— Est-ce que je peux venir à Londres avec toi ?

Encore essoufflé par son changement, Jesse regarda Eliakim en essayant de comprendre ce qu'il voulait dire par là, craignant de se faire de faux espoirs.

— Comment ça ? releva-t-il prudemment.

— Je ne veux pas partir loin de toi… Matt a dit que l'université pouvait accueillir des sirènes alors… tu crois que je pourrais m'y inscrire aussi ?

Avec un petit bruit étranglé, Jesse roula vers lui pour le serrer dans ses bras et l'embrasser à perdre haleine. Il n'avait pas osé espérer qu'Eliakim veuille l'accompagner à Londres, parce que c'était à l'autre bout du monde et que ça impliquait de rester longtemps au même endroit, mais ils trouveraient un moyen de voyager autant qu'il le voudrait.

— Je ne demande que ça mon coeur, souffla-t-il contre ses lèvres. On va en parler à maman et téléphoner à l'université ce soir. Et on pourra voyager ensemble, aller jusqu'en France chez Matt ou chez Sydney, monter en Belgique voir Eliade, ou même faire le tour du monde à la nage si tu veux. Je préfère pérégriner avec toi que rester quelque part sans toi.

— Tu vois ! intervint Matt en se laissant tomber près d'eux. Je te l'avais dit, Eliakim. Tu mérites quelqu'un qui accepte de partir avec toi et Jesse est plus que motivé. Tu vas adorer l'Atlantique et la Méditerranée, je te le garantis ! Mais j'espère que tu n'es pas frileux, la Manche est froide en hiver.

À vrai dire, Eliakim se fichait bien de la température, du moment qu'ils pouvaient voyager ensemble et qu'ils ne s'approchaient pas trop des océans glacés du nord et du sud. Il était curieux d'en apprendre davantage sur le monde de la terrer ferme et l'université de Jesse lui paraissait une excellente option pour éviter de se mettre en danger.

Il annonça sa décision au dîner, avec plus d'assurance qu'il n'en ressentait réellement. La seule expérience scolaire qu'il avait était celle de son banc, et il n'avait qu'une vague idée du fonctionnement d'une université humaine, mais il savait qu'il voulait rester avec Jesse et voir le reste du monde à ses côtés.

— Vous devriez appeler, acquiesça Ruth lorsque son fils le proposa. Ils sauront sans doute vous dire quelles démarches doivent être faites pour t'inscrire.

Eliakim commençait à avoir l'habitude des appels téléphoniques, même s'il avait surtout assisté à ceux qui se faisaient en visio. Il s'assit sur le canapé auprès de Jesse qui composait le numéro de l'université, et il tendit l'oreille pour écouter la conversation. Dissimulant son appréhension, Jesse annonça qu'il avait été attaqué par un requin et donc amputé d'une jambe avant d'être transformé inopinément, et nota soigneusement les informations qu'on lui donna pour pouvoir faire les bonnes démarches. Puis il expliqua que son petit ami sirène souhaitait s'inscrire à l'université et prit davantage de notes, gribouillant dans tous les sens sur sa feuille de papier avant de raccrocher.

— Alors ? demanda Violet depuis le salon.

— Alors ils réservent une place pour Eliakim mais il lui faut des papiers d'identité. Ils m'ont donné les coordonnées de l'ambassade semi-mortelle d'Australie pour y faire la demande. Après ça il faudra finaliser l'inscription sur leur site avec les codes qu'ils m'ont filés.

S'il y avait un truc que Jesse appréciait particulièrement avec l'administration gérée par les non-humains, c'était que c'était mille fois plus efficace et rapide que l'administration humaine. En faisant la demande auprès de l'ambassade dès le lendemain, il était sûr que les papiers d'Eliakim arriveraient dans la semaine suivante sans faute.

— Bien, déclara-t-il en cherchant sur son téléphone la feuille d'informations à remplir. Kim, j'ai des questions à te poser. Il me faut ton prénom et ta date de naissance, ton sexe et ton espèce.

— Je ne peux pas te donner mon vrai nom, l'écriture des humains ne pourrait pas le retranscrire. Mon nom d'air libre est Eliakim. Je suis né à la fin de l'été 1753, vers… le 25 août ? Je suis un mâle et je suis une sirène nomade de l'océan Atlantique.

