Chapitre 20 : Take a break and get away

Coucou !

Quelqu'un connaît l'oeuvre d'où vient le titre du chapitre d'aujourd'hui ? ;) Je regarde la dite oeuvre en boucle!

Bon, je dois vous avouer quelque chose. Ces derniers jours j'ai été frappé d'une grosse baisse de morale vis à vis de ce que j'écris : j'arrête pas d'écrire non stop (la fin du tome 7 est bouclée!). Mais j'ai vraiment l'impression que ça ne plaît pas, qu'Elizabeth est insupportable et que grosso modo je devrais arrêter all at once! Je suis vraiment pas fan de s'apitoyer sur soi même mais j'ai été en parler à différents amis et rien qu'ils aient pu me dire m'a vraiment réconforté... Si vous avez des conseils ou quoi, j'apprécierais beaucoup 3

Merci de lire, vous avez pas idée à quel point ça me fait plaisir


Ça a été une déchirure de quitter Neville. Ça a été une déchirure d'entrer dans le Poudlard Express sans savoir si je pourrais rentrer au château, sans savoir dans quel état ils seront quand je reviendrais. J'ai même hésité à rentrer. Neville a du me pousser dans le wagon et me rappeler plusieurs fois qu'il était un grand garçon, qu'il saurait s'occuper de lui-même et des autres. J'ai décidé de lui faire confiance… ai-je vraiment un autre choix ? Je sais que Neville est un grand garçon. Il saura prendre soin de lui.

C'est ce qu'il me répète en tout cas.

Seamus m'a promis qu'il l'aiderait et Colin Crivey s'est déjà désigné comme assistant officiel.

Nous avons réussi à trouver un arrangement avec Alberforth. Neville ou moi allons chercher à manger et à boire régulièrement. Seamus et Lavande peuvent nous remplacer si besoin. Nous voulons limiter les risques, et donc les personnes allant à Pré au Lard. J'essaye de payer Alberforth systématiquement mais c'est compliqué : je dois aussi garder un minimum d'argent, si jamais les choses venaient à sérieusement dégénérer, et il n'y a pas un distributeur de billets quelque part dans le château.

Mais je parviens à me débrouiller.

George m'a avoué – en utilisant le miroir qu'il m'a offert - que Fred et lui avaient commencé quelque chose. Pour le moment ils restaient assez discrets mais qu'ils le lanceraient sérieusement pour le nouvel an. Je ne sais pas encore de quoi il s'agit. Je lui ai parlé d'Alberforth.

On se retrouve chez la Tante Murielle. Monsieur Weasley va nous retrouver à la gare avec un portoloin.

Je partage un compartiment avec Luna et Ginny. Neville refuse toujours d'avouer quoique ce soit à Luna. Ce qui veut dire que je suis obligée de cacher un ragot de première importance à mes copines.

Décevant Neville, décevant.

- Tu penses que George va aimer tes cheveux ? me taquine Ginny.

- Je pense que ta mère va détester.

- Je suis sûre qu'elle pourra comprendre tes raisons.

Luna caresse doucement mes 8 millimètres de cheveux.

- Moi j'aime bien, me sourit-elle.

- C'est parce que c'est toi la meilleure, Luna.

Ginny approuve d'un sourire. Je m'assied en tailleur sur la banquette et observe le paysage défilé. Au fond de mon cœur, j'espère que Papa et Sherlock soient à la gare pour une raison ou une autre. Que j'aie la possibilité de les voir, la possibilité de constater qu'ils vont bien.

- Moi je pense que ça va le surprendre mais qu'il va aimer, continue Ginny. De toute façon, quoique tu fasses, il aimera.

Je rougis et ferme les yeux, profitant de la douce assurance que, quoique je fasse, George aimera. Même si je veux me plaire à moi-même avant tout, c'est toujours satisfaisant que je lui plairais aussi. Tout de même, j'ai préféré les ménager, et pour cette raison, j'enfile mon bonnet Gryffondor.

- On verra j'imagine, je souris.

- Si il n'aime pas, je le frapperais, grogne Ginny.

- Je savais que je pouvais compter sur toi.

Nous passons le trajet à trois. J'ai bien fais comprendre aux membres de l'AD qu'ils avaient interdiction de parler à Neville, Ginny, Luna et moi en dehors de la salle sur demande. Je n'ai pas vraiment développé sur la raison mais ils soupçonnent tous quelque chose.

Arrivées à Londres, Ginny et moi saluons Luna, la serrant dans nos bras tour à tour et nous la regardons rejoindre son père qui nous lance un regard nerveux.

Arthur Weasley nous attend dans un coin. Il nous salue rapidement, précipitamment, mais lance un regard inquiet à nos blessures et coups. Il nous montre un morceau de papier avec une adresse et brûle celui-ci d'un incendio immédiatement après. Il porte des vêtements dans des tons mornes, et a les mains dans les poches. Il regarde autour de lui, méfiant. Ginny et moi l'imitons. Quand sa poche gauche se met à bleuir, il sort un vieux bouquin de celle-ci et Ginny et moi mettons immédiatement notre main sur le bouquin, emportés chez la Tante Murielle.

