Disclaimer : les personnages de cette histoire sont TOUS à JK Rowling.

Couple : HP/DM léger

Résumé : Voldemort vient de tomber, la guerre est finie et un nouveau monde doit se construire. Mais Draco Malfoy cache quelque chose. Le trio doré doit garder ses sens en alerte et la paix ne semble pas encore garantie.

Petit post it : Ceci est officiellement le dernier chapitre de cette histoire ! Bon il y a un tit épilogue après, mais c'est juste un petit épilogue. ^^ Bonne lecture !


CHAPITRE 20 : Lucius Malfoy.

Sous sa joue, le sol lui paraissait froid. Ou chaud plutôt. En tout cas il était là. Il y avait quelque chose, sous lui, qui le maintenait. Il essaya d'abord de bouger. Draco fut surpris avec quelle facilité il parvenait à se redresser et s'asseoir. Les sensations de ce sol chaud ou froid sur sa peau lui fit prendre conscience qu'il était nu. Pour en être sûr, il ouvrit les yeux. Il crut un instant qu'il ne voyait plus rien. Mais le blanc lumineux qui l'avait d'abord aveuglé s'allégea, se tamisa et lui parut plus doux. Il baissa les yeux et constata qu'en effet, il était nu. Il se leva, se sentant étrangement bien. Sur son épaule, la Marque avait disparu.

En observant autour de lui, soudain, il comprit. Il comprit dans quoi il était et pourquoi il y était. Potter lui avait parlé de ces limbes dans lesquelles il avait croisé Dumbledore. Mais à la seconde où il pensait cela, il sut qu'il ne verrait pas l'ancien directeur. Il savait qu'il n'était pas à King's Cross comme le Survivant. L'endroit était plus étriqué. Alors qu'il commençait à se déplacer, il tomba très vite sur un premier mur. Il décida de le longer. Le mur tournait, en angles irréguliers. Il tomba enfin sur une porte. Elle paraissait lourde et épaisse. Mais surtout il la reconnut.

Jamais il n'aurait pu deviner qu'il était dans la cave du Manoir Malfoy sans cette porte. La cave était habituellement noire, humide, sale. Dans cet étrange présent, elle était blanche, éclatante, propre. Au moment où il comprenait où il était, un gémissement répugnant ce fit entendre. Il ne l'avait pas remarqué tout de suite. Mais au milieu de la pièce quelque chose de sanglant et d'ignoble, tremblait et gigotait comme un bébé avorté. Il détourna aussitôt les yeux avec un haut le cœur.

- J'aimerais sortir, murmura-t-il en posant son front sur la porte.

- Tu es sûr ?, lui répondit alors une voix calme, posée.

Il se retourna et vit son père, Lucius Malfoy, debout dans un coin de la cave, dans toute sa splendeur, appuyé élégamment sur sa canne. Draco n'hésita pas : malgré sa nudité, il se dirigea vivement vers lui, acceptant l'accolade que son père lui offrait, bras ouverts.

- Père, je suis désolé, murmura-t-il.

- Je sais, répondit simplement Lucius en lui tapotant le dos maladroitement.

Draco s'écarta et accepta la cape que lui tendait Lucius pour se couvrir.

- Je ne suis pas comme vous, souffla-t-il en fixant son père.

- Oui, ça aussi je le sais.

Draco jeta un coup d'œil à la répugnante créature qui semblait en totale détresse.

- Tu veux l'aider ?, demanda Lucius.

- Non, répondit fermement Draco.

- Nous ne sommes vraiment pas pareil, annonça alors son père. Et j'aurais dû m'en rendre compte plus tôt.

Draco resserra autour de lui la cape de son père.

- Je ne veux pas mourir, murmura-t-il. Si j'y retourne, je pourrais peut-être aider Harry.

- Je ne comprends pas, souffla Lucius Malfoy.

Et à son tour, Draco fixa son père et répondit fermement :

- Je sais.

Ces deux simples mots étaient une véritable condamnation et Lucius sembla brusquement se courber légèrement. Ses épaules voûtées lui donnaient un air totalement abattu, presque apeuré.

