Abandonnant son costume d'héroïne dans une rue adjacente au lycée, Bridgette se dirigea vers l'entrée la plus proche, se confondant dans la foule d'étudiants qui débattaient sur ce qui venait d'arriver. Elle passa devant le parvis, posant son regard sur ses camarades avec un petit sourire. Elle était toujours rassurée de voir tous les dommages réparés après chacun de ses combats, de constater que tout le monde allait bien.

Mais quand elle vit une ambulance arrêtée juste devant le lycée, Bridgette perdit aussitôt son sourire. Juste devant elle, la jeune fille aperçut deux ambulanciers qui auscultaient Alizée assise sur un brancard. Elle fronça les sourcils en voyant ses camarades discuter avec un autre soigneur, tandis que M. Damoclès, le directeur de l'établissement, se tenait à leur côté. Elle s'approcha rapidement, le souffle court, très inquiète. Ses pas firent se retourner Andréa et Myriam qui discutaient toutes les deux tandis que Jehan, Killian et Maxence continuaient de discuter avec le principal et l'ambulancier.

-« Ah Bridgette ! Tu es là ! s'écria Andréa en prenant les mains de son amie. Roxane nous a tout expliqué. Mais enfin, qu'est-ce qui t'as pris de faire demi-tour comme ça ?! »

-« Tu aurais pu te faire tuer ! Tu ne te rends pas compte ! » confirma Myriam avec un air autoritaire sur le visage.

-« Je sais, je sais, murmura Bridgette en baissant les yeux. Mais je ne pouvais laisser Félix en arrière, je devais m'assurer qu'il ne lui était rien arrivé, vous comprenez ? Je ne l'aurai pas supporté. »

En relevant les yeux, la jeune fille remarqua justement son grand camarade blond en haut des marches du parvis. Il s'approcha, son regard fixé sur les ambulanciers qui s'affairaient ici.

-« Tiens en parlant du loup, souffla Myriam en posant à son tour ses yeux sur le jeune homme. Est-ce que tout va bien ? » demanda-t-elle une fois Félix à leur hauteur.

-« Je vais bien, affirma le jeune homme. Pardon de vous avoir inquiété. Et vous ? Tout va bien ? »

-« Oui, affirma Andréa. Par contre, la situation n'a pas évolué pour Alizée, poursuivit-elle en regardant derrière elle. Je pense que les ambulanciers vont la laisser repartir mais ils semblaient soucieux. Ils interrogent les garçons sur ce qui s'est passé et son père est en chemin, il vient la chercher. »

-« Le Miraculous Ladybug n'a pas résolu le problème ? » demanda Félix, surpris, en regardant à son tour sa camarade.

-« Non, soupira Myriam en haussant les épaules. J'imagine que ce pouvoir n'est pas illimité. »

Bridgette pâlit en entendant ces mots. Elle recula en se prenant sa tête entre ses mains, tentant de comprendre ce qu'elle avait mal fait pour que son pouvoir ne soigne pas Alizée. Elle ne comprenait pas pourquoi Alizée n'avait pas bénéficier des soins que prodiguait le Miraculous Ladybug. L'envie d'interroger Tikki immédiatement était tentante mais elle ne pouvait pas le faire sans attirer l'attention. La jeune fille se mit à se ronger les ongles, retournant le problème dans tous les sens, tentant de trouver une explication à cette situation.

-« Et Johana, comment va-t-elle ? » demanda Myriam à Andréa.

-« Ça va, répondit Roxane qui sortait de la foule, sa grande camarade brune à la main. C'était un vrai cauchemar cette attaque, mais ça va aller maintenant. » affirma la petite blonde avec un regard à Johana.

-« Bien sûr, affirma Andréa en posant sa main sur l'épaule de cette dernière. On va terminer cette petite fête, réparer ta robe, Camille va être punie comme il le faut. Tout ça ne sera bientôt qu'un mauvais souvenir. »

-« On tous ensemble, c'est tout ce qui compte. » compléta Myriam en prenant l'autre main de Johana avec un sourire.

La grande brune sourit à ses amies en les remerciant à voix très basse tandis que les quatre filles se rapprochaient pour une embrassade collective. Un petit sourire se dessina également sur les lèvres de Félix. Même si les témoignages d'amour physiques le mettaient très mal à l'aise, il devait reconnaître qu'ils pouvaient se montrer très efficaces, surtout pour les personnes quelque peu fragiles comme Johana.

Remarquant le manège incessant de Bridgette un peu plus loin, la jeune fille faisant les cents pas en faisant de grands gestes de bras, Félix s'approcha d'elle, haussant un sourcil circonspect en la voyant débattre avec elle-même.

-« Est-ce que tout va bien ? » demanda-t-il, faisant légèrement sursauter Bridgette qui se retourna vivement vers lui.

