Hello hello !
Ouais, bon, je sais, on n'est pas jeudi mais... hey ! dans moins d'une heure on y est alors ça compte non ?
Le truc c'est que j'avais peur x100000 de pas avoir le temps de publier demain mais, comme mon chapitre était prêt (je crois) mais que vous non (ah ça oui) bah du coup j'me suis dit que j'allais vous faire la surprise, voilà.
Allez, j'vous laisse lire !
On se retrouve en bas.
Chapitre 16
Je m'éveillai plus tard, bien plus tard.
Un bruit me fit ouvrir les yeux, un froissement suivit d'un grincement… le parquet de ma chambre.
Mon cœur s'accéléra avant même que je ne sois totalement sortie de mon sommeil.
- Edward ? murmurai-je dans la pénombre de la chambre, peinant à distinguer sa silhouette longiligne.
En me redressant dans le lit, j'eu du mal à ignorer tous les signaux que mon cerveau envoyait à mon corps. Me tournant le dos, Edward s'était levé et avait enfiler son pantalon et sa chemise. A l'entente de mon réveil et de ma voix, son corps s'était entièrement crispé. Il partait ?
- Qu'est-ce que tu fais ? demandai-je la gorge sèche, tentant d'ignorer l'affolement de mes sens.
- Je rentre. Rendors-toi.
Me rendormir ? Sans lui ? Avait-il perdu la raison ? Depuis quand quittait-il mon lit en pleine nuit ? Je tentai de repousser ce que mon corps entier ressentait du mieux que je pus pour ne pas paniquer littéralement à l'idée qu'il s'en aille réellement.
- Tu peux rester, tentai-je de dire d'une voix contrôlée pour paraitre parfaitement sûre de moi.
Il soupira.
- Je ne crois pas que ça soit une bonne idée.
- Edward…
- S'il te plait Isabella… Ne rends pas les choses plus difficiles.
Ce fut l'instant, le mot de trop.
- Plus difficiles ? répétai-je, parfaitement réveillée maintenant.
Lentement, je le vis se tourner vers moi. Mon cœur s'accéléra à mesure de son geste et il me sembla que tout allait au ralentit : hormis la douleur sourde et lancinante qui avait de nouveau envie de m'accompagner.
Ma nudité, et le fait que je sois assise dans le lit où nous nous étions aimés quelques heures plus tôt me mis presque mal à l'aise devant lui. Je remontai le drap contre ma poitrine, me cachant.
La pleine lune dehors éclaira partiellement son visage. Son regard froid, ses lèvres pincées, ses mâchoires contractées, les cernes sous ses yeux… il était évident qu'il n'avait pas dormi et que, en plus, tout le chemin que nous avions réussit à parcourir depuis le midi n'avait servit à rien. Il faisait demi tour, après ce que nous avions vécu, ici, tous les deux ?
J'attendis que les larmes me viennent ou que mon corps entier me fasse souffrir atrocement mais ça ne fut pas le cas. Au lieu de ça, la colère, piquante et froide brula dans mon estomac, remontant en piquant ma gorge.
- Je croyais qu'on était d'accord Edward.
- On ne s'est rien promis, lâcha-t-il, froid comme la glace.
J'aurai pu éclater en sanglot à ces quelques mots si ma colère n'avait pas redoublé dans l'instant.
- Tu rigoles j'espère ?
Il resta silencieux, pinçant un plus ses lèvres.
Son silence parla pour lui.
- Tu comptais partir ? En pleine nuit ? Depuis quand fais-tu ce genre de choses ?
- Depuis que j'ai compris que je n'aurai pas dû revenir ! s'énerva-t-il, sa voix tremblant sous la colère.
Mes sourcils se froncèrent pendant qu'il se pinça l'arrête du nez, inspirant calmement pour se calmer.
- La mort de la femme d'Emmett m'a bouleversé. Et toi… toi, tu étais là, pleurant ton amour pour moi et j'ai juste… je n'ai pas pu te repousser.
Nerveusement, un rire s'étrangla dans ma gorge. Il était bouleversé alors il avait dit m'aimer ? A qui espérait-il faire croire ça ? A lui même ? Ou à moi ? Depuis quand était-il devenu si lâche ?
- Oh, donc, tu as céder ! Très mature de part Edward, ironisai-je, me relevant pour enfiler un t-shirt, peu à l'aise de me retrouver ainsi devant son regard glacial éclairé par les faibles rayons de la lune.
- Isabella…
- Peut-être que je dois te remercier en plus de ça ? continuai-je, en enfilant un short en coton.
La colère fit se dilater légèrement ses yeux quand il me vit s'approcher de lui.
- Ne me pousse pas à bout. Je ne veux pas te blesser d'avantage. Essaie de te comporter comme une adulte Isabella !
- Ne pas me… ne pas me blesser ? Sais-tu au moins ce que j'ai vécu ces dernières semaines ? Comment peux-tu prétendre ne pas vouloir me blesser Edward ? J'ai cru mourir de chagrin quand tu es partit !
J'aurai aimé que la colère le déserte. Que la froideur dans ses yeux se fendille, qu'il éclate de rage, qu'il fonde en larmes… qu'il réagisse. Mais son visage resta figé dans l'impassibilité, anéantissant le peu de contrôle qu'il restait à mon corps.
- J'en suis désolé, souffla-t-il, comme s'il ne ressentait plus rien.
- Ca se voit. Tu aurais pu au moins m'épargner ton retour, puis de nouveau ton départ.
Malgré qu'il voulu tout faire pour le cacher, ses mâchoires tressautèrent légèrement. Son regard se perdit dans le mien quelques secondes mais il me paraissait tellement vide… tellement sans vie. Qui était cet homme face à moi ? Je repensai à la façon dont il agissait, dont il parlait, étant à mille lieux de celui dont j'étais tombée amoureuse.
- Ca aurait été tellement plus facile si je ne m'étais pas réveillée… pas besoin de m'affronter n'est-ce pas ?
- Je ne te pensais pas si sarcastique.
- Preuve que tu ne me connais pas si bien.
Dans son regard, quelque chose d'infime changea.
- C'est ce que je vois, murmura-t-il, la colère faisant trembler sa voix.
Je serrai les dents, fouillant ses yeux à la recherche de la moindre faille, du moindre signe de doute quant à sa décision prise en quelques heures dans le silence de ma chambre.
Derrière la porte de ma chambre fermée, Gribouille gratta le bois de la porte, certainement alerté par notre échange animé. Edward ne laissa rien transparaitre, ni regret, ni chagrin… ni amour.
- Tu devrais partir, lui dis-je pour la deuxième fois de ma vie.
