'avait abandonnée. Essoufflée, elle s'assit contre le mur. Les deux objets toujours dans ses mains, elle décida de les rapetisser afin de les mettre dans la poche de sa robe poisseuse.
Puis, en l'espace de quelques secondes, ce fut le chaos. Elle entendit le château et ses murs trembler, de nombreux cris s'élevèrent en écho et elle aperçut même des personnes courir devant l'entrée des toilettes... La bataille avait finalement commencé. Agrippant sa baguette au point de blanchir ses jointures, elle se convainquit qu'elle devait survivre pour au moins, tuer Nagini... Après ça...
Se levant, elle soupira un grand coup et se lança dans le couloir et donc, la bataille. De nombreux étudiants âgés se battaient contre des mangemorts ou des monstres qu'Ivy n'avait jamais vu en vrai. Le pire fut la cour de l'école. Là se rencontraient membres de l'Ordre du Phénix, loup-garous, ou encore araignées géantes. Lorsque des Détraqueurs foncèrent sur eux, elle fut surprise par le vieil homme lançant le Patronus. Elle n'était même pas certaine de réussir à le faire à cet instant, tant la peur tordait son estomac.
Elle se battait, telle une furie, essayant de protéger les plus jeunes, son école, ses valeurs. Lorsqu'elle vit que ses adversaires étaient perfides et ne laissaient aucune chance aux élèves, elle se mit à tuer et non plus blesser, utilisant les sorts de magie noire que Tom lui avait appris. Elle était comme envoûtée, le remerciant intérieurement de son entraînement intensif.
Cette journée était le point culminant de tant d'efforts.
Ivy sentait sa magie peu à peu se déchaîner et arriver à son climax, notamment lorsqu'elle se battit contre trois trolls des cavernes qui attaquaient un petit groupe de Poufsouffle. Elle leur jeta le sort du bouillonnement des veines et il fut si violent, qu'ils moururent en 2 minutes.
Alors qu'elle était toujours dans la cours, et qu'elle venait de tuer une araignée, Ivy croisa le regard d'Alecto. La femme en face d'elle se tenait droite, fière, et la lueur de meurtre au fond de son regard ne laissait pas de place à l'imagination. Elle était là pour la jeune Serdaigle.
Commença alors un combat épique. Les mangemorts ainsi que l'Ordre les laissèrent de manière inconsciente résoudre leur compte, leur laissant le champ libre. À cet instant, tous les coups étaient possibles. Le temps des petits Expelliarmus ou Incendio était révolu. Les deux femmes se lançaient les trois sorts interdits les uns après les autres, ainsi que de nombreux sorts de magie noire, faits pour tuer.
Alors qu'Alecto venait d'entailler profondément les deux bras d'Ivy, cette dernière lâcha sa baguette sous la surprise. La mangemorte en profita pour la propulser au loin contre le mur du patio. Ce dernier, déjà fragile par la bataille, ne mit que quelques secondes pour s'écrouler. La jeune Serdaigle eut juste le temps de se dégager avant qu'une énorme pierre ne tombe là où elle se trouvait auparavant.
Elle avait mal mais repris ses esprits très vite. L'heure n'était pas à l'apitoiement. Alors qu'elle se retournait, elle vit Alecto la rejoindre, un grand sourire, sa baguette ainsi que celle d'Ivy en main. Son air triomphant rebuta la jeune femme qui serra les poings.
"Alors ma chérie ? On a perdu son petit bâton ? Que vas-tu faire maintenant ? Il semblerait que le grand manitou soit absent et que personne ne soit là pour te protéger... n'est-ce pas ?"
Ricanant, Alecto se lécha les lèvres. Elle avait attendu cet instant si longtemps. Cette petite garce ne méritait pas de vivre, et elle allait se venger. Levant sa baguette, elle allait lancer le sort de la mort lorsque Ivy cria de toutes ses forces en tapant ses deux mains ensembles.
S'en suivit un phénomène étonnant. Une onde de choc partit de la jeune Serdaigle et frappa de plein fouet Alecto qui, à son tour, s'envola dans les airs avant de retomber lourdement sur un énorme bloc de pierre.
