Titre : Si nous pouvions revenir à ce jour...
chapitre 24 : oublier le malheur des jours passés
couple : camus x milo
note : si vous étiez perdu entre tous les détails de la vie mouvementé de notre héroïne et éventuellement de son entourage, voici qui devrait vous éclairer.
Je tiens à préciser que le prochain chapitre ne sortira pas avant un certain temps, donc excusez-moi à l'avance pour l'attente que cela occasionnera
résumé : l'heure de la révélation a sonné ! Comment réagiront les chevaliers face à la tragique vérité du destin de Psyché ?
Disclaimer : Kurumada Masami
N'hésitez pas à laisser des commentaires, ça aide beaucoup pour écrire la suite !
Oublier le malheur des jours passés
« Il y en entre 3 000 et 4 000 ans, à l'ère antique, deux princesses virent le jour à Athènes. Parfaitement identiques, elles avaient été bénis par les Parques, les filles de Zeus et maîtresses du destin des hommes et des dieux. L'aînée des enfants avait reçut le pouvoir de guérison, et sa sœur celui de voir l'avenir. Émerveillés devant ce cadeau des dieux, le roi et la reine décidèrent que la vie de leurs filles seraient de se consacrer uniquement à eux. Ainsi, la première née, Thessalia, fut confiée à la déesse de la Lune, Artémis, tandis que la cadette, Astria, se voyait remettre aux bons soins d'Apollon, le dieu du Soleil.
En entrant au service des dieux, elles avaient certes acquis l'immortalité, mais surtout étaient privées de leur libre arbitre. Et c'est ainsi que cinquante années s'écoulèrent, sans que le temps ne laisse la moindre trace sur ces êtres d'une telle beauté, que même les dieux en venaient à les courtiser. Et si Astria se prêtait volontiers à leurs jeux, Thessalia, elle, avait fait vœux de virginité, pour complaire à sa déesse.
Ce fut à peu près à cette époque que la toute première Guerre Sainte, opposant Poséidon à Athéna, se déclara, en entraînant avec elle les premiers chevaliers sacrés. L'un d'entre eux se nommait Icarus, et s'était vu remettre l'armure d'or des Poissons. Pour traquer l'ennemi, la première réincarnation d'Athéna l'avait envoyé en mission dans les bois où se trouvait la source consacrée à Artémis. Malheureusement, il fut attaqué en chemin et se retrouva gravement blessé. Et ce jour-là, Thessalia était venu se baigner dans la source de lune. Était-ce un hasard ? Était-ce le destin ? Toujours est-il que, quand elle le vit, elle sentit son cœur battre, comme s'il s'éveillait d'un long sommeil. Et n'écoutant que lui, elle vint vers Icarus et le soigna, avant de disparaître dans la forêt.
Icarus chercha pendant des jours et des jours qui l'avait soigné, se demandant si la femme qu'il avait entraperçut était bien réel. Tout les jours, il se rendait à la source de lune, espérant la revoir. Et un beau matin, il fut exaucé. Quand il revit Thessalia, il sut que l'Amour l'avait frappé en plein cœur. C'est ainsi que leur histoire commença : chaque jour, ils venaient se retrouver à la source de lune, pour s'aimer autant qu'il le leur était permit.
Mais un jour, le combat décisif tant attendu entre Athéna et Poséidon se déclara, et il fallut à Icarus partir, sans véritable espoir de retour. Pourtant, encore une fois, le destin sembla se jouer d'eux, et Artémis, s'inquiétant pour sa petite sœur, décida d'envoyer Thessalia entant que guérisseuse auprès d'elle sur le champs de bataille.
- Tu vas au devant d'une douleur certaine.
- Cal...Callisto !
- Dame Artémis t'offre une occasion de te racheter pour ton crime, Thessalia. J'espère que tu te rends compte de la mansuétude dont elle fait preuve à ton égard, toi qui n'est qu'une vulgaire humaine.
- Tu es peut-être une nymphe, mais toi aussi tu as trahit Artémis en t'unissant à Zeus.
