Salut à tous !

Je voudrais avant tous souhaiter un joyeux anniversaire à J. , cette femme si créative dont on devrait tous s'inspirer. Aussi, bon anniversaire à notre bon pote Potter qui fêterait aujourd'hui ses 40 ans. Ah ... je vois quelques cheveux blancs ...

Bref, assez de parlote et je vous laisse profiter du chapitre.

Enjoy :)

... attendez, je me cache sous la table, parce que là, je crois que je vais me faire détester.


Disclaimer : le monde et les personnages de la saga Harry Potter sont la propriété de J.


- Venez, plus vite, on sera dans le bus, mieux ça vaudra, dit Tonks.

Dorea releva que l'auror avait l'air agitée tandis que Lupin brandit le bras droit, avec sa baguette magique au bout de ses doigts.

Un bang sonore retentit dans la rue et apparue brusquement un bus impérial d'une éclatante couleur violette. Harry tira brutalement sa sœur en arrière avant que le bus ne l'égruge.

Dorea, reconnaissant le magicobus, se souvint de ce qu'avait dit Drago lors de leur journée au chemin de traverse avant la rentrée et sourit malgré elle. Aussitôt, son ventre se tordit à la pensée de revoir le jeune homme dans quelques heures et se promit de tout faire pour l'esquiver.

Un garçon boutonneux apparut sur les premières marches et sauta à terre.

- Bienvenue à bord du…, commença-t-il.
- Oui, oui, c'est ça, on connaît, merci, l'interrompit Tonks. Allez, vite montez…

Tonks poussa Harry dans le bus, qui maintenait cependant Dorea par le bras. Lorsque les deux sorciers passèrent devant le jeune homme, celui-ci dessilla des yeux ronds.

- Oh, mais… c'est Harry et…
- Si jamais tu prononces son nom, je te jette un sort qui te plongera dans un oubli définitif, menaça Tonks en poussant à présent Ginny et Hermione à bord du bus.
- J'ai toujours voulu monter dans ce truc-là, dit Ron d'un ton allègre.

Il avait rattrapé Harry et Dorea et contemplait autour de lui d'un air ravi.

Le Magicobus ressemblait à un petit hall de gare avec ses bancs et chaise au centre de l'allée au premier étage. Certains fauteuils étaient sans dessus-dessous, et Dorea espéra furtivement qu'ils allaient arriver en un seul morceau à Poudlard.

Des sorciers et sorcières se relevaient en grommelant et un sac de provisions avait glissé de toute la longueur du bus, semant sur son passage un mélange peu ragoûtant d'œufs de grenouille, de cafards et de biscuits fourrés. La rousse se pinça le nez, la nausée lui remuant l'estomac.

Tonks et Lupin montèrent la suite de leurs bagages, puis grimpèrent à leur tour dans le bus.

- Il va falloir qu'on se sépare en deux groupes, dit vivement Tonks qui cherchait des yeux des sièges inoccupés. Fred, George, Ginny et Dorea allez-vous asseoir là-bas, au fond… Remus, restera avec vous.

Elle-même, Harry, Ron et Hermione se dirigèrent vers l'étage du dessus, alors que Dorea prenait place entre Lupin et Ginny.

Le contrôleur s'avança vers le groupe restreint et Dorea lui donna quatre mornilles.

- Moi, je veux bien un chocolat chaud, commanda Fred.
- Ah oui, moi aussi ! s'exclama Ginny.
- Je ne vous conseille pas si vous ne voulez pas vous renverser du chocolat sur vos vestes, intervint Dorea d'un ton taquin.
- Ah bah, non en fait, dit Fred avec dépit.
- Moi non, plus, ajouta Ginny.

Le contrôleur prit les quatre mornilles de chacun et monta à l'étage.

Puis brusquement le bus partit dans un nouveau BANG ! bouleversant. Dorea entendit le petit hibou de Ron, Coquecigrue, hululer au-dessus de leur tête.

- Alors Dorea, contente de retourner à Poudlard ? lui demanda Lupin.
- Plutôt, oui, répondit la jeune fille en haussant ses épaules.
- Tu restes inquiète pour ton père ? comprit le sorcier.

Dorea hocha la tête.

- Je comprends, mais je suis certain qu'il est en sécurité et loin de Londres. Peut-être même à l'étranger où personne ne peut le retrouver.

Dorea acquiesça à nouveau pensivement.

- Je ne peux pas te dire de t'inquiéter, mais tout ce que je peux te dire, c'est que connaissant ton père, depuis le temps, c'est un homme qui a beaucoup de ressource. Tout comme sa fille, n'est-ce pas ? sourit-il bienveillant.