Quelque chose brilla dans ses yeux. Si j'avais été dans mon état normal, j'aurai très certainement éclaté en sanglot. Cependant, la rage qui m'animait semblait avoir avalé l'ensemble de mon chagrin, ne me laissant que ma colère et mon amertume.
- Je n'arrive pas à croire que j'ai été aussi naïve que ça, marmonnai-je en le voyant reculer vers la porte. Comment j'ai pu penser que tu étais différent ? Que nous étions différents ?
- J'ai ce don, claqua-t-il avec une froideur atroce. Les gens ne voient en moi que ce que je veux qu'ils voient.
- A croire que je n'ai jamais réellement vu qui tu étais.
A nouveau, ses mâchoires se serrèrent presque imperceptiblement, seulement, mon corps entier frissonna d'horreur. Il resta planté là, sans rien dire ni bouger alors que mon cœur avait envie de sortir de ma poitrine pour aller s'attaquer au sien avec colère.
- Va-t-en Edward, avant que je ne dise des choses que je finirais par regretter.
Il baissa les yeux sur mon corps lentement, comme s'il cherchait à ne pas oublier ce qu'il voyait cette nuit dans ma chambre. Je devais être hideuse, à peine réveillée, la colère mordant mon âme.
Il s'apprêta à dire quelque chose avant de secouer la tête et d'ouvrir la porte pour sortir à grandes enjambées de ma chambre, comme si cet endroit lui était brutalement devenu insupportable. Je le suivis malgré moi, incapable de le regarder partir sans rien lui dire de plus. Les mots se mélangèrent dans ma bouche, sans sens aucun, réveillant lentement mais surement la douloureuse réalité qui s'imposa brutalement à moi : il partait… il abandonnait.
- Je croyais que tu ne renonçais jamais… que tu ne laissais pas tomber facilement.
- Crois ce que tu veux, grogna-t-il en traversant ma salle à manger.
- Je ne te pensais pas si lâche.
- Je fais ce que j'aurai du faire depuis bien longtemps. Toi et moi… ça a été une erreur depuis le début… Comment j'ai pu croire…
- Une erreur ? Vraiment Edward ? C'est pas l'impression que j'ai eu quand tu as dit m'aimer à cet endroit exactement il y a quelques heures à peine ! m'écriai-je, à bout de nerfs.
- Je n'ai pas l'impression que tu comprennes ! s'écria-t-il à son tour en se tournant vers moi d'un mouvement rapide, me faisant sursauter. Je refuse d'être celui qui t'enterrera. Je n'ai aucune envie d'être la personne responsable de ton dernier souffle.
- Donc, tu me quittes à nouveau parce que tu as peur que je meurs ?
- Je ne…
- C'est complètement idiot Edward ! Je pourrais me faire tuer demain, dans un an ou trente ans, n'importe où et n'importe quand !
- Pas dans une vie normale ! Pas dans une vie où chaque putain de jour tu dois te cacher pour sortir de chez toi, pas dans une vie où tu passes des heures à rejeter les appels des journalistes, cracha-t-il, sa voix s'élevant à chaque mot. Pas dans une vie où on te menace chaque jour qui passe !
- Les menaces n'ont rien à voir avec ta carrière !
- Mais elles sont là ! Ouvre les yeux putain elles sont là, autour de moi sans cesse ! On ne peut pas vivre en faisant comme si elles n'existaient pas ! s'écria-t-il à nouveau, sa voix se brisant sous la colère l'habitant.
Le silence revint dans la pièce, et, brutalement, je me sentis à bout de force.
Il abandonnait. Il baissait les bras. Il était peut-être temps que j'abandonne, moi aussi. Me battre toute seule ne me mènerait nul part. Depuis le début, je nageais à contre courant alors que lui se laissait porter.
- Je ne peux pas vivre comme si elles n'existaient pas, se reprit-il, anéantissant le nous.
Il inspira lentement, tremblant de tout son corps devant moi, le silence entre nous m'étouffant à nouveau malgré la colère sous ma peau. Mes mains tremblaient tellement. Les siennes étaient inébranlables, tout comme les traits de son visage, impassible. Mes yeux me brûlèrent brutalement, comme si, tout à coup, toutes mes larmes se réveillaient.
A nouveau, l'impasse de notre histoire s'imposa à moi.
- J'aurai voulu…
- Je ne veux pas l'entendre, crachai-je ardemment en secouant la tête. Je ne veux plus rien entendre. Ca te plait c'est ça ? Détruire ma vie ça te fait triper ?
De colère, ses yeux brillèrent. Il claqua la langue avant de secouer la tête à nouveau.
- Crois le ou non mais mes sentiments pour toi ont étés réels.
De rage, j'éclatai d'un rire que je ne me reconnus pas. Jamais de ma vie je n'avais été autant en colère. Tellement que je me demandais comment j'en étais arrivée à avoir l'impression de ne plus rien ressentir à part cela. Tellement que si je ne m'étais pas retenue j'aurai foncé sur lui pour le ruer de coups. Qu'avait-il fait de moi ? M'avait-il vraiment détruit à ce point ?
En quelques enjambées, je traversai le reste de la pièce et ouvrit la porte. L'air frais de la nuit s'engouffra dans la maison, balayant notre dispute en une bourrasque. Edward, soudain silencieux, m'observa fulminer de rage, me retenant difficilement de lui hurler de s'en aller.
- Je ne te le dirais pas une autre fois Edward, réussi-je à dire, la voix tremblant de colère.
Il serra les dents à nouveau, jeta un coup d'œil à Gribouille, dont on devinait l'ombre assis sur la table à manger un peu plus loin avant de marcher vers moi lentement.
Malgré moi, mon souffle se coupa quand il arriva tout près.
Ses yeux capturèrent les miens une dernière fois avant qu'il ne s'arrête presque à ma hauteur, me faisant monter les larmes aux yeux de colère et de rage mêlées.
- Tu as été ma perfection, souffla-t-il d'une voix terne avant de disparaitre dans la nuit.
Je claquai la porte derrière lui le plus fort possible, espérant que cela chasse avec lui ma colère et mon cœur hurlant à nouveau sa perte.
- Je te déteste, chuchotai-je d'une voix faible, la rage m'étouffant.
Ma poitrine se souleva rapidement, essayant de trouver un moyen d'évacuer ma colère, mais cela ne suffit pas.
- Je te déteste, répétai-je, tremblant de tout mon être.
Mon corps allait exploser. Je voulais que tout disparaisse. Tout, y compris lui. Tout, vraiment, vraiment tout.
- Je te déteste ! hurlai-je contre le bois de la porte.
C'était donc ça, la colère ?
Il me fallu de longues minutes pour calmer ma respiration et le sentiment que je haïssais le monde entier.
