Chapitre 18 : Il est de retour

Coucou les copains ! Dans ce chapitre le retour de Sherlock et un petit cliffhanger vu que... pourquoi pas ? ;) Si vous aviez des suggestions/propositions pour cette fanfic, hésitez pas à les partager, j'ai l'impression de tourner en rond et c'est vraiment frustrant comme sensation!


Deux ans sont passés. Deux ans pendant lesquels Papa a gardé sa moustache et moi mon petit ami. Deux ans pendant lesquels ma relation avec Drago a grandit, pour le mieux. Je n'ai toujours pas revu ses parents, Drago m'assure qu'il en fait son affaire mais parfois, souvent après que nous sortons en public, il ne me contacte pendant un jour ou deux puis revient comme une fleur. Je ne pose pas trop de questions.

Nous envisageons d'emménager ensemble mais je culpabilise de laisser mon père seul.

Et Mrs Hudson culpabilise (et je dirais même, harcèle) mon père car il ne va pas la voir assez souvent.

Papa va (relativement) mieux. Il est devenu assez proche avec une collègue, Mary, mais rien n'a véritablement évolué vers une relation amoureuse, rendant les rumeurs de son couple avec Sherlock encore plus crédibles. Mary est pas mal. Elle est assez drôle et j'aime beaucoup quand elle passe à la maison.

Sherlock nous manque beaucoup. Anderson a même lancé un groupe de personnes qui ne croient pas en la mort de Sherlock. Sherlock a même été innocenté pour toutes les horribles choses pour lesquelles il était accusé.. à titre posthume. Quelle blague.

De toute façon, j'étudie trop en ce moment pour que lieu où je le fasse change quelque chose. Et, Drago a commencé un deuxième master cette année et puis il commencera à travailler. Ce sera peut être envisageable à ce moment là. J'avoue que j'en ai un peu marre de passer mes nuits avec Drago quand mon père est de garde et ses parents sont en déplacement.

Drago a décidé d'inviter mon père et moi dans un restaurant plutôt classe. Mon père et lui semblent nerveux. Personnellement, j'ai à peine eu le temps de sortir mon nez de mes bouquins, d'enfiler une tenue respectable et de me maquiller un minimum. Je fonctionne à qiatre cafés par jour en ce moment.

Papa et Drago portent tous les deux un costume noir avec une petite cravate. Drago a les cheveux un peu plus long et ils lui tombent devant les yeux. Seul le regard nerveux et inquiet de Papa m'empêche de les dégager de son front.

- Vous êtes sûr que ça va ? je demande timidement.

- Oui oui, répond Drago très vite en regardant autour de lui.

Mon père soupire.

- Je reviens, nous dit Drago avant de se diriger vers les toilettes.

Papa inspire profondément et se tourne vers moi.

- Elizabeth… Tu as 21 ans.

Je grimace, lisant le menu aux prix beaucoup trop hauts pour nous et hoche la tête.

- Tu n'es pas obligé de le dire comme ça… Tu en as 40 et je le garde pour moi, je grogne.

- Tu aimes ce Drago Malefoy ?

Je relève un sourcil et pose lentement le menu avant d'avancer mon visage vers cet idiot de John Watson et de murmurer sur le ton de la confidence.

- Entre nous… je suis avec lui pour son argent.

Mon père sourit et s'apprête à me répondre mais un serveur avec un accent français assez fort pour son argent.

- Je peux vous aider avec quoique ce soit, Monsieur ?

- Je veux savoir si tu l'aimes … vraiment, insiste Papa avant de pointer quelque chose sur le menu au serveur. Lequel recommandez vous ?

- Oui, Papa, je l'aime vraiment. Je ne me coltine pas ses conneries et ses amis bofs, à part Blaise, uniquement pour son argent.

Le serveur, qui avait commencé à conseiller mon père, conclu sa tirade avec un :

- … on dirait même un visage du passé.

Foutus français avec leur poésie de merde. Je lève les yeux au ciel en soupirant.

- Je vais prendre celui là, sourit mon père avant de me regarder. Alors je suis d'accord.

- « D'accord » ? je répète sans comprendre.

- Vous serez surpris par l'élément de… surprise !

Oh pitié tais toi.

- Surprenez nous alors, je marmonne alors que mon père lui rend le menu.

- Je fais mon possible, grogne-t-il en réponse avant de s'éloigner.

Je me tourne vers mon père.

- D'accord de quoi ?

Drago revient, nerveux et ayant visiblement humidifié son visage. Je le regarde puis me tourne vers mon père, me demandant dans quel genre de cirque je viens de débarquer. Drago prend doucement ma main, lançant un regard entendu à mon père.

- Elizabeth…, me dit-il lentement.