-« H-Hein ? O-Oh oui ! Je vais bien ! bredouilla la jeune fille avec un rire gêné. C'est juste que je suis inquiète pour Alizée. Et je me demande pourquoi le pouvoir de Ladybug ne l'a pas soigné, c'est tout. »

-« Je pense que le Miraculous Ladybug ne répare que les dommages causés par des akumatisés. Mais Alizée a été blessée avant l'arrivée de Gothika. Je pense que c'est l'explication que tu cherches. » murmura Félix en croisant les bras, les yeux tournés vers Alizée.

Bridgette dévisagea son camarade, franchement impressionnée par ses capacités de déduction. Félix arrivait toujours à garder son calme dans n'importe quelle situation, pesant le pour et le contre et trouvant à chaque fois une explication pour tel ou tel problème avec une précision remarquable.

Elle sourit légèrement quand le garçon tourna vers elle, lui faisant comprendre son admiration pour ce simple petit signe.

-« Je pense que tu as raison, affirma Bridgette en soupirant légèrement. Après tout, les pouvoirs de Ladybug doivent aussi avoir leurs limites… Camille mérite d'être punie pour ce qu'elle a fait. » continua-t-elle après un instant de silence.

-« Je suis d'accord, confirma son camarade avec un hochement de tête. Elle est allée beaucoup trop loin cette fois. Je pense que je vais aller voir M. Damoclès. On ne peut pas la laisser s'en sortir impunément. »

-« Je ne pensais pas que tu étais du genre à jouer les cafteurs. » railla la jeune fille avec un petit rire.

-« Je déteste me mêler de ce qui ne me regarde pas, répondit Félix en haussant les épaules. Mais Camille pourrit la vie de tout le monde, y compris la mienne. Nous devons absolument faire quelque chose pour l'empêcher de nous nuire plus longtemps. »

-« Les réflexions passent encore, poursuivit Jehan qui avait entendu la discussion de ses deux amis en s'approchant d'eux après avoir fini de discuter avec l'ambulancier. Mais là, ce n'est pas du tout la même chose. Alizée a été blessée et ça, on ne peut pas le laisser passer. »

Comme attirée par les mots de ses camarades de classe, se fut au tour de Camille d'apparaître en haut des marches du parvis. Félix, Bridgette et Jehan la regardèrent s'avancer vers eux avec un air méfiant. Mais quand elle fut tout près, Félix ne put s'empêcher de constater que son expression faciale avait changé depuis la dernière fois où il l'avait eu en face de lui. Son expression de haine à la limite de la démence avait laissé place à une expression de peur, voire presque de honte.

Elle s'arrêta juste devant lui, relevant à peine les yeux pour le regarder. Elle fronça les sourcils en croisant les regards de Bridgette et de Jehan, qui avait croisé ses bras.

-« Est-ce que je peux te parler ? » murmura Camille à Félix à voix basse.

-« Je ne crois pas non, répliqua Félix en croisant les bras à son tour. Je n'ai pas envie d'entendre quoi que ce soit qui vienne de toi, si ce n'est des excuses auprès d'Alizée et de Johana. »

Derrière lui, Bridgette et Jehan échangèrent un regard surpris mais complice. Ils étaient heureux de constater que Félix avait enfin pris ses marques parmi eux. Il osait prendre la parole, défendait ses opinions et réussissait même à tenir tête à Camille, ce qui était nouveau pour lui d'après ce qu'il leur avait confié.

Camille serra les dents avant de poser son regard sur les deux jeunes filles dans le dos de ses camarades de classe. Elle soupira avant de relever les yeux vers Félix qui la dévisageait d'un regard noir.

-« Je voulais te remercier de m'avoir sauvé tout à l'heure, murmura-t-elle en passant une main dans ses cheveux. Tu aurais pu te faire tuer et… Je… Enfin, tu n'avais pas à faire ça et tu l'as quand même fait, alors merci. »

Félix écarquilla les yeux de surprise, tout comme Jehan et Bridgette derrière lui. Sans rien ajouter, Camille passa entre eux et s'avança vers Johana qui discutait toujours avec Myriam, Andréa et Roxane. Elle échangea quelques mots rapides avec elles, à peine quelques secondes avant de nouveau tourner les talons, laissant le quatuor avec la même expression de surprise sur le visage.

Camille s'approcha du brancard sur lequel était toujours assise Alizée. En la voyant venir vers elle, la jeune fille eut un mouvement de recul tandis que Killian et Sullivan s'interposaient. Le regard vide, elle les contourna pour s'arrêter devant Alizée sous le regard de M. Damoclès. De nouveau, elle échangea quelque mot avec sa camarade avant de prendre congé. La mâchoire d'Alizée s'était littéralement décrochée, tout comme celles de Kilian, Sullivan, Maxence et David qui avaient assisté à la scène. Échangeant un regard avec Jehan, Alizée pointa du doigt Camille, l'air totalement perdu. Le jeune homme se contenta de hausser les épaules.

Arrivée au niveau de la voiture qui l'attendait le long de la route, Camille se retourna vers Félix. Le jeune homme garda son expression fermée, étant toujours contrarié par ce qui était arrivé ce soir, mais fit tout de même un hochement de tête, faisant comprendre à sa camarade qu'elle avait fait ce qu'il fallait.