Il m'avait quitté, une nouvelle fois et, malgré moi, je n'avais trouvé rien d'autre à dire ou à faire que de le détester. Muée par une force que je ne me connaissai pas encore, je décidai que je ne me laisserai pas mourir.
Pas cette fois.
J'allumai la lumière de la cuisine, voyant par la même occasion qu'il était à peine plus de 3h du matin. Je commençai par allumer de la musique, fort, très fort. Cela ne réussit pas à stopper mon cerveau en train de bouillir, alors je fis la première chose qui me passait par la tête : je me mis à ranger. J'avais toujours fait ça, plus jeune et même jusqu'à aujourd'hui. Ranger m'aidait toujours à remettre ma propre vie en place.
Je vidais ma valise, mis une machine de linge à tourner, rangeai absolument tout ce que je trouvais à trainer dans la pièce. La lave vaisselle en route, je retournai à contre cœur dans ma chambre. Je jetai un tour d'œil circulaire dans la pièce. Les murs blancs, le lit sur lequel je ne m'attardai pas, de peur que les démons reviennent.
Le plus rapidement que mon corps le pouvait, je fis voler les oreillers, défaisant les draps pour tout mettre à laver.
Je pris le temps d'ouvrir les fenetres, respirant profondément l'air oidé de la mer en contre bas. L'air frais et saisissant de la nuit pénétra dans la pièce, faisait disparaitre son parfum flottant encore ici et là.
Incapable de me sentir fatiguée, je mis des draps propres dans mon lit, passait l'aspirateur dans la maison entière avant de m'attaquer à la terrasse.
Quand le soleil était levé depuis plusieurs heures, je finissais d'aspirer l'intérieur de ma voiture. Pas un seul recoin de tout ce qui m'appartenait ne pouvait être encore sale.
Si mes voisins avaient été là, ils auraient certainement appelé les secours au vue de la folle hystérique qui faisait le ménage depuis trois heures du matin en écoutant un rap abominable. Heureusement pour moi -et pour eux- ils n'étaient présents que deux mois dans l'année (juillet/aout), ce qui me laissait l'occasion de faire autant de bruit que je le voulais.
Je retournai dans la maison après un moment, m'asseyant sur le canapé pour me poser cinq minutes, mon corps douloureux à cause du manque de sommeil me rappelant à son souvenir.
Lorsque j'ouvris les yeux à nouveau, il était près de 16h. Je m'étirai mollement, restant un moment allongée sur le dos en fixant le plafond, attendant que la douleur m'engloutisse… pourtant, rien ne vint. La colère, elle, par contre, n'avait pas disparue. Elle était toujours là, terrée entre mon cœur et ma gorge, me donnant presque la nausée.
Après m'être fait un thé pour me sortir de ce sommeil sans rêve, j'enfilai une paire de basket pour aller courir. Je devais absolument trouver une solution pour évacuer mon colère débordante depuis son départ.
Edward était un idiot doublé d'un égoïste.
Pendant presque deux heures, je courais le long de la plage, obligeant mon cerveau à ne plus penser. Mon corps entier semblait souffrir mais je n'arrivais, pour autant, pas à me résonner.
Plus je courrais, plus j'avais la sensation de respirer à nouveau.
Cela ne fit, pour autant, pas disparaitre la rage m'habitant, mais cela suffit à épuiser mon corps et vider totalement le reste de mon énergie. Je remontai le long de la plage, respirant encore difficilement, le cœur battant comme jamais il n'avait battu. Cela me prouvait au moins une chose : bien qu'il m'ait quitté, j'étais encore vivante.
- Depuis quand fais-tu un jogging avant 18h ? s'étonna Rosalie, appuyée contre la portière de sa voiture garée grossièrement devant chez moi, deux gobelets à la main.
- Depuis que je suis à nouveau célibataire ! m'exclamai-je en essayant de paraitre impassible.
Le visage de Rosalie ne changea pas.
Bien, elle était au courant.
- Il a appelé Emmett ce midi pendant notre déjeuner, expliqua-t-elle quand j'ouvris la porte d'entrée de ma maison.
- Vous étiez donc ensemble, relevai-je, ne pouvant m'en empêcher.
Pour la troisième fois de ma vie, je vis ma meilleure amie rougir. On pénétra dans le salon et je m'affalai dans le canapé sans aucune grace. Mon corps était totalement vidé, je n'eus même pas la force de dire à Rose de s'asseoir.
- C'est…
- Tu n'as aucune explication à me donner Rose, dis-je quand elle prit place dans le canapé à mon coté. Si tu es heureuse, c'est tout ce qui compte.
- Je le suis, avoua-t-elle dans un sourire timide. C'est encore… un peu étrange mais… je crois en nous.
- J'y crois aussi, lui soufflai-je, espérant lui insuffler assez de force pour se battre pour que ça marche.
- J'suis désolée pour vous, murmura-t-elle après un instant.
Son regard brula ma joue tandis que je concentrai mon regard sur la télé éteinte devant moi, priant pour qu'elle ne m'en parle pas plus.
- Qu'est ce qu'il s'est passé ? demanda-t-elle doucement, comme si elle craignait que je me brise.
Je serrai les dents, refoulant mon cœur qui sursauta. Je ne pouvais m'autoriser à laisser pénétrer ma souffrance. Si elle arrivait à entrer dans ma tête, si je la laissai prendre le dessus… je n'étais pas certaine d'y survivre.
- Il est partit, me contentai-je de dire.
- Il t'a dit pourquoi ?
Je soupirai, brutalement contrarié qu'elle insiste.
- Il a décidé que c'était mieux pour lui.
- Mieux pour lui ? Ne pense-t-il pas que ça serait mieux pour… toi, plutôt ? corrigea-t-elle en penchant la tête pour me regarder.
- Il a surement raison.
- Bella…
- J'en ai marre Rose. J'me bats toute seule depuis le début. J'ai lutté, encore et encore… et regarde moi !
- Tu es transpirante, constata-t-elle en jetant un coup d'œil à mon corps.
Je levai les yeux au ciel.
- J'avais besoin d'évacuer.
- Je comprends, se contenta-t-elle de dire.
Elle me tendit un des deux gobelets. Je le pris avec joie, boire un thé bien chaud était certainement ce dont j'avais besoin désormais. Rosalie m'observa un long moment en silence tandis que je tentai de me concentrer sur autre chose. Mes yeux tournèrent dans la pièce, observant le meuble télé devant nous, mes dizaines de DVD s'étalant sous mes yeux. Mon cœur sursauta quand je lisais le nom des films dans lesquels il avait pu joué et que je possédai encore. Je savais qu'il faudrait que je m'en débarrasse un jour ou l'autre.