L'adolescente leva les yeux vers Lupin et trouva qu'il était plutôt avenant avec ce sourire illuminant son visage écorché.

- Je ne suis pas sa fille, pas vraiment…, dit sinistrement la rousse. Je ne suis la fille de personne…, murmura-t-elle plus pour elle-même que pour le lycanthrope.
- Tu es la fille de Lord Goderic Artwood, répondit ce dernier d'un ton ferme. Et tu es la fille de Lily et James Potter, ajouta-t-il. N'en doutes jamais. Car je peux t'assurer que tous tes parents, tous autant qu'ils soient, t'aimes et t'aimais.

Le regard de Lupin se durci et Dorea reprit quelque peu confiance en elle. Elle dévia ses prunelles vers les fenêtres pour discerner une maison entière reculer de cinq mètres pour laisser passer le Magicobus qui faisait des embardées, sortant parfois de la route.

- On est tous prêts de Birmingham, annonça gaiement le contrôleur à l'étage supérieur.

BANG !

Les sièges glissèrent à nouveau en arrière tandis que le Magicobus sautait l'autoroute de Birmingham sur une route étroite de campagne aux virages en épingle à cheveux. Des deux côtés de la chaussée, des haies s'écartait brusquement lorsque le bus montait sur le talus.
Ils passèrent ensuite dans la rue centrale d'une petite ville animée, puis sur un viaduc entouré de hautes collines avant de s'engager sur une route balayée par le vent, entre de hauts immeubles d'habitation. À chaque changement de décor, un BANG ! tonitruant retentissait.

Soudainement, une vieille dame face à Dorea, eut un haut-le-corps, son estomac émettant un horrible gargouillement. Dorea toisa la dame avant que le bus ne s'arrête brutalement, leur banc glissant contre la paroi du bus.

La vieille sorcière, se leva, le dos voûté et la mine verdâtre pendant que le contrôleur descendait tout guilleret et les autres passagers murmuraient de soulagement.

- Au revoir Madame Dumarais ! s'exclama le garçon quand la sorcière fut sur le trottoir pour vomir tout ce qu'elle pouvait.

BANG !

Le bus repartit aussi sec et ils roulaient à présent dans la grand-rue de Pré-au-Lard. Des flocons de neige s'écrasaient contre l'immense pare-brise à l'avant du bus. Enfin, ils s'arrêtèrent devant le portail de Poudlard.

Dorea se leva du banc et traîna sa valise pour sortir aussi prestement qu'elle le put du Magicobus. Elle l'avait emprunté qu'une seule fois, plusieurs années auparavant, avec son père…

À la pensée de Goderic, un spasme apparut dans son estomac. Elle ne devait pas y penser. Lupin l'avait dit, son père possédait beaucoup de ressource et tout irait bien.

Quand ils furent hors du Magicobus, Dorea dressa la tête et vit tous les passagers, le nez collé contre la vitre, les observaient avec unecuriosité louche.

- Vous serez en sécurité dès que vous aurez franchi l'enceinte de Poudlard, assura Tonks en scrutant la route déserte. Bon trimestre !
- Prenez soin de vous, dit Lupin qui serra la main de tout le monde en terminant par celle d'Harry. Et toi, écoute-moi bien, ajouta-t-il en baissant la voix. Je sais que tu n'aimes pas Rogue, mais c'est un excellent occlumens et nous voulons tous, y compris Sirius, que tu apprennes à te protéger. Alors travaille dur, d'accord ?
- Ouais d'accord, répondit Harry d'un ton lourd.
- À bientôt tout le monde ! dit Tonks en remontant dans le bus en compagnie de Lupin.

Les Weasley, Hermione, Harry et Dorea adressèrent un signe de main, observant le magicobus s'en aller dans un nouveau BANG !

Quand ils arrivèrent dans le hall d'entrée, Dorea salua les Gryffondors qui montèrent dans les étages supérieurs et fut quelque peu soulagés de retrouver malgré tout son dortoir, en espérant qu'il n'y aurait pas de mauvaises surprises.

Quand elle pénétra la salle commune, une musique sonore résonner tandis que la plupart des élèves dansaient ou même buvaient de la bièraubeurre en discutant joyeusement de leurs vacances.

Souhaitant se faire discrète, la rousse, traînant sa malle derrière elle, monta immédiatement dans son dortoir, sans remarquer les regards appuyés de ses camarades et plus précisément de quatre serpentards, installés comme à l'habitué près de la cheminée.

