R7 était surexcité. Lorsque Cassiopea le retrouva aux pieds de son starfighter, le petit droïde tournait en rond et émettait toutes sortes de bruits plus aigus les uns que les autres. Cassiopea sourit en le faisant monter vers son poste de co-pilotage. Elle n'avait plus pris les commandes depuis leur combat sur Caamas et l'adrénaline du vol lui avait manqué. Une fois assise et son casque de communication en place, la jeune femme fit chauffer les moteurs et envoya un message à Obi-Wan. Ce dernier ouvrit la trappe de décollage et, dans un éclair argenté, Cassiopea expulsa son vaisseau hors du ventre du Croiseur.
Sans perdre de temps, la jeune femme se dirigea droit vers la baie vitrée de la station de pilotage. Elle y vit le Général Vénusii-Arcadia occupé à hurler sur ses subordonnés et à gesticuler dans tous les sens. Il s'arrêta en voyant le starfighter vert et argent qui lui fonçait dessus. Avant d'être au service de l'Empire, le général avait exercé pour la République. Cassiopea savait qu'il avait déjà vu des chasseurs Jedi auparavant et, à en juger par son expression, il sut immédiatement qui était aux commandes de celui lui faisant face. La jeune femme réorienta sa trajectoire à la dernière seconde et frôla le Destroyer en montant en piqué vers le chasseur de Wolf qui était aux prises avec trois TIE ayant visiblement compris qu'il était l'homme à abattre. Cassiopea donna un violent coup de guidon qui envoya son fighter en vrille. Elle le projeta sur le premier TIE qui en perdit un bout d'aile avant de chuter.
« Comment on s'en sort vu d'en haut ?, demanda la voix de son meilleur ami dans son oreillette.
- Plutôt bien, répondit Cassiopea en mitraillant un autre TIE aux côtés de Wolf. Je pense que nous avons le dessus. Tu as compté ?
- J'ai perdu cinq pilotes de mon escadron. Les BLUE et les GREEN ont essuyé les plus grosses pertes. Je crois que nous avons perdu plus d'une dizaine de vaisseaux. Je ne sais pas comment ça se passe du côté du Raven. Ils restent en haut mais j'ai vu des TIE leur monter dessus. Ce qui est sûr, c'est que les impériaux ont encore plus souffert.
- Les boucliers des Croiseurs tiennent le coup, mais j'espère que Vénusii-Arcadia ne nous cache pas des canons plus imposants.
- J'en doute, commenta Wolf en abattant un chasseur ennemi. Il doit avoir compris qu'il perd l'avantage. S'il avait encore des cordes à son arc, il n'hésiterait pas à s'en servir.
- Il faut continuer comme ça, conclut Cassiopea. Nous y sommes presque.
- Sor ?
- Il a fait décoller le Phoenix, il nous préviendra une fois son atterrissage dans le Destroyer réussi. À partir de là, il faudra vraiment monopoliser toute l'attention des impériaux. Je compte sur toi pour éloigner les TIE le plus possible des soutes. S'ils passent devant l'ouverture, j'ai peur qu'ils ne repèrent le Phoenix.
- Pas de souci, qu'est-ce-que tu vas faire ?
- Je vais attendre le signal de Sor. Je pense le rejoindre ensuite.
- Fais attention à toi, n'en fais pas trop non plus. Je sais que tu peux être particulièrement violente aux commandes de ton fighter.
- Il voulait me voir, alors il n'a qu'à observer. »
Tandis que Wolf rejoignait son escadron, Cassiopea vira de bord et repassa devant la station de pilotage du Destroyer en tourbillonnant. Depuis sa nacelle, R7 émettait des cris de joie et tirait dès qu'il voyait passer un TIE. À force d'effectuer de grandes cascades aériennes, Cassiopea réussit à attirer l'attention de tout un escadron de fighter ennemis qui la prirent en chasse. Enfonçant son guidon au maximum, la jeune femme accéléra en se dirigeant vers le Croiseur de tête des Sentinels.
« Matylda ?, appela-t-elle dans son oreillette. Tu me vois ?
- Oui, évidemment, lui répondit nerveusement la jeune femme. Que fais-tu exactement ?
- Je vous les livre en pâture, leurs commandes ne sont pas aussi souples que les miennes. À l'instant où je vire de bord, vous les mitraillez avec le grand canon ventral. Je te préviens, je vais attendre la dernière seconde.
- C'est beaucoup trop risqué, Cass, Matylda n'avait pas l'air convaincue. S'ils arrivent à te suivre, ils seront bien trop près de toi.
- Fais-moi confiance, Cassiopea souriait. J'ai déjà réalisé cette manœuvre des dizaines de fois.
- Mais…
- Cassiopea ?, la voix d'Obi-Wan intervint. Le canon est prêt.
- Parfait. »
La jeune femme fixa son regard droit devant elle et se mit à ralentir progressivement. Comme elle s'y attendait, ses poursuivants pensèrent gagner l'avantage et ne se préoccupèrent pas de l'obstacle qui se rapprochait dangereusement. Alors que le nez de son starfighter était sur le point de frôler le bouclier du Croiseur, Cassiopea vira brusquement sur la gauche. Elle sentit le souffle chaud du canon caresser ses ailes arrière avant d'aller foudroyer les chasseurs ennemis. Tout le bataillon termina sa course en cendres contre le bouclier du vaisseau amiral rebelle.
