Bonsoir,

Contrairement à mes habitudes, je publie assez tardivement aujourd'hui mais ma journée a été longue et bien remplie...

En tout cas, encore et toujours merci pour vos reviews qui me font grand plaisir !

Bonne lecture :)


Chapitre 22 : Arrivée chez les Denali


Pendant ce temps-là en Angleterre, Samaël avait regagné le manoir de Tom.

- C'est bon, ils sont partis pour tout l'été comme prévu, lui apprit-il. Nous avons le champ libre.

- Bien, nous avons repéré Dumbledore, rassemblez les hommes avec Lucius, déclara-t-il. On se retrouve dans la salle de réunion dans une heure.

Samaël opina et partit retrouver son ami. Il remit aussi en place ses sorts afin de redevenir Severus, son identité étant encore secrète pour la grande majorité des mangemorts.

Une heure plus tard, ils étaient tous en salle de réunion et Tom donna ses consignes.

- Je vous préviens, je veux Dumbledore vivant ! déclara-t-il froidement. Vous pouvez l'amputer, le torturer, faites ce que vous voulez mais il doit être vivant et en capacité de parler. Pour ce qui est de ses complices, vivants de préférences mais vous pouvez les tuer si nécessaire, rajouta-t-il en passant son regard sur chacun de ses hommes. Enfin, si vous êtes blessés, enclenchez votre portoloin d'urgence et vous serez aussitôt pris en charge ici par nos deux médicomages, vous ne servirez plus à rien là-bas si vous n'êtes pas en capacité de combattre. Des questions ?

Tous firent non de la tête et Tom forma les différents groupes, donnant à chaque fois une mission bien particulière à chacun. Lorsque cela fut fait, ils transplanèrent tous en même temps.

Sur place, Tom retrouva deux de ses espions. C'étaient eux qui avaient donné l'information d'où se trouvait Dumbledore et qui avaient, grâce à leurs frères, désactivés la plupart des protections.

Les jumeaux Weasley, puisque c'étaient bien eux, firent rapidement leur rapport, indiquant qu'ils avaient fait tomber l'ensemble des sortilèges de détections grâce à leur frère ainé notamment. Ils indiquèrent aussi qu'une partie des hommes de Dumbledore étaient profondément endormis grâce à quelques-uns de leurs produits et Tom en fut satisfait. Il n'aurait jamais imaginé qu'ils puissent recruter quatre Weasley, presque six d'ailleurs. En effet, Fred, George, Charlie et Bill s'étaient officiellement ralliés à lui, même si le vieux fou et ses acolytes l'ignoraient. Percy et Arthur partageaient aussi un grand nombre d'information avec les quatre autres. Tom ne savait pas si les deux employés du ministère étaient au courant qu'il était la personne récupérant toutes ces données mais il pensait qu'ils l'étaient, les informations qu'ils recevaient étaient en effet bien trop précises et souvent très confidentielles.

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De son côté, Harry était bien loin de se douter que Tom avait attendu qu'il quitte le pays avant de lancer l'attaque pour attraper Dumbledore. Harry profitait donc de ses vacances en compagnie de sa famille, loin de la bataille qui se préparait en Angleterre.

Ils avaient en effet été visiter les grandes villes des alentours, soient Port Angeles, Olympia, Tacoma et Seattle avec Esmé et Carlisle comme guides touristiques, Alice et Rosalie les avaient aussi trainés dans de nombreuses boutiques et boites de nuits tandis qu'Emmett leur avait fait découvrir l'ambiance des stades en les emmenant voir des matchs de football américain et de baseball. Pour finir, Edward et Jasper avaient décidé de leur apprendre un peu la culture musical moldu en les entrainant à divers concerts.

Autant dire qu'ils ne voyaient pas le temps passer et après une semaine à Forks, dans l'état de Washington, ils avaient attaqué une traversé des Etats-Unis vers l'Est en passant par l'Idaho, le Montana, la Dakota du Nord, le Minnesota puis le Wisconsin. Une fois arrivé là, cela faisait déjà un peu plus d'un mois qu'ils étaient sur le continent américain.

Ils avaient ensuite fait un saut en Alaska où ils avaient retrouvé le clan des Denali. Lorsque leur avion se posa, il fallut réveiller les trois sorciers. Ils étaient en effet déjà bien fatigués de ce premier mois de vacances et ne manquaient donc jamais de s'endormir à chaque déplacement.