- Vous m'angoissez, je me crispe en jetant un regard en biais à Papa.

- Non non non, sourit doucement Drago en serrant doucement ma main. Elizabeth, ça fait quelques temps maintenant que nous sommes ensemble..

Je me crispe un peu plus.

Il va me demander en mariage le con ? En publique ? Je vais être obligée de lui dire oui et puis non en privé.

Est-ce que je vais lui dire non ?

On est beaucoup trop jeunes.

- Je ne vais pas te demander en mariage, me rassure Drago en voyant mon regard inquiet, son sourire nerveux s'agrandissant.

Je pousse un soupire de soulagement, il serre un peu plus ma main et se racle la gorge.

- J'ai discuté avec ton père avant. Je lui ai demandé ce qu'il en pensait.

Je lève un sourcil, surprise.

- Et qu'est-ce qu'il en pense ? je souris en regardant Papa.

Papa nous regarde, se raclant la gorge.

- Il en pense que c'est une bonne idée.

- Et qu'elle est cette bonne idée ? je demande à Drago.

- Monsieur, je pense que cette bouteille vous plaira beaucoup, s'incruste brusquement le serveur en mettant une bouteille de champagne devant le nez de Papa. Ça a les qualités de l'ancien avec les couleurs du neuf.

Drago se crispe totalement et me regarde, figé. Papa repousse la bouteille.

- Peut être attendre cinq minutes ? propose-t-il, dents serrées.

Je vais casser la gueule à ce serveur.

- C'est comme, dans une foule d'étrangers, le regard d'un… vieil ami.

L'accent a disparu. Ne reste qu'une voix grave.

Je sens mon sang se glacer dans mes veines, reconnaissant aussitôt la voix lorsque les deux derniers mots ont été prononcé. Je n'ose pas lever les yeux. Je fixe la table sans vraiment la voir et me retenant de me pincer le bras.

- Bon, soupire mon père. Pouvez vous …

Il lève les yeux vers le serveur et je vois Drago faire de même et inspirer profondément.

- El'…, murmure Drago.

- N-non, je réponds, le regard vissé sur la bouteille de vin en face de moi.

- Étrange chose un costume, sourit la voix grave que j'ai reconnu. Ça donne de la distinction aux amis et l'anonymat aux serveurs.

Je déglutis et lève lentement le menton. Sherlock se tourne vers moi et me sourit. Il a une fausse moustache semblant dessinée au feutre et des lunettes qui ne lui appartiennent pas. Je tourne les yeux vers Papa qui semble presque s'étrangler. Il se lève difficilement.

Drago serre ma main en silence.

- Version courte… pas mort, dit Sherlock, presque amusé.

- Je vais vomir, j'articule d'une voix blanche.

- J'admets que ce n'est pas la meilleure façon pour l'annoncer. Ça aurait pu te donner une attaque… ça peut encore. Pour ma défense, c'était très drôle…. Mmh. Peut être pas une super défense.

- Vous étiez mort, souffle Drago.

- Je ne le suis plus, sourit Sherlock, crispé.

- On vous a enterré.

- Visiblement non.

- Vous êtes mort.

- Je vous assure que non, dit Sherlock. Pardonnez moi.

Il plonge une serviette dans le verre d'eau de Drago et essuie sa moustache, souriant à mon père :

- La tienne s'enlève aussi ?

- Est-ce… que… Tu as la moindre idée de ce que tu nous as fais ? j'articule d'une voix hachée.

- Je réalise que je vous dois peut être une petite excuse…

Papa tape son poing sur la table et j'inspire profondément. Je dirais bien à Drago de l'empêcher de frapper de Sherlock mais mon père réduirait le blond en bouillie trop aisément. Je devrais peut être l'empêcher moi… mais est-ce que j'en ai envie ?

- Papa…, je souffle en avançant ma main.

- Deux ans… deux ans…. Mmh ? tu étais mort… Tu nous laisses… faire notre deuil… mmh ? Comment as-tu fais une chose pareille ? Comment ?

- Avant que tu fasses quoique ce soit que tu pourrais regretter, commence Sherlock. Tu comptes vraiment garder ta moustache ?

J'avoue que j'étouffe un pouffement malgré moi et Sherlock me sourit.

Mais c'était sans compter sur Papa qui se jette sur Sherlock brusquement et le plaque au sol. Ce qui est, tout de même, sacrément surprenant compte tenu de la différence de taille. Je me crispe totalement et essaye de les séparer, aidée par les serveurs. Drago me tire en arrière.

- Ton père n'aurait pas envie que tu te prennes un coup aveugle, me dit-il.

- Ça le dérangerait pas que ce soit toi qui le prennes, je réponds en grognant.

Drago me serre doucement dans ses bras et me souffle à l'oreille pendant que je regarde mon père et Sherlock se faire séparer.