« Bien joué, commenta Cassiopea.
- Tu es complètement folle ?, hurla Matylda. Tu aurais pu y rester.
- Je trouve que tu as redressé assez vite, commenta au contraire Obi-Wan. Tu m'a habitué à plus risqué.
- Je ne voulais pas traumatiser Matylda, ria la jeune femme. Il ne faut pas que tu t'inquiètes, elle s'adressa à son amie. Je sais très bien ce que je fais.
- Tout de même, maugréa Matylda.
- Nous avons un bataillon en moins, reprit Obi-Wan. Je crois que le Commandant Valdez est entrain de… oui, il vient d'en envoyer trois s'écraser dans les cratères de la lune. Il ne fait pas les choses à moitié, dis moi.
- Je lui ai demandé de monopoliser l'attention, soupira Cassiopea. Alors il exagère un peu. Et après il ose me dire que c'est moi qui en fait trop.
- Je crois que l'escadron SILVER a perdu quelques hommes, dit le Maître Jedi. Le Destroyer a fini par comprendre ce qu'ils faisaient et la station de commandement a redirigé leur plus gros canon sur eux. Je ne vois plus le chasseur de Raven.
- Elle a toujours été prête à se sacrifier pour ses hommes, dit Cassiopea après un silence. Faisons en sorte que son sacrifice ne soit pas vain.
- Sor'Leku nous fait signe, répondit Obi-Wan. Ils sont arrivés.
- Alors, c'est le moment. Tenez bon, ça ne devrait plus être très long. »
Cassiopea coupa la communication et effectua une grande boucle au-dessus du Croiseur pour se donner une vue d'ensemble. Les combats faisaient toujours rage mais les TIE étaient à présent bien moins nombreux que les chasseurs rebelles, même si la jeune femme arrivait sans peine à visualiser leurs pertes. Le Destroyer n'allait pas tarder à attaquer. Pour l'instant, il était resté sur place et se contentait de mitrailler les Croiseurs qui, eux aussi, tenaient leur position. Cependant, en voyant les TIE chuter les uns après les autres, il était évident que le général allait tenter une nouvelle manœuvre. Le Destroyer était bien plus massif que les Croiseurs et il allait probablement essayer de se frayer un chemin de force pour atteindre Kidron. L'avantage considérable que conservaient les Sentinels résidait dans la lenteur de ce genre de vaisseau. Il va quand même falloir faire vite, Cassiopea décrivit des boucles serrées qui la conduisirent à se placer sous la ligne de flottaison du Destroyer. Nous ne pouvons pas prendre le risque de nous retrouver trop près de lui. Les canons sont plus puissants à courte portée et nos boucliers ont déjà essuyé beaucoup de tirs.
« Cass, la voix de Sor résonna dans son oreillette. Atterrissage réussi, nous sommes dans la place. Pour l'instant, aucun problème. Le hangar était désert, je pense qu'ils ont mobilisé tout le monde au moment de l'attaque. Il y avait quelques droïdes par contre. Si tu as besoin de pièces détachées, je peux toujours te les ramener.
- Wolf a la situation en main, niveau combats rapprochés, nous avons pris le dessus. Il faut agir vite avant que le Destroyer ne décide de passer en mode offensif.
- Navo est entrain de télécharger les plans internes, elle aura rapidement la localisation exacte de notre objectif.
- Restez en place, j'arrive.
- Tu es sûre, on peut se débrouiller.
- Je désapprouve, intervint la voix de Sélène qui s'était appropriée l'oreillette. Je connais mon père et je connais ce Destroyer. Pour l'instant, il n'y a personne, mais il a toujours des hommes qui rôdent dans les endroits les plus sensibles. D'après Navo, il faut au moins être deux pour réussir à manier les commandes de l'hyper-propulsion. Quelqu'un va devoir surveiller nos arrières pendant qu'on travaille dessus.
- Je suis là dans quelques minutes, dit Cassiopea en souriant. Tu ne dis rien, Sor ?
- Qu'est-ce-que tu veux que je dise ? Elle a raison et j'ai tort, je m'incline respectueusement.
- Sélène, Cassiopea riait cette fois franchement. Je suis tellement heureuse de t'avoir rencontrée. »
La jeune femme fit glisser son fighter sous le ventre du Destroyer. R7 visa les quelques radars qui barraient leur route et elle avança au ralenti. La bouche d'ouverture se trouvait vers l'arrière du vaisseau et Navo ne l'avait pas refermée. L'informaticienne ne voulait pas courir le risque de la voir bloquée par l'ennemi si Sor et Sélène venaient à se faire repérer. Ils devaient avoir une porte de sortie disponible à tout moment. L'entrée dans le ventre du monstre spatial fut rapidement dans le champ de vision de la pilote.
« Cassy ?, la voix de Quinlan grésilla dans son oreillette. Où es-tu ? Je ne te vois plus ?
