Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas.
Yuuri espéra que Gwendal ne lui en voulait pas d'avoir mis en danger non seulement son benjamin, mais aussi son cadet. Il s'accrocha du mieux qu'il le pouvait aux vêtements de son cavalier. Le cheval avançait avec une certaine rapidité, mais ça semblait un peu plus agréable à présent de chevaucher, enfin, il commençait à en avoir l'habitude. Même si la chaleur le touchait moins, il y avait cette douleur qu'il avait du mal à expliquer. Il devait vraiment profiter de ce moment pour remettre un peu d'ordre dans ses sentiments.
Wolfram lui avait manqué, c'était un fait. Mais que devait-il se dire ? Qu'il avait fini par accepter d'être avec un homme ? Oui, en partie. Mais qu'est qui le retenait encore ? Son éducation ? Sa mère était plutôt ouverte, son père l'était encore plus, ça devait être lui le mazoku. Mais comment était-il arrivé ? Comme lui. Avec l'eau. Peut-être. C'était la façon du Japon voyait tout ça alors. Tout ça, c'était perturbant. Comment pouvait-il agir afin que personne soit blessé. Oui, son fiancé avait fini par dépasser les limites. Mais était-ce totalement trop tôt. Il était majeur, donc avec des envies… Il ne serait pas en plein désert, il aurait passé une main dans ses cheveux. Mais à la place, il serra avec plus de force la cape de voyage. Il imaginait d'abord le pire, alors qu'il y avait le meilleur...
Conrad trouverait un moyen de sauver son fiancé. Bien que ce dernier n'était pas sans défense. Avec ou sans magie. Il savait se battre avec une épée. Le semi-mazoku ne serait qu'un bonus pour vaincre cet animal. Certains de son monde d'origine dirait qu'il était cruel, mais c'était la vie de personne qui comptait vraiment pour lui et le royaume. Il ne pouvait pas les laisser disparaître. C'était hors de question. Il serra la cape en face de lui. Il espérait trouver bientôt l'imposteur et retrouver les deux frères. Il n'allait pas perdre le grand frère de conduire et son tsundere. Cette façon de s'approprier ce garçon… Il était influencé par le caractère de merde de ce garçon. Il n'avait personne pour le guider. Gunter était resté à l'autre château. Il aurait sûrement aidé. Ou pas. Il oubliait parfois que ce dernier le vénérait. Il lâcha un soupir.
« Ai-je fait une erreur ?
- Aucunement, votre attachement réel pour Conrad et Wolfram est une preuve que vous êtes sûrement le vrai. Je suis désolé d'avoir autant douté de vous. Il fallait dire que votre double a convaincu pas mal de monde sur ces terres qui sont rattachées à mes ancêtres.
- Je ne comprends pas votre affinité à l'eau…
- C'est sûrement à cause parce que j'ai toujours été calme, même quand j'étais jeune mazoku. Ce qui ne m'empêche pas de m'emporter parfois. J'ai quelques années au compteur. Je ne suis pas beaucoup plus vieux que Conrad. Je l'ai vu grandir. Donc, il reviendra, j'en suis sûr. Car il a le don de se sortir de situations bien plus graves.
- Tu me rassures un peu. Merci Gwendal… »
Pendant ce temps, quelque part, Gunter était encore en extase sur les vêtements de son souverain. Il repliait le vêtement avec une attention si forte qu'il ne pouvait s'empêcher de saigner du nez. Ils étaient propres. Donc pour les garder le plus dépourvu de traces imprévues. Il avait fini par l'éloigner un peu de lui. Il devait faire attention qu'aucun des vêtements que portait son roi soit abîmé. Pour ça, c'était lui qui s'en occupait. N'en déplaise aux servantes qui étaient bien gentilles. Bien qu'un peu envahissantes à son goût. Il se mit à tournoyer un peu. Ses vêtements n'étaient pas si différents que certains des mazokus. Il en avait vu assez pour comparer.