- Je ne te savais pas si peu têtue, finit par dire Rosalie après quelques minutes.
Je reportai mon attention sur son visage pendant qu'elle buvait une gorgée de son café.
- Pourquoi ? demandai-je avec méfiance.
- Tu renonces. Ca n'est pas ton genre.
Mes yeux cernés retrouvèrent les siens. Elle était belle, c'était indéniable et je l'avais toujours vu. Mais, à cet instant, elle avait l'air contrariée… et presque déçue.
- Il ne me laisse pas le choix, réussi-je à dire, sentant ma poitrine se serrer douloureusement.
- On a toujours le choix. Tu m'as dit que si j'aimais Emmett, je ne devais pas laisser tomber. Qu'il y avait toujours une solution. Je crois que c'est pareil pour vous.
- Il est partit Rose ! Il m'a quitté une nouvelle fois ! m'agaçai-je en me relevant, ne supportant soudain plus d'être assise à attendre que la douleur me détruise.
- Ses parents ont reçu de nouvelles menaces, lacha-t-elle en se tournant légèrement vers moi, appréhendant ma réaction.
Mon souffle se bloqua dans ma gorge.
C'était pour ça qu'il était à nouveau partit ? Allait-il me laisser tomber à chaque épreuve se mettant sur notre chemin ?
- Je ne savais pas, réussi-je à dire après plus d'une minute à tenter d'éteindre mon cerveau en pleine ébullition. Mais ça ne change rien. Il est partit.
- Et alors ? Je t'ai connue plus combative que ça !
- J'ai tout essayé...
- Essaies plus fort. Prouves lui que vous êtes faits l'un pour l'autre.
- Rose, s'il te plait...
- Vous l'êtes Bella ! Je ne connais personne d'autre que vous qui se regarde comme vous le faites. Ca n'est pas seulement de l'amour c'est… je suis persuadée qu'il est ton âme sœur.
- Il m'a quitté, répétai-je en secouant la tête, refusant d'admettre ce qu'elle avançait.
Comment pourrais-je admettre ce qui finirait par me détruire ?
- Alors va le chercher. Pousse le dans ses retranchements. Bats-toi plus fort. Mets le face à la vérité qu'il ne pourra pas vivre sans toi. Et que toi non plus.
Mes yeux et ma poitrine me brulèrent en même temps face à la force de ses mots.
- Je n'en suis pas capable, murmurai-je, soudain perdue dans les tréfonds de mes peurs.
- Bien sûr que si tu l'es ! Vas le chercher, ordonna-t-elle en se levant à son tour.
- Maintenant ? m'alarmai-je, mon cœur s'emballant.
- Vas prendre une douche d'abord.
J'hésitai quelques secondes, perdue entre ce que je devais faire et ce que je voulais faire. Je ne voulais plus être rejetée. Je ne voulais plus souffrir, plus être abandonnée, plus être trahie. Je ne voulais plus jamais avoir peur. Mais, au fond de mon âme et de mon cœur, je savais que je devais tout tenter; tout essayer, parce que, finalement, quoi que je fasse et que je dise… Rose avait raison, je le savais.
- Votre amour mérite que tu essaies une dernière fois, ajouta-t-elle, m'observant me battre contre moi-même.
- J'ai eu la sensation qu'il était tellement…
Je soupirai, ne trouvant pas les mots pour le définir. Il avait eu l'air de ne plus m'aimer. Le fait de repenser à son visage froid et en colère me donna du mal à respirer. Si ma douleur m'engloutissait maintenant je ne serais plus à même de trouver la force de tout tenter.
- On aurait dit qu'il ne m'aimait plus.
C'était dit.
C'était sortit.
J'attendis une seconde, que ma douleur m'engloutisse, mais il n'en fut rien.
- C'est impossible, murmura Rosalie en reposant son café sur la table de salle à manger.
- Et si jamais…
- C'est impossible, répéta-t-elle avec conviction. Si tu… si tu l'avais entendu parler à Emmett Bella, je te garantis qu'il te serait impossible de penser une chose pareille.
Je me pinçai les lèvres, retenant mon âme de crier à l'aide.
- Qu'a-t-il dit ? finis-je par demander après un silence lourd entre nous.
Les yeux de Rosalie fouillèrent les miens, comme si elle voulait vérifier que j'allais tenir le choc.
- Il… il a dit qu'il voulait absolument tout arrêter. Ses projets en court, sa carrière… tout.
- Tout ? répétai-je, abasourdit par ce que je venais d'entendre.
Rosalie hocha la tête lentement pendant que je fronçai les sourcils, mon cerveau s'affolant.
- Il a dit qu'il ne méritait pas ton amour pour lui.
Mon cœur s'arrêta malgré moi. Il voulait tout arrêter ? Mais pourquoi ? Lui qui adorait son métier, lui qui était un passionné dans l'âme ! Il n'avait aucun droit de mettre fin à cette carrière sublime qui était la sienne à cause de… de quoi au juste ? De nous ?
- Je… je dois le trouver, marmonnai-je dans le vide, mon cœur accélérant à mesure des secondes qui passaient.
- Tu dois prendre une douche tout d'abord, me corrigea Rosalie avant de m'adresser un petit sourire de biais.
Je levai les yeux au ciel une nouvelle fois avant de foncer dans ma salle de bain.
Je ne devais plus réfléchir. Je n'y arrivai d'ailleurs plus.
Quand je sortie de ma douche, je n'étais pas plus calmée et mon cerveau pas plus apaisé. Les questions et les informations tourbillonnaient en boucles dans ma tête malmenée et je réprimais mes larmes sans arrêt. Je ne savais même pas par où commencer. Rosalie, de nouveau assise dans mon canapé, se releva à mon entrée dans le salon.
- Voilà que tu es plus présentable… bien que tes cernes soient aussi longs que mes jambes !
- Et il y a du niveau, commentai-je ironique en levant les yeux au ciel.
- Je te signal que tu dois aller retrouver Edward, s'amusa-t-elle en venant dans ma direction. Tu devrais garder tes remarques acerbes pour lui.
Je serrai les dents, la boule au ventre. Le temps de ma douche, j'avais eu le temps de me dégonfler de moitié. Ma colère contre lui s'était calmée, même si je ne comprenais toujours rien à ce qu'il s'était passé plus tôt dans la nuit.
- Il est au Bel'Air, reprit Rosalie devant mon silence. Je t'y emmène, Emmett nous fera entrer et tu pourras le rejoindre.
- Même suite ? me contentai-je de demander, le cœur battant douloureusement dans ma poitrine.
- Oui.
Dans la voiture, je me rongeai les sangs.