- Sous le Destroyer, je rejoins Sor et Sélène ils vont avoir besoin d'un coup de main.
- D'accord j'arrive. Villie s'en sort très bien tout seul et les TIE commencent clairement à désespérer. Ton Wolf est impressionnant, il a des techniques de combat hors norme.
- Mandaloriennes.
- Quoi ?
- Elles ne sont pas hors norme, elles sont mandaloriennes.
- Il ne m'avait pas dit ça. Tu l'as débauché de chez ces mercenaires ?
- Il s'est débauché tout seul. Il a une histoire compliquée.
- En tout cas, je ne voudrais pas me retrouver face à lui. Comment se porte ce cher Kenobi ? Il doit se sentir dans son élément.
- Il gère parfaitement la situation. Et la panique de Matylda, semble-t-il. Mais, d'où est-ce-que vous venez exactement ? »
Le chasseur de Quinlan Vos venait d'apparaître sous le Destroyer. D'après ce qu'avait pu en voir Cassiopea, il avait effectué une marche arrière depuis l'avant du vaisseau et avait donc dû passer devant la station de commandement. Je ne préfère pas savoir. La jeune femme coupa les propulseurs de son chasseur et le laissa flotter jusque dans l'entrée de la trappe, Quinlan sur ses talons. Une fois posés, ils ouvrirent tous deux les casquettes de leur fighter et sautèrent à terre. Sor avait parqué le Phoenix dans un coin pour éviter qu'il ne soit repéré et Sélène et lui attendaient devant une porte.
« J'ai voulu la faire exploser, expliqua le Twi'lek à l'attention de Cassiopea. Mais Sélène a dit que ça attirerait trop l'attention.
- Elle est verrouillée de l'extérieur, dit la Sénatrice. Système de défense classique.
- Et tu me dis que vous n'avez pas besoin d'aide, soupira Cassiopea à l'attention de Sor. R7 ? Tu t'en charges ? »
Le petit droïde s'approcha de la porte et y connecta ses capteurs. Après avoir joué quelques instants avec les manettes, il trouva le déclencheur et mit en marche le mécanisme d'ouverture. La petite troupe s'engagea dans le couloir, désert.
Sélène menait la marche. Armée d'une holo-tablette sur laquelle se trouvaient les plans de Navo, elle naviguait dans le ventre du vaisseau sans lever les yeux. Il était évident qu'elle connaissait bien les lieux.
« Je n'ai jamais mis les pieds dans les niveaux inférieurs, expliqua-t-elle. Le plan de base est le même parce que tout est superposé mais je ne sais pas où se trouvent les commandes. D'après Navo, il va encore nous falloir descendre de deux étages.
- C'est trop calme, commenta Quinlan. Je n'aime pas ça. D'accord, ils ont mobilisé tout le monde sur le pont, mais les niveaux abritant les commandes et les machines devraient être gardés.
- Il n'y a encore rien pour l'instant, dit Sor tout en ajustant son canon-blaster sur son épaule. Les couloirs sont vides, une fois que nous aurons atteint des salles plus importantes, je suis certain que nous aurons droit au comité d'accueil.
- Navo a trouvé la localisation exacte des commandes de l'hyper-propulsion ?, demanda Cassiopea en se penchant sur l'épaule de Sélène pour regarder la tablette.
- Elle a trouvé la salle et m'a dit à quoi c'est censé ressembler. On ne devrait pas avoir trop de problèmes pour les trouver.
- Il y a juste quelque chose qui me tracasse encore, ajouta Sor. Si nous devons encore descendre de deux étages, nous serons loin des vaisseaux. Or, il faudra faire très vite une fois la propulsion détraquée. Navo devra agir dans un temps imparti avant qu'elle ne rende complètement l'âme et que notre ami le général ne décide qu'il n'a plus rien à perdre. J'espère que nous aurons le temps de sortir.
- Si la situation se complique, répondit Cassiopea. Tu prends Sélène et vous faites immédiatement demi-tour pour repartir avec le Phoenix. Nous resterons finir le travail.
- Cassiopea a raison, approuva Quinlan. Nous sommes plus rapides et les étages ne sont pas un problème pour nous. Nous pouvons facilement nous passer d'escaliers ou d'ascenseurs.
- Nous n'aurons pas en arriver là, affirma Sélène. Nous allons finir cette mission tous ensemble. »
Ils ne tardèrent pas à atteindre les premiers ascenseurs. Visiblement, l'étage auquel se trouvait la trappe ne disposait de rien d'autre que de la plateforme d'atterrissage. Les ennuis risquaient donc de se profiler rapidement. Grâce à la dextérité de R7, les portes s'ouvrirent rapidement et la petite troupe embarqua. Ils ne pouvaient descendre que d'un étage et, d'après les indications présentes dans l'ascenseur, il ne semblait rien n'y avoir plus bas.
« C'est assez classique, commenta la Kiffar. Les machines les plus importantes ne sont accessibles qu'à pied et via des passages gardés. Il va falloir les trouver.