Profitant de l'instant, Ivy se leva et attrapa sa baguette avant de rejoindre son adversaire.
"Oups..."
L'étonnement laissa rapidement place à un rictus qui étendit ses lèvres. Et alors qu'elle levait sa baguette, elle n'eut que le temps d'entendre le cri de la mangemorte, ampli de peur, avant qu'Ivy ne jete le sort de mort. Le sortilège vert fut lancé avec tant d'animosité qu'il frappa de plein fouet la femme, l'encastrant dans la pierre et fracturant tous ses os. Elle fut morte sur le coup.
Ivy souffla deux secondes, regardant le corps sans vie d'Alecto. Et sans un regard en arrière, elle continua le combat. Alors qu'elle se dirigeait vers les portes d'entrée de Poudlard, elle entendit un cri. Se retournant, elle vit Amycus, tenant le corps de sa sœur. Son regard injecté de sang rencontra celui d'Ivy et poussant un nouvel hurlement, il se précipita sur elle, baguette levé. Il tenta de lui lancer un Endoloris, mais totalement confus à cause de la peine, ses attaques étaient désordonnées. Ivy leva un bouclier sans effort avant de lui lancer le sort de la mort, qui le toucha de plein fouet.
Sans plus de cas, elle continua sa bataille, détruisant, tuant le plus possible.
Lorsqu'une accalmie se fit sentir, Ivy se permit de souffler quelques instants. Se dirigeant vers la Grande Salle, elle ne put qu'être consternée en voyant le nombre de corps blessés et ceux morts, mis de côté ou pleurés.
Elle se s'assit alors sur l'un des bancs, à l'écart. Madame Pomfresh la rejoignit rapidement et sans un mot, lui pansa ses blessures. Alecto ne l'avait pas loupée et elle arborait de nombreuses entailles sur les bras, le torse et le visage. Quand l'infirmière eut fini, elle posa une main réconfortante sur l'épaule d'Ivy et sans un mot, continua à soigner d'autres élèves.
Ivy regarda alors ses mains. Elles étaient pleines de sang. Finalement, il était bête de croire qu'un sort ne faisait pas saigner... Que de tuer ainsi était plus propre qu'à la manière moldu. Soupirant, elle rangea sa baguette avant de s'essuyer sur sa robe noire. Elle était dans un sale état. Irrécupérable.
Ce constat fit doucement rire Ivy.
Soudain, relevant la tête, elle croisa le regard triste d'Harry. Acquiesçant doucement, elle lui signifia ainsi qu'elle avait fait son travail... Qu'elle les avait détruits. Potter acquiesça puis s'en alla, sans un mot. Ivy attendit encore quelques instants, puis alla se réfugier en haut de la Tour. Elle n'avait pas vu Terry et le son des blessés et des vivants était trop oppressant pour elle. Quant aux morts éparpillés encore dans les couloirs, elle tenta de les ignorer.
Une fois arrivée à son repaire, elle s'assit sur le devant de la Tour, les jambes dans le vide. La Bataille semblait avoir épargné ces quelques mètres carrés et il la paix y régnait.
Au loin, par dessus la forêt interdite, le soleil commençait légèrement à pointer le bout de ses rayons, rendant le moment étonnement merveilleux. Comme le calme avant la tempête... Car ceci n'était rien, ce n'était que le début du plan de Voldemort.
Le cœur lourd, elle regarda le spectacle de la nature, n'arrivant même pas à verser une larme. Le stress avait été trop intense et elle se sentait encore excitée par l'adrénaline. Même penser à Tom ne la faisait pas redescendre, et elle n'en avait pas envie. Si elle se laissait aller à cet instant, elle savait qu'elle était morte.
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Quand le jour finit par se lever, il lui semblait quelques heures plus tard, elle vit au loin une longue procession se diriger vers l'entrée du château. Plusieurs élèves regardaient dans la même direction aux différentes fenêtres, et la peur, l'appréhension se lisaient sur leur visage.