Camille y répondit timidement avant d'entrer dans la voiture qui se mit en marche dès que la porte fut refermée. Félix la suivit des yeux tandis que le groupe de tous ses camarades se reformait dans son dos. Le père d'Alizée venait d'arriver et discutait avec les ambulanciers tout en regardant l'état de sa fille d'un œil inquiet. Alors qu'ils poursuivaient la discussion, la jeune fille s'approcha de ses amis en remontant le bandage qu'elle avait autour de la tête qui lui tombait sur les yeux.

-« Bon, je crois que je vais devoir rentrer chez moi. » soupira-t-elle en regardant son père.

-« C'est plus prudent. » affirma David avec un petit hochement de tête.

-« Oui, autant ne pas trop te brusquer pour l'instant. » répondit Myriam avec un hochement de tête.

-« Oui, oui, vous avez raison, dit Alizée en posant sa main sur son bandage. Tout de même, j'aurai préféré terminer la soirée avec vous. »

-« On se refera ça un autre jour, promit Jehan en posant ses mains sur ses hanches. On a pas besoin de déguisements ni de fête d'Halloween pour se voir tous. »

-« C'est vrai ! déclara Roxane en prenant les mains d'Alizée. On fera un grand pique-nique dans le parc, ça sera super ! »

-« Avec tout le monde. » souffla Bridgette avec un petit hochement de tête avant de se retourner vers Félix.

Le garçon se contenta de hocher la tête. Il ne pouvait pas promettre que son père le laisse sortir de nouveau, surtout pas après ce soir. Il regarda sa montre. 21h38. Il avait plus de deux heures de retard. Gabriel Agreste allait être hors de lui. Mais bizarrement, cela n'inquiétait pas Félix outre mesure. Il était heureux d'être resté ici avec ses camarades. Et bien que celle-ci ait failli virer à la catastrophe, le jeune homme était heureux d'avoir put participer à cette petite fête, d'avoir vu une autre facette de la vie d'adolescent qu'il ne connaissait pas.

Sous les « au revoir » de ses amis, Alizée prit congé avec son père. Le petit groupe la regarda s'éloigner avant qu'un petit silence ne se fasse. Puis Jehan posa ses mains sur ses hanches en se tournant vers ses camarades restants.

-« Bon, on a une soirée à terminer non ? On ne va tout de même pas en rester là ! Et je suis sûr qu'il y en a encore beaucoup qui veulent chanter, je me trompe ? »

Les autres se mirent à rire en prenant la direction de la cour du lycée. Andréa et Bridgette emboîtèrent le pas mais cette dernière s'arrêta en voyant que Félix restait immobile. Elle le fixa un instant tandis que le garçon faisait de même avec un petit sourire gêné.

-« Il faut absolument que je rentre, mon père va être très en colère contre moi. » expliqua-t-il tandis que Bridgette laissait les autres s'éloigner.

-« Oh… Oui, bien sûr, répondit la jeune fille en regardant sa montre. Tu appelles si tu as besoin de quoi que ce soit, d'accord ? N'hésite pas surtout. »

Félix se contenta de hocher la tête en tournant les talons vers la berline qui l'attendait toujours au bas du parvis. Le garçon avait eu le temps de voir que son garde du corps avait déplacé la voiture le temps de l'attaque, sûrement soucieux de sa propre sécurité, ce que le jeune homme comprenait tout à fait. Mais le Gorille était revenu à sa place dès que tout était redevenu calme et le regardait d'un œil inquisiteur, ce qui fit soupirer Félix tandis qu'il mettait ses mains dans les poches de son pantalon. Il ouvrit la portière arrière du véhicule avant de regarder une dernière fois en arrière. Bridgette était toujours en haut des marches, un petit sourire sur le visage. Jehan et Andréa s'étaient joints à elle, remarquant que la jeune fille n'avait pas suivi leur mouvement. Ils saluaient de la main, tout aussi souriants que leur camarade.

Félix les salua à son tour avant d'entrer dans le véhicule, claquant la porte derrière lui. Le trio regarda la voiture s'éloigner dans la rue avec un petit sourire de contentement. Même s'ils étaient déçus de voir leur ami être privé de la suite de cette soirée, ils étaient tout de même heureux que Félix ait pu profiter un peu de cette petite fête. Ce n'était pas encore grand-chose, pas une grande sortie, mais c'était un début non négligeable.

Le trio échangea un sourire collectif avant de rejoindre les autres dans la cour, rassemblés près de la scène qui trônait là, tandis que la musique reprenait doucement, sous les acclamations de tous les jeunes gens qui se retrouvaient après le tumulte de l'attaque, rassurés.


Quand Félix poussa la grande porte de la maison, il tomba nez à nez avec Nathalie, qui était au centre du hall, les bras croisés. Elle le regardait avec un regard froid, manifestement mécontente de son comportement. Le jeune homme se contenta de baisser les yeux, sachant déjà ce que l'assistante allait lui dire.