- Je suggère de chercher l'amoncellement de troopers, dit Sor. Généralement, ils se postent devant les points stratégiques. »
Lorsque les portes s'ouvrirent dans un bruit qui parut assourdissant dans le silence pesant des lieux, Cassiopea intima à ses amis de rester un instant à l'intérieur. Elle mit un pied prudent dans le couloir et jeta un regard circulaire sur son environnement. Il n'y avait presque pas de lumière et seuls les éclairages de secours donnaient un halo rouge au passage étroit qui s'étendait devant eux. La jeune femme avait passé beaucoup de temps à bord de vaisseaux de commandement. Même dans les endroits les plus reculés, il était toujours possible de percevoir des bruits de vie. Le silence était anormal. Vénusii-Arcadia est un homme intelligent, il va protéger le ventre de son vaisseau avec des forces importantes. Passer inaperçu doit faire partie de leurs attributions. Cassiopea s'engagea franchement dans le couloir, empoigna ses sabres laser, et les déploya derrière elle. Il fallait être paré à toutes les éventualités.
Sur un geste de la jeune femme, ses trois compagnons s'engagèrent à sa suite dans le couloir. Sans un mot, ils se mirent à suivre le chemin tracé par les points rouges lumineux au sol. Aucune porte, aucun passage annexe ne se dessina sur leur route. Cassiopea avait tous ses sens en alerte. Plus ils avançaient, moins elle appréciait le silence environnant et, à en juger par l'agitation qui régnait dans la Force autour d'elle, il en allait de même pour ses amis. Au bout de ce qui leur parut être une éternité, Quinlan posa brusquement sa main sur l'épaule de son ancienne Padawan, la forçant à s'arrêter. Elle tourna le regard vers lui et il lui adressa un signe de tête en direction d'un renfoncement dans la paroi du vaisseau. La jeune femme sembla immédiatement comprendre et elle fit un signe à Sor qui arma son canon-blaster. Sélène saisit le message et empoigna elle aussi les deux blasters sanglés à sa ceinture. Cassiopea reprit lentement sa route, Quinlan sur ses talons. Le Kiffar avait lui aussi le sabre au poing, même si sa lame était encore rentrée.
La jeune femme avait à peine posé le pied devant le renfoncement de la paroi, que ce dernier coulissa. Quinlan avait vu juste, il s'agissait bien d'une porte cachée. Une masse de troopers blancs jaillit de l'ouverture et se précipita sur eux. Ils devaient être une trentaine. Cassiopea cueillit les premiers à la pointe de ses sabres et se plaça dos à dos avec Quinlan dont la lame verte éclairait le visage d'un air menaçant. D'un même mouvement, les deux Jedi s'élancèrent dans la bataille. Les coups de feu fusaient de tous les côtés et Cassiopea les déviait d'un sabre tandis qu'elle embrochait deux troopers de l'autre. Quinlan semblait avoir opté pour la manière forte. Il donna un violent coup de pied dans un soldat impérial, l'envoyant chuter sur plusieurs de ses camarades. De sa main droite, il fendait l'air de son sabre et transperçait sans ménagement les armures blanches. De la main gauche, il maintenait cinq troopers dans les airs et, tandis que ces derniers se débattaient vainement, il profita d'une ouverture pour les expédier sur ceux qui entouraient Sélène causant un effondrement digne de celui d'un château de cartes.
La jeune Sénatrice rendait sans ménagement les tirs à ses adversaires. Que ces hommes travaillent pour son père et avaient donc travaillé pour elle n'avait pas la moindre importance à ses yeux. Elle n'avait jamais vu leurs visages, ne connaissait pas leur nom et même eux ne semblaient pas la reconnaître. Elle ignorait ce qui pouvait motiver les troopers. D'après ce qu'elle avait compris, il s'agissait encore des clones ayant travaillé au service des Jedi avant de se retourner contre eux. Une puce leur avait été implantée dans la tête, les transformant en robots au service de l'Empire. Peut-être n'ont-ils aucune motivation en réalité, se dit la jeune femme en visant un trooper trop proche en pleine tête. Elle jeta un bref regard vers Cassiopea. Cette dernière avait combiné ses deux sabres et les faisait tournoyer devant elle en avançant d'un pas déterminé. Les soldats se trouvant sur son passage ne purent éviter le choc. Quinlan se trouvait toujours derrière Cassiopea. Il ne lui lançait aucun regard mais, à chaque mouvement qu'elle faisait, il prenait la même direction. De cette manière, ils assuraient toujours mutuellement leurs arrières. Ils ont vraiment l'habitude de se battre ensemble, pensa Sélène. Elle ne vit pas les deux hommes qui s'approchaient d'elle par derrière. En revanche, elle sentit nettement le bras qui se passa autour de sa taille. Sor l'attrapa et la tira d'un geste vif contre lui. D'un seul bras, il leva son arme et fit feu. La déflagration causée par le tir du canon-blaster fit trembler les murs. Le Twi'lek avait bien visé. Six troopers s'étaient trouvés dans sa ligne de mir.
« Joli !, commenta Quinlan en frappant les têtes de deux troopers ensemble. J'aime ta façon d'appréhender la situation.