Et s'il ne changeait pas d'avis ? Si je n'arrivai pas à lui faire entendre raison ? Ou, pire, si il me donnait raison, et qu'il changeait à nouveau d'avis ? Comment pourrais-je être sûre de sa décision ? Certes, hier, cette nuit, nous avions pas parlé, ou trop peu. Nous nous étions rien dit concernant notre situation, et, bien que cela me fasse du mal de l'admettre, Edward ne m'avait rien promis quant au fait de nous remettre ensemble ou non… Je ne pouvais regretter notre étreinte, mais celle-ci avait un gout amer : j'aurai du le forcer à me parler, à m'expliquer les choses… alors il ne serait certainement pas partit ce matin… et je n'aurai pas la sensation que ma vie allait s'arrêter d'un instant à l'autre.
- Il attends Emmett, me rappela Rosalie quand on se gara dans le parking sous-terrain du Bel'Air. Il ne s'attends pas à te voir du tout alors essaie de… de rester calme.
Mon angoisse m'empêchait de respirer calmement. Bien qu'une partie de moi soit absolument persuadée que je faisais le bon choix, l'autre partie était morte de trouille et recroquevillée dans un coin d'une pièce sombre, attendant la douleur de notre rupture comme la victime attendant son bourreau.
- Bella, tu dois le faire.
- Tu crois ? demandai-je, perdant soudain toute confiance en moi.
Rosalie soupira en se tournant vers moi. Elle me regarda comme on observe un chien apeuré et prêt à mordre.
- Si votre histoire ne lui avait rien fait, il serait probablement avec une blonde plantureuse dans sa suite. Ce qui n'est évidement pas le cas. Il veut… il veut arrêter sa carrière Bella. Il veut tout foutre en l'air.
- C'est lui qui m'a quitté, lui rappelai-je, ignorant le tambourinement de mon cœur à ses mots.
- Il le fait parce qu'il à peur que celui qui le menace s'en prenne à toi, s'agaça Rosalie.
- Mais si…
- Bella ! me coupa-t-elle, me faisant sursauter. Tu vas monter dans cette suite et tu vas lui dire qu'il est l'homme de ta vie, et que tu traverserais les montagnes et les océans pour lui. C'est clair ?
- Je… oui, couinai-je difficilement.
- File.
Je sortis de la voiture tremblante et suffocante, me demandant vraiment ce que je faisais ici.
Les souvenirs dans ce parking dansèrent devant mes yeux… le nombre de fois où j'avais foulé ce sol, seule, ou avec lui. Le nombre de fois où il m'avait embrassé ici, et là... les fois où mon cœur s'était arrêté rien qu'à sa vision, le nombre de fois où ses doigts avaient tenus les miens fermement…
En montant dans l'ascenseur, mon ventre eut un spasme douloureux. Ici, dans cet hôtel… nous nous étions aimés la première fois.
Ici, il m'avait embrassé.
Ici, tout avait réellement commencé.
Ici, il m'avait supplié de ne pas l'abandonner.
Cette promesse résonna en moi alors que les portes de l'ascenseur s'ouvrirent à l'étage de sa suite, me faisant découvrir Emmett, les bras croisés sur le mur en face.
Je devais tenir parole.
Je devais lui prouver que je n'abandonnerai pas, peu importe ce qu'il voulait me faire croire, je savais qu'il n'était pas l'homme froid et distant qui avait quitté ma maison cette nuit.
Et j'allais le lui prouver.
- Tu es prête ? demanda Emmett à voix basse en me rejoignant, marchant cote à cote sur la moquette du long couloir menant à la suite.
- Oui, murmurai-je.
- Il était dans un sale état quand je l'ai récupéré.
Je lui lançai un regard, le suppliant silencieusement d'être plus précis même si cela me faisait mal.
- Il avait bu. J'imagine qu'il doit décuver avec difficulté, expliqua Emmett.
Soudain, je compris mieux pourquoi Edward avait dit vouloir tout abandonner. Il n'était pas dans son état normal… tout me parut plus clair. Malgré cette révélation, mon envie de sauver notre histoire ne disparut pas… au contraire.
Cela me prouvait, à nouveau, qu'il était aussi détruit que moi.
On s'arrêta devant la porte de la suite.
Le cœur battant, j'observai Emmett frapper deux coups sur le bois froid. Comme au ralentis, j'eu la sensation de voir ma vie, notre histoire, défiler sous mes yeux quand Emmett glissa son pass dans le lecteur électronique, faisant s'ouvrir la porte dans un cliquetis.
- Appelle moi si tu as besoin de quoi que ce soit. J'serais en bas avec Rose, dit Emmett à voix basse, poussant légèrement la porte pour me permettre d'entrer.
Je hochai la tête en silence, l'angoisse grignotant mon corps. Comment allait-il réagir en me voyant ? Et s'il dormait ? Et si il ne voulait vraiment plus jamais me voir ?
Lorsque je pénétrai dans la suite, je dû cligner des yeux à plusieurs reprises pour m'habituer à la pénombre de la pièce. Le silence dans la suite noua mon ventre un peu plus. Était-il là, au moins ?
Les épais rideaux étaient clos, et il me fallu une seconde pour repérer le bruit de la douche dans la salle de bain. Malgré tout, je me sentie soulagée. Il était là, et réveillé… ce qui augmenta derechef mon rythme cardiaque.
L'eau se coupa dans la salle de bain au moment où la porte de la suite se referma dans un bruit sonore. Je fermai les yeux une seconde, n'entendant plus un bruit dans la pièce d'à coté.
- J'arrive Emmett ! cria la voix d'Edward un peu étouffée par les cloisons entre nous.
Je m'entendis déglutir péniblement, mon cœur s'accélérant à nouveau.
J'ouvris un des rideaux épais, faisant entrer les rayons du soleil dans la suite. Cela me donna l'impression de pouvoir respirer à nouveau, rien qu'un peu.
Et s'il me repoussait une nouvelle fois ? Impossible, avait dit Rosalie.
Je me répétai cela jusqu'au moment où Edward sortit de la salle de bain, un instant plus tard, seulement vêtu d'une serviette blanche tombant bas sur ses hanches. Me tournant le dos, filant directement à son dressing, il ne prit même pas la peine de me jeter un coup d'œil. La porte ouverte de la chambre me donna tout le loisir de l'observer une minute en silence, mon corps semblant reprendre vie à la vue du sien.
Pourtant, il me paraissait si loin…
- Ecoute Em, à propos de ce matin, j'pense que j'ai été un peu trop… catégorique, commença-t-il, me tournant toujours le dos.
- Je ne te le fais pas dire, dis-je d'une voix forte, le figeant dans son mouvement pour attraper la chemise devant lui.
