Encore un petit chapitre.

...

« Chéri, arrête de t'agiter.»

Sa main arrêta le mouvement qu'il faisait sur son bras en écharpe « Comment tu peux le savoir ? »

« Je te connais. »

« On est au téléphone. Tu ne peux pas me voir par conséquent. »

Dee débraya une vitesse au volant de sa voiture et tourna au carrefour. « Tu as ce ton légèrement distrait. Ça veut dire que tu es stressé. Arrête d'être nerveux. Il n'y aucune raison. Ils vont t'adorer. »

« Je n'ai rien à t'offrir. »

Soupirant, Dee secoua la tête sachant très bien où allait cette conversation. « Chérie, on a déjà eu cette conversation. Je n'en ai que faire du luxe. J'ai ce dont j'ai toujours rêvé. Mes parents seront heureux de me savoir comblée. »

« On ne peut pas leur parler de mon métier. »

« Tu travailles dans la sécurité. »

« Et pour mon passé ? Que vont il en penser ? »

« Il vont admirer le fait, que tu as réussis tout seul en dépit de tout ce qui t'es arrivé. »

« Et la maison qu'est-ce qu'ils vont dire ? »

« Ils aimeront cette maison parce qu'on adore cette maison. »

« Mon bras? »

« Les accidents arrivent à tout le monde. » Elle gara la voiture et coupa le moteur. « Grisha, arrête de te dévaloriser. Il n'y a rien dont tu dois avoir honte. » Elle murmura ensuite quelque chose que Grisha ne put saisir.

« Tu as dit quoi? »

« Rien. »

Il n'allait pas la laisser s'en sortir si facilement. « Non quoi? »

Prenant un risque elle avoua « Il faut que tu commences à te voir avec l'image du mari idéal que je me fais de toi, d'accord ? Il te ressemble parfaitement mais il a de toute évidence un peu plus confiance en lui.»

Cette dernière révélation surpris l'agent au plus haut point. Mari idéal ? Elle pensait vraiment ce qu'elle venait de dire ?

« Oui, ou si tu préfères l'amour de ma vie, mari, père de mes enfants. De préférence les trois à la fois. »

Il pouvait l'entendre sourire. « Ok » il pouvait tout à fait vivre avec cette idée-là.

« Ok. »

Si la jeune femme pensait tout ce bien de lui, peut être était il temps qu'il commence lui aussi à en prendre conscience un peu plus. Dee avait apaisé ses craintes pour le moment. « Allez, va voir tes parents. Je vais descendre au restaurant et demander si Jess a besoin d'aide ou si elle veut de ma compagnie. »

« Quelle bonne idée. Rends toi utile pour une fois. » dit elle en relevant la tête. Elle donna les clés de sa voiture au voiturier et rentra dans un bâtiment. « On se voit dans la journée. Je serai à la maison pour le déjeuner. On dinera avec eux demain soir. »

« Oui. » Les mots qui sortirent après de sa bouche étaient devenus une habitude « Sois prudente. Je t'aime. »

« Je t'aime aussi. » elle raccrocha avec un sourire et salua le réceptionniste à l'accueil.

« Bonjour Franck. »

« Bonjour, Mademoiselle Barrow. Comment allez vous? »

« Je vais très bien Franck merci. » jouant avec ses lunettes de soleil quelques instants, elle plissa sa jupe avec l'autre main. « Ils ont fait bon voyage ? »

« Selon votre mère, tout s'est très bien passé. Elle avait l'air bien reposée. »

« Oui, bien, ma mère n'est pas le genre de personnes qui s'inquiète pour rien sauf peut-être pour moi. Comment était mon père ? »

« Monsieur Barrow avait l'air un peu stressé, mais ce matin ça allait mieux. Ils prennent leur petit déjeuner sur la terrasse. »

Deja hocha la tête, prenant la carte numérique qu'il lui tendait. « Toujours, dans la suite Stone Canyon, Franck ? »

« Comme toujours Mademoiselle Barrow. ». Elle lui prit la main avec un sourire chaleureux sur le visage. « Merci pour le service et votre amabilité impeccable comme toujours. Je vais aller les saluer. »

Alors qu'elle déambulait dans les couloirs familiers, elle secoua la tête face à tant d'extravagance et de luxe. Ses parents séjournaient toujours dans la même suite, dans le même hôtel depuis qu'ils venaient en ville. Elle était impatiente de voir ses parents, mais elle aurait vraiment préféré se trouver à la maison, dans leur jardin pour le petit déjeuner. Tout ce luxe, cette extravagance ce n'était plus elle dorénavant.