- Harry, murmura doucement Carlisle en caressant les cheveux de son fils.

Harry entrouvrit légèrement les yeux, tombant dans le regard de son père.

- Nous sommes arrivés, lui dit-il simplement. Je te laisse réveiller Daphnée.

Harry opina et prit quelques secondes pour émerger complètement avant de se tourner vers sa petite amie.

- Daph', chuchota-t-il en déposant des baisers papillons sur sa joue.

- On est arrivé ? grommela-t-elle.

- Oui, sourit-il.

Quelques minutes plus tard, ils avaient tous récupérer leurs affaires et descendaient de l'avion.

- Où va John en attendant ? demanda Harry alors qu'ils marchaient sur le tarmac.

- Cela dépend du temps que nous souhaitons rester à un endroit, répondit Edward. Soit à l'hôtel, que nous lui payons, soit il repart avec l'avion chez lui et nous le rappelons quand nous souhaitons rentrer.

- Et il n'a jamais rien dit sur le fait que vous ne changiez pas alors que ça fait dix ans qu'il travaille pour vous ? s'enquit Hermione.

- Non, pas pour le moment en tout cas, déclara Carlisle.

- Alice a toujours un œil sur lui et Jasper surveille ses émotions, poursuivit Edward.

- Et puis on achète son silence en quelque sorte, rajouta Carlisle avec un clin d'œil.

- Maintenant vous pouvez compter sur nous, on s'arrangera pour qu'il vous oublie s'il devenait méfiant, murmura Harry.

- J'espère qu'on n'en arrivera pas là, soupira Carlisle.

Ils atteignirent finalement la sortie de l'aéroport où les attendaient deux taxis. Ils se firent alors déposer devant un groupement de maisons et Harry s'en étonna.

- Les Denali habitent ici ? demanda-t-il surpris.

- Non, nous allons courir, répondit joyeusement Emmett.

- Vraiment ?

- Oui, mais ne vous inquiétez pas, on va vous porter, rajouta Jasper avec amusement.

- Il n'y a pas d'accès pour les voitures ? s'étonna Hermione.

- Si, mais ils n'aiment pas que les taxis s'y aventurent, ils préfèrent que le moins de monde possible soit au courant d'où se trouve leur chalet.

- C'est compréhensible, souffla Daphnée.

Une fois à couvert de la forêt, Hermione grimpa donc sur dos d'Emmett, Harry sur celui de Jasper et Daphnée sur celui d'Edward.

La course dura une bonne demi-heure et lorsqu'ils descendirent du dos des vampires, les trois sorciers étaient quelque peu ankylosés. Il leur fallut donc plusieurs minutes avant de reprendre une démarche normale.

- Enfin vous voilà ! s'exclama une grande blonde qui aux yeux d'Harry et Hermione étaient vraiment magnifique.

- Bonsoir Tanya, sourit Carlisle en la saluant chaleureusement. Nous sommes heureux d'être enfin arrivé.

A la suite de la dénommée Tania, deux autres vampires blondes ainsi qu'un brun et une brune étaient sortis de la maison, intimidant un peu les sorciers.

- Laissez-moi vous présenter notre dernier fils, Harry, ainsi que sa petite amie Daphnée et sa meilleure amie, Hermione, déclara Carlisle. Les enfants, je vous présente donc Tanya, Kate, Irina, Carmen et Eleazar.

- Des humains, s'étonna Irina. C'est contraire à nos lois…

- Pas exactement, la contredit doucement Esmé, faisant froncer les sourcils de l'ensemble des Denali.

- Les Volturi sont parfaitement au courant de notre existence, aucune loi n'a été brisée, déclara Daphnée.

- Et si nous discutions de tout ça à l'intérieur, j'en connais qui vont attraper froid après la course que nous venons de faire, intervint Edward alors que les Denali observaient étrangement Daphnée.

- Très bonne idée, venez, les invita Carmen.

Ils s'installèrent tous dans un gigantesque salon, qui pouvait, selon Harry, accueillir au moins deux fois plus de personnes qu'actuellement.

- Qu'est-ce que vous voulez dire par le fait qu'ils ne sont pas exactement humains ? leur demanda Kate qui était intriguée.

- Tu es une… Demi-vampire ? tenta Eleazar en regardant Daphnée.

