Au chapitre 14, vous avez découvert le texte "Flayed", rédigé quasi-intégralement en anglais comme me l'imposait la consigne. Suite à mes échanges avec Miss MPREG, j'ai pu réaliser une traduction française que je souhaite partager aujourd'hui avec vous. Bonne lecture !


Nuit insolite du 6 mars 2020, stylistique 20h

Traduction du chapitre 14

Bill


Écorché


Bill jaugea froidement du regard sa petite amie alors qu'elle restait silencieuse. Il était hors de question qu'il la laisse croire que tout allait pour le mieux et qu'ils pouvaient agir comme si de rien de grave n'était arrivé. Il semblait l'interroger de ses yeux bleus, plantés dans les siens, attendant visiblement qu'elle dise un mot.

« Dis-le.

— Qu'est-ce que je suis supposée dire ? répliqua sèchement Fleur. Je déteste quand tu essayes de me faire penser ou ressentir des choses dont tu es effrayé.

— Si tu ne te décides pas à poser cette satanée question, je le ferai pour toi. Bill gardera-t-il ses putains de cicatrices à vie ? Très certainement, lâcha-t-il en avalant difficilement sa salive. Bill va garder ces marques pour toujours. Et chaque matin quand tu te réveilleras, tu verras se répandre en excuses sempiternelles le visage monstrueux de Bill. Et chaque nuit quand tu voudras embrasser Bill dans l'obscurité, tes lèvres se heurteront aux crevasses et aux fissures sur sa peau d'hybride. Alors penses-y. Parce que l'Infirmerie de Poudlard est de loin le plus beau cadre que tu puisses offrir à notre rupture. S'il te plaît…

— Chéri.

— S'il te plaît, sois honnête. Tu sais que tu n'as pas à me mentir. Tu sais combien je t'aime. Tu sais que je respecte tous tes tes choix, quels qu'ils soient. Tu devrais t'échapper avant… il chancela. Tu devrais partir avant de me briser le cœur. »

Il termina d'une voix tremblante et sans même la regarder. Les larmes lui montaient aux yeux et elle reniflait péniblement.

« Tu es un abruti, William Arthur Weasley. Le plus gros abruti que la terre n'ait jamais porté. Que croyais-tu ? Que j'allais t'abandonner à ton sort sur ce lit d'hôpital. Ô oui, William le téméraire ne mérite pas l'amour d'une femme ou même son affection. William le torturé, sacrifié sur l'autel de la guerre, doit désormais s'enfermer dans une vie de souffrances et de solitude. Et pourquoi ? Parce qu'un vilain loup lui a fait une méchante balafre sur le visage. Pour quoi ? Pour se punir d'avoir été au mauvais endroit au mauvais moment. William le martyr, William le mal…

— Tu sais que je ne comprends pas un seul mot de ce que tu dis, n'est-ce pas ?

— Idiot fini, répondit Fleur, la gorge sèche. Est-ce un bon résumé ? La seule chose que tu dois savoir c'est que je ne compte pas te quitter des yeux dans les dix prochaines minutes, pas plus que dans la semaine à venir, et j'espère bien que dans cinquante ans, lorsque je serai laide, tu seras là pour me tenir la main tes splendides yeux bleus qui me dévoreront comme au premier jour, aussi intensément que les miens dévorent les tiens quand je te regarde. Exactement comme je suis en train de te regarder, là, à l'instant. Alors si l'un de nous doit partir maintenant, c'est toi. Parce que si tu ne le fais pas, je ne te laisserai jamais partir. Compris ?

— Je reste », dit-il, provoquant en même temps une soudaine vague de frissons dans tout le corps de la jeune femme.

Elle éclata d'un rire aussi inattendu que puissant. C'était une telle libération...

« Pourquoi ris-tu ? demanda Bill avec un ton faussement amusé.

— Je suppose que tu vas devoir abandonner ton rêve de poser nu pour Sorcière Hebdo... glissa Fleur en embrassant la commissure de ses lèvres sèches et fendues. Quelque part, ça me fait me sentir mieux. »