Nuées Blanches

Chapitre 19 : Nocturne

Garreg Mach, jour 6 de la Lune du Loup Rouge, réfectoire…

_ Pour la victoire des Aigles de Jais… Hourra !

_ Bravo !

_ C'était grandiose !

Une ambiance de fête régnait dans le réfectoire envahi de délicieuses odeurs de nourritures. Les élèves brandissaient leurs verres en criant, issu des trois maisons sans distinction.

Byleth observa ses élèves avec un profond sentiment de fierté. Les voir tous ensemble après la bataille la rendait heureuse.

Comme les cris l'indiquaient, les Aigles de Jais avaient gagné la Bataille de l'Aigle et du Lion, quelques jours plus tôt. Il avait ensuite fallut attendre de rentrer à Garreg Mach pour célébrer comme il se devait cette victoire.

_ Voilà un sourire comme je les aime, professeur !

La jeune femme se tourna vers Dimitri en souriant un peu plus. Le jeune homme blond lui tendit une assiette issue de l'immense buffet à volonté placé le long des murs de la salle.

_ Merci !

_ Allons… Un peu de retenue ! La prochaine fois, ce sont mes Cerfs d'Or qui remporteront la victoire, je vous le garantie !

_ Claude, aussi longtemps que notre professeur sera avec nous, les Aigles de Jais seront toujours vainqueurs !

_ Ne vous disputez pas, les trois maisons ont parfaitement bien combattues ! Ce sont tout de même les Lions de Saphir qui ont prit possession de la baliste, grâce à Ashe ! Quel dommage qu'il se soit laissé déconcentrer par Catherine…

_ En tout cas, je remercierais Niles d'avoir dérobé le coffre pour nous rapporter plus de points. Personne ne l'a vu agir mais il était brillant !

Edelgard hocha la tête en souriant.

_ C'est vrai que nous avons tous bien combattu… Si revanche il y a, je n'ose imaginer l'issue de la bataille.

_ Moi non plus… j'espère que nous n'aurons jamais à utiliser cette expérience en combat réel.

_ Bien parlé. Je n'ose envisager un avenir où je serai contraint de croiser le fer avec vous.

Byleth leur tendit alors ses deux mains en souriant.

_ Espérons que le nom de la Bataille de l'Aigle et du Lion sombre un jour dans l'oubli. Si nous pouvions toujours rester amis…

_ Oui.

_ Faisons en sorte que ce soit toujours le cas.

_ Que de sages paroles, professeur !

Les trois délégués posèrent leurs mains sur celles de Byleth en souriant, espérant sincèrement que jamais rien ne pourrait briser les liens qui se tissaient doucement mais solidement entre eux.

De là où ils étaient, Daraen et son groupe observèrent le quatuor, faisant circuler entre eux une bourse d'écus en fonction des gagnants d'un pari de plus.

_ Si les choses pouvaient rester ainsi pour toujours, ce pays ne connaitrait plus de guerre.

_ C'est bien utopique… Mettre autant de têtes couronnées dans un même lieu, ça créait forcément des tensions.

Niles esquissa un sourire amusé en les regardant. Il sentit Kamui s'accrocher à son bras en posant sa joue contre sa solide épaule.

_ Qu'est-ce qui te fait rire, Niles ?

_ Les propos de Messire Léo… Notre groupe est une belle brochette de têtes couronnées et pourtant, la seule tension qu'il existe entre nous concerne la cuisine de Daraen.

Les autres le regardèrent en souriant.

_ Nous sommes l'exception qui confirme la règle… Et ma cuisine n'est pas source de tension !

_ Elle a tout de même faillit nous tuer plus d'une fois.

Leurs rires se mêlèrent à ceux des autres élèves de l'Académie des Officiers qui acclamaient leurs délégués unis avec leur professeur.

_oOo_

Jour 7 de la Lune du Loup Rouge, salle d'audience…

L'Archevêque faisait les cent pas avec un air inquiet pendant que Shamir, la mercenaire du monastère aux yeux violet et aux cheveux brun coupés au carré, faisait un inquiétant rapport.

Les autres membres importants de son Eglise étaient également présents et arboraient les mêmes expressions angoissées.

_ Remire est placé en quarantaine jusqu'à ce que nous aillons identifié ce qui cause ces malaises chez ses habitants. Les symptômes sont les suivant : maux de têtes et d'estomacs, vomissement de sang, perte de conscience et, dans certains cas, crise de violence. Pour l'instant, les villages alentours son épargnés.