- On peut dire ça comme ça, répondit-elle avec un léger sourire. Disons simplement que je n'ai pas atteint ma majorité vampirique, qui arrivera à mes vingt ans… J'ai donc encore quelques années devant moi puisque je n'ai pas encore dix-huit ans…

- Comment est-ce possible ? l'interrogea Tanya.

Les trois sorciers échangèrent un regard avant d'hocher légèrement la tête, d'un commun accord.

- Mon père est un vampire et ma mère, son calice, commença-t-elle. Ce terme est souvent évoqué dans les contes pour enfants mais pour nous, c'est quelque chose de bien réel… Mais avant tout, mes parents sont des sorciers et c'est ce qui rend possible ma condition. Harry et Hermione sont aussi des sorciers, rajouta-t-elle.

- Des sorciers ? releva Kate. Comme les histoires de chasses aux sorcières qui ont eu lieu à Salem ?

- Précisément, c'est un pan important de l'histoire de notre communauté ici, aux États-Unis, répondit Hermione.

- Alors c'était bien réelle, des sorcières ont bien été brûlées à cette époque ? souffla Carmen.

- Non, aucun sorcier n'en est mort, seuls des moldus, donc des personnes sans aucun pouvoir magique, ont péri, répondit Daphnée. Les rares sorciers qui ont été attrapés s'en sont tous sorti mais notre communauté en a tiré des enseignements et de nombreuses lois ont été créées par la suite pour nous protéger des moldus.

- Et qu'est-ce qu'un calice ? demanda Tanya.

- Le garde-manger du vampire, répondit Emmett avec amusement.

- C'est la seule chose que tu as retenu ? soupira Daphnée.

- C'est Harry qui nous a dit ça, protesta-t-il et le concerné ne put qu'éclater de rire.

- Bien, grogna Daphnée en fusillant son petit ami du regard. Le calice est surtout le partenaire du vampire en tout point de vue. Lors du rituel, le métabolisme du calice change afin de produire suffisamment de sang pour nourrir son vampire car ce dernier, une fois le lien terminé, ne pourra en effet pas boire d'autre sang que celui de son calice. Cependant, en échange de tout ça, le vampire doit protection à son calice, il doit s'assurer que celui-ci ne manque de rien et pour l'aider, il ressent toutes ses émotions. C'est un lien à vie, pour l'éternité, car tant que le vampire vit, son calice ne peut pas mourir et l'inverse est vrai aussi, même si quelques vampires auraient déjà survécu à la mort de leur calice, expliqua-t-elle. On dit cependant que la perte du lien est tellement douloureuse pour le vampire qu'il sombre dans la folie jusqu'à se tuer lui-même…

- Seul le feu peut tuer un vampire et c'est très douloureux parait-il alors… commença Irina.

- Pas dans notre monde, la coupa doucement Hermione. Il existe d'autres alternatives…

Ces derniers mots furent suivis d'un grand silence et les sorciers comme les Cullen laissèrent le temps aux Denali d'assimiler toutes ces informations.

- Et Carlisle, quand tu dis qu'Harry est votre fils… voulut savoir Eleazar qui observait le jeune homme.

- Nous l'avons adopté, il y a maintenant deux ans, répondit-il avec un sourire.

- Comment avez-vous fait pour rencontrer un sorcier ? s'étonna Kate.

- C'est une longue histoire et elle ne nous appartient pas, dit lentement Carlisle en regardant son dernier fils.

- Je n'ai pas envie d'en parler, fit Harry d'une voix tendue et l'ensemble des Denali comprit que le sujet était sensible, que le jeune homme ne devait pas avoir un passé des plus simples et ils respectèrent son choix de ne pas en dire plus.

Ils discutèrent encore un moment, jusqu'à ce que les jeunes sorciers montrent des signes de fatigue. Carmen les entraina alors à l'étage des chambres et leur indiqua dans lesquelles ils pouvaient s'installer.

- Laquelle est celle d'Emmett ? demanda timidement Hermione.

Carmen fut surprise de sa question mais lui montra une porte.

- Merci, murmura la jeune femme avant d'y entrer.

- Ils sont ensemble, murmura Harry qui voyait l'incrédulité sur le visage de Carmen.

- Oh, souffla-t-elle. Et bien j'en suis heureuse, Emmett avait besoin de trouver sa compagne.