- C'est vrai. Mais nul ne peut tromper les yeux de Callisto, et je peux voir que ta rébellion n'est pas encore totale, et qu'elle n'a touchée que ton cœur, à défaut de ton corps. Je devrais te punir immédiatement, mais comme tu es au courant de mon crime et que Dame Artémis t'apprécie beaucoup, je vais te faire une faveur en te donnant un conseil : ne te rends pas là-bas. Ce que tu verras te feras beaucoup souffrir, et dans ton malheur tu risques de causer votre perte, à toi et ta sœur.
- Ma sœur ?
- Astria voit l'avenir, et elle vous a vu, elle et toi, debout face aux dieux, sur un champs de bataille. Si tu veux renoncer, c'est maintenant. Je fermerais les yeux sur tes pêchers, laverais ton cœur de sa souillure et plaiderais ta cause auprès de Dame Artémis.
Mais Thessalia avait déjà fait son choix. Si elle avait une chance, même infime, de sauver Icarus de cette guerre infernale, elle le ferait.
- Icarus !
- The... Thessalia.
- Ne bouge pas. Je vais te soigner.
- A... théna.
- Je la soignerai après !
- Ne fais pas ça, tu dois faire passer ton devoir...
- Quoi, avant toi ? Athéna est une déesse, elle est immortelle ! Alors que toi, tu n'as qu'une seule vie...
- Je t'aime ma princesse, et quoi qu'il m'arrive, je serais dans ton cœur, pour toujours. Mais je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose par ma faute.
- Je ne peux pas vivre sans toi.
- Dame Thessalia ! Athéna est au plus mal !
- Vas-y.
- Pardonne-moi.
« Allez-vous me blâmer pour l'avoir sauvé lui, et pas votre précieuse petite sœur ? se dit-elle avant de perdre connaissance d'épuisement. Que cela vous serve de leçon : vous ne pourrez jamais forcer le cœur des humains à faire des choix qu'il ne désire pas. »
L'impardonnable avait été commis : en préférant l'amour à son devoir, Thessalia avait laissé mourir le corps mortelle d'Athéna. Et voyant sa vision se réaliser, Astria décida de porter secours à sa sœur dans l'espoir d'atténuer la colère des dieux. Mais il était trop tard : les dieux étaient déjà descendus de l'Olympe. Sentant leur colère, Astria se tourna vers son aînée et lui demanda :
- Pourquoi tu as fais ça ?! Tu savais que tu n'avais pas le droit ! Ta vie et ton existence toute entière appartiennent à Artémis, alors pourquoi es-tu restée avec lui... ? Pourquoi as-tu fais ça... Pourquoi... Pourquoi tu ne me réponds pas...
- Je ne voulais pas te faire de la peine. Je sais que nous sommes sensées servir Apollon et Artémis, et que je me suis détournée du chemin. Mais je n'ai aucun regret, même, je n'ai pas hésité une seule seconde. Il faut que tu comprennes quelque chose petite sœur : les dieux ne nous ont pas laissés le choix pour notre vie, et ils considèrent comme un crime que nous nous détournions du chemin qu'ils nous on tracé. Mais si tu sens que ta place n'es pas ici, tu ne dois pas hésiter à changer ton destin. C'est le pouvoir des humains, après tout.
Puis elle s'adressa à celle qui était apparue en même temps qu'Artémis, et qui l'avait mise en garde contre cette funeste journée.
- Bien sûr que c'est mon intention ! Je vais couper le mal à la racine.
- C'est donc ça, la justice des hommes ? Si vous voyez le mal quelque part, vous commettez des massacres au nom de vos croyances... En quoi est-ce différent de la logique des dieux qui attaquent ce monde pour le détruire ?
- Que ce soit bien clair... Si je suis venue aujourd'hui, ce n'est pas parce que j'en ai reçu l'ordre...Mais de ma propre volonté ! Si le pouvoir des dieux n'est pas contrôlé, il causera la perte d'un grand nombre de vies humaines. Pour empêcher ça, les humains doivent être prêts à devenir des assassins... C'est une vérité incontournable !
- Pff... C'est vrai. Vous aviez pour destin de protéger le plus grand nombre d'humain sur Terre, en servant le pouvoir des dieux. Mais toi, tu as décider d'offrir ta vie pour n'en sauver qu'un seul, et tu as précipité ton destin et celui de ta sœur dans le même temps. Je comprends, tu ne veux pas abandonner ta sœur après son choix de subir le courroux des dieux à ta place. C'est pour ça que je t'avais dit de ne pas venir.