Soupirant, Ivy se leva, non sans grimacer. La pression était redescendue. Et elle anticipait ce qui allait arriver. C'était l'heure. Nul doute que la procession était guidée par Voldemort lui-même.
Alors qu'elle descendait doucement les marches du Grand Escalier, elle vit plusieurs étudiants, les larmes aux yeux, s'en aller ou au contraire, se diriger dans la même direction. Au fur et à mesure qu'elle rejoignait les portes, elle entendit Sa voix qui susurrait un discours de mort et de soumission. Frissonnant, elle ne recula cependant pas. Alors qu'elle atteignait l'attroupement d'élèves, lasse, elle croisa Drago devant elle et s'arrêta net.
Surprise, leurs regards se croisèrent le temps d'un instant.
Il avait l'air d'avoir pris plusieurs années, ses cheveux n'étant plus de ce blond lunaire si reconnaissable mais juste de la paille. Ses traits étaient tirés et son teint cireux. Au bord des larmes, son attention fut retenue soudainement à l'entente de son nom qui retentit en écho. Sa mère semblait l'appeler.
Ivy esquissa un petit sourire et Drago acquiesça, avant de la rejoindre. Toujours en arrière, Ivy ne voyait pas la cour. S'adossant légèrement à la chambranle, elle attendit quelques secondes, juste assez pour entendre Neville, commencer lui aussi un discours.
Il voulait remotiver les troupes. Quel bon garçon. Esquissant un sourire, Ivy agrippa la dent dans sa poche et souffla un dernier coup avant de franchir la grande porte d'entrée. Elle s'avança doucement entre les élèves, doubla McGonagall qui haussa les sourcils, et plusieurs professeurs. L'attroupement commença à murmurer en la voyant passer, puis, ne quittant pas Voldemort des yeux, elle s'approcha de Neville.
Doucement, elle interrompit son discours en posant une main sur son épaule. Surpris, le Gryffondor la regarda, inquiet, déçu. Elle lui esquissa alors son plus beau sourire, bien que sa tête puisse faire peur. Doucement, elle le fit reculer et prit sa place, s'avançant même un peu plus auprès du Mage Noir.
Elle avait peur, était inquiète, mais à cet instant, elle ne put que penser à fermer son esprit. Elle n'avait qu'une mission qu'elle se répétait sans cesse dans son esprit : tuer Nagini.
Voldemort s'était lui aussi tu, la regardant avec étonnement.
« Tiens, tiens… Mademoiselle Stafford… »
Un murmure parcourut à nouveau la foule. Il la connaissait ?
Ivy prit une grande gorgée d'air frais. Devant elle se dressait toute la procession de mangemorts avec au fond, Hagrid, tenant une petite forme. Harry, ne put que penser avec douleur Ivy.
Reportant son attention sur Voldemort, elle s'approcha un peu plus de lui, sous les excalamations des élèves derrière elle.
Voldemort eut un rictus. Elle avait du courage, il fallait le reconnaître.
« Je me souviens de toi »
Ivy esquissa un léger rire et ne put s'empêcher de sourire. Il était l'heure.
« Comment oublier ? Une soirée chez les Zabini. Un ersatz de ton ancienne apparence. Rien de très fameux. Cependant le charme devait être assez puissant vu ton état actuel… Tom… »
Le fait qu'elle le tutoie et l'appelle par son prénom effaça son sourire en un instant. Ivy vit ses narines tressaillir et, de manière nonchalante, elle se rapprocha de lui. Elle le sentait essayer d'entrer dans son esprit, et encore torturée par la perte de Tom, elle le laissa entrapercevoir des instants intimes avec ce dernier. Elle ne pouvait que jouer avec lui, en aucun cas le contrer, il était trop puissant.
Cependant, à la vue de ses souvenirs, Voldemort eut un mouvement de recul.
« C'est impossible… »
« Allons Tom, tout est possible. »
À quelques pas de lui, Ivy s'arrêta doucement et commença à s'agenouiller devant le regard intrigué de tous, notamment de Voldemort.
