CHAPITRE 18 : L'anniversaire.
Mangeant à pleine dents son beignet, Regina faisait défiler ses mails, répondant à certain et supprimant d'autre sans même les lire, tentant de s'occuper. Elle était fatiguée - mais en même temps, c'était complètement de sa faute - et elle attendait avec impatience Emma. C'était l'anniversaire de la blonde et elles n'allaient même pas se voir de la journée, perspective qui l'enchantait assez peu.
Un peu plus d'un mois s'était écoulé depuis leur emménagement et les deux femmes ne s'étaient jamais senties aussi bien, l'adaptation s'était faite sans encombre. Tous les trois avaient l'impression d'avoir vécu ensemble toute leur vie tant la cohabitation était naturelle. Les horaires des deux femmes avaient cependant parfois du mal à s'accorder puisqu'elles n'avaient toujours eu que leur travail, en dehors de Henry pour Emma. Mais après quelques discussions, elles avaient établi un planning pour réussir à jongler avec leur travail, Henry et leur vie amoureuse. Il avait été décidé également qu'il ne fallait pas apporter de travail à la maison ou si c'était le cas, ce travail ne devait pas empiéter sur la vie à la maison. De toute façon, Regina faisant régulièrement des insomnies lorsqu'elle avait une idée en tête, finissait toujours par se relever pour travailler. Emma avait été agacée les premières fois - et ce, même avant leur emménagement - mais elle avait vite compris que si Regina n'expulsait pas son idée, celle-ci tournerait vite à l'obsession. Un problème chez les surdoués qu'elle avait retrouvé dans les comportements de Henry parfois qui, lorsqu'il découvrait quelque chose de nouveau à construire ou à comprendre, pouvait y passer des heures sans manger ni dormir avant d'avoir trouvé la solution. Lorsqu'il était petit, il lui arrivait même de piquer des crises de colère avant de devenir mutique, obsédé par ce problème non résolu, alors Emma avait fini par soit l'aider à résoudre le problème soit - lorsque celui-ci était incompréhensible pour elle - veiller à ce qu'il ne se laisse pas mourir de fin ou de sommeil. Et finalement, Emma se retrouvait à devoir veiller sur deux personnes en même temps, mais elle adorait ça. Donc, lorsqu'elle était réveillée par l'absence de sa compagne, Emma allait rejoindre Regina dans son bureau qui depuis quelques semaines croulait sous diverses radiographies et documents en tout genre. Si elle était trop fatiguée, elle s'installait sur les cuisses de Regina ou bien dans son dos si celle-ci s'agitait trop et se rendormait, collait au corps de sa compagne. À chaque fois, Regina s'en voulait et se mordait la lèvre avant de se remettre à travailler, mais cela ne durait jamais bien longtemps, la présence de sa femme la rappelant à l'ordre. Alors elle se couchait au milieu de tous les papiers, et s'accordait un peu de repos dans les bras de sa compagne. D'autres fois, lorsqu'Emma avait aussi une affaire en tête - même si c'était arrivée qu'une seule fois, mais pendant une semaine et demie -, Emma apportait son affaire et s'installait à côté de Regina, dans un coin pas encore sans dessus dessous et se mettait à travailler dans son coin jusqu'à ne plus tenir.
Et sans voir le temps passer, ils étaient arrivés au vingt-deux octobre. Emma travaillait depuis le matin et était de garde jusqu'au lendemain tandis que Regina était de garde jusqu'en fin de soirée. Toutefois, elle avait réussi à se libérer lorsqu'Emma lui avait annoncé s'ennuyer et n'avoir rien à faire. Regina avait saisi cette occasion et lui avait proposée de la rejoindre - proposition acceptée aussitôt - et elle s'était arrêtée pour acheter de quoi manger et un bouquet d'œillets - fleur qu'Emma adorait. Mais le temps pour Regina d'arriver, Emma avait été appeler en renfort sur une affaire qui avait déraillée et cela faisait donc trois heures que Regina attendait, plus que patiemment, mais elle avait vraiment envie de voir Emma, alors elle prenait sur elle. De toute façon, pour maintenant, son service se terminant dans une heure et Henry étant toujours à l'école, elle n'avait rien à perdre. Le seul problème était qu'elle avait fini par engloutir la moitié de la boîte de beignet, si ce n'est plus, et qu'Emma ne répondait plus à ses messages. Elle s'était occupé comme elle avait pu, discutant un peu avec la légiste Maura Isles qu'elle avait aperçu, il y a quelques mois, mais s'était promis de ne pas perdre de vue cette femme. Et la jeune femme avait dû répondre à ses obligations. Regina s'était ensuite installée à la cafétéria du poste sous les recommandations de Maura et avait fait la connaissance de la fameuse Angela, mère de substitution pour Emma et bavarde invétéré selon Regina qui avait bien eu du mal à supporter le débit incessant de l'Italienne. Mais finalement, lorsqu'elle avait été appelée à se charger d'autre clients, Regina l'avait regretté, s'ennuyant mortellement.
