Salut ! Et oui, déjà la suite. J'en profite tant que je suis inspirée. Merci pour toutes les personnes qui m'ont laissé un petit mot. En espérant que ce chapitre est à la hauteur de vos attentes.

Merci et bonne lecture !


Chapitre 20 : Mea Culpa ?

Felicity n'eut pas mal. Pas de suite, tout du moins. Elle vit le coup partir, comme au ralentis, et son corps se prépara instinctivement pour absorber l'impacte. La balle frappa juste en dessous de sa cage thoracique, et d'une manière tordue, elle se fit la réflexion qu'elle devrait renoncer aux bikinis dans un avenir proche.

Elle trébucha en arrière, sous le choque, sentit ses jambes vaciller et chercha du plat de la main un mur ou une table afin d'amortir sa chute. Son corps s'engourdit et elle eut l'impression que cette fois elle ne s'en sortirait pas avec quelques points de sutures et une aspirine magique de Digg.

Oliver la regarda tomber, et sa vie défila. Il vit tout. Leur rencontre, leurs aventures, leur amitié, leurs disputes, leur relation et leur séparation. Il vit le début et il vit la fin. Il vit ses grands yeux bleus qu'il aimait tellement fixer un point invisible derrière lui avant de devenir flou, vide tandis qu'elle comprenait ce qu'il lui arrivait, qu'elle enregistrait la douleur et la gravité de la blessure.

Le mercenaire qui venait de l'abattre était toujours vivant, l'arme encore dressé dans sa direction, le regard froid et déterminé. Et plus vite qu'il n'avait jamais bougé, oubliant ses côtes brisées et son épaule à la remorque, Oliver se jeta sur lui et lui brisa la nuque, comme s'il s'était agit d'une brindille insignifiante. Le corps de l'homme devint mou entre ses bras, toutes formes de vie l'abandonnant immédiatement.

Il resta là une bonne minute, à fixer le cadavre du gars qui venait de tirer dans Felicity, déconcerté par la facilité avec laquelle il venait de lui retirer la vie, et se demanda pourquoi il avait tant tardé, pourquoi il avait mit en danger la vie de la jeune femme, pourquoi il avait encore échoué…

Un râle douloureux le tira de sa spirale de culpabilité, après tout il aurait du temps plus tard pour se fustiger, il devait d'abord tenter d'endiguer l'hémorragie. Il se précipita à ses côtés et analysa la quantité de sang qui tâchait et trempait déjà son tee-shirt crasseux. Il y en avait beaucoup.

– Merde, Felicity, souffla-t-il en tentant d'appliquer une pression sur la blessure, lui arrachant un gémissement de douleur. Pourquoi tu n'es pas partie quand je te l'ai demandé, hein ?! Je sais que tu adores me donner tord mais franchement…

– 'Liver…

– Tais-toi. Pour une fois, tais-toi et fais ce que je te dis.

Du regard, il observa son environnement à la recherche d'un truc qui pourrait aidé l'ITgirl, sans grand succès. Au vu de la table et des chaises, ils semblaient se trouver dans une sorte de salle de repos mais il ne voyait pas de trousse de premier secours ou encore de vieux chiffon. Les lambeaux qui constituaient son tee-shirt ne lui sera d'aucune utilité.

– Fais chier, grogna-t-il.

Diggle aurait été utile.

– Oliver, marmonna-t-elle.

Le Justicier lui fit les gros yeux mais ne s'arrêta pas pour l'écouter. Il n'avait pas de temps à perdre, il devait la sauver. Il ne la perdrait pas. Pas elle.

– A.R.G.U.S., souffla-t-elle.

Cela attira son attention et il riva son regard au siens :

– Quoi ?

– C'est eux. Ils arrivent. Dehors.

Ses mots étaient difficiles, poussifs. Elle souffrait et luttait contre l'obscurité qui menaçait de l'engloutir, mais elle devait lui dire. Il devait savoir.

– L'ordinateur… les contacter. Waller va nous sortir de là.

Oliver fronça les sourcils devant les tronçons d'informations qu'elle lui livrait, mais il pensait en comprendre une partie.

Elle avait eu besoin d'un ordinateur pour contacter Waller ou quoi que ce soit, ils étaient très certainement à l'origine de la courte coupure de courant, et les secours étaient sur le point d'arriver.

Du moins il l'espérait, pour elle. Elle ne tiendrait pas longtemps au vu de la quantité de sang qu'elle continuait à perdre. Il tentait, en vain, d'ignorer la sensation du liquide chaude qui coulait le long de ses doigts, recouvrait ses mains et ses poignets et l'odeur de fer poisseux qui submergeait son odorat.

– Pourquoi tu n'as rien dit ? Je serais immédiatement venu avec toi.

Ce n'était pas le moment pour les questions mais il ne parvint pas à les arrêter. Elle esquissa un faible sourire en coin et porta l'une de ses main tremblante à son front :

– Confiance, murmura-t-elle, si faiblement qu'il le loupa presque.

Et, d'une certaine manière il aurait préféré le louper. Parce qu'il l'avait trahie, encore. Abandonnée, encore. Sous-estimée, encore.