- Peut-on jeter quelques sorts par ici ? lui demanda-t-il après avoir légèrement hoché la tête à ses paroles.

- Des sorts ? releva-t-elle curieuse.

- Disons que nous apprécions d'avoir un peu d'intimité lorsque nous sommes dans nos chambres et avec des vampires, ce n'est pas ce qu'il y a de plus simple alors nous mettons notre magie à contribution…

- S'il n'y a rien de dangereux pour qui que ce soit, je n'y vois aucun inconvénient, répondit-elle avec un sourire.

- Merci, murmura Harry. Bonne nuit, rajouta-t-il avant de rejoindre Daphnée dans leur chambre.

Carmen retourna donc au salon, perdue dans ses pensées et elle perçut clairement le moment où les sorciers mirent leurs sorts en place. L'étage était en effet complètement silencieux alors que trois personnes s'y trouvaient.

- Etrange n'est-ce pas ? s'amusa Alice.

- On s'y fait, c'est même vraiment agréable d'avoir son intimité, déclara Rosalie.

- Cela reste très déconcertant de ne plus être capable de les entendre, dit Tanya.

- Leurs sorts marchent aussi sur vos dons ? s'enquit Eleazar.

- Oui, je ne ressens plus rien une fois qu'ils sont enfermés dans leur chambre, répondit Jasper.

- Pour ma part, je ne perçois aucune de leur pensée, ce qui n'est pas très inhabituel au vu de leur capacité, grommela Edward.

Emmett, qui avait entendu la demande d'Hermione, disparut rapidement du salon pour la retrouver. Il aimait en effet passer la nuit près d'elle depuis qu'ils étaient aux Etats-Unis et que la jeune femme acceptait enfin de partager sa chambre avec lui.

- Ils ont des sortes de dons ? s'enquit Kate avec curiosité.

- Pas exactement, répondit Jasper. Leur magie leur permet d'empêcher quiconque d'accéder à leurs pensées, c'est un art complexe et tous n'y parviennent pas mais ces trois-là si et Edward en ait particulièrement frustré, s'amusa-t-il.

- Je peux le comprendre, après autant de temps d'existence, il découvre qu'on peut bloquer son don, cela peut être quelque peu agaçant, intervint Carmen.

Les vampires continuèrent de discuter et aux alentours de deux heures du matin, Daphnée fit son apparition.

- Déjà debout ? s'étonna Esmé. Tu as besoin de quelque chose ?

- Non, soupira-t-elle. Je ne parviens plus à dormir, avec l'avion j'ai déjà eu mon quota, j'ai eu de la chance de réussir à me rendormir deux heures…

- Veux-tu boire quelque chose dans ce cas ? lui proposa Tanya.

- Un thé ne sera pas de refus, sourit-elle. Merci.

Tanya lui rendit son sourire et se dirigea vers la cuisine.

- Où est Jasper ? s'enquit alors Daphnée.

- Il doit être dehors avec Carlisle et Eleazar, lui répondit Alice.

- Merci, murmura-t-elle en s'y rendant aussitôt.

- As-tu besoin de moi ? lui demanda Jasper dès qu'elle arriva au jardin.

- Oui, souffla-t-elle. Et ça tombe bien que Carlisle soit là aussi…

- Nous t'écoutons, dit simplement Carlisle qui l'observait.

- Harry va sûrement m'en vouloir mais tant pis, soupira-t-elle. J'ai levé un des sorts de notre chambre donc normalement Jasper, tu dois être capable de ressentir ses émotions…

Jasper fronça les sourcils et se concentra quelques secondes sur l'étage, cherchant son petit frère.

- En effet, murmura-t-il.

- Bien, dit-elle avec un hochement de tête. Ce que je souhaiterais, c'est que tu préviennes Carlisle lorsqu'il fera un mauvais rêve… J'ai essayé de gérer jusqu'à maintenant mais j'ai pris conscience que ce n'était pas de moi qu'il avait besoin dans ces moments-là… Il ne me parle jamais lorsque je le sors de son cauchemar et c'est en train de me rendre dingue de le voir ainsi sans rien pouvoir faire…

- Es-tu penses que… commença Carlisle.

- Oui, l'interrompit-elle, sûre d'elle. C'est de vous qu'il a besoin, de son père, je suis presque certaine que ses démons ont un rapport avec ses moldus, bien qu'il ne doive pas y avoir que ça…

- Je pensais que ça lui était passé… murmura Jasper.