Soigneusement, Jesse nota le tout sur sa feuille en se faisant la réflexion que son anniversaire était dans moins d'une semaine. Il savait que Violet l'avait entendu et il espérait qu'elle ferait passer le mot.

— A présent, la partie plus difficile. Tu vas devoir te trouver un nom de famille et une adresse.

— Mets l'adresse de la maison ! intervint Charlie en passant derrière le canapé. Ce sera plus simple. On vous fera suivre le courrier si jamais.

— Merci, murmura Eliakim avec reconnaissance.

Il était heureux d'avoir le droit de se réclamer de cette maison et de la famille de Jesse. Comme Ruth le lui avait dit, il faisait désormais partie de leur banc et ça lui donnait envie de pleurer à nouveau, de joie, de soulagement et de fierté.

— Bienvenu chez toi, sourit Jesse en l'embrassant sur la joue. Maintenant il me faut ton nouveau nom de famille.

— Est-ce que… je peux prendre le tien ?

— Attends peut-être d'avoir tes papiers avant de le demander en mariage ! cria Spencer quelque part dans la maison.

Les joues un peu rouges, Jesse secoua la tête sur un soupir amusé avant de se redresser dans le canapé pour regarder les autres. Il fronça les sourcils vers son frère pour faire bonne mesure, puis se pencha sur Eliakim.

— Tu peux prendre le mien si tu veux, ou bien t'en choisir un autre. D'après les exemples sur le site, beaucoup de sirène choisissent quelque chose en lien avec la mer, comme Waveborn ou Océané, ce genre de trucs…

— Mais Eliakim Walker ça sonne mieux ! reprit Spencer sans tenir compte du regard de Jesse. Il n'y aura jamais trop de Walker. En plus ça fait un jeu de mot sur le fait que vous ne marchez pas mieux l'un que l'autre.

— Ça me plairait, d'être un Walker, affirma Eliakim en l'ignorant. Vous êtes mon nouveau banc et je serai fier de porter votre nom.

— Alors va pour Walker !

Jesse acheva de le noter sur sa feuille puis relut toutes les informations en vérifiant avec Eliakim qu'elles étaient toutes correctes. Plus qu'à appeler l'ambassade et le tour serait joué, il deviendrait un citoyen en règle avec une carte d'identité et un passeport. Finaliser l'inscription à l'USM après ça serait un jeu d'enfant, même si Ruth leur fit remarquer qu'ils devraient penser à demander une bourse puisqu'Eliakim n'avait aucun apport financier.

— D'ailleurs, ajouta-t-elle, je pense qu'il va falloir faire un peu de shopping pour te constituer une garde robe digne de ce nom, Kim. Si tu vas à Londres, il faudra que tu aies tes propres vêtements. Pensez à poser la question à l'ambassade demain, ils ont sans doute un fond destiné à accompagner les non-humains dans leurs débuts.

Hochant la tête, Jesse ajouta une flèche sur le bas de sa feuille pour y penser et se promit d'appeler à la première heure le lendemain. À présent qu'il savait qu'Eliakim allait bel et bien l'accompagner, qu'ils n'auraient pas à se quitter avant un long moment, il avait le coeur léger et une soudaine envie de chanter.

— On s'occupera de tout ça demain, affirma-t-il en se relevant du canapé avec un bâillement. Je suis claqué, la nuit a été courte.

À ce stade, il avait juste envie de se lover sous la couette avec Eliakim et de dormir comme une masse jusqu'au matin plutôt que réfléchir à tous les détails de ce qu'ils allaient devoir faire. Peut-être que la nuit prochaine, il la passerait dans la petite grotte sous-marine en tant que sirène, mais il n'était pas certain d'en être capable pour le moment. Être humain lui allait très bien, surtout que ça lui permit d'accrocher sa jambe autour de la taille d'Eliakim lorsqu'ils s'effondrèrent ensemble sur le lit en s'embrassant éperdument et en se frottant l'un contre l'autre.