Nous atterrissons durement dans un minuscule jardin anglais. Il fait froid. Il a beaucoup neigé. Je me redresse et aperçois un paysage industriel anglais : des petites maisons identiques collées les unes aux autres. Une atmosphère grise, accablante. Je dirais que nous sommes dans le nord de l'Angleterre.

- Elizabeth !

Je fais volte face et souris à George qui s'avance vers moi les bras grands ouverts.

- George, je souffle, m'avançant vers lui.

Mais il s'est arrêté, regardant mon coquard avec stupéfaction. Il se crispe et fait un pas vers moi, attrapant ma main avant de relever ma manche et observe les bleus le long de mon avant bras.

- George, je soupire en essayant de dégager mon bras.

George ne m'écoute déjà plus. Ses mâchoires sont crispées, sa respiration hachée et ses sourcils froncés. Je décide de ne pas lutter, en profitant pour l'observer attentivement. Ses cheveux sont plus longs qu'habituellement, comme en quatrième année. Il a troqué ses vêtements flashys pour une robe sorcière dans les tons mauves, discrètes, et des chaussures classiques noires. L'inquiétude et le soucis commencent à lui dessiner une ride du lion entre les sourcils, ça lui donne un étrange air de ressemblance avec sa mère.

Pas que ce soit étrange qu'il ressemble à sa mère, mais ça agrandit la ressemblance et ça c'est étrange.

- Je vais les tuer, articule-t-il entre ses dents.

- Non, je réponds fermement, attrapant sa joue et le forçant à me regarder. Je vais les tuer. Toi, ce que tu vas faire, c'est m'aider à ranger mes affaires, faire en sorte que les salutations aillent le plus vite possible et me prendre dans tes bras pendant dix ans.

Les traits de son visage se détendent aussitôt et il me prend dans ses bras, me serrant de toute ses forces.

- Tu m'as tellement manqué, me souffle-t-il à l'oreille.

Je me blottis, fermant les yeux et inspirant son odeur, l'odeur des vêtements propres, du pain fait maison et le shampooing à l'eucalyptus que lui achète Mrs Weasley.

- Toi aussi, espèce d'idiot.

- Je te préviens, me murmure George. Ma tante est… très remontée.

- J'ai hâte, je grince avec mauvaise humeur.

- On était sensé venir seulement à partir de Pâques mais…

- Mais ?

Il ne me répond pas et m'emmène vers la porte. Nous entrons dans une petite maison qui donne l'impression que le moindre objet entrant dans celle-ci n'en ressort jamais. De nombreux bibelots sont posés un peu partout : figurines sorcières, cartes chocogrenouilles, … De nombreuses aiguilles à tricoter travaillent durement sur de multiples écharpes. Le salon, déjà petit, a l'air minuscule avec le nombre d'objets. J'entends des discussions dans la pièce à proximité et George ouvre la porte, me laissant apercevoir une petite cuisine typiquement anglaise où de nombreuses assiettes en porcelaine avec les paysages des capitales européennes trônent fièrement sur le mur. Molly est en pleine discussion avec la Tante Murielle. Molly a le doigt pointé vers la Tante qui est assise à table, bras croisés et reniflement hautain.

Fred est dans un coin de la pièce, son bras autour des épaules de Ginny et ils ont tous les deux un sourire amusé.

- Madame Weasley, je souris.

- Elizabeth !

Elle me prend dans ses bras et me serre fort contre elle. Je ferme les yeux et apprécie l'étreinte. Elle se recule ensuite et pose ses mains sur mes joues, regardant les dégâts des Carrow avec désapprobation.

- Je savais que Neville, Ginny et toi étiez incapable de vous tenir tranquille.

- Je dois vraiment devenir une Weasley, je souris.

Molly a un sourire mi amusé mi inquiet et me reprend dans ses bras un instant.

- Et bien, jeune fille, vous avez été élevée dans une porcherie ? On ne garde pas les couvres chefs à l'intérieur.

Ginny donne un coup de coude à son frère pour qu'il regarde. Je me tourne vers la Tante Murielle.

- Tout à fait, Madame. Je vous prie d'accepter mes plus plates excuses.

J'enlève mon bonnet et me délecte des yeux écarquillés de la Tante Murielle qui regrette aussitôt de m'avoir fait enlever mon bonnet. J'entends le sifflement admiratif de Fred et le petit bruit de surprise de Molly. Je passe mes doigts dans ce qu'il me reste de cheveux et fais un clin d'œil à la Tante Murielle.

- Vous avez raison. Beaucoup plus agréable.

- Mais… mais…, bégaye-t-elle.

- Elizabeth et moi allons aller ranger nos affaires ! s'exclame Ginny avant que Murielle explose.

Elle m'attrape par le poignet m'emmène grimper TROIS volées d'escaliers. Nous entrons dans un grenier poussiéreux où deux lits de camps ont été grossièrement aménagé. Je soupire et me laisse tomber sur lit.