"À la vu de ce qu'il y a dans ton esprit, je suppose que tu me prêtes ainsi allégeance..."
Ivy esquissa un petit rictus avant de focaliser son regard sur Nagini et de commencer sa litanie en fourchelangue. Elle n'osait détourner les yeux du serpent, de peur de croiser ceux de Voldemort et qu'il comprenne sa démarche. Le serpent, attiré par le son mélodieux de sa voix, hésita un instant, avant de commencer sa lente procession vers elle.
Tout se déroula alors assez vite, Voldemort étonné par le geste, eut un temps de latence avant de vouloir faire revenir son animal. Mais il était déjà trop tard. Nagini, cette belle bête avait atteint tranquillement Ivy. Sans animosité, elle sembla l'analyser, jusqu'à ce qu'Ivy redise la phrase en fourchelangue. Doucement, le serpent vint alors loger son corps dans les bras d'Ivy et mit sa tête sur son bras gauche. C'était comme si les deux êtres s'enlaçaient.
Tous étaient interloqués, autant les élèves et professeurs que les mangemorts. Voldemort, la mine rageuse et inquiète, resserra l'étreinte sur sa baguette.
Puis d'un mouvement lent, Ivy sortit la dent de basilic. Il n'en fallut pas plus à Voldemort, qui fou de rage de voir cela, allait amorcer un mouvement pour la tuer. Mais ce dernier fut vite avorté par une attaque latérale : Potter venait de lui lancer un sort afin de le déconcentrer. Et en effet, cela perturba suffisamment le mage noir qui l'espace d'un instant, se désintéressa d'Ivy.
Cette dernière en profita alors pour fermer les yeux et planter le croc dans la tête de Nagini. Elle lui murmura des mots tendres jusqu'à ce que le serpent s'évapore en fumée noire. Voldemort, en fureur, cria avant de finalement lui lancer le sort de la mort.
Le jet de lumière vert heurta Ivy de plein fouet et cette dernière s'écroula, éteinte. Ce fut alors le point de départ de la dernière bataille : certains des mangemorts prirent la fuite, d'autres attaquèrent les élèves. Harry quant à lui poursuivit son combat avec Voldemort.
Ivy n'avait conscience de plus rien autour d'elle. C'était le noir complet.
Sa tête bourdonnait puis soudain… plus rien.
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Quand elle ouvrit les yeux, elle se trouvait sur un quai blanc. Tout était immaculé. Elle se leva et s'observa un instant les alentours. La lumière était si vive qu'il lui était difficile d'entrapercevoir des courbes ou formes. Par contre, elle n'était plus dans son uniforme, mais dans une longue robe blanche en coton qui cachait ses pieds. Autour d'elle, il n'y avait rien, ni personne. Elle commença à appeler mais aucune réponse ne se fit entendre, seul l'écho de sa voix résonnait.
Soupirant, elle commença à avancer le long du quai. Si c'était ça la mort, cela n'avait rien de marrant.
« Ivy ? »
La jeune femme s'arrêta net. Se retournant, elle eut un cri de surprise, son cœur battant la chamade. La joie, le plaisir, la tristesse se mêlèrent d'un seul coup dans son regard et elle ne put s'empêcher d'alors enlacer la forme l'ayant appelée.
« Tom »
Ce dernier referma son étreinte sur elle, soupirant presque d'aise. Ivy quant à elle laissa ses larmes s'échapper. Ils étaient enfin réunis. Juste eux deux, sans magie, sans personne pouvant les empêcher de se toucher. La jeune femme s'accrocha à sa tunique grise. Il avait l'air d'avoir rajeuni et rayonnait de beauté. Voilà à quoi il devait ressembler à presque 30 ans sans magie noire.
« Comment est-ce possible ? »
Il eut un petit sourire et la serra un peu plus fort.