- Tu es sûre que ça va ?

- Je ne suis sûre de rien.

Nous sommes mis dehors par le restaurant, comme on pouvait s'y attendre. Drago serre doucement ma main et je sens le regard de Sherlock sur nous. Je n'ai pas la force de faire face à son regard. Mon père regarde les voitures passer quelques secondes, puis se tourne vers nous.

- Je connais un petit restaurant au bout de la rue, grogne-t-il. On peut aller là.

- Excellente idée, répond Sherlock avec plus d'enthousiasme que d'habitude.

Le bougre essaye de se rattraper. Il essaye de rattraper être mort pendant deux ans. Je vais le tuer, pour de vrai.

Je serre les dents et m'apprête à suivre Papa mais Drago me retient par le bras, me gardant auprès de lui. Je fronce les sourcils et me tourne vers lui.

- Ça va ?

- Tu es sûre que tu veux que je reste ? me demande-t-il. Ça m'a l'air… privé.

- Il vient de débarquer après deux ans. J'en ai rien à foutre que ta présence le dérange, je réponds avec évidence.

- Moi aussi. Ce qui m'intéresse c'est ce que toi tu veux, insiste Drago en attrapant mon visage.

Cet abruti aime beaucoup trop qu'on exprime ce qu'on ressente. Vraiment pas mon délire. Je réponds avec le plus d'ironie possible.

- J'adorerais que tu t'en ailles.

- On parle demain alors, me sourit-il avec douceur.

Je me crispe et lui murmure que j'aimerais bien qu'il reste. Il sourit un peu plus (ce qui me donne envie de l'étrangler) et il passe son bras autour de mon cou en se mettant en route. Nous atterrissons dans un petit restaurant italien où je commande quelque chose à boire pendant que les autres restent silencieux, se toisant sans un bruit. Sherlock commence à nous expliquer comment il a survécu, explorant les alternatives auxquelles il avait pensé.

- Je m'en fiche, interrompt Papa. Je veux savoir pourquoi.

- Pourquoi ? répète Sherlock. Parce que Moriarty devait être arrêté.

Il fronce les sourcils.

- Oh… pourquoi dans le sens…

Papa et moi hochons la tête.

- Oh, ce sera plus difficile à expliquer… c'était surtout l'idée de Mycroft.

- Tu suis les idées de Mycroft toi ? je demande en arquant un sourcil.

Sherlock me répond par l'affirmative et je continue ;

- Et c'était le seul à savoir ?

- … il y avait quelques autres.

Je me sens me crisper et la main de Drago se pose sur ma cuisse, tentant de me détendre.

- C'était un plan élaboré, justifie Sherlock. On avait pas le choix.

- Qui… Qui savait ? demande mon père.

Sherlock inspire.

- Qui ? insiste mon père.

- Molly.

J'ai envie de tuer quelqu'un.

- Molly, quelques sdfs de mon réseaux, c'est tout.

- Molly Hopper ? répète Papa outré.

- Les sdfs de ton réseau ? Tu te moques de nous !

Sherlock nous regarde sans trop savoir quoi répondre.

- Donc c'était ton frère, Molly et une centaine de sdfs, résume mon père.

Sherlock sourit.

- Non ! Vingt cinq maximum.

Mon père se jette à nouveau sur Sherlock et je parviens à le tirer en arrière sans trop grosses difficultés. Sherlock est tout de même coupé à la lèvre. Donc sans surprise, on est remis dehors. Je soupire et me tourne vers Drago qui a l'air fameusement amusé.

- Tu peux rentrer si tu veux ?

- Si je rentre maintenant, je ne saurais jamais le fin mot de l'histoire, me sourit-il.

- je te le dirais.

- Tu le diras à Zabini avant et je veux le savoir en premier, rétorque-t-il.

J'admets que c'est vrai. Je souris en coin et suis Sherlock qui nous amène dans un kebab minuscule où nous ne pouvons pas nous asseoir. Je n'ai plus vraiment faim. Drago a l'air franchement perdu : il a regardé la carte quelques instants, ses sourcils se fronçant un peu plus à chaque plat. J'ai encore des choses à lui apprendre. Sherlock, pas vraiment conscient de la délicatesse de la situation, se commande à manger gaiement. Le silence gênant semble s'éterniser et Sherlock brise la glace comme il sait si bien le faire. Il regarde mon père en fronçant les sourcils puis lui demande :

- Sérieusement… Tu vas vraiment garder la moustache ?

Il se tourne vers moi.

- Tu le laisses faire ?

Je ne parviens pas à retenir mon sourire et hausse les épaules.

- J'ai bien tenté de la raser dans son sommeil mais ce fût un échec.

