Cette fic est écrite dans le cadre de la 128ème nuit écriture du FoF (Forum Francophone) pour le thème "Carton". Le FoF est un forum regroupant tous les francophones de ffnet où l'on peut discuter, demander de l'aide ou s'amuser entre nous. Le lien se trouve dans mes favoris. Rejoignez-nous !
Note de l'auteur : Je n'étais pas censée écrire pour cette Nuit du FoF, j'étais censée continuer mon autre fic "Son fils sa bataille". Puis Milou a proposé le thème Carton qui m'a inspiré "Des super-héros en carton" et... J'ai dérapé. Du coup j'ai écrit ça en deux jours, je suis décalquée de fatigue et j'ai rien relu parce que je n'en suis plus capable.
Lila reprit difficilement son souffle en atteignant le toit de l'immeuble de dix étages. Il n'avait probablement pas pensé au fait qu'elle-même ne pouvait pas sauter de toit en toit pour atteindre le sommet d'un bâtiment sans ascenseur. Elle reprit une inspiration et réajusta ses cheveux collés par la sueur avant d'ouvrir la porte donnant accès au toit. Papillon s'y trouvait déjà. Une part d'elle fut surprise. Bien qu'elle ait souvent communiqué avec lui, c'était la première fois qu'elle le rencontrait et elle l'aurait imaginé différemment, sans savoir dire exactement ce qui changeait d'avec l'image qu'elle s'était faite de lui.
- La prochaine fois, choisis un bâtiment avec ascenseur, lança-t-elle amèrement.
- Il fallait bien que je teste ta motivation, répondit Papillon. Considère ça comme une juste revanche pour tes insultes lorsque je t'ai akumatisée hier.
- Je ne t'ai pas insulté ! protesta-t-elle. J'ai juste dit que tu ne gagnerais jamais contre Ladybug vu comment tu t'y prenais. Hier tu m'as dit de te retrouver ici si jamais on échouait et que Ladybug capturait l'akuma. Tu ne m'aurais pas proposé ça si je n'avais pas touché un point sensible, pas vrai ?
- Tu m'as juste intrigué, admit Papillon. Si je m'y prends mal contre Ladybug, je suppose que tu as de meilleures idées, n'est-ce pas ?
- J'en ai quelques unes. Enfin une mais qui va prendre du temps. Et de la magie.
- Je t'écoute ? demanda Papillon.
- Je vais avoir besoin d'un moyen de te joindre. Je t'expose les pouvoirs dont j'ai besoin et tu me les donnes. Tu ne lances aucune attaque akuma pendant ce temps, rien, tu me laisses le champ complètement libre. Et d'ici… Quelques semaines, je t'amène son Miraculous. Quand elle sera hors circuit et que tu auras le pouvoir de la création avec toi, vaincre Chat Noir sera un jeu d'enfant.
- Quelques semaines sans lancer d'attaque akuma ? demanda Papillon méfiant. Comment je peux être sûr que tu ne me feras pas perdre mon temps ?
- Cela fait deux ans que tu lances des attaques perdues d'avance aveuglément et tu n'as pas trois semaines pour tenter une approche différente ? lança Lila en haussant un sourcil moqueur.
Papillon sembla enrager contre sa pique mais resta silencieux quelques secondes. Il semblait toujours lui en vouloir quand il souffla :
- Trois semaines et pas une de plus. Qu'est-ce que tu veux ?
- Le pouvoir de l'illusion dans un premier temps.
Ladybug étouffa un bâillement en finissant sa ronde du soir. Il n'était que 22 heures, elle ne tarderait pas à passer le relais à Chat Noir et pourrait espérer se coucher tôt, pour une fois. Elle commençait à reprendre le chemin de chez elle quand un énorme bruit de métal retentit plusieurs mètres en-dessous d'elle. A un carrefour, trois voitures s'étaient engagées en même temps et s'était percutées de plein fouet. Les trois carrosseries ne formaient plus qu'un amas de tôles informes de couleurs différentes dont une fumée noire et épaisse s'échappait trop difficilement des habitacles. Plusieurs cris résonnèrent dans la nuit, ponctués par de violentes quintes de toux. Tous les passagers étaient coincés, prisonniers des portes et toits déformés des voitures avec cette fumée qui les étouffaient lentement mais sûrement. Elle descendit rapidement à leur hauteur et tenta de tirer sur les portières qui ne bougèrent pas d'un centimètre. Elle s'échina à trouver une ouverture, contournant le tas de voitures pour tenter au maximum d'endroits, mais la seule différence notable fut les toux et crachats des personnes qui avaient définitivement remplacé leurs cris terrifiés. Elle finit par reculer pour balancer son yoyo par-dessus un réverbère et l'enrouler autour de l'une des voitures. L'effet levier opéré grâce au réverbère lui permit de la décoller du sol et elle la reposait à côté des deux autres voitures imbriquées au moment où des sirènes de camion de pompiers résonnaient au loin.
Elle répéta l'opération avec la deuxième voiture et se précipita vers les fenêtres brisées. Ce ne fut que quand les sirènes de pompiers la rejoignirent avant de se taire qu'elle réalisa que tout était silencieux. Qu'elle n'entendait plus aucun cri ni plus aucune toux. Les pompiers ne mirent que quelques secondes à découper les tôles des voitures pour en extraire des corps inanimés auxquels ils prenaient le pouls avant de secouer la tête de droite à gauche.
- Non… souffla-t-elle, refusant d'y croire. C'est pas possible, ils ne sont pas…
- Il n'y avait rien à faire, confirma un pompier qui supervisait les opérations des autres. La fumée les a tués en quelques minutes.
Ladybug resta stoïque, son regard vide fixé sur les carcasses de voiture pendant que des ambulances arrivaient et enveloppaient les corps dans de grandes housses blanches. Lorsque tous les corps furent évacués, le pompier qui lui avait parlé reprit :
- Rentrez chez vous Ladybug. Ne vous en voulez pas. Vous êtes très douée pour capturer des akumas, mais pour eux vous ne pouviez rien faire.
Ladybug et Chat Noir couraient de toit en toit pour rattraper la jeune fille aux cheveux bleus qui flottait dans les airs. De grandes ailes bleues semblaient avoir poussé dans son dos mais vue d'en face et à l'exception d'un loup bleu sur les yeux, elle ressemblait à une collégienne comme les autres. Un téléphone portable était collé à son poignet et Ladybug lança :
- Je te parie que l'akuma est dedans, ça devait être la seule chose qu'elle touchait quand elle a été akumatisée !
- OK, répondit Chat Noir, ça ne devrait pas être trop dur. Elle a essayé d'attaquer d'une façon ou d'une autre ?
- Non, elle se contente de planer au-dessus de la ville. Fais attention, on ne sait pas de quoi elle est capable !
Ladybug et Chat Noir accélérèrent pour l'encercler. La jeune fille chercha à prendre encore plus de hauteur pour les contourner mais le yoyo de Ladybug s'enroula autour de ses jambes pour la ramener au sol, où elle lui arracha son téléphone avant de le lancer à Chat Noir.
- Cataclysme !
Le téléphone tomba en miettes et un akuma s'en échappa.
- Tu as assez fait de mal comme ça, petit akuma. Je te libère du mal !
Un papillon blanc ressortit de son yoyo et elle s'accroupit devant la collégienne tombée à genoux sur le toit devant elle. Son regard semblait perdu, déboussolé, fixé sur la surface sous ses genoux.
- Eh, souffla Ladybug en s'accroupissant devant elle. C'est fini, ça va aller maintenant…
L'adolescente releva les yeux vers elle. Des yeux qui brillaient de tristesse et de rancœur.
- De quoi tu parles ? s'exclama-t-elle. Non ça ne va pas aller, pas maintenant que tu m'as privée de ces pouvoirs !
- Quoi ? s'étonna Ladybug. Je…
- Tu as seulement la moindre idée de ce que je vis, au collège ? Tu sais ce que c'est, de venir cinq jours par semaine dans un endroit où tout le monde se moque de toi, te joue tous les sales coups au monde, te ridiculise pendant que tu passes inlassablement chaque récréation seule dans ton coin à envier ceux qui ont des amis ? C'est vrai, j'en ai eu marre et Papillon m'a akumatisée ! Il m'a donné le pouvoir de m'enfuir, de sortir de ce collège et de cette vie ! Et c'était tout ! Je me suis juste envolée pour leur échapper, je n'attaquais personne, je ne faisais de mal à personne, même vos Miraculous je m'en fichais ! Alors pourquoi il a fallu que tu interviennes pour me ramener sur terre, hein, pourquoi ? Pourquoi c'était trop dur pour toi de laisser quelqu'un s'envoler hors de portée de gens qui me font souffrir ?
Les yeux de la jeune fille s'étaient remplis de larmes au fur et à mesure qu'elle déchaînait sa rancœur contre Ladybug. Celle-ci ne sut pas quoi répondre. Elle avait vu une akumatisée, elle était intervenue. Même si elle n'était pas dangereuse, même si elle n'attaquait pas. Elle aurait voulu l'aider, mais elle réalisait qu'elle ne savait pas quoi faire. Cette fille n'était pas de son collège. Elle ne pouvait pas lui rendre les pouvoirs qui lui avaient permis de souffler, pas tant que Papillon ne le voudrait pas. Elle se doutait qu'elle avait déjà trop entendu les sermons sur la nécessité de parler du harcèlement scolaire, et qu'elle avait déjà expérimenté toutes les limites de ces beaux discours de personnes qui ne connaissaient pas la réalité des faits. Face à elle, la collégienne semblait être arrivée à la même conclusion qu'elle. La voix débordant encore de colère, elle lança :
- Tu es très douée pour capturer des akumas, c'est bien, mais pour les gens qui souffrent au quotidien, tout le temps, tous les jours, et pas juste pendant une attaque, tu sers à quoi, hein, dis-moi ?
Ladybug rentrait chez elle sans se précipiter. Ses jambes n'avaient de toute façon plus la force de la porter relativement vite, elle était épuisée, démoralisée et à bout de forces. Toute la semaine, ses échecs s'étaient enchaînés, se concluant plusieurs heures plus tôt pour un chantier qui s'était effondré par sa faute. En voulant aider, encore une fois. En ayant provoqué des dégâts, des blessés, des morts. Tout le monde lui avait assuré qu'elle n'y pouvait rien, que cet échafaudage ce serait probablement effondré avec ou sans elle, mais leurs voix amères, leurs larmes et regards inquiets vers les corps de leurs collègues disaient les mots qu'ils refusaient de prononcer. Elle aurait dû faire attention, rattraper cet échafaudage, ne pas le percuter, les sauver, les protéger. Juste ne rien faire et peut-être qu'ils n'auraient alors jamais été en danger. Peut-être. Elle n'arrivait plus à y voir clair, elle ne voulait plus y réfléchir, elle désirait juste se détransformer avant de faire à nouveau du mal par inadvertance autour d'elle.
Elle passait au-dessus du Pont des Arts quand elle aperçut une jeune fille en larmes devant l'un des poteaux du pont, un cadenas à la main. Le Pont menaçant de s'écrouler sous le poids de tous les cadenas entassés dessus pour symboliser l'amour d'un couple, la Mairie l'avait fait rénover quelques années plus tôt et remplacé les grilles aux milliers de cadenas par de grandes barrières vitrées. Elle s'était promis de ne plus rien faire. De n'aider plus personne. Mais cette fille pleurait seule et il n'y avait probablement rien de dangereux à juste descendre lui parler. Elle atterrit à côté d'elle et demanda :
- Bonjour. Qu'est-ce qui ne va pas ?
La fille ravala ses sanglots pour parvenir à prononcer :
- Je… J'ai perdu mon fiancé il y a quelques jours. Il a été emporté par un accident de voiture.
Ladybug refusa de repenser aux trois voitures encastrées, bien que cette image s'imposait trop violemment dans son esprit.
- On devait se marier ici et prendre nos photos de mariage ici. A l'hôpital, quand il a su qu'il était perdu, il m'a fait promettre de venir ici pour mettre le cadenas qu'on prévoyait d'accrocher. Mais… Il n'y a plus rien ! Plus de grilles, plus de cadenas, juste ces vitres et cette promesse que je ne pourrais jamais tenir…
Elle éclata à nouveau en sanglots et Ladybug souffla :
- Je suis désolée pour vous, vraiment. Ils les ont effectivement enlevé parce que ça aurait été dangereux pour le pont.
- Un cadenas, un seul, qu'est-ce que ça aurait changé ?! s'exclama-t-elle. Vous ne me ferez pas croire que c'est celui-ci qui l'aurait fait s'effondrer ?!
Ladybug soupira légèrement. Elle comprenait beaucoup trop sa peine, et était toujours aussi impuissante face à la mort de quelqu'un.
- On doit pouvoir lui trouver une place. C'est vrai, il n'y a plus les grilles, mais il y a encore quelques encoches sur les vitres. Certaines personnes ont même réussi à y mettre des cadenas, regardez, il y en a une dizaine par encoche. Je suis sûre qu'on va réussir à caser le vôtre.
Elles trouvèrent rapidement une place et la jeune fille esquissa un sourire soulagé en bouclant le cadenas.
- Merci à vous, Ladybug, c'est vraiment…
Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase. Le sol frémit sous elles, avant de trembler franchement.
- Qu'est-ce que…
Ladybug attrapa la fille d'une main en la serrant contre elle tout en lançant son yoyo dans les airs de l'autre. Elles s'élevèrent au moment où le pont s'écroulait sous ses pieds, précipitant dans la Seine sa structure métallique. Le vrombissement qui en résulta fut immédiatement suivi d'une immense vague et Ladybug parvint à se jeter sur le bord de la Seine avec la jeune femme avant que le tsunami ne suive le cours du fleuve et ne s'écrase plusieurs centaines de mètres plus loin sur Notre-Dame, dont les échafaudages qui la soutenaient encore après l'incendie tombèrent en poussière sur l'impact de la vague. Les deux tours, qui avaient miraculeusement tenu suite à l'incendie, tremblèrent avant de s'effondrer également dans un grondement assourdissant, générant des hurlements de terreur sur plusieurs centaines de mètres aux alentours. La jeune fille avait gardé les yeux écarquillés sur l'endroit où le Pont se trouvait quelques minutes auparavant, puis sur les ruines de Notre-Dame. Mais quand elle parvint à se retourner vers Ladybug, celle-ci avait disparu.
Ladybug s'était éloignée à l'écart, suffisamment loin pour ne plus voir les ruines. La dernière preuve de force qu'elle aurait pu amener aurait été de rester sur place pour assumer les conséquences de ses actes – elle n'en avait pas eu le courage. Assise contre une cheminée, ses yeux embués de larmes fixaient sans le voir Paris qui s'étalait sous elle. Elle apercevait la Tour Eiffel, seul monument encore plus haut qu'elle, le Sacré-Cœur, Montmartre, le cimetière du Père Lachaise. Lequel de ces grands monuments cent fois plus vieux qu'elle détruirait-elle la prochaine fois qu'elle essaierait d'apporter son aide ? Lequel de ces milliers de passants sur les trottoirs anéantirait-elle ? Lesquels d'entre eux allait-elle tuer la prochaine fois à cause de sa maladresse et de son inconscience ? Elle s'était habituée à ce que Marinette soit maladroite. Mais, en comparaison, elle s'était faite à l'idée que Ladybug était plus habile, plus astucieuse, plus aimée et soutenue. Les rappels récents de son incompétence, même avec son costume, surtout avec son costume, s'enfonçaient en elle comme des coups de poignard dont elle se sentait incapable de guérir un jour.
- Moi qui pensais qu'il n'était pas possible de faire autant de dégâts d'un coup, même avec mon cataclysme, tu viens de surpasser toutes mes attentes ! lança une voix à côté d'elle.
- Ça va Chaton, grommela-t-elle. Je n'ai pas besoin d'un sermon sur ce que je viens de faire.
- Ce n'était pas un sermon ! assura Chat Noir en s'asseyant à côté d'elle. Juste une remarque. Je me trompe ou tu parais aussi dévastée que la cathédrale ?
Ladybug ne prit pas la peine de lui faire remarquer qu'il enfonçait le couteau dans la plaie.
- Bien sûr que je suis dévastée. Je fais n'importe quoi depuis plusieurs jours ! Je laisse des gens mourir, je renvoie une gamine souffrir dans son collège, je fais s'effondrer un chantier et maintenant je détruis l'un des plus grands monuments de Paris ! s'exclama-t-elle sans parvenir à retenir ses larmes. J'étais censée protéger Paris, être une super-héroïne, et au lieu de ça, tout ce que j'arrive à faire c'est détruire et tuer ! Paye ta super-héroïne en carton, souffla-t-elle avant d'éclater en sanglots.
Chat Noir posa une main sur son épaule dans un geste réconfortant et attendit que ses sanglots s'apaisent pour reprendre :
- Super-héroïne en carton je ne sais pas, mais super-héroïne à bout de forces, ça oui. Tu as fais du bon boulot pendant deux ans mais on ne peut pas te demander d'être toujours au top. Ça demande de l'énergie, une double vie. Tu aurais besoin d'une pause ?
Une pause. Ne plus être Ladybug. Regarder les catastrophes et akumatisations de loin en sachant que quelqu'un de plus compétente et plus efficace viendra les protéger de toute façon. Reprendre sa vie de Marinette, ne s'occuper de rien d'autre que du collège et d'aider ses parents à la boulangerie. Ne plus se penser capable d'intervenir alors qu'elle ne ferait qu'aggraver la situation. L'idée était beaucoup trop tentante. Elle hésita pendant une seconde.
- Mais s'il y a une attaque akuma…
- Des filles aussi courageuses que toi, ce n'est pas ce qui manque dans Paris. Je trouverai une autre partenaire qui sera ravie de te permettre de prendre une retraite bien méritée. Fais-moi confiance, Ladybug. Si tu penses que c'est ce que tu as de mieux à faire, alors laisse tomber. Je ne t'en voudrais pas, je te le promets.
La main de Chat Noir était restée posée sur son épaule. Son visage à quelques centimètres du sien, ses yeux verts vrillant de confiance et d'assurance. Chat Noir reprit doucement :
- Fais-moi confiance. Je te jure que tu iras cent fois mieux après.
Sa main se tendit lentement vers ses boucles d'oreilles. Elle hésita pendant un quart de seconde avant de fermer légèrement les yeux, ne sentant plus que la main de Chat Noir sur son épaule pendant que les doigts de son autre main atteignaient son oreille. Au moment où ils allaient se refermer sur l'une des boucles, son yoyo sonna. Elle rouvrit les yeux pour voir que Chat Noir essayait de l'appeler. Son regard se reposa sur la personne en face d'elle qui paraissait aussi surprise qu'elle. La main de Chat Noir se resserra plus violemment que jamais sur son épaule, cherchant à l'immobiliser, mais elle parvint à se dégager d'un bond et à s'enfuir en sautant de toit en toit plus vite que jamais. Le vent lui giflait le visage, son cœur battait à tout rompre sous le coup de la peur et la culpabilité s'installait en elle, plus fort que jamais, pendant qu'elle réalisait qu'elle avait failli laisser un inconnu prendre son Miraculous. Elle continua à fuir, filant sans faire attention à sa direction ni jamais ralentir, cherchant juste à s'éloigner le plus loin possible de l'imposteur à qui elle avait aveuglément fait confiance. Ses jambes commençaient à ralentir et son souffle à lui manquer quand elle percuta quelqu'un de plein fouet. Elle tituba violemment, sonnée par la douleur, mais sentit deux mains la maintenir solidement par les épaules pour l'empêcher. Lorsqu'elle rouvrit les yeux et que le décor cessa de tourner autour d'elle, Chat Noir était devant elle.
- Lâche-moi ! hurla-t-elle en reculant rapidement.
Chat Noir s'exécuta mais son regard vrilla d'inquiétude.
- Ma Lady, tu vas bien ? Qu'est-ce qui t'arrives ?
- Dégage de là ! Tu n'es pas Chat Noir ! N'espère même pas toucher mon Miraculous !
Le regard de son partenaire parut encore plus déboussolé.
- Si, c'est moi, souffla-t-il doucement. S'il te plaît, dis-moi ce qu'il y a, il y a encore eu un imposteur qui s'est fait passer pour moi ?
Elle aurait eu envie de repartir, recommencer à courir dans la direction opposée jusqu'à être hors d'atteinte de Paris, de cet imposteur, de tout ce qu'elle risquait de détruire à chaque seconde. Mais ses jambes flageolaient, elle peinait à reprendre son souffle, sa tête lui faisait mal suite au choc contre Chat Noir et elle ne comprenait plus rien à rien. Un imposteur. C'était déjà arrivé. Peu de personnes avaient compris que son identité avait été usurpée. Elle cligna des yeux plusieurs fois.
- Prouve-le, lança-t-elle sèchement, encore sur la défensive. Prouve-moi que tu es Chat Noir.
D'abord étonné, celui-ci réfléchit une seconde avant de répondre :
- Il y avait déjà eu un imposteur qui s'était fait passer pour moi. Tout le monde avait cru qu'il enviait nos super-pouvoirs, mais il était juste amoureux de toi et avait cherché à se faire passer pour moi car il croyait qu'on était en couple. Après notre combat contre Lady Wifi, tu étais sur le point de te détransformer alors tu t'es cachée dans un placard. Tu avais mal fermé la porte, j'aurais pu voir qui tu étais mais j'ai refusé de le faire. J'aurais aussi pu ouvrir les yeux quand on a été enfermés dans le piège du Hibou Noir et qu'on a dû se détransformer pour le piéger avec nos Miraculous. Tu avais écrasé une cartouche d'encre contre la caméra pour qu'il ne découvre pas non plus nos identités. Avant notre combat contre Glaciator, je t'avais préparé une surprise sur les toits de Paris, avec des bougies pour illuminer tout le contour de l'immeuble. Tu n'étais pas venue, alors j'avais emmené Marinette, la même Marinette que tu avais envoyée servir d'appât quand on a affronté le Dessinateur. Tu es venue la fois suivante, pour m'expliquer que rien ne serait jamais possible entre nous, que tu refuserais éternellement les roses que je pourrais t'offrir comme le jour où on a combattu Le Patineur, parce que tu en aimes un autre. Un autre qui occupe ton esprit jour et nuit. Je t'ai demandé une fois si quelque chose entre nous serait possible s'il n'était pas là, et tu n'as jamais trouvé de réponse, parce que tu l'aimes tellement que tu n'arrives pas à concevoir un monde dans lequel il n'existerait pas, ni à imaginer un futur où tu aurais simplement renoncé à lui.
Chat Noir reprit sa respiration et, voyant que Ladybug ne cherchait plus à s'enfuir et que son regard perdait progressivement sa méfiance, il continua :
- Ton cœur appartient à un autre, mais ça ne t'empêche pas d'apprécier les nuits qu'on passe ensemble. Ces nuits où il n'y a pas d'attaque mais où tout est tellement trop calme qu'aucun de nous n'arrive à trouver le sommeil, alors on part faire une ronde, on se retrouve, on joue à chat sur les toits de Paris, on fait des courses, on s'entraîne à se combattre. Puis, quand on fatigue, on choisit le toit le plus confortable ou avec la vue la plus dégagée et on s'assoit. Souvent tu nous amènes du pain ou des sandwichs ou des viennoiseries. Alors on reste assis sous les étoiles, on mange, on discute, ta tête s'appuie sur mon épaule et ma tête sur la tienne et ça me fait toujours ronronner, même quand tu me le reproches gentiment ou que tu en rigoles, je n'arrive jamais à m'en empêcher. On reste ici des heures à regarder Paris, ses lumières et les étoiles, à discuter, à ronronner et à rigoler et, à la fin, quand on décide qu'il est plus raisonnable de rentrer chez nous, cette fois on arrive à trouver le sommeil qui nous manque beaucoup trop tout le reste du temps.
Cette fois, le regard de Ladybug s'était brouillé et rempli de larmes. Quand Chat Noir conclut, elle ne parvint pas à les empêcher de couler sur ses joues et ses jambes perdirent le peu de forces qu'il leur restait. Elle se sentit tomber en avant mais Chat Noir la rattrapa et l'aida à s'asseoir. Il s'installa à côté d'elle et passa un bras autour de ses épaules pendant qu'elle éclatait en sanglots.
- Je suis tellement désolée, Chaton… souffla-t-elle entre ses sanglots. J'arrive… J'arrive tellement à rien… Ni à reconnaître un imposteur, ni à sauver des gens, ni à te reconnaître quand c'est vraiment toi… Je… Je sais plus rien faire, je suis plus bonne à rien… Je pensais sauver Paris mais je suis qu'une super-héroïne en carton, incapable de quoi que ce soit…
Chat Noir renforça son étreinte et attendit que ses sanglots s'apaisent suffisamment pour qu'elle puisse entendre sa réponse :
- Tu n'es pas bonne à rien, ma Lady. Tu as juste été manipulée par quelqu'un qui voulait que tu le penses.
Chat Noir ronronna légèrement pour l'apaiser le temps que ses larmes refluent complètement et, quand elle leva son regard rouge, blessé et épuisé vers lui, il reprit :
- Tu te souviens de la collégienne akumatisée ? Je me suis inquiété pour elle un peu après, et j'ai appelé la direction du collège devant lequel je l'avais ramenée. Ils n'ont aucune élève qui correspondait à sa description. J'ai étendu à tous les collèges de l'arrondissement, mais rien. Il n'y a aucune collégienne aux cheveux bleus dans ce coin.
- Mais… Tu l'as vue comme moi, elle était folle de rage…
- Oui. Contre toi, en t'accusant de tous les maux, tellement que ça m'a fait douter. Je me suis penché sur tes autres échecs, tous ceux qui te minaient le moral lentement mais sûrement. Il n'y a jamais eu d'intervention de pompiers pour trois voitures encastrées à La Défense ce soir-là. Ni de chantier qui se serait effondré dans le Xe arrondissement. Notre-Dame est intacte et les journalistes pensent que tu as lancé ton Miraculous Ladybug. Mais si tu n'y es pour rien, ça veut dire que ça ne s'est juste jamais produit. Le pont des Arts aussi est toujours à sa place, sans aucun cadenas. Tout ça, tous ces événements, c'était des illusions. Et tu avais peur que je te prenne ton Miraculous, mais je ne te l'aurais jamais demandé, et encore moins accepté. Je me fiche de ce que tu réussis ou pas, tu es exceptionnelle et j'imagine pas protéger Paris avec quelqu'un d'autre que toi. Tu fais des erreurs, tu te fais piéger, parfois tu te trompes, oui, et ? Des erreurs on en fait tous. Ça ne change en rien le fait que tu es une super-héroïne d'enfer et que Paris a besoin de toi.
Ladybug avait pris un moment pour digérer ce qu'il venait de dire.
- La fille akumatisée… Ça ne pouvait pas être une illusion. J'ai libéré son akuma, je l'ai attrapée, elle était bien réelle !
- Quelqu'un qui essaie de t'avoir à l'usure pour te forcer à rendre ton Miraculous, je suppose que Papillon doit être dans le coup. La fille devait être soit une complice déguisée, soit un sentimonstre sous son contrôle.
Ladybug resta silencieuse. Tout était faux, elle n'était responsable d'aucun mort, d'aucune destruction. Tous ces accidents qui lui avaient détruit le moral s'étaient volatilisés dès qu'elle avait eu le dos tourné. C'était tellement tentant à croire… Pourtant, la partie d'elle la plus fatiguée, la plus atteinte par tous ces drames, la plus épuisée d'avoir trop pleuré ces derniers jours, refusait d'y croire. C'était beaucoup trop beau, beaucoup trop agréable à penser après des semaines où les drames s'étaient succédés à une vitesse folle. Le bras toujours passé dans son dos, Chat Noir lui caressa doucement l'épaule dans un geste réconfortant et souffla :
- Rentre chez toi. Sans t'arrêter sur aucun problème qui arriverait au sol. En gardant ton Miraculous sur toi. En n'écoutant rien si quelqu'un essaie de t'interpeller. Et dors.
- Il est 18 heures, Chaton…
- Raison de plus. Une nuit de treize heures d'affilées, sans ouvrir l'œil un seul instant, une nuit telle que tu n'en as jamais faite depuis que tu es devenue Ladybug. Et quand tu seras reposée, vérifie tout ce que je viens de te dire. Tu n'as rien à te reprocher. Tu es toujours une super-héroïne d'enfer, endors-toi en te le répétant et ne laisse personne t'en faire douter.
- Wahou Marinette, lança Alya, tu as bien dormi ? Tu as vu les cernes que tu as ?
- Tu vas rire, répondit Marinette, en fait ça faisait une éternité que j'avais pas aussi bien dormi. Le genre de nuit tellement bonne que ça te fait réaliser à quel point tu en manquais trop. Tu vois le genre ?
- Je vois le genre, mais toi j'ai l'impression qu'il va t'en falloir deux ou trois autres de ce genre-là ! Mais oui, je connais, admit Alya. J'ai passé la nuit à couvrir ce qu'il s'est passé hier à Notre-Dame, à chercher où Ladybug avait pu aller avant de tout réparer…
Avant que Marinette n'ait pu trouver quelque chose à dire, une voix retentit à côté d'elles :
- Ma pauvre Alya, tu dois être épuisée du coup ? Parce que je suppose que tu n'as rien trouvé ?
Alya releva la tête.
- C'est vrai j'ai rien trouvé, admit-elle. Comment tu le sais, Lila ?
- Déjà parce que si tu avais trouvé, ce serait sur ton blog et qu'il n'y a rien, expliqua Lila. Mais surtout, parce que tu pensais que c'était Ladybug elle-même qui avait tout réparé ! On n'a vu ni ses coccinelles, ni akumatisé, rien ! Ça me paraît évident qu'elle n'y était pour rien, et que ça explique pourquoi elle ait fui ! Elle a eu tellement honte qu'elle a fui ses responsabilités, elle a laissé d'autres héros anonymes reconstruire dans son dos pendant qu'elle masquait son incompétence et ses erreurs à la chaîne ! Sérieusement, un incendie n'a pas réussi à détruire Notre-Dame mais elle a réussi en quelques minutes, une telle stupidité pousse à l'admiration ! Vraiment, paye ta super-héroïne en carton… Elle est très douée pour capturer les akumas quand Chat Noir ou ses petits copains ont vaincu un super-vilain, mais sinon, vous l'avez déjà vue servir à quelque chose cette pauvre fille ?
Marinette savait qu'elle n'aurait pas dû être touchée. Que c'était Lila, Lila qui haïssait Ladybug depuis toujours et qui n'était donc pas objective. Qu'elle était Marinette, censée prendre avec détachement tout ce qui se disait sur Ladybug. Mais elle manquait encore trop de sommeil, trop de confiance en elle, et si elle avait l'assurance qu'elle avait été victime d'illusions, les accusations d'incompétence l'atteignaient encore beaucoup trop pour qu'elle parvienne à ne pas en être blessée. Son regard s'éteignit légèrement et elle allait s'éloigner pour ne plus l'entendre quand un éclair blanc passa à côté d'elle.
- Et toi, Lila, on t'a déjà vue servir à quelque chose ?
Marinette cligna des yeux plusieurs fois pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas. A la vérité, tout le monde autour d'elle faisait de même. Personne ne voulait croire que c'était bel et bien Adrien qui venait de fendre la foule pour se poster à quelques centimètres d'elle et hurler à son encontre, ses poings serrés de rage :
- Qui a protégé Paris contre des centaines d'akumatisation en moins de deux ans, qui est toujours là pour aider n'importe qui qui aurait un problème ? Qui réconforte n'importe quel parisien, même quand la situation est désespérée, même quand elle-même n'en peut plus et qu'elle serait la première à avoir besoin de ce réconfort ? Qui pardonne à tout le monde de s'effondrer tout en s'interdisant de le faire elle-même, qui pardonne à ceux qui sont akumatisés plusieurs fois quand elle-même s'en veut d'être épuisée ou en colère ? Qui est toujours là, pour tout le monde, en permanence, sans que jamais personne ne s'inquiète de savoir qui est là pour elle quand elle s'en va ? Qui avait une vie certainement bien remplie avant que Papillon ne débarque et qu'elle délaisse tout ce à quoi elle tenait pour nous protéger, sans jamais rien demander en échange ? Ladybug est la seule personne qui aurait pu endurer tout ça, qui aurait pu faire autant pour Paris alors que personne ne le lui a jamais demandé ? Ladybug n'est pas seulement une super-héroïne d'enfer, elle est généreuse, altruiste, courageuse et devrait être un exemple pour nous tous, à commencer par toi, Lila ! Toi, tu as fait quoi pour aider les autres ? A part nous rabâcher des mensonges auxquels plus personne ne croit, qu'est-ce que tu fais de tes journées et de tes nuits ? Cite-moi une seule fois vérifiable où tu as œuvré pour aider les autres, une seule ?! Alors ne viens pas te permettre de dénigrer une personne alors que tout ce collège sait que tu ne lui arriveras jamais à la cheville !
Lila avait pâli au fur et à mesure de sa tirade, ses yeux écarquillés de stupeur. Autour d'eux, tous les élèves ayant assisté à la scène étaient dans le même état. Personne n'arrivait encore à définir ce qui était le plus sidérant, entre Adrien se mettant en colère ou Lila ne trouvant rien à répondre et se ratatinant devant lui. Adrien prit une lente inspiration et, voyant que Lila ne répondait toujours rien, fit volte-face. Ses poings tremblaient encore légèrement et ses joues étaient rouges, mais il paraissait soulagé d'avoir pu vider son sac. Son regard se reposa sur Marinette, aussi stupéfaite que les autres. Marinette. A cause de qui il s'était mis en colère. Il s'apprêtait à ignorer Lila, à ne pas l'écouter ou à passer outre. Puis il avait croisé son regard bleu, blessé, désespéré, honteux face au discours de Lila. Le même regard qu'il avait vu la veille, sur un toit de Paris avec une partenaire en larmes et désespérée dans ses bras, alors qu'il se jurait qu'il ne laisserait jamais plus personne la mettre dans cet état. Il avait tenu sa promesse et n'avait pas pu résister à la rage d'intervenir cette fois-ci. Lentement, il se dirigea vers Marinette et, reprenant légèrement son souffle, demanda :
- Tu peux venir s'il te plaît ? Je… Il faut qu'on parle, je crois.
La cour du collège semblait étrange, presque différente, avec tous les parents venus pour cette réunion parents-professeurs. Les parents qui se connaissaient déjà discutaient avec animation tandis que ceux dont les enfants étaient amis sans qu'ils ne se soient eux-mêmes jamais rencontrés se saluaient, tous attendant l'ouverture de la salle de permanence où la réunion aurait lieu. Monsieur Damoclès avait insisté sur la présence obligatoire d'au moins un des parents, mais, après un coup de téléphone, avait convenu que cela ne poserait pas de soucis si Nathalie y allait à la place de Gabriel. Marinette rejoignit Adrien pendant que ses parents discutaient avec ceux d'Alya.
- Bonjour Marinette, salua Nathalie, vous allez bien ?
- Ça va je vous remercie. Vous aussi ?
Nathalie acquiesça d'un hochement de tête mais, avant qu'elle n'ait pu répondre, son attention fut attirée par Adrien qui avait tourné la tête vers l'entrée du collège. Lila venait d'arriver avec son père, exceptionnellement revenu de voyage pour cette réunion. Ils se trouvaient à quelques mètres d'eux mais entendirent tout de même Rose qui se jeta vers elle :
- Oh, salut Lila ! Papa, maman, je vous présente Lila, dont je vous ai parlé plein de fois ! Vous savez, celle qui a œuvré pour la paix au Moyen-Orient l'année dernière !
Les parents de Rose la saluèrent mais le père de Lila fronça les sourcils.
- Que venez-vous de dire, mademoiselle ?
Rose releva un regard innocent vers lui.
- Que Lila avait œuvré pour la paix au Moyen-Orient ! Elle nous a raconté des centaines de fois la façon dont son repas avec le Prince d'Iran avait permis d'établir de meilleures relations avec l'Afghanistan !
- Mais enfin, je ne comprends pas… répondit le père de Lila. Ce que vous dites n'a aucun sens, l'Iran n'a pas de prince, c'est une république ! Et l'Iran et l'Afghanistan sont en paix depuis 2001, bien avant la naissance de Lila !
Rose avait légèrement rougi mais répondit tout de même :
- C'est pourtant ce qu'elle nous avait raconté…
- Lila, qu'est-ce que c'est que ces histoires ? demanda son père.
- Je n'en sais rien ! Rose, tu as dû mal comprendre ou interpréter ce que j'avais dit, j'ai peut-être parlé de papa qui avait eu plusieurs repas d'affaires là-bas…
- Rose s'est peut-être trompée, intervint Mylène, mais on était tous là quand tu nous as parlé de la façon dont tu as sauvé la vie de la fille de l'ancien chancelier d'Allemagne ! Ça, ça ne s'invente pas, c'était extraordinaire, le courage dont tu as fait preuve ce jour-là !
Juleka et Alix approuvèrent vivement pendant que Lila pâlissait à vue d'œil. Son père resta également dubitatif devant leur récit avant de se reprendre.
- Veuillez nous excuser deux secondes, mesdemoiselles.
Il entraîna sa fille à l'écart, mais Marinette et Adrien étaient toujours suffisamment proches pour l'entendre sermonner sa fille :
- Qu'est-ce que c'est que ces histoires ? Tu passes ta vie à raconter des mensonges sur des voyages et des personnalités que tu aurais faits avec nous ?! Je suis extrêmement déçu, permets-moi de te dire que ça ne se passera pas comme ça ! Nous allons en discuter avec ta mère et nous organiserons pour que l'un de nous reste avec toi en permanence, désormais ! N'espère même pas sortir encore sur ton temps libre !
- Mais papa, je ne sais pas ce qu'elles racontent, je ne les connais même pas et…
- Elles, elles semblent très bien te connaître pourtant ! Quand une classe entière soutient les récits que tu aurais racontés, tu ne me feras pas croire que le problème ne vient pas de toi ! La discussion est close, jeune fille !
Un peu plus loin, Rose avait lancé un clin d'œil amical à Marinette qui lui renvoya un hochement de tête. Adrien peinait à contenir son sourire amusé et Marinette soupira :
- Tu avais raison finalement. La laisser continuer à mener tout le monde en bateau et donner une pichenette dans la fourmilière pour que ça explose devant la mauvaise personne, c'était une idée de génie !
- Elle le méritait. Ta patience face à elle en attendant cette réunion a été tellement admirable, tu méritais bien cette revanche.
Marinette esquissa un sourire apaisé mais laissa sa tête s'appuyer quelques secondes contre l'épaule d'Adrien, plus soulagée et l'esprit tranquille que jamais. Quand elle se redressa, Adrien ferma son poing et le lui tendit. Elle fit de même et heurta son poing avec le sien pendant qu'ils soufflaient en chœur :
- Bien joué.
Alors...
Bien que j'ai haï Milou pour son thème, je le remercie quand même cent fois pour m'avoir aidée à trouver les moments que Chat Noir et Ladybug ont passé rien qu'entre eux.
L'idée de base de l'OS ne vient pas de moi, elle est très inspirée et très ressemblante au scénario de "Fantômette dans le piège" (on a les références qu'on peut) où le Furet décide de l'avoir au mental plutôt que de l'affronter.
Ahélya, Aqualys, Océanna et Leo Poldine se sont précipitées pour m'aider à trouver des idées de sur-accidents. Ce que vous avez lu ici n'est qu'un aperçu, elles ont déjà planifié en l'espace de cinq minutes la destruction de Montmartre, de la Tour Eiffel, du cimetière du Père Lachaise et de tous les scénarios de triples catastrophes en une seule cause. Et elles planchent encore sur le reste de Paris. Merci infiniment à vous les filles, pour m'avoir aidée et fait rire tout le long de cet OS à n'en plus finir !
J'espère que ça vous a plu ! N'oubliez pas que seules les reviews permettent de savoir ce que vous en avez pensé !