Soufflant encore et sirotant le café noir qui la réveillait, Regina lâcha ses mails pour regarder ses photos, laissant un immense sourire rêveur naître sur son visage. Elle fit défiler les photos et s'arrêta sur sa préférée, celle d'elle, Emma et Henry dans le lit après avoir pris un petit-déjeuné au lit. C'était deux semaines après leur emménagement, ils s'étaient tous réveillés très tard, alors Emma avait décidé de faire un petit déjeuné au lit et d'y passer la journée. Tous les trois avaient donc préparé de pancakes, des céréales et Emma avait récupéré d'autres paquets qui allaient leur permettre de tenir la journée, celle-ci avait été baptisé "La journée cochonnerie" par Regina et Henry. Et en fin d'après-midi, Henry avait enfin osé lâcher le mot qu'il retenait depuis le mois d'août.
-Au fait, dans une semaine et demie, c'est la rencontre parent-professeurs. Indiqua-t-il en revenant de sa chambre avec un papier.
-Okay, je travaille, mais j'échangerai mes jours avec August. Décida Emma en avisant l'horaire et le jour.
-Il faut que tu écrives les noms des professeurs que tu veux voir, si tu veux en voir d'autres que le principal.
-Tu as de bonnes notes partout, je ne suis pas certaine que ce soit utile qu'on se tape tous les profs. À moins que tu veuilles m'en faire rencontrer certain ?
-Non, je suis d'accord. Ils n'auront rien à dire à part "Henry devrait plus participer et s'investir avec les autres, blablabla ". Imita-t-il d'une voix ridicule, prouvant son agacement. Et de toute façon, Monsieur Ramirez, mon professeur principal, te fera un compte rendu de tout ce que les autres profs lui auront dit alors bon. Ça ne sert à rien d'attendre quatre heures pour entendre toujours la même chose.
-Cool parce que ça m'énerve ces trucs. Demande un horaire après dix-sept heures quand même histoire que je prévois un délai d'imprévu sinon ils vont me faire la morale comme quoi je ne suis pas une bonne mère parce que j'arrive en retard, comme l'année dernière.
-Oui, enfin, c'est pas certain qu'ils retentent un jour de te faire la morale vu comment tu les as tous remis à leur place. Ils n'osaient plus rien dire à la fin et j'ai bien cru que mon prof de maths allait s'évanouir tant il était gêné. Se remémora Henry en rigolant avec sa mère.
-Oui, autant ne pas faire de scandale à chaque fois.
-Ça m'arrangerai, oui. Et toi, Regina ? Tu viendras aussi ?
-Moi ? Tu veux que je vienne ? Je ne vais pas servir à grand chose. Remarqua le médecin qui, jusque-là, ne s'était pas senti concerné par cette annonce ... Ou plutôt, elle n'avait pas osé se sentir concerné n'étant pas le parent.
-Bah, si. C'est une rencontre parents-professeurs et tu es ma deuxième maman, donc tu dois venir. Affirma-t-il.
Des semaines qu'il voulait lui demander. Il s'était imaginé une multitude de discours pour rendre l'occasion unique, des discours qu'il avait récité encore et encore à August pour être sûr. Mais chaque fois, il s'était passé quelque chose qui l'empêchait de le faire et finalement, il avait lui-même repoussé l'échéance, ayant peur d'un rejet. Et aujourd'hui, après cette super journée en famille, avec ce rendez-vous, il s'était dit que c'était le meilleur moyen de le demander. Finalement, il n'y avait pas besoin de discours incroyable, la spontanéité suffisait, exactement comme leur relation. Elle n'était pas inventée, mais spontanée, naturelle.