« Il semblerait que le fait de m'avoir donnée de ta puissance magique, tout comme au Tom du Journal, nous ait permis de fusionner et de ne pas repartir immédiatement dans le corps originel contenant tous nos autres morceaux d'âmes… »
Ivy recula légèrement et l'interrogea du regard. Il lui prit alors la main et l'emmena vers un banc. En dessous se trouvait une forme ignoble. Un bébé avec une tête d'adulte. Mais le pire était sûrement sa peau, écorchée à vif. Ivy eut de la peine pour lui et ses râles de souffrance n'étaient que plus perturbants.
« Nous avons eu de la chance jusqu'à maintenant, mais voilà ce que ça fait de séparer une âme en plusieurs morceaux…. J'ai eu de la chance, par les autres. »
Ivy soupira avant de lui prendre la main et de s'écarter de cette vision d'horreur. Ses yeux n'étaient plus rouges, mais d'un beau noir profond.
« Où va-t-on maintenant ? Quelle est la suite du programme ? »
Tom eut un petit rictus malheureux et serra sa main.
« Moi, vers la mort… Toi, vers la vie »
Surprise, la jeune femme plissa des yeux, interloquée.
« Comment ça ? »
« Tu ne vas pas mourir… Et je ne vais pas survivre dans la mort."
À ces mots, Ivy ne put qu'agripper ses mains. Évidemment, il devait rigoler. Seulement, il continua, sérieux.
"Tu vas retourner auprès des tiens, et je vais disparaître, à jamais. Grâce à toi et à la fusion avec mon âme du Journal, j'ai pu avoir assez de puissance magique pour survivre ici un certain temps… Et pour pouvoir te voir… Une dernière fois car je savais que tu te laisserais tuer »
La jeune fille sentit son cœur s'emballer et les larmes lui monter aux yeux. Elle ne comprenait plus rien.
« Mais… non… tu viens de dire… que tu avais fusionné… enfin Tom… Je ne comprends plus… »
L'homme en face d'elle encercla son visage de ses mains et posa son front contre le sien. Ses mots étaient douloureusement teintés d'affection.
« Ivy… D'un côté, tu m'as sauvé… En faite, pour dire la vérité, deux fois. Deux parties d'âme… Mais les autres sont majoritaires et vont nous faire nous envoler en fumée. Ces parties d'âmes sont trop gangrenées. Je ne serai plus là lorsque tu mourras… Mais tu auras refait ta vie…Et tu m'auras oublié »
Ivy n'arrivait plus à contrôler ses émotions, pleurant à chaudes larmes. Alors, tout ça n'avait servi à rien ? Il était mort, définitivement ? Et jamais ils ne seraient ensembles ?
« Ne dis pas de bêtise. Tu es le seul et unique pour moi. Tu l'as toujours été depuis des années.»
Comment pouvait-il lui dire cela ? L'oublier ? Elle ne vivait que pour voir le soleil se lever à ses côtés.
« Ivy… Il vaut mieux que tu m'oublies… »
Non. NON ! Qu'il se taise. Et puis...
« Arrête, je suis morte de toute façon »
Tom émit un petit rire. De son pouce, il effaçait les larmes coulant sur la joue de la jeune femme.
« Non, pas vraiment. J'ai placé une protection en toi… Contre moi-même…Un petit bout de ce reste d'âme qui s'est sacrifié lorsque le sort de mort t'a heurté, prenant ta place. »
À ces mots, Ivy recula brutalement. Il n'avait pas osé ? Avait-il vraiment utilisé le même sort qu'il l'avait fait disparaître une première fois, il y a presque 20 ans ? Mais son regard, réconfortant, lui disait que si, au contraire, c'est bien ce qu'il avait fait.
Voldemort n'avait jamais aimé, mais une partie de lui s'était sacrifiée pour elle.
« Non… Non… tu n'as pas le droit…. »
« Ivy…Vis... »
Ce seul mot fut comme une claque. La jeune femme sortit de ses gonds, comment pouvait-il lui demander cela ?
« Arrête ! Comment peux-tu me faire ça ? De quel droit c'est toi qui décides ? Tu te prends pour qui ?"
Ses yeux devaient lancer des éclairs car Tom leva ses mains en défense.
" Ivy…"
Son ton était las, et cela ne fit que redoubler la colère de la jeune femme.
