O.M.G

Il est temps pour vous de connaitre le fameux "il" du passé de Mari. Il vient enfin foutre un peu la pagaille dans leurs vies.

J'écris ça après avoir fini ce chapitre. Trois heures d'écriture et je me sens… Bizarre. Ce chapitre est un peu lourd émotionnellement, un peu comme celui d'avant. J'ai écrit les deux en l'espace de deux jours et j'avoue que je vais en faire un plus léger pour le prochain sinon je vais finir dépressive. Désolée pour la noirceur mais ces deux chapitres faisaient partie de ma trame depuis le début.

J'espère qu'il sera quand même apprécié. La relation d'Adrien et Marinette prend une autre dimension, bien plus profonde. Dites-moi ce que vous en pensez ! Et si vous avez des idées ou des situations dans lesquelles vous voulez voir nos héros, n'hésitez pas ! Je les intègrerais dans les prochains chapitres et donnera un peu de défi dans mon écriture )

POur répondre aux commentaires :

- Krokmou : encore merci pour les commentaires ;) j'espère que la suite te plaira également.

- Naruhina2 : et oui, je suis encore là pour un moment apparemment :D Je vais également bientôt poster un autre OS avec, cette fois, Ladybug et Chat Noir (mon 1er avec les super héros). Il sera plus court que les autres. Donc, il y aura cette histoire et pleins d'autres encore ;)

- Anne O'Delly : merci pour le commentaire, il me motive bien pour la suite. J'espère que je garderais cette évolution réaliste pour la suite. Et leur officialisation va prendre un peu plus d'ampleur ;)

- GinnySister : Nino la voyait plus lente à agir sans doute. Ou qu'Adrien n'aurait pas le courage de se confesser. Peu importe... Il pensait qu'ils prendraient plus de temps à se tourner autour ahah. Tant pis pour lui ;)

- Garden32Lund : Bienvenue dans l'aventure. Je suis toujours heureuse d'avoir un(e) nouvel(le) adepte pour mon histoire et ça m'encourage pour la continuer, surtout quand je lis que tu ne l'a pas lâché en deux jours! C'est qu'on ne s'y ennuie pas trop, c'est cool :) merci pour le commentaire. Et enfin, l'ex de Mari fait sa première apparition. Et il restera quelques temps.

- Justin : merci pour les commentaires et heureuse de voir que tu as lu (presque) toutes mes fics. Ca me touche. Et merci pour les recommandations, j'irais les lire quand j'aurais un peu de temps ;) J'espère que la suite t'ira également.

Assez de blabla, place à la lecture. Prenez soin de vous.

N'oubliez pas les commentaires.

{Enjoy}


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Le mois de Juin apporta avec lui la chaleur, les sorties en extérieure et les examens de fin d'année. Étant en seconde, aucun de nos adolescents n'eurent d'examen à proprement parlé. Mais les professeurs commençaient à être stressés et cela se ressentait sur les élèves. Ils étaient bien plus susceptibles et sur les nerfs. Résultat : les heures de colles s'enchainaient. Ni Alya, ni Nino ni Marinette n'y échappèrent. Et pourquoi ? Parce qu'Alya et Nino avaient un peu bavardé sur leurs plans du week-end et que Marinette avait envoyé un texto à Adrien pour leur rendez-vous quotidien sur leur jeu vidéo. Ce n'était tout simplement pas le bon moment.

Bref…

Ils rentrèrent chez eux qu'à dix-neuf heures, une fois leur colle finie. Adrien ne pouvait plus se connecter sur leur jeu, cours de piano oblige. Un peu déçue de ne pas pouvoir lui parler, elle lui envoya un dernier sms vers vingt et une heure, juste avant d'aller se coucher. Cette journée avait bien trop épuisante pour son propre bien.


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Adrien suivait Nathalie dans le dédale des couloirs du siège de l'entreprise. Dans moins d'une heure, il devait se présenter dans un studio pour une énième séance photo. Honnêtement, il était las. Cette semaine avait été longue et il aurait aimé profiter de son dimanche pour se reposer, passer un peu de temps au téléphone avec Marinette, Nino et Alya. Mais non. Il était là, dans les studios de son père pour travailler. Le travail le dimanche n'était-il pas interdit à la base ?