-Euh bah ... Que ... Ouais, de toute façon je ne devais pas travailler puisque ta mère devait travailler.
-Cool, je vais ranger ça. Je reviens. Fit-il en sautant du lit laissant les deux femmes dans leur chambre et une Regina totalement sous le choc.
-Hé ho ! Tu m'écoutes ?
-Je ... il ... Bah ...
-Si tu ne respires pas maintenant, tu vas devenir bleu et gâcher notre superbe journée. Sourit Emma en venant attraper le visage de Regina de ses deux mains pour déposer un léger baiser sur les lèvres pulpeuses.
-Il a dit que j'étais sa deuxième maman. Soupira Regina, les larmes au coin des yeux.
-Parce qu'il te considère comme telle.
-Comme maman ?
-Ouais. Je ne pensais pas que tu réagirais comme ça. Respire. Se mit à rire Emma, attendrit par le choc de sa compagne.
-Tu savais ? Que ... Qu'il ...
-Ouais, il m'avait déjà posé des questions fin août et il avait préparé tout un truc pour te faire une vraie demande, je ne te dis pas le jour où il fera sa demande en mariage. Ça sera quelque chose. Mais c'est arrivé au moment où tu n'allais pas très bien alors pour une question de timing, on a préféré attendre. Et puis ensuite, je crois qu'il a commencé à flipper un peu et vouloir que ce soit quelque chose de tellement grandiose qu'il s'est mis à voir bien trop grand.
-Et tu es d'accord ?
Emma hocha doucement la tête de haut en bas avant de la dodeliner et de revenir embrasser les lèvres de Regina dans un baiser un peu plus appuyé.
-Je veux vivre avec toi et je veux que tu sois la mère de mon fils. Il n'y a que toi de fait pour ce rôle et jamais je n'aurais cru imaginer rencontrer un jour une personne comme toi.
-Tu fais de moi une maman, là. Remarqua Regina en posant une main sur son ventre et une autre sur la nuque d'Emma, alors que deux larmes se frayaient un chemin vers son cou.
-Tu veux bien, hein ?
Pour toute réponse, Regina hocha doucement de la tête, des larmes perlant toujours tant le bonheur qu'elle ressentait était perçant pour elle. Au moment où elle se penchait pour aller chercher les lèvres roses de sa compagne, Henry débarqua pour sauter sur le lit, inconscient du chamboulement émotionnel qu'il venait de commettre chez sa nouvelle deuxième maman. Alors que la mère et le fils discutaient sur la suite du programme, Regina sauta sur les deux, les renversants sur le dos et les embrassa tous les deux, provoquant des rires.
-Qu'est-ce qu'il te prend, Regina ? Demanda Henry en reprenant son souffle alors que Regina avait cessé de les embrasser pour les admirer tous les deux de ses yeux bruns en caressant leur joue de ses pouces.
-Je vous aime. Et je suis heureuse.
Depuis, ils avaient quelques fois parlé d'adoption, Henry n'ayant pas de père. Et c'était une chose dont elle rêvait, même si elle préférait ne pas trop accélérer cette procédure et attendre encore quelque temps.
Ouvrant un mail qu'elle venait de recevoir, Regina releva la tête en sentant de l'agitation derrière elle. Elle se retourna et vit plusieurs hommes passer et la chevelure blonde de sa femme. Étouffant un nouveau bâillement, Regina rangea son téléphone, attrapa son café qu'elle n'avait pas fini et la boîte de beignet dont il n'en restait plus que deux - ce qui l'a fit rouler des yeux, sa gourmandise la perdrait un jour - et passa la porte sur sa droite pour se rendre dans les bureaux où travaillait sa compagne.
-Regina ? Tu es encore là ? S'étonna Emma en la voyant arriver.
-Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Ignora le médecin en attrapant le visage d'Emma pour regarder son arcade sourcilière qui était refermé par trois strippes.
-Ne t'inquiètes pas. Juste une arrestation qui a mal tourné, ils étaient plus que ce qu'on pensait et un des gars à rien trouvé de mieux que d'essayer de se battre contre moi. Inutile de te préciser qui a gagné. Se vanta Emma en gonflant le torse dans un immense sourire et en mettant sa main en dessous de son visage comme si elle posait.