Jeralt observa sa fille avec une grimace.

_ Quand je pense à la gentillesse des habitants de Remire, c'est horrible ce qui leur arrive.

_ Remire… C'est là-bas que nous avons rencontré Dimitri et les autres.

_ Tu me parles souvent de Dimitri.

Byleth détourna le regard, une légère coloration sur les joues, se concentrant sur Manuela exposant les différences entre infections virales et magiques.

Rhea, pour une fois pleinement présente, hocha la tête avant de les congédier en leur recommandant de ne rien dire aux élèves pour ne pas les inquiéter inutilement.

_ Nous trouverons une solution. Prions la Déesse pour que cette maladie ne se propage pas d'avantage.

_oOo_

Terrain d'entrainement…

Felix observa la dérobade de Chrom, puis sa propre épée atterrir avec fracas à l'autre bout du terrain. Il n'avait rien vu venir.

_ Incroyable… Vous êtes très fort, Chrom.

_ Et vous, vous n'êtes clairement pas le genre d'adversaire que j'aimerais croiser sur un champ de bataille.

Felix inclina la tête pour le remercier avant de se détourner pour trouver un nouvel adversaire.

_ Felix, par ici !

Il observa Sylvain lui faire signe de venir en souriant. Il hésita avant de finalement le rejoindre.

_ Pour une fois que tu daignes venir t'entrainer…

_ On dirait que tu me prends pour un tir-au-flanc ! Je peux faire preuve de sérieux !

_ Je te prends pour un coureur de jupons invétéré. Je t'ai entendu rentrer tôt ce matin, tu as réveillé tout l'étage !

Sylvain grimaça mais préféra ne pas s'engager sur ce terrain miné.

_ Depuis Miklan, je veux m'entrainer avec un peu plus de sérieux. Felix, si tu te retrouvais encore une fois en danger par ma faute, je…

Felix pencha la tête sur le côté avant de lever son épée d'entrainement. Sylvain lui adressa un léger sourire avant de se mettre en garde.

Quelques minutes plus tard, il sortait du terrain, soutenu par un Felix passablement énervé.

_ Je t'avais déjà prévenu qu'à force de jouer avec les sentiments de toutes ces filles, ça te retomberait sur le coin du nez !

_ Comment voulais-tu que je sache que cette jolie demoiselle allait me traquer jusqu'en cours pour tenter de me tuer !

_ Un coup de poing de son paternel dans le ventre, je n'appelle pas ça tenter de te tuer.

_ Uniquement parce que tu t'es interposé ! Encore…

Felix jeta un regard en arrière, vers le terrain où Byleth, Manuela et Hanneman tentaient de discuter avec le père et la fille en furies.

Il emmena Sylvain jusqu'à l'infirmerie, une fois de plus.

_ C'est la dernière fois, tu es prévenu.

_ Oui, désolé, merci !

_ Abruti.

Felix lui jeta un oreiller et une couverture avant de se diriger vers la porte.

_ Felix, tu t'en vas déjà ?

_ Pourquoi je resterais ? Tu vas t'allonger en attendant que ton estomac aille mieux, c'est tout. Tu n'as pas besoin de moi.

Sylvain s'approcha de Felix et le regarda droit dans les yeux.

_ J'aurais toujours besoin de toi, bien plus que tu ne le penses.

Felix le plaqua violement contre le mur en le fusillant du regard.

_ Ne me redit jamais ça tu entends ? Jamais.

Il s'écarta et voulut ouvrir la porte mais Sylvain le rattrapa par le bras. En se débattant pour échapper à sa prise, Felix perdit l'équilibre et entraina le rouquin dans sa chute. Le sol de pierre était glacial dans son dos. Il posa sa main contre le torse de Sylvain pour le repousser, détournant le regard pour l'empêcher de voir son visage qui devenait de plus en plus rouge. Le fait que Sylvain soit à califourchon au-dessus de lui, c'était trop pour son pauvre cœur.

_ Lâche-moi.

_ Felix, pourquoi tu réagis toujours aussi brutalement quand je suis sérieux ?!

Il raffermit sa prise sur le bras du brun qui réussit à se redresser à demi en le repoussant. En se contorsionnant, il finit par réussir à échapper à la prise de son ami et prit la fuite sans répondre.