- Tu peux dire tout ce que tu veux..., mais j'ai décidé d'avoir fois en ma petite sœur. Après tout, tu l'as toi même prouvé : Les humains...ont le pouvoir de changer le destin...s'ils se battent...de toutes leurs forces !
Et une voix, plus forte que toutes les autres, s'éleva : recouvrant le ciel de nuages noirs et déversant son tonnerre de colère, Zeus avait décidé de quelle serait la punition de celle qui avait osé défier les dieux.
- Thessalia, toi qui a laissé mourir ma fille, soit maudite à jamais ! Tu te réincarneras sans cesse, sans jamais rien oublier de tes précédentes vies et du crime que tu as commis. Et à chaque réincarnation, tu abriteras l'âme d'un dieu, que tu honoreras et que tu soigneras. Astria, puisque tu as voulu défendre ta sœur, toi aussi subit ma colère : devient l'esprit de l'oracle de Delphes, et sert mon fils à jamais ! Quand à toi Icarus, que ton sang et celui de tes successeurs se souvienne du prix de ta vie : pour tous les chevaliers des Poissons à venir, il sera empoisonné, vous condamnant à une vie de solitude éternelle !
Et à peine Zeus eut-il prononcé ces mots que les malédictions prirent effets, empoisonnant le sang d'Icarus du même parfum que ses roses, privant Astria de son corps et enfermant la propre âme du roi des dieux dans le corps de Thessalia.
Les jours devinrent des mois, les mois des années, et les années des siècles. Les malédictions se répétaient, encore et encore, sans pour autant ronger la détermination de celle qui était devenu la marionnette des dieux, et qui s'était jurée de briser la malédiction, quel qu'en soit le prix.
- Qui as-tu l'honneur d'abriter dans cette vie-ci ?
- Héra. Mais je ne considèrent pas ça comme « un honneur ».
- Fais attention, elle pourrait t'entendre.
- Et alors ? Je suis déjà maudite.
- Thessalia, je n'ai jamais eu l'occasion de te remercier pour ce que tu as fait pour ma fille.
- Ce n'était rien. Hédoné s'était blessée, je n'allait pas la laisser comme ça. Mon pouvoir de guérison ne marche plus que sur les âmes ou les dieux, autant m'en servir convenablement.
- Tu ne l'as vraiment fait que par devoir ?
- Non. Bien sûr que non. Tu as toujours été gentille avec moi Psyché, et j'aime à croire qu'il existe une déesse des plaisirs en ce monde, et qu'elle sera un jour aussi bonne et généreuse que toi.
- Tes paroles me vont droit au cœur. Mais j'aimerai vraiment pouvoir faire quelque chose pour toi.
- Tu n'as pas à te sentir redevable, ni à te forcer à venir me rendre visite à chacune de mes réincarnations. Je vis très bien seule.
- Thessalia... Je sais à quel point les dieux peuvent être injuste et égoïstes. Je veux t'aider parce que tu as sauvé la vie de ma fille, mais aussi parce que j'admire ton courage et je crois que toi et ta sœur méritez de vivre au moins une vie loin de toute souffrance. Dis-moi ce que je peux faire pour toi, pour t'aider.
- M'aider ? On ne peut pas « m'aider ». À moins de briser la malédiction, mais ça, c'est impossible. La seule chose que je puisse te demander, c'est de veiller sur l'âme d'Icarus, et de t'assurer que, s'il se réincarne, il n'ai plus jamais à subir de telles souffrances.
- Tu sais que je ne peux pas te promettre une telle chose ? Si jamais il décide de revenir à la vie en tant que chevalier des Poissons...
- Je sais qu'il l'a déjà fait. En tant qu'Albafica des Poissons, combattants de la Guerre Sainte du XVIIe siècle.
- Il haïssait sa malédiction. C'est pour ça que tu n'as pas cherché à le revoir ? Vous êtes des âmes sœurs pourtant...
- Quand j'aurais trouvé un moyen de briser la malédiction, je pourrais le regarder dans les yeux. En attendant... ça m'étonnerais qu'Athéna soir ravie de voir débarquer dans son Sanctuaire la responsable de la mort de sa première incarnation.