Comme si Felicity Smoak n'avait jamais été rien d'autre qu'ultra efficace, perspicace et ingénieuse. Comme s'il faisait parti de ses habitudes de leur faire perdre leur temps pendant une situation périlleuse pour répondre à ses mails.

– Je suis désolé.

Parce qu'il l'était, avec tout ce qu'il avait. Il était désolé.

Il ne pensait pas trouver assez de mots pour un jour exprimer à quel point il était navré, et, de toutes ses erreurs aux travers des années, de tout ce qu'il avait fait de mal et dont il portait déjà le poids , il savait que ça, cette ultime trahison, serait la plus lourde de toutes.

Felicity acquiesça d'un rapide mouvement du menton et tenta de prendre une grande inspiration. Elle comprenait. Finalement, ils n'avaient pas tout perdu et parfois elle parvenait encore à saisir ce qu'il voulait dire. Maintenant il ne lui restait plus qu'à attendre. Elle arrivait à entendre le bruit des coups de feux et des cris exigeants à l'extérieur. Elle savait que les hommes de Waller devait avoir prit le complexes d'assaut. Au moins tout ce gâchis n'aura pas été trop inutile. Ils s'en sortiront. Ils pourront reprendre leur vie. Elle pourra retourner sur la Côte d'Azur. La chaleur du soleil lui manquait déjà. Elle avait froid ici, trop froid et elle voulait sentir une fois encore la sensation de sa peau surchauffé par les rayons puissant de l'astre.

– Tiens bon, Felicity. Encore un peu.

Elle acquiesça une nouvelle fois.

– J'irais bien à Tahiti, souffla-t-elle, épuisée. J'ai vue des photos. Magnifique.

Oliver hocha la tête, conscient qu'il ne fallait pas qu'elle s'endorme maintenant.

– Tu as raison. Ce doit être superbe.

– C'est une île. Tu les détestes, sourit-elle.

Oliver ricana et appuya plus fort, lui tirant un geignement pitoyable :

– Je suis sûr que j'apprendrais à l'aimer celle-ci.

– 'Faudrait être difficile…

Les bruits de combats se rapprochèrent et le Justicier pria pour que le reste de leurs amis soient à l'abri, ou mieux encore, pris en charge par les équipes d'Amanda. Il pria pour que quelqu'un les atteignent, de préférence avec une trousse médicale.

– Oliver. Va chercher quelqu'un, marmonna Felicity.

L'Arrow ricana sans même lui accorder un regard :

– Ouais, bien sûr et te laisser seule ici. Je te pensais intelligente.

– Et je pensais que tu étais pragmatique.

Elle n'était pas d'humeur pour se disputer avec lui. Elle avait froid, et la douleur vive commencer à engourdir la moindre respiration, mais elle était encore assez consciente et lucide pour se rendre compte que personne ne viendrait dans ce placard amélioré avant plusieurs heures. S'ils espéraient recevoir de l'aide il faudrait aller la chercher.

Apparemment ce raisonnement n'était pas encore arrivé à Oliver. À moins que ses instincts protecteur à la con ne viennent de se réveiller.

– Si je te laisse seule tu vas finir par te vider de ton sang, argumenta-t-il en appliquant un peu plus de pression à la simple idée.

Felicity laissa échapper un éclat de rire douloureux, avant qu'une quinte de toux ne viennent lui arracher un râle d'agonie pur.

– Regarde moi Oliver, grogna-t-elle au bout d'un instant. Je me vide déjà de mon sang, si personne n'arrive très vite je vais mourir dans tes bras. Et tu ne mérites pas ça.

– Tu en es sûre ?

La jeune femme le fixa un long moment, elle vit à cette instant la terreur dans ses yeux, le poids de ses décisions sur ses épaules voûtées, la fatigue sur ses traits. Et juste comme ça, en voyant la détresse gravée sur le visage de cet homme si fort et qu'elle avait si tendrement aimé – qu'elle aimait encore si elle était honnête avec elle-même, elle lui pardonna. Parce que dans le fond Oliver n'était qu'un homme. Un homme traumatisé, terrifié et qui avançait pas à pas, au jour le jour en priant pour que ses décisions soient les bonnes.

Alors elle pardonna. William, les mensonges, les accusations, les trahisons. L'empoisonnement, les insultes et le cruel manque de confiance.

Après tout elle avait fait des erreurs elle aussi, avait choisi de punir avant d'essayer de comprendre, l'avait repousser encore et encore, le forçant à retomber dans ses vieux réflexes d'auto-défenses, elle s'était enfuie, avait crié, sauté aux conclusions. N'avait pas eu confiance.

Et puis elle aimait à penser que malgré sa situation elle était encore assez maîtresse d'elle-même pour savoir qu'elle ne s'en sortirait pas vivante. Les secours n'arriverait pas assez vite et dans le cas contraire ils étaient à des kilomètres du moindre hôpital. Elle allait mourir. Et elle ne voulait pas qu'il assiste à cela, elle le connaissait assez pour savoir que la culpabilité le briserait. Dans cette situation il vaudrait mieux qu'elle parte seule. Et avant de mourir elle voulait faire la paix avec la personne qui a le plus compté pour elle.

– Sûre.