- Ça passe, ça revient… Mais en ce moment, je ne vais pas dire que c'est toutes les nuits mais presque et c'est toujours plus violent lorsque c'est la première nuit dans un nouvel endroit, avoua-t-elle.

- Alors je vais veiller, tu peux compter sur moi, déclara Jasper.

- Merci, souffla-t-elle.

- Ton dernier fils a un passé difficile n'est-ce pas ? demanda doucement Eleazar qui était resté silencieux pendant tout le temps de la discussion.

Carlisle ne put qu'opiner et tous virent la lueur soucieuse au fond de son regard.

- Je suis désolée, chuchota Daphnée.

- Tu n'as pas à l'être, je te trouve courageuse de venir nous parler de ça alors que tu sais qu'Harry ne va pas forcément bien le prendre, déclara calmement Carlisle.

- Ça me fait mal de le voir ainsi et d'être aussi impuissante, avoua-t-elle à voix basse.

Jasper, qui sentait toute sa détresse, ne put que lui envoyer des ondes pour l'apaiser un peu, songeant qu'elle devait garder ça pour elle depuis bien trop longtemps.

- Lorsque Carlisle ira le voir, tu ne pourras plus rien ressentir de ce qui se passera dans la chambre Jasper, l'avertit Daphnée avant de rentrer dans le chalet pour boire son thé, annulant par la même occasion les sorts qu'elle avait jeté pour que ceux qui étaient à l'intérieur ne puissent rien entendre de leur conversation.

C'est finalement vers quatre heures du matin que Jasper sentit une vague de terreur en provenance de la chambre d'Harry. Il en fut d'ailleurs très secoué, ne s'attendant pas à une telle violence dans les émotions de son frère. Il fit alors un léger signe à Carlisle et celui-ci comprit aussitôt.

Carlisle se rendit donc calmement à l'étage, ne voulant pas que quiconque lui pose de question alors qu'au fond de lui, il sentait l'inquiétude monter encore d'un cran.

Il ouvrit ensuite rapidement la porte et entra dans la chambre, tombant sur son fils en train de s'agiter et de crier. Il lui fallut quelques secondes pour se remettre les idées en place et quand ce fut fait, il s'avança vers le lit.

Il s'assit avec précaution tout près d'Harry, songeant que pour une fois, il aurait aimé avoir la capacité d'Edward afin de voir ce qui l'effrayait tant.

- Harry, chuchota-t-il. S'il te plait Harry, ouvre les yeux, reviens avec moi… C'est Papa Harry, aller, ce n'est qu'un cauchemar…

Carlisle continua de lui parler d'une voix douce et après quelques minutes, ne voyant pas d'amélioration, il posa sa main dans ses cheveux désordonnés. Il sentit alors une onde magique le traverser, le faisant frissonner mais il ne retira pas sa main. La secousse n'avait rien eu d'agréable mais il avait eu l'impression que la magie de son fils l'avait testé et ne sentant plus rien, il prit ça comme un accord de se rapprocher de lui. Il commença alors doucement à passer sa main dans ses cheveux tout en continuant de lui parler.

Après quelques minutes qui lui parurent interminable, Harry s'apaisa enfin et ses yeux papillonnèrent, signe qu'il allait se réveiller.

- Ça va Daph', tu peux te rendormir, marmonna-t-il en se mettant dos à Carlisle.

- Ce n'est pas Daphnée Harry, murmura-t-il alors et son fils eut un sursaut.

- Pa… Papa ? souffla-t-il en se tournant légèrement pour le regarder. Que… Pourquoi ? C'est…

- Daphnée qui m'envoie, oui, déclara-t-il, comprenant ce que son fils voulait savoir.

Harry se ferma aussitôt, ne sachant pas s'il devait se sentir trahi ou soulagé de la décision de sa petite amie.

- Parle-moi mon fils, explique-moi ce qui ne va pas pour que tes rêves soient si mauvais et agités…

Harry ne répondit rien, fermant les yeux pour cacher les larmes qui s'y accumulaient. Il ne savait pas pourquoi mais toute cette situation lui donnait envie de pleurer, comme un enfant. Soudain, il sentit le corps glacé de son père tout contre lui alors que son bras s'enroulait autour de ses épaules pour le rapprocher un peu plus et ce simple geste suffit à faire couler les larmes qu'il retenait.