De loin, il vit plusieurs employés pour qui le dimanche n'était également pas signe de repos. Il put apercevoir d'autres jeunes, valises trainant derrière eux. Fronçant les sourcils, Adrien attira l'attention de Nathalie en se raclant la gorge.

« Père a embauché de nouvelles recrues ?

- Oui. Trois nouveaux mannequins adolescents ou jeunes adultes. Voir les mêmes têtes depuis des années commence à faire baisser les ventes alors un peu de fraicheur devrait les relancer. Sans parler que certains de nos mannequins de la jeune tranche d'âge commencent à devenir trop âgés et doivent aller dans la catégorie du dessus.

- Je vois. Certains doivent venir de loin pour avoir ces valises. Remarqua-t-il.

- Nous avons un chinois, un italien et un qui vient de Bayonne. »

Adrien s'attarda sur le chinois, un mauvais pressentiment grimpant en lui. Avant qu'il n'ait pu se poser plus de question, Nathalie lui ouvrit la porte du studio. Deux heures et ce serait finit.


oOo

La journée avait été longue. Très longue pour Marinette. Adrien avait été en devoir surveillé toute la matinée avant d'être emmené à une séance photo pendant la pause déjeuner. L'après-midi, il était en cours de sport pendant deux heures et ça s'était enchainé avec des cours d'anglais où il n'avait pas pu lui envoyer un seul message. Depuis qu'ils sortaient ensemble, les sms s'étaient multipliés et elle s'y était habituée. A tel point que le fait de ne pas en recevoir faisait qu'il lui manquait.

Elle prit son portable et lui envoya un message encourageant pour sa fin de journée. Adrien avait gardé la seconde carte sim qui lui permettait d'envoyer des sms où il était clair que Mari' était sa petite-amie. Ils étaient peut-être parano, mais aucun des deux ne voulait que Gabriel apprenne leur relation en fouillant les messages sur son portable. Ou quiconque d'autre d'ailleurs…

Elle descendit les escaliers, un léger sourire sur ses lèvres en pensant à lui. Elle devait l'admettre, elle était très heureuse de lui avoir confié son cœur. En deux mois, il n'avait été qu'adorable avec elle. Et il lui redonnait confiance en elle. Elle espérait qu'elle lui donnait autant qu'il lui donnait. Qu'elle le rassurait, qu'elle était un soutien suffisant pour lui. A en juger par les sourires qu'il lui faisait à chaque fois, elle espérait que c'était le cas. Cela lui réchauffait le cœur.

« Marinette ! »

Son sang se glaça. Cette voix… Elle la reconnaitrait entre milles. Ses pas s'arrêtèrent d'eux-mêmes alors que son cœur se perdait dans un gouffre sans fond. Le souffle court, elle releva les yeux… Et tomba sur la dernière personne qu'elle souhaitait revoir.


oOo

Quand Adrien passa devant le lycée de ses amis, il fut étonné de voir que Marinette était dehors, en train de parler à un homme qu'il ne connaissait pas. Il sentit la jalousie s'immiscer en lui, bien qu'il lui fasse confiance. Mais l'attitude du gars ne lui plaisait pas. D'un regard, il demanda au chauffeur de s'arrêter. Il grogna mais s'exécuta et se gara à peine plus loin que l'entrée du lycée. Adrien ouvrit la portière et sortit du véhicule. Il s'adossa à la voiture et regarda l'échange. Marinette était en retrait, regardant plus ses pieds que ce gars. Adrien fronça les sourcils et porta son regard sur le gars en question. Il lui semblait familier en y regardant de plus près. Et, en s'y attardant encore plus, il le reconnu comme l'un des nouveaux mannequins fraichement engagé par son père. Il l'avait vu plus tôt dans la semaine à une séance photo. Et, maintenant qu'il le reconnaissait, le mauvais pressentiment revenait en force.

Puis, quelques détails cliquèrent dans son esprit.