_oOo_

Réfectoire, nuit…

Felix pénétra sans bruit dans le réfectoire, intrigué par la lumière tremblotante qui apparaissait à l'une des fenêtres.

_ Que faites-vous ici ?

_ Bonsoir, Felix. Ne faites pas trop de bruit, vous allez réveiller mon chéri.

Le jeune homme observa Daraen d'un air surprit. Elle ne s'était même pas retournée et l'avait malgré tout reconnu. Elle était penchée sur un épais livre à l'aspect ancien, s'éclairant à l'aide de petite flamme sans chaleur flottant autour d'elle.

_ De la magie… Je croyais que vous n'en possédiez pas !

_ Il va sans dire que vous garderez cela pour vous. A moins bien sûr que vous ne souhaitiez voir révélé au grand jour les sentiments que vous éprouvez pour Sylvain.

Elle tendit la main vers une bouteille posée à côté d'un Chrom endormit et but une bonne rasade directement au goulot, grimaçant légèrement.

Felix s'approcha et regarda le livre aux pages déchirées et jaunies par le temps. Il s'agissait d'un vieux grimoire rédigé dans une langue oubliée.

_ Vous… le comprenez ?

_ J'ai un sort de traduction universelle implanté dans le cerveau. Pratique, compte tenu du fait que j'aime me balader de mondes en univers. Chrom aussi y est soumis. Et le reste de la bande également. Alors oui, je comprends ce livre. Difficilement, mais j'y arrive.

Felix jeta un œil vers l'homme endormi avant de s'asseoir sans prononcer un mot.

_ Besoin de parler, Felix ? Je vous préviens j'ai tendance à dire ce que je pense et penser ce que je dis, même si cela blesse mon interlocuteur.

Le jeune homme attrapa la bouteille et avala une gorgée qui lui brûla la gorge.

_ C'est quoi cette horreur !?

_ De la mirabelle. C'est de l'eau de vie, un alcool plutôt fort.

_ Et vu buvez ça en travaillant ?!

La jeune femme sourit et regarda la bouteille d'un air étrange.

_ Je ne ressens pas les effets de l'alcool. Le goût prononcé m'aide à rester éveillée sans pour autant que j'ai l'esprit embrumé… Alors, nous parlions de Sylvain.

_ Absolument pas !

_ Vous y pensiez tellement fort que c'est tout comme.

Felix avala une autre gorgée et, malgré la brûlure de l'alcool, il en apprécia le gout.

_ Faites attention, c'est très fort. Quelques rasades comme celle-là et vous roulerez sous la table !

_ … Il me rend complètement fou…

La jeune femme cala son menton dans la paume de sa main et observa Felix en attendant qu'il poursuive.

_ Dès qu'il est dans les parages, c'est tout mon corps qui réagit… J'ai de véritable envies de meurtres envers toutes ces garces qui lui tournent autour, attirée uniquement par son rang et son emblème ; et encore bien pire envers celles qu'il met dans son lit ! Ça… je ne suis pas insensible… ça fait mal de l'imaginer en train de…

_ Surtout si ce n'est pas vous qui êtes dans ses bras.

Felix hocha la tête et but une nouvelle gorgée. Sans un mot, Daraen lui retira la bouteille des mains.

_ De toute façon, je sais bien que je n'ai aucune chance… Il préfère les femmes, et même sans ça, il faut qu'il produise un héritier porteur d'emblème. C'est ainsi que ce monde fonctionne, qu'on soit d'accord ou non. Non… Vraiment pas la moindre chance… Mais dans ce cas, à quoi il joue ? Il y a des fois ou je me demande s'il… enfin, vous voyez.

_ S'il ne vous aime pas, lui aussi ? Je ne répondrais pas à cette question, Felix. C'est votre histoire, c'est à vous de la démêler.

La jeune femme se leva et déposa une couverture jusque-là posée sur le banc sur les épaules de Chrom. Elle sourit tendrement et effleurant sa joue du bout des doigts.

_ Moi aussi j'étais certaine de ne pas avoir la moindre chance… Chrom étant ce qu'il est, beaucoup de jeunes femmes gravitaient autour de lui… Cordélia, Sumia, Maribelle… Même Sully ou Olivia ! …Toutes plus jolies que moi, plus haut placées que moi… Mais il a fallu que ce soit d'une création scientifique au sang maudit et au cœur corrompu qu'il s'éprenne… Une Plégienne amnésique liée à un dieu maléfique.

Felix fronça les sourcils sans comprendre la moitié de ses propos.

