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BON ANNIVERSAIRE
Le soir du douze septembre, Edward dormit difficilement. Il se souvint de la sensation qui rampait juste sous sa peau. C'était une anxiété vertigineuse qui le rendait nerveux, nerveux mais excité. Et stupide. Il ne s'était pas senti aussi stupide depuis un certain temps peut-être depuis qu'il avait été un écolier faisant de grands yeux énamourés à une écolière. Là encore sa femme n'était pas beaucoup plus âgée que ces écolières alors il supposait que c'était approprié.
C'était encore un bon moment avant l'aube quand Edward ne put plus supporter. Il resserra ses bras autour de Bella et fit passer ses cheveux en arrière pour déposer des baisers contre son cou. Il chuchota son nom essayant de la réveiller et laissa ses mains dériver le long de son corps avec des coups innocents.
Elle soupira. "Hmmm ?" demanda-t-elle pas encore réveillée.
"Bella. Réveille-toi, amour. Pas beaucoup. Juste assez."
Elle grogna et se blottit contre lui, ses respirations calmes revenant tout de suite.
Edward rigola, à la fois aux adorables bruits qu'elle faisait dans son sommeil et aussi de lui-même. C'était idiot. Aucun d'eux n'avait pu suffisamment se reposer ces derniers jours. Il devrait la laisser dormir parce qu'aujourd'hui serait quoi qu'il en soit à nouveau une longue et pénible journée.
Pourtant il avait prévu ça depuis trois semaines. Il avait hâte de se lever et de s'éloigner du camp avant que quelqu'un d'autre ne se réveille.
Il s'assit, repérant les bottes de Bella et les passa à ses pieds bien qu'elle dorme encore. Elle fit des bruits mécontents et sa jambe se contracta comme si elle avait l'intention de l'enlever mais il mit tout de même l'autre. Elle se réveilla quand il la souleva dans ses bras. Son souffle sortit comme un halètement surpris et elle s'accrocha à lui, de toute évidence déséquilibrée.
"Chut." Il déposa un rapide baiser sur le côté de sa tête. "Je te tiens. Pas besoin de te réveiller complètement. Tu pourras dormir en selle."
"Selle ?" Le mot sortit brouillé par le sommeil. Elle cligna des yeux, les paupières lourdes et les yeux flous.
Ils atteignirent Norma. Bella était surprise alors qu'il la montait en selle mais elle l'attrapa et balança sa jambe de l'autre côté du cheval pour se stabiliser. Elle regarda de lui vers le camp et à sa famille encore encore endormie. "Où allons-nous ? Que faisons-nous ?"
"Ne t'inquiète pas." Edward se leva sur la selle devant elle. "Mets tes bras autour de moi et appuie-toi contre moi. Dors. Je vais m'occuper de toi."
C'était suffisant pour Bella. Elle passa ses bras autour de sa taille et posa sa tête contre son dos, se rendormant en quelques minutes. Edward se demanda si la confiance absolue que cette femme lui accordait ne cesserait jamais de l'étonner. Alors qu'ils progressaient, Edward découvrit qu'il ne pouvait pas arrêter de sourire.
L'heure suivante fut parmi les plus paisibles et les plus heureuses qu'Edward ait vécu depuis au moins dix ans. L'air du matin était revigorant et frais. Ils étaient loin de la piste et de l'odeur des humains et des animaux partageant le même espace La terre était paisible, les oiseaux gazouillaient et les insectes bourdonnaient. Bella était un poids chaud contre son dos.
Ils étaient presque arrivés à destination quand Bella se réveilla complètement. Elle inspira brusquement et leva la tête de son dos. "Où sommes-nous ? Que s'est-il passé?"
"Ne t'inquiète pas. Il ne s'est rien passé. Nous venons tout juste d'éviter la corvée de trouver de la nourriture c'est tout."
La situation concernant la nourriture devenait problématique. Il n'était qu'à quelques semaines de leur destination à ce moment-là mais leurs réserves étaient aux mieux rares. Pour compléter leurs maigres portions de riz et de biscuits, chaque jour l'un des membres de l'équipe de James prenait le cheval et passait la moitié de la journée à chasser ou à pêcher. Avec le cheval ils pouvaient regagner la piste sans être laissés en arrière.
Bien sûr Edward n'avait jamais participé. James disait que c'était parce que sa femme était insupportable et risquait de leur causer plus de problèmes. Edward supposa que ce n'était pas faux mais il avait dû travailler très dur pour ne pas mettre son poing dans les dents de son patron à cause de ce que ça lui faisait ressentir.