Psyché était la déesse de l'âme. Et elle savait qu'une âme devait se réincarner en oubliant ses vies antérieur, pas simplement renouveler son enveloppe charnelle. Et ensuite partir à la recherche de son âme-sœur*, la seconde moitié de son cœur. Il était temps de briser cette malédiction. Et pour ça, elle ne connaissait qu'un moyen : que Thessalia se réincarne une nouvelle fois, en temps que guerrière, et développe une puissance suffisante pour maîtriser l'essence même du cosmos, et ainsi trancher les fils de son destin. Mais un humain, même guerrier divin, est incapable de tels prodiges. Les seuls êtres capables de cela étaient les dieux. Mais si la nouvelle incarnation de Thessalia naissait avec plus de sang divin qu'humain...Psyché se tourna vers la seule déesse qui restait toujours neutre dans les conflits, et qui ne serait jamais inquiétée pour ses faits et gestes, tant sa puissance et son pouvoir étaient grands et redoutés. Elle lui expliqua son plan, ainsi qu'à Astria, pour lever la malédiction : la déesse devait s'unir avec un chevalier d'Athéna, un demi-dieux, et confier cette enfant, qui serait la nouvelle gardienne de l'âme maudite de Thessalia, au Sanctuaire, pour faire d'elle un chevalier sacré. Psyché serait alors l'âme qu'elle garderait et lui apprendrait à acquérir le pouvoir des dieux, et ainsi en finir pour de bon.
La déesse qui avait été choisie par Psyché se rendit au Sanctuaire pour choisir qui des chevaliers auraient l'honneur de concevoir avec elle son enfant, et observa pendant un mois chaque membre de la chevalerie d'Athéna. Elle finit par choisir qui des chevaliers transmettrait assez de qualités et avait assez de valeurs pour faire de sa fille une bonne personne, et, une nuit, elle prit l'apparence de son compagnon et l'envoûta avec des fleurs au parfum toxique pour se glisser dans son lit. Neuf mois plus tard, elle déposa aux pieds du Sanctuaire un bébé qui était né au mois de novembre, sous le signe de la constellation du Scorpion, et qui fut baptisé Psyché, comme un heureux présage.
Pourtant, plusieurs choses vinrent bousculer les plans des trois entités : comme si les Parques voulaient leur lancer un avertissement, les destins du bébé Psyché et de Thessalia s'étaient mélangés, la destinant à devenir le chevalier du Scorpion ainsi que la gardienne de l'âme d'un dieu. Mais plus que tout, les guerres saintes qui opposaient Athéna aux autres dieux depuis les temps anciens allaient commencer, entraînant avec elle les premières victimes de ces massacres, en tant que les chevaliers d'or alliés du Grand Pope.
Elle n'avait beau n'être qu'une enfant, Psyché avait perdu une partie de son innocence aux morts successives de ses parents, réveillant bien plus tôt que prévu les pouvoirs qui lui avaient été légués, bien qu'involontairement, par sa mère.
- Non...non...non ! Papas...Papas ! Aaaaaaaaaaaaaaaaah ! Mère !
En mettant son plan à exécution, la déesse de l'âme n'avait pas prévu que le don, le pouvoir si puissant de cette déesse primordiale, se transmettrait à son enfant, et que la nature et la Terre elles-mêmes la reconnaîtraient comme leur légitime maîtresse. Et plus les émotions, plus la détresse de l'enfant étaient puissantes, plus son pouvoir avait d'emprise sur elle. Athéna tenta de la calmer, mais son cosmos n'était en rien comparable à celui de cette enfant et surtout, Saori ne pouvait pas ramener les chevaliers morts au combat, même si elle le demandait sans cesse à sa famille.
Sensible à la détresse du Sanctuaire, la déesse Psyché décida de faire ce qu'elle aurait dû il y a bien longtemps : jugeant que les dieux en avait assez fait, et que la seule chose dont ils étaient capable était le mal, elle déploya ses forces pour ramener quatorze des compagnons d'armes d'Athéna à la vie, leur accordant ainsi une seconde chance. Elle fut pour cela poursuivie par les dieux et s'abrita, comme il l'était prévu, dans le corps de Psyché.