_ A mes yeux, tu as toujours été la plus belle.

Daraen baissa le regard et sourit en voyant Chrom la fixer d'un air à demi endormi.

_ Peut-être, mais je n'étais pas un beau parti. On ne savait même pas d'où je venais, à cette époque.

_ Pas un beau parti ? La femme la plus intelligente du continent ? Tu as toujours eu une piètre estime de toi, ma reine, mais là…

Felix grimaça en voyant le couple se chamailler à coup de phrases niaises et de surnoms guimauves. Il préféra sortir sans plus attirer leur attention pour éviter d'être prit à parti.

_ Au fait Felix, avoir des envies de meurtres, ou pire, vis-à-vis de vos rivales, c'est on ne peut plus normal pour tout être humain doté d'un cœur en bon état de marche !

Elle lui décocha son sourire en coin le plus fourbe avant de retourner son attention sur Chrom.

Felix hocha la tête avant de s'enfoncer dans la nuit. Curieusement, les mots de Daraen l'avaient apaisé.

_oOo_

Byleth observa Felix quitter le réfectoire pour prendre la direction des dortoirs et frotta ses yeux pour se réveiller. Elle prit elle-même la direction de sa chambre, faisant un crochet par la salle de classe des Aigle de Jais pour y récupérer un manuscrit qu'elle y avait oublié plus tôt dans la journée.

Elle aperçu Edelgard discuter à voix basse avec un marchand vêtu de noir avec des airs de conspiratrice.

La vie nocturne du monastère était décidément très animée ! Entre Daraen et sa bande qui enchainaient les entrainements secrets, les rendez-vous des couples et les complots ourdis dans l'ombre, c'était bien plus animé qu'en journée.

Etrangement, la jeune professeur n'était pas inquiète. Quoi que préparent ses élèves, ce n'était pas comme s'ils étaient en train de planifier une guerre qui plongerait le pays dans l'abime.

Elle récupéra son manuscrit dans sa salle de cours et constata en ressortant qu'Edelgard était seule, assise sur un banc. La jeune femme se dirigea vers la déléguée de sa maison

_ Vous devriez dormir à cette heure-ci, Edelgard.

_ Ah ! Oh, c'est vous professeur ! Je… J'avais juste besoin de prendre l'air… C'est toujours le cas quand je fais des insomnies.

_ A cause de vos cauchemars ?

Edelgard la regarda, surprise, avant de se rappeler que Byleth l'avait déjà surprise en pleine terreur nocturne. Elle hocha la tête et regarda les étoiles brillant dans le ciel en savourant le vent léger caressant sa peau.

_ Je ne supporte pas la sensation d'être enfermée… Je… Je vous ai raconté que tous mes frères et sœurs avaient péris, n'est-ce pas ? Cette sorte de claustrophobie date de cette époque… Nous étions de la famille Impériale, nous nous devions de posséder un emblème majeur puissant, mais aucun de nous n'en avait un. A vrai dire, j'étais même la seule de la fratrie à porter un emblème de Seiros, même mineur.

_ De Seiros ?

_ Oui… Disons que l'Empire et l'Eglise ont une histoire commune très étroitement liée. C'est au nom de ça qu'il fallait que l'un de nous développe un emblème majeur.

Elle serra les poings et ses yeux lavande s'assombrirent alors que de sombre souvenir affluaient dans sa mémoire.

_ Le Duc Aegir, Chancelier de l'Empire et père de Ferdinand, a conclut des alliances avec ces Serpents… Ils n'ont pas hésité à ouvrir nos chairs, à faire couler nos sangs, à violer nos corps et nos esprits pour obtenir cet emblème majeur tant convoité… Et mon pauvre père n'a rien put faire pour nous sauver.

La jeune fille desserra les poings lorsque la main de Byleth se posa doucement sur les siennes.

_ Je suis la seule à avoir survécu et le résultat est là… cet emblème maudit qu'ils ont forcé mon corps à accepter, en plus de celui avec lequel je suis née.

Edelgard leva une main et fit apparaitre un symbole bien connu de Byleth. Une arabesque complexe et symétrique aux courbes familières.

_ L'emblème du Feu…

_ Vous me croyez, professeur ?

La jeune femme hocha lentement la tête sans détaché le regard de cet emblème identique au sien. Comment ne pas croire Edelgard avec cette chose sous les yeux ? Comment ne pas la croire en la voyant souffrir à l'énoncé de ce qu'elle avait traversé ?