Dorea pénétra la chambre et verrouilla la porte pour s'y adosser, soufflant une ample inspiration. Elle y était, enfin. Malgré les semaines pénibles qu'elle avait passait avant les vacances, Poudlard demeurait une deuxième maison pour elle à présent. Elle n'avait jamais ressenti cela à Beaubâtons. Peut-être était-ce la perte de repère qu'elle subissait à présent avec la disparition de son père ? La bile monta dans la gorge de Dorea, mais cette dernière remua la tête et se dirigea vers son lit pour entreprendre de ranger ses affaires.

Alors qu'elle était en train de réunir ses livres pour le cours du lendemain, la porte s'ouvrit et Daphné entra dans la chambre.

Dorea, submergé par sa tâche, ne remarqua pas la blonde d'abord la contempler fixement, puis s'avancer vers avec hésitation.

- Salut, dit-elle dans un murmure.

Dorea orienta la tête vers la jeune Greengrass quelque peu déconcertée puis la toisa de bas en haut, et sans répondre, retourna à son rangement.

- Euh… Tu as passé de bonnes vacances ?

La rousse, qui se demandait à quel jeu jouait la blonde, fronça les sourcils, mais continua d'ignorer son ancienne amie.

- Euh… Moi en tout cas, j'ai passé des bonnes vacances. Astoria s'est fait engueuler parce qu'elle a récolté une retenue avec le professeur McGonagall, alors t'imagine…

Dorea se redressa lentement, revêtant une expression froide et méprisante, puis se tourna vers la serpentard.

- … J'étais aux anges, parce que pour une fois, l'enfant chérie s'est fait disputer par nos parents…
- À quoi tu joues Greengrass ? coupa sèchement Dorea.

Daphné s'interrompit aussitôt.

- Je… J'essaye de te faire la conversation. Enfin… De savoir si tu as passé de bonnes vacances.
- Tu es sérieuse ? Tu veux savoir si j'ai passé de bonnes vacances ?
- Euh… Oui, murmura Daphné.
- Tu ne me parles pas pendant des semaines, tu ne lèves même pas le petit doigt alors que je me fais humilier à cause de mes origines et tu veux savoir si j'ai passé de bonnes vacances ?! s'énerva Dorea en haussant le ton.
- Dorea, je voulais simplement…
- Non, Greengrass ! Je n'ai pas passé de bonnes vacances. Maintenant fiche-moi la paix et retourne voir tes copains.
- Tu… Tu n'as pas passé de bonnes vacances ? demanda Daphné d'une voix légèrement aigue.

Dorea eut un petit rire.

- Va-t'en Greengrass, je n'ai pas que ça à faire, répondit Dorea avec dédain en se dirigeant vers la salle de bain pour y déposer sa trousse de toilette.
- Écoutes, dit la blonde en la poursuivant, ce que tu as dit avant les vacances à… À Drago, ça m'a fait réfléchir. Ça nous a tous fait réfléchir.

Dorea remua la tête incrédule, puis sortit de la salle de bain pour quitter le dortoir et dévaler les marches menant à la salle commune.

- Tiens, mais c'est Artwood ! s'exclama une voix de crécelle sur le côté. Sympa ta barboteuse.

Dorea tourna le chef vers la cheminée et son estomac exécuta un double salto en découvrant Pansy Parkinson assise sur les genoux de Drago Malefoy.

Ce dernier avait les yeux sombre et brûlant en ayant remarqué la jeune fille accoutrée d'une combishort en laine grise, habillée d'un pull noir col roulé et toute la longueur de ses jambes recouvertes par un collant côtelé. Il baissa les yeux et eut un imperceptible sourire en apercevant ses chaussures de clown.

Quand il heurta le regard de la rousse, il fut néanmoins pris au dépourvu par cette lueur qu'il ne connaissait guère. Elle avait l'air préoccupée, la pointe de malice qui brillait habituellement avait disparu. Elle avait un regard dur, presque froid. Le blond se rendit alors compte que c'était lui qu'elle observait de cette façon, et une pointe d'amertume apparut en lui.

- Dorea ! appela Daphné qui l'avait suivi.
- Je t'ai dit de me laisser tranquille Greengrass.

Puis la jeune fille sortit en trombe de la salle commune tandis que la blonde observait avec dépit ses camarades.

Le lendemain, Dorea et Harry cheminaient de front dans les couloirs après leur cours de potions. La rousse était contente de pouvoir passer un moment seul avec son frère.

- Rogue t'a vraiment à la bonne, bougonna le brun.
- Seulement durant le cours, du reste, je crois que je suis logée à la même enseigne que toi, répondit Dorea sur un ton d'excuse.
- Bonjour Harry, articula une voix derrière eux.