Si la déesse de l'âme pensait que grâce à son intervention, le cœur de petite fille de son hôte s'était apaisé, il n'en était, en vérité, rien. Le départ de Milo avec Kanon avait définitivement brisé quelque chose en elle, renforçant l'appel incessant de la terre. Et celui qui se faisait le plus fort était celui des roses du chevalier des Poissons. Si bien qu'un jour où elle voulait s'échapper de ce Sanctuaire qu'elle avait finit par détester, Psyché monta jusqu'au douzième temple, où elle avait senti l'appel de détresse des roses. Elle en absorba le poison, en quantité suffisante pour se tuer, et fut sauvée in extremis par l'intervention de Camus et d'Athéna.
Cette journée funeste fit prendre conscience de beaucoup de choses : tout d'abord, il se révéla qu'après avoir absorbé le poison des fleurs, Psyché y était devenue immunisée. La nature se rendit également compte qu'à force de trop vouloir solliciter l'attention de sa maîtresse, elle avait faillit la tuer. Mais surtout, la décision la plus radicale vint de la déesse de l'âme. Elle coupa tout lien conscient de son hôte avec sa mère et effaça sa mémoire, lui permettant ainsi de vivre une vie de chevalier à peu près normal.
Les années passèrent ainsi, Psyché devenant le chevalier du Scorpion au prix d'un entraînement surhumain, oubliant les moments de malheur des jours passés pour découvrir la joie, les rires et l'amour qui avaient trop vite été emportés.
Mais, tout au fond de son cœur, là où aurait dû se trouver le lien si puissant qu'elle entretenait maintenant uniquement inconsciemment avec la nature, une peur sans nom avait prit place, une peur qui se traduisait le plus souvent dans ses cauchemars. La peur de ce qu'elle était.
La déesse de l'âme avait peut-être refoulé toute trace de l'existence de Thessalia ou de la demi-déesse qu'elle était dans la partie inconsciente de son esprit, au fond d'elle, Psyché avait toujours sût qui elle était. Et elle n'avait qu'une peur : qu'un jour, elle perde de nouveau le contrôle. Pour empêcher ça, elle se servit de la haine qu'elle ressentait vis-à-vis de Kanon des Gémeaux pour enfermer ce lien, et ainsi refuser pour toujours cette autre partie d'elle-même.
Peu après ses dix-huit ans, Psyché se rendit sur Délos, l'île située hors du temps, pour apprendre à communiquer avec la déesse qui sommeillait en elle et briser la malédiction. En chemin, elle rencontra Astria, celle qui fut autrefois sa sœur aux temps mythologiques, et à qui elle avait fait la promesse de vaincre le sort des dieux. Et on peut dire...que ce fut un réel succès. Le cosmos de Psyché était naturellement puissant, mais surtout, c'était une excellente élève, qui appris en seulement six mois à manier la cosmoénergie à son état le plus pur. Et la nuit où le Scorpion dominait dans le ciel étoilé, la malédiction qui durait depuis plus de trois mille ans fut enfin brisée, et la déesse de l'âme put rejoindre Delphes pour la dernière partie de son plan.
Mais le départ de Psyché avait causé bien des dégâts dans le cœur et l'esprit de la chevalier du Scorpion, qui avait été confrontée directement avec tout ce qu'elle s'était forcée d'ignorer ces quinze dernières années. Mais au vu des combats qui l'attendait, il était temps pour elle d'accepter sa véritable nature, et ça, sa mère l'avait parfaitement compris : aussi envoya-t-elle Typhon, le Titan des Tempêtes, pour réveiller le prodigieux pouvoir qui sommeillait dans le corps de sa fille, et enfin chasser les doutes qui l'accompagnaient.
- J'ai vécu assez de temps auprès des dieux pour savoir reconnaître quand quelqu'un tire sa force de sa colère. Tu auras beau le cacher, c'est de ta colère et de ta haine que tu tires ta force si impressionnante, Psyché du Scorpion. De ta colère de savoir si peu de choses sur toi-même. De ta colère d'avoir été manipulée. De ta haine envers les dieux qui se servent de leur pouvoir pour juger les mortels. De ta haine envers ceux qui n'ont jamais compris ce que tu étais vraiment. De ta haine envers tes parents, pour ce qu'ils t'ont fait subir. De ta haine envers lui. Oui, tu as de quoi haïr ton destin qui t'as infligé tant d'épreuves, ne serait-ce que pour y échapper.
