Hello, je suis de retour ! Je tiens à vous remercier pour vos commentaires, à défaut d'avoir le temps de répondre à tous, je les ai tous lus, et ils m'ont vraiment fait plaisir ! Merci spécialement aux anonymes, à qui je ne peux pas répondre en privé malheureusement. Bonne lecture à vous mes petits loups !
Stiles n'a peut-être aucune expérience pour ce qui est d'être le centre d'attention à l'école, mais Jackson et Lydia, si. Ils l'attendent dans le parking, appuyés contre la Porsche argentée de Jackson. Si la voiture a été endommagée vendredi soir par l'excursion de Peter Hale dans les bois, les dégâts ont déjà été réparés. Ils sont tous les deux ridiculement attirants.
« Magne-toi, Stilinski. », dit Jackson quand Stiles se gare.
Bon sang, quel enfoiré. Sauf que Stiles a maintenant l'impression qu'il joue un rôle. Il est brillant dans ce rôle, Stiles peut le lui accorder. Il passe son sac sur son épaule et accélère pour les rattraper.
Ils ont tous les deux l'air de sortir d'un magazine alors que Stiles est presque certain d'avoir du beurre de cacahuète sur son T-shirt.
Mais le couple fait de la place pour lui comme s'il appartenait à leur groupe, et ils se dirigent vers l'école comme si des caméras étaient braquées sur eux.
Est-ce qu'on peut apprendre ça ? À être aussi beau et intimidant ? Des séances hebdomadaires dans un endroit secret, avec des mannequins et des gens beaux et indifférents comme profs ? Parce que ce n'est pas ce qui manque à Beacon Hills, et Stiles n'a jamais eu le mémo.
La foule se sépare pour Lydia et Jackson comme s'ils étaient des célébrités. C'est bizarre. Tout le monde les regarde et chuchote, ils se demandent probablement si le kidnapping de Stiles le rend soudainement assez cool pour être accepté dans la sphère sociale de Jackson et Lydia, mais personne n'ose les approcher. C'est comme si le couple projetait un champ de force que le commun des mortels ne peut pénétrer. Et Stiles le sait, il était du mauvais côté de ce champ de force jusqu'à vendredi dernier.
Ils escortent Stiles jusqu'à son casier, puis jusqu'à la porte de la salle d'étude.
« Tu manges avec nous aujourd'hui. », l'informe Jackson avec une expression hautaine.
Stiles ne se laisse pas avoir.
« Okay. Et, Jackson ? »
Celui-ci hausse un sourcil.
Lydia sort un miroir de poche de son sac et inspecte son rouge à lèvres parfaitement appliqué.
« Ce que vous avez fait l'autre nuit, tous les deux, c'était... » Il déglutit. « Mais tu as éloigné Stella d'elle, Jackson, et, je vous en dois une. Je vous dois tout. »
Jackson lui fait un sourire prétentieux. « Peu importe. »
Stiles lève les yeux au ciel.
L'autre baisse la voix. « Elle va bien ? »
Que le ciel empêche quiconque de l'entendre et réaliser qu'il a un cœur.
Lydia referme son petit miroir et le range dans son sac.
« Va te faire mettre. », répond Stiles chaudement. « Tu fais semblant d'être un con, mais je ne me fais plus avoir maintenant, enfoiré. » Il regarde Lydia. « Je me demandais ce que tu pouvais bien trouver chez lui mais je comprends, maintenant. Je comprends. »
« Es-tu en train de me dire qu'il te plaît ? »
Jackson renifle. « Je plais à tout le monde. »
Quel enfoiré.
Stiles l'adore.
OoOoOoOoOoOoO
En chimie, Harris est horrible avec Stiles, alors certaines choses ne changent pas.
En anglais, Allison a l'air en état de choc et, quand elle essaie de prendre un crayon dans son sac, elle le renverse partout sur le sol. Scott se précipite pour l'aider.
Stiles se demande si elle sait.
OoOoOoOoOoOoO
« Elle ne sait pas. », dit Lydia ce midi en plantant sa fourchette dans sa salade. « Je lui ai parlé, hier. Elle croit que sa tante est une terroriste. » Elle dépose de la salade entre ses dents et mâche un instant. « Scott devrait vraiment lui dire. »
Stiles rit faiblement. « Scott ? Pourquoi est-ce qu'il - »
« Joue pas les idiots, Stilinski. » Jackson lève les yeux au ciel. « Derek nous a tout dit quand on a enterré son oncle. »
C'est vrai. Le creusage de tombe. Ça rapproche les gens, tout ça. Rien de tel qu'un lien formé en creusant une tombe.