Le frère et la sœur se retournèrent pour apercevoir Cho s'avançait vers eux.

- Bonjour Dorea, salua la serdaigle.
- Salut Cho, répondit la serpentard avec un mi sourire. Harry, je t'attends pour aller dans la Grande Salle.

Elle s'éloigna pour se poster quelques mètres plus loin, contre le mur, observant son frère et Cho Chang discutaient avec embarras, tous deux rougissant par le manque de confiance qu'ils les habitaient.

La conversation ne dura pas plus de deux minutes et Harry rejoignit sa sœur, le regard dans le vague, tandis que la serdaigle repartit dans l'autre sens.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Dorea avec intérêt.
- Je crois que je viens d'inviter Cho Chang pour un rendez-vous le jour de la Saint-Valentin à Pré au Lard.
- Mais c'est super ! s'exclama Dorea avec engouement. Tu vas avoir ton premier baisé ! sautilla-t-elle sur place.

Harry se tapa le front et marmonna dans sa cape.

- Quoi ? dit Dorea en fronçant les sourcils.
- J'ai totalement oublié de te dire que le soir de la dernière réunion de l'A.D Cho et moi, on s'est embrassé.

Le sourire de Dorea se ternit aussitôt. Elle mettait sa baguette à brûler que Ron et Hermione en avaient été informés la minute d'après.

Ils se remirent en marches se dirigeant vers les grands escaliers.

- Ce n'est pas grave, tu sais… Avec tout ce qu'il s'est passé…, dit Dorea tâchant de prendre sur elle.
- Ouais… Faudrait que je demande à Hermione quelques conseils pour ne pas rater ce rendez-vous.

Dorea soupira d'agacement puis activa le pas, passant devant Harry. Quoi qu'elle fasse, même si elle était sa sœur, elle passerait systématiquement après Ron et Hermione et ça commençait sincèrement à l'irriter.

- Dorea, on ne va pas manger ensemble ! s'étonna Harry.
- Non, je te laisse avec tes deux meilleurs amis, tu as certainement des choses privées à leur dire ! se récria Dorea par-dessus son épaule.

Elle croisa Blaise, qui considérait alternativement le frère et la sœur.

Dorea passa le reste de la journée agacée et irritée contre son frère et préféra rester seule.

Le soir, alors que Dorea se trouvait dans la bibliothèque, Théo prit place face à elle. La serpentard leva les yeux de son devoir d'Études de Runes et arqua un sourcil devant la mine sérieuse du jeune Nott.

- Salut Dorea, dit celui-ci d'une voix claire.
- C'est quoi cette fois-ci ? questonna railleusement la rousse. Tu veux te moquer de moi ou Greengrass t'envoie au casse-pipe ?

Le garçon eut un rictus désolé ce qui troubla la jeune fille.

- Ni l'un ni l'autre. Je suis venu te trouver de mon propre chef et ce n'est pas pour me moquer de toi. D'ailleurs, je ne l'ai jamais fait.
- Alors qu'est-ce que tu fous là ? manda Dorea en reprenant un ton hargneux.
- Je suis juste venue voir comment tu allais ?

Dorea ferma les yeux se demandant à quoi jouaient les serpentards. Voulaient-ils la rendre folle ?

- Je vois, dit-elle en rassemblant ses affaires.
- Pourquoi tu pars ? Je veux juste qu'on parle.
- Et bien pas moi, dit sèchement l'adolescente. Jusqu'à preuve du contraire, pour tenir une conversation, il faut être deux. Or, je n'en ai pas envie.

Elle se leva et saisit son sac, puis sortit de l'allée pour quitter la bibliothèque. Théo la rattrapa dans le couloir et l'empoigna pour la retourner vers lui.

- Dorea, est-ce que tout va bien ? Tu m'as l'air un peu tendue ?
- Tendue ? répéta Dorea. Tendue ! s'exclama-t-elle. Mais bien évidemment que je le suis ! J'ai passé des vacances de merde ! Et quand je reviens à Poudlard, vous vous mettez tout d'un coup à me parler comme si on était de nouveau amis !
- Ce n'est pas le cas ? bredouilla Théo. Je sais que l'on a été rude avec toi, mais il fallait nous laisser digérer …
- Peut-être ! Mais ce n'était pas une raison pour m'ignorer totalement et laisser Parkinson et Malefoy m'insulter à la moindre occasion !
- En parlant de Malefoy, il regrette, il vou…
- Je n'en ai rien à faire des états-d 'âme de ce connard ! Maintenant laisse-moi tranquille !

