Titre : La toile des souvenirs

Auteur : Suzan

Relectrice : Mora

Note : Les personnages, les lieux et autres appartiennent tous à la grande prêtresse, j'ai nommé JK. Rowling - sauf mention contraire.

Avertissement : Ce texte met en évidence des relations entre adultes, considérez-vous comme prévenus.

Résumé : Six ans après la fin de la Guerre, Hermione Granger, épaulée par son meilleur ami, est devenue Portraitiste. Célibataire et dédiant sa vie à son art et à ses amis, elle réalise des toiles en emprisonnant les souvenirs pour reconstituer des personnalités… Elle adore son travail jusqu'à ce qu'un beau jour un client particulier passe le seuil de sa boutique.

NDA : Salut à tous ! Tout d'abord, j'aimerais vous remercier pour les nombreux commentaires que vous avez laissé suite à la publication du chapitre précédent. Cela fait chaud au coeur et comme toujours, chaque commentaire recevra une réponse ! Je suis vraiment contente que le chapitre 17 ait plu bien qu'il soit assez dense et rythmé par plusieurs rebondissements. Comme dit Mora (la relectrice de TLS et une formidable auteure) "Ça sent la fin". Ceci dit il reste encore quelques chapitres, selon le dernier plan, cette fiction en conterait 25 et le 22ème est en cours d'écriture. Bref, je ne vous assomme pas plus avec un NDA interminable, je vous souhaite une bonne lecture et on se retrouve plus bas !


« Si l'on ne voit que du noir, c'est qu'on ne regarde pas la toile. Si, en revanche, on est plus attentif, on aperçoit la lumière réfléchie par la toile. »
P. Soulages


Une fois les souvenirs de Lucius déposés dans le coffre-fort de la boutique – conscience professionnelle oblige ; en tant que Portraitiste, il était de son devoir d'assurer la protection et les différents transferts des souvenirs de ses clients – Hermione prit le chemin de son appartement, ayant fermement décidé de s'y enfermer avec assez d'aliments caloriques pour tenir un hiver particulièrement rude.

Complètement bouleversée, l'ancienne Gryffondor n'arrivait plus à faire la part des choses parmi l'imbroglio de sentiments qui la traversaient. Avisant une enseigne sur le trajet, elle passa chez l'épicier pour faire quelques courses, distraite par toutes ses pensées. Une fois arrivée devant la porte de son logement, elle n'aurait su dire ni ce qu'elle avait acheté ni comment elle était parvenue jusque-là.

Sa clef coulissa dans la serrure et Hermione déposa ses paquets sur le comptoir de l'entrée placé à sa gauche. En se retournant pour fermer la porte, la Portraitiste entendit distinctement le son d'un transplanage. Elle se saisit vivement de sa baguette, se tenant prête à parer toute nouvelle tentative d'agression. Elle n'avait pas prévu de se retrouver face à l'objet de sa colère et lorsqu'il apparut devant sa porte, elle se figea, son formidable esprit la laissant sans ressource.

Drago Malefoy arborait une expression fermée, une lueur déterminée au fond de ses yeux. Se reprenant, Hermione tenta de bloquer l'accès à son appartement en claquant la porte au nez de l'ancien Serpentard mais il réussit à s'y faufiler. Outrée, la Portraitiste le foudroya du regard.

- Je t'en prie, fais comme chez toi Malefoy, cingla-t-elle sarcastique.

L'héritier Malefoy se tenait dans l'entrée de la jeune femme, affichant une expression légèrement soucieuse.

- Nous devons discuter Hermione, annonça-t-il en insistant sur l'emploi de son prénom. Vu le regard assassin que tu me jettes, j'en conclus que–

La sorcière n'attendit pas la fin de la phrase pour lui pointer sa baguette au visage et lui lancer le maléfice de Chauve-Furie le plus puissant qu'elle ait jamais produit. Malheureusement, les réflexes de Drago étaient aussi affutés que durant la guerre et il esquiva le sortilège. Puis il s'avança en deux grandes enjambées, plaquant son torse contre le sien pour l'empêcher de recommencer et dans le même élan, il la bloqua contre le mur, faisant tomber sa baguette sous le choc. Hermione tenta d'utiliser sa main gauche pour le gifler mais il enraya la tentative en attrapant fermement son poignet.

- Arrête, demanda-t-il à mi-voix.

Aveuglée par sa colère, la sorcière n'écouta pas et essaya de dégager l'une de ses jambes de son emprise pour écraser le pied de l'ancien Serpentard – ou mieux encore, viser ses parties génitales. Seulement, Drago semblait lire dans ses pensées et se décala légèrement, plaçant son corps de trois-quart tout en continuant d'appliquer une pression suffisante sur son corps pour la priver de ses mouvements.

- N'oublie pas que j'ai déjà goûté à ta colère en troisième année, rappela le sorcier blond sur un ton parfaitement sérieux. Si tu tentes de me frapper encore une fois, cette fois-ci, je te le rendrai.

Son regard indiqua à la jeune femme qu'il était on ne peut plus sincère. Hermione rugit de frustration, furieuse de se retrouver ainsi impuissante. Si Malefoy était plus fort qu'elle physiquement, elle n'aurait pas donné cher de sa peau si elle avait eu sa baguette en main... Hanter la bibliothèque de Poudlard lui avait permis d'apprendre quelques maléfices aux résultats intéressants.

- Lâche-moi, siffla-t-elle entre ses dents.

Drago ne répondit pas mais la tira soudainement vers le salon avant de la pousser dans l'un des fauteuils et de reculer suffisamment pour qu'elle ne puisse l'atteindre. Hermione se releva d'un bond, prête à en découdre. Elle n'attaqua pas immédiatement, préférant jauger sa cible et ses options. Malefoy la fixait, le visage parfaitement composé dans une attitude déterminée, semblant chercher quelque chose en elle.

- Pour que les choses soient bien claires, déclara-t-il d'un voix calme, ta colère concerne-t-elle notre baiser ou la réunion d'aujourd'hui ?

- Comme si tu ne le savais pas, cracha-t-elle, furieuse.

Elle commença à faire les cent pas dans son salon, ayant besoin d'extérioriser sa colère par n'importe quel moyen sans quoi elle deviendrait complètement folle.

- Sincèrement Hermione, je suis perdu, avoua Drago, le visage las avant d'exposer calmement : il y a deux jours nous nous sommes embrassés et depuis, tu m'évites comme la dragoncelle. Aujourd'hui, la réunion a eu lieu, Potter a eu gain de cause mais tu sors furieuse de l'audience et tu quittes le Manoir sans un mot d'adieu.

- Gain de cause ? Éructa Hermione en stoppant nette sa marche rageuse. Tu trouves qu'il a eu gain de cause ?

Drago soupira, passant une main sur son visage, visiblement fatigué d'avance.

- Donc c'est à cause de la réunion d'aujourd'hui, déduisit Malefoy d'une voix assurée. D'accord, admit-il pour lui même avant de reprendre d'un ton plus passionné. Sache que le Conseil ne l'aurait jamais laissé à la tête des Black et en charge de l'éducation du jeune Lupin. Malgré son nom, sa gloire et son mariage avec Greengrass, il ne sait pas comment fonctionne notre monde. J'ai proposé une alternative acceptable pour toutes les parties, du moins, j'ai l'audace de le penser : Potter est devenu Régent de la lignée, le jeune Lupin aura l'éducation adéquate, Andromeda Tonks continuera à recevoir les soins nécessaires et le Conseil–

- Au détriment des volontés et besoins de mon meilleur ami et de son filleul ! Coupa Hermione, hors d'elle. Tu as fait tes magouilles dans ton coin, en dépit des sentiments d'Harry et de Ted, en dépit de toutes les parties concernées… Tu as décidé seul ce qui serait le mieux pour tout le monde ! Tu aurais pu nous demander notre avis ou au moins nous informer ! Tu aurais pu me le dire avant de mettre tout le monde devant le fait accompli encore une fois ! Je pensais que tu l'avais compris lorsque tu as révélé au Conseil qu'Harry avait enfreint leurs lois en devenant le légataire des Black ! Tu as admis qu'il aurait fallu nous tenir au courant ! En somme, il y a un million de choses que tu aurais pu faire pour que cela se passe mieux !

L'ancienne Gryffondor était rouge de fureur et elle fixait Malefoy avec tout le mépris qu'elle ressentait pour ses actions. Son regard sembla atteindre Drago dont l'expression se durcit petit à petit jusqu'à ce qu'il émette d'une voix atone :

- J'ai proposé mon aide à Potter comme je te l'avais proposé durant notre soirée au restaurant : il a refusé avec une grande véhémence dois-je ajouter, expliqua-t-il d'une voix où perçait une pointe d'impatience. Pour ce qui est de ton implication, je ne t'ai rien dit car je ne voulais pas te mettre dans une situation intenable, face à des choix impossibles, entre le marteau et l'enclume.

- Et comme ça, tu limitais totalement les risques de fuite ! Accusa Hermione d'un ton venimeux. Ton plan parfait pouvait se dérouler sans anicroche ! Avoue-le, en m'enlevant de l'équation, cela réduisait les risques de riposte de la part d'Harry : personne pour faire des recherches et trouver une faille dans ton merveilleux réquisitoire !

Drago pinça les lèvres, marquant sa désapprobation, mais Hermione s'en fichait. Elle voulait l'atteindre, lui faire du mal comme il lui en avait fait.

- Si je t'avais confié nos plans pour Potter, spécula-t-il d'une voix tendue qu'il essayait de garder calme, comment aurais-tu réagi ?

- En faveur de mon meilleur ami, bien sûr ! Répondit-elle immédiatement, le regard flamboyant. Je lui aurai tout dit, nous aurions empêcher cela !