Mari' avait un ex en Chine. Ce n'était pas un scoop, du moins pour lui. Elle en avait peur et il l'avait brisé. Et n'avait-elle pas dit au téléphone à son interlocuteur chinois, quelques jours – semaines ? Que le temps passe vite ! – plus tôt que Paris était grand et qu'il y avait peu de chance qu'il la retrouve ? En regardant de nouveau sa petite-amie, il vit clairement qu'elle était mal à l'aise et presque… effrayée ? Son sang ne fit qu'un tour. Ce type venait de Chine non ? On dit que le monde est petit. S'il y avait une chance pour qu'il soit… lui, Adrien ne pouvait pas laisser sa petite-amie gérer ça toute seule.

Au diable l'opinion publique et l'opinion de son Père ! Il était hors de question de la laisser traverser ça seule.

Il poussa sur la carrosserie de sa voiture et décolla vers Marinette et ce type. Chang ? Wang ? Peu importe son nom. Il commençait à entendre la conversation en s'approchant. Il vit Alya et Nino sortirent un peu plus loin et s'approcher de Mari'. Il croisa le regard de ses deux amis qui froncèrent les sourcils en le voyant ici. Il leur intima de ne rien dire et désigna Mari' d'un mouvement de tête. Ils furent également surpris de la voir en discussion avec quelqu'un qu'ils ne connaissaient visiblement pas non plus. Adrien retourna son attention sur Mari alors qu'il s'approchait encore un peu.

« … content de te revoir. Pas toi ? Disait-il dans sa langue natale. Marinette, regarde-moi enfin ! S'impatientait-il. Tu…

- Hey Nettie ! S'interposa Adrien en passant son bras autour de sa taille et en déposant un baiser sur sa tempe.

- A… Adrien ? Qu'est-ce que tu fais là ? Demanda-t-elle en le regardant avec surprise et en rougissant quand elle le sentit resserrer son emprise sur sa taille.

- J'ai voulu faire une surprise à ma très charmante petite-amie. Je n'ai pas le droit ? Sourit-il.

- Tu… tu…

- Tu ne me présente pas ? Continua-t-il en se tournant vers l'intrus dans un chinois impeccable. Oh… On s'est déjà croisé non ? »

Si un regard pouvait tuer, Adrien ne doutait pas une seconde qu'il serait déjà mort et enterré.

« Je ne crois pas. Répondit-il en observant bien la main du blond autour de Marinette.

- Oh. Je croyais. Adrien Agreste. Le petit-ami de Marinette.

- Petit-ami ? Je ne savais pas qu'elle en avait un.

- Et si. En même temps, comment quelqu'un d'aussi exceptionnel peut-il être célibataire ? »

Nino et Alya arrivèrent à ce moment-là. Voyant la tension entre les deux hommes, Nino se plaça auprès de Mari' et passa son bras autour de ses épaules. Alya, elle, donna un coup d'épaule à son meilleur ami avec un sourire.

« Qu'est-ce que tu fais là Sunshine ?

- J'avais envie de vous voir. Et je venais récupérer Mari' pour notre rendez-vous un peu plus tôt que prévu pour l'avoir un peu plus pour moi. »

Les deux nouveaux lui lancèrent un regard rempli de question. Depuis quand Adrien et Marinette s'affichaient-ils au grand jour ? Voyant l'air perdu de la franco-chinoise, ils comprirent qu'il se passait quelque chose de pas normal. Seulement, ils tinrent leurs langues et firent comme si c'était normal comme situation. De loin, Alya vit un journaliste prendre une photo. Elle grinça intérieurement. Il ne fallait vraiment pas que les choses empirent.

« Pourquoi ne m'attends-tu pas dans la voiture Mari' ? Je te rejoins. »

Marinette lança un regard à son petit-ami et hocha la tête. Nino et Alya l'accompagnèrent, cette dernière lançant un regard d'avertissement à Adrien. Il lui lança un sourire rassurant et les regarda partir en se lançant dans une autre conversation avant de se tourner vers le chinois. Il le regardait de haut, les bras croisés sur sa poitrine et les lèvres serrées.