— J'ai hâte de te montrer combien c'est bon de faire l'amour sous l'eau, souffla Eliakim en poussant contre lui. Mais j'aime aussi beaucoup le faire de cette façon… Tu es tellement chaud…

C'était délicieux d'avoir la jambe de Jesse autour de sa hanche, le maintenant contre lui aussi fermement que ses bras, de sentir le froissement des draps sur leur peau à chaque mouvement, de respirer l'un contre l'autre entre deux mots doux étranglés. Et savoir qu'il pourrait lui faire l'amour autant de fois qu'il le voudrait dans les semaines à venir l'excitait encore plus parce qu'il avait hâte de découvrir toutes les manières possibles de s'aimer, humains ou sirènes, l'un et l'autre, avec une jambe en moins ou une queue de poisson. Jesse jouit contre lui dans un long gémissement étouffé par ses lèvres et il le suivit peu après, maculant leurs ventres un peu plus. Parce qu'il était le plus adroit pour se déplacer, il s'occupa du nettoyage avant de revenir se lover contre lui et de rabattre la couette sur leurs épaules.

Le lendemain matin, Jesse appela l'ambassade sitôt le petit déjeuner terminé. Assis à ses côtés, Eliakim répondit soigneusement à toutes les questions qu'on lui posa, bien content de ne pas avoir à faire ça tout seul. Il s'avéra qu'il existait effectivement un fond destiné à aider les gens comme lui à s'adapter aux humains, et Jesse en fit la demande pour lui aussi, plutôt surpris de la hauteur du montant octroyé. Définitivement, les immortels avaient de l'argent en réserve, mais après tout certains d'entre eux le stockaient depuis des siècles.

— Et voilà ! Normalement, le tout devrait arriver d'ici une semaine ! Tu seras bientôt officiellement un Walker.

Ravi, Eliakim lui vola un baiser alors que les autres le félicitaient. Il avait hâte d'annoncer la nouvelle à Keahi et Berhan qui devaient sans doute vouloir regagner leur cité après tout ce temps passé si loin de chez eux et qui seraient sans doute soulagés de le savoir à nouveau entouré d'un banc. Jesse lui rendit son sourire, aussi impatient que lui.

— Qu'est-ce que tu préfères ? lui demanda Betty avec curiosité pendant qu'ils descendaient vers la plage. Surfer ou nager de cette manière ?

— Surfer ! Mais je dois dire que d'apprendre à nager avec une queue me fait oublier qu'il me manque une jambe. C'est agréable de se sentir agile à nouveau et relativement entier, je suis moins handicapé sous cette forme. J'ai vraiment eu énormément de chance dans cette histoire. Okay, je me suis fait attaquer par un requin et j'ai été amputé mais… j'ai aussi rencontré une sirène, je suis tombé amoureux et me voilà désormais avec des écailles à volonté et un merveilleux petit ami qui va m'accompagner à Londres dans l'université dont je rêvais.

Dans l'ensemble, il y avait plus de raisons de se réjouir que l'inverse et c'est avec excitation qu'il retira sa prothèse pour plonger dans les vagues. La transformation était horriblement douloureuse, mais avec l'aide d'Eliakim elle restait supportable et heureusement rapide. Être une sirène était très différent d'être humain et il devait sans cesse s'empêcher de nager comme à la piscine et se convaincre qu'il pouvait respirer sans crainte. Ils rejoignirent Berhan et Keahi juste de l'autre côté de la barre des vagues, Jesse laissant Eliakim se charger de la conversation puisqu'il était loin de maîtriser la langue chantante des sirènes.

— Je vais partir avec Jesse, annonça Eliakim sans parvenir à retenir son grand sourire. Ils… ils m'ont intégré dans leur banc ! Pour les humains je porte désormais leur nom et je partage leur maison, je suis l'un des leurs.

— C'est une merveilleuse nouvelle ! s'exclama Keahi avec émotion. Je suis heureux d'apprendre que tu as enfin un nouveau banc. Tu vas pouvoir voyager sans être seul.

— Nous viendrons vous rendre visite à Vanikoro, Jesse et moi, promit-il. Si les vagues sont bonnes, j'essaierai d'apprendre à surfer avec lui. On fera peut-être le tour du monde des meilleures vagues.