-Qui t'as soigné ?
-Des ambulanciers. Et très bien. Ne fais pas cette tête, je vais très bien.
-Joyeux anniversaire. Capitula finalement Regina. Elle regarda rapidement à droite et à gauche pour être certaine que personne n'était là et se pencha délicatement pour embrasser Emma dans un long baiser langoureux.
-Woah ! Ça c'est du cadeau. Je ne pensais pas que tu m'aurais attendu aussi longtemps, tu n'aurais pas dû. Oh et des fleurs, elles sont trop belles. Merci.
-Je n'aurais pas dû ? Tu plaisantes j'espère ? On ne se serait même pas vu de tout ton anniversaire et il en est hors de question.
-On le fait demain, en même temps que celui d'August qui est né le quinze octobre. Il y a aura tout le monde, Angela voit toujours super grand pour ce genre d'occasion. Tu verras à quel point elle est folle.
-Mmh, j'ai déjà eu un aperçu lorsqu'elle m'a appelé pour tout organiser. Grimaça Regina en repensant aux idées totalement extravagantes de l'Italienne. Mais je m'en fiche, ce n'est pas pareil. C'est pas le bon jour et ... Regina glissa ses mains dans les poches arrières du jean d'Emma et la colla fermement contre sa poitrine ... Je ne t'aurais pas pour moi toute seule.
-Oh, non, c'est pas vrai. Si tu m'aguiches comme ça, je ne vais pas être concentré du reste de ma garde. Fit Emma d'une voix rauque. Donc je vais plutôt me concentrer sur cette boîte.
-Tant que je ne suis en compétition qu'avec quelque chose d'éphémère, ça me va.
-Sérieux ? Tu es si fauchée que ça pour m'apporter que deux beignets ?
-Il y en avait douze au départ, mais tu étais longue. C'est de ta faute.
-Tu as mangé dix beignets à toi toute seule. Se moqua Emma qui était toujours étonné par la gourmandise insatiable de sa compagne.
Regina se contenta de lui tirer la langue avant d'en prendre un autre pour provoquer la blonde qui cependant, ne se laissa pas faire et rangea la boîte dans son tiroir avant de le fermer à clef afin "de les protéger". Elles discutèrent un moment jusqu'à ce que Regina ne doive y aller pour récupérer Henry - non sans râler.
Soupirant, Emma s'installa derrière son bureau en s'étirant loin derrière elle et laissa le ressort de son fauteuil la ramener. Elle tapa son rapport de l'arrestation qui fut plus rapide que d'habitude, alors elle s'accorda une pause en sortant la boîte de beignet. Elle se mit à sourire bêtement en remarquant que Regina avait rajouté un peu de cannelle sur les beignets qu'elle avait achetée et sur lesquels il était écrit "Joyeux anniversaire, on t'aime. R.". Et comme par principe, Emma trouva que ces gâteaux étaient les meilleurs qu'elle n'avait jamais mangé de toute sa vie.
Alors qu'elle savourait un bon plat chinois commandé par August pour leur anniversaire, Emma sentit son téléphone vibrer et s'empressa de répondre lorsqu'elle vit le nom de sa compagne.
-Allo ?
-Maman, c'est moi. Joyeux anniversaire encore ! Ça va ?
-Hey, gamin. Super et toi ? Ta journée ?
-Ça allait. On a eu cours sur l'Egypte, aujourd'hui, c'était super intéressant. S'enjoua un peu moins le garçon.
Même si les élèves étaient moins virulents avec lui cette année, Henry continuait à être exclu et parfois moqué des autres élèves. Emma le savait, mais ne savait plus quoi faire. Elle avait intimidé les parents, les professeurs, sans grand succès. Elle avait tenté de parler avec Henry, d'essayer de trouver des solutions, mais toujours sans succès alors elle avait décidé de ne rien dire puisque Henry n'aimait pas en parler, mais elle le surveillait de très près afin qu'il ne se retrouve pas dans la même situation que l'année dernière à subir les coups de ses camarades. Heureusement, après une énième bagarre, les quatre enfants qui menaient cette vendetta contre le petit Swan avaient été séparé. Deux avaient été exclus et les deux autres étaient surveillés de très près par leurs professeurs, mais puisqu'ils n'étaient pas les chefs de leur bande, Henry ne devait plus quotidiennement subir les attaques de ses camarades.