Ouvrant la porte avec la carte magnétique, elle se dirigea vers la terrasse où se trouvaient ses parents. Son père était comme à son habitude le nez dans le Times version anglaise. Un jour anglais, toujours anglais. Sa mère quant à elle prenait un bain de soleil.

Dee savoura quelques instants, la scène qui se trouvait devant les yeux et sourit largement, en secouant la tête. C'était toujours bon de les voir en personne.

« Bonjour. » s'annonça elle doucement en les approchant.

« Hija ! » s'écria sa mère en la voyant.

Mère et fille se lancèrent alors dans une conversation portant essentiellement sur la vie de la jeune femme et son apparence dans un espagnol bien trop rapide pour que son père puisse comprendre quelque chose. Après plus de trente cinq ans de vie commune avec sa femme, il ne maitrisait pas encore totalement cette langue. Encore moins avec le débit de parole de sa femme. Dee raconta à sa mère les nouvelles habituelles et se retourna vers son père.

« Bonjour papa. »

Alistair Barrow enveloppa sa fille dans une brève étreinte. « Bonjour ma chérie. »

La gardant près de lui, il inspecta sa fille quelques instants. « Tu es magnifique. Tout comme ta mère. »

Roulant des yeux elle hocha la tête. « Merci. »

Inspectant du regard la table du petit déjeuner, ses yeux tombèrent sur la théière. « Il reste du thé ? J'ai déjà pris mon petit déjeuner mais je prendrais bien une tasse de thé. »

« Bien sûr. »

Son père tira une chaise pour qu'elle puisse s'assoir. « Vous avez fait bon voyage ? Comment c'était Amsterdam ? »

Maria Barrow laisse son mari faire la conversation alors quelle servait une tasse de thé à sa fille. Les deux semaines qu'ils passaient chaque année à Los Angeles passaient toujours trop vite. Ils essayaient bien sûr de trouver le temps pour faire des appels vidéo, mais voir leur fille en chair et en os était toujours agréable.

Les yeux de la jeune femme rayonnaient de calme et de bonheur, ce qui était toujours un bon indicateur de l'état d'esprit de leur fille. Cela faisait des mois que la jeune femme avait la même attitude. Peut-être avait-elle trouvé quelqu'un qui la méritait.

Alistair finit par poser sa tasse. « Et toi alors ma chérie ? comment vas-tu ? Et le café ? Tu ne t'en lasse pas ? » demanda il en souriant légèrement sachant très bien que sa fille ne remettrait probablement pas les pieds à Londres pour y vivre de sitôt.

Deja traça le contour de sa tasse avec ses doigts et secoua la tête. « Et non je suis toujours aussi enthousiaste. Lindy est toujours là et notre affaire est florissante. » elle prit une autre gorgée de son thé « Comment va Nanna ? »

« Toujours en forme. Elle espère te voir rapidement. »

« C'es toujours le cas. Peut être qu'on pourra prendre dix jours de vacances pour aller la voir cet été, mais je ne peux rien promettre. »

La mention du pronom n'avait pas échappé à sa mère « On ? » demanda elle ?