- Pourquoi m'avoir élevé ainsi ?, demanda brusquement Draco. Pourquoi ne pas m'avoir davantage protégé de tout ça ?

- Je ne… je ne pensais pas que le Seigneur des Ténèbres reviendrait, avoua Lucius. Je ne pensais pas… que tu aurais ça à subir.

- Si ça avait été si dur la première fois pour vous, pourquoi être resté sur vos positions ?

- Parce que j'avais du pouvoir au ministère et que j'étais craint.

Il semblait chercher du secours de ses yeux bleus autour de lui. Draco le vit regarder un instant la gémissante créature sur le sol blanc.

- Vous avez peur, affirma-t-il.

Son père releva la tête vers lui. Draco sursauta de voir des larmes couler sur son visage.

- Pardonne-moi Draco. S'il te plaît. Pardonne-moi.

Mais Draco ne répondit rien, regardant son père pleurer pour la première fois de sa vie. Soudain, Lucius sembla trouver une nouvelle inspiration.

- Nicholas Malfoy, murmura-t-il.

- Nicholas ?, s'étonna Draco.

- Oui, et Armand Malfoy également.

- Que viennent donc faire ces deux ancêtres dans vos excuses ?

- Ils travaillaient beaucoup avec les moldus. Ils vivaient dans leur sphère. Les salons littéraires, les mondanités politiques moldues. Tout ça, ça existait. Ils s'en servaient. Si… si tu veux te rapprocher des moldus, faire comme eux…

- Vous n'avez rien compris, s'agaça Draco. Je ne suis pas comme vous, répéta-t-il. Les mondanités m'agacent. Le pouvoir ne m'intéresse pas. La célébrité oui, pourquoi pas, reconnut le jeune sorcier. Mais la politique, absolument pas.

- Mais c'est par la politique que notre famille est devenue si riche, si puissante, réfuta Lucius.

- Par la politique aussi que vous êtes devenu un sans-baguette, si faible.

Le ton de voix de Draco était implacable. Jamais, jamais il n'avait parlé ainsi à son père. Et ce dernier s'écrasait devant lui, il pleurait, il avait peur. Draco aussi avait peur. Que se passait-il dans la vie ? Harry s'en était-il sortit ? Avait-il pensé à lui prendre sa baguette pour se défendre ? Draco était prêt à lui redonner sa baguette. Et même bien plus.

- Je suis amoureux, lâcha-t-il finalement, surprenant son père, se surprenant lui-même. J'ai mis du temps à comprendre ce que c'était. Vous et mère ne m'avez pas beaucoup habitué à un amour simple, vrai. Et je ne pensais pas ressentir ça un jour. Je ne l'attendais pas. Mais, je suis amoureux.

Lucius hochait la tête en continu, comme un petit hochet qu'un enfant ne cesserait de remuer. Ses yeux étaient légèrement exorbités. Il cherchait visiblement à comprendre.

- Je n'ai toujours voulu que le meilleur pour toi. Ta mère et moi t'aimions.

- Vous vouliez le meilleur pour vous, le contredit Draco. En m'élevant ainsi, en me forçant à prendre une place auprès de Voldemort, vous avez placés des espoirs pour vous.

- Non, non, protesta Lucius. Pour toi. Ta mère avait tellement peur.

- Si elle avait si peur, pourquoi ne m'a-t-elle pas placé en sécurité, loin de tout ça ?

Lucius Malfoy ne sut quoi répondre. Ses larmes coulaient à nouveau.

- Maintenant que je ressens de l'amour, poursuivait Draco en le fixant, je sais que vous ne m'aimiez pas vraiment. Ce n'est pas possible autrement. Ou alors, d'accord. Vous m'aimiez. Mais mal.

Les pensées de Draco étaient tournées vers Harry. Oui, il l'aimait. C'était tellement évident à présent. Il voulait quitter cet endroit, repartir. Son père murmurait des excuses, comme une litanie répétitive. Lucius ne méritait pas de connaître le nom de celui qui l'avait sauvé.