- Je la garde, grogne mon père.

- … sûr ? insiste Sherlock.

- Les gens aiment bien.

- Non, répond Sherlock fermement.

- Dis lui Elizabeth.

- Papa, personne ne l'aime.

- Mary aime bien.

- Qui est Mary ? demande Sherlock.

- Elle te ment, je réplique.

Papa lève les yeux au ciel, ne me croyant pas. Je souris en coin.

- Elle t'a comparé à l'inspecteur dans la série « Monk ».

Papa se crispe totalement, me regardant avec horreur avant de porter la main à sa moustache.

- Parfait ! Ca m'avait manqué ! se crispe-t-il.

Il se tourne vers Sherlock et lui souffle, frustré :

- Un mot Sherlock. Un mot. C'est tout ce dont j'avais besoin. Tout ce dont on avait besoin.

- J'ai failli le faire beaucoup de fois…

Je soupire et regarde ailleurs.

- J'avais peur que vous disiez quelque chose d'indiscret…

- Pardon ?

Papa et moi avons parlé en même temps.

- Laisser l'information… voyager.

Mon tour de le gifler. Je m'avance en me remontant les manches et Drago attrape fermement mon poignet. Je le fusille du regard.

- Donc c'est notre faute ?! demande Papa, aussi outré que moi.

- Mais non, soupire Drago, agacé.

Je dégage mon poignet et me tourne vers lui, prête à en découdre. Papa tourne sèchement la tête vers lui, lui aussi déjà en position de combat.

- On réagit de façon inadaptée d'après toi ? je demande froidement.

- Sur réagir, marmonne Sherlock.

- Sur réagir ?! explose Papa.

Oh…. Sur réagir dans ce sens là ? J'hoche lentement la tête. Je vois.

- Tu prétends être mort, tu reviens ici, tout fringuant et on ne devrait y voir aucun problème ?! Parce que Sherlock pense que c'est quelque chose de normal !

- Ferme la ! s'exclame Sherlock. Je ne veux pas que tout le monde sache que je suis en vie !

En disant cela, il a regardé Drago.

- C'est un secret ? demande mon père, criant presque.

Il est demeuré ?

- Oui c'est un secret ! Tu ne diras rien ?

- Juré, marmonne Papa, serrant les dents.

Sherlock se tourne vers Drago et moi mais ne me regarde pas vraiment.

- Vous ne direz rien ? siffle-t-il.

Drago lève la main droite.

- Évidemment. Sur l'honneur.

Papa, Sherlock et moi roulons des yeux.

Sherlock se penche et murmure quelque chose à Papa, trop bas pour que je puisse entendre. Mais Papa se redresse lentement, les sourcils haussés et un sourire faux sur le visage.

- Mon aide ? répète-t-il.

- Ça t'as manqué, sourit Sherlock. Admets le. Le frisson de la poursuite, l'adrénaline, nous deux contre le reste du monde…

Papa attrape Sherlock par le col et lui donne le plus gros coup de boule que j'ai vu de ma vie. Et pourtant, j'ai regardé la coupe du monde de football de 2006 en direct. Le craquement qu'émet le nez de Sherlock me fait grimacer et je sens Drago se raidir à mes côtés.

Nous sortons avant même que le proprio nous le demande, je sors simplement des mouchoirs pour Sherlock.

- Je ne comprends pas… j'ai dis pardon, me dit Sherlock. Ce n'est pas ce qu'il faut dire ?

- Tu n'as pas changé, je souris en soupirant. Je ne sais pas si ça me rassure.

Papa appelle un taxi plus loin. Drago nous observe, à une certaine distance.

- Je lui parlerais j'imagine, je réponds finalement.

Sherlock fronce les sourcils.

- Vraiment ?

- Il est insupportable sans toi.

Sherlock a un petit sourire et lance un court regard à Drago.

- Tu vas lui dire oui ?

- Oui ? je répète.

- Mmmh.

Sherlock se tait et me fait un clin d'œil. Papa m'appelle, je salue donc le détective et m'approche d'un Watson trop énervé pour son propre bien.

- On rentre, m'annonce-t-il.

- Je peux rentrer avec Drago ? Je pense qu'il allait me demander quelque chose.

Papa me regarde, fronçant les sourcils en réfléchissant avant d'hocher lentement la tête.

- Oh… oui.

Drago est déjà entré dans son propre taxi. Je le rejoins bien vite et me laisse tomber sur la banquette sans la moindre délicatesse.

- Tu ne rentres pas avec ton père ?

- Il me semble que tu avais quelque chose à me demander.

Drago se crispe et rougit légèrement, regardant ailleurs en se massant la nuque. Il semble réfléchir quelques instant.

- Mmh.. oui.

- Et bien ?


à suivre...