Drago ne put retenir le soupir que lui inspira le comportement d'Hermione.

- Oui, et donc tu aurais agi au détriment de son filleul, d'Andromeda et de sa lignée, reprit-il calmement comme pour marquer la logique de son argument. Le Conseil ne voulait pas que Potter soit lié aux Black après cette histoire de succession, n'importe qui d'autre aurait pu être nommé Régent. J'ai eu suffisamment de rendez-vous et de rencontres ineptes avec les membres des Vingt-Huit pour le savoir. S'ils ne m'avaient pas choisi, cela aurait été les Lestrange ou les Rosier et que crois-tu qu'ils auraient fait ? Nozéa Lestrange est une sadique de premier ordre comme tous les membres de cette lignée dégénérée. Je n'ose imaginer ce qu'elle aurait appris au jeune Lupin en tant que Régente. Quant à Felix Rosier, il est dragonologiste : en dehors des Vipères du Pérou rien ne l'intéresse ! Il aurait simplement laissé dépérir la Maison des Black !

- Mais en quoi cela peut bien te concerner à la fin ?! Ce n'est pas ta famille que je sache ! Tu n'as pas assez à faire avec les Malefoy et ta cousine cinglée !

- Je t'aurais cru mieux informée que cela, rétorqua-t-il un rictus aux lèvres, affichant une expression entre surprise et moquerie. Ma mère est une Black ; bien sûr que le sort de cette famille m'intéresse. Pour ta gouverne, si Edward Lupin n'était pas né, je serais l'héritier de cette Maison. Par ailleurs, je reste second dans l'ordre de succession.

Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le chaudron. Hermione ne supportait pas cet argumentaire logique alors qu'elle souffrait terriblement. Comme toujours, il finissait par tout ramener à lui : elle voulait qu'il s'excuse, qu'il la supplie de lui pardonner mais c'était méconnaître Drago Malefoy. Hors d'elle, la Portraitiste frappa de toutes ses forces contre le premier meuble venu, ne pouvant défouler sa colère et sa frustration sur sa cible principale. Son poignet heurta brutalement la commode en chêne et elle ne put retenir une exclamation de douleur.

- Petrificus totalus.

Le sort l'atteignit de plein fouet et la sorcière s'immobilisa totalement avant de chuter sur le parquet. Un sortilège de Coussinage amortit sa chute et elle vit Drago apparaître dans son champ de vision. Elle tenta de le fusiller du regard, hurlant mentalement toutes les pires insultes qu'elle pouvait connaître – sans grand résultat.

- Je ne te laisserai pas te faire du mal inutilement, commenta simplement Drago en soignant son poignet d'un informulé, puis il soupira. Hermione, même si j'avais agi en Gryffondor et que je t'avais convaincu du bien fondé de notre action, il aurait été terrible pour toi de garder le secret vis-à-vis de Potter. C'est pour cela que je ne l'ai pas fait, expliqua-t-il en vérifiant qu'elle ne s'était pas blessée ailleurs, non pas pour empêcher une quelconque riposte ou je ne sais quelle raison nébuleuse qui se profile dans ton cerveau tortueux.

Lorsqu'il eut finit son examen, Drago se détacha de la jeune femme. Il passa une main dans ses cheveux, décoiffant ses mèches blondes, et reprit la parole en plongeant son regard dans celui de la sorcière :

- Hermione, je ne suis pas un preux chevalier en armure étincelante, formula-t-il posément. Il n'y a pas de gentil garçon qui se cache derrière la personne que tu vois. Je suis comme ça, point. Si l'unique voie qui existe pour atteindre mes objectifs fait des dommages collatéraux, je choisirai toujours cette option en essayant de limiter les dégâts. C'est ce que je pense avoir fait dans ce cas. À toi de voir si cela t'intéresse d'envisager un avenir entre nous ou pas.

La Portraitiste était totalement perdue, noyée entre sa colère, son chagrin et l'envie débordante d'accepter les paroles du Serpentard telles quelles sans réfléchir. Des fourmillements parcoururent son corps, annonciateurs de la rupture du Maléfice du Saucisson. Dès qu'elle put bouger les lèvres, elle souffla, vaincue par l'émotion :

- Sors de mon appartement, s'il te plaît.

Drago acquiesça, le regard soudainement inexpressif. Il se redressa, légèrement chancelant avant de répondre, sans une once de sa répartie habituelle :

- Comme tu voudras.

Il lui lança un dernier regard et disparut.


Il fallut plusieurs heures à Hermione pour arrêter de pleurer et une nuit pour qu'elle décide de ne pas se laisser abattre et reprenne une activité normale. Aussi refoula-t-elle tout ce qui la bouleversait : sa colère, son sentiment de trahison, son envie de pardonner… Depuis la visite de Drago, elle n'avait pas eu de nouvelles des Malefoy et pour le moment, elle n'en souhaitait pas. Cependant, elle savait qu'éloigner le moment de se confronter à son mal être reviendrait à attendre sagement qu'une bombe explose. Pour la désamorcer, Hermione avait prévu d'inviter Luna à l'heure du thé. Elle avait ressorti le gallion de l'AD pour l'occasion et en deux messages, son amie lui confirma sa venue. D'après ce qu'Hermione savait, seule la Serdaigle avait conservé cette relique de la guerre et les deux jeunes femmes s'en servaient lorsqu'elles souhaitaient se voir de façon urgente.

Quand l'ancienne Gryffondor rouvrit sa boutique, elle fut heureuse de voir plusieurs clients passer dans la journée. Elle prit le temps de s'en occuper, de répondre à leurs questions et de comparer les modèles d'appareils photos, ce qui lui valut deux jolies ventes. À l'atelier, la toile de Lucius était désormais recouverte d'un drap ; Hermione n'avait pu se résoudre à poursuivre son travail. Elle avait décidé de se consacrer exclusivement au portrait d'Anthea, heureuse d'avoir un autre sujet sur lequel concentrer ses pensées. La journée passa rapidement et Luna se présenta au comptoir du magasin à l'heure du thé, un doux sourire aux lèvres. Hermione s'empressa de fermer la boutique pour la journée et d'installer confortablement son amie en prenant des nouvelles sur la réserve d'animaux qu'elle et Rolf étaient en train d'installer sur les terres des Lovegood.

Lorsqu'elles disposèrent toutes les deux d'une tasse fumante, Luna se tut et attendit. Cette simple posture d'écoute fissura l'armure d'Hermione et agita son corps d'un sanglot silencieux. La main de Luna fusa au travers de la table comme une bouée de sauvetage. Hermione s'y raccrocha et commença péniblement à raconter par le menu détail tout ce qu'il s'était passé depuis leur dernière entrevue. Elle évoqua finalement la sentence prononcée par le Conseil et son départ du Manoir maintenant que Catharsia n'était plus une menace… À moins qu'elle ne l'ait jamais été et que tout cela ne fut qu'une ruse de Malefoy pour la ramener au Manoir et la rallier plus facilement à leur cause… Drago aurait-il pu monter de toutes pièces cette histoire abracadabrantesque ? Cesaria existait bien, c'était une certitude puisqu'elle avait rencontré mais peut-être que son frère l'avait également dupée ? Mais dans quel but ?

Hermione doutait de ses choix, remettait toutes ses décisions en question, ne sachant que penser du comportement de Drago. Elle se demandait si elle devenait paranoïaque ou si elle ouvrait enfin les yeux sur qui était réellement l'héritier Malefoy.

Comme d'ordinaire, la Serdaigle avait été fabuleuse, la laissant vider son sac, se décharger complètement et partir dans les hypothèses les plus folles avant de reprendre son récit. Finalement, n'ayant plus rien à dire sinon ressasser sa rancœur, Hermione s'était tue, attendant que Luna prenne la parole. La Serdaigle fixa un point quelque part au-dessus de son épaule et s'enquit d'une voix douce.

- Hermione, pourquoi te sens-tu si blessée par le comportement de Drago Malefoy ?

La question de son amie la replongea aussitôt dans son mal être récent mais au lieu de se laisser submerger par ses émotions, elle tenta d'y trouver une réponse à formuler. Hermione était aussi intelligente qu'obstinée et à force de gratter ses plaies suppurantes, elle finit enfin par s'avouer ce qu'elle ressentait depuis des jours sans vouloir y faire face.

- Je suis blessée et en colère, répondit-elle difficilement, les mots s'arrachant de sa gorge presque malgré elle, parce que pour la première fois depuis longtemps, j'ai commencé à éprouver des sentiments pour un sorcier, avoua-t-elle avec encore plus de difficulté, la voix encombrée par des sanglots de tristesse et de rage. Je lui ai accordé ma confiance et il l'a piétiné avant de me la renvoyer à la figure !

Son amie lui adressa un regard bienveillant, tout en serrant sa main dans une tentative de réconfort.

- Es-tu bien sûre de lui avoir accordé ta confiance ? Insista Luna de sa voix éthérée, tout en fixant un nouveau point invisible quelque part à droite d'Hermione.

C'est à ce moment précis qu'Hermione se rappela pourquoi elle détestait autant qu'elle adorait se confier à la Serdaigle. Elle ne dit rien pendant plusieurs secondes, testant mentalement l'idée que Luna venait de lui soumettre : avait-elle réellement accordé sa confiance à Drago Malefoy ? Elle ne saurait le dire avec certitude mais ce qui était sûr c'est qu'elle avait essayé. C'est ce qu'elle répondit à son amie, souhaitant être parfaitement honnête. Luna pencha légèrement la tête suite à son explication.