- Baissez-vous !, cria Sor à son attention en faisant feu une deuxième fois. Et trois de plus, trois !
- Sor'Leku !, Cassiopea braqua un sabre dans sa direction. Tu vas nous faire repérer avec tout ce raffut. Arrête de faire ton intéressant !
- Je cherche juste à être efficace !, se défendit le Twi'lek.
- J'approuve son raisonnement !, renchérit Quinlan.
- Votre avis ne compte pas, asséna Cassiopea en transperçant un trooper se tenant dans son dos. Plus c'est bruyant, plus ça vous plaît.
- Je suis d'accord avec Cassiopea, dit Sélène, toujours prisonnière du bras de Sor. Il en arrive encore, nous devons nous dépêcher de trouver ces escaliers pour atteindre la salle des machines.
- Sélène a raison. Sor, arrête de jouer au chevalier servant et lâche-la. J'ai besoin de toi pour défoncer un mur.
- Je croyais qu'on allait se faire repérer !, le Twi'lek s'écarta de Sélène.
- C'est trop tard de toute façon, trancha Cassiopea en croisant ses sabres avec celui de Quinlan. Je crois qu'il y a quelque chose derrière la paroi d'en face. Pas le temps d'essayer de le déverrouiller avec R7 et, comme tu le vois, j'ai les mains prises.
- Je m'en charge, boss ! »
Sor arma son canon-blaster, visa la paroi indiquée par Cassiopea et tira, touchant plusieurs soldats au passage. La jeune femme avait vu juste, des escaliers s'enfonçaient profondément dans le ventre du Destroyer. Quinlan cria quelque chose au sujet d'une porte et il se fraya un chemin vers le passage d'où sortaient toujours les soldats. Il concentra son regard dessus, tout en s'occupant toujours des troopers, et la paroi commença doucement à se refermer. En quelques secondes, les armures blanches furent bloquées à l'intérieur. Les Sentinels terminèrent rapidement le travail en se débarrassant des clones restants et se précipitèrent dans les escaliers où il faisait tout aussi noir. Le halo orange des sabres de Cassiopea leur ouvrait la voie.
« La porte va rester fermée un moment, dit Quinlan. Mais ils doivent avoir des moyens de communication là dedans, il vont appeler des renforts.
- Nous avons déjà passé trop de temps ici, ajouta Cassiopea. Il faut faire vite. »
En déboulant au bas des marches, les Sentinels se trouvèrent face à un bataillon de droïdes. D'un geste du bras, Cassiopea envoya rouler la première rangée sur les suivantes et Sor se chargea de tirer sur l'attroupement ainsi formé. Les robots gardaient une porte lourdement verrouillée. R7 ne pouvant pas descendre les escaliers, il était resté stationné à l'étage supérieur et devait les prévenir en cas de problème. Quinlan dégaina son sabre laser, le passa deux fois en travers des portes et les enfonça d'un coup de pied. La salle des machines était immense et elle s'étalait en réalité sur deux étages. Sur la plateforme supérieure, des ingénieurs et des soldats s'affairaient et hurlaient des ordres de tous les côtés. Le vrombissement des moteurs et les vibrations produites par les canons qui faisaient toujours feu provoquaient un bruit assourdissant et leur entrée était donc passée inaperçue. Suivant Sélène qui s'orientait grâce aux indications de Navo, toute la troupe passa discrètement sous la passerelle et se dirigea vers le fond de la salle. Là, une petite porte coulissante menait vers une salle isolée. Elle n'était pas fermée, mais trois troopers se trouvaient de l'autre côté.
« Oh non, Cassiopea posa sa main sur l'avant-bras d'un soldat qui s'apprêtait à donner l'alarme. Nous sommes tellement désolés de vous déranger en plein travail. Voyez-vous, le général a promis de me montrer tous les recoins de son vaisseau et je me suis perdue en essayant de remonter à la station de commandement. Je suis vraiment trop bête !
- Je, le soldat hésita. J'ai besoin de voir votre autorisation.
- Mon autorisation ? Mais oui ! Je savais que j'avais oublié quelque chose avant de descendre. Non, vraiment, je suis tête en l'air. Je suis une invitée du général, il a sûrement du vous dire que je passerai ?
- Je n'ai aucun souvenir…
- Parce que, voyez-vous, je n'ai encore jamais été dans un Destroyer auparavant et tout est tellement impressionnant ici ! Vous faites vraiment un travail formidable, je vous admire vous savez.
- Ah oui ?
- Mais oui, d'ailleurs, je crois que le général veut vous récompenser pour votre fidélité et votre courage. Il m'a dit tellement de belles choses sur vous et vos amis. Vous devriez aller le voir tout de suite ! Il a besoin d'hommes forts pour affronter ces affreux rebelles.
- Affronter les rebelles. Il faut affronter les rebelles, répéta le trooper d'une voix hachée.
- Le général a besoin de vous, dit encore une fois Cassiopea.
- Il a besoin de nous, lancèrent enfin les trois troopers en cœur avant de prendre leurs armes et de sortir de la pièce d'un pas militaire.
- Comment tu as fait ça ?, demanda Sélène interloquée.