« Et puis, personne ne devient soudain aussi bon à la crosse. », marmonne Jackson comme s'il était encore personnellement offensé par cette affaire. « Pas quand il était aussi nul à la base. »
Ils sont seuls à la table des gens populaires. Scott n'arrête pas de lancer des regards inquiets depuis sa place avec Allison. Mais Stiles a besoin de parler de cette histoire avec Jackson et Lydia et, si Allison n'est pas au courant, ce n'est pas à eux de lui révéler. C'est à Scott. Et puis, sa folle de tante a essayé de les tuer, lui et sa famille, vendredi, et il est encore en train de digérer ça. Il n'a pas la capacité de gérer son choc évident à la révélation que les loups-garous existent en plus de ça.
« Bref, elle ne sait rien. », continue Lydia. « Et M. Argent dit que son père vient en ville pour l'enterrement de Kate, et il est aussi fou qu'elle ne l'était, ce qui est la raison pour laquelle les parents d'Allison ne veulent pas qu'elle sache quoi que ce soit des chasseurs, des loups-garous ou de tout ce qui pourrait réduire drastiquement son espérance de vie. »
Wow. Apparemment, pendant que Stiles lisait Batman et regardait la télé ce week-end, Lydia était en mission de reconnaissance chez les Argent. Ça explique pourquoi son père a reçu un coup de fil de Chris Argent la nuit dernière.
Lydia croise son regard et hausse les épaules. « Tu n'es pas le seul qui aime tout savoir. »
Jackson pique un des Tater Tots de Stiles. « Comment va Derek ? »
« Je ne sais pas. », répond Stiles. « Je veux dire, il vient de perdre le dernier membre de sa famille. Qu'est-ce que tu crois ? »
Jackson et Lydia échangent un regard.
« Quoi ? », demande Stiles. « Quoi ? »
« Rien. », dit Lydia. « Alors Derek reste chez toi pour l'instant ? »
« Oui. » Stiles a l'impression de manquer quelque chose.
« Bien. » Lydia frappe une fois dans ses mains. « On viendra le voir après l'école. »
« Attends, quoi ? » Une part du cerveau de Stiles s'attarde sur l'idée de Lydia Martin dans sa maison, et il secoue la tête. « Pourquoi ? »
« Parce que Gérard Argent, le grand-père d'Allison, va probablement vouloir s'en prendre à Derek quand il arrivera. », commence à expliquer Lydia comme s'il était idiot. « Et un alpha a besoin de bêtas pour être fort. Au moins deux, préférablement davantage. »
Stiles plisse les yeux. « Comment tu peux savoir tout ça en seulement deux jours ? »
Jackson renifle. « Tu n'es plus la personne la plus intelligente du groupe pour une fois, Stilinski. Tu sais comment on se sent, maintenant. »
Lydia offre à Jackson un sourire chaleureux avant de se retourner vers Stiles. « Je te l'ai dit, j'ai fait des recherches. »
« Et donc ? », demande Stiles. « Tu cours toujours après la morsure, Jackson ? »
Celui-ci prend une pomme et croque dedans. « Et alors ? »
« Même après l'autre nuit? Tu as vu ce que font les chasseurs. »
« Cette fois, je ne cours pas après. Mais je me porte volontaire. Un alpha a besoin d'une meute. »
Stiles réprime l'excès de jalousie qui veut dire à Jackson que les Stilinski font une très bonne meute, merci bien. Parce que ce n'est pas forcément vrai, n'est-ce pas ? Derek a les Stilinski, et ils peuvent être une famille pour lui – la nuit dernière, Derek a plié le linge et trié les chaussettes du shérif, on ne fait pas plus familial que ça – mais peut-être que Jackson a raison. Parce que Derek est un alpha maintenant. Peut-être qu'un alpha a besoin de plus qu'une famille. Stiles n'est pas un loup-garou. Il ne peut pas connaître la différence entre meute et famille, mais il ne peut pas assumer qu'il n'y en a aucune. Peut-être qu'un alpha a besoin d'une meute, et parfois, meute et famille veulent dire la même chose – il pense à l'histoire de Derek sur Peter et DisneyLand – mais c'est possible que ce ne soient pas des synonymes exacts.