"Nous avons échappé à la corvée ?" demanda Bella et la pointe d'amusement dans son ton lui dit qu'elle avait compris qu'il était en train de préparer quelque chose.
"Bien sûr. Si je me souviens bien tu es douée pour la pêche."
"Alors James est d'accord avec ça ?"
Les lèvres d'Edward se contractèrent. "Eh bien non. Il a dit qu'il me laisserait faire ça quand il serait mort mais je suis passé par-dessus ça et j'ai obtenu l'autorisation de Carlisle de prendre Norma."
Elle bâilla posant sa tête sur son épaule. "C'est pourquoi je suppose que nous avons dû partir avant l'aube."
"Eh bien, en partie."
"Et l'autre ?"
Il ralentit le cheval pour descendre et la conduisit vers les rochers, essayant de se rappeler le chemin qu'il avait pris l'année précédente pour trouver l'endroit qu'il cherchait. "Tu vas devoir attendre et voir," dit-il à sa femme.
Pour une fois elle ne discuta pas. Elle regarda autour d'eux alors qu'il avançait le cheval, essayant probablement de faire en sorte que ses yeux s'adaptent à la lumière d'avant l'aube.
Ils errèrent encore quelques minutes avant qu'Edward ne trouve l'espace ouvert qu'il cherchait. Ils avaient franchi une colline et étaient soudainement en vue de Clear Lake. L'herbe autour d'eux était haute et humide de rosée. Edward aida Bella à descendre du cheval et étendre la couverture qu'il avait apportée.
"Assieds-toi avec moi une minute. Nous avons encore du temps avant de nous occuper de nos affaires." Il s'installa contre l'arbre, lui ouvrant les bras et elle vint facilement. Ils se reposèrent, son dos contre son torse, tous deux satisfaits du silence pour le moment.
En quelques minutes, Bella eut le souffle coupé. Le soleil avait finalement passé l'horizon et la vue de l'aube se levant sur les eaux du lac était magnifique. "C'est beau."
"Et pourtant ça fait pâle figure par rapport à toi." Il l'embrassa sur la joue. "Il y a tellement de beauté dans ce pays que nous traversons mais nous n'avons eu que rarement l'occasion d'en profiter. Je sais que ce n'est pas grand-chose mais je voulais que tu l'aies ce matin."
Alors qu'il prononçait les mots, son plan sembla soudainement un cadeau d'anniversaire très stupide et inapproprié. "Je me rattraperai, je le jure. L'année prochaine pour ton vingtième anniversaire ou peut-être même à Noël. Je me rattraperai."
"Silence." Elle enlaça leurs doigts et tourna la tête pour embrasser le dessous de son menton. "S'il y a une chose dont je suis certaine, je suis sûre que je peux espérer de nombreuses années de cadeaux ridicules de ta part. Je te le dis ici et maintenant, bien que je sois certaine que tu n'entendes pas, ceci me suffit. Être ici avec toi est suffisant."
Il soupira et frotta la peau derrière son oreille avec le bout de son nez. "Ce n'est pas le cas. Tu mérites tellement plus mais je suis heureux que tu sois heureuse ici avec moi."
Pendant un moment, ils oublièrent le lever du soleil, perdus l'un dans l'autre. La façon dont elle frottait sa main de son genou jusqu'à sa cuisse, le mouvement distrait alors qu'il s'embrassaient envoya des frissons le long de sa colonne vertébrale. Ses mains erraient aussi, caressant son corps au hasard.
Bientôt, cependant , il dut arrêter. Déjà ses pensées étaient floues, tourbillonnant dans la luxure. Il ne voulait rien de plus que la sentir à nouveau sous lui. Mais quand il essaya de s'écarter, elle attrapa le côté de sa joue, gardant ses lèvres contre les siennes. Elle souffla son nom dans sa bouche et il était vaincu.
Après tout ils ne seraient sur la piste que quelques semaines. C'était sûrement de la survie. A moins qu'il ne lui ai fait un enfant quelques semaines auparavant et qu'il ne le sache pas. De toute façon il ne pouvait plus rien y faire maintenant. Il ne pouvait pas empirer les choses en couchant avec elle maintenant.
Il n'avait jamais l'impression de penser rationnellement quand il embrassait sa belle femme donc cela n'aurait pas dû le surprendre de se retrouver à l'horizontale sur la couverture dans l'herbe douce. Il déplaça ses lèvres sur sa joue et sa gorge. "Est-ce que ça va ?" demanda-t il parce qu'une partie de lui pensait qu'il devait être odieux de la prendre comme ça en plein air.