« C'est drôle parce que j'étais sûr que Marinette était ma petite amie. Siffla-t-il entre ses dents, toujours dans sa langue d'origine.

- Désolé mais tu as dû mal comprendre. Parce que je suis à peu près sûr qu'elle n'est plus ta petite-amie depuis au moins un an, si ce n'est plus.

- Tu ne sais visiblement pas grand-chose sur elle et moi. Ricana-t-il, augmentant la colère sourde d'Adrien.

- Écoute-moi bien Cheng… Commença le mannequin en serrant les poings.

- Wang.

- Oups, pas désolé. Elle ne m'a peut-être pas beaucoup parler de toi mais le peu qu'elle en a fait me laisse penser que tu es un connard qui ne mérite même pas de poser son regard sur elle. Que les choses soient claires. Menaça-t-il en s'approchant un peu plus près de lui, s'incrustant dans son espace personnel en plantant son regard dans le sien. Tu l'approches encore une fois, tu lui adresse encore un seul mot ou tu la regarde ne serait-ce qu'un quart de secondes, et je m'arrange pour faire de ta vie un enfer.

- Quel les choses soient claires Adrien Agreste. S'énerva le chinois. Marinette m'appartient. Elle est à moi et ce n'est certainement pas toi qui va pouvoir me la prendre. »

Il fallut tout son sang-froid pour qu'Adrien ne lui écrase pas son poing sur son nez dans les secondes qui suivirent. Son regard devint plus glacial qu'un iceberg, prenant Wang au dépourvu.

« Marinette n'appartient à personne et à toi en particulier. Dégage de sa vie. Elle n'a pas besoin de toi. »

Il ne laissa pas le temps au chinois de répondre avant de tourner les talons et de rejoindre Marinette. Elle le regarda s'approcher avec inquiétude et fut prise par surprise quand il la prit dans ses bras et l'embrassa à pleine bouche. En plein public. Nino et Alya roulèrent des yeux et les saluèrent, rentrant à leur tour chez eux pour la pause déjeuner. Quand Adrien se détacha de Mari', il la rapprocha de ses bras et lui murmura un « Il faut qu'on parle » avant de l'inviter à entrer dans sa voiture.


oOo

Marinette était dans tous ses états. Quand Adrien ordonna à son chauffeur de l'amener chez sa petite amie, il sourcilla et râla avant d'obtempérer contre une promesse de friandises. Ils restèrent silencieux pendant le trajet mais Adrien remarqua rapidement que Mari' devenait de plus en plus nerveuse, stressée et terrifiée. Ses mains commençaient à trembler et il jurait qu'elle retenait ses larmes. Sans même qu'elle ne lui dise quoique ce soit, il comprit que son intuition était la bonne. Et son cœur s'effondra pour elle.

Silencieusement, il posa la main sur la sienne. Elle sursauta violemment avant de le regarder. Elle s'excusa maladroitement avant de porter son regard vers la route. Adrien serra les lèvres et ne fit rien de plus avant qu'ils ne soient arrivés.

Quand ils passèrent les portes de la boulangerie, Mari' s'inventa merveilleusement bien un masque de « tout va bien », salua ses parents et indiqua qu'elle et Adrien serait dans sa chambre pour une partie de UMS 3. La boulangerie ne fermerait que dans une heure et demie, donc ils étaient tranquilles pour au moins cette période. Dès que Marinette franchit les premières marches, se mettant à l'abri du regard de ses parents, son masque tomba et ses yeux se remplirent de larmes. Le cœur d'Adrien se serra un peu plus. Il assistait, impuissant, à la chute émotionnelle de sa petite amie. Et ça le tuait.

C'est uniquement quand ils se retrouvèrent en sécurité dans sa chambre qu'elle éclata pour de bon. A peine la porte fermée et elle se tourna vers lui. Ce qu'il ne s'attendait pas à voir, c'était de la colère dans ses yeux.

« Qu'est-ce que c'était que ça Adrien ?