Et peut-être que Jackson n'est pas égoïste. Peut-être qu'il ne regarde pas ce que la morsure peut lui donner, mais ce qu'elle peut donner à Derek, plutôt.
Stiles se souvient, en CE2, quand Jackson a fait une crise de nerfs à propos d'un de ces projets stupides sur les arbres généalogiques. C'est comme ça que tout le monde a découvert qu'il était adopté. Peut-être que, pour Jackson, la famille n'a jamais été ce qu'il a besoin d'être. Peut-être qu'il pense que la meute lui donnera quelque chose qui lui manque encore.
« Okay. », dit-il. « Il n'y a pas de mal à proposer, alors ? Si tu connais les risques. »
« C'est le cas. » Jackson croque à nouveau sa pomme.
Stiles lance un regard à Lydia. « Tu as parlé de bêtas, au pluriel ? Toi aussi, tu te portes volontaire ? »
Lydia souffle. « Seigneur, non. Crois-moi, ce n'est même pas une option. »
« Parce que Scott n'est pas fan de Derek. », continue Stiles. « Pas du tout. »
« On sait. » Jackson lève les yeux au ciel. « McCall est un enfoiré. »
Stiles se braque par habitude. « C'est celui qui le dit, qui l'est. »
Lydia lui donne un coup de coude avant qu'il ne puisse répondre. « On y travaille, Stiles. »
Ils y travaillent ? Comment ça ? Est-ce qu'elle a une liste alphabétique de potentiels bêtas ? Est-ce qu'ils doivent apporter un CV ? Il va y avoir des entretiens d'embauche ?
Il ouvre la bouche pour poser toutes ces questions quand il prend conscience de l'approche de quelqu'un dans sa vision périphérique. Il tourne la tête et voit Allison debout à côté de la table. Elle a les yeux rouges et ses poings ballants sont serrés.
« Stiles ? », demande-t-elle d'une voix fragile.
« Oh. Euh, salut, Allison. »
Il est conscient que le réfectoire entier s'est arrêté pour regarder leur conversation et il se demande s'ils s'attendent à un feu de joie.
Allison reprend son souffle. « Je voulais juste te dire que je suis vraiment désolée de ce qui vous est arrivé, à toi, Stella et ton père. Et je comprends si tu ne veux plus jamais me parler, mais - »
« Okay. » Stiles repousse sa chaise si vite qu'il en perd presque l'équilibre, et il se lève. « Non, Allison. Je veux dire, c'était ta tante, mais tu ne savais pas. Je vais pas t'en vouloir parce qu'elle était, euh, dégénérée. »
Allison hausse les sourcils.
Okay, ce n'était peut-être pas la meilleure formulation. Stiles essaie de se reprendre. « Et puis, si je devais te juger par rapport à ta famille... D'accord, elle a essayé de nous tuer mais ton père nous a aidés alors ça s'annule, non ? Vive les maths ! »
Lydia grogne et Jackson grimace, mais Allison se contente d'incliner la tête et de le regarder un moment.
« Oh mon Dieu. », reprend Stiles. « Je n'arrive pas à croire que j'ai dit ça. »
Allison cligne des yeux et des larmes commencent à monter mais, en même temps, sa bouche tressaille et un petit son étranglé s'échappe. Ça ressemble presque à un rire ? « Alors, tout va bien, entre toi et moi ? »
« Totalement. », promet Stiles.
Elle lui fait un sourire hésitant. « Merci, Stiles. »
Elle s'élance et l'enlace, avant de retourner s'asseoir vers Scott.
Pas de feux de joie aujourd'hui.
Stiles se rassoit et lance un regard accusateur à Jackson quand il voit qu'il lui manque plein de Tater Tots.
Jackson sourit. « Je fais le plein de glucides pour la crosse. C'est quoi, ton excuse ? »
« Mon excuse, c'est que j'ai payé pour les avoir ! »
Jackson hausse les épaules.
« Enfoiré. », marmonne Stiles.
Le sourire de Jackson s'agrandit.
Lydia lève les yeux au ciel mais elle pousse le reste de sa salade en direction de Stiles. Au moins, il ne mourra pas de faim.