-« Votre père est très en colère contre vous. » tonna-t-elle, sa voix résonnant dans toute la pièce.

-« Je le sais, je m'excuse, murmura Félix en serrant les poings. J'allais rentrer, mais il y a eu une attaque, et j'ai dû me cacher dans l'établissement. Je… »

-« Votre père souhaite s'entretenir avec vous à ce sujet, coupa Nathalie en levant sa main. Il vous verra demain matin. En attendant, il vous demande de rejoindre votre chambre et de ne plus la quitter en attendant votre entrevue. »

Félix sentit son cœur se serrer. Il savait très bien qu'il allait payer cher cet écart, mais se sentir prisonnier le contrariait encore plus. Sans un mot, il prit la direction de sa chambre. Une fois la pièce atteinte, il claqua vigoureusement la porte avant de soupirer longuement. Après un petit silence de plomb, Plagg sorti de la veste de son porteur, venant se poser sur l'épaule du jeune homme.

-« Tu devrais peut-être- » commença-t-il après un nouveau silence.

-« Je n'ai pas envie de discuter, le coupa Félix en se redressant. Ton fromage est là où tu sais, sers-toi. Mais je t'en prie, ne parle pas. »

Le kwami virevolta vers le bureau du garçon, sans quitter Félix des yeux. Retirant son sac de son épaule, le jeune homme se laissa tomber sur le canapé en soupirant. Au fond de lui, il savait que les choses n'auraient pas pu se terminer autrement, mais il ne pouvait pas s'empêcher d'être très contrarié. N'avait-il donc pas le droit de profiter du monde extérieur ? Était-il condamné à rester toujours ici, dans cette chambre qui ressemblait de plus en plus à une prison.

Sentant sa colère monter, Félix prit une grande inspiration pour tenter de se calmer. Il savait qu'il n'était pas non plus à l'abris des akumas et que Papillon pouvait sentir sa haine, comme il ressentait celle de toutes les parisiens. Tapotant ses doigts sur ses genoux, le jeune homme bascula sa tête en arrière pour prendre une inspiration plus grande encore.

Le voyant faire, Plagg n'osa pas approcher. Depuis presque 2 mois qu'il côtoyait son porteur, il commençait à connaître un peu mieux ce jeune homme distant. Même si Félix était en apparence calme et détaché, il avait au fond beaucoup de mal à gérer ses émotions, se refermant comme une huître à la moindre contrariété. Et bien que le kwami tentait de stimuler le garçon du mieux qu'il le pouvait, il savait qu'une trop grande insistance de sa part ne ferait qu'empirer les choses.

Après un long moment passé dans un silence de plomb, Félix n'ayant pas décroché un mot depuis leur retour, on frappa à la porte. Surpris, Plagg, qui était toujours sur le bureau, fila se cacher dans la grande bibliothèque. Félix le regarda faire mais hésita tout de même à se lever pour aller ouvrir. Il n'avait envie de voir personne, encore moins de discuter. Mais les coups se faisaient insistants car on frappa de nouveau.

Comprenant qu'il n'avait pas le choix, le jeune homme se leva en maugréant, priant intérieurement pour que cette visite inattendue ne lui cause pas plus d'ennuis. Il ouvrit la porte lentement, le visage fermé.

Devant lui se tenait Rosa, un petit sourire sur le visage. Elle tenait entre les mains un plateau, contenant un bol de soupe, un morceau de pain et du fromage. Le jeune homme la dévisagea, l'air perdu.

-« Bonsoir monsieur, commença-t-elle à voix basse. Vous avez passé l'heure du repas. Je sais à quel point votre père est à cheval sur les horaires mais je me suis dit que vous auriez peut-être faim après votre escapade de ce soir. »

Félix resta interdit, totalement ahuri. Il s'écarta pourtant, ouvrant plus grand la porte afin de laisser entrer la domestique. Le sourire de la cuisinière se fit plus large tandis qu'elle pénétrait dans la pièce. La suivant des yeux, l'adolescent referma doucement la porte, essayant de faire le moins de bruit possible. Rosa s'avança jusqu'à la table basse où elle déposa le plateau avant de tourner les talons pour revenir faire face à Félix.

-« Ce n'est pas grand-chose mais je ne pouvais pas vous laissez vous coucher avec le ventre vide. Vous vous souvenez à quel point votre mère insistait pour que vous vous nourrissiez correctement ? continua Rosa avec un air penseur. Je n'aurais pas pu me pardonner de vous laisser sauter le dîner. »

Le jeune homme se contenta de baisser les yeux avant de poser son regard sur le plateau repas. Il ne ce serait pas douter que cette femme puisse se montrer si concernée de son sort. Le personnel de la maison ne lui adressait jamais la parole, se contentant des « bonjour » et « au revoir » réglementaires sans jamais approfondir la discussion. Cela était loin d'inconforter Félix qui ne souhaitait jamais entretenir de liens humains profonds en règle générale.