- Noël promet…

- Ça ne peut pas être si mal, soupire-t-elle.

- Le dernier bon Noël que j'ai passé c'était en quatrième année.

- Ça fera plaisir à George, me sourit Ginny.

Je me redresse, m'appuyant sur mes coudes et suivant Ginny du regard qui vide sa malle, rangeant soigneusement ses vêtements dans une garde robe à peu près vide.

- Si j'étais toi, j'éviterais. Il y a peut être des mites… En parlant de George, tu as vu sa réaction ?

Je me mords la lèvre. Si il me trouve super moche, je vais devoir être vexée alors que j'ai franchement pas la force. Fred et George transplanent dans la pièce et ils ont tous les deux l'air très amusés.

- Et bien Elizabeth, j'avais oublié à quel point tu pouvais faire des annonces fracassantes, me sourit Fred.

- J'aime beaucoup les effets de surprise.

- Elles sont entrain de se hurler dessus, nous explique Fred en s'asseyant sur une chaise qui promet de s'effondrer très vite.

- Je plains Papa, grimace Ginny.

Je tourne la tête vers George qui m'observe attentivement, ses yeux se promenant sur chaque recoin de mon visage.

- Tu aimes ?

- Elizabeth, tu pourrais porter un sac de jute que je t'aimerais quand même.

- Je sais que tu m'aimes. Je te demande si tu aimes la coupe de cheveux ?

George s'approche et je lui fais de la place à mes côtes dans le lit.

- Évidemment.

- On va vous laisser, marmonne Fred.

- Non. Je préfère supporter leur câlins plutôt que Tante Murielle, grogne Ginny.

Je fronce les sourcils. Je ne suis pas une fan de montrer mes élans d'amour envers George. Après, quitte à les montrer, je préfère que ce soit à Ginny et Fred. George passe doucement ses bras autour de moi, mettant ma joue sur le haut de son torse et caressant mes cheveux avec un petit sourire. Je finis par fermer les yeux, profitant de ses bras et de la sensation d'apaisement que je n'avais plus retrouvée depuis des mois.

- Pourquoi maintenant… et pas à Pâques ? je demande à George d'une voix endormie.

- Papa avait peur que ta présence alerte les mangemorts…

Je me crispe et me redresse d'un coup. Je parviens à voir le regard désapprobateur de Ginny, ordonnant à George de se taire.

- Pardon ? je croasse d'une voix blanche.

George ignore sa soeur et prend ma main, essayant de me reprendre dans ses bras.

- Tu es proche de Mycroft. Ils le cherchent, voilà tout…

- Elizabeth, on aurait fini chez Tante Murielle, me rassure Fred.

Je me frotte les arrêtes du nez, regrettant déjà être venue. George doit capter mes regrets et me serre un peu plus fort.

- Donc… il y a une raison pour laquelle tu as rasé tout tes cheveux ? finit par demander Fred.

- À vrai dire … oui.

Je raconte l'incident avec Amycus Carrow, essayant de rendre l'histoire la plus « douce » possible et essayant de ne pas trop inquiéter George. C'est évidemment peine perdue. Je le sens se raidir contre moi et me serrer un peu plus dans ses bras. Quand j'ai finis mon histoire, Fred soupire et George reste silencieux.

- Je vois que Poudlard est encore pire que l'on pensait…

- On passe quand même de bons moments, sourit Ginny. Même si Elizabeth aime beaucoup son personnage de méchant colonel.

- Mon quoi ?! je m'exclame en me relevant.

- Mmh… je ne suis pas surpris, sourit George.

- Ne fais pas celle qui ne sait pas, se moque Ginny. Toujours à grogner, faire la tête et faire peur aux plus jeunes.

- Les plus jeunes m'adorent, je marmonne.

- Ils ont trop peur de te contredire.

Tant mieux. Qu'ils aient peur.

Mmh. Elle a peut être raison finalement.

- Et Rogue ? demande George en me reprenant contre lui, m'entourant de ses bras.

- Il est… lui-même, je suppose.

- Elizabeth a eu quelques réunions avec lui. C'est à elle qui faut demander, répond Ginny.

Je la fusille du regard. Fred fronce les sourcils.

- Des rendez vous avec Rogue ?

- Je suis préfète en chef, ce n'est pas vraiment surprenant.

- Je n'aime pas ça, Elizabeth, soupire George.

- C'est pour ça que je ne t'ai rien dis, je soupire. Je ne l'aime pas non plus mais je n'ai pas vraiment le choix.

George attrape mon menton et m'oblige à lever les yeux vers lui, ses traits sont étrangement tirés. Je ne le remarque que maintenant : ses cernes sous ses yeux fatigués, ses cheveux en bataille et de jeunes rides entre les sourcils.

- Et vous deux… ça va ?

- Et bien, on a un projet, sourit Fred.

George hoche doucement la tête et pose très lentement ses lèvres sur les miennes, comme si il savourait le trajet jusque mes lèvres plus que le baiser lui-même.