- Je suis désolé, chuchota-t-il.

- Pourquoi l'es-tu ? lui demanda-t-il.

- D'être ainsi… Perdu… D'attirer les problèmes… De causer du souci à notre famille… De la mettre en danger…

Malgré la réponse plutôt décousue, Carlisle comprit. Harry, même s'il était heureux de ce voyage et d'avoir une famille, avait toujours cette crainte d'être abandonné et de devoir retourner chez ses moldus. Il restait le petit garçon apeuré qui aurait voulu trouver de l'aide bien plus tôt et ses cauchemars n'étaient que le reflet de ce sentiment d'insécurité qu'il ne parvenait pas à étouffer.

- Regarde-moi Harry, lui demanda gentiment son père.

Harry leva son regard vers lui et Carlisle ne put que voir la peur gravée dans les prunelles vertes.

- Me fais-tu confiance Harry ? l'interrogea-t-il et celui-ci opina. Alors je veux que tu gardes bien ça en tête, nous ne t'abandonnerons pas, tu es un Cullen depuis bientôt deux ans et tu le restas aussi longtemps que tu vivras, dit-il lentement pour lui laisser le temps d'assimiler chaque mot qu'il prononçait. Tu es notre fils, à Esmé et moi, et Rosalie, Alice, Jasper, Edward et Emmett sont ravis d'avoir un petit frère comme toi. Pour ma part, je suis comblé de t'avoir comme fils, je suis fier de l'homme que tu deviens car malgré tout ce que tu as traversé, tu as toujours su faire les bons choix. Alors Harry, je peux te promettre une chose, c'est que jamais l'un d'entre nous ne te laissera retourner chez tes moldus, conclut-il fermement.

- Pardon, souffla-t-il avant d'éclater en sanglots.

- Il n'y a rien à pardonner Harry, je peux comprendre ton sentiment d'insécurité mais tu sais que tu peux toujours venir parler avec l'un de nous… Il a fallu près de dix ans avant que Rosalie nous fasse pleinement confiance alors nous attendrons le temps qu'il faut pour toi…

- Comment peux-tu…

- Comprendre ? Savoir que c'est ce que tu ressens ? finit-il à sa place et Harry opina. Parce qu'on est déjà passé par là avec Rosalie, parce que je suis médecin et que j'ai déjà eu comme patient des personnes avec un passé comme le tien… Et surtout, parce que je te connais, que j'ai compris comment tu fonctionnes mais que je pensais que tu étais passé au-dessus de ça, que tes mauvais rêves t'avaient laissé tranquille mais je constate que je me suis trompé sur ce point…

Le silence s'installa ensuite pendant plusieurs minutes, permettant à Harry de sécher ses dernières larmes.

- Je le vois toujours, murmura-t-il finalement. Lorsque je m'endors dans un nouveau lieu, il est toujours là… J'ai l'impression qu'il me surveille et qu'il m'attrape dès que je suis seul pour mieux me détruire… Il m'insulte, me frappe et je finis toujours par crier et me débattre, réveillant Daphnée, qui me sort ensuite de ce cauchemar… Alors j'ai peur d'y retourner, peur de le revoir un jour même en sachant qu'il est en prison, avoua-t-il. Et pourtant, Merlin sait à quel point je vous aime et que je suis bien avec vous… Mais cette peur, je n'arrive pas à la contrôler, cela me hante et parfois, cela devient juste ingérable… Je sais que Daphnée se sent impuissante parce que j'ai honte de lui avouer qu'un moldu, que je ne reverrai surement jamais, m'effraie toujours… J'ai honte de m'être laissé brutaliser par un moldu alors que j'avais de la magie en moi et que j'aurais pu me défendre…

- Tu n'as pas à avoir honte Harry, répliqua calmement Carlisle après l'avoir écouté attentivement. La peur peut paralyser les gens et dans ton cas, je suis presque certain que cela a bloqué ta magie… D'autant plus qu'enfant, tu voulais te faire aimer alors inconsciemment, tu as dû étouffer ta magie pour essayer d'être aussi normal qu'eux, en tout cas selon leur définition… Retiens bien ceci Harry, tu n'es absolument pas coupable de tout ça, tu es une victime et tu ne reverras jamais ces moldus.