- Je vous pardonne, murmura soudain Draco en se dirigeant vers la porte. Et je pardonnerai à mère aussi. Je dois partir, je veux partir.

Il entendit un léger déclic, comme si quelqu'un tournait une clef invisible dans la porte.

- Tu es un bon fils Draco, entendit-il derrière lui.

Lorsqu'il se retourna une dernière fois, son père n'était plus là. La créature au sol semblait avoir rétrécie et n'avait plus que la taille d'un petit chaton venant de naître. Draco s'en détourna et poussa la porte. L'escalier si sombre qu'il avait quelques fois emprunté lui apparut lumineux. Il grimpa les premières marches. Elles apparaissaient sous ses pieds au fur et à mesure qu'il montait. Sa progression lui sembla durer une éternité, il n'en voyait pas le bout et les marches ne cessaient d'apparaître, prolongeant cet escalier infini. Il n'avait pas souvenir que la cave du Manoir était enfoncée si loin dans la terre.

Soudain, il cessa d'avancer. Il venait de comprendre. Il n'avait pas besoin de monter si haut. La vie ne l'attendait pas là-haut. La vie était en lui.

Alors il ferma les yeux, fort, et les rouvrit brusquement.

L'odeur de la terre entra brusquement dans ses narines tandis que de l'herbe lui chatouillait le visage. Il y avait des cris au-dessus de lui et des explosions de magie. Terrifié, il n'osait pas bouger. Il était comme écrasé par sa peur. Combien de temps était-il resté évanoui ? Devait-il se lever ? Où était Harry ?

Il ne put s'empêcher d'entrouvrir un œil. Il comprit que d'une manière ou d'une autre, Harry avait fait venir des renforts. Il l'aperçut, plus loin, se battre contre Rowle. Il voulut lui crier de faire attention, de se méfier. Mais une voix grave et puissante surpassa la sienne :

- Baissez-vous !

Et le silence, enfin. La première chose qu'il comprit, comme une illumination de son esprit, c'est que tout était fini. Sa Marque n'existait plus. Il posa ses mains à plat pour s'y appuyer et se redresser. Weasley s'avançait vers lui.

- Ça va Malfoy ?

Il hocha prudemment la tête, peu sûr encore de ses mouvements. Et tandis qu'autour de lui les Aurors emportaient les corps stupéfixés des derniers Mangemorts, son regard se posa sur Harry, encore à terre, près de Granger. Harry, qui pleurait.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?, lui demandait encore le rouquin.

Sans lui répondre, il se dirigea droit vers le Survivant. Son amie le vit venir et se redressa avec un petit sourire soulagée de le voir debout. Il se pencha vers Potter et posa une main sur son épaule.

- Harry ?

Comme subissant un électrochoc, le corps du brun se releva tout en pivotant sur lui-même et attrapa aussitôt Draco par les épaules. Il le secouait, comme s'il ne voulait pas y croire.

- T'es vivant ? Par Merlin, t'es vivant !

Les autres les observaient, sans comprendre. Ils n'avaient pas vu le sort de la mort, ils n'avaient pas vu Draco tomber. À leur arrivée, ils avaient plongé directement dans le combat. Soudain, alors que le Survivant serrait Draco dans ses bras en répétant qu'il n'était pas mort, Ginny Weasley, Dean Thomas et Dennis Crivey firent leur apparition, baguette à la main.

Leur arrivée détendit aussitôt l'atmosphère car elle permit à Weasley de faire une blague sur ces sorciers qui arrivaient après la bataille. Même Draco eut envie de rire. Il se sentait étrangement bien, apaisé. Certains mots de son père lui revenaient à l'esprit et il rendit brusquement son étreinte à Potter.

Ils furent séparés par le ministre de la magie qui s'approchait. Il était accompagné d'un Auror qui tenait les six baguettes des Mangemorts arrêtés.

- Mais que s'est-il passé ?, lança Shacklebolt de sa voix grave. J'ai reçu ton patronus mais…

- Une embuscade, répondit aussitôt Harry qui avait toujours un bras autour des épaules du blond et un très large sourire. Ils ont dû apprendre que je comptais revenir ici et ils attendaient.