Mais le fait que cette femme se sente concernée de son sort, qu'elle ose aller contre les ordres de son père pour s'assurer de son bien-être, transgresser les règles afin de lui apporter le fromage que Plagg lui réclamait sans cesse sans poser la moindre question, émouvait le jeune homme bien plus qu'il ne l'aurait pensé. Il se sentait vraiment reconnaissant auprès d'elle, sans avoir le courage de le verbaliser.

Voyant la mine triste du jeune maître des lieux, Rosa s'approcha de lui pour lui tapoter gentiment sur le devant de l'épaule, un sourire réconfortant sur le visage.

-« Allons monsieur, ne soyez pas triste, rassura-t-elle en penchant la tête pour croiser son regard avec celui de Félix. Vous n'avez rien fait de mal. Il est normal à votre âge de vouloir prendre son indépendance. »

Félix ne bougea pas, se contentant de serrer les poings le long de son corps, bataillant contre des larmes de désespoir qui perlaient à ses yeux. Il avait bien conscience de l'image pathétique qu'il devait renvoyer à la cuisinière, mais elle ne semblait pas s'en formaliser, continuant ses petites tapes réconfortantes.

-« Tout finira par s'arranger vous verrez, renchérit Rosa. Il y aura des périodes difficiles, mais les enfants grandissent, et votre père devra s'y faire, il n'aura pas le choix malheureusement. Je sais à quel point il peut être difficile de laisser aller ses enfants. Je suis maman, je sais de quoi je parle ! Mais c'est un mal nécessaire. »

Félix releva les yeux avec un petit sourire. Quelques semaines auparavant, cette conversation l'aurait profondément mis mal à l'aise. Mais aujourd'hui, étonnement, il était heureux de pouvoir discuter avec cette femme qui se montrait si douce avec lui alors qu'il n'avait jamais rien fait pour elle en retour. Il ignorait tout d'elle et pourtant, elle lui parlait à cœur ouvert et d'une manière si naturelle que cela en était presque réconfortant.

-« Oh mais je parle, je parle, mais vous devez être fatigué, reprit soudain Rosa en écarquillant les yeux. Je vous laisse, j'ai encore à faire ! Ne vous inquiétez pas pour le plateau, je viendrai le récupérer discrètement demain, poursuivit-elle avec un petit clin d'œil. Je sais que vous être contrarié mais tâchez tout de même de vous reposer un peu. »

-« Merci Rosa, répondit Félix avec un hochement de tête, posant sur la cuisinière son regard le plus sincère. Merci pour tout. »

-« Je vous en prie. Et si vous avez besoin de quoi que ce soit, vous savez où me trouver ! Bonne nuit monsieur. »

-« À vous aussi. »

Le jeune homme raccompagna la cuisinière jusqu'à la sortie. Une fois la portée refermée, le jeune s'immobilisa, sentant une nouvelle vague d'émotion peser sur ses épaules. Plagg en profita pour sortir de sa cachette et s'approcha doucement du jeune homme.

-« Ça va aller petit. » murmura-t-il, comme pour appuyer les mots que Rosa avait prononcer quelques instants plus tôt.

Se retournant vers son kwami, Félix essuya rapidement ses yeux avec sa manche. Il échangea un petit regard avec celui-ci avant de lui adresser un petit sourire. Ce n'était pas grand-chose, à peine un rictus d'approbation mais le kwami s'en contenta. Le jeune homme s'approcha de la table basse et s'assit devant le plateau repas tandis que Plagg se posait sur la surface transparente du meuble. Félix resta silencieux un instant, le regard dans le vide.

-« Ça va être froid, reprit Plagg, sortant son porteur de ses réflexions. À quoi tu penses ? »

-« Ce n'est rien… commença le jeune homme en attrapant le bol. Je repensais juste à tout ce qui est arrivé aujourd'hui. Ça a vraiment été une journée… particulière. »

-« Oui, c'est vrai, affirma le kwami, mais ce n'est pas plus mal n'est-ce pas ? Ça te sort de ton quotidien. »

-« C'est vrai, mais je ne pensais pas qu'elle se terminerait comme ça. » soupira Félix avant de porter le bol à ses lèvres.

-« Ne t'inquiètes pas, ce n'est qu'un mauvais moment à passer. Tu as entendu la cuisinière non ? Ton père va devoir se faire à l'idée qu'il va bientôt devoir te laisser aller de tes propres ailes. Même Jehan te l'a dit : c'est par la rébellion qu'on devient adulte. »

-« Je ne suis pas sûr de partager cette conviction mais j'imagine que si je ne fais rien, la situation n'évoluera pas… »

-« Tout à fait ! affirma Plagg en hochant la tête. Et sinon, la mission du jour ? Comment ça s'est passé ? »

-« Plutôt bien je pense, répondit Félix en reposant le bol, vidé de moitié. Je suis content de voir que je me débrouille de mieux en mieux. Je me suis même découvert de nouvelles facultés aujourd'hui. »

-« Le miraculous accorde parfois des capacités surprenantes, qui ne sont pas toutes les mêmes entre les porteurs. C'est ça qui est le plus excitant, découvrir ses pouvoirs, ses limites, n'est-ce pas ? »