Il pouvait sentir une présence auprès de lui. Il se tourna et vit que c'était l'ancienne maoh qui l'observait avec un drôle d'air. Le genre de regard qui le rendait coupable d'un crime qu'il n'avait pas commis. Il fusilla du regard la dame. Elle était toujours vécue.
« Ce n'est pas ce que vous pensez, je prends soin des affaires de sa majesté. Il doit rentrer dans son monde avec ses vêtements de là. Même s'il est très beau avec les vêtements de ce monde. Ceux de l'autre monde ne sont pas en reste. Ils ont un style de mode différent du nôtre. Ils doivent être bien lavés pour notre souverain. Ils doivent être aussi frais que la rosée du matin. C'est ça être aussi un tuteur pour le maoh… Bon je suis plus qu'un enseignant, je suis aussi, je l'espère un guide. Je vais prendre soin de lui. Il sera content de moi. Il va me remercier. Me serrer, ah, j'ai hâte...
-Oh, j'ai entendu des choses intéressantes, là. »
Cette voix, Gunter la reconnaissait, ce n'était pas celle de l'ancienne reine. Mais celle d'une mazoku puissante qui faisait vivre un enfer à tous ceux qui testait ses expériences. Un frisson le parcourrait. Il avait espéré ne pas la voir avant au moins une vingtaine d'années. Mais c'était sans compter sur son immense curiosité. Elle était entrée silencieusement. Mais là, inutile de l'ignorer. Sa posture fière, ses longs cheveux rouges magenta et ses yeux bleus le fixant. Sans compter sur la reine qui avait fini par couiner.
« A… Anissina !
- C'est moi ! »
Cecilia, toute contente de retrouver une mazoku puissante comme elle la serra dans ses bras. Elle était vraiment contente.
« Anissina, oh par tous éléments, ça faisait un moment que l'on ne s'est pas vu. Je m'inquiétais pour toi. J'avais vaguement entendu tes exploits. Mais c'est tellement mieux de te voir. Quelle femme magnifique tu es devenue, c'est dans ce genre de cas que je ne regrette pas d'avoir proposé des fiançailles avec mon fils. Pour peu, je t'embrasserai bien. Par contre, si tu veux voir Gwen, tu devras attendre. Il est avec sa majesté. Oui, le nouveau. Il est vraiment mignon. Je suis sûre qu'il te plaira. Tu les verras sûrement ensemble. Ils sont proches.
- Oh, serais-ce ?
- Non ce n'est pas ce fils-là. Mais je t'expliquerai… Tu seras ravie d'écouter toute l'histoire. C'est passionnant.
- Je vois, Seigneur Von Christ... »
Il craignait le pire, ça allait retomber sur lui. Cette femme était l'amie d'enfance du Seigneur Gwendal, mais aussi celle qui lui avait appris à tricoter. C'était une grande mazoku avec des pouvoirs presque égaux aux maohs. On avait longtemps que ça serait cette femme qui hériterait du trône. Mais le destin avait choisi Yuuri. Gunter était bien content que ça soit le cas, mais elle aussi. Elle était amoureuse de sa liberté. De la science mazokus ou non. Elle entendrait parler du monde de sa majesté, elle ferait en sorte de trouver un équivalent pour ce monde. Même si le trois-quart de ses expériences finissait en fumée. Explosées et la dame se retrouvait couverte de suie. Elle semblait si fière, comme à son habitude. Enfin, c'était ce qu'il avait entendu d'elle. Et il vivre ça, de lui-même que les éléments le protègent.