— C'est un beau projet, sourit Berhan. Nous vous accueillerons avec plaisir dans notre petite cité.

Parce que cette conversation ressemblait quand même à un adieu, Keahi ajouta qu'ils restaient au large de Fairhaven jusqu'à ce qu'Eliakim et Jesse partent pour l'Angleterre. Ce qui voulait dire qu'ils seraient présents au moment de l'anniversaire d'Eliakim, donc Jesse devait trouver un moyen de leur en parler discrètement sans se faire griller par son mec.

Deux jours plus tard, en arrivant au petit déjeuner après une délicieuse étreinte matinale avec Jesse, Eliakim eut la surprise de découvrir des boîtes colorées posées sur sa chaise et sur la table à sa place. Incertain, il interrogea Matt du regard parce qu'il était le plus proche de lui, mais il ne reçut qu'un sourire énigmatique en retour.

— Joyeux anniversaire ! s'écria Judy, imitée par tout le reste de la famille. Violet t'a entendu le dire à Jesse l'autre jour alors… on a préparé un petit truc !

Il fallut quand même lui expliquer le principe des cadeaux et du papier d'emballage, qu'il déchira avec curiosité pour découvrir ce qui se cachait en-dessous. La première boîte révéla une paire de chaussures comme celles de Jesse, mais colorées de la même couleur que ses écailles, qu'il trouva magnifiques. Nick et Spencer lui assurèrent qu'ils avaient choisi le modèle le plus confortable et qu'ils les avaient colorées avec des pigments naturels qui ne déteindraient pas dans l'eau. Même s'il avait très envie de les essayer, il se concentra sur la boîte plate à côté et en sortit deux t-shirts, un orangé avec un imprimé de poster de surf vintage et un bleu pâle avec une vague portant l'inscription "Save a Wave, Ride a Surfer", ce qui fit rire tout le monde. Betty précisa que Violet et elle avaient veillé à prendre une taille assez grande pour qu'il y soit moins à l'étroit que dans les t-shirts de Jesse, et des couleurs qui ne jureraient pas avec ses cheveux.

— Tu pourras ranger tout ça dans mon armoire, lui assura Jesse. En attendant de mettre ça dans la valise pour l'Angleterre.

Valise qui serait bien remplie, puisque le cadeau de Judy comprenait une longue jupe légère comme celles qu'Eliakim aimait tant, et un petit flacon de vernis à ongle d'un violine doux ressemblant très fortement à celui de sa caudale. Le fait qu'ils aient tous cherché à correspondre à ses couleurs toucha beaucoup Eliakim, le rassurant quant à sa forme humaine qui ressemblerait ainsi beaucoup à sa nature de sirène.

Le cadeau de Matt lui fit énormément plaisir, un petit album photo contenant les plus belles qu'il avait prises de Jesse et lui, avec un magnifique cliché de Berhan et Keahi et l'une des photos de toute la famille réunie, le tout imperméabilisé pour survivre à l'océan au cas où. Et lorsqu'ils descendirent enfin sur la plage, les deux sirènes l'attendaient avec un petit paquet soigneusement emballé dans de l'algue tressée.

— Nous voulions te souhaiter à la fois un bon anniversaire, mais aussi fêter ton nouveau banc, sourit Berhan. C'est pour toi et pour Jesse.

Au creux du petit ballot se trouvait une paire de clous d'oreille en corail et perle, typique de l'artisanat sirène du Pacifique. Eliakim devinait que ces bijoux avaient été fabriqués exprès pour eux et c'est avec émotion qu'il en accrocha une à l'oreille de Jesse avant de mettre la sienne. Le rouge du corail symbolisait la chaleur de la terre ferme, et la nacre de la perle était l'emblème de l'océan. Ça leur correspondait parfaitement.

Son dernier cadeau lui fut offert en fin d'après-midi, par Brynn, sous la forme d'une glace offerte dont il pouvait choisir les parfums qu'il voulait sans aucune condition. Emportée par l'euphorie de la journée, il mélangea autant de saveurs sucrées et colorées qu'il put en mettre dans son cornet, et s'en régala avec un immense sourire, pour le plus grand bonheur de Jesse et du reste de la famille.