- Je suis désolé Monsieur Potter, lança l'Auror en lui rendant sa baguette de houx, nous aurions dû penser à cette éventualité.

- Harry, poursuivit Shacklebolt d'une voix grave, nous venons d'examiner leurs baguettes. Un sort de la mort a été envoyé.

Draco sentit le brun se tendre légèrement et il décida de prendre la parole.

- C'était pour moi, lâcha-t-il. De la part de Rowle, mais il m'a loupé. Si j'étais à terre à votre arrivée c'est que… je ne me connais aucun talent pour le combat Monsieur le Ministre et la peur me figeait.

Kingsley Shacklebolt hocha la tête.

- Je comprends ça, beaucoup de sorciers sont comme vous. Je ne peux m'empêcher d'être surpris de vous voir ensemble cependant…, ajouta-t-il en tournant son regard vers Potter.

- Ah Kingsley, lança Harry que les paroles de Draco avaient de nouveau détendu, Malfoy est un élément mystère que j'ai appris à connaître. Vous pouvez pleinement compter sur lui.

Le ministre jeta un coup d'œil au blond qui se sentit jaugé et au bras de Potter posé en travers de ses épaules. Il hocha de nouveau la tête et se retourna vers l'Auror pour lui demander si les témoins moldus éventuels avaient été gérés.

- Kingsley, le rappela Potter en se détachant enfin de Draco pour rejoindre le grand sorcier qui s'apprêtait à partir puisque tout était en règle, vous vous souvenez de mon oui ?

Shacklebolt l'observa un instant avant d'acquiescer.

- Ce oui qui était un non ? Je m'en souviens.

- Reposez-moi la question ? Allez-y !

Draco observait le brun. Il avait l'air de follement s'amuser. En fait, il ressemblait à Dumbledore : enthousiaste, mystérieux. Dumbledore plus jeune… plus beau.

- Est-ce que… tout sera vraiment fini ?, demanda le ministre en fronçant les sourcils.

- Oui !, lui répondit vivement Harry en levant les bras. Oui !

Sans comprendre, Draco les vit échanger un sourire et une longue poignée de main. Il se retourna et regarda les membres de l'AD discuter entre eux. Ils se racontaient la bataille, se rejouant leurs plus belles scènes. Lovegood s'approcha soudain de lui. Elle resta un moment à ses côtés, regardant dans la même direction, avant de prendre la parole.

- Ce n'était pas trop douloureux ? De revenir ?, murmura-t-elle.

Draco lui lança un regard étonné et presque effrayé. Comment avait-elle pu voir qu'il n'était pas juste pétrifié au sol ? Il préféra ne rien dire. Elle lui lança un petit sourire.

- En tous cas, on peut dire que vous faites la paire.

Il n'eut pas l'occasion de parler qu'elle s'éloignait déjà. Lorsqu'il n'y eut plus d'Aurors ou de ministre ou de Mangemorts, lorsqu'ils furent entre eux, Londubat suggéra d'ouvrir la maison, pour chasser la magie noire qui y était restée et faire entrer leur joie à l'intérieur. Granger sembla trouver l'idée excellente. Harry se dirigea d'un pas alerte vers la masure et après une brève hésitation, murmura le sort qui, pour Draco ouvrait à ce moment-là bien plus qu'une simple porte.

- Alohomora.

THE END


Et voilà... L'Horcruxe est détruit, Draco a mis un mot sur ses sentiments et Harry est tout content de la vie nouvelle qui commence.

[...]

Mais nooon ! Je ne vais pas vous abandonner là dessus ! Filez donc lire l'épilogue ! Et comme je le disais quelques chapitres plus tôt : je suis en train d'écrire une nouvelle fic qui constituera en fait la suite de celle-ci. Que devient Draco ? Quel métier va finir par choisir Harry ? Et puis surtout : que devient leur relation ? J'en dis à peine plus à la fin de l'épilogue. Bisous et n'hésitez pas à donner votre avis sur les limbes de Draco avec son père ! ^^

Lusaka.