- Persuasion Jedi, expliqua Cassiopea. Maintenant, au travail.
- Tu ne peux vraiment pas t'empêcher d'en faire trop, commenta Quinlan tandis que Sor et Sélène passaient les écrans en revue. Tu aurais pu te contenter de les faire sortir avec un seul ordre.
- Question de méthode, répliqua la jeune femme. Je préfère faire dans la douceur, c'est moins facilement repérable.
- C'est aussi beaucoup plus traumatisant pour leur esprit, ricana le Kiffar. Si tu le faisais directement, ils seraient capables de réaliser ce qu'il leur est arrivé une fois réveillés. Là, ils n'arriveront jamais à mettre le doigt dessus tellement tu noies la chose dans un déluge de séduction.
- C'est ce que j'ai dit, Cassiopea lui adressa un sourire enjôleur. Question de méthode.
- J'ai !, cria soudain Sélène. »
La Sénatrice se tenait devant un écran relié à diverses commandes au centre desquelles se trouvait un levier bloqué en position de marche. Cassiopea jeta un œil aux indications de Navo et approuva, il s'agissait bien de la station reliée à l'hyper-propulsion. Le reste du matériel devait également avoir un rapport mais elle n'y accorda pas d'importance. Elle actionna son oreillette et contacta Navo. Aussitôt, l'informaticienne se mit au travail. Le symbole des Sentinels apparut sur tous les écrans de la pièce tandis qu'elle prenait le contrôle de l'équipement. Alors que les quatre amis attendaient, impatients, son signal, l'alarme du vaisseau se mit en marche. Cassiopea pesta. Les clones avaient été plus rapides qu'elle ne l'avait espéré. Il ne fallut que quelques secondes aux soldats présents sur la plateforme supérieure de la salle des machines pour les trouver. Cassiopea et Quinlan dégainèrent leurs sabres laser.
« Sor !, cria la jeune femme à l'attention de son ami. Reste avec Sélène et veille sur elle. Les infos de Navo ne vont pas tarder. Dès que vous avez son feu vert, enclenchez cette manette. On s'occupe des clones. Courez vers les vaisseaux dès que vous en avez terminé, on sera juste derrière.
- Faites attention, répondit Sélène sans lever les yeux de l'écran. Mon père a tendance à armer ses soldats en fonction de ce qu'ils ont à défendre. Ceux-là risquent d'être bien équipés.
- Je suis persuadé qu'on a connu pire, dit Quinlan. Vous n'étiez pas sur Géonosis.
- Je me serais passée du souvenir, grommela Cassiopea en se lançant dans la bataille suivie du Kiffar. »
Du coin de l'oeil, Sor observait les deux Jedi qui étaient aux prises avec les impériaux. Les combats au sabre laser l'avaient toujours fortement impressionné et Cassiopea et Quinlan avaient une manière de faire qui lui plaisait tout particulièrement. À en juger par les envolées de troopers et de blasters, ils ne semblaient pas avoir besoin d'aide. Ils s'étaient postés devant la porte et ne bougeaient pas de leurs appuis. Quiconque osait s'approcher finissait empalé sur un sabre laser ou propulsé dans les airs. Le Twi'lek était justement entrain de s'extasier sur un coup particulièrement bien placé de la part de Quinlan lorsqu'il fut tiré de sa contemplation par une exclamation de Sélène.
« Je crois que c'est la première fois que je t'entends jurer, lui dit-il en la regardant avec des yeux ronds. Qu'est-ce-qui te met dans cet état ?
- Ils renforcent la sécurité, pesta Sélène. Ils savent que nous sommes dans la salle des machines alors ils doublent leurs pare-feux. Je ne sais pas si Navo a pu passer à travers.
- Elle t'a dit quelque chose ?
- Rien du tout, elle ne me répond pas.
- Alors elle est dedans. Quand elle se coupe du monde, c'est qu'elle est concentrée sur son travail.
- J'espère qu'elle va vite trouver, Sélène fronçait les sourcils. Je crains fort que la prochaine étape ne soit le verrouillage total du système et donc des portes.
- Qui pilote tout ça ? Si j'arrive à le trouver, je peux toujours m'occuper de son cas.
- Ça risque d'être compliqué. En cas d'alerte maximum, c'est mon père qui est en charge de tout le protocole de sécurité. Il pilote les systèmes depuis la station de commandement et personne d'autre ne dispose des accès.
- Il ne fait vraiment confiance à personne, grinça Sor. Je suppose qu'il a aussi un écran spécial pour l'occasion ?
- Sor, un sourire éclaira soudain le visage de Sélène. Tu es un génie !
- Ah bon ? Je n'ai rien dit de spécial.
- Si ! Il a effectivement un poste spécial pour commander aux systèmes de sécurité. Il ne peut pas le faire depuis le centre principal parce que la procédure consomme trop d'énergie, la jeune femme pianotait énergiquement devant elle. Ce poste est exclusivement prévu à cet effet et il n'a pas de mode multi-tâches intégré.
- Je ne te suis pas, Sor paraissait complètement perdu. Tu parles en Navo.