Dorea extraya son bras violemment de la poigne du garçon et partit en direction de la Grande Salle.

Lorsque Dorea fut finalement seule dans son lit après l'heure du dîner, elle n'arrivait pas à s'endormir tellement son cerveau s'échauffait.

Elle avait pensé que Poudlard lui apporterait un peu de réconfort, mais les événements s'enchaînaient telle des quilles de bowling qui s'écroulaient et se rétablissait à leur juste place.

La jeune fille perdait peu à peu ses repères, et éprouvait cette impression qu'elle ne maîtrisait plus rien autour d'elle. Elle se demandait parfois si ce ne serait pas mieux de déserter cet endroit pour rejoindre son père où qu'il soit et construire une vie bien tranquille loin de tout ça.

Elle prit conscience qu'elle arrivait au bout de ses limites et qu'elle commençait à nager à contre-courant, s'éreintant à patauger dans tous les sens avant de se fatiguer et de couler jusqu'au fond de l'océan. Non. Ça n'arriverait pas. Elle ne coulera pas.

Son esprit divagua alors vers son père, se demandant continuellement où il pouvait bien se trouver en ce moment même.

Elle dévia son regard vers sa table de nuit et vit sur sa montre qu'il était plus de deux heures du matin. Demain sera un autre jour et qu'elle espérait nettement meilleur.

ÉVASION MASSIVE D'AZKABAN
LE MINISTÈRE CRAINT QUE BLACK SOIT
LE « POINT DE RALLIEMENT »
D'ANCIENS MANGEMORTS

Dorea fixait le titre de la première page de la gazette l'air interdite. En-dessous de l'intitulé, s'étalait quatre photos de mangemorts dont une femme qu'elle reconnut comme étant Bellatrix Lestrange.

La jeune fille flanqua un coup d'œil discret à Malefoy qui plantait rageusement sa fourchette dans son plat, écoutant Théo qui lui bruissait quelque chose dans l'oreille. En face, Blaise et Daphné avaient le front plissaient et la mine inquiète.

Dorea reporta son attention sur la page et se mit à lire l'article.

Le ministère de la Magie a annoncé tard dans la nuit qu'une évasion massive avait eu lieu à Azkaban.
Recevant les reporters dans son bureau privé, Cornelius Fudge, ministre de la Magie, a confirmé que dix prisonniers sous haute surveillance s'étaient évadés hier en début de soirée et qu'il avait déjà informé le Premier Ministre moldu du caractère dangereux de ces individus.
« Nous nous trouvons malheureusement dans la même situation qu'il y a deux ans et demi, au moment de l'évasion de Sirius Black, l'assassin bien connu, nous a déclaré Fudge. Nous pensons d'ailleurs que ces deux affaires ne sont pas sans rapport. Une évasion de cette ampleur laisse supposer l'existence d'un concours extérieur et il faut savoir que Black, qui est la première personne à s'être jamais échappée d'Azkaban, serait idéalement placé pour aider d'autres détenus à suivre ses traces. Il nous semble très probable que ces individus, parmi lesquels figure Bellatrix Lestrange, une cousine de Black, se sont rassemblés autour de Black lui-même qu'ils considèrent comme leur chef. Nous faisons cependant tout ce qui est en notre pouvoir pour retrouver les criminels et nous demandons instamment à l'ensemble de la communauté magique de rester prudente et de manifester la plus grande vigilance. En aucun cas, ces individus ne doivent être approchés. »

Dorea remua la tête d'un mouvement désapprobateur. Il était évident que Fudge se leurrait complètement et il était encore plus évident que les mangemorts qui s'étaient échappés d'Azkaban sont allés rejoindre Lord Voldemort. Dorea était certaine que les détraqueurs s'était rallié à sa cause.

Dorea pivota la tête vers la table des professeurs et vit Dumbledore et McGonagall, le visage grave, en pleine conversation tandis que le professeur Chourave appuyait distraitement sur sa bouteille de ketchup tout en lisant la gazette.

Elle braqua par la suite son regard vers la table des Gryffondors et rencontra les yeux émeraude de son frère.

Dorea replia le journal et achèva son assiette d'œufs en bacon avant de décamper rapidement de la Grande Salle pour rejoindre son cours d'Histoire de la magie. Tant pis si elle était en avance, mais elle n'avait pas envie d'adresser la parole à Harry.

- Dorea ! appela celui-ci dans son dos en la poursuivant à travers les escaliers.