-C'est drôle, ça. J'ai mené une opération de démantèlement cette après-midi. Les gars avaient volé plein de reliques égyptiennes d'un particulier.
-Vraiment ? Oh, trop bien. Vous avez trouvé plein de trucs ? Tu pourras me les montrer ? Avant que ça parte ?
-Oui, carrément. On ira demain selon l'heure où on quittera la maison d'Angela ou après-demain, ça te va ?
-Oui, carrément, merci. D'ailleurs, tu es prête à subir la super fête surprise de Nonna ? Elle a prévu le paquet cette année puisque vous êtes tous en couple. Emma, August et Jane.
-M'en parle pas, on en parlait justement de ça. Ils sont en face de moi en train de faire la tête tant ils n'ont pas hâte. Jane m'a dit qu'elle était tombée sur une page My Little Poney sur son ordinateur après que sa mère l'a utilisé. Ça fait un peu peur. Elle entendit Henry exploser de rire derrière le combiné et se demanda si elle n'allait pas réellement se taper une fête de ce genre. Attends, je viens de capter. Tu viens accompagner ? Tu nous présentes enfin l'élu de ton cœur ?! Demanda-t-elle en s'adressant à August.
-Non. J'ai parlé à Angela de cette personne et elle s'est mise en tête que j'allais bientôt vous la présenter.
-Bref, accepta Emma. Et ta soirée ? Tout se passe bien ? Tu as mangé quoi ?
-Super, j'ai fait mes devoirs pendant que Regina préparait une paëlla. Il en reste, tu verras, elle est super bonne. Et maintenant je t'appelle. Et toi ?
-Oh, c'est assez calme ce soir, du coup, on en profite pour bosser calmement nos enquêtes en cours et faire nos rapports. Je mange chinois, c'est August qui m'invite. Et Regina, là, elle est où ? Elle travaille ?
-Non. Se mit à rire Henry. Elle était crevée et elle a passé sa soirée à bâiller. Elle s'est posée dans le canapé le temps que j'aille chercher son téléphone dans son bureau et que je suis revenu, elle dormait comme comme un bébé. Là, je suis assis par terre en dessus d'elle, devant la table basse et elle, elle est affalée sur le canapé.
-Met-lui juste un plaid alors et laisse-là dormir. Elle en a besoin. Je suis sûr que ça fait plus de trois jours qu'elle n'a pas dormi. On l'engueulera plus tard, okay ? Plaisanta Emma, même si elle allait tout de même remettre les pendules à l'heure. Elle comprenait que Regina avait quelques difficultés à éteindre son cerveau, mais il y avait des limites et elle allait sérieusement les poser.
-Ça marche. Bon, je te laisse. Je suis de corvée vaisselle du coup.
-Tu t'es fait avoir, là. À demain gamin, dors bien. Je vous aime.
-Moi aussi. Bisous à August et Jane en même temps.
-C'est fait. Acquiesça Emma en envoyant dans un clin d'œil un baiser volant à ses deux acolytes avant de raccrocher.
Le lendemain, Emma rentra chez elle, fatiguée mais sereine. Elle accrocha sa veste sur le porte manteau et jeta nonchalamment ses bottines noires dans le panier à chaussure avant de se diriger vers sa chambre. En passant, elle aperçut Regina qui dormait toujours dans le canapé, à moitié assise. Voyant sa position, Emma jugea plus judicieux de la réveiller.
-Hey, Regina ... Souffla la policière en caressant la joue ronde. Elle réitéra l'opération quelques minutes avant que Regina ne se mette à grogner bruyamment et à ouvrir les yeux.
-Emma ?
-Viens, tu seras mieux dans notre lit pour dormir. Tira Emma.
Complètement dans les vapes, Regina se laissa faire comme un pantin. Elle ne dit rien lorsqu'Emma ouvrit le lit ni lorsqu'elle la guida pour s'allonger. Emma retira son jean, sa chemise et son soutien-gorge en-dessous de son débardeur et fit le tour du lit pour aller se coucher, se collant à Regina. La jeune brune se retourna pour se mettre face à Emma et passa son bras et sa jambe au-dessus de la blonde en geignant. Emma se cala dans les bras de Regina et s'endormit rapidement.
Au petit matin, les deux femmes avaient réellement eut du mal à émerger. Il était onze heures et elles étaient censé partir dans quarante minutes, mais aucune d'elles n'avaient envie de sortir des draps et des bras chauds et enveloppants. Pourtant, cela faisait plus d'une heure et demie que Henry était passé les réveiller se doutant qu'elles ne le feraient pas d'elles même. Ils les avaient réveillés et le temps de leur laisser le temps d'émerger, il était allé préparer le petit déjeuner, mais les deux enfants du jour n'avait fait que picorer pour faire plaisir à Henry et elles n'avaient pas touchées à leur café car cela signifiait s'asseoir. En râlant, Henry les avait laissés pour qu'elles se préparent en les réprimandant.
-Mmh, je pourrais rester ici toute la vie. Geignit Emma.
-Moi aussi. Gémit à son tour Regina en calant sa tête dans le cou d'Emma.
-Ça te ressemble pas cette phrase. Tu as abusé sur le temps de rester éveillé.
-Un peu.
-J'aime pas ça.
-Je sais.
-Regina, je suis sérieuse. Je comprends que tu as l'habitude de dormir peu et ça me va. Mais rester autant de temps sans dormir, c'est dangereux. Pour toi, pour tes patients et tous les autres.
-Je sais. Mais j'ai vraiment pas vue l'heure passer. Quand je suis partie lundi, j'avais déjà une idée et ensuite tout c'est enchaîné. J'ai essayé. Je te le promets, mais j'arrêtais pas de tourner en rond du coup, j'ai abandonné et j'ai commencé à travailler et comme j'avançais, j'ai pas voulu m'arrêter.
-Attends ? Tu n'as pas dormi depuis lundi ? Mais on est samedi, Regina. Gronda Emma en s'asseyant. Tu as su voir l'heure et le jour pour mon anniversaire, donc tu es capable de t'accorder une pause.
-Bah, premièrement, j'ai fini. Je ne peux plus rien faire à part attendre les résultats qui arriveront d'ici huit à neuf jours. Et c'est pas pareil, j'avais tout prévu pour pas te louper et de toute façon, j'étais si fatiguée que j'arrivais plus à réfléchir.
-Justement, pour que tu en arrives à ce point, c'est que tu étais vraiment épuisé. Et tu avais Henry sous ta garde, imagines s'il s'était passé quelque chose de grave et que tu n'aurais pas su gérer parce que tu n'avais pas toutes tes capacités ?
-Je ... Je n'y ai pas pensé. Avoua Regina en culpabilisant, s'asseyant à son tour et jouant avec la couverture.
-Hey, ne fais pas cette tête. Ce n'est pas grave, il ne s'est rien passé. Mais tu ne vis plus seule, maintenant, même si je suis persuadée que Zelena, Kat ou David t'ont déjà réprimandé pour ça. Tu ne vis plus seule, alors tu dois faire attention pour nous.
-J'essaierais.
-Je ne te demande pas grand-chose. Au moins trois heures par nuit et une lorsque ta tête est trop prise ou que tu fais des semaines comme celle-ci. Et si vraiment, il t'est impossible de te reposer deux secondes, appelle-moi. À la maison, j'arrive à te faire faire une pause, elles sont de plus en plus longues d'ailleurs, alors je peux le faire à l'hôpital aussi. N'hésite pas, s'il te plaît, c'est important pour moi.
-Promis. Acquiesça Regina.
-Sinon, privé de mon sublime corps.
-Tu me priverais de sexe, toi ? Tu n'arriveras jamais à tenir. Nargua Regina en embrassant la poitrine de la blonde, comme pour lui prouver.
-Tu me connais assez pour savoir que je peux être plus que butée. Alors ne me cherches pas trop.
-En attendant, je peux en profiter.
-Tout pour toi. Acquiesça Emma en gémissant lorsqu'elle sentit les doigts fin passer en dessous de son boxer, de plus en plus excitée, se laissant aller de plus en plus jusqu'à ...