- Il ne peut rien faire d'autre depuis ce poste. Autrement, il perd l'accès au système de sécurité.
- Sélène qu'est-ce-que tu fais ?
- Je l'appelle. Je vais faire sauter sa connexion et redonner l'accès à Navo. »
Sor aurait voulu protester mais il était déjà trop tard. Sélène avait trouvé les codes d'accès reliant directement les commandes de son père à la salle des machines. En quelques secondes, le visage médusé du général apparu sur l'écran.
« Sélène…, murmura-t-il abasourdi. Mais enfin, que fais-tu ?
- Bonjour père, lui répondit-elle d'un ton jovial. Je vous appelle en direct de votre salle des machines. Comment se porte votre flotte ? Je crois que les Sentinels sont entrain de vous massacrer.
- Tu as perdu la raison ma parole !, le général s'emporta rapidement. Je peux savoir ce qu'il te prend ?
- Je vous l'ai déjà dit, vous êtes chez moi ici et je ne vous laisserai pas vous en prendre à mes amis. Ma première tentative a peut-être été un échec mais, cette fois, nous sommes en bonne voie. Vous n'allez pas tarder à regretter de vous en être pris aux Sentinels.
- Tu es devenue complètement folle. Mes hommes vont rapidement te faire monter ici et nous allons parler de ton insubordination en face à face.
- Pour cela, Sélène jeta un regard par-dessus son épaule. Il faudra d'abord qu'ils arrivent à passer les sabres de Cassiopea. Je doute que ce soit une partie de plaisir pour eux.
- Tu n'es qu'une sale petite…
- Si j'étais vous, Sor passa la tête dans le champ de vision du général en portant son canon-blaster bien en évidence. J'y réfléchirais à deux fois avant de finir cette phrase. Je serais capable de faire un détour pour venir vous rendre une petite visite dans votre repère là-haut.
- Comment êtes-vous entrés ici ?
- De la même manière que nous avons fait tout le reste, commenta Sélène impassible.
- Je ne crierais pas victoire si j'étais vous, le général eut un sourire mauvais. Les boucliers de vos Croiseurs ne vont pas tarder à céder.
- Cela n'a pas d'importance, ils devaient tenir durant un temps imparti et nous y sommes presque, l'oreillette de Sélène grésilla et la voix de Navo passa dans ses oreilles.
- De quoi est-ce-que tu parles ?
- C'est vous qui avez voulu m'apprendre les arts de la guerre et de la politique père. Êtes-vous vraiment si surpris que je sois parvenue à vous surpasser ? De plus, les Sentinels sont menés par une Jedi. S'il y a bien quelqu'un qui sait affronter toutes sortes de situations, c'est Cassiopea El-Solar. Son plan était parfait en tout point et vous venez par ailleurs de me le prouver.
- Que veux-tu dire ?
- Elle était certaine que les Croiseurs vous distrairaient et que vous seriez bien trop occupé pour réaliser ce qu'il se passait sous votre nez.
- Tu parles de votre petit abordage ? Si vous pensiez m'atteindre directement, vous avez fait une terrible erreur.
- Pourquoi toujours tout ramener à vous, père ? Il n'a jamais été question de vous atteindre. Nous nous trouvons exactement là où nous le voulions.
- Ce que tu racontes n'a aucun sens. La salle des machines peut-être pilotée à distance et je suis le seul à posséder les commandes. Vous êtes piégés.
- Vous n'avez toujours pas compris ? Comment croyez-vous que les boucliers de la planète tiennent en place et qu'ils se sont ouverts juste assez pour nous laisser passer ? Notre informaticienne contrôle toute la situation depuis le sol et elle est bien plus douée que vous ne le serez jamais. Vous avez dit posséder les seules commandes existantes reliées à la salle des machines. Mais vous savez que je suis parfaitement au courant de cette information, n'est-ce-pas ? Du coup, si vous parlez avec moi. Qui contrôle votre système de sécurité ?
- C'est pas vrai, le général pesta et semblait pressé de déconnecter la connexion.
- Elle s'appelle Navo Hecta, à titre d'information. Et Cassiopea avait raison. Vous êtes incapable de voir ce qui se trouve sous votre nez. Surtout, dites à l'Empereur que vous avez été mis en fuite parce que vous n'avez pas compris que votre fille se fichait ouvertement de vous. Je suis certaine qu'il appréciera. Dites lui aussi qu'il y réfléchisse à deux fois avant de s'en prendre aux Sentinels à l'avenir, il risquerait d'être surpris. Bon retour sur Coruscant, père et, un conseil, prenez des vacances. Vous avez une tête abominable. »
Sélène raccrocha brusquement et se remit à pianoter rapidement, suivant les directives que Navo lui avait transmises. Elle trouva rapidement l'écran de contrôle dont la Miralan avait parlé. Le symbole des Sentinels était de retour sur les écrans et l'informaticienne semblait avoir repris le contrôle total de la situation tandis que Sélène lui gagnait du temps. Les accès du général devaient être entièrement coupés. Et maintenant, la jeune femme se concentrait. Elle n'était pas aussi douée que Navo. Il faut débloquer le levier depuis l'holocran pour pouvoir ensuite le changer manuellement de place. Ça doit être ce bouton. Elle enclencha une commande et, l'instant d'après, un voyant s'alluma à côté du levier. Oui ! Ça y est, nous avons réussi. La jeune femme plaça une main sur le levier tout en regardant au-delà de la porte. Les coups fusaient toujours depuis les armes des troopers et le bourdonnement des sabres laser avait redoublé d'intensité. La jeune femme vit très nettement Cassiopea prendre appui du pied sur la tête d'un trooper – avachi à terre suite à un coup de poing de Maître Vos – pour se projeter en l'air et envoyer un double coup de pied retourné sous les mentons des deux soldats qui s'approchaient d'elle. En atterrissant, la jeune femme partit dans un salto arrière, sabres au poing, et coupa les têtes des deux suivants.