_ Je suis désolée, professeur, je vous embête avec mes histoires alors que nous devrions aller nous coucher.

Edelgard se leva et commença à se diriger vers les dortoirs.

Byleth la regarda s'éloigner avec la désagréable impression que ses élèves possédaient tous de très lourds passés.

_oOo_

Salle de réception, jour 15 de la Lune du Loup Rouge…

Léonie entra dans le hall des chevaliers et observa Byleth assise sur un canapé devant la cheminée, en grande conversation avec Dimitri. Les mannequins de bois brisés dans la première partie de la salle indiquaient que les deux jeunes gens s'étaient entrainés avec ferveur.

Léonie sentit une pointe de jalousie lui vriller le cœur en imaginant que Byleth avec put profiter de l'entrainement et des conseils quotidien de Jeralt pour atteindre un tel niveau. La rouquine se targuait d'être la première et la meilleurs élève du capitaine mais en voyant Byleth, à chaque fois elle réalisait qu'elle se berçait de douces illusions. Même lorsqu'elle parlait avec lui, il suffisait que Jeralt voie passer sa fille pour qu'il mette un terme à la conversation et rejoigne Byleth. Rien que pour ça, Léonie détestait Byleth. Toute cette attention qu'elle accueillait souvent par un visage indifférent la mettait hors d'elle. C'est donc avec toute cette rancœur accumulée en elle que la rouquine se planta devant la professeur et Dimitri, interrompant leur conversation sans scrupules. Après tout, Byleth n'interrompait-elle pas ses conversations avec Jeralt ?

_ Professeur, je cherche Lorenz.

_ Lorenz ? Il n'est pas ici.

_ La dernière fois que je l'ai vu, il se disputait avec Sylvain et Felix près de la cathédrale. A propos d'une fille il semblerait, bien que je crois plutôt que c'est leur accrochage durant l'affaire avec Miklan qui soit la véritable cause de cette histoire.

_ Merci, Dimitri.

Léonie reparti sans même saluer Byleth qui ne s'en formalisa pas le moins du monde. Elle préféra reprendre sa conversation avec Dimitri avec un entrain qui ne lui était pas coutumier.

Léonie rejoignit la cathédrale et croisa Sylvain et Felix qui lui confirmèrent la présence irritante de Lorenz non loin.

La jeune fille le retrouva sur l'une des terrasses et inspira. Qui aurait cru qu'il lui faudrait autant de courage pour parler à l'orgueilleux noble ?

_ Lorenz ? Je suis venu vous rendre ça.

Le jeune homme aux cheveux violet se retourna d'un mouvement élégant.

_ Léonie ! Mais… C'est le mouchoir que j'ai utilisé pour vous soigner, lorsque nous nous sommes égarés dans la brume, durant l'affaire Lonato.

_ Ouais… Je l'ai lavé mais il est toujours tâché de sang. Je sais pas si vous voulez le récupérer mais je vous le rends quand même.

Elle lui colla le mouchoir dans les mains et se retourna pour partir vers le terrain d'entrainement. Si elle voulait prouver à Jeralt qu'elle était meilleure que Byleth, plus digne qu'elle de son attention, elle devait commencer par aller s'entrainer.

Lorenz la regarda s'éloigner avant de porter le mouchoir à son nez d'un geste hésitant.

_ Qu'elle odeur exquise…

Il ferma les yeux en pressent son mouchoir contre son nez.

_ Et le voila à humer un mouchoir, maintenant… Un comportement digne d'un véritable maniaque ! Il n'a pas la prestance digne d'un noble avec un pareil comportement !

_ Pour une fois je suis d'accord avec vous.

Lorenz rouvrit les yeux juste à temps pour voir Hubert et Ferdinand passer en portant seaux et brosses, probablement de corvée ensemble quelque part, ce qui semblait les remplir de dégout l'un comme l'autre. Ou d'autre chose qu'ils n'avoueraient jamais, peut-être…

Quoi qu'il en soit, Lorenz se sentit profondément gêné d'avoir été surprit dans une telle situation.


Dès que j'ai vu Lorenz la première fois, je me suis dit qu'il ressemblait comme deux gouttes d'eau à Tsukiyama (Tokyo Ghoul), aussi bien en apparence que dans son comportement. Et son soutien avec Léonie m'a achevée ! Je n'ai pas put m'empêcher d'y faire référence à un moment où à un autre !