Comme au ralentis, je le vis se tourner vers moi.
Ses cernes avaient un peu diminués, mais la pénombre de la chambre et la distance entre nous m'empêcha de distinguer parfaitement son visage. Pourtant, je vis clairement la surprise peindre ses traits parfaits avant qu'il ne se reprenne dans une inspiration, redevenant l'homme froid que j'avais eu chez moi la nuit dernière.
- Je ne crois pas que tu sois celle à qui je m'attendais, souffla-t-il d'une voix qu'il voulu égale.
Comme si de rien n'était, presque comme si je n'étais pas là, il se tourna à nouveau, puis défit la chemise de son cintre pour pouvoir l'enfiler. Le cœur battant à tout rompre, la gorge sèche, je l'observai en silence, me demandant si j'allais être capable de lui parler. J'observai ses muscles rouler à mesure qu'il enfilait le tissus, me délectant non sans mal de l'effet qu'il avait toujours sur mon être… toujours.
- Emmett est en bas, avec Rose, réussi-je à dire après un instant. Ils prennent tardivement le repas dont tu les as privés.
Un léger rire nerveux le secoua alors qu'il me faisait fasse à nouveau, retrouvant son visage où son impassibilité avait retrouvé sa place.
- Tu es donc au courant, constatât-il en boutonnant sa chemise lentement, ses yeux accrochant les miens.
- Je suis au courant de beaucoup de choses, oui.
Je le vis déglutir avant qu'il ne reparte vers la salle de bain. Je soupirai, me rendant compte que le combat s'annonçait bien plus difficile que ce que j'avais imaginé. Edward était tellement fermé… tellement froid. Allait-il être capable de m'écouter ? De m'écouter réellement ?
- Je suis au courant que tu as dit que tu voulais laisser tomber ta carrière, dis-je un peu plus fort, de sorte à ce qu'il m'entende.
Je l'entendis faire tomber quelque chose, puis jurer d'une voix rauque.
- Je suis au courant que tu es allé te saouler dans un bar après être partit de chez moi.
Il réapparut après une seconde. Il avait enfilé son pantalon et cette constatation provoqua une légère déception en moi.
- Je suis au courant que tu es entrée ici sans ma permission, claqua-t-il en pénétrant dans la suite.
Il grimaça à la vue du rideau ouvert avant de se diriger vers la tasse de café chaud qui était posé sur le bar et à laquelle je n'avais pas fait attention en rentrant ici.
- Emmett m'a fait entrée.
- J'imagine que tu ne l'as pas fait seule oui. Je ne pourrais croire que le système de sécurité n'est pas de taille.
Le sarcasme de sa voix pressa sur ma poitrine, me donnant mal physiquement. Quand ce masque de froideur allait-il disparaitre ? Il porta la tasse à sa bouche, avala une gorgée, son regard accroché au mien. J'inspirai calmement, décidant de ne pas me laisser impressionner.
- Je suis venue te parler.
- J'ai un rendez-vous à 20h et j'ai une gueule de bois monstrueuse alors si tu pouvais…
- Edward ! le coupai-je, sentant la colère me serrer la gorge à nouveau.
Il se tut, puis bus une nouvelle gorgée de son café dans un silence horrible. Je devais trouver les bons mots. Je devais lui montrer qu'il avait tord.
- Je t'écoute, finit-il par dire, m'offrant la possibilité, même infime, de l'atteindre.
Peut-être était-ce d'ailleurs la dernière qu'il me donnerait… mais rien n'était perdu. Posté derrière le bar de la suite, il me fixa, dans un mélange d'incrédulité et de colère. Au moins, je l'avais surpris. Il ne s'attendait certainement pas que je m'impose à lui de la sorte.
- Je suis venue te dire que je refuse.
- Tu refuses ? s'étonna-t-il en haussant un sourcil, le vert de ses yeux me pénétrant de toute part.
- Je refuse que tu abandonnes.
Ses sourcils se froncèrent légèrement alors qu'il buvait une nouvelle gorgée en silence. Son visage ne laissait rien paraitre, mais, ses yeux, eux, semblaient hurler.
- Tu refuses que je fasse quelque chose que je veux ? répéta-t-il comme pour être certain d'avoir compris ce que je lui avais dit.
- Tu ne le veux pas, contrai-je en m'approchant d'un pas.
- Sais-tu donc mieux que moi ce que je veux ?
- Il faut croire que oui.
Je laissai passer un silence pendant qu'il reposait sa tasse de café sur le marbre du bar en essayant de rassembler mes pensées en vrac.
- Je sais que tu m'aimes, argumentai-je.
- Ca ne change rien, s'obstina-t-il en balayant ma remarque de la main.
- Ca change tout Edward, m'agaçai-je de le voir aussi entêté.
- Non, claqua-t-il en contournant le bar pour avancer dans le salon. Ca ne change rien. Ca m'encourage juste à tenir ma parole et te protéger de tout ce qui me tourne autour.
- Ca te donne l'interdiction de me détruire.
- Je te protèges Isabella, s'énerva-t-il en reculant d'un pas quand j'en avançai d'un vers lui.
Je secouai la tête, repoussant mes peurs.
- Je suis au courant pour la menace sur tes parents, soufflai-je, sentant ma voix trembler face à l'émotion que cela provoqua en moi. Je sais que tu es partit à cause de ça.
Il se figea, son corps trahissant soudain toute la tension qui l'habitait. Mon corps entier frissonna à la vue de la souffrance qui dansa dans ses yeux. Devant son silence de mort, je repris d'une voix plus assurée.
- Je n'ai pas besoin d'être protégée Edward. Je sais me défendre, j'obéirais à la moindre de tes volontés s'il le faut.
Il tiqua légèrement mais se ressaisit rapidement en secouant la tête de gauche à droite.
- Tu ne gagneras pas contre moi, murmura-t-il avec distance.
- Toi non plus.
Et j'étais sûre de moi. Je ne lui avais jamais tenu tête aussi longtemps, et, pour la première fois de ma vie, je voulais à tout prix gagner cette bataille.
- Bien ! ironisa-t-il en claquant des mains théâtralement. Alors que faisons nous ?
- On reste ensemble.
- Nous ne sommes plus ensemble, asséna-t-il espérant avoir le dernier mot.
Il cherchait à me blesser pour que je baisse les bras. Je fus étonnée de voir à quel point il était près à tout pour m'éloigner. Mais je n'étais cependant pas prête à renoncer. La façon dont il réagissait me prouvait sans cesse qu'il ne voulait que me repousser, mais qu'il perdait de la force de minute en minute.
- Non, lâchai-je brusquement.
- Non ?