Dorea ferma les yeux et soupira de lassitude. Merlin et tous les saints mages étaient contre elle en ce moment. Elle fit volte-face malgré elle et toisa son frère qui se posta devant elle.

- Quoi ? dit-elle quelque peu agressive.
- Je … je suis désolé pour hier. Je prends conscience que je te laisse de côté alors qu'en fait tu...
- Ne te fatigue pas Harry, répondit la verte et argent. Tu as déjà Ron et Hermione et moi, je ne suis malheureusement pas avec toi H vingt-quatre. Alors c'est normal que tu leur racontes plus de choses à eux qu'à moi.

Dorea repartit en direction des étages supérieurs. Harry lui attrapa le poignet d'un geste vif.

- Attends !
- Quoi Harry ? Je dois aller en cours, s'impatientai Dorea

Harry regarda autour de lui et la tira derrière lui dans un couloir où ils trouvèrent une classe vide.

- Ok, alors… il ne faut pas que tu me prennes pour un fou, mais … je vois dans la tête de Lord Voldemort.

Dorea se renfrogna quelque peu, attendant la suite des explications. Ça, elle était déjà au courant.

- En fait… Par exemple, hier… J'ai ressenti qu'il était hyper heureux. J'ai ressenti ses sentiments…
- Tu veux dire que… tu vois ce qu'il se passe dans sa tête comme si tu y étais, précia la rousse.
- Oui, affirma Harry.
- Donc hier, quand il était heureux ça voulait dire que…
- C'était en rapport avec l'évasion des mangemorts.

Dorea marmonna quelques injures et commença à faire les cent pas, abandonant son sac au sol. Elle commençait à comprendre pourquoi Dumbledore ne fixait jamais Harry dans les yeux.

- Harry, quand Mr Weasley a été agressé par le serpent de Voldemort, est-ce que Voldemort était là ?
- Non… Non, je n'en ai pas le souvenir. Mais… J'observais à travers l'œil du serpent.

Dorea se prit la tête entre ses mains puis s'arrêta face à son frère, le visage sévère. Cela, voulait-il dire que Voldemort, son serpent et Harry étaient intimement liés ? Non, c'était impossible…

- Il faut que tu bloques absolument ton esprit Harry. C'est beaucoup trop dangereux pour qui que ce soit et pour toi en premier.
- Je le sais, mais je n'y arrive pas. Le cours d'occlumencie avec Rogue était une catastrophe hier !

La verte et argent recommença à réaliser les cent pas.

- Hermione dit que tu devrais peut-être… M'aider, dit Harry avec hésitation.

La serpentard s'arrêta net et releva avec lenteur la tête vers son frère.

- Je croyais que Granger était plus intelligente que ça ? cracha Dorea.
- C'était juste une proposition…
- Harry, si je t'aide alors que Voldemort tente de rentrer dans ton esprit, alors il exercera un contrôle total sur toi et moi. Il ne manquerait plus que cela pour qu'il puisse m'atteindre !
- C'est en rapport avec le fait que tu puisses faire de la magie sans baguette ? demanda-t-il de but en blanc.

L'adolescente plissa les yeux. Ça y est, ils y étaient ... Harry n'allait certainement pas laissait ses questions sans réponses comme de si rien n'était. Il était bien trop bûté et curieux pour ne pas en revenir à cela.

Elle se rendit compte que si elle ne mettait pas les choses au clair de suite avec lui, il allait la harceler jusqu'à ce qu'il obtienne des réponses qui le satisfaisait.

- Harry, je t'ai déjà dit d'oublier ce que tu as vu, dit-elle sèchement.

- Comment peux-tu me demander d'oublier ce que j'ai vu ! s'offusqua le brun. Je veux savoir ...

- Non, tu ne sauras rien !

Le ton était monté entre le frère et la sœur. Dorea reprit alors d'une voix plus calme :

- Tu ne sauras rien, Harry. Parce que si tu viens à découvrir quelque chose, je peux t'assurer que tu vas tous nous mettre en danger. Ne viens-tu pas de me dire que tu lisais dans la tête de Voldemort ? Est-ce que tu connais l'effet rebond ? Si tu vois dans sa tête alors pourquoi n'en serait-il pas de même pour lui ? Alors non, tu ne sauras rien Harry. Et je ne veux plus que tu me poses la question.

Le jeune homme écarquilla les yeux et un éclair de compréhension traversa ses billes émeraudes.

- Ok, je ... je n'avais pas pensé ..., dit-il sur un ton d'excuse.

Dorea expira puis s'avança vers son frère et le prit par les épaules.