- De mon point de vue, tu ne lui as jamais fait confiance, émit-elle calmement. Si tu lui avais accordé ce sésame, c'est à lui que tu parlerais en ce moment pour essayer d'éclaircir cette histoire, asséna-t-elle de sa voix douce. Hermione, quand tu fais confiance à quelqu'un, tu te bats pour lui comme une lionne, jusqu'au bout. Tu ne t'en rappelles peut-être plus mais tu étais assez effrayante lorsque tu avais défendu Harry pendant le Tournoi des Trois Sorciers…

La Portraitiste encaissa les paroles de son amie, essayant de les intégrer pour ce qu'elles étaient. Luna n'était jamais méchante – ce mot ne faisait même pas partie de son vocabulaire – elle énonçait toujours simplement la réalité telle qu'elle la voyait. Ce n'est pas pour autant que cette réalité ne faisait pas mal.

- Pourquoi ne lui as-tu jamais fait confiance Hermione ? S'enquit Luna, soudain sérieuse. Cela fait des années que tu n'as plus accordé ta confiance à qui que ce soit d'ailleurs : pourquoi ?

- Ce n'est pas… Commença Hermione pour réfuter la dernière phrase de son amie.

- Naim Kama, la coupa Luna le visage grave, en fournissant un exemple récent pour appuyer ses propos. Tu as été méfiante envers lui dès le début et sans raison.

- La suite m'a donné raison, contra Hermione d'une voix courroucée.

- Peut-être, émit Luna en souriant, mais si tu lui avais fait confiance, si tu t'étais ouverte à lui, peut-être que tu ne t'en trouverais pas à ce point aujourd'hui, peut-être que la situation aurait pris une toute autre tournure… Ceci dit, on ne le saura jamais. Tu n'as pas répondu à ma question. Pourquoi ne laisses-tu personne entrer ? Pourquoi tu n'accordes plus ta confiance en dehors de ceux qui l'ont déjà acquise ? Pourquoi es-tu si en colère ? Tes sentiments ont été blessés, certes, mais pourquoi cette rage en toi ?

Cette dernière question résonna en Hermione, la secouant de part en part. Pourquoi ? La Portraitiste ne savait quelle réponse apporter. Elle avait l'impression que Luna était en train de jeter un Lumos au fond de son âme pour éclairer tous les recoins sombres qu'elle ne souhaitait ne jamais voir et encore moins affronter. La Serdaigle lui laissa de longues minutes d'introspection pour pouvoir formuler une réponse claire. Hermione fouilla, déterra, se blessa et finalement répondit.

- Je suis en colère parce que pour une fois, toute mon intelligence, toute ma prudence et mes précautions ne m'ont pas permises de maîtriser la situation… Et j'ai toujours tout maîtrisé. Pendant les études, je préparais des emplois du temps infernaux pour remplir mes objectifs. Pendant la guerre, j'élaborais les plans d'Harry pour qu'il ne se lance pas dans n'importe quoi. J'étais toujours la mieux préparée, j'étais… la sorcière la plus intelligente de sa génération, dit-elle d'une voix éminemment triste.

Elle essuya ses larmes d'un revers de la main, chaque phrase l'allégeait d'un poids qu'elle n'avait pas eu conscience de porter.

- Je n'ai jamais fait confiance à Drago car je ne peux absolument pas le contrôler, réalisa-t-elle d'une voix presque stupéfaite. Je suis furieuse contre lui et contre moi-même, révéla-t-elle la gorge encombrée, parce que dès que j'essaie de faire un pas dans sa direction, j'ai l'impression qu'il fait tout pour me blesser… Et du coup, je me protège…

- Mais ? L'encouragea Luna avec un petit signe de la tête.

- Mais en agissant ainsi, je nous empêche de mettre cette situation au clair et de savoir s'il y a... quelque chose entre nous.

Les larmes recommencèrent à rouler sur les joues de la jeune femme tandis que Luna se levait pour la prendre dans ses bras. Hermione détestait ce sentiment de vulnérabilité absolue qu'elle éprouvait. Son aveu lui avait coûté une énorme énergie et elle pleura, évacuant souffrance et mal être.

- Je suis tellement stupide… Sanglota-t-elle, totalement perdue.

- Loin de là, Hermione, la rassura la Serdaigle d'une voix chantante. Et pour la première fois depuis longtemps, tu as pris un vrai risque… La félicita gentiment Luna.

Hermione émit un rire aigre.

- Vois où cela m'a menée… Siffla-t-elle désespérée.

- Peut-être, admit Luna d'un ton égal, mais tu as entrouvert une porte.

- Pour Drago Malefoy, ironisa Hermione d'une voix malheureuse.

Luna la regarda de haut en bas, un sourire aux lèvres.

- J'ai toujours pensé que c'était un homme de sa trempe qu'il te faudrait, admit son amie malgré le regard surpris de la Portraitiste. Tu n'as pas besoin d'un homme qui acquiesce à tout ce que tu dis et que tu peux diriger facilement, d'un homme qui prendrait soin de toi et te mettrait sur un piédestal. Tu as besoin de quelqu'un qui te résiste, qui te contredit, qui se bat avec toi. En cela, Drago Malefoy n'est pas un si mauvais choix.

Le corps d'Hermione se statufia sous la surprise. Comme toujours, Luna lui ouvrait une nouvelle piste de réflexion, un angle qu'elle n'avait jamais exploré et dont elle ignorait l'existence. Se pouvait-il que Luna ait raison ?

- Ne t'inquiète pas Hermione, la rassura finalement son amie en la berçant dans ses bras. Tout se répare – les liens d'amitié comme les cœurs brisés – avec du temps et de la volonté. Tu as pris un risque et pour l'heure, tu as l'impression qu'il n'a pas été couronné de succès mais un jour, le risque tu accepteras de prendre te paiera de toutes les peines que tu ressens aujourd'hui, prophétisa-t-elle en lui servant une nouvelle tasse de thé.


Lorsqu'Hermione ouvrit la boutique le lendemain, elle se sentait infiniment plus légère. La discussion et la soirée qu'elle avait passé avec Luna lui avait fait le plus grand bien, la délestant de cet imbroglio de sentiments qui l'agitaient et lui permettant d'y voir un peu plus clair. Désormais, son cerveau ne sautait plus toutes les deux secondes d'une idée à l'autre. Le monde avait retrouvé un semblant d'axe et Hermione était à nouveau capable d'utiliser son esprit analytique.

La situation se résumait ainsi : faire confiance ou non à Drago Malefoy. Il lui faudrait statuer pour clore cette histoire. Si elle choisissait d'accorder du crédit à son ancien ennemi, elle devrait également considérer la véracité de ses dires malgré le sentiment de trahison qu'elle avait ressenti. Dans le cas contraire, il faudrait qu'elle se penche très sérieusement sur le contrat la liant à cette famille. C'était d'autant plus difficile d'apporter une réponse définitive à cette question qu'elle s'était enfin avouée éprouver une certaine attirance pour le dernier héritier de la famille.

Ne sachant comment résoudre ce casse-tête, Hermione décida avec l'aide de Luna de laisser son choix en suspens pour se concentrer sur son travail et ses amis. Ce soudain lâcher prise n'était absolument pas inhérent au caractère de la jeune femme, mais il lui permettait de voir ce qu'il adviendrait dans les prochain jours et de ne pas faire de cette réponse une obsession. Et comme le disait si bien Luna, l'intelligence pouvait se définir par le développement de compétences et de capacités permettant au sujet de s'adapter à tous types de situation.

La Portraitiste profita de ce tout nouveau calme intérieur pour mettre à jour ses comptes et réaliser les commandes nécessaires à la bonne marche du magasin. Hermione appréciait grandement cette exercice mental qui exigeait rigueur et concentration. Elle s'installa tranquillement au comptoir avec une tasse de thé et se plongea avec délice dans les chiffres et les lignes de comptabilité.

La sonnette de la porte d'entrée la sortit péniblement de la réflexion profonde qu'elle menait, comparant ses projections budgétaires à ses gains réels. Hermione manqua de sursauter lorsqu'elle vit Daphné Potter apparaître devant elle, un sourire contrit aux lèvres. Son mari la suivait, deux pas derrière, le visage totalement inexpressif. La surprise de l'ancienne Gryffondor dû s'afficher de façon si évidente sur son visage que Daphné lui laissa un temps pour se reprendre avant de la saluer.

- Bonjour Hermione, dit-elle d'une voix douce. Nous faisions des emplettes et nous avons voulu te saluer. Nous ne te dérangeons pas ?

Hermione vit les lèvres de Daphné bouger avant de comprendre le sens de sa requête, trop abasourdie pour réaliser ce qu'il se passait. Elle se reprit au plus vite et bafouilla :

- Non, non, vous ne me dérangez pas... Au contraire... Je vous offre un thé ?

Daphné accepta gracieusement et alla s'installer sur l'un des fauteuils du petit salon de la boutique, suivie de près par son mari. Hermione s'éclipsa quelques instants pour préparer le thé, essayant de recouvrir ses moyens. Elle inspira méthodiquement pour calmer l'emballement de son coeur. Harry et Daphné étaient venus dans sa boutique. Elle ne savait pas par quel prodige Daphné avait réussi ce tour de force, mais c'était désormais la réalité qu'Hermione affrontait. Ils devraient discuter et échanger, elle devrait s'expliquer... Son niveau de stress commença à s'élever tout comme son rythme cardiaque. S'admonestant, Hermione tenta de se convaincre que la situation entre elle et son meilleur ami ne pouvait être pire et que si Daphné avait pu l'inciter à lui rendre visite c'est qu'il y avait une lueur d'espoir.

Forte de ce constat, Hermione apporta un plateau contenant trois tasses, quelques biscuits et une théière en train d'infuser. Elle le glissa sur la table et fit le service tandis que Daphné s'enquérait de la bonne marche des affaires. La Portraitiste lui répondait, presque automatiquement, le coeur battant mais ne sachant comment aborder les sujets fâcheux. Harry se tenait droit et silencieux, observant le moindre de ses faits et gestes sans aucun commentaire. Cette attitude déstabilisait Hermione au plus haut point mais elle essaya de passer outre afin de poursuivre la conversation légère que Daphné alimentait avec entrain.