- Non. Je refuse que tu prennes cette décision seul. Tu as l'habitude de tout contrôler Edward, mais je ne suis pas comme tout ceux qui t'entourent.
- Je n'ai jamais prétendu une chose pareille.
- Alors écoutes moi ! m'énervai-je.
Il serra les dents, la colère dansant dans ses yeux.
- J'ai… quand tu m'as quitté en revenant d'Italie j'ai… j'ai cru mourir. Vraiment. J'ai passé des semaines terrées dans mon lit à ne plus vouloir voir la lumière du jour.
- Isabella…
- J'ai renoncé trop vite. Je ne me suis pas battu pour nous. J'ai pensé, naïvement, que j'arriverai à vivre sans toi. Mais ces dernières heures et ces dernières semaines m'ont prouvées à quel point j'avais eu tord Edward.
Il serra les dents luttant intérieurement contre moi et contre lui-même. Ses émotions dansèrent, violentes dans ses yeux alors que le reste de son visage et de son corps restèrent impassible et immobile.
J'inspirai profondément, espérant calmer mon cœur qui ne s'était toujours pas ralentit.
- J'ai promis un beau chemin Edward, pas un chemin où l'on doit se séparer pour être heureux. Je n'arriverai plus à l'être sans toi. Plus jamais.
Malgré toute la volonté qu'il mit à rester de glace, son regard se voila. La référence à ma première lettre ne lui fut pas inconnu et il s'appuya contre le dossier du canapé derrière lui, croisant les bras contre son torse en m'observant.
- Je suis cette âme qui est la tienne Edward, murmurai-je, la voix tremblante.
J'étais celle qui lui fallait. Comment pouvait-il encore repousser ce qu'il ressentait pour moi ?
Lentement, je le vis décroiser les bras pour les poser sur le dossier du canapé, de chaque coté de son corps.
Bien, j'avais au moins réussi à capter son attention.
- Je t'aime. Plus que j'ai jamais cru qu'il était possible d'aimer mais ça ne tient pas qu'à ça, repris-je en secouant la tête, soudain bouleversée par tout ce que j'osais lui dire.
J'inspirai lentement en fermant les yeux, tentant de calmer mes émotions trop vives pour mon pauvre cœur. Quand je rouvris les yeux, Edward serra le dossier du canapé de ses doigts. Si fort que les jointures de ses mains en blanchirent.
- Rose pense que tu es mon âme-sœur.
Ses mâchoires se contractèrent lentement, comme s'il retenait de parler.
- Je pense qu'elle a raison, continuai-je en m'approchant d'un pas. Non, me repris-je après une seconde. Je sais qu'elle a raison. Parce que… tout ce que je ressens pour toi, depuis la première fois que je t'ai vu à travers un écran me brise et me rends plus forte, et plus heureuse que je ne l'ai jamais été.
- Encore une chose qui nous différencie Isabella, murmura-t-il, la voix couverte d'une émotion indéchiffrable. Tu ne me rends pas fort. Avec toi je suis… je suis l'homme le plus vulnérable qui existe.
- Alors laisse moi te protéger, le suppliai-je en avançant une nouvelle fois vers lui. Laisse moi te montrer qu'on sera plus forts à nous deux. On peut y arriver.
Il secoua la tête, me contournant pour partir à l'autre bout de la pièce, semblant ne plus supporter ma présence près de lui.
Lui tournant le dos, mes yeux se fermèrent, contenant mes larmes et la sensation d'étouffement que ma gorge subissait douloureusement. Pourquoi était-ce si douloureux ? Si difficile ?
- On ne peut pas faire comme si je n'avais pas sans cesse ces menaces sur ma vie et mes proches, soupira-t-il, soudain lasse.
- Il est clair qu'on en peut pas, non, approuvai-je en me tournant vers lui.
Ses yeux sombres verrouillèrent les miens, me donnant mal au ventre. Il fronça légèrement les sourcils en fouillant mon regard. Pensait-il que je capitulai ? Que j'abandonnai ?
Jamais.
- On peut se battre ensemble et affronter tout ça. Ensemble Edward.
Il pinça les lèvres mais, pour la première fois depuis que j'étais arrivé, il n'essaya pas de me faire dire que ce nous n'existait plus. Mon corps se revigora instantanément, comme si, d'un seul coup, l'espoir renaissait. Comme si, en un silence de sa part, je retrouvai toute mon énergie.
- On peut y arriver, répétai-je à nouveau en m'approchant à nouveau.
Il passa une main sur son visage fatigué et tendu.
- Je ne te pensais pas si têtue, avoua-t-il, l'ombre d'un sourire dans la voix.
Nos yeux s'accrochèrent, se souriant presque malgré la douleur toujours écrasante entre nous.
- Je ne partirai pas d'ici avant que tu aies céder, avouai-je, relâchant légèrement ma garde.
Il secoua la tête, partagé entre l'incrédulité et la stupéfaction.
Puis le silence se fit entre nous. Lourd, pesant et effrayant. Tout son corps semblait hurler de lâcher prise, mais la bataille dans ses yeux n'était pas encore vaincue. J
e soupirai, cherchant dans mes dernières forces de quoi l'affronter à nouveau.
- Que dois-je faire pour que tu abandonnes ? finit-il par demander.
J'ouvris les yeux un peu plus grand, comme si la répercutions de ses mots pouvaient en être moins douloureuse.
- Rien, dis-je, sincère. Rien de ce que me diras ne me fera changer d'avis. Je sais que c'est toi Edward.
Il ferma les yeux un quart de seconde, puis son regard replongea dans le mien et me coupa le souffle. Il était dévasté. Je le sentais.
Un peu plus et je n'arrivais plus à respirer.
Un peu plus, et j'allais tomber dans les pommes.
Tout ça était trop. Beaucoup, beaucoup trop.
Dans une dernière tentative pour lui faire entendre raison, j'inspirai profondément en m'avançant vers lui. Son corps immobile ne bougea pas, même quand je me retrouvai à quelques centimètres du sien.
- Oses me dire que tu ne m'aimes pas d'une manière qui te dépasse Edward, murmurai-je avec émotion, les larmes brulant à nouveau mes yeux.
- Je ne pourrais jamais te dire une telle chose, avoua-t-il, son masque se fendillant lentement.
Le soulagement traversa mon corps violemment. A tel point que je sentis mes jambes trembler, comme si elles étaient faites de coton.
- Alors laisse nous une chance, suppliai-je.
Il serra les dents mais son regard passa d'une douleur profonde à quelque chose d'un peu moins glacial.
- Promets moi que tu ne feras rien d'idiot. Que tu ne prendras aucun risque inutile. Que tu obéiras à chaque chose que je te demanderai.