Ah oui, quand même, Sélène cligna des yeux d'admiration. Il faudra qu'elle me rappelle de ne jamais la mettre en colère. Ils n'ont pas l'air d'avoir trop de problèmes mais il faut quand même qu'on s'en aille rapidement. Navo n'a que peu de temps. La jeune femme appuya de toutes ses forces sur le levier qui ne bougea cependant pas d'un millimètre. Elle leva les yeux vers Sor qui la regardait avec un sourire idiot.
« Il y a un problème ?, demanda-t-elle d'un ton impatient. Il faut vite qu'on sorte d'ici et je ne peux pas descendre ce levier toute seule.
- Tu as dit à ton père qu'il avait une tête abominable, le Twi'lek se retenait visiblement de rire. Il avait l'air tellement outré que s'en était comique. C'était encore mieux que mon déversement d'insultes.
- Sor, Sélène lui adressa un regard désespéré. Le levier.
- Quoi le levier ?
- Pour l'amour de… je n'arrive pas à le baisser toute seule !
- Ah oui ! Le levier, Sor se plaça derrière Sélène et, des deux mains, baissa le manche. Et voilà le travail ! Il faut un homme fort et musclé pour… »
Sélène ne le laissa pas finir sa tirade mélodramatique. À l'instant où la commande de l'hyper-propulsion avait changé de position, Navo verrouilla visiblement les systèmes et toutes les alarmes redoublèrent d'intensité. Les voyants lumineux se mirent à s'affoler et, à en croire les cris paniqués des ingénieurs, le compte à rebours était lancé. La jeune femme se saisit de la manche du Twi'lek et se mit à courir, l'entraînant derrière elle. Elle jeta un cri d'alerte à Cassiopea en franchissant les portes et les deux Jedi se débarrassèrent rapidement des soldats les plus proches avant de leur emboîter le pas. Très vite, ils se précipitèrent hors de la salle des machines. Sor et Quinlan ouvraient la marche et le Twi'lek tirait sur tout ce qui bougeait avec son canon-blaster. Les troopers comprirent vite qu'il valait mieux se pousser s'ils voulaient survivre.
Ils s'engagèrent en toute hâte dans les escaliers. Cassiopea entra en contact avec son droïde, retourné dans le hangar, et le chargea de faire chauffer les moteurs des trois vaisseaux et d'orienter son fighter en position de décollage. Selon les directives de Quinlan, ils choisirent de rester dans la cage d'escalier plutôt que de prendre l'ascenseur pour franchir le deuxième étage. La probabilité d'y croiser d'autres troopers était bien plus mince. À l'instant où ils finirent par se précipiter dans le hangar, le Destroyer se mit à trembler sous eux.
« C'est l'hyper-propulsion, hurla Sélène paniquée. Navo a réussi, ils vont partir en hyper-espace mais nous sommes encore dessus !
- Ça va le faire, dit Sor en lui prenant la main pour l'entraîner vers le Phoenix. Il faut un peu de temps pour la faire chauffer sur ce genre de vaisseau.
- Pas plus de quelques secondes, cria Quinlan qui se glissait déjà dans son X-wing. Faut mettre les gaz !
- R7 !, lança Cassiopea. Actionne les propulseurs, j'arrive ! »
La jeune femme prit son élan et sauta dans le cockpit de son starfighter au moment où celui-ci entamait sa manœuvre de décollage. Elle ferma le toit et reprit le contrôle à son droïde. Elle s'élança hors de la soute du Destroyer aux côtés de Quinlan. Derrière eux, le Phoenix vrombit au moment où Sor s'installait aux commandes. Sélène attrapa le tableau de bord des deux mains tandis que le pilote actionnait les propulseurs de secours. Le cargo bondit en avant à une vitesse folle et fut littéralement éjecté hors de la trappe. Sélène fut projetée contre son siège sous la puissance du décollage.
Alors que les trois vaisseaux rejoignaient l'escadron GOLD qui se tenait prêt à les épauler en cas d'ennui, tous les pilotes ressentirent l'aspiration de matière provenant des réacteurs du Destroyer. Cassiopea n'eut pas à consulter ses détecteurs arrière. Le vaisseau impérial venait d'effectuer son saut en hyper-espace. Le Général Vénusii-Arcadia avait abandonné. Et les Sentinels avaient gagné.