- Quoi ? Je ne comprends pas ce que…

- On devait éviter de se faire remarquer en public je te rappelle. Si ton père l'apprend…

- Je me fiche totalement de ce que pense mon père. Tu avais l'air d'être en difficulté et je voulais t'aider.

- Je n'ai pas besoin de ton aide. Cria-t-elle, les larmes redoublant d'intensité.

- Parce que tu crois que j'allais te laisser affronter ton ex sans m'interposer ? S'énerva-t-il finalement. »

Les yeux de Mari' s'agrandirent comme des soucoupes. Son souffle était court, visiblement parce qu'elle était encore très bouleversée par sa rencontre avec lui. Elle le regarda quelques secondes, bouche bée et les larmes continuant de couler silencieusement sur ses joues.

« Comment tu…

- Ce n'est pas difficile à comprendre quand on arrive à remettre les pièces ensemble. Se calma-t-il, s'approchant d'elle pour lui effleurer le visage. »

Elle s'appuya contre sa main et se détendit un peu, fermant les yeux.

« Il n'aurait jamais dû savoir que tu es mon petit-ami Adrien. Reprit-elle en ouvrant les yeux et en plongeant son regard dans le sien.

- Pourquoi ?

- Parce qu'on avait décidé de garder ça secret.

- Encore cette histoire. S'énerva Adrien. Je ne vais pas le laisser te blesser une fois de plus sous prétexte que…

- Tu ne comprends pas ! S'éloigna-t-elle de lui, la colère revenant dans son ton.

- Alors explique-moi. Craqua-t-il.

- Il va te détruire ! Cria Mari'. Il va ruiner ta réputation et celle de ton père si tu…

- Si je quoi ? Si je l'empêche de te blesser, de t'approcher ? Tu ne lui appartiens pas Marinette. Tu n'es pas sa chose et il n'a pas à s'imposer à toi. Et mon père a toute une armée d'avocats et un excellent service publicitaire pour gérer ce genre de situation. Je ne te laisserais pas tomber Mari'. Surtout pas à cause de ce type.

- Tu ne le connais pas. Se calma-t-elle, abandonnant de lui faire entendre raison. »

Elle leva les mains au ciel et se tourna vers sa méridienne pour s'y assoir. Elle passa ses mains sur son visage et calma ses larmes en prenant plusieurs respirations profondes. Le revoir lui glaçait le sang et ramenait une tonne de vieux démons. Elle ne pouvait pas infliger ça plus longtemps à Adrien. Il s'installa à ses côtés et la prit dans ses bras. Elle se blotti contre son torse, prenant de sa chaleur. Quitte à ce qu'il la quitte, autant que ce soit maintenant, avant que Wang ne ruine sa vie.

« Alors explique-moi. Supplia-t-il en déposant un baiser sur ses cheveux. »

Elle se redressa et l'observa. Il était inquiet, sans aucun doute. Elle s'en voulait de lui infliger ça. Elle ne le méritait pas.

« Il… il est ce genre d'homme. Un manipulateur sans précédent. Quand je suis arrivé en Chine, je ne connaissais personne. Il était un voisin éloigné dans la rue. Pendant plusieurs années, on ne faisait que se croiser. J'étais dans un collège international pour apprendre la langue parfaitement. Au bout de deux ans, j'ai pu intégrer son collège. Il m'a pris sous son aile et il a été le premier ami que je me suis fait là-bas. Je ne sais pas pourquoi je n'ai jamais parlé de lui à Nino. Mes parents savaient que nous étions amis mais ils n'ont jamais su que c'est vite devenu plus que ça. Peut-être qu'inconsciemment, je savais qu'il était toxique pour moi et que je refusais de voir la vérité. En ne le disant pas, je pense que j'évitais aux autres de me lancer la vérité en pleine tête. Haussa-t-elle les épaules, luttant une fois de plus contre les larmes. Je croyais être tombé amoureuse de lui, des mensonges qu'il me disait. Il était parfait, adorable et très attentionné au début. Pour nos amis et sa sœur, Mei, nous étions le parfait petit couple. Mais, après quelques jours ensemble, il a commencé à… »

Elle commença à manquer d'air. Adrien caressa ses cheveux pour la calmer.

