Rien ne m'appartient.

Contraintes : Qui est-ce : écrire sur un perso qui a des enfants

Alphabet des personnages : G comme Gold

Mot du jour : Malédiction

Les défis de Sarah et Voirloup : écrire sur le fandom OUaT

Fandom : OUaT

Cap ou pas cap : faire un Rumple / Emma dans le 1x12 quand Rumple est emprisonné

Si tu l'oses : "Rictus"

Pairing : RumplexEmma

Rating : T


— Ça vous va plutôt bien d'être enfermé.

Mr Gold sursauta, ne s'attendant pas à avoir la visite de la jeune femme juste après sa petite conversation - fort désagréable, il devait bien le reconnaître - avec Regina. Discrètement, il fit glisser la tasse ébréchée sous l'oreiller du lit de fortune de sa cellule. C'était son trésor, interdiction pour quiconque, y compris pour elle, de poser les yeux dessus. Elle était peut-être la Sauveuse, mais cela ne lui donnait pas tous les droits. Un sourire de façade s'esquissa sur son visage encore tendu.

— Shérif Swan, votre sortie avec Henry est déjà terminée ?

— Yep. Pas de repos pour les héros.

— Il paraît, oui, acquiesça-t-il.

Lentement, elle vint se poster tout près de lui, appuyée contre les barreaux, l'air nonchalant habituel qu'elle arborait à chaque fois qu'elle essayait de percer les gens à jour. Gold eut un rictus narquois ; comme si elle pouvait le percer à jour, lui.

Il n'était pas n'importe qui. Et il savait très bien qu'elle commençait à l'envisager. Rien qu'un peu.

— Ceci dit, si le livre d'Henry dit vrai, ça n'est pas la première fois que vous vous retrouvez derrière les barreaux. Attention à ce que ça ne devienne pas une habitude, lui lança-t-elle avec un clin d'œil.

— Vous l'avez dit vous-même, ce n'est qu'un livre de contes de fées, rétorqua-t-il, une lueur mi-amusée mi effrayante dans ses prunelles marron.

Et, l'espace d'un instant, les yeux de Gold furent remplacés par ceux de Rumplestiltskin.

— Certains livres de contes de fées sont inspirés de la réalité, pourquoi pas celui-là ? Si ça fait plaisir à mon fils d'y croire, que puis-je faire contre son imagination ?

Elle le narguait. Il le savait. Elle ne cherchait qu'à le faire sortir de ses gonds, et, le pire, c'est que c'était en train de fonctionner. Il était en train de perdre patience. Il était dangereusement en train de perdre patience.

— Ne soyez pas insolente, mademoiselle Swan, s'il s'avère que je suis réellement dans ce bouquin, vous savez donc de quoi je suis capable.

Elle se plaça exactement face à lui, un sourire de défi sur son visage assuré.

— Et qu'allez-vous me faire, monsieur Gold ? Me tuer ?

Le dédain dans sa voix fut la goutte de trop, en moins d'une seconde, il fondit sur elle, se jetant contre les barreaux, passant son bras entre ceux-ci pour s'emparer de la gorge de la sauveuse. Elle n'eut aucune réaction, ne tenta pas de reculer ou de se soustraire à son emprise. Elle resta simplement là, avec toujours ce maudit rictus au coin des lèvres. Oh comme il avait envie de le lui arracher, avec les ongles, avec les dents, de le faire disparaître par n'importe quel moyen.

Soudain, l'évidence le frappa de plein fouet. Il agissait exactement comme il avait agi avec une certaine reine auparavant, il y avait de cela des décennies, des siècles même. Autrefois, cela avait été la mâchoire de Regina qu'il avait tenu entre ses doigts, cela avait été son regard sombre planté dans le sien. Cela avait été sa bouche, rouge comme une pomme bien mûre, qu'il avait été sur le point d'embrasser. Et à cause de cela, il venait de lui fournir la preuve sur un plateau d'argent que tout était vrai. Que le livre de Henry était bien leur histoire, leur vie.

C'était ce qu'elle avait cherché à faire, et il était tombé dans le piège.

Gold eut un ricanement digne du Ténébreux et rapprocha un peu plus son visage de celui d'Emma, frôlant son nez du sien.

— Pour quelqu'un qui déteste Regina, je dois vous avouer que vous lui ressemblez beaucoup.

Ce fut à son tour à elle de perdre contenance. Son rictus mourut, tandis qu'elle attrapait le poignet de l'homme dans le but de le faire lâcher prise. Mais sa poigne étant de fer, elle ne parvint pas à se libérer.

— Je pourrais vous tuer, en effet, mademoiselle Swan. Je devrais, même, pour avoir subi un tel affront. Mais je ne le ferai pas.

Son poing se desserra et Emma tomba à genoux sur le sol, frottant son cou meurtri.

— Pourquoi ? croassa-t-elle, le timbre rauque.

— Eh bien, ça me paraît évident... nous avons une ennemie commune. Et, si je vous tue, sa chère malédiction ne sera jamais brisée.

— Alors vous vous servez de moi pour briser cette soi-disant malédiction et après ? Pourquoi l'avoir aidée à la lancer dans ce cas ?

Il s'agenouilla pour se retrouver à sa hauteur et passa à nouveau un bras entre les barreaux, mais, cette fois, pour caresser sa joue du revers de la main.

— Parce que c'était beaucoup plus facile que ça soit elle qui la lance, plutôt que moi. Si vous avez lu le livre, ce dont je ne doute pas, vous savez ce qu'elle a dû faire pour y parvenir.

— Le cœur de son père, se souvint Emma.

— Oui, elle a tué son propre père. Il fallait le cœur de la personne que nous aimions le plus, vous comprenez alors que je préférais que ça soit elle, et pas moi.

— Vous êtes un monstre.

Il ricana, plus fort encore.

— Pas du tout, dearie. Je suis le Ténébreux, nuance !

Et il se recula et disparut dans l'ombre de sa cellule. Emma resta abasourdie de longues minutes avant de pouvoir se relever, la cruelle réalité lui apparaissant plus nette que jamais.

Tout était vrai, depuis le début. Elle était la Sauveuse.

Mais, surtout, elle était en danger.

Les yeux rivés sur l'obscurité camouflant le prisonnier, elle se jura de tout faire pour protéger la ville et ses habitants.

Protéger sa famille.


À très vite ;)