— C'était ma plus belle journée d'anniversaire, avoua-t-il. Merci à vous tous.

— Il fallait qu'on marque le coup, sourit Violet. Tu fais partie de la famille et on ne te laissera pas l'oublier. Et puis c'était l'occasion de te fournir un peu de ce dont tu vas avoir besoin à Londres.

— On ira faire un peu plus de shopping avec toi dans la semaine, ajouta Betty. Mais pour ce soir, je crois que Jesse a encore une dernière surprise pour toi.

Curieux, Eliakim se tourna vers lui et reçut un grand sourire en réponse avant que Jesse ne vienne se lover dans ses bras pour l'embrasser sur la joue en lui expliquant qu'il pouvait rester dormir avec lui dans l'océan pour la nuit. Et, à voir son regard entendu, Eliakim devinait qu'il prévoyait de faire un peu plus que dormir avec lui, ce qui lui allait très bien. Achever sa journée d'anniversaire en montrant à son petit ami toutes les subtilités de l'amour des sirènes était un très beau cadeau qu'il comptait savourer à sa juste valeur.

Une fois n'est pas coutume, ils partagèrent le repas du soir sur la plage, riant et plaisantant avec légèreté parce qu'ils avaient toutes les raisons d'être heureux. Ils parlèrent de l'année universitaire à venir et des mariages qui auraient lieu vers Noël, des grossesses de Betty et Violet qui se devinaient chaque jour un peu plus, et des projets de tour du monde que Jesse et Eliakim envisageaient avec une étape chez Keahi et Berhan.

La nuit était tombée depuis un moment et les étoiles scintillaient doucement lorsqu'ils se séparèrent. La famille remonta sur la plage en les saluant du bras et Jesse plongea pour la première fois sous les vagues de nuit avec les trois autres sirènes. Ils se séparèrent auprès du tunnel menant à la caverne sous-marine d'Eliakim, Berhan et Keahi poursuivant jusqu'à leur abri tandis que Jesse se laissait entraîner vers les profondeurs, son coeur battant plus vite à chaque ondulation de sa caudale. Il aimait ce mélange d'appréhension et d'excitation qui l'envahissait à la perspective de la nuit à venir, ça lui rappelait la magie des premières expériences. Et la manière dont Eliakim se lova contre lui dans la petite grotte, la douceur sauvage de chacun de ses baisers, renforça cette enivrante impression de première fois.

Tout était à la fois étrange et familier, l'eau qui les entourait et qu'il respirait si facilement, leurs corps entrelacés qui se terminaient en queues puissantes, chacune de leurs caresses qu'il ressentait différemment sur sa peau désormais couverte de minuscules écailles. Avec tendresse, Eliakim l'aida à apprivoiser son nouveau corps, utilisant ses mains et sa bouche pour lui montrer les endroits où il était devenu plus sensible. Cette fois, Jesse n'avait plus l'impression d'être une glace délicieuse, mais d'être le cadeau que sa sirène avait attendu toute la journée. Lorsque sa langue joueuse se faufila dans la fente de sa queue, il hurla de plaisir et s'accrocha à la roche pour ne pas dériver. Toute son intimité était plus réceptive et il émit des petits bruits désespérés qui firent ronronner Eliakim de bonheur. Ça n'avait rien à voir avec tout ce que Jesse connaissait, c'était plus cru, plus puissant, bien mieux que tout ce qu'il aurait pu imaginer. Après l'avoir rendu fou de ses caresses, Eliakim remonta contre lui en le frôlant de sa queue, et son érection trouva tout naturellement sa place en lui alors qu'il l'embrassait éperdument. Le reste ne fut plus qu'un ouragan de sensations, alimenté par les mots doux qu'ils fredonnaient au milieu de leurs baisers.

Longtemps après, essoufflés et le coeur battant la chamade, ils s'échouèrent doucement au fond de la grotte, pelotonnés l'un contre l'autre sur le sol lisse. Sa queue enroulée autour de celle d'Eliakim, Jesse l'embrassa sur l'épaule et sourit faiblement en fermant les yeux. Il ne s'était jamais senti aussi bien.