« Il a commencé à me dire des… choses. D'abord juste un ou deux mots, puis un peu plus. Entre chaque mot doux, il sous-entendait que je n'étais pas assez bien pour quiconque, qu'il m'aimait mais qu'il serait le seul à pouvoir m'aimer. Que je deviendrais la parfaite petite-amie si je suivais tout ce qu'il disait. Que les autres ne m'appréciaient pas vraiment, que c'était uniquement parce que lui s'intéressait à moi que j'avais pu m'intégrer dans son groupe. Que je… que j'étais suffisante uniquement que pour lui. Sa sœur m'a prévenu au début mais je refusais d'y croire. Et il a ce don de tourner les phrases, les mots et les situations pour qu'on y croit facilement. »

Elle détourna le regard de lui, préférant fixer ses mains tremblantes.

« Et j'y ai cru. Que je ne serais assez bien que pour lui. Que personne ne m'aimerait comme lui, que j'étais chanceuse de l'avoir. »

Adrien sentait la colère contre lui grandir de plus en plus. Il serra ses poings et sentit ses dents grincer. Ce type était vraiment une ordure. Parce que Mari' était de loin la personne la plus formidable au monde. Elle ne méritait pas d'être traitée de la sorte. Aucune femme ne méritait d'être traitée de la sorte. Personne ne devrait être dénigré, rabaissé ainsi. C'était de l'intimidation pure et dure. Et, pour des personnes fragiles comme Marinette l'était après la perte de sa sœur, ces mots brisaient facilement son estime de soi et sa confiance. Adrien en voulait à tout le monde. A ce type pour avoir brisé une si belle personne, à lui-même pour ne pas avoir été là pour elle bien qu'il ne la connaissait pas, à ses parents pour l'avoir amené là-bas et ne s'être rendu compte de rien et à elle. A elle pour y avoir cru. Il savait qu'un manque de confiance en soit pouvait être dangereux et difficile à surmonter. Il était passé par là lui aussi à la mort de sa mère, face aux remontrances sans fin de son père. Mais il était passé au travers. Grâce à Alya, grâce à Nino et grâce à elle. Ses pensées s'arrêtèrent quand elle reprit la parole.

« J'ai commencé à ouvrir les yeux quand… Quand Nino a commencé à parler d'Alya. Sourit-elle en souvenir. Quand ils ont commencé à sortir ensemble, quand je l'entendais parler d'elle, je pouvais entendre les étoiles dans ses yeux, son amour débordant pour elle. Alors qu'avec moi, Wang devenait de plus en plus… acide. J'avais beau lui dire non, que je ne voulais pas franchir cette étape dans notre relation tout de suite, que je n'étais pas prête, il trouvait toujours les mots pour me dire que je le voulais quand même. Que si je l'aimais, je devais le faire pour lui et…

- Attends, attends Mari. Qu'est-ce que tu racontes ? »

Adrien sentit son cœur se serrer et son souffle se bloqua. Il se leva et s'accroupit devant elle, la forçant à le regarder. Et là, il vit la peur pure dans son regard. Il prit ses mains dans les siennes.

« Marinette… murmura-t-il, bougeant sa tête pour qu'elle reste en contact visuel avec lui. Est-ce qu'il t'a… il t'a forcé à faire quoi que ce soit avec lui ? »

Elle osait à peine soutenir son regard et la culpabilité était criante dans ses yeux. S'il croyait avoir été au sommet de la colère contre lui, ce n'était rien comparé à ce qu'il ressentait maintenant.

« J'y crois pas… Souffla-t-il. Ça s'appelle du viol Mari. Tu le sais non ?

- Il était mon petit-ami et ça faisait deux ans que nous étions ensemble et je…

- Tu n'as pas à lui chercher des excuses. S'insurgea-t-il. Mari', regarde-moi. »

Il prit son visage entre ses mains et bloqua une fois de plus son regard dans le sien.