-« Oui, tu as raison en un sens, confirma Félix avec un petit hochement de tête. Et puis, Ladybug est là pour m'aider, tout comme je suis là pour elle aussi. Je suis content de voir que nous entendons bien. Notre duo fonctionne, et c'est ce le plus important pour mener à bien notre mission. »

-« Content de te l'entendre dire ! railla Plagg en croisant les pattes. Parce que crois-moi, vu comment tu as commencé, je craignais une mésentente avec ta partenaire. »

-« Je peux comprendre, affirma Félix en se levant. Mais bizarrement, tout semble plus naturel avec elle. J'ai l'impression que je peux être celui que j'ai envie d'être, que je n'ai pas besoin de faire semblant quant elle est dans les parages. Elle m'accepte comme je suis, et cela me rassure en un sens. »

-« Je suis heureux pour toi, affirma Plagg avec un hochement de tête. C'est important que tu trouves tes marques en tant que Chat Noir. »

Félix hocha la tête avant de s'approcher de la grande fenêtre. C'est vrai que les choses avaient beaucoup évoluées de ce côté-là, et en très peu de temps. Lui qui avait peur de porter ce costume de super héros, craignant cette charge de responsabilité qui semblait peser trop lourd sur ses frêles épaules, le jeune homme était maintenant prêt à faire plus confiance.

Il avait l'impression que tout devenait de plus en plus normal pour lui et cela ne l'effrayait pas comme auparavant, au contraire. Il se sentait plus épanoui, et c'était une bonne chose, il en était persuadé. Bien sûr, il n'était pas encore tout à fait prêt à lâcher prise, notamment à cause de l'ombre de son père qui rôdait toujours au-dessus de lui. Mais il se sentait plus à l'aise et cela le confortait dans l'idée qu'il était sur le bon chemin.

-« Dis-moi, Rosa a vraiment de très bon goût en matière de fromage, ça sent tellement bon, déclara Plagg, se faisant se retourner son porteur. Tu comptes le manger ? »

-« Tu peux le prendre s'il te fait envie, répondit Félix avec un petit rire moqueur. Je n'en veux pas de toute façon. »

-« Je me demande pourquoi elle s'embête à te donner tout cela si tu y touches à peine. »

-« La faute à qui ? Elle vient presque tous les jours me donner le camembert que TU réclames. Je peux comprendre qu'elle puisse penser me faire plaisir en m'en proposant au dîner. »

-« Oui bon ça va. » contra Plagg en avalant le morceau de fromage avant de venir se poser sur le lit du jeune homme.

Félix ne put s'empêcher d'afficher un sourire en coin. Rosa avait raison. Même si l'entrevue qui l'attendait demain n'allait pas être de tout repos, la journée n'avait pas été un échec complet et le jeune homme ne regrettait rien de ce qui était arrivé, si ce n'est peut-être de n'avoir put empêcher l'altercation entre Alizée, Johana et Camille. Félix était heureux d'avoir put assister à la vie de « jeune » en dehors de l'école.

Et comble de la chose, il commençait même à y prendre goût. Lui qui fuyait ses camarades de classe comme la peste il y a encore quelques jours en arrière, Félix avait maintenant envie de les approcher, de faire partie de cette ambiance légère et chaleureuse qui se dégageait de ce groupe d'amis soudé, loin de la solitude qu'il éprouvait ici, enfermé entre ces murs.

Et si pour cela il devait de nouveau affronter son père comme il l'avait fait pour pouvoir obtenir son droit d'aller au lycée, alors il le ferait sans hésiter. Félix en avait assez de se laisser faire, et si la liberté était quelque chose qui se méritait dans son cas, alors il bataillerait de toutes ses forces pour obtenir ce qu'il voulait.


Il était 23h passé quand les jeunes se rassemblèrent sur le parvis après avoir rangé la scène dans la cour, débranché le matériel et remis les instruments à leur place. Chacun s'en retourna de leur côté avant de prendre congé des uns et des autres, prenant tous des directions différentes. Bridgette discutait avec Myriam, Roxane, Johana, David, Jehan et Andréa, au bas des marches.

-« J'ai reçu un message d'Alizée, murmura David en montrant son téléphone. Tout va bien pour elle, elle est déjà partie se coucher. »

-« Bon tant mieux, affirma Myriam avec un petit sourire. C'était plus de peur que de mal. »

-« Oui mais tout de même, Camille mérite d'être punie, on ne peut pas la laisser s'en tirer comme ça. » dit Roxane tandis que Johana secouait vigoureusement la tête en signe d'approbation.

-« Elle s'est excusée, c'est déjà une bonne chose je trouve. » hasarda Andréa en croisant les bras.

-« Peut-être, souffla Jehan, mais ça ne fait pas tout. Les excuses ne réparent pas tout, et je vais m'assurer qu'il lui arrive quelques bricoles. Je ne peux pas tolérer ce qui vient de se passer. Ça serait trop facile que tout se termine comme ça. »

-« Dis donc, je ne te savais pas si autoritaire. » railla Andréa en relevant les yeux vers lui.