"Oui," murmura-t-elle en haletant, ses mains caressant son dos.
"Espiègle," la taquina-t-il en embrassant le bout de son nez. Il l'aimait d'autant plus pour ça. Elle n'était pas une fille délicate et raffinée, c'était sûr.
Mais précieuse, pensa-t-il en passant sa main sur son côté.
Ce qu'il voulait c'était passer des heures à embrasser, lécher et mordiller chaque centimètre de son corps. Ces longues semaines il avait rejoué le souvenir d'être avec elle, les sons de son plaisir, encore et encore. Dans l'état actuel des choses, il doutait de pouvoir l'amener à la libération comme il l'avait fait ce jour-là. L'air était trop frais et la dernière chose dont ils avaient besoin était qu'elle tombe malade. Il remonta sa jupe, murmurant des promesses à quel point il le ferait bientôt pour ès bientôt.
Ils étaient presque chez eux.
Ses doigts se glissèrent dans ses cheveux et elle tira, amenant sa bouche à la sienne.
Il l'aimait plus qu'il ne pouvait supporter. Son corps ne se sentait pas capable de le gérer. Il n'avait pas de mots pour l'exprimer. Au lieu de cela il essaya de le montrer dans la façon dont il se déplaçait en elle, avec elle. Il l'embrassa lentement, bougeant sa langue au rythme de la poussée de ses hanches. Leurs gémissements et leurs soupirs constituaient leur propre langage et d'une certaine manière, tout était là.
Quelques minutes plus tard, il resta allongé, la tête appuyée sur son sein tandis que ses doigts parcouraient l'enchevêtrement de ses cheveux. La brise mordit ses fesses et il frissonna. Elle lui frotta les bras pour le réchauffer et il rit, levant la tête pour picorer son visage de baisers.
"Tu vas bien ?" demanda-t-il, frottant sa joue tendrement.
Elle fit un signe de tête, pressant son pouce sur son menton, grattant sa barbe broussailleuse. Ses joues rougirent et son regard devint timide. "C'était une belle surprise. Je ne m'attendais pas à... ça."
Il roula des yeux. "Comme d'habitude, ma sorcière dévergondée, ce n'était pas mon intention. Notre mariage peut ne pas marcher. Il est dangereux d'être seul avec toi."
Ses joues s'enflammèrent mais elle avait l'air contente. "Pourquoi cela ferait-il échouer notre mariage ?"
Il enfonça son nez dans le cou, la grattant avec sa barbe jusqu'à ce qu'elle glousse et serre ses cheveux. "Comment vais-je subvenir à tes besoins si je ne peux pas quitter ton lit ?" se mit-il à gronder près de l'oreille.
Elle haleta et se tortilla sous lui et Edward avala un gémissement. Oui, sa Bella était de loin trop irrésistible et s'il ne les démêlait pas maintenant, il passerait toute la journée à lui faire l'amour. Il se mit à genoux et la tira avec lui. "Allez. On a du travail !"
Quelques minutes plus tard, un peu froissés mais par ailleurs décents, ils étaient descendus au bord de l'eau. Ils avaient chacun une perche et trouvèrent assez facilement des vers et des insectes. Ils s'assirent côte à côte, leurs épaules se touchant, discutant.
"Emmett et Rosalie parlent d'aller à Oregon City l'année prochaine," dit Bella, en reposant la tête sur son épaule.
Edward grogna. "Il y a encore du temps pour que quelque chose se passe. Il était intrigué par toutes les discussions sur l'or qu'ils ont trouvé en Californie aussi".
"C'est encore pire."
Il la regarda, surpris de voir ses sourcils levés de consternation. Il frôla sa joue avec le bout de ses doigts. "Je suis désolé. Je ne voulais pas être désinvolte."
Elle resta silencieuse pendant un moment, regardant l'eau. "On ne les reverra plus jamais."
"Je ne dirais pas ça."
Ils furent interrompus par un coup sur sa ligne. Elle ramena un poisson-chat assez gros pour avoir besoin de son aide pour le remonter.
Edward laissa échapper un cri quand la chose se mit à tournoyer sur la plage. Il attrapa Bella par la taille, en la faisant tourner. "Ma chérie, tu es brillante. Ce poisson, là, doit faire environ dix sept kilos." Il siffla. "Ton père serait fier."
Elle sourit, satisfaite d'elle-même mais cela ne dura pas longtemps et vite elle fronça les sourcils à nouveau. "Comment penses-tu que nous reverrons Emmett, Rosