Bonjour à tous,
Merci pour les retours sur le dernier chapitre. En effet Hermione reprend du poil de la bête (comme on dit chez nous). J'ai eu une review me disant que voir Hermione pleurnicher sans cesse était un peu énervant, alors je prends en compte les remarques ; )
Bonne lecture !
Chapitre 21 : réflexions sur le danger
Hermione transplanna aussitôt sortie du bar. Elle atterri sur le sable encore chaud de la journée ensoleillée qui touchait à sa fin. Elle ne put retenir une larme qui glissa le long de sa joue, mais qu'elle essuya d'un revers de la main. Elle marcha quelque mètres et s'assis sur une avancée de sable sec, au bord de l'eau. Le bruit des vagues l'apaisa immédiatement, et en fermant les yeux, elle s'imagina se glisser dans l'eau et marcher au fond de l'océan. Le soleil qui venait de disparaitre à l'horizon projetait dans le ciel des jets de lumières multicolores. Elle ramassa une poignée de sable et le fit couler entre ses doigts.
Elle avait souhaité rentrer chez elle en sortant du pub, mais après le coup asséné à Draco, elle supposa que Harry ou Calvin allait vouloir la rejoindre. Or, n'ayant aucune envie de parler à qui que ce soit, elle avait transplanné sur une plage du sud-ouest de l'Angleterre, où elle avait passé ses dernières vacances avec Ron. Elle savait que l'air de la mer au coucher du soleil lui ferait le plus grand bien, et que personne ne penserait à la chercher ici.
Elle s'allongea sur le dos et observa le ciel, songeant à ce qu'elle allait bien pouvoir faire en retournant au ministère demain. Elle savait que Draco ne lui pardonnerait pas de sitôt cette humiliation publique, et l'idée de devoir l'affronter le lendemain matin la rebutait au plus haut point. Elle ferma à nouveau les yeux et profita de la brise qui lui effleurait le visage. Elle soupira et tenta de penser à autre chose, mais l'image de Draco étendu par terre, la regardant avec des yeux noirs remplis de haine lui revenait sans cesse en tête. Il n'avait rien compris, et n'avait pas laissé le temps à Hermione de lui expliquer.
De lointains bruits de pas la firent sortir de ses pensées morbides. Elle ouvrit les yeux et tourna la tête en direction du bruit. Une silhouette s'approchait d'elle, mais dans l'obscurité naissante, elle n'arrivait pas à distinguer de qui il pouvait d'agir. Elle jugea que c'était un homme, au vu de la carrure des épaules, et se demanda ce qu'il pouvait bien lui vouloir. Elle attendit, la main refermée sur sa baguette, sans le lâcher du regard. L'homme s'approcha encore, et quand il fut arrivé à une dizaine de mètre d'elle, il parla.
- Bonsoir, dit-il d'une voix rocailleuse. Tout va bien ?
- Oui oui, répondit Hermione en tentant d'être la plus naturelle possible. Je vous remercie.
- Il commence à faire nuit, ajouta l'homme. Vous ne devriez pas rester ici toute seule.
- Pourquoi ? demanda Hermione en serrant un peu plus sa baguette.
- On ne sait jamais sur qui vous pourriez tomber, répondit l'homme en restant à distance.
- Je sais me défendre, lâcha Hermione. Maintenant laissez-moi je vous prie.
- Comme vous voudrez, répondit l'homme vexé. Vous ne pourrez pas dire que vous n'étiez pas prévenue.
Hermione se leva d'un bond et lui fit face.
- Vous me menacez ? lança-t-elle en cachant toujours sa baguette dans son dos, mais prête à frapper.
- Non pas du tout, répondit l'homme précipitamment. Je voulais m'assurer que vous alliez bien. Vous étiez seule ici j'ai trouvé ça étrange c'est tout. Et l'endroit n'est pas sur la nuit, c'est pourquoi je vous préviens.
Hermione l'observa avec méfiance.
- Mais je vais vous laisser, ajouta-t-il avant de se retourner.
Elle le regarda s'éloigner et se demanda ce que ça pouvait bien lui faire qu'elle soit là toute seule. Elle tourna la tête pour vérifier qu'elle était bien seule, et après quelque minute à s'assurer que l'homme était parti, elle se rassis dans le sable.
Il l'avait extirpée à ses sombres pensées, mais pendant une seconde, Draco avait disparu de son esprit. Elle se maudit intérieurement d'avoir laissé partir ce type. Une petite discussion, bien qu'étrange, lui aurait permis d'oublier Draco l'espace de quelques minutes. Elle se redressa et parcouru la plage des yeux. Malgré l'obscurité, elle parvenait grâce à la lumière de la lune, à apercevoir les contours de maisons le long de la digue. Elle remonta alors vers les dunes, monta les quelques marches qui menaient à la route, mais constata qu'elle était totalement seule sur cette plage. L'homme avait bel et bien disparu.
Elle parcouru alors les ruelles qui constituaient le petit village de bord de mer. Le vent frais s'engouffrait entre les maisons, faisant danser les arbres qui projetaient des ombres inquiétantes sur le bitume. Hermione sentit un frisson la parcourir et se demanda si elle était réellement seule. Elle entendit un craquement derrière elle et se retourna vivement. L'homme de la plage se tenait devant elle, l'air menaçant.
Il était plus grand qu'elle ne pensait, et semblait tout droit sorti d'une salle de musculation. Une capuche lui cachait le visage mais elle reconnut immédiatement sa voix quand il parla.
- Je vous avais dit de faire attention.
- Qu'est-ce que vous me voulez ? demanda Hermione d'un air assuré.
- Oh rien du tout, répondit l'homme qui semblait sourire. Juste donner une petite leçon aux garces prétentieuses dans ton genre.
Hermione eut un infime mouvement de recul en entendant ces mots. Elle dégaina sa baguette plus vite que l'éclair et la tendit vers l'homme qui commençait à s'approcher d'elle.
- Tu ne sais pas à qui tu as à faire mon ami, dit-elle d'une voix forte. STUPEFIX !
Le sort jailli de sa baguette et frappa l'homme en pleine poitrine. Il s'effondra sur le sol, évanoui. Hermione s'approcha de lui et l'observa quelques secondes. Elle tendit sa baguette vers son visage, tourna la tête à droite et à gauche pour s'assurer que personne ne la voyait, et prononça la formule.
- Oubliette.
Une lueur apparut à l'extrémité de sa baguette et l'homme eu soudain l'air parfaitement serein. Elle s'écarta de lui et fila se cacher derrière un muret. Par-dessus les pierres, elle pointa une dernière fois sa baguette sur l'homme et annula le sortilège de stupefixion. Il se réveilla doucement et l'air hébété, il quitta la ruelle.
Après avoir repris son souffle, Hermione se demanda pourquoi elle attirait autant les hommes malveillants. Avait-elle reçu un mauvais sort ? L'avait-on maudite ? Ne pouvait-elle pas croiser sur sa route des personnes agréables avec qui elle aurait des relations simples ? Elle pensa alors à Ginny, Harry et Calvin. Tous les trois avaient été là pour elle, mais elle les avait rejetés, repoussés et écartés de sa vie au profit de crétins comme Draco Malefoy. Elle leva les yeux vers la lune déjà haute et songea qu'il était temps de rentrer chez elle. Elle transplanna pour la seconde fois de la soirée, en priant pour que personne ne l'attende devant sa porte.
En arrivant en haut de l'escalier qui menait à son appartement, elle tendit l'oreille. Elle voulait s'assurer que personne ne se trouvait sur son palier. Quand seul le silence lui parvint, elle franchit les dernières marches et arriva devant sa porte. Elle pénétra dans son petit appartement, où Pattenrond l'accueilli avec des miaulements de plaisir. Il se frotta contre ses jambes et elle lui gratta l'arrière des oreilles.
- Bonsoir mon chaton, dit-elle d'une voix triste.
En entendant ces paroles, Pattenrond la suivi d'un pas trottinant dans le salon où elle s'avachit sur le canapé, et vint se blottir sur sa poitrine. Il lui lécha le nez, et Hermione sourit face à son chat si intelligent, qui comprenait tous ses problèmes.
La lumière du jour la réveilla en sursaut le lendemain matin. Elle bondit sur ses pieds et constata qu'elle s'était endormie sur le canapé. Elle regarda sa montre.
- MERDE ! cria-t-elle.
Elle fonça prendre une douche éclair et ne pris pas le temps de se maquiller. Elle attrapa la première tenue sortie du placard et s'habilla comme elle put. Après avoir enfilé sa robe de sorcière, et sa cape, elle se rua dans l'escalier pour sortir de l'immeuble et transplanner.
Arrivée au ministère, elle se glissa dans un ascenseur et fila directement à son bureau, ne se donnant pas la peine de dire bonjour à qui que ce soit. Elle ouvrit discrètement la porte de son bureau et se faufila à l'intérieur. Elle s'installa sur sa chaise et soupira. Il était déjà onze heures, et elle n'avait pas encore commencé à travailler. Elle sorti une plume de son étui, et saisit le premier parchemin qui lui passa sous la main. Elle commençait à le lire quand des petits coups se firent entendre à la porte.
- Oui ! lâcha-t-elle en soupirant.
Elle releva la tête et vit Calvin passer la porte.
- Où étais tu passée ? demanda-t-il en chuchotant. Nous t'avons cherché hier soir ! On était inquiets !
- Je te l'ai dit, répondit Hermione en reprenant la lecture de son parchemin. J'avais besoin d'être seule.
- Oui enfin ça, reprit-il. C'était avant que tu n'envoies Malefoy au tapis !
Hermione leva une nouvelle fois la tête vers Calvin, et attendit qu'il continue.
- Il n'était pas très content, ajouta-t-il. Tu as bien fait de partir, car une seconde après, c'était sa groupie qui te sautait dessus.
Face à l'air ahuri d'Hermione, Calvin continua.
- Et bien, dit-il. Après que tu ais frappé Draco, Brune, l'ancienne copie d'Angelina Johnson est arrivée, s'est jeté sur Draco en pleurant à moitié car il était blessé et qu'il avait dû avoir mal, et quand elle a vu qu'il n'avait pas grand-chose, elle s'est ruée vers la sortie en disant qu'elle allait te, je cite, « fracasser contre le trottoir ».
- J'aurais bien aimé voir ça, répondit Hermione avec un sourire.
- C'est ce qu'on s'est dit avec Harry, ajouta Calvin. Tu es une sorcière et elle reste une cracmol.
Hermione rigola en imaginant le combat de groupie de Draco Malefoy.
- Et lui ? demanda-t-elle l'air de rien.
- Oh il lui a dit de se calmer, que ce n'était rien. Et ils sont retournés à leur table.
- Ok, il est là ce matin ? Osa Hermione.
- Hé, lui jeta Calvin. Je ne pense pas que tu devrais rester focus sur ce type. C'est un crétin, comme James, et Ron.
Hermione leva la tête et le fusilla du regard.
- Calvin, lança-t-elle. Je suis suffisamment grande pour savoir comment gérer ma vie privée, et je ne te demande pas ton avis. Je veux juste savoir s'il est là ce matin, c'est tout.
- Ok ok, répondit Calvin un peu vexé. Il est là. Je te laisse avec ta vie privée.
- Allez, ajouta Hermione avant qu'il ne sorte. Je ne voulais pas dire ça, ne fais pas la tête.
Il ouvrit la porte en grand et se tourna vers elle avec un petit sourire.
- Tu sais très bien que je ne pourrai jamais te faire la tête Hermione Granger !
Il la gratifia d'un de ses légendaires clin d'œil et sortit de la pièce en chantonnant. Hermione soupira et retourna à son parchemin. D'un coup de baguette, elle ferma brusquement la porte qui claqua violemment. Elle rajouta une règle sur la courte liste de ce qu'elle s'était désormais juré de suivre.
Ne plus fuir ses amis.
Elle saisit un morceau de papier vierge sur son bureau, y écrivit un petit mot et le plia en quatre. Elle agita ensuite sa baguette, dont un petit jet lumineux jaillit. Le papier s'envola doucement et fila à travers la porte. Il réapparu quelques minutes plus tard, Hermione l'attrapa au vol et le déplia. Sous son mot était à présent griffonné un message à l'encre bleue.
« Non je ne t'en veux pas, je sais que tu traverses une période difficile et j'aimerais juste t'aider. Moi aussi je t'aime beaucoup. Bière. Ce soir. Chez toi. Pas de refus possible.
Calvin 3 »
Le visage d'Hermione se fendit d'un large sourire, qui s'effaça aussitôt. La porte s'ouvrit d'un coup, et Draco Malefoy entra dans le bureau.
- Tiens, lança Hermione sans s'en rendre compte. Tu es venu t'excuser ?
Draco l'observa d'un air étrange. N'importe qui connaissant un minimum Hermione aurait trouvé son ton totalement hors de propos.
- ça dépend ce que tu me reproches, dit-il calmement.
Il s'avança et referma la porte derrière lui. Hermione s'attendait à ce qu'il s'installe en face d'elle mais elle fut surprise de le voir rester à la porte. Il s'adossa contre le panneau de bois et la regarda sans un mot de plus.
- Tu es un idiot Draco Malefoy, répondit Hermione en regardant le petit mot volant posé sur son bureau. Je n'ai plus rien à faire avec toi.
- Ah bon ? demanda-t-il l'air innocent.
Elle leva les yeux vers lui et le fixa. Il avait les iris d'un gris argenté qui reflétait les lampes de la petite pièce. Hermione pensa à quel point il était séduisant, mais son comportement des jours passés refoula toute envie.
- Je n'ai pas d'explications à te donner, lâcha-t-elle. Si tu n'es pas capable de comprendre par toi-même, c'est que tu es trop crétin pour moi !
Elle sourit intérieurement en s'entendant prononcer ces paroles. Mais Draco s'approcha d'elle et plaqua ses mains sur le bureau. Hermione sursauta face à cette violence soudaine.
- Ne commence pas à m'insulter ! dit-il d'un ton féroce. Tu l'as déjà suffisamment fait la dernière fois.
- Ce coup de poing était mérité ! répondit Hermione en savourant de nouveau le plaisir de sa vengeance.
Draco se redressa et l'observa de toute sa hauteur. Hermione se sentait sondée de toute part, et s'apprêtait à lui faire remarquer quand il parla de nouveau.
- Je ne parle pas de ça, dit-il finalement.
Il s'écarta du bureau et s'adossa contre le mur en face d'elle. Il fourra ses mains dans les poches de son pantalon, et Hermione s'étonna de sa capacité à changer d'humeur en quelques dixièmes de secondes.
- Tu m'as complètement envoyé balader la dernière fois que je me suis trouvée dans ce bureau, dit-il alors. Et pour qui ? Cet abrutit de James ? Tout va bien entre vous ? Tu lui as fait le coup du bar moldu à lui aussi ?
Hermione le regarda sans répondre. Elle sentait un flot d'insulte monter dans sa gorge, et du serrer les dents pour ne pas les laisser s'échapper. Elle baissa le regard vers le petit mot et repensa à ce qu'elle s'était jurée quelques minutes auparavant. Ne plus fuir ses amis, et laisser tomber les abrutis. Elle releva la tête et après quelques secondes de silence, répondit d'une voix claire.
- En effet, ton absence nous a fait le plus grand bien. Nous songeons à emménager ensemble.
Le visage de Draco ne silla pas d'un millimètre. Il finit par se redresser, lui adressa un minuscule sourire, et quitta le bureau sans ajouter un mot de plus.
A suivre …