« Point de formalités, je sais que Gwen n'est pas ici. Je l'ai cherché partout dans le château. Sans succès. Il a réussi à m'échapper encore... Mais je finirai par l'avoir près de moi. J'ai entendu parler de ce nouveau roi. Mais cela n'excuse pas en rien son absence. Il a encore fui. Mais ça n'empêche que j'aie une nouvelle invention. Vous parliez de vêtements… Voilà qui tombe à pic, voici ma nouvelle création et j'ai besoin de quelque chose pour la tester. Tu pourrais me confier les vêtements de Gwen. Je sais qu'il sera d'accord. Il n'a pas vraiment le choix… Je finirai par trouver des choses à lui. Et qui sait à notre roi. »
Elle frappa dans ses mains et des soldats firent rentrer dans la pièce une bassine assez grande pour s'y baigner sans se sentir à l'étroit. La mazoku se pencha avant de faire un geste gracieux pour montrer sa nouvelle création.
« Voici la nouvelle machine pour laver les vêtements. Pour petits et grands mazokus. C'est avec fierté et joie que vous saurez les premiers à assister à sa puissance. Avec cette création, plus besoin de servantes pour laver vos affaires. La magie mazokus et la science des humains mélangées par moi. Elle est aussi capable de les faire sécher. Je veux alléger les tâches des pauvres employés du château et des nobles. Même des paysans… Qui sait. »
Elle posa sa main droite sur l'appareil. Car c'était cette bassine agrémentée d'étranges décorations autour d'elle qui allait servir pour laver les vêtements. Des tubes géants qui semblaient être là pour déverser l'eau et les plantes pour laver. Protégeant les vêtements de son roi. Gunter passa un de ses vêtements, il y tenait moins. Il était donc partant pour tester cette chose… Mais il n'avait pas le choix...
Yuuri sentit un frisson le parcourir. Il ignorait ce qui se passait ailleurs, mais ça ne sentait pas bon pour lui. Enfin, c'est qu'il sentait. Gwendal était le moins expansif des frères. Silencieux, la plupart du temps, c'était agréable, seulement au début. Il devait avouer que les jacassements des gens autour de lui étaient pratiques pour oublier le chemin qu'il parcourrait en cet instant. Il avait peut-être gagné l'approbation de Gwendal, mais il savait que cette histoire de double sur le territoire de ses ancêtres devait le perturber. Comment pouvait-il le rassurer ? Il en savait rien. Il n'avait pas encore l'habitude de se sentir propriétaire d'un lieu. Il était un jeune adulte certes, mais il habitait toujours chez ses parents sur terre. Et son frère venait si souvent qu'on remarquait à peine son absence. Donc il était le moins indiqué pour lui dire les bons mots. Il s'en voulait un peu. Mais il ne pouvait rien faire. Il se recentra sur son voyage. Ce silence l'aidait certes à se recentrer. Mais à force de trop réfléchir, il se perdait. Il n'aimait pas être perdu. Il prit quelques secondes, il secoua sa tête. Il devait continuer la route pour sauver son double...
Pour ne pas tomber, il s'était accroché à la longue cape de l'aîné de la fratrie. Il se mordit un peu de la lèvre. C'était plus fort que lui. Il devait communiquer. Et puis ça le rassurait. La voix de Gwendal était profonde et basse en plus...
« Cela ne vous dérange pas que je vous tient comme ça, je ne vous étrangle pas.
- Non, tout va bien. »
Clair net et précis. Il sembla fouiller sa cape. Après quelques secondes, il tendit à Yuuri ce qui ressemblait à une gourde faire de peau. Ce qui était sûrement le cas. Il ne savait pas ce que voulait Gwendal en lui donnait ceci.
« Buvez avant que je commence à m'énerver et que les animaux marins fasse de vous leur repas…
- D'accord… Je Vais boire. »
Yuuri évitait de dire qu'il était plutôt proche des animaux marins. Il porta la gourde à ses lèvres et doucement laissait couler l'eau tiède dans sa gorge. Il était presque surpris qu'elle soit pas plus chaude que ça. Elle devait être protégée par la cape de l'homme qui la portait. Il espérait bientôt arriver en ville et comme pour réaliser son souhait. Il pouvait voir des reliefs se dégager dans l'étendue désertique. Il espérait que ce n'était pas juste son imagination. Il rendit la gourde à son propriétaire.