- Pas si c'est pour nous détruire, croassai-je, la voix chevrotante. Je n'accepterai plus rien contre nous Edward. Plus jamais.
- Et la presse ? Les fans ? Les paparazzis ? demanda-t-il dans un ultime élan pour me faire changer d'avis.
Je secouai la tête.
- J'm'en fou complètement. Ils peuvent me harceler tous les jours, j'm'en fou tant que tu es avec moi.
L'incrédulité le traversa. Désormais, son masque d'impassibilité n'existait plus. Cette constatation fit accélérer mon cœur.
- Dean sera ton chauffeur, ordonna-t-il d'une voix qui ne demandait aucun accord.
- J'ai plus de boulot, lui rappelai-je dans une souffle.
Un très léger sourire orna sa bouche avant de disparaitre. Il s'avança à son tour vers moi pour la première fois depuis mon arrivée dans la suite. Mon cœur loupa un battement quand son odeur boisé me percuta, affolant mon corps entier.
- Il t'emmènera absolument partout quand même et je ne veux plus que tu protestes là dessus.
- D'accord, cédai-je, espérant lui faire enfin entendre raison.
- Et tu vas venir vivre ici avec moi le temps qu'on trouve une solution à ce merdié.
Je hochai la tête, incapable de parler, bouleversée par le soulagement brutal de mon corps et de mon âme.
Sa main remonta lentement, presque au ralentis jusqu'à mon visage. Ses yeux fouillèrent les miens, cherchant mon accord pour me toucher.
Je ne sus ce qu'il put lire dans mon regard mais, quand sa peau toucha la mienne, un soupire de soulagement passa mes lèvres sans que je puisse le retenir.
Cependant, je ne m'autorisais pas à laisser mes larmes couler et mon amour pour lui exploser. J'avais besoin qu'il fasse quelque chose qu'il n'avait pas fait la dernière fois. Je me devais d'être sûre cette fois, qu'il n'abandonnerait pas dès qu'il n'en dormirait plus la nuit. J'en mourrais d'ailleurs certainement s'il le faisait.
- Promets moi que tu ne me laisseras plus, quémandai-je en m'accrochant à sa chemise. Promets le moi Edward.
Il se pencha vers moi, faisant se couper mon souffle et s'arrêter brutalement mon cœur.
Voilà un geste, des émotions que je pensais ne plus jamais pouvoir vivre. Je retins un sanglot quand son nez frôla le mien dans une lenteur à me faire mal. Les émotions me parcourant furent si fortes que mes paupières se fermèrent, incapable d'affronter les tourments et les sentiments violents que je pouvais lire dans les pupilles sombres d'Edward.
- Promets le moi, répétai-je contre lui, comme une prière douloureuse.
Ses lèvres frôlèrent les miennes, anéantissant chaque chose qui nous séparaient il y a encore une heure, et chaque morceau de ma colère brulant encore secrètement mon âme.
- Isabella je… Promets moi de ne plus jamais me laisser faire, de ne… plus jamais, balbutia-t-il contre ma bouche, son souffle chaud et saccadé me faisait presque gémir contre lui.
- Promets le moi, répétai-je encore, pensant vaguement que s'il ne le faisait pas, j'allais m'évanouir dans la seconde.
- Je te le promets.
Quelques secondes, le temps se suspendit. Mon cœur, lui, s'arrêta de battre quelques instants avant de redoubler d'intensité, devant presque douloureux pour ma poitrine en feu.
Les émotions de cette journée interminables se succédèrent et se bousculèrent sous ma peau, faisant bouillir le sang dans mes veines tandis que mes doigts s'enfonçaient dans son torse, au rythme incontrôlé de sa respiration rapide.
Quand sa bouche frôla la mienne à nouveau, une plainte s'étrangla dans ma gorge, entre le sanglot et le soupire de soulagement. Les mains d'Edward prirent mon visage en coupe, m'empêchant de partir en même temps qu'il approfondissait notre baiser, nous faisant gémir d'un même ensemble.
Il m'attira un peu plus à lui, collant mon corps contre le sien.
Son baiser me donna tout. Sa colère, ses peurs, ses sentiments. Ma tête me tourna tant mes émotions étaient fortes, et, quand un sanglot résonna contre sa langue brulante, je compris que mon corps rendait les armes.
Peu importe, il était mon paradis et mon enfer.
Tout parut alors s'accélérer d'un seul coup.
L'intensité de son baiser redoubla, et ses mains glissèrent sur mon corps qu'il serra contre le sien à m'en faire mal.
Je pleurais contre sa bouche, incapable de retenir mes larmes tandis qu'il m'embrassait comme jamais auparavant. Avec tellement de hargne, tellement d'ardeur que mon corps s'arqua contre le sien et que mes mains atteignirent ses cheveux que je tirai comme une acharnée. Je le sentis gémir à nouveau quand ses mains descendirent sur mes fesses qu'il serra pour me coller d'avantage contre son corps.
Lorsqu'il mit fin à ce baiser, tout mon corps sembla le réclamer plus fort encore. Comment faisait-il ? Quel pouvoir avait-il sur moi pour que j'arrive à passer de la colère la plus violente à l'amour le plus pure en une fraction de seconde ?
J'ouvris les yeux difficilement, et tombai sur ses deux lacs sombres troublés par les larmes qu'il retenaient encore. L'émotion était si forte entre nous qu'elle n'avait pas besoin de mots. Je savais qu'il m'aimait, je le savais et les larmes qui glissèrent en silence sur ses joues râpeuses brisèrent mon cœur en même temps qu'elles me firent du bien : elles me prouvaient que j'avais eu raison de m'accrocher à ce point.
Elles me prouvèrent que j'avais raison, sur tout… sur nous.
- Pardonnes-moi, murmura sa voix cassée dont l'émotion me terrassa.
Mes doigts tremblants glissèrent de ses cheveux à ses joues que j'essuyai lentement de mes pouces avant de me hisser sur la pointe des pieds pour l'embrasser à nouveau.
Quand il me rendit mon baiser avec toute la douceur dont il était capable, je sus que j'avais décroché un bout du paradis.
Si j'en ai choqué plus d'une, je m'en excuse ! (ou pas)
IMPORTANT : Si vous voulez lire la suite, vous laissez une review. C'est aussi simple que ça (et oui, ça va être comme ça maintenant !)
On se retrouve la semaine prochaine.
En attendant on peut papoter sur Facebook ou sur Instagram pour celles qui ont envie (cherchez Tied Foster) on se marre bien et j'adore échanger avec vous !
Spéciale dédicace à Chloé et à Elodie ce soir. Merci pour votre soutient sans faille !
J'vous embrasse
Tied.