-« Je sais faire peur quand il le faut… » répondit Jehan en approchant son visage de celui de la jeune fille, un sourire malsain sur les lèvres.

Andréa se contenta de le repousser gentiment avec un petit rire. Bridgette était contente de voir ces deux-là s'entendre aussi bien. Killian, Maxence et Sullivan, qui furent les derniers à sortir des bâtiments, s'approchèrent d'eux. Sullivan attrapa aussitôt la main de Myriam tandis que les deux jeunes gens échangeaient un sourire.

-« On y va ? » demanda-t-il.

-« Oui, il est tard. À lundi les amis, passez une bonne fin de semaine ! » répondit Myriam en s'éloignant, faisant des petits signes de la main.

-« Nous aussi on va y aller, affirma Roxane en regardant Johana puis David. On habite presque dans la même rue alors on va rentrer ensemble. » expliqua-t-elle en montrant une rue derrière elle.

-« On vous accompagne, renchérit Killian en croisant les bras. Nous aussi on va dans cette direction de toute façon. » dit-il tandis que Maxence hochait la tête.

Le groupe salua Jehan, Andréa et Bridgette avait de se mettre en marche. Le trio attendit que leurs amis aient disparu au coin de la rue avant qu'Andréa ne reprenne la parole.

-« Moi aussi je vais y aller. Comme je ne vais pas pouvoir rentrer en bus, j'ai un peu de marche jusqu'à chez moi. »

-« Tu habites loin ? » demanda Bridgette en se tournant vers son amie.

-« À pieds, je dois avoir 15 minutes de marche à peu près. Mais ça va aller, j'ai de bonnes jambes. » rit la jeune fille.

-« Je te raccompagne. » déclara soudain Jehan en se baissant pour refaire son lacet.

-« Quoi ? » firent les deux jeunes filles en tournant les yeux vers lui.

-« Un gentleman ne laisse pas une jeune femme en détresse se déplacer seule dans la nuit, expliqua-t-il en se relevant. Bridgette habite juste-là. On la dépose puis je te raccompagne jusqu'à chez toi. »

-« Oh mais tu n'as vraiment pas besoin de faire ça, je peux me débrouiller seule, ce n'est pas si loin que ça je te dis ! » protesta Andréa en levant ses mains en signe de défense.

-« Et moi je te dis que ce n'est pas négociable, alors en route ! »

Le jeune homme passa entre ses deux amies, remontant la bandoulière de son étui de flûte sur l'épaule. Les deux jeunes filles restèrent un instant immobile avant que Jehan ne se retourne vers elles.

-« Allez, on se dépêche ! Il sera bientôt minuit, le charme de la soirée va bientôt s'arrêter, alors hâtons-nous ! »

Les deux amies se mirent à rire avant de se mettre en route à leur tour, rattrapant le garçon qui s'était éloigné de quelques pas devant.


Une fois dans sa chambre, Bridgette laissa Tikki s'échapper de la sacoche tandis qu'elle s'affairait à retirer son déguisement. La kwami vint virevolter autour de sa porteuse. Mais quand elle vit que la jeune fille avait perdu son sourire, elle prit sur elle de faire la conversation.

-« Ça ne va pas Bridgette ? »

-« Si, c'est juste que… commença la jeune fille. Je suis contrariée pour Alizée. Je pensais que le Miraculous Ladybug arrangeait tout ! Mais je me suis visiblement trompée… »

-« Félix avait raison dans ce qu'il t'a dit, murmura Tikki. Ton pouvoir ne répare que les dommages causés par les akumatisés, et Alizée a été blessée avant l'apparition de Gothika. C'est pour cela que le Miraculous Ladybug n'a rien fait pour elle. »

-« Il faut alors que je sois encore plus vigilante que je ne le suis déjà, soupira Bridgette en retirant sa robe. Si j'avais réagi plus tôt, Alizée n'aurait jamais été blessée. »

-« N'oublies pas que tu ne peux pas toujours tout empêcher. Certaines choses se produisent car elles sont censées se produire, et tu ne peux rien y faire, c'est comme ça. »

-« La fatalité, hein ? »

-« Exactement. Tu es une héroïne mais tu n'es pas omnisciente. Ta mission te demande de stopper le Papillon, tu ne peux pas surveiller le quotidien de tout le monde à tous les instants, c'est impossible ! »

-« Tu as raison, murmura l'adolescente en passant son pyjama. On a réussi à stopper Gothika sans que personne ne soit blessé, c'est bien ça non ? »

-« Oui, vous avez très bien fait votre travail » affirma Tikki.

Bridgette sourit en accueillant sa petite compagne dans ses paumes tout en lui adressant un grand sourire.