L'animal progressa doucement jusqu'à ce qui ressemblait à une ville du moyen orient. Il avait vu ça dans quelques films. Les murs étaient blancs, signe qu'eux aussi étaient fait pour repousser la chaleur. La ville commençait à se dessiner avec plus de précision. Comme Yuuri avait hâte de descendre de sa monture. Mais il était soumis au rythme de son guide. Quand il arriva près de l'entrée. Il pouvait voir des hommes faire face, une lance à la main. Les vêtements légers couverts de plaques qui devaient sûrement bien chauffer leur corps. Pourtant, les soldats n'avaient pas trop bougé. Néanmoins, le souverain les vit suivre leur progression avec méfiance. Il espérait juste de ne pas se faire embrocher par ces personnes. Maoh ou pas, recevoir une lance en plein corps, ce n'était pas rien. Il continua sa progression, il croisa non seulement des femmes qui portait tout un tissu clair sur les cheveux pour la plupart sombre. On était bien en territoire mazoku. En tout cas, l'endroit semblait bien protéger. Gwendal arrêta son cheval, en face de lui, un groupe de gardes qui se ressemblaient beaucoup. Qu'ils appartiennent à la même famille, n'aurait pas surpris Yuuri. Les cheveux de ces hommes avaient la couleur des œufs de poisson qu'on mettait parfois sur les sushis. Rien que d'y penser. Il avait un peu faim.
« Pas de chevaux dans la ville messieurs. Vous venez du désert et des dunes ?
- Oui, répondit clairement Gwendal en retirant sa capuche.
- Oh, incroyable, vous avez échappé à la rencontre de Hine-Mosu.
- Je pense... »
Yuuri ne captait pas de qui il parlait. Cet Hine-Mosu était un bandit qui sévissait dans les plaines désertiques. Ou c'était le nom de cet ours des sables monstrueux qui l'avait privé de Conrad et de Wolfram.
« Vous êtes vraiment chanceux, messieurs.
- J'aimerais que notre cheval se repose. Il a fait un long chemin jusqu'ici. Je veux aussi avoir un peu d'eau pour la suite et de la nourriture. Il y a une auberge dans le coin ?
- On ne sait pas trop... »
Ils disaient ça en riant, apparemment, ils étaient dans un endroit hostile à leur présence. Cela ne sentait pas très bon pour eux. La maoh restait là. Il observait à quel point cet homme pouvait être charismatique. En tout cas, ces hommes étaient la parodie parfaite des méchants comme on pouvait en croiser beaucoup dans les mangas ou films de seconde zone.
« Tout ce que je demande, c'est un endroit où on pourrait se reposer tranquillement. C'est pour ça que nous sommes ici. Votre aide sera récompensée. Donc accepter de partager un peu de vos ressources avec deux voyageurs. Nous ne restons pas ici de toute façon... »
Yuuri s'appuya s'installa sur une dalle froide. Il était presque soulagé par le contact. Il lâcha un soupir avant de lever la tête pour tomber sur un poster étrange avec des écritures qu'il n'arrivait pas encore à déchiffrer. Elle représentait deux personnes suivies d'un texte. Un spectacle ? Une affiche politique. Ou un avis de recherche, tout était possible. Mais ce genre d'affiche, il y en avait sûrement beaucoup en ville. Car plus personne, à part lui, n'y faisait attention. Il tourna sa tête. Il ne devait pas sembler suspect à trop longtemps regarder l'affiche. Il croisa les bras. Cet endroit, en dehors d'être un peu réfractaire à ce qu'ils viennent semblait normal pour un endroit du moyen orient. Des enfants jouant, leur peau légèrement tannée par le soleil et les femmes parlant entre elles.