« Je te préviens ! Tu as intérêt à te battre et à m'attendre… Si tu m'abandonnes...Si...Je serai bientôt là… »
« Arrête Ivy » Il prit ses mains et les embrassa. Puis, doucement, il se pencha et embrassa ses tempes, puis son nez et enfin ses lèvres.
« Ainsi est faite la vie, la magie. J'ai joué et j'ai perdu… »
Ivy posa son front contre leur deux mains enlacées. Elle se sentait acculée, démunie...
« Tom… Arrête de faire ton philosophe. Le rôle du sage ne t'a jamais sied. Je t'aime, je veux rester avec toi même si cela est dans la mort… »
La jeune femme sentit son sourire plus qu'elle ne le vit.
" Oh Ivy…"
Elle releva alors la tête, juste pour voir le regard de son amant dévier derrière elle. Il acquiesça légèrement, et Ivy, intriguée, se retourna. Une magnifique femme, typée asiatique, se tenait là. Ses longs cheveux noirs tombaient en cascade sur son corps frêle. Ivy avait l'impression de la connaître… mais d'où ?
« Ivy… je voulais juste vous remercier… »
À l'entente de son nom, la jeune femme fronça les sourcils et s'approcha de l'inconnue.
« On … se connaît ? »
La belle femme esquissa un léger sourire avant de poser ses mains sur son coeur, afin de se présenter.
« Oui… En quelque sorte. Je me nomme Nagini… »
Ivy écarquilla les yeux.
« Merci de m'avoir libérée… »
La jeune Serdaigle baissa les yeux, plus éhontée qu'autre chose.
« Je… Je suis désolée »
Nagini secoua doucement négativement la tête et reprit, d'une voix douce.
« Ne le soyez pas. Au contraire. Merci »
Ivy acquiesça avant de se retourner pour voir Tom, mais il avait disparu. Surprise et totalement paniquée, elle commença à l'appeler et à courir vers le banc... puis se retournant, elle remarqua que Nagini avait, elle aussi, disparu.
Voilà.
C'était fini.
Elle était à nouveau seule.
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Quand elle ouvrit les yeux, ce ne fut pas le ciel blanc qui l'accueillit, mais le plafond grisâtre de la Grande Salle.
Un bruit de fond parvenait à ses oreilles. Des chuchotements, parfois des petits cris, et aussi des sanglots.
Papillonnant des yeux, elle regarda autour d'elle. Ivy était allongée à l'entrée de la salle, un drap blanc la recouvrant jusqu'aux épaules. À côté d'elle, des corps inconscients… vraisemblablement morts.
Plus loin, à sa gauche, elle les vit. Ils étaient tous là. Les élèves formaient un attroupement avec certains professeurs, parlant de la bataille. Ils avaient l'air, pour la plupart, en bonne santé. Bien évidemment, certains pleuraient à chaudes larmes, d'avoir perdu leurs proches. D'autres tentaient de les réconforter.
Les blessés se faisaient soigner par un petit groupe autour de Madame Pomfresh. Certains morts étaient encore ramenés de l'extérieur et étaient mis sous des linceuls près d'elle, attendant d'être identifiés quand cela était possible.
Soupirant, elle tourna la tête vers le mur, fermant les yeux. Elle était considérée comme morte. Tant mieux. Elle avait envie de mourir.
Étendant un peu ses mains le long de son corps, elle rencontra celle d'un autre cadavre. Elle était froide, inanimée. Le souffle court, elle voulut regarder à qui elle appartenait, mais le corps à sa droite était entièrement recouvert d'un linceul blanc immaculé.
Plissant les yeux, elle tira doucement sur le bas du tissu afin de voir qui était là.
Elle ne put retenir ses larmes lorsqu'elle vit, à quelques centimètres de son visage, celui de Voldemort. Il était gris, poussiéreux. Cependant, ses traits étaient apaisés. Elle attrapa alors sa main et l'enlaça fortement, sentant le tissu léger de sa robe de sorcier, l'effleurer.
Fermant les yeux, elle se laissa aller, savourant honteusement ce dernier moment avec lui.
