Je ne possède aucun des personnages de la série TV.
Un recueil de textes courts sur l'univers de la série White Collar nous plongeant dans un instant ou une pensée des protagonistes de l'histoire
La Liberté semblait ne pas forcément rendre heureux
Ce texte a été écrit dans le cadre de l'Event "La Liste de l'Eté" du groupe "Papotage, écriture, lecture et bonne humeur" dans lequel il faut placer trois mots imposés dans un texte de moins de 1000 mots
Liste 5 : Avion, Palmier, Insolation
Nombre de mots : 861
En espérant que cela vous plaise
Bonne lecture
PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)
QUELQUES TEXTES SUR WHITE COLLAR
Premiers jours au Cap Vert
Contre toute attente, Mozzie s'était tout de suite acclimaté au soleil, à la plage de sable fin et à la villa de luxe qu'il avait déniché dans ce coin de paradis. Une piscine digne d'un palace, du marbre blanc, des palmiers, un transat et un cocktail, il se sentait heureux et libre… C'était tellement mieux que la grisaille new yorkaise… En plus, il était sûr d'avoir réussi à brouiller leurs pistes, personne ne pourrait remonter jusqu'à eux, oui, cet endroit était parfait… Enfin pour lui… Depuis leur descente de l'avion et malgré les sourires dont il le gratifiait, Mozzie voyait bien que Neal n'était pas bien… Il y avait de la tristesse au fond de ses yeux et même un peu de détresse.
Eux qui rêvaient constamment de liberté, cette dernière ne semblait pas le rendre heureux, comme en attestait le tableau qu'il avait commencé à peindre et qui se trouvait sur le chevalet au bord de la piscine : les toits de New York… sa vue depuis l'appartement de June…
Mozzie soupira, lui qui connaissait Neal comme il se connaissait lui-même cela ne devrait pas l'étonner. Tout ce que ce gamin cherchait c'était une famille… Il avait rêvé pouvoir en créer une avec Kate, loin de toutes leurs arnaques, se rêvant dans une petite maison de banlieue avec une clôture blanche, un chien et deux enfants… Il y avait cru à New York quand il avait dit à Peter avec un grand sourire que traceur ou pas il resterait avec lui parce qu'il aimait cette vie… Il s'était attaché profondément à Peter, à Elizabeth, à June devenue la mère qu'il n'avait jamais eu même à Jones et Diana, pour qui il était une oreille attentive et un soutien… Neal voulait sincèrement se créer une famille là-bas… Il en avait besoin et puis… Il avait tout perdu encore une fois…
Mozzie soupira et se leva du transat. Ce n'était pas juste, lui aussi l'aimait comme un petit frère, mais il savait qu'il ne parviendrait pas à l'empêcher de souffrir. Déjà, il devait le retrouver…
Mozzie fit le tour de la propriété et retrouva Neal vêtu d'un pantalon de lin et d'une chemise blanche ouverte dont les pans voletaient avec le vent, assis dans le sable, pied nus, les yeux fixés sur les vagues.
Le petit homme chauve soupira et vint se laisser tomber assis à côté de son ami. Il avait relevé les genoux pour les enserrer de ses bras et rien que cette position, renfermée sur lui-même, trahissait sa douleur.
- Tu es là depuis longtemps ? Tu cherches à attraper une insolation ?
Un léger sourire se dessina sur le visage de Neal sans qu'il ne quitte les vagues des yeux.
- Les insolations ça donne de la fièvre et ça fait délirer, continua Mozzie, ce n'est pas ce qu'il nous faut, si on allait siroter un cocktail à l'intérieur et…
- Tu crois qu'elle me pardonnera ?
Mozzie sursauta.
- Qui ?
- June… Je ne lui ai même pas dit au revoir…
- Neal, souffla son ami en lui frottant doucement le dos. Bien sûr qu'elle t'a pardonné. Peter a dû lui expliquer ce qu'il s'est passé ? Ce type voulait te piéger. C'était l'esclavage à Washington ou la prison… Pourquoi tu crois que Peter t'a fais signe de fuir ? Ce n'était pas une vie et il ne voulait pas de ça pour toi, parce qu'il tient à toi, comme tu tiens à lui. Regarde, même Diana t'a aidé à fuir. Personne ne t'en veut Neal, tu ne les as pas perdus.
- Mais je ne les reverrais jamais…
- Je sais…et crois-moi je suis désolé pour toi, je sais qu'ils sont comme une famille pour toi.
- Je n'en ai jamais vraiment eu…
- De quoi ?
- De famille… Du coup je ne comprends pas pourquoi j'ai aussi mal…
- Parce que tout le monde a besoin d'une famille, dit Mozzie en passant son bras derrière ses épaules, tout le monde a besoin de savoir qu'il compte pour quelqu'un… et je suis là, tu sais… Je serai toujours là.
- Heureusement, je ne sais pas ce que je ferais si tu n'étais pas là, murmura Neal en posant sa tête sur l'épaule de son ami.
Mozzie surprit, tressaillit avant de finir de l'attirer contre lui.
- Je suis tellement fatigué, souffla doucement Neal.
- Alors ferme les yeux, nous ne sommes pas si mal sur cette plage, dors un peu et au réveil ça ira mieux, tu verras…
Neal hocha la tête, frémit et se laissa aller… Les bras de Mozzie étaient ce qu'il avait besoin pour se sentir un peu apaisé, mais ses pensées s'envolèrent quand même jusqu'à New York où il avait laissé les autres personnes qu'ils aimaient et qui lui manquaient chaque jour un peu plus. Ce n'était pas l'idée qu'il se faisait de la liberté, finalement il n'avait jamais été aussi heureux et libre qu'avec un bracelet à la cheville et un périmètre restreint… paradoxal…
Bouleversé, le jeune homme expira et laissa le sommeil le saisir, percevant avant de s'endormir les doigts de Mozzie essuyer l'une de ses larmes furtives…