- Tait-toi ! Je sais, la première source de mon pouvoir, ça a été ma haine. Ma haine envers cet homme, que malgré le temps et malgré tout ce que j'ai appris, je ne peux m'empêcher de haïr. Mais, en cet instant précis, je ne vois pas pourquoi il faudrait haïr quoi que ce soit ! C'est vrai que ma vie et mon existence n'ont pas toujours été faciles. C'est pour ça que je me suis battu de toutes mes forces pour changer l'éclat de mon étoile, et quand je vois où ça m'a mené, je ne regrette rien ! Thessalia avait confiance en moi. Tout comme Astria, et maintenant Albafica. Je ne peux pas abandonner maintenant et maudire mon destin dans le seul but d'espérer devenir plus forte.
« Toute ma vie, j'ai ressenti de la colère. J'ai appris à l'utiliser, à l'identifier et à la rediriger vers un endroit où je ne ferais de mal à personne. J'ai gardé ma haine et ma rancœur enfouies en moi pendant toutes ces années, sans pour autant tenter de refermer des blessures qui me suivront probablement jusqu'en Enfer. Mais je ne m'en suis jamais servi pour augmenter ma puissance, ou pour en faire ma force motrice. Au contraire. J'ai utilisé ma haine et ma colère pour me protéger de ce dont j'avais le plus peur. Je me suis servi de mes faiblesses pour enfermer ma propre force. »
Le destin se jouait-il une nouvelle fois d'elle ? Toujours est-il que ce jour-là, si elle était encore vivante, c'était grâce à l'intervention d'une personne à qui elle devait pour la troisième fois la vie : son propre père, Camus du Verseau, envoyé sur l'île de Délos quelques mois avant la bataille du Sanctuaire.
C'était étrange de se dire que ce Camus là, âgé de vingt ans, en savait plus sur elle et ses origines que le Camus de trente-cinq. Mais surtout, qu'il avait découvert les deux choses qu'elle aurait aimé lui cacher. Aussi, lorsqu'il quitta l'île, elle se fit une promesse : le temps des secrets était terminé. Il était temps pour elle de dire la vérité, même si elle devait se faire haïr pour ça.
Une fois son récit achevé, Psyché baissa les yeux et resserra ses bras autour de ses genoux. Elle n'avait aucune envie de regarder ses pairs, surtout qu'il y avait encore certaines choses qu'elle n'avait pas dit. Comme sa relation avec Albafica, par exemple. Mais cela relevait de l'ordre du privé, donc elle estimait qu'elle n'avait pas à avoir ce genre de conversation devant un vingtaine d'individus.
Ce fut finalement Aphrodite qui brisa le silence le premier, avec une question qui surprit pour le moins la jeune femme.
- Où est ton disciple ?
- Comment tu...
- Camus.
- Oh.
Elle se redressa un peu pour concentrer son regard vers le feu qui brûlait au centre du cercle qu'ils avaient formé et qui les réchauffaient un peu en cette froide nuit de décembre.
- Il devrait nous rejoindre bientôt. Je l'ai envoyé chercher Astria, qui a été libéré, et est au passage devenu l'hôte de l'âme de Psyché, le temps que son corps se régénère complètement.
- Astria a retrouvé son corps ? s'étonna Athéna.
- Pas vraiment, sourit la demi-rousse. À ma naissance il n'y avait pas un, mais deux bébés. Elle jeta un coup d'œil à Albafica, espérant lui faire passer le message. Il y avait moi, mais aussi un corps sans âme, qui a quand même grandit, grâce au pouvoir de la terre. Et maintenant, Astria en a prit possession. Donc dans cette vie, Astria et moi sommes sœurs aussi.
Le silence revint, chacun traitant ses explications comme il le pouvait.
- Tu as passé...six mois sur l'île de Délos ? demanda Pollux, les sourcils froncés. C'est court pour former un chevalier.
- Déimos avait déjà les bases. Je l'ai juste aidé à continuer dans la bonne direction.
- Il y a quelque chose que je comprends pas, finit par dire Athéna. Tu as dit que Psyché t'avais retiré tes souvenirs. Comment sais-tu autant de choses ?