-LES MAMANS ! MAGNEZ-VOUS, ON VA ÊTRE EN RETARD ! Hurla Henry sur le pas de la porte, avant de repartir, non sans faire sursauter les deux femmes.
-Argh, ça c'est une chose qui ne doit pas se reproduire. Fit Regina dans un grimace de dégoût en se levant pour filer à la salle-de-bain.
-Sérieux ? C'est la deuxième fois que tu me laisses en plan. Ils peuvent tous comprendre quand même. Grogna Emma en se levant pour se rendre dans la salle-de-bain et prendre rapidement sa douche, prenant sur elle pour ne pas déraper et sauter à nouveau sur Regina.
Une fois prêtes, ils se dépêchèrent avant d'arriver en retard. Regina était vêtue d'une robe bordeaux aux épaules dénudées et aux lanières en dentelle retombant sur le côté de ses épaules et fendue sur cinq centimètres à l'arrière entre ses jambes, le tout parfait avec une capeline noire et des talons de la même couleur. Henry avait mis un pantalon bleu et une chemise d'un bleu plus foncé, presque nuit et avait fait l'effort de se coiffer - depuis quelques semaines, il avait cessé de se coiffer ou plutôt, il se coiffait dans un style qui donnait toujours l'impression qu'il venait de se réveiller. Et Emma ne portait qu'un simple jean avec une chemise noire transparente. Elle était bien habillée sans trop l'être, comme chaque année, faisant ainsi croire à Angela qu'elle ne se doutait réellement de rien.
Ils arrivèrent en même temps qu'August, Mary et Jane. Soufflant un coup, les trois concernés par la journée pénétrèrent ensemble et les premiers dans la maison de Maura et firent semblant d'être surpris lorsque tous crièrent surprise. Rapidement, des groupes se formèrent, Regina fut présentée à la famille de cœur complètement réunie d'Emma. Tout s'était passé à merveille, Jane, Emma et August faisaient semblant d'adorer le style kitsch de la fête et d'être ravie par les cup-cakes et salade qu'Angela et Maura avaient préparé. Heureusement, après les avoir regardé faire des grimaces pendant une bonne trentaine de minutes, Frankie et Tommy - les frères de Jane - avec Korsak - un vieux collègue de Jane - sortirent des hot-dogs et des bières pour pallier le manque de matière grasses. L'après-midi se déroula rapidement et dans une bonne ambiance, tous riant et chantant aux travers de diverses anecdotes de jeunesse et de travail. Alors que le match de basket qu'avait mené Emma et Jane contre Frankie et August se terminait - et que les filles avaient gagné le pari - la blonde se recula discrètement et attrapa Regina par la main pour la tirer à l'intérieur de la maison vers une petite dépendance derrière la cuisine.
-C'est ici que j'ai vécu un temps, quand Maura m'a recueilli.
-Ta chambre de quand t'étais jeune.
-Yep. Bon, après ça a pas mal changé. Quand j'étais là, Maura m'avait permis de créer mon monde et d'aménager et mettre ce que je voulais. Mais à peine j'avais mis un pas dehors qu'elle avait déjà redécoré cette chambre dans un style plus Feng Shui et virait tous mes sacrifices à la mode comme elle disait.
-Woah, et ce dressing. Il est immense. S'extasia Regina en entrant dans la pièce qui comportait un grand miroir sur le mur du fond et le reste, que des placards. Au milieu, se trouvait une sorte de petite banquette grise dans un style victorien. Vu les habits que tu as, cette pièce n'a pas dû être très utilisé. Se moqua Regina.
-Et encore, tu n'as pas vu celui de Maura. Celui-là fait neuf mètres carré, celui de Maura le double. Et effectivement, ça date de quand je vivais déjà ici, mais je comblais à peine le bas de cette armoire. J'avais mis la banquette ailleurs et c'était la chambre de Henry.
-C'est ici que Henry a vécu ses premiers mois ?
-Oui et je voulais que tu voies ça.
-Merci.
-Me remercie pas encore. Il y a autre chose.
-Ah bon ?
-Oui. Fit Emma en tirant la porte de manière théâtrale pour la fermer à clef. Y en a marre d'être aguichée sans pouvoir finir. C'est mon anniversaire et je veux mon super cadeau de toi.
-Je t'ai offert un saut en parachute.