- Harry, je ne suis pas là pour te faire te réprimander ou quoi que ce soit, je laisse ce privilège à Granger. Mais… demande-toi pourquoi Dumbledore ne te donne pas lui-même les leçons d'occlumencies ?

Harry fronça les sourcils puis prit un instant pour réfléchir.

- Parce qu'il ne veut pas que Voldemort l'atteigne, murmura le brun.
- Exactement ! Quand on rentre dans l'esprit d'une personne, aussi bon occlumens qu'on soit, toutes nos barrières tombent et on ne peut se protéger d'aucune intrusion. Voldemort est un excellent legilimens et ses intrusions ne doivent pas être sans souffrances, c'est vital que tu apprennes à fermer ta tête et à la vider de toute pensée. Sans ça, tu seras le pantin de Voldemort et il n'aura pas besoin d'un imperium pour te faire ou croire ce qu'il veut.

Harry acquiesça du chef puis sourit timidement. Dorea s'éloigna, prit son sac et s'avança vers la porte. Le brun la rattrapa et posa une main sur son épaule. Dorea se retourna et observa son frère.

- Je suis désolé, si tu as… l'impression que je…
- Je sais, ne t'inquiète pas, Harry, coupa Dorea ne souhaitant pas se plonger dans ce genre de discussion.

Harry baissa les yeux, l'air quelque peu affligé et Dorea éprouva soudainement de la compassion pour la Gryffondor. Après tout, ce qu'il vivait n'était pas facile non plus.

- Je suis contente en tout cas que tu m'aies parlé de ça, dit Dorea d'une voix plus délicate.

Harry haussa les yeux et le frère et la sœur se sourirent d'un air complice avant que cette dernière ne quitte la salle de classe.

Le lendemain de l'annonce de l'évasion d'Azkaban un nouveau décret passa, empêchant les professeurs de communiquer toutes informations qui ne seraient pas en rapport avec la matière qu'ils enseignent.

Dorea n'avait pas compris pourquoi un tel décret était passé avant qu'Hermione ne lui dise que McGonagall ou encore Flitwick et Chourave ne pouvaient plus parler librement dans la salle des professeurs.

Quelques jours passèrent durant lesquels tous les élèves apprirent la mise à l'épreuve de Hagrid. Mais qu'un seul sujet demeurait au cœur des conversations : la fuite des mangemorts. Certains prétendaient même que quelques-uns des échappés d'Azkaban s'étaient retrouvés à Pré-Au-Lard.

Bien malgré eux, les élèves recommençaient à chuchoter et à pointer du doigt Dorea et Harry sur leur passage. Ainsi que ceux apparentés aux familles des victimes des mangemorts échappés.
Cependant, ils remarquèrent un changement de ton à leur égard et pour quelques-uns d'entre eux, commençaient à se rallier à leur cause, comme Seamus Finnigan.

Mais tout ceci ne présentait pas la moindre importance pour Dorea qui était de plus en plus inquiète et qui avait de plus en plus de mal à se concentrer. Ses pensées ne cessaient de faire des rebonds entre son père et son frère à présent. Elle se demandait si Voldemort ne l'espionnait pas elle, à l'insu d'Harry ? Certainement. Mais que pouvait-elle faire … Puis ajouté à cela, elle demeurait sans aucune nouvelle de Goderic. Elle ne cessait de se dire que si elle n'avait aucune nouvelle, c'était qu'il était en sécurité et prudemment caché aux yeux du monde. Mais tellement de sorciers étaient à ses trousses et pas seulement les aurors, mais également les sbires de Voldemort … Et cette idée l'effrayait plus que tout.

La peur ne la quittait plus à présent. Elle était, la plupart du temps, pour ne pas dire tout le temps, de mauvaise humeur, anxieuse et envoyer balader le malheureux ou la malheureuse qui avait la malchance de l'approcher. Seul Harry pouvait lui parler sans se faire rabrouer agressivement.

Durant les cours, elle ne participait plus, ni ne les suivait avec attention jusqu'à même raté sa potion et récolter un « D », après s'être vertement fait remonter les bretelles par Rogue.

Les serpentards, de leur côté se doutait que quelque chose n'allait pas et, plus particulièrement, Drago.

Plus il observait la jeune fille, plus il la trouvait changée. Elle était devenue implacable à la moindre réplique, jusqu'à faire fondre Parkinson en larmes quand cette dernière s'était bêtement moquée d'elle. Elle avait égaré cette expression caustique et espiègle qui la caractérisait, et cette lueur de malice qui brillait continuellement dans ses yeux avait été remplacée par une once d'irascibilité et d'éreintement. Daphné leur avait déclaré que la jeune fille ne rejoignait son lit parfois seulement qu'au petit matin. Et le jeune homme comprenait que Dorea employaient la plupart de son temps à ressasser ses problèmes.