Deja sentis le rouge lui monter au joues. « J'ai dit ça hum? »

C'était tellement devenu une habitude d'utiliser le « nous » ou le « on » pour parler d'elle et de Grisha qu'elle ne s'en rendait plus compte. Prenant une profonde respiration, elle posa la tasse sur la soucoupe. « J'ai rencontré quelqu'un et je n'en ai pas parlé parce que je voulais attendre de voir si c'était sérieux. »

« Et c'est le cas? »

Son visage eu du mal à contenir le sourire qui illumina son visage « Oui très sérieux. »

Alistair regarda sa fille d'un œil suspicieux « Sérieux comme des fiançailles prochaines ? »

« Sérieux comme emménager ensemble déjà. » répondit elle « Ce qui est assez convainquant quant au sérieux de la situation considérant le fait qu'on est ensemble depuis novembre. »

Maria hocha la tête en observant sa fille. Ses yeux étaient calmes, son sourire radieux, sa voix heureuse. Bien sûr qu'elle avait eu l'impression qu'il se passait quelque chose dans la vie de sa fille, mais elle savait également qu'elle attendrait que sa fille soit prête pour en parler. Et le bon moment était arrivé.

« Où l'as tu rencontré? »

« Au café. Il est venu, et a adoré le Borchtch que nous avions préparé, et du coup la conversation s'est engagée sur ce sujet. Il est revenue régulièrement après cette première rencontre, et les choses se sont accélérées depuis. » finit elle en rougissant légèrement. Puis elle se reprit et ajouta « Il faut que je vous dise quelque chose cependant. » dit elle en bougeant maladroitement sur sa chaise et en fixant du regard son père.

Alistair haussa un sourcil « Qu'est ce que c'est ? »

« Promet moi que tu auras l'esprit ouvert ? Il est vraiment nerveux à l'idée de vous rencontrer. Il est vraiment désireux de faire une bonne impression. On a sans cesse cette conversation sur le fait qu'il pense qu'il est pas digne de moi et … »

« C'est le cas? » coupa Alistair « Est il assez bien pour toi ? »

Sans hésiter un seul instant, elle répondit «Je n'aurais pas pu rêver mieux. »

Son père n'était pas convaincu aussi facilement que sa femme l'était. Il était peut être assez vieux jeu mais Alistair Barrow avait été élevé par une famille qui respectait les femmes et ce depuis des générations. Kevin Paulson ne faisait de toute évidence pas partie de cette catégorie. Depuis le jour où la jeune femme avait entamé la procédure de divorce, son père avait été très prudent sur les fréquentations de sa fille. Il ne voulait que son bonheur. Il voulait uniquement que sa fille unique soit heureuse, et s'assurer que cette personne n'allait pas la traiter comme son ex mari.

« Alors pourquoi veux tu que je garde l'esprit ouvert ? »

Son cœur rata un battement à la simple idée de savoir ce que Grisha avait dû endurer. « Son enfance n'a pas été idéale. Il s'est donné du mal pour surmonter les difficultés et il est devenu cet être humain merveilleux, beau et adorable. Mais ce genre de situation laisse des traces, et il n'est pas très sûre de lui, et j'ai peur qu'en votre présence il essaie de trop bien faire, ou qu'il réponde aux questions différemment de ce qu'il aurait pu dire parce qu'il veut faire une bonne impression. »

Maria pouvait comprendre. « Il a beaucoup souffert. »

« C'est le cas. A mon avis, encore plus que je pense. » Maria ne voulait en fin de compte s'assurer d'une seule chose « Mais avec toi ? Il ne fait pas semblant au moins ? » elle tendis la main pour attraper celle de sa fille « Je suis désolée querida, je veux juste être sûre, après ce qui s'est passé avec Kevin. »

« Non, il ne fait pas semblant. Il est lui-même. Ça n'est pas toujours évident, mais il n'est pas du tout comme ça. Ses amis pourraient le confirmer. De plus Marty l'un de ses amis a eu un peu la même enfance que lui.

Voyant que sa fille semblait sûre d'elle-même, la mère de famille se tourna vers son mari « Alistair ? Y a-il quelque chose que tu veux lui demander maintenant ? »

Alistair secoua la tête, il avait besoin d'un peu de temps pour répondre à la requête de son épouse, et la raison pour laquelle elle avait posé cette question.

« Je vais essayer de garder un esprit ouvert. Mais j'espère vraiment qu'il te traite comme une princesse. »

Deja sourit, radieuse. « Ho papa, tu n'as pas idée à quel point c'est le cas. »