- Merci Papa, souffla-t-il ému. Merci.

- Si c'est ce dont tu as besoin, on peut se fixer un moment chaque semaine pour discuter de tout ça, lui proposa-t-il lentement.

- Comme un rendez-vous avec un psy ? s'étonna Harry.

- Oui, dit-il avec un léger hochement de tête. Je ne pense pas me tromper en disant que tu n'iras pas voir de psy et je ne le suis pas officiellement, mais j'ai suffisamment d'expérience pour pouvoir t'aider si tu le souhaites…

- Je… Oui, murmura-t-il. Et tu as raison, Daphnée m'a proposé et j'ai refusé d'y aller, admit-il.

- Alors on essaiera et je te promets que cela restera entre nous si tu ne souhaites pas que les autres soient au courant, rajouta-t-il avec un léger hochement de tête.

- Je… J'aimerais que tu en parles avec Maman, dit-il d'une toute petite voix. Je vois bien qu'elle s'inquiète pour moi mais je n'arrive pas à lui parler comme je le fais avec toi… Je sais qu'elle est plus solide qu'elle en a l'air mais elle est tellement douce, pleine de bonté et même si c'est surement stupide, j'ai peur de lui faire du mal en lui parlant de choses aussi mauvaises… Toi, je sais que tu en as vu d'autres parce que tu es médecin et je vois bien que tu me comprends, sans que j'aie forcément besoin de te parler alors je trouve ça plus facile…

- Esmé est en effet bien plus solide que ça mais je peux comprendre et je suis certain qu'elle en sera touchée, répondit-il. Mais si c'est ce que tu souhaites alors je lui parlerai de tout ça, je lui expliquerai la situation et peut-être viendra-t-elle te parler à un moment.

- Merci, soupira-t-il.

- Bien, je pense maintenant qu'il est temps pour toi de rendormir, je peux aller chercher Daphnée et…

- Non, l'interrompit-il. Reste s'il te plait, juste cette nuit, reste… rajouta-t-il d'une voix suppliante.

- Ça va Harry, je reste, murmura-t-il calmement. Je ne vais nulle part…

Harry opina, soulagé et se renfonça sous la couette avant de fermer les yeux. La présence glacée de son père l'apaisait, sans compter sa main qui montait et descendait dans son dos.

Harry ne mit guère de temps à plonger de nouveau dans le sommeil et comme promis, Carlisle ne bougea pas, veillant sur le sommeil de son fils.

Il le vit d'ailleurs commencer à trembler à plusieurs reprises et à chaque fois, il n'eut qu'à lui parler à voix basse et à caresser doucement ses cheveux pour chasser les prémices de ses cauchemars.

Au rez-de-chaussée, Daphnée était maintenant soulagée. Elle avait dit à Carlisle qu'Harry avait besoin de son père mais elle pensait qu'il avait aussi besoin du médecin. Elle avait déjà proposé à son petit ami de prendre des rendez-vous avec un psycomage mais il avait toujours refusé, disant que cela allait passer, qu'il lui fallait simplement du temps. Elle pensait qu'il avait eu raison, après tout, il pouvait se passer plusieurs mois sans que le moindre mauvais rêve ne vienne le perturber mais lorsque tout ça revenait, ça n'en était que plus violent. Elle se contentait donc d'être là quand il avait besoin d'elle mais espérait toujours qu'il accepte un peu d'aide. Elle comprenait malgré tout sa peur d'aller voir quelqu'un, il était suffisamment connu pour que toute la population sorcière soit au courant de ses problèmes et cela avait de quoi dissuader n'importe qui. Aussi, elle avait longuement réfléchi avant d'envoyer Carlisle au chevet d'Harry pendant l'une de ses mauvaises nuits mais depuis qu'ils étaient aux Etats-Unis, le nombre de cauchemars avaient beaucoup augmenté, lui faisant franchir le pas. Elle était certaine qu'il lui en voudrait mais il était plus que temps pour lui d'accepter un peu d'aide.

Maintenant, voyant que Carlisle ne redescendait pas, elle songea qu'elle avait eu raison et que peut-être, Harry s'était ouvert à son père.