Le lundi suivant, Drago et Blaise, décidèrent d'aborder la serpentard pour essayer de la convaincre de réintégrer l'équipe de Quidditch.

- C'est à vos risques et péril, dit Daphné alors qu'ils se trouvaient dans la Grande Salle. Surtout pour toi Drago.
- Je suis quand même sortie avec elle, se scandalisa le blond. Je pense précisément que j'ai plus de chance à la faire sortir de sa coquille que vous autres.
- Ça, c'est sûr ! Tout ce que tu vas récolter de plus c'est un autre œil au beurre noir, intervint Théo.
- Mais…
- Qu'est-ce que tu cherches Drago ? interrompit sèchement Daphné. Tu as tout d'abord mis un terme à votre « relation », dit-elle en imitant de ses doigts les guillemets, suite au match. Tu t'es affiché avec Pansy, en la bécotant à chaque fois qu'elle était dans la même pièce que toi.
- Je te l'ai dit, je voulais la faire payer, dit Drago en se renfrognant.
- Dorea n'est pas comme toutes tes autres cruches. Elle s'est juste fait une raison et à certainement tourné la page. Plus rapidement que toi.

Drago serra les poings. Il n'aimait pas quand son amie avec raison.

- Ensuite, poursuivit Daphné, elle nous a révélés qu'elle était la sœur de Potter et on avait tous convenu qu'on l'ignorerait pendant un temps seulement. Sauf que toi, tu as fait le con avec Pansy, en lui menant une vie d'enfer. Et tu n'as pas voulu nous écouter quand on ne cessait de te dire de mettre un terme à toutes ces bêtises. Alors t'étonne pas que maintenant elle n'ai plus envie de nous adresser la parole. Elle nous a tous mit dans le même panier par ta faute.
- J'étais en colère contre elle…
- On l'était tous ! Mais au final, nous trois, dit la blonde en se désignant elle et ses deux amis Théo et Blaise, on a plus vite compris que toi, qu'elle n'avait pas eu le choix. T'es juste un rancunier de mauvaise foi qui n'arrive pas à avouer ses erreurs.
- Daph' a raison, fit Blaise à son tour. C'est terminé à présent. Tu ne peux plus tenter quoi que ce soit avec elle et nous non plus. Tout ça à cause de tes conneries.
- Bon, c'est le pugilat des reproches que vous me faites, ou quoi ?! s'énerva Drago. Et puis qui a dit que je voulais retenter quoi que ce soit avec Artwood ?
- T'es sérieux, mec ! s'exclama Théo qui s'agaça à son tour. Tu nous as bassinés avec elle durant toutes les vacances. Et rien qu'à te voir la contempler ...

Drago retourna à son plat, à présent d'aussi mauvaise humeur que Dorea elle-même qui mangeait en bout de table. Il lui flanqua un coup d'œil hâtif.

Ses amis avaient raison, il avait tout fichu en l'air.

Il l'avait détesté, mais plus le temps était passé et plus il était amer de cette période où il pouvait la serrer dans ses bras.
Ses pensées furent soudainement interrompues quand les hiboux surgirent dans la Grande Salle.

Daphné ouvrit la gazette après avoir déposé quelques noises dans la bourse du hibou. C'est alors que les trois garçons aperçurent leur amie blêmir instantanément.

La blonde leva les yeux lentement vers eux, puis braqua son regard vers Dorea.

- Daph', qu'est-ce qu'il se passe ? demanda innocemment Blaise.

Sans un mot, Daphné leur tendit le journal et le peu de couleur qui était sur la peau laiteuse de Drago disparut.

LORD GODERIC ARTWOOD RETROUVÉ
MORT SUR LES BERGES DE LA SEINE À PARIS.

Un silence de plomb se fit alors dans la Grande Salle, tous épiant la jeune fille qui était assise au bout de la table des Serpentard, seule.

Dorea fixait la première page, sans réellement la voir. Ses yeux s'embuèrent aussitôt de larmes et un bourdonnement se fit dans sa tête. Elle ne percevait plus aucune sensation, plus rien. Son cœur s'était arrêté de battre et sa respiration s'était brusquement coupé. La seule chose qu'elle sentit, c'est un tremblement au niveau de sa main, brutale et violent.

Les vitres de la Grande Salle commençaient à trembler et Dorea se leva subitement pour courir hâtivement hors de la Grande Salle.


... à mardi