« Il n'avait pas à te forcer à faire ça avec lui. Petit-ami ou non. C'est du viol, point final. Il n'a aucune excuse pour ça. Et s'il t'aimait un tant soit peu, il ne l'aurait pas fait. Il aurait attendu que tu sois prête. Tu… tu sais que tu n'as rien fait de mal en te refusant à lui, non ?

- J'ai… j'ai compris un peu plus tard qu'il n'était pas bon pour moi. Dériva-t-elle, souhaitant clairement ne pas répondre à cette question. Quand j'entendais Nino parler d'Alya, quand je voyais mes parents… Je ne sais pas, ça a juste cliqué et j'ai compris qu'il fallait que je le fuie. Parce que si je restais proche de lui, je ne pourrais pas me sortir de cette relation toxique. En moins d'une semaine, j'ai convaincu mes parents que je voulais changer d'école en inventant une excuse bidon et ils ont eu cette opportunité à Paris donc… Une chose en entrainant une autre… »

Il la regarda bouger sur place, clairement mal à l'aise. Adrien inspira et l'enlaça fortement contre lui. Il la sentit se tendre à son contact mais il ne la lâcha pas. Après quelques minutes, elle se détendit enfin. Encore quelques secondes, et il l'entendit renifler discrètement. Il s'écarta d'elle et vit des larmes silencieuses couler sur ses joues.

« Hey. Chuchota-t-il avec douceur. Je suis là. Je ne vais nulle part. On va traverser ça ensemble. Quoi ? Sourit-il en voyant ses yeux s'écarquiller après quelques secondes.

- Tu… tu ne vas pas me quitter ? Bégaya-t-elle.

- Pourquoi je te quitterais Mari ?

- P-p-parce que… Quel genre de petite-amie serais-je pour toi ? J'ai été un fiasco avant et…

- Attends… tu crois… tu croyais que j'allais te quitter pour ça ? »

Ça lui fit un coup dans l'estomac. N'avait-elle donc aucune considération pour elle-même ? Croyait-elle vraiment qu'elle était si indigne de lui ? Que, parce qu'elle s'était refusé à son ex, il serait comme lui ? Que son passé serait suffisant pour le faire fuir ?

« Oh mon Dieu, Bugaboo. Regarde-moi. J'attendrais l'éternité pour toi. Je ne veux pas que tu…

- Il m'a souillé Adrien. Pleura-t-elle. Je ne vaux rien si je ne peux même pas satisfaire mon petit-ami. Et si ça sort dans les médias, s'il arrive à manipuler les médias pour me salir encore plus, je t'entrainerais là-dedans et ta réputation…

- Écoute-moi bien. S'énerva-t-il. Tu es parfaite pour moi. Et tu le reste malgré tout. Tu es courageuse, altruiste, adorable, mignonne, têtue, pragmatique… Sérieusement, je peux te donner tout ce que j'aime chez toi pendant des heures. Et je ne te laisserais pas te dénigrer comme ça. C'est compris ? Je me fiche des médias. »

Il sourit en voyant une lueur d'espoir pointer dans son regard céruléen. Il posa son front contre le sien.

« Je t'aime Marinette. Je t'aime de tout mon cœur. Et je resterais… »

Les lèvres de Mari' s'écrasèrent sur les siennes. Surpris, il tomba en arrière, embarquant sa petite amie dans sa chute. Il gémit dans le baiser, la serrant encore plus contre lui et mettant tous ses sentiments dans ce baiser. Il voulait tellement lui prouver tout son amour. Il pouvait sentir les larmes tomber sur son visage. Avec douceur, il les essuya, caressant au passage son visage. Quand ils se séparèrent, il tomba encore plus amoureux d'elle seulement avec son regard rempli d'amour. Mais son cœur explosa quand elle lui murmura :

« Je t'aime aussi Adrien.

- Bien. Sourit-il pleinement. Parce que je ne te laisserais pas partir Bugaboo.

- Tu me l'as déjà dit. Rit-elle en se souvenant de la Saint-Valentin.

- Et je te le dirais autant de fois qu'il le faut.

- Merci. »

Son murmure se perdit une fois de plus sur ses lèvres.