- C'est elle qui m'en a parlé. Et le reste...
Elle fit un vague signe de la main, qui pouvait signifier à la fois tout et rien.
- Ce que tu as dit à Hédoné, tout à l'heure, c'était que tu lui avait sauvé la vie quand elle était petite ?
Psyché tourna son regard vers Ikki. Le trentenaire ne semblait pas en forme : son visage était couvert de minuscules gouttes de sueur, et il passait sans arrêt sa main au niveau de sa poitrine. La Scorpion se promit de jeter un coup d'œil à son état plus tard.
- C'est ça, répondit-elle. Elle a comprit que sa mère payait en quelque sorte sa dette envers moi et elle m'a laissée tranquille.
- Quel était le nom de cette déesse, déjà ?
Toutes les têtes se tournèrent Aldo, qui venait de penser à voix haute.
- Qu'est-ce que tu as dit ? demanda Psyché, un sourcil levé.
- Le nom de la déesse de la terre. La déesse mère, celle qui a envoyé le scorpion tuer Orion. C'est ta mère, n'est-ce pas ?
Plusieurs chevaliers retinrent leur souffle. Non. Psyché ne pouvait pas...
- Oui, murmura la huitième gardienne. Je suis la fille de Gaïa.
Les bras d'Albafica se resserrèrent autour de ses épaules. Bizarrement, l'assemblée était tellement sous le choque des révélations de la soirée que personne n'avait pensé à relever ce détails.
- Et...est-ce que c'est elle qui t'as demandé de cacher ton visage ?
- Albafica, je ne sais pas si tu es au courant, commença Hémithéa, mais il y a une loi au Sanctuaire qui dit...
- Que les femmes doivent porter un masque, oui, je sais. Mais on sait tous aussi que Psyché ne respecte que les règles qu'elle juge juste. Et je me suis toujours demandé pourquoi elle en portait un alors que cette loi est tout sauf « juste ».
Certain, comme Saga, s'étouffèrent avec l'air en entendant de telles paroles. Pour un homme qui avait jeté son dévolu sur une Saintia**, seules femmes autorisés à ne pas porter de masque, son outrage semblait un peu mal placé.
- Au début, je pensais que c'était Milo qui t'obligeais.
Retentit un « Quoi ? Mais pas du tout ! Et puis d'abord c'est pour sa protection, parce qu'on ne peut pas faire confiance aux hommes et gnagnagna... ».
- Maintenant, je me demande si ce n'était pas pour cacher autre chose. Comme...
Il marqua une pause et fit un rapide tour des visages de tous ses compagnons, assis en cercle autour du feu.
- Cacher ta ressemblance avec ton père, par exemple.
Un murmure parcourut les chevaliers et leurs anciens maîtres, et Athéna elle-même plissa les yeux.
- C'est...logique, admit Kiki. Psyché nous as dit que Gaïa avait choisit l'un des douze chevaliers d'or pour être le père de son enfant. Ce qui veut dire que son père, son père biologique, se rattrapa-t-il avec un coup d'œil pour Milo et Camus, est ici, parmi nous.
- Et moi qui pensait que c'était parce qu'elle avait une balafre ou quelque chose dans le genre...
La phrase de Masque de Mort fut interrompu par le bruit caractéristique d'une armure qui se brise. Tous tournèrent la tête vers Psyché, qui ouvrit sa main ensanglantée pour laisser tomber les petits éclats de ce qui restait de son masque.
- Et comme ça, ça te vas ? fit-elle en relevant la tête, sous le regard médusé de l'assemblée, à l'exception de Milo et Hémithéa, qui ne voyaient pas l'évidence, trop habitués qu'ils étaient à la côtoyer.
- Allez-y, dites-le. Dites-le que je ne ressemble pas à Camus du Verseau.
La jeune femme planta son regard bleu ciel dans celui identique de son père, perdu dans ses souvenirs. « Y-a-t-il un lien entre vous et moi ? - Oui. Mais il est différent de ce à quoi tu t'attends. » « J'ai fait ça pour sauver mon père. »
Il avait côtoyé Psyché pendant tellement d'années qu'il n'avait même pas noté à quel point sa fille lui ressemblait. Sa fille... Plus seulement sur le point sentimental, mais également sur celui biologique. Ce qui expliquait pourquoi, il y a seize ans de cela, il avait eu l'impression de se retrouver en face de la version féminine de lui-même. Ce qui expliquait aussi pourquoi elle ne lui avait jamais dit. Milo était d'une jalousie maladive et excessive. S'il avait apprit qu'il avait eu une relation avec quelqu'un d'autre que lui...
Camus sentit ses oreilles chauffer quand il se rendit compte qu'il avait couché avec Gaïa. Avec qui il avait eu deux filles, en plus. Parce que, bien qu'il se doutait que jamais lui et Astria entretiendrait une relation du même type qu'il avait avec Psyché, sur le plan génétique, c'était bien le cas.
À côté de lui, Milo fronça les sourcils.
- Tu as dit que Camus t'avais sauvé la vie trois fois. Sur Délos, quand il t'as trouvé et ramené au Temple du Scorpion, et la troisième c'est parce que...c'est ton père ? Je veux dire, ton père biologique ?
- Oui, fit son ancienne élève d'une toute petite voix, priant pour que son père adoptif n'entre pas dans un colère noire. Mais il était drogué et ma mère avait prit ton apparence alors...
- Je ne vous en veux pas, lui assura-t-il, se qui détendit remarquablement l'atmosphère. Par contre, je voudrais savoir pourquoi Albafica te colle comme ça.
Psyché prit une grande inspiration. Puisqu'il abordait le sujet, autant y allait maintenant. Et puis comme ça elle n'aurait pas à se justifier et inventer une excuse pour ne pas monter les milliers de marche qui la séparait de son Temple.
- Papa, j'espère que tu n'es pas cardiaque.
- À son âge, on ne sait jamais, crut bon de remarquer Aldo, jamais trop loin pour envenimer les situations.
Un regard assassin de la gardienne du huitième Temple le fit taire. Il se dit que, finalement, Psyché était bien plus terrifiante sans qu'avec son masque.
- Albafica et moi, on s'aime depuis pas mal de temps. Et on s'est récemment mis en couple.
Le visage de Milo perdit ses couleurs.
- Et ce n'est pas tout, continua la rousse, histoire de bien enfoncer le clou. Je suis enceinte de lui. Les bébés devraient naître en février, d'après mes calculs. Ah oui parce que ce sont des jumeaux, ce ne serrait pas drôle, sinon.
S'en fut trop pour le petit cœur de l'arachnide, déjà bien malmené au cour de la soirée. Il s'évanouit.
- Trop direct ? demanda-t-elle.
- Carrément, fit Aldo en se retenant d'éclater de rire.
Ce soir-là, personne ne remarqua le regard assassin que Hyoga porta sur la chevalier du Scorpion.
*les grecs pensaient que le cœur et l'âme étaient liés. C'est pour ça que Éros est marié à Psyché
** désolé pour les fanatiques de Saga/Mû, j'aime trop Saintia Shô
Psyché du Scorpion
naissance : 18 novembre
âge : 18 ans
lieu de naissance : Grèce
signe : Scorpion
genre : féminin
poids : 52 kg
taille: 1m75
loyauté : Athéna
occupation : chevalier
rang : chevalier d'or
titre : chevalier du Scorpion
fonction : gardienne de la Maison du Scorpion
maîtres/élèves : Milo du Scorpion (maître)
Déimos d'Orion (élève)
cheveux : rouges foncés et blonds aux pointes
yeux : bleus ciel
peau : blanche
caractère : lorsqu'elle est sur le champs de bataille, ou en tant que chevalier d'Athéna, c'est une personne sadique, froide et orgueilleuse. Dans l'intimité, c'est quelqu'un de direct mais pas toujours franc (elle verse facilement dans le mensonge) avec le sang chaud, mais foncièrement gentille et avec un côté protecteur.
Entourage : Camus du Verseau (père)
Milo du Scorpion (père adoptif et maître)
Kiki du Bélier (ami et considéré comme un grand-frère)
Hémithéa du Taureau (meilleure amie)
Albafica des Poissons (amant)
Pollux des Gémeaux (ami)
Aldo du Cancer (ennemi naturel)
Déimos d'Orion (élève et un peu comme un petit frère)
? et ? (enfants eut avec Albafica)
j'attends vos commentaires avec impatience !