Une fois que les deux amies eurent largement épuisé le sujet de la boutique, Harry se leva, s'excusant pour se rendre aux toilettes. Daphné en profita pour expliquer très rapidement ce qu'il en était :

- Luna m'a dit que tu avais réouvert la boutique, avoua-t-elle à Hermione sur un ton de conspiratrice. J'ai proposé à mon cher et tendre d'aller faire quelques emplettes pour le bébé – le gynécomage m'a recommandé de faire de l'exercice – et nous sommes passés à côté de ta boutique...

- Par pur hasard, ironisa Hermione avec un pâle sourire.

Daphné hocha solennellement la tête et le sourire d'Hermione s'agrandit. Son amie avait préparé un plan avec minutie pour lui permettre de parler à Harry. Typiquement Serpentard et diaboliquement efficace.

- Je crois savoir que tu es au courant des décisions du Conseil, supputa Daphné, l'air de ne pas y toucher.

Hermione confirma d'un signe de tête.

- Harry ne décolère pas depuis l'annonce, soupira la jeune Mrs Potter l'air désappointée, passant une main douce sur son ventre rond comme si ce simple geste allait lui apporter la solution. Nous n'avons aucun recours légal. Il est vital que nous nous entendions avec les Malefoy pour le bien être d'Edward.

La Portraitiste soupira. Elle connaissait son meilleur ami depuis plus d'une décennie, lorsqu'il était dans cet état de colère, il n'écoutait rien ni personne. Pour la énième fois, Hermione regretta les décès de Sirius Black et Remus Lupin. Les deux Maraudeurs étaient les seuls qu'Harry écoutait religieusement en temps de crise. Les deux Maraudeurs et... elle. Hermione soupira derechef en entrevoyant le plan de Daphné. Elle acquiesça doucement sous le regard suppliant de la future maman tandis que des bruits en provenance de l'atelier leur firent comprendre qu'Harry serait de retour dans quelques secondes.

- Tu as l'air en forme en tout cas, la complimenta Hermione avec un sourire, changeant le sujet de la conversation.

Daphné hocha gracieusement la tête, un sourire doux aux lèvres.

- Ta future nièce prend ses aises, révéla-t-elle à Hermione en levant comiquement les yeux au ciel. Le gynécomage nous a assuré que la grossesse se poursuivait tout à fait normalement et nous avons une date provisoire pour l'accouchement : le 4 janvier.

Harry reprit sa place, caressant au passage les épaules de son épouse. Daphné pencha légèrement la tête, lui souriant. Pendant un instant, Hermione capta l'amour et la dévotion que ses deux amis se vouaient et elle en fut émue. Puis, ils se tournèrent vers elle et un léger silence plana sur leur conversation. Prenant son courage à deux mains, elle pivota légèrement son buste pour se trouver face à Harry et s'enquit d'une voix douce :

- Et toi ? Comment vas-tu ?

Le masque inexpressif que son meilleur ami arborait se fissura lentement, laissant apparaître sa fatigue, sa colère et son chagrin. Il planta néanmoins son regard dans le sien et répondit d'une voix posée :

- Pas très bien.

Hermione se mordit les lèvres, ne sachant comment poursuivre sur le sujet. Son cerveau fonctionna à plein régime pendant quelques secondes, mais elle ne put émettre qu'un « je me doute » fort peu convaincant. À ces mots, Daphné se leva prétextant avoir une vessie de la taille d'une noix depuis le début de sa grossesse pour se rendre à son tour aux toilettes, laissant seuls les deux anciens Gryffondors. Décidément, ces sanitaires rencontraient un franc succès aujourd'hui.

Après quelques secondes de silence, Hermione reprit la parole en même temps que son meilleur ami :

- Harry...

- Hermione...

Ils se sourirent, retrouvant pendant quelques secondes leur complicité.

- Je t'en prie, tu as toujours su mieux t'exprimer que moi, l'invita Harry dans un pâle sourire.

- Je suis désolée, s'excusa Hermione d'un ton parfaitement sincère, je ne voulais ni te trahir, ni te blesser, ni quoi que ce soit d'autre qui puisse te faire du mal mais je l'ai fait et j'en suis vraiment navrée.

Harry hocha la tête pour marquer qu'il avait bien entendu les excuses de sa meilleure amie. Quelque chose semblait néanmoins le tracasser et il demanda d'une voix pleine de doutes :

- Hermione, que s'est-il réellement passé avec Malefoy ?

La jeune femme soupira doucement, secouée par des frissons d'appréhension et de stress. Pouvait-elle lui raconter tout ce qui s'était joué ? Harry comprendrait-il ? Elle décida qu'elle devait au moins essayer : elle ne pouvait pas prôner la transparence totale face à Drago et se défiler lorsque son meilleur ami posait des questions.

- J'ai voulu l'aider et j'ai essayé de lui faire confiance, résuma-t-elle rapidement avant d'approfondir le sujet, il est venu à la boutique pour me demander de réaliser le portrait de son père. J'ai accepté parce que je comprends qu'un enfant veuille revoir ses parents et faire son deuil.

Un coup d'oeil à Harry la renseigna sur le fait que lui aussi, il comprenait ce sentiment.

- Au fur et à mesure, j'ai fini par deviner qu'il avait besoin du portrait pour faire quelque chose mais j'ignorais quoi jusqu'au soir où quelqu'un a cambriolé la boutique.

Les yeux d'Harry s'arrondirent de surprise et Hermione reprit prestement son récit.

- Heureusement rien n'a été volé puisque Drago est intervenu avant, empêchant les intrus de partir avec les souvenirs de son père et je l'ai obligé à me révéler ce qu'il savait. C'est comme cela que je me suis retrouvée dans une histoire d'héritage prise entre les deux branches d'une même famille, expliqua-t-elle tranquillement. En découvrant tout cela, j'ai choisi de l'aider…

- Et ton regard sur lui a changé ? S'enquit Harry sérieusement. Hermione, est-ce que tu as des… sentiments pour lui ?

La jeune femme soupira, ses yeux se focalisant sur ses mains, cherchant une réponse qu'elle n'arrivait pas à fournir.

- Honnêtement, je ne sais pas, répondit-elle en plantant son regard dans celui de son ami. La façon dont je le percevais a changé mais je ne sais pas à jusqu'où lui faire confiance, poursuivit-elle avant d'étayer son explication. En travaillant avec lui tous les jours, en le côtoyant j'ai compris qu'il était plus profond que ce qu'il donnait à voir, quelles étaient ses aspirations, ses rêves, ses valeurs... Il m'a fait découvrir d'autres facettes du monde magique, des facettes que je n'avais jamais vu, dont j'ignorais l'existence... J'ai apprécié discuter avec lui, le découvrir et côtoyer sa famille… Mais son monde est vraiment très compliqué.

- À qui le dis-tu ? Ironisa Harry dans un souffle, provoquant un léger sourire chez Hermione.

La Portraitiste marqua un temps pour voir si son meilleur ami allait rebondir sur sa dernière déclaration, lui demander de clarifier sa réponse… Comme il n'en fit rien, elle poursuivit son récit.

- Ensuite… J'ai compris pourquoi il voulait ce portrait et comme tu as assisté aux séances du Conseil, tu as dû voir la partie «publique» de cette affaire. Nous avons énormément travaillé pour faire reconnaître Cesaria par les Malefoy mais l'autre branche de la famille se montrait de plus en plus véhémente. Ils ont essayé de m'atteindre trois fois : le cambriolage de la boutique, une agression en rentrant chez moi et une tentative d'intoxication de mon thé avec des potions basiques.

- Et tu n'as pas cru bon de m'en parler ? Questionna Harry en fronçant les sourcils.

- Je ne voulais pas te mêler à tout cela, répondit rapidement Hermione, tu avais tes propres soucis : Andromeda, Ted, Daphné et le bébé qui arrivait... Comprends-moi, j'avais choisi d'aider Malefoy et c'était à moi d'assumer mes choix, pas à toi. Tu aurais fait pareil si la situation était inversée.

- Sauf que j'ai fini par y être mêlé, contra Harry.

- Je ne savais pas que ça arriverait, répondit sincèrement Hermione. Après les tentatives de la branche secondaire, je suis partie vivre au Manoir Malefoy pour ma protection. Pour moi, ton affaire et celle de Drago étaient déconnectées, sans lien… Lorsque j'ai su qu'il t'avait dénoncé au Conseil, j'étais furieuse et je suis allée le confronter. Il s'est expliqué et ses arguments étaient convaincants. Il m'a surtout dit qu'il t'avait proposé son aide pour te sortir de là.

- Typique de Malefoy : te mettre en difficulté et ensuite te prêter main forte, ironisa Harry avec un rictus aux lèvres. Enfin… c'est vrai il m'a proposé de l'aide, il m'a littéralement harcelé pour que j'accepte… mais j'étais bien trop en colère et j'ai refusé de l'écouter.

Hermione acquiesça d'un hochement de tête ; elle s'en était doutée.

- Drago ne m'a jamais informée de ce qu'il allait faire ni lorsqu'il a prévenu le Conseil, ni lors de sa plaidoirie... Dans le cas contraire, j'espère que tu sais que je t'aurais immédiatement prévenu.

Harry jaugea sa meilleure amie du regard pendant quelques secondes avant d'hocher lentement la tête.

- Je te crois Hermione et je te présente mes excuses, répondit-il d'une voix triste. Je n'ai pas réagi comme un ami en essayant de comprendre ce qu'il en était, en posant des questions… Je t'ai prêté des intentions que tu n'avais pas et de fait, j'ai laissé la situation se dégrader… Analysa-t-il en passant une main dans sa chevelure désordonnée. Je suis désolé. Avec ce qui tout ce qui est arrivé, j'étais bouleversé et je ne pensais plus clairement. J'avais l'impression que tout le monde – même Daphné – était contre moi.

- Daphné ? Pourquoi ? Interrogea Hermione, sincèrement surprise que son ami ait pu douter de sa femme.

- Elle comprend le langage de ces vieilles familles Sang-Pur et elle est bien plus mesurée dans ses réactions que moi, expliqua Harry, embarrassé. Parfois j'avais l'impression que ce qu'ils disaient faisait sens pour elle... Et puis, elle connaissait l'existence du Conseil, je lui en ai voulu de m'avoir laissé à l'écart.

- Ce n'est pas de sa faute, Harry, la défendit Hermione d'une voix douce, elle n'avait pas le droit d'en parler et puis, elle ne pouvait pas savoir que c'était important… Le Conseil a été inactif si longtemps...

- Je le sais, aujourd'hui, je le sais… Mais sur le moment, elle était « des leurs » et je me retrouvais seul une fois de plus. Je sais que cela semble mélodramatique mais…

- Ta vie ne t'a pas préparé à penser et agir autrement, compléta Hermione avec un sourire.

Un silence entrecoupa la conversation tandis qu'Harry acquiesçait à la dernière phrase de son amie.

- Plus que tout, je m'en veux, confia Harry l'air désespéré en livrant son ultime ressenti. Si je suis en colère, c'est contre moi. Malefoy a fait tout ce qu'il a pu et… quelque part je ne lui en veux pas, il poursuit ses propres objectifs comme tout un chacun dans le monde… Je m'en veux de ne pas avoir su protéger ma famille, de ne pas avoir su protéger Teddy… Je m'en veux de mon ignorance, de ma méconnaissance du monde sorcier. Daphné m'aide beaucoup à ce sujet mais comme l'a si bien dit Malefoy, qui m'aurait laissé à la tête d'une famille de sorciers alors que je ne maîtrise pas les fondements de cette culture et de cette société ?

- Le Conseil, répondit Hermione immédiatement avec un sourire. Ils ont accepté que tu sois le Régent de cette famille et cela va beaucoup plus loin qu'un simple poste de gestionnaire de fortune. Le Conseil lui-même a reconnu que tu avais bien agi en tant que légataire de Sirius, je ne vois pas pourquoi il n'en serait pas de même maintenant. En outre, l'ignorance n'est pas un état permanent. Je suis sûre que Daphné pourra te seconder et si tu as besoin de mon aide, je chercherais des livres, des tuteurs, bref tout ce qu'il te faudra pour combler ton retard.

- Merci Hermione, lui sourit-il. Je me sens si… stupide…

Sa déclaration fit écho à celle qu'Hermione avait prononcé la veille en présence de Luna. Décidément…

- Tu ne l'es pas Harry, assura-t-elle d'une voix ferme. Tu n'avais pas conscience de ton ignorance jusqu'à ce que tu y sois confronté et aujourd'hui tu vas tout faire pour la combler… Selon moi, c'est une preuve d'intelligence.

- Et c'est la sorcière la plus intelligente de la génération qui me le dit, commenta-t-il avec une ébauche de sourire aux lèvres.

- En effet, acquiesça-t-elle en lui souriant. Sincèrement, Harry, cela ne sert à rien de t'en vouloir. Tu ne pouvais pas le prévoir, je ne pouvais pas le prévoir, même Daphné n'a rien pu y faire…

Harry acquiesça, masquant son trouble et ses yeux humides en baissant la tête. Hermione tendit la main par dessus la table et son meilleur ami l'attrapa, reconnaissant. Des larmes s'échappèrent de leurs yeux et ils se sourirent, heureux de se retrouver. Il leur fallut quelques minutes pour reprendre contenance, s'essuyant les yeux, se moquant gentiment du visage légèrement bouffi d'Hermione et de leurs propos pas toujours cohérents… Leurs retrouvailles n'appartenaient qu'à eux, tissées au sein même des moments qu'ils avaient partagés et de cette relation fraternelle qu'ils entretenaient depuis leur première année à Poudlard.

En tournant la tête, Hermione put voir Daphné, adossée au chambranle de la porte de l'atelier, essuyer une larme au coin de l'œil, cherchant elle aussi à retrouver une certaine contenance. En tendant un mouchoir à son meilleur ami, Hermione se rendit compte combien elle avait une fois encore sous-estimé la capacité d'Harry à pardonner et à aimer. Daphné s'avança vers eux et claqua sa langue contre son palais d'un air faussement sévère. Puis elle leur jeta un charme à tous trois pour que les yeux désenflent et que leur peau retrouve une couleur normale.

- Bien, et si nous allions déjeuner ? Proposa Daphné d'une voix joyeuse. Je meurs de faim !

Harry éclata de rire à l'aveu sans détour de sa femme et la prit dans ses bras, sa tête reposant contre le ventre rond de son épouse.

- C'est une excellente idée, répondit Hermione avec un sourire resplendissant.

Harry acquiesça de bon cœur et quelques minutes plus tard, les trois amis se retrouvaient à déambuler sur le Chemin de Traverse en quête d'un restaurant pour déjeuner.

- Hermione, commença Harry alors que Daphné lisait l'une des cartes d'un œil critique, évaluant si le menu proposé convenait ou non à son état, nous devons rencontrer Malefoy dans deux jours pour parler de Ted, est-ce que… ?

- Je serai là, lui promit la Portraitiste avec un sourire.

Daphné leur fit des signes depuis la devanture, montrant une table pour trois personnes en terrasse.

- Je serai là, répéta-t-elle et son meilleur ami l'en remercia en serrant doucement sa main dans la sienne.


Le jour J, Hermione s'arma de courage et de bonne volonté. Une fois n'est pas coutume, elle emprunta le réseau de cheminette pour arriver avec quelques minutes d'avance au Manoir Potter. Daphné l'attendait devant la cheminée, semblant s'empêcher de se tordre les doigts d'inquiétude. Le visage d'Harry révélait une détermination froide mais il esquissa un sourire à l'arrivée de sa meilleure amie. Précautionneusement, elle sortit de l'âtre et vint saluer ses amis, enfouissant à tour de rôle leur visage dans sa chevelure impossible.

- Merci d'être venue, chuchota Daphné lorsqu'Hermione l'enlaça.

- Je suis heureuse de pouvoir vous soutenir, répondit la jeune femme avec un sourire avant de se placer à côté du couple.

Le rendez-vous était à quatorze heures tapantes et si elle avait appris une chose en côtoyant les Malefoy, c'est que la ponctualité était l'un de leurs principes de vie. Elle tenta d'utiliser les quelques minutes restantes à bon escient, essayant de garder la maîtrise d'elle-même en imaginant plusieurs scenarii. Hermione n'avait pas revu Drago depuis leur fameuse discussion à son appartement. Par la suite, elle avait pu échanger avec Luna et même avec Harry à son sujet : elle ne savait pas où elle en était mais une partie de sa colère était retombée. Elle appréhendait le déroulement de l'après-midi et espérait faire un intermédiaire convenable entre les Malefoy et les Potter. Après tout, elle était la seule à pouvoir comprendre les raisons sous-jacentes des deux parties…

Drago Malefoy apparut dans la cheminée du Manoir Potter au moment où l'horloge du salon sonnait quatorze heures. En un clin d'oeil, Hermione comprit que le Serpentard avait dû passer quelques nuits blanches. Malgré un costume moldu à la coupe parfaite d'un joli gris perle, les cernes sous ses yeux n'étaient pas totalement estompées par le glamour que Narcissa avait dû lui jeter. Il portait sa cape de sorcier pliée sur la bras gauche, sa main crispée sur un porte-document. Ils échangèrent un bref regard et Hermione se demanda comment elle s'était habillée le matin même. Elle était bien évidemment vêtue, mais l'état second dans lequel l'avait plongé le programme de la journée ne lui permettait pas de se rappeler ce qu'elle avait enfiler. La sorcière espéra qu'elle n'avait pas l'air aussi chiffonné que l'héritier Malefoy mais elle en doutait.

Dire que l'accueil d'Harry fut froid, serait certainement le pire euphémisme de la décennie mais Daphné compensa le manque de chaleur son époux par une exquise politesse. Drago en démontra tout autant tandis qu'Hermione essayait de se composer l'attitude neutre qui siérait à tout bon intermédiaire. Rapidement, Daphné les fit passer au salon et ils s'assirent autour d'une table sur laquelle un service à thé ainsi que des biscuits avaient été dressés pour quatre personnes. Chacun prit place et Hermione se retrouva entre Drago et Harry face à Daphné. Elle se demanda brièvement si c'était une bonne idée de laisser Harry en possession de sa baguette avec un angle si dégagé mais elle n'eut pas le temps de poursuivre la réflexion que Malefoy prenait déjà la parole :

- Merci de m'accueillir aujourd'hui, déclara-t-il d'un ton aimable en saisissant la tasse de thé qu'elle lui tendait. Ce salon est tout à fait coquet.

Leur hôtesse acquiesça d'un bref hochement de tête tandis qu'Hermione jeta un regard en coin à son meilleur ami. Il semblait tout aussi dubitatif qu'elle.

- C'est aimable à toi de l'avoir remarqué, souligna la maîtresse de maison avec un sourire.

Les deux Gryffondors échangèrent un regard, réalisant en même temps que les manières des Serpentards ressemblaient étrangement à celles d'usage au siècle dernier dans le monde moldu et qu'en cas de malaise, ils y avaient recours encore aujourd'hui. Hermione en aurait soupiré de dépit si elle pensait ne pas commettre un impair.

- Et si nous passions au sujet qui nous intéresse aujourd'hui ? Proposa Harry d'un ton légèrement trop brusque pour être amical.

Hermione échangea un regard compatissant avec Daphné : elle n'en aurait pas attendu moins de la part de son meilleur ami. Aucune adaptation, aucune réflexion. Harry venait de démontrer sans l'ombre d'un doute qu'il était un parfait Gryffondor : fonceur et courageux avec un soupçon d'inconscience. Néanmoins, Drago acquiesça lentement et sortit un parchemin de sa mallette. En jetant un bref regard à son meilleur ami, Hermione vit qu'il rongeait déjà son frein. Elle eut une brusque envie de prendre la tête entre les mains.

- Comme l'a édicté le Conseil, il nous revient de réaliser le transfert d'Edward Lupin sous deux ans à notre domicile, commença d'une voix claire Drago. En tant que chef de famille, Edward sera sous ma responsabilité directe et habitera donc avec moi. Bien entendu, ma mère et ma soeur feront partie de son entourage proche au quotidien. Vu la situation actuelle, je vous propose de…

- Il préfère qu'on l'appelle Ted ou Teddy, le coupa brusquement Harry, les dents serrées.

Hermione se mordit la lèvre inférieure. Si Harry provoquait un conflit alors que Drago n'avait même pas encore évoqué ce qu'il projetait, ils n'y arriveraient jamais. Heureusement, Daphné plaça délicatement sa main sur celle de son époux avec un doux sourire. Le pincement qu'elle appliqua sur le dos de sa main ne passa inaperçu pour personne et Harry se tut.

- Je n'ai pas encore la chance de connaître mon cousin aussi intimement, reprit Drago avec précaution, c'est pourquoi je ne l'appelle pas par son surnom, poursuivit-il en se fendant d'une explication. Je disais donc, qu'étant donné la situation actuelle, lorsqu'Andromeda devra être hospitalisée sur le long terme, je propose qu'Edward vienne vivre dans un premier temps chez vous.

Un sourire apparut sur le visage de Daphné.

- Dans un premier temps ? S'enquit-elle afin d'obtenir plus de détails.

- Oui, confirma Drago. J'estime – et je pense que vous serez d'accord avec moi – que la maladie de ma tante est un traumatisme suffisant pour un garçon de six ans, sans rajouter le fait de devoir vivre avec un inconnu. Edward a pu nouer des liens avec son parrain depuis sa plus tendre enfance, il semble logique que sa garde vous revienne, dans un premier temps, répéta-t-il en insistant sur l'occurrence.

Daphné hocha la tête pour marquer sa compréhension et n'eut pas le temps de poser une seconde question que son époux demanda brusquement :

- Et ensuite ?

- Pendant le court laps de temps durant lequel Edward résidera chez vous, nous organiserons des visites régulières pour qu'il puisse apprendre à me connaître, à connaître sa famille nourricière, expliqua le plus calmement possible Drago mais Hermione vit un nerf tressauter sous son oeil droit, preuve de l'effort qu'il fournissait pour se contenir. Je propose également de lui expliquer les tenants et les aboutissants de la décision de justice et de lui donner l'échéance à laquelle il devra vivre avec nous.

- Et ensuite ? Répéta Harry sur le même ton, asticotant son ancien ennemi de collège.

- Ensuite, reprit Drago en faisant un effort à présent visible pour garder son calme, Edward viendra vivre avec moi. Cependant les visites ainsi que la part que vous prendrez à son éducation sont aujourd'hui négociables.

- Aujourd'hui seulement ? Insista le Gryffondor, avec l'ambition mal cachée de découvrir ce que Drago voulait à son filleul.

- Non, Potter, rétorqua Drago sur un ton brusque, laissant toute politesse dehors, elles le seront si j'estime que ta présence est nuisible à cet enfant ou que ton entêtement de Gryffondor lui cause du tort à un moment ou à un autre !

- Mon entêtement ? S'emporta Harry la voix montant dans les tours. Mon entêtement ? Peux-tu me rappeler qui va l'arracher à la seule famille qu'il connaît depuis sa naissance ? Cela ne suffit pas qu'il soit orphelin et que sa grand-mère soit malade, tu veux également lui ôter le seul entourage qu'il ait jamais connu ?

- Ce n'était pas tellement mon avis ou mon intérêt, se récria Drago, mais si tu causes du tort à ce garçon alors oui, j'agirai en conséquence. Écoute Potter, j'ai peut-être initié la procédure auprès du Conseil, mais ce n'est pas moi qui ait repris une succession sans vérifier que tout avait été fait dans les règles ! Alors tu peux penser ce que tu veux de ma famille, mais je n'ai pas été élevé par des loups – on ne peut dire en dire autant de tout le monde – et au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, je cherche à trouver un accord !

Harry sortit sa baguette et se leva d'un bond projetant sa chaise au loin et Drago en fit de même. Hermione se demanda si elle devait intervenir mais un regard vers Daphné l'en dissuada. Mrs Potter suivait les échanges avec intérêt, parfaitement calme, dans une attitude contrastant totalement avec celle de son époux. La Portraitiste essaya de comprendre pourquoi avant d'observer à son tour les invectives que se lançaient les deux sorciers. Elle réalisa finalement que si Harry et Drago s'insultaient et se menaçaient, ils étaient surtout en train de s'expliquer et décida donc de n'intervenir qu'en ultime recours.

- Mais qu'est-ce que tu lui veux ? Éructa Harry, furieux, laissant tomber tout faux semblant. Pourquoi tu as demandé la tutelle de Teddy ? Tu veux lui faire quoi au juste ? Qu'est-ce que ça te rapporte à la fin !

La question semblait parfaitement légitime du point de vue d'Hermione mais elle savait par expérience que Drago ne révélerait rien tant qu'il pourrait camoufler la véritable raison de ses actions par d'autres. Parfois le comportement Serpentard était une vraie plaie... Daphné semblait arriver aux mêmes conclusions que son amie et elle se paya le luxe de les resservir en thé.

- C'est tellement inconcevable de ta part que je veuille juste prendre soin de ma famille ? Rétorqua Drago, une veine palpitante sur sa tempe droite. Parce qu'au cas où tu l'aurais oublié, Edward Lupin est mon petit-cousin.

- Heureux que tu t'en souviennes ! Ricana Harry en haussant les mains au ciel. Parce que si ma mémoire est exacte, ce n'était pas une ascendance dont tu te réclamais il y a quelques années... Ta mère et toi aviez complètement éludé l'existence d'Andromeda, accusa-t-il avec fureur, elle a dû faire face seule à la mort de son mari, puis à celle de sa fille et de son gendre. Si je ne l'avais pas réintégrée dans la famille Black, vous feriez encore comme si elle n'existait pas alors ne viens pas me parler de sentiments familiaux !

Cet argument était affuté pour déstabiliser le dernier héritier Malefoy, Hermione ne put que constater qu'il atteignit son but avec une précision chirurgicale. Harry avait toujours eu un don pour faire enrager Drago et tant que la discussion restait dans ces eaux-là, elle ne s'inquiétait pas outre mesure. Sa seule appréhension était que l'ancien Serpentard ait un nouvel atout dans sa manche et qu'il le jette au visage de son meilleur ami au pire moment. En attendant, la physionomie entière de Drago avait évolué, reflétant sa rage. Il se plaça à trois pas de la table, se dégageant une ligne de tir parfaite tout en excluant Daphné et Hermione de sa trajectoire. D'un coup d'oeil, elle vit Harry faire de même de son côté.

- Mais qu'est-ce que tu en sais, Potter ? Questionna Malefoy, hors de lui. Tu es omniscient en plus d'être omnipotent ? Que sais-tu de ma famille ? Du rapport entre ma mère et sa soeur ? Des actions que mon père a pu mener pendant la guerre ? C'est facile d'être du bon côté, du côté des gagnants ! Va trahir ta famille, les gens qui t'ont élevé, nourri, aimé ! Va affronter ceux que tu as toujours connu et après tu pourras me faire des leçons de vie !

- C'est bon Malefoy, ton couplet sur les difficultés à vivre aux côtés de Voldemort, on le connaît, réagit Harry vivement. Ce n'est pas de cela dont je te parle : pourquoi veux-tu la garde de Teddy ? Pour son héritage ? Pour ses talents ? Pour la gloire ? Quel est ton putain de plan ?!

Drago se mura dans un silence coléreux et sa main se crispa sur sa baguette magique. Merlin merci, aucun sort n'avait fusé et tant que les attaques resteraient verbales, rien de mal ne pouvait arriver. Du moins, Hermione essaya de s'en persuader. Drago prit une profonde inspiration avant de répondre le plus stoïquement du monde :

- Je ne veux rien de tout ça. Je suis suffisamment riche, Cesaria a des dons de Métamophomage et ma famille est en train de remonter l'échelle sociale. Je n'ai pas besoin d'Edward pour un quelconque plan.

- Alors pourquoi ? Insista Harry, d'une voix teintée d'appréhension.

Drago sembla enfin décrypter la véritable raison des attaques d'Harry : il s'inquiétait pour son filleul. Hermione le vit changer de stratégie et se décider à expliquer sans faux semblant pourquoi il avait demandé la tutelle de Teddy. La Portraitiste en souffla presque de soulagement.

- Très bien Potter, accepta finalement Drago en abandonnant sa posture d'attaque, si tu utilises ça contre moi, je te castre. C'est clair ?

Harry acquiesça vivement, touchant au but et voulant connaître les motivations profondes de Drago.

- Je ne peux pas avoir d'enfant, révéla simplement Malefoy en essayant de masquer sa souffrance. Edward est la seule chance qui m'ait été offerte de pouvoir transmettre quelque chose. Mon seul souhait est de l'élever pour qu'il devienne le digne héritier des Black.

Cette révélation fit l'effet d'une bombe pour les Potter et un silence s'installa dans le petit salon. Le visage de Daphné prit une expression plus compatissante qu'indifférente et elle échangea un regard triste avec son amie tout en caressant son ventre rond. Hermione se doutait de la véritable motivation de Drago mais il était rassurant de l'entendre l'admettre. Elle observa l'héritier Malefoy, cherchant à lui communiquer un peu de soutien.

- Et si je refuse que tu transmettes quoi que ce soit à mon filleul ? Je ne veux pas que Teddy ait des idées stupides sur le statut de Sang ! Ou qu'il apprenne à refouler ses sentiments ! En fait, je ne veux pas qu'il ait quoi que ce soit de commun avec vous !

Drago ferma les yeux pendant quelques secondes, semblant faire appel à tout son self-contrôle pour ne pas lancer de maléfice à Harry. Et Hermione sut qu'il avait effectivement un atout dans sa manche, sans réussir à déterminer lequel. Son cerveau tourna en roue libre tandis que Drago prenait le temps de ranger la baguette face à son ancien ennemi de collège et au sorcier le plus puissant de sa génération, pour dire simplement :

- Si tu m'empêches de voir Edward, si tu le montes contre moi ou contre ma famille, en somme si tu m'attaques ou si tu fais du mal d'une quelconque façon à cet enfant, je ferai pleuvoir sur toi un tel monceau de merdes que tu mourras étouffé dessous, menaça calmement Drago, le corps entouré d'une aura de fureur contenue. Et si tu souhaites te mettre en travers de la relation que je peux entretenir avec mon petit-cousin, poursuivit-il d'une voix encore plus douce, je ferai appel à la dette de vie que les Potter doivent aux Malefoy.

Le corps d'Harry tressaillit sous la menace et les yeux de Daphné s'ouvrirent sous le choc. Hermione se leva subitement, voulant arrêter Drago avant qu'il ne soit trop tard.

- Laquelle je te prie ? S'enferra Harry d'un ton railleur. J'ai remboursé ma dette en vous empêchant d'aller en prison, ta mère me l'a certifié.

- Celle que tu as contractée lorsque j'ai fait semblant de ne pas te reconnaître à votre arrivée au Manoir, répondit Drago sans faillir, sans parler de celle que tu as conclue en t'emparant de ma baguette. Baguette qui t'a permise d'avoir le contrôle de celle que Voldemort a empruntée à notre ancien Directeur. Je t'ai sauvé la vie deux fois, Potter.

La menace était claire et Hermione sut qu'elle devait intervenir avant qu'Harry ne prenne sur lui de lancer un Impardonnable à l'ancien Serpentard. Elle se plaça dans la ligne de mire, à équidistance des deux sorciers.

- Stop, émit-elle calmement, les mains levées en signe d'apaisement, vous allez beaucoup trop loin.

- Hermione a raison, renchérit Daphné en lançant un regard éloquent à son mari. Il ne sert à rien de vous menacer ; vous n'êtes plus des adolescents, nous ne sommes plus en guerre ni même à Poudlard. Vous avez tous les deux l'intérêt d'Edward à coeur alors je ne vois pas pourquoi nous ne pourriez trouver un terrain d'entente. Rasseyez-vous, ordonna-t-elle d'une voix impérieuse.

Harry fut le premier à obéir et reprit place aux côtés de sa femme. Daphné lui tendit une main qu'elle plaça sur son ventre, comme un rappel. Hermione se tourna vers Drago, le suppliant de reprendre sa place d'un simple regard. Malefoy finit par acquiescer et s'assit autour de la table au même moment où Hermione tirait sa propre chaise pour se rasseoir. La maîtresse de maison prit le temps de réchauffer les tasses qui n'avaient pas été consommées.

- Ta proposition me semble tout à fait correcte, reprit Daphné en s'adressant à Drago comme si les deux hommes ne s'étaient pas menacés quelques minutes plus tôt. Nous sommes d'accord pour héberger Edward le temps de la transition et pour t'accueillir à la maison ainsi que Narcissa et Cesaria afin que vous puissiez faire connaissance. Le Conseil ayant tranché, nous ne pouvons revenir sur le fait qu'Edward devra vivre avec vous, rappela Mrs Potter en jetant un coup d'oeil à son mari. Il semble judicieux de lui exposer ce que nous pensons faire avec des dates précises pour que cette période de transition se passe au mieux.

- Nous sommes d'accord, confirma Drago en lui tendant le parchemin qu'il avait sorti de son porte-document. Voici une première proposition calendaire. Nous attendons vos propositions et modifications.

Daphné se saisit du parchemin et le plaça hors de portée de son époux.

- Nous l'étudierons à tête reposée avant de revenir vers vous, conclut-elle dans un sourire. Pour ce qui est de la part que nous prendrons à l'éducation du jeune Edward, Harry restera pour toujours son parrain et il sera le bienvenu chez nous pour les weekends et les vacances. Je pense qu'il sera ravi de côtoyer d'autres enfants.

La pique parfaitement ajustée atteignit Drago avec une maestria qu'Hermione admira en même temps qu'elle la détesta. En disant cela, Daphné rappelait que Ted ne pourrait avoir aucun contact avec un enfant en vivant auprès de Drago, élément pourtant nécessaire à son équilibre.

- Je le pense aussi, acquiesça Malefoy avec une certaine classe. Nous pourrons en reparler et ajuster nos agendas plus tard mais votre présence serait importante pour certains évènements marquants dans la vie de tout jeune sorcier : son anniversaire, son rite de passage à Poudlard...

Daphné acquiesça avec un léger sourire alors qu'Hermione jeta un coup d'oeil à son meilleur ami. Apparemment, lui aussi ignorait qu'il existait un rite dans les familles sorcières pour fêter l'entrée à Poudlard.

- Et bien entendu, nous nous chargerons de te présenter à Edward, proposa Daphné, le sourire aux lèvres. Nous pouvons d'ores et déjà convenir d'une date.

Drago acquiesça et sortit un agenda de son porte-document. Hermione décrocha son attention de la conversation tandis que Daphné et Drago convenaient d'un rendez-vous. Elle se concentra sur la réaction ou plutôt l'absence de réaction de son meilleur ami. Ses deux mains englobaient sa tasse de thé et il laissait sa femme gérer les négociations avec brio. Hermione se demanda à quel point l'altercation avec Drago avait été préméditée et combien Daphné avait pris part à la préparation de ce rendez-vous. Dans ce cas, pourquoi était-elle présente ? Elle s'était seulement levée pour les empêcher de se jeter des sorts... Et son rôle se limitait peut-être à cela, Daphné ne pouvant se le permettre dans son état.

Grâce à ce rendez-vous, Hermione se rendit compte que ses amis étaient eux aussi capables de calculs pour assurer le bien-être des leurs. Et si elle l'acceptait de leur part, pourquoi le reprocherait-elle à Drago ? Elle n'eut pas le temps de s'appesantir sur cette révélation que Daphné concluait déjà cette rencontre. Malefoy fut raccompagné à la porte du Manoir, dans la tradition sang-pure la plus absolue. Hermione en profita pour saluer également ses amis, les embrassant tour à tour en leur promettant de passer le weekend suivant. Lorsqu'Harry ferma la porte derrière leur passage, Hermione et Drago se retrouvèrent en tête à tête, remontant l'allée jusqu'aux grilles du Manoir Potter.

Après quelques secondes de marche silencieuse durant lesquelles Hermione ne sut comment aborder l'ancien Serpentard, Drago prit la parole d'une voix calme :

- Je souhaiterais t'inviter pour qu'on puisse discuter. Est-ce que tu serais libre ce soir ?

Surprise, Hermione mit quelques secondes à réagir. Elle finit par répondre, alors qu'ils atteignaient les limites de la propriété.

- Oui, je... suis disponible.

Une esquisse de sourire passa brièvement sur le visage de Drago.

- Parfait, je t'enverrai un hibou.

Hermione eut à peine le temps d'acquiescer que Malefoy transplana.


Légèrement sonnée par l'invitation de Drago, Hermione apparut dans une impasse à proximité de son appartement. Elle n'avait qu'une envie : rentrer au plus vite et informer Luna des derniers évènements. Ensuite, elle devrait se doucher, sélectionner une tenue et passer un temps considérable dans la salle de bain pour se rendre présentable. Elle ne savait pas où Malefoy avait prévu de l'emmener mais elle était certaine d'une chose : ce serait un endroit élégant, comme toujours.

Elle monta rapidement les escaliers menant à son appartement puis déverrouilla la porte. La serrure tourna dans le vide mais Hermione n'y prit pas garde, son esprit entièrement tourné vers ses préparatifs. Elle nota distraitement qu'elle devrait faire appel à un spécialiste pour la réparer. La Portraitiste entra chez elle et ferma d'une main la porte d'entrée. En un coup d'oeil, elle sut qu'elle n'était pas seule. Un sort atteignit la porte de l'appartement et celle-ci fusionna avec le mur derrière elle.

- Maître Granger ? Appela une voix grave mais indubitablement féminine.

Hermione fit quelques pas en direction du salon. Elle reconnaissait parfaitement l'homme qui se tenait à côté de son fauteuil préféré. Naim Kama était, comme toujours, parfaitement élégant dans son costume en lin d'un magnifique bleue nuit. Il ne fallait pas être la sorcière la plus intelligente de sa génération pour deviner qui était assise en lieu et place d'Hermione dans ce fauteuil.

Comme tous les membres de cette famille, elle avait les cheveux blonds presque blancs mais la ressemblance avec la lignée principale s'arrêtait là. Son nez n'était pas fin mais légèrement busqué, ses yeux était d'un vert implacable et toute sa physionomie exsudait un certain malaise. Cette impression était renforcée par sa tenue qui détonait en plein milieu de l'après-midi : une longue robe blanche avec un col bateau, fendue jusqu'au genou. Malgré la position assise, Hermione détermina que l'intruse devait être de petite taille, ce qui expliquait les talons de presque dix centimètres qu'elle arborait.

- Maître Hermione Granger ? Répéta la sorcière de sa voix si particulière.

Hermione acquiesça d'un hochement sec de la tête.

- Catharsia Malefoy, se présenta-t-elle avec un rictus carnassier aux lèvres. Je suis ravie de faire enfin votre connaissance.


RAR

Sarah MAES : Coucou à toi et merci pour ton commentaire ! Comme tu as pu le lire dans ce chapitre, la situation est moins manichéenne qu'il n'y parait. Disons que Drago cherche à tirer profit de chaque situation indépendamment des sentiments des autres et souvent indépendamment de ses sentiments. Parce qu'il se fait du mal dans l'histoire... C'est pour ça qu'il demande deux jours de délai à Hermione. Il a conscience de ce qu'il va se passer - il a préparé son plan - mais il ne veut pas entamer quelque chose alors qu'il lui cache des choses. Bon il ne fait rien pour la prévenir mais dans sa tête ce qu'il lui cache n'est pas si grave, il ne fait que veiller à l'intérêt de sa famille. Bon il se doute que cette explication ne passera pas les standards d'honnêteté d'Hermione - pas fou le Serpentard - mais il espère qu'elle pourra comprendre une fois qu'il aura eu le temps de s'expliquer. Donc à ce moment là, les priorités dans sa tête c'est : Faire de Cesaria une héritière légitime, Plaider devant le Conseil, Discuter avec Hermione. S'il est surpris quand elle apparait pour aller au Conseil c'est parce qu'il n'avait pas tout à fait prévu qu'elle soit présente...
Quant à Harry, il n'aura pas Teddy à la maison effectivement mais comme tu le vois dans ce chapitre, il va certainement faire partie intégrante de son éducation - Malefoy est sournois pas suicidaire. Sans compter que Daphné est également une ancienne Serpentard. En fait, dans cette histoire entre Malefoy et Potter, il n'y a qu'un va-et-vient perpétuel "je te fais une crasse" - "je te pardonne" - "je te suis redevable" - "je te fais une crasse"... C'est un peu comme ça que je l'interprète dans les livres et c'est comme ça que je le poursuis dans cette fiction du coup. Ce que je veux dire c'est que ce n'est pas parce qu'un personnage est lésé dans un chapitre que l'autre est fondamentalement mauvais et machiavélique - bon Drago est machiavélique hein (rires).
J'espère avoir répondu à tes questions et réactions. Comment as-tu trouvé ce 18ème chapitre ? En espérant te lire bientôt ! Bon weekend !

Ivy : Salut à toi ! Tu as parfaitement raison, les cachotteries, Hermione n'aime pas beaucoup ça mais elle va revoir sa vision des choses, simplement parce que quand on devient adulte, la ligne de démarcation entre le bien et le mal se fait plus floue, plus nuancée. C'es très Gryffondoresque finalement que d'être sûr de ce qui est Bien et de ce qui est Mal et même si le principe moral absolu n'est pas contestable, chacun se débrouille comme il peut dans sa vie pour ne pas trop déroger. Drago le pratique à sa manière, le bien étant la sauvegarde de sa famille et le mieux tout élément qui pourrait lui servir (rires). En tout cas j'espère que ce chapitre a répondu à ta question concernant la motivation de Drago ? Merci pour ton commentaire ! À bientôt te lire et bon weekend !

Guest : Coucou ! Je suppose que tu es le ou la même "Guest" que le chapitre précédent. Merci pour ton commentaire. J'espère que ce chapitre a permis d'apporter d'autres éléments dans ta vision des actions de Drago. Comme il le dira plus tard, il n'est pas un "chevalier servant". JKR le dit aussi en interview, ne comprenant pas pourquoi tout le monde craque pour ce sale gosse (rires). Alors bien sûr le Drago de cette fiction est un peu plus attrayant, il a grandi mais il reste fondamentalement un Malefoy et un Serpentard : il arrange ses affaires en faisant le moins de dégâts possibles mais s'il considère que son but et plus important que les dégâts, il le fera quand même. Le problème là-dedans, pour lui comme pour les autres, c'est qu'il est en permanence dans un rapport de force mais je pense qu'Hermione serait capable de l'apaiser à ce niveau-là. Désolée, j'adore parler des personnages, du coup je m'arrête plus. Comment as-tu trouvé cette suite ? En espérant te lire bientôt ! Bon weekend !

Christine : Salut ! Merci pour ton commentaire =) Je suis d'accord avec toi - en même temps j'ai écrit l'histoire hein xD C'est un peu ce que confirme ce chapitre : est-ce une si mauvaise idée finalement que Ted soit confié aux Malefoy ? Les Potter vont avoir leur premier bébé dans quelques mois et cela va leur prendre énormément de temps et d'énergie. Cela peut aussi coïncider avec le décès d'Andromeda et tout ça, ça peut faire beaucoup à gérer pour un tout jeune couple à peine parents et sans famille sur place pour les soulager. Sans compter toute la part "éducation sang-pur" qui sera nécessaire à Ted pour simplement survivre dans ce milieu - pas forcément appliquer à la lettre les préceptes de cette société mais justement les reconnaître et les combattre. C'est plus facile d'être dedans pour faire évoluer les mentalités qu'être dehors et marginalisé. Bref, j'espère que ce chapitre t'a plu du coup =) À bientôt te lire et bon weekend !

drou : Coucou à toi ! Merci pour ton commentaire ! Et oui, le chapitre précédent était assez dense mais je pense que dans la catégorie celui-ci est pas mal aussi (rires). Ton hypothèse était hyper intéressante et partiellement en accord avec le déroulement de l'histoire. Ce chapitre révèle la raison pour laquelle Drago souhaite accueillir Ted. Après, il essaie de protéger le jeune Lupin en lui fournissant l'éducation et toutes les armes nécessaires pour qu'il puisse se défendre dans une société qui ne lui fera pas de cadeau - surtout à cause de son ascendance. Il n'y a pas de malédictions familiales ou autres - j'ai pensé que cette histoire était déjà bien fournie en rebondissement (rires) mais si j'avais voulu faire une histoire à quarante chapitres, je pense que je serais aller par-là. Néanmoins, j'espère que cette suite t'a plu. En espérant te lire bientôt ! Bon weekend !


Recommandations des lectrices et lecteurs

Et me revoilà avec trois nouvelles recommandations. Alors comme d'habitude je ne les ai pas toutes lues mais elles ont toutes étaient conseillées par des lectrices et lecteurs qui souhaitent faire partager et connaître leurs histoires préférées et coups de coeur. Merci à tous ceux qui participent et ceux qui me disent "j'ai découvert telle ou telle histoire grâce à ta petite rubrique" ça me fait grave plaisir =)

- Juste un secret par Rose Malefoy : UA qui se déroule dans l'univers de l'aristocratie anglaise. L'histoire est scindée en deux parties : la première se passe un peu avant la première guerre mondiale, la seconde se déroule durant la guerre. Les personnages sont un peu OOC forcément.
Pairing : HP/DM - en cours

- Perfect Sense par Nathalea : Drago Malefoy est atteint d'une maladie qui lui fait perdre les sens et Hermione en tant que Médicomage essaie de l'aider. Je ne l'ai pas lue, l'atmosphère de l'histoire a l'air un peu capiteuse mais tout semble très bien écrit.
Pairing : HG/DM - En cours - Mise à jour récemment.

- Pandore par Ella-San : C'est une histoire dans laquelle Harry et Rogue développent une relation de mentor/élève. Harry est forcément un peu OCC. Idem pour cette fiction, je ne l'ai pas lu mais le résumé explique que d'anciens ennemis vont devenir de nouveaux alliés et je pense que c'est tout le coeur de cette histoire. Hâte de la lire personnellement.
Pairing : HP OOC - HG/DM - Complète

Je propose qu'on se fasse une semaine "inconnue.s au bataillon" avec des histoires ayant peu de commentaires ou que ne vous retrouvez pas souvent dans les favoris d'autres lecteurs pour faire connaître ses petites pépites. Donc n'hésitez pas à faire partager vos "inconnue.s au bataillon" !


Plume qui papote - beaucoup

Et encore un chapitre mouvementé ! Alors contrairement à ce que vous pouvez penser ou croire, je ne fais pas exprès de faire des cliffys depuis deux ou trois chapitres, ça tombe naturellement comme cela (rires). Les chapitres font en moyenne une vingtaine de pages et généralement ça s'arrête au moment où je développe une autre idée. Ce que je veux dire c'est que ce n'est pas contre vous, je ne suis pas sadique et ne souhaite pas que vous preniez feu spontanément sous la frustration que vous ressentez - d'ailleurs la ressentez-vous ?

L'altercation Drago-Hermione est venue un peu plus tôt que nombre de vous ne l'attendait si je ne m'abuse. Comme quoi, même un Malefoy peut être pressé. Je me demande si vous avez été convaincu.e ou non par les arguments de Drago... Qu'avez-vous pensé de notre Luna psychothérapeute et amie (cela ferait un tellement bon titre de fiction ça !) ? De la réconciliation tant attendue Harry-Hermione empreinte de maladresse et de gêne ? De Daphné la terrible (et sournoise ? Et de la rencontre Malefoy-Potter ? Pensez-vous qu'ils aient vidé suffisamment de rancoeurs pour s'entendre ? Et comment trouvez-vous Catharsia aka la méchante de l'histoire (rires) ?

J'ai hâte de lire vos commentaires ! À très bientôt !