Esmé était la seule à avoir réellement remarqué l'absence de Carlisle, après tout, la nuit chacun vaquait à ses occupations et se préoccupait un peu moins des autres. Rosalie et Edward avaient disparu dans leur chambre depuis plusieurs heures, Alice présentait à Tanya, Irina, Kate et Carmen la dernière collection qu'elle avait sorti avec Rosalie dans le salon du deuxième étage et Emmett avait rejoint Hermione dès le début de soirée. Ne restait que Jasper, qui semblait très soucieux et Eleazar qui discutait du monde magique avec Daphnée, surtout que celle-ci avait jeté des sortilèges sur l'ensemble du chalet afin que chaque pièce occupée soit insonorisée.

- Vas-tu bien Jasper ? s'enquit finalement Esmé.

- Bien sûr, pourquoi me demandes-tu ça ? répondit-il surpris.

- Je te trouve soucieux, est-ce ton don ?

- Ça va Esmé, dit-il doucement, ne voulant pas en parler.

- Alors y-a-il un rapport avec le fait que Carlisle soit au chevet d'Harry cette nuit ? l'interrogea-t-elle avec un demi-sourire, s'attirant aussitôt le regard de Daphnée et Eleazar.

- C'est une possibilité, admit-il, ne voulant pas lui mentir.

- C'est moi qui ai envoyé Carlisle là-haut, désolé, murmura Daphnée.

- Tu n'as pas à l'être, nous voyons tous qu'Harry a parfois besoin d'un peu d'aide et Carlisle a réussi à tisser un lien de confiance très fort avec lui, il est donc normal que tu l'ais sollicité…

- Il vous fait confiance vous savez, à chacun d'entre vous, dit-elle avec un léger sourire.

- Je sais, sourit Esmé. Il n'est juste pas très communicatif, et je ne peux que le comprendre avec ce qu'il a vécu… Certains ont plus de facilité avec lui, Jasper parce qu'il ressent les choses et Carlisle… Carlisle n'a certes pas le don d'Edward ou de Jasper, mais il est capable de comprendre chacun d'entre nous comme s'il pouvait nous lire de l'intérieur…

- Une sorte d'empathie, murmura Jasper. J'ai toujours pensé qu'il y avait quelque chose là-dessous, comme un don pas très clair au final…

- Non, Carlisle n'a pas de don, je suis certain de cela, intervint Eleazar. C'est simplement un homme bon qui a des capacités d'analyse et de compréhension supérieures à celles des autres. Je n'ai jamais vu quelqu'un avec une volonté aussi forte que la sienne, cette envie de faire les choses bien, de connaitre ses patients au point de comprendre ce qui les a amenés là… Il a toujours été très charismatique et cela se ressent dans ses relations avec les autres… Pour ce qui est d'Harry, vous êtes tous soucieux à son propos, protecteur même…

- Parce qu'il en a besoin, chuchota Daphnée.

- Je ne vous poserai pas de question à son propos, il est facile de voir que la vie n'a pas été tendre avec lui et son histoire ne regarde que lui et sa famille…

- Merci Eleazar, dit Esmé avec reconnaissance.

- Je suis par contre plus curieux à propos d'Emmett, elle est sa compagne n'est-ce pas ? s'enquit-il.

- Elle l'est, approuva Jasper. Il n'en a pas pris conscience tout de suite, au départ c'était simplement la meilleure amie d'Harry qui venait passer ses vacances avec lui. Personne ne sait vraiment quand il a compris ce qu'elle représentait pour lui mais au fur et à mesure, on a vu qu'il avait commencé à se rapprocher d'elle.

- Le sait-elle ? demanda Eleazar.

- Hermione est très intelligente, je pense qu'elle a compris, répondit Daphnée. Et puis avec Harry, il parle beaucoup, ils ont traversé énormément de choses ensemble et ça les a soudés… Donc même si elle n'avait pas deviné, je suis certaine qu'Harry l'aura aiguillée à ce propos à un moment ou à un autre.

- Votre famille attire toujours des gens exceptionnels, rajouta Eleazar, songeant à Edward, Alice et Jasper qui possédaient tous trois un don remarquable et aux trois nouveaux membres, sorciers de leur état.

Esmé ne put que sourire à cette phrase, pensant qu'il n'avait pas tort mais que ça n'avait aucune importance car sa famille, elle l'aimait pour les personnes qui la composait, pas parce que certains avaient des dons.


Voici donc pour cette semaine et la fin de cette histoire approche de plus en plus... En espérant que vous appréciez toujours :)

A bientôt !