« Hermione ! Après toutes ces lettres échangées, c'est bon de te voir en vrai ! »
« Coucou Harry, moi aussi je suis heureuse de te revoir ! »
Harry, Ron, Hermione et Ginny s'étaient donné rendez-vous à Pré-au-Lard, devant les Trois Balais pour manger ensemble. Le soleil était haut dans le ciel et il faisait beau, la température était clémente. Les deux garçons avaient transplané ensemble et les deux filles avaient passé la matinée ensemble à se balader dans le village sorcier, faisant des courses, du lèche-vitrine et en profitant pour discuter de plein de choses.
« Le temps est passé si vite ! Tu as bonne mine. »
« Et moi, on ne me dit pas bonjour ? »
Harry rit puis alla embrasser sa petite amie. Son frère détourna le regard en grommelant d'une voix dégoûtée :
« Beurk, vous pourriez vous tenir quand même. »
« Mais laisse-les tranquilles enfin. Dis -moi, comment tu vas ? Et George ? Et la boutique ? »
« J'ai cru que tu allais juste me demander des nouvelles d'eux. » bougonna le rouquin. « Je vais bien. Et eux aussi, on avance dans l'invention de nouveaux modèles et le magasin ne désemplit pas. L'aide de Verity est bien précieuse. »
« Chouette, je suis contente pour toi. Et si ça tourne bien, c'est toujours un plus. »
« Quelles sont les nouvelles, Gin' ? »
« Pas mal de travail avec l'arrivée des ASPICs, mais ça va. En plus maintenant il faut beau donc c'est plus agréable, on étudie dehors, pas vrai, Hermione ? »
« Oui, il fait bon dehors. Regardez aujourd'hui, le ciel est tout dégagé. »
La préfète lança un regard noir à son amie puisque celle-ci savait très bien qu'elle passait son temps à étudier dans les cachots. Ce regard fut remarqué par Harry mais il laissa couler pour l'instant.
« Bon, on entre ? »
« Ronald, tu es notre éternel estomac sur pattes. »
« Bah quoi ? Vous parlez de choses peu intéressantes, et je sais que ça ne va pas durer parce que toi et Harry, vous avez vos têtes de « J'ai quelque chose à dire » alors je préfère avoir l'estomac bien rempli pour faire face à ces révélations. D'ailleurs, vous choisissez à chaque fois l'heure du repas pour faire ça ! »
Hermione et Harry se regardèrent, ébahis.
« Quelle tête ? »
« Je vous connais. » se moqua Ron.
« Mais laisse-les tranquilles alors. Et même s'ils ont quelque chose à dire, ils le diront quand ils auront envie. »
« Ne m'agresse pas, Ginny. Après tout, je n'ai pas dit que je n'avais pas d'annonce à faire. »
Sa sœur le regarda, incrédule et secoua la tête.
Les quatre amis finirent par rentrer dans la taverne et s'assirent puis prirent quelques minutes pour consulter le menu. Ils commandèrent un bon repas à madame Rosmerta ainsi qu'une choppe de Bièraubeurre chacun et puis commencèrent à discuter joyeusement.
Quelques dizaines de minutes plus tard, ils arrivèrent au dessert et Hermione mangea sa mousse au chocolat, Harry aussi, Ron avait opté pour une double portion de glace et Ginny pour des fruits. Ron lança la transition.
« Bon, qui commence ? »
« Après toi. »
« Pareil, puisque c'est toi qui lances, vas-y. »
« Bon ok. Alors voilà. Il y a quelques semaines j'ai été à Sainte-Mangouste pour voir la victime d'une de nos farces. J'ai tiré à pile ou face avec George et j'ai perdu, mais je voulais pas vraiment y aller. Du coup j'ai été en traînant des pieds. J'ai rendu visite à la madame, je lui ai présenté nos plus plates excuses et puis je lui ai offert un échantillon de la maison. J'ai dû l'écouter parler toute seule pendant une demi-heure ! Et à chaque fois que j'essayais de partir, elle trouvait une autre raison de me garder avec elle. J'ai failli l'étrangler. Finalement, j'ai pu quitter sa chambre. Je suis sorti énervé, donc je ne regardais pas devant moi et là, j'ai foncé dans quelqu'un. J'ai relevé la tête pour m'excuser, et je me suis retrouvée face à Lavande. Elle a beaucoup changé depuis la fin de la Guerre. Elle s'en est sortie de peu après la morsure de Greyback. Pour me faire pardonner de lui être rentré dedans, je lui ai offert un verre et on a discuté. Et de fil en aiguille… Ça devient sérieux entre nous. »
« Lavande ? Je n'aurais jamais imaginé. »
« Moi non plus mais vraiment, ce n'est plus la même. Elle a mûri et maintenant elle travaille en tant que volontaire à l'hôpital en même temps qu'elle fait des études de médicomagie. »
« Tu as l'air heureux. »
« Je le suis. »
« Tant mieux alors. »
« Vous voyez, ce n'était pas si difficile de se lancer. Au suivant ! » s'écria Ron avec un sourire.
Hermione l'observa quelques instants. Il avait en effet l'air plus épanoui, plus sûr de lui. Il prenait de l'assurance et ça lui donnait un petit air qui ne devait pas rendre les filles insensibles – pas que ça intéresse Hermione, elle était parfaitement heureuse pour l'instant.
« Bon en réalité, moi ce n'est pas exceptionnel. Et puis, Hermione est déjà au courant. »
« Comment ça se fait qu'elle soit au courant avant nous ? »
« Parce que je lui ai demandé des conseils. »
« Des conseils à propos de quoi ? »
« J'ai décidé de ne pas continuer la formation d'Auror l'année prochaine. J'ai passé trop de temps à combattre Voldemort, je veux profiter de ma famille et de mes amis et pas passer mon temps à chasser des Lords Noirs et des assassins. En plus, j'ai décidé de reprendre les affaires familiales et de prendre ma place de Lord dans tous les sens du terme. »
Harry semblait un peu anxieux de la réponse de ses amis mais en même temps il avait la tête haute et semblait plutôt sûr de lui.
Ron semblait un peu hébété.
« Ça veut dire quoi, prendre ta place de Lord ? Tu vas devenir comme les Malefoy ? »
« Non, ce n'est pas mon but. Mais je peux utiliser ma notoriété pour faire du bien à la communauté magique. Tous les Lords ne sont pas des mangemorts – regarde la famille de Neville par exemple. C'est un rôle très important dans la société magique, et j'ai envie de m'impliquer pour que le monde devienne meilleur. »
« Eh bien, vieux, ça c'est un objectif de vie. Moi faire tourner une boutique de farces et attrapes ça me suffit amplement. »
« Je n'en attendais pas moins de toi. »
« C'est très courageux ce que tu fais, Harry. » fit remarquer Ginny. « Tu ne connais presque rien au fonctionnement de notre société et maintenant tu veux prendre une place importante. »
« C'est pour ça que j'ai demandé de l'aide à Hermione. Elle m'a offert deux livres très intéressants pour Noël, et j'ai eu une conversation très enrichissante avec Kingsley. »
« Il n'est pas fâché ? »
« Non. Sa famille est aussi membre de l'aristocratie magique donc il comprend bien. Et il est un peu déçu de me perdre comme chef des Aurors mais il était d'accord avec moi sur le fait que je serai plus utile à la société en tant que Lord. Et puis, je ne veux pas laisser les affaires de la famille péricliter alors que la Guerre et donc le plus difficile est derrière nous. Il me manque encore pas mal d'informations mais dans le Manoir familial il y a une énorme bibliothèque dans laquelle je n'ai pas encore pu étudier. Je suis certain qu'elle sera très enrichissante et qu'il y aura des livres voire des portraits pour m'aider. »
« Tu as été visiter le Manoir Potter ? Je pensais que c'étaient les Gobelins qui en avaient la responsabilité. » s'intéressa Ron.
« J'ai rempli toutes les démarches administratives depuis quelques mois et donc j'ai pu aller le visiter début mars. Il est énorme ! Et splendide. Mais franchement, il est beaucoup trop grand pour moi ! »
« Ne t'inquiète pas Harry, tu t'habitueras au luxe. »
« J'imagine que oui… »
Il y eut un moment de silence où chacun se remémora qu'Harry avait dit dormir dans un placard jusqu'à ses onze ans. Nul ne doutait qu'il serait bien mieux au Manoir familial.
Hermione, tout en laissant son esprit vagabonder, ne put cependant manquer le moment où Ginny passa de la phase « Je me tortille dans tous les sens » à celle où « Je prends une grande inspiration et je dis ce que j'ai envie de dire depuis trois heures. » La préfète ne fut donc pas tellement surprise quand elle entendit son amie dire :
« Et Harry, j'avais raison ! »
« A propos de quoi ? » questionna Ron en même temps qu'Harry parlait.
« Vraiment ? » demanda Harry à sa petite amie en fixant Hermione du regard.
« J'ai encore raté quelque chose moi. » se dit le rouquin pour lui-même. « Pourquoi je suis toujours le dernier au courant de tout ? »
« Parce que tu es aveugle. » rétorqua sa sœur.
« Mais enfin, arrête ! » s'exclama Hermione, d'un coup gênée.
« Je n'ai rien dit. » se dédouana la jeune femme avec un grand sourire.
Harry sourit lui aussi.
« Alors, tu as quelque chose à nous raconter Hermione ? »
« Non. » grommela la concernée.
« Vraiment ? » insista Harry. « Gin'… »
« Je te jure que c'est vrai. »
« Oh Merlin, Hermione ! »
« Quoiii ? » soupira-t-elle.
« Comment va Snape ? »
« Mais pourquoi vous parlez de Snape tout d'un coup ? » demanda Ron qui essayait de savoir de quoi on parlait. « Il n'a rien à voir avec Hermione, c'est… »
La préfète se prit la tête entre les mains.
« Merci pour le coup de main, Gin'. Je t'avais dit que j'allais le dire ! Pas besoin de mettre les pieds dans le plat comme ça. Tu m'avais promis que tu ne dirais rien. »
« Oups. »
« Harry, depuis combien de temps tu es au courant ? »
« Si tu veux savoir, Ginny ne m'a rien dit, mais j'ai commencé à réfléchir vers la mi-décembre. »
« Mais enfin, il ne se passait rien ! »
« Oui, mais il agissait bizarrement avec toi. Je crois que vous n'en aviez même pas conscience. »
« Tu racontes n'importe quoi ! »
« Bah non, la preuve. »
« Mais de quoi vous parlez par Merlin ? » s'écria Ron énervé. « Je ne comprends rien du tout à ce qu'il se passe et j'aimerais bien qu'on me mette au courant.
Hermione se tourna vers Ginny.
« A toi l'honneur » se moqua celle-ci.
« Bien. »
Elle souffla.
« Ron, je… Comment dire. JesorsavecSnape… »
« Que-que-quoi ? »
À cet instant, Hermione entendit distinctement dans sa tête :
« Mais quel courage de Gryffondor. »
« Oh toi, tais-toi. » s'énerva-t-elle. « Je veux bien te voir le jour où McGonagall sera au courant. »
« Oh Merlin. »
« C'est bien ce qu'il me semblait. Fiche-moi la paix et retourne ricaner tout seul au-dessus de tes chaudrons crasseux. »
« Hé, ce n'est pas très gentil, Hermione. »
« Je n'ai jamais dit que j'étais gentille. »
« Mais tu es une Gryffondor. »
« Primo, tous les Gryffondor ne sont pas gentils. Secondio, je suis liée à un Serpentard. » souffla la jeune femme agacée.
« Pas faux. » admit Severus. « Je ne voulais pas te mettre en colère. »
« Je ne suis pas en colère. »
« D'accord, n'empêche, je pense que tu pourrais te reconcentrer sur tes amis, je sens ta frustration. »
« C'est vrai ? »
« C'est confus, tu es un peu loin, mais oui. »
« Incroyable. »
« Si tu veux, on fera des expériences plus tard, mais là maintenant, si j'imagine bien ta tête, tu vas devoir expliquer des choses en plus à tes amis. »
« Et merde. »
« Langage Hermione ! » se moqua Severus. « A tout à l'heure. »
« C'est ça, oui. »
Severus coupa la connexion. Il savait qu'Hermione devait voir ses amis aujourd'hui et qu'elle avait prévu de leur annoncer, alors il n'avait pas pu résister à la tentation de se glisser dans sa tête. Au début, il n'avait pas été vraiment pour qu'elle leur dise mais il s'était rendu compte que de toute façon ses amis finiraient bien par le savoir – si ce n'était pas déjà le cas, et qu'en plus elle avait besoin d'eux. Et c'était assez incroyable de constater à quel point le lien se formait facilement après seulement deux semaines d'exercices.
Et hop, la confrontation avec ses amis ! Ginny n'a pas su résister à la tentation de mettre les pieds dans le plat ;) J'espère que ce chapitre vous a plu, et que mon histoire aussi, j'avoue que même si tout est écrit je nage un peu dans l'inconnu vu que je n'ai que 3 personnes qui me disent ce qu'elles en pensent. Enfin, à demain soir pour la suite ! Il ne reste que quelques jours de publication (OMG)...