-« N'empêche, quand je l'ai vu se jeter sur Félix, j'ai eu la peur de ma vie, j'ai cru qu'elle allait le tuer. Je ne comprends pas pourquoi il a voulu défendre Camille, c'était tout ce qu'elle méritait après tout. »

-« Félix est un garçon consciencieux, je pense que la vengeance n'était pas la meilleure des solutions pour agir contre elle. Tu n'es pas d'accord ? »

-« Oui, c'est vrai, admit Bridgette avec un petit rire gêné. Mais tout de même, je ne sais pas si je me serai sacrifiée pour elle, du moins sans mon costume. Camille est tellement… méchante. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi elle est comme ça. Elle a tout ce qu'elle désire, mais ce n'est jamais suffisant ! »

-« Certaines personnes sont amères sans avoir besoin de raison, tu sais, murmura Tikki en haussant les épaules. Mais elle a peut-être une raison d'agir comme elle le fait. »

-« Ah non ! Hors de question de lui trouver des excuses ! » répondit Bridgette avec un grand mouvement de protestation.

La jeune fille monta la petite mezzanine de sa chambre avant de se jeter sur son lit, Tikki sur ses talons. Bridgette cacha son visage dans ses oreillers avant de se redresser pour défaire ses couettes tandis que sa kwami se posait face à elle.

-« Bon cette journée n'était tout de même pas si mal que ça, n'est-ce pas ? » demanda Tikki en se laissant tomber en arrière sur l'oreiller.

-« Oh non ! Je me suis bien amusée ! affirma Bridgette en secouant la tête pour disperser ses cheveux sur ses épaules. Même Chat Noir semble plus à l'aise, et ça, ça me fait vraiment plaisir. »

-« Ah oui ? » questionna Tikki en tournant les yeux vers sa porteuse.

-« Il m'a appelé « ma lady », rit la jeune fille en déposant ses élastiques à cheveux sur sa table de nuit. Je suis sûre que c'était un accident mais c'est bien une preuve qu'il est plus détendu avec moi, et ça me fait plaisir ! »

-« Je suis contente de l'entendre, affirma Tikki avec un sourire plus large. Votre duo a besoin que vous vous fassiez confiance et que vous entendiez bien, et ça semble bien parti ! »

-« C'est un garçon sérieux, répondit Bridgette en s'allongeant, il a le sens du travail bien fait. Et il ne manque pas détermination ! Je pense qu'il manque un peu de confiance en lui, mais ça semble venir peu à peu et c'est une bonne chose. »

Tikki hocha la tête tandis que Bridgette ferma les yeux. Si elle se préoccupait de moins en moins du cas de Chat Noir, elle ne pouvait s'empêcher de s'en faire pour Félix. Même s'il tentait de ne rien laisser transparaître, elle avait vu son regard inquiet quand il était entré dans la voiture qui l'avait ramené chez lui. Son père semblait être quelqu'un de très strict et son écart de ce soir n'allait sûrement rien n'arranger.

Et si elle était persuadée que Félix avait passé un bon moment en leur compagnie, elle pensait aux conséquences qui allait sûrement retomber sur le jeune homme. Après tout, c'était en partie de sa faute s'il était resté avec eux ce soir. Elle ne considérait pas cela comme une erreur mais jamais elle n'aurait voulu attirer à son ami des ennuis. Elle soupira, pensant à saisir son téléphone pour envoyer un message à son camarade.

Elle attrapa l'appareil mais après un instant de réflexion, elle se ravisa. Elle connaissait peu le jeune homme mais elle savait qu'il n'était pas du genre à parler de ses problèmes. S'il avait réellement des ennuis, il n'aurait sûrement pas envie d'en parler, et surtout pas avec elle. Elle reposa son portable avant de se rouler sur elle-même.

Elle voulait l'aide mais s'y prenait-elle correctement ? Imaginer Félix tout seul dans cette grande maison la rendait vraiment triste. Et elle voyait bien que le garçon avait également besoin en changement sans pour autant oser le verbaliser. Il allait donc falloir l'aider à sortir du piège dans lequel il était empêtrer depuis trop longtemps, le protéger de Camille et du courroux de son père.

La jeune fille rouvrit les yeux avec un petit sourire en coin. Cela tombait plutôt bien. Elle avait été choisie pour protéger la population, ses proches, ses amis, et ce, avec ou sans le costume. Elle était Ladybug après tout, c'était sa mission première.

Elle allait donc pouvoir mettre ce talent à profit, hors de question de laisser qui que ce soit derrière elle.


Voilà qui conclu la partie sur Gothika, j'espère que ça vous a plu ! Enfin... Ce n'est pas tout à fait fini !

La semaine prochaine, je vous proposerai un "one shot" uniquement centré sur Jehan et Andréa, quand il la raccompagne chez elle après la soirée d'Halloween. Ce morceau d'histoire n'avait pas sa place dans la trame principale qui est uniquement centrée sur Bridgette et Félix mais est tout de même importante pour le développement de la relation entre Andréa et Jehan.

Je posterai "Des pas dans la nuit" la semaine prochaine et reprendrai la trame principale la semaine d'après. Je vous retrouve donc ici dans deux semaines pour la suite des aventures de Bridgette et Félix, restez connectés !