Plusieurs heures passèrent, quand finalement elle se réveilla, ne se rappelant pas s'être endormie. Elle enserrait toujours la main de Voldemort. Relâchant sa prise, elle regarda distraitement autour d'elle.
Il devait être très tard car il faisait nuit noire dans la salle, même les torches magiques s'étaient éteintes.
Se relevant doucement, elle replaça le linceul de Voldemort correctement et replia le sien. Puis, discrètement, elle sortie de la Grande Salle.
Ne se sentant pas bien, Ivy décida de s'isoler, commençant à monter les marches du Grand Escalier. Elle n'entendit alors pas les pas derrière elle, qui s'arrêtèrent nets.
« Ivy ?! IVY ! »
Terry, au bas des marches l'appelait. Il les monta quatre à quatre avant de la prendre dans ses bras. Il la serrait si fort qu'elle faillit s'étouffer.
« Comment est-ce possible ? »
Il la regardait comme si elle était un fantôme, et en même temps, semblait si heureux de la voir.
À sa question, elle hocha les épaules, n'ayant pas le courage de tout lui raconter. Terry voulut la reconduire à la Grande Salle ou à l'infirmerie, mais Ivy refusa. Elle n'avait pas le cœur à voir des vivants.
Essayant de parler pour la première fois depuis sa "mort", elle se racla plusieurs fois la gorge avant d'entendre un son sortir de sa bouche.
"Terry… Je… Je ne peux pas rester… J'étais morte… et…"
Les larmes commencèrent à couler sur ses joues. Que dire ?
"Je dois… partir…"
Terry fronça les sourcils. Partir ? Mais pour aller où ? Il lui proposa alors dans un premier temps de l'accompagner, ce qu'elle refusa. Cependant, le jeune homme était si insistant, et elle chancelante, qu'il l'a prise par le bras et l'emmena au haut des marches.
Là, elle exprima le souhait d'aller à la bibliothèque. Terry était sceptique, mais ne disant mot, l'accompagna.
Lorsqu'ils y arrivèrent, le cœur d'Ivy se serra. La pièce était à moitié détruite, des pendants de murs écroulés, des étagères à terre, des livres déchiquetés. Se séparant légèrement de Terry, elle enjamba les différents obstacles avant d'aller au fond de la pièce.
Là, elle chercha une étagère, miraculeusement intacte, puis un gros volume. Terry lut par-dessus son épaule et fronça un peu plus les sourcils, dubitatif.
Ivy tourna les pages frénétiquement jusqu'à trouver ce qu'elle cherchait. Là, au milieu, était collé le portrait de Tom, à ses 16 ans, indiquant qu'il était préfet Serpentard. Décollant la photo avec douceur, elle la porta doucement à ses lèvres en fermant les yeux. Puis, elle la rangea dans la poche interne de sa robe, tout contre son cœur.
Refermant le grimoire, elle reprit la main de Terry et se dirigea cette fois-ci vers le bureau du Directeur. Leur ascension fut lente, Ivy peinait à marcher et ne voulait rencontrer personne, se cachant dans les recoins au moindre bruit.
Une fois devant la statue, celle-ci, de façon surprenante, s'ouvrit d'elle-même. Elle s'engouffra alors à l'intérieur et monta les marches. Entrebaillant doucement la lourde porte en bois, elle jeta un regard circulaire à l'intérieur. Personne. Restant sur le perron et fermant la porte, elle se retourna vers Terry. Elle l'enlaça avant de commencer, d'une voix rauque.
"C'est ici que nos chemins se séparent. Je reviendrai… Peut-être... Mais il me faut du temps…"
Le jeune homme semblait mécontent et commença à protester.
"Il est hors de question que je te laisse seule… que vas-tu faire ?"
Ivy esquissa un sourire avant de poser sa main, avec douceur, sur son épaule.
"Tu n'as pas le choix, mon ami. Merci d'avoir été là pour moi.."
Terry semblait être en panique totale, ne sachant comment réagir.
"Non, Ivy, s'il te plait… Si c'est une façon de me punir..."
Elle l'embrassa alors sur ses deux joues.
"Tu es mon meilleur ami, alors non. Merci pour tout… Et si on te pose la question : où est mon corps… Dis juste que tu ne sais pas. Je reviendrai, je te le promets…"
Terry la prit alors dans ses bras, la serrant fortement.
"Je te retrouve pour te perdre à nouveau, c'est injuste"
Après de longues minutes, intenses en émotion, les deux compères se lâchèrent et Terry, doucement, se retourna et partit. Ivy esquissa alors un sourire. Il était un homme de parole et irait loin dans la vie. Soupirant, elle entra enfin dans la pièce.
Tout y était calme, le feu éteint et les portraits vides.
Doucement, elle s'approcha du bureau, posa un doigt sur le bois. Ce qu'elle cherchait devait être là, pas loin. Elle le … sentait. Elle ouvrit alors tous les tiroirs, mais rien. Commençant à paniquer, elle se mit à chercher partout : dans la bibliothèque, sur les étagères, près des fenêtres, dans la mezzanine… Mais non, les objets n'étaient pas là.
"La caisse noire dans le renforcement des escaliers près de l'entrée…"
Ivy sursauta avant de plisser les yeux. Dumbledore était là, dans son tableau, l'observant par-dessus ses lunettes en forme de demi-lune. Méfiante, elle se rapprocha de la porte d'entrée, descendit les trois marches et regarda en dessous.
Effectivement, elle n'avait pas vu le petit coffret dans la pénombre. L'attrapant, elle l'extirpa de sa cachette. Ce n'était qu'un simple coffret en bois noir, sans inscription, ni verrou. Le prenant, elle l'emmena vers le bureau sur lequel elle le posa avec délicatesse.
Jetant un coup d'œil à Dumbledore, elle l'aperçut toujours dans la même position.
Elle ouvrit alors le coffret et soupira de soulagement. Elle les avait trouvés.
Dedans étaient posés pêle-mêle les différents horcruxes de Voldemort : la bague, le journal (qu'elle effleura du bout des doigts) et le pendentif. Glissant sa main dans la poche de sa robe, elle en tira le diadème, ainsi que la coupe, qu'elle plaça avec les autres.
Soupirant, elle posa une main dessus avant de se tourner vers Dumbledore.
"Fascinant"
Ivy plissa des yeux, méfiante.
"Que voulez-vous dire ?"
Dumbledore bougea de sa position et se rapprocha d'elle via les tableaux.
"Harry m'a raconté que tu étais en relation constante depuis plusieurs années avec le diadème... Et que Voldemort t'avait malheureusement tué… Mais tu me sembles bien vivante."
La jeune femme soupira.
"Je pense ne pas avoir besoin de vous expliquer la situation. Vous devez savoir ce qui s'est passé…"
Il croisa les doigts, pensif.
"En effet, dommage que le sacrifice de Tom soit arrivé si tard…"
En colère et agacée par son attitude, Ivy attrapa le coffret et se dirigea vers la cheminée.
"Je suppose que vous emmenez tout cela pour éviter que…"
Ivy lui coupa la parole.
"Pour éviter un lynchage, un renouveau ou une adoration. Tout est terminé. Et je vais à présent partir. Je pense que, vu ce que vous m'avez fait lorsque j'étais petite, dans la Chambre des Secrets, vous me devez votre silence."
Dumbledore sembla d'abord surpris, puis acquiesça doucement.
"Je ne dirai rien"
Ivy eut un instant d'hésitation puis, n'exprimant rien de plus, prit une poignée de poudre de cheminette et dit bien fort.
"Chemin de Traverse, Chaudron Baveur"
Les flammes vertes l'enveloppèrent et à peine fut-elle arrivée à destination qu'elle reprit une poignée.
"Manoir Riddle, Little Hangleton."
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Note de l'auteur
Et voilà le "dernier chapitre".
Encore l'épilogue et l'histoire sera terminée.
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé...
J'ai le cœur lourd à voir mon projet aboutir à une fin !