-Yep, mais vu comme tu as le vertige, je me doute que le second billet n'est pas pour toi. Et je veux m'envoyer en l'air avec toi, de quelque manière que ce soit. Souffla Emma dans une voix rauque, le regard lubrique, coinçant la brune contre le miroir et glissant doucement ses mains du bassin jusqu'aux côtés de ses seins.
-J'adorais tomber dans les nuages avec toi. Mais il y a tous tes amis à côtés. Marmonna Regina, continuant l'image d'Emma, excité à l'idée de lui faire l'amour rapidement.
-Et ils sont occupés. Cette chambre est complètement isolée et personne ne vient jamais ici. Et cette fois, je ne suis pas prête à te laisser partir. Décida Emma en léchant le décolleté de Regina.
Regina savoura un moment les douces attentions d'Emma, tentant de rester debout, les mains plaquées contre le miroir puis elle remonta la blonde pour l'embrasser et lui retirer sa chemise afin d'avoir un meilleur accès à la poitrine d'Emma. Elles étaient toutes les deux en sous-vêtements, la respiration erratique lorsque les deux femmes se stoppèrent brusquement.
-Ne t'en fais pas. J'ai fait insonoriser cette pièce quand Henry et Emma étaient là. Personne ne peut nous entendre et personne n'oserait venir. Entendirent-elles avant que ces paroles ne laissent place à d'autres paroles et gémissements plus que subjectifs.
-Putain, on porte la poisse ou quoi. Grogna Emma en se laissant tomber sur la banquette.
-C'est pas grave. On peut continuer. Fit Regina désormais bien trop excité pour s'arrêter, en grimpant à genoux sur la banquette pour s'avancer vers Emma.
-Alors qu'on les entend ? Ça va pas ? Ça m'a coupé l'envie.
-C'est déjà ça, alors. J'ai pas ... Oh mon dieu, non.
-Ah non ! Si j'entends, tu entends aussi. Ordonna Emma qui attrapa le poignet de Regina qui passait derrière son oreille alors que les deux femmes de l'autre côté de la pièce hurlaient leur plaisir.
-Franchement, même insonorisé, je suis sûr que tout le quartier les entend là.
-J'avoue que je ne voyais pas Rizzoli aussi bruyante. Chuchota Emma, un peu pour elle-même.
Les deux femmes se regardèrent à nouveau et ne purent s'empêcher d'exploser dans un rire nerveux, tentant de faire taire l'autre. Si la chambre était insonorisée par rapport aux autres pièces, le dressing ne l'était clairement pas. Pourquoi faire après tout ?
Et après un interminable moment pour Emma et Regina, elles entendirent enfin Maura et Jane se rhabiller, se recoiffer et se dire un je t'aime avant de quitter la pièce.
-Enfin. Super. Rhabillons-nous avant que tout le monde ne nous cherche. Décida Regina en se relevant.
Elle poussa un cri de surprise lorsqu'elle se sentit tiré en arrière et être allongée à même le sol, sur la moquette.
-Tu rêves, là. Je t'ai dit que j'aurais mon cadeau et je suis bien décidé à le prendre de suite.
-Emma, non ... Repoussa Regina avant de ... Oh merde, qu'est-ce que ... Okay ... cadeau ... moi ... prends-moi.
-Tu ne peux pas me résister. Fit sournoisement Emma en mordant le lobe d'oreille de Regina alors qu'elle avait passé la jambe bronzée de sa compagne au-dessus de son épaule.
-Il faut vraiment qu'on arrête de faire l'amour par terre comme ça.
-Tu adore ça.
-Quand même. Un lit moelleux, c'est bien aussi. Gémit Regina.
-Je te promets de t'emmener pour un wenk-end romantique, seule au monde, avec un énorme lit, okay ? Mais pour maintenant, détends-toi et ... Emma sursauta presque en sentant sa compagne en elle, la surprenant. Elle en fit de même et commença ses mouvements... laisse ... moi ... t'emmener ... jusque ... au ... septième ... ciel...
Après cette longue attente, j'espère que ce chapitre vous aura plus ! Faites-moi part de vos avis - bons ou mauvais - ils sont tous les bienvenues ;)
A bientôt et prenez soin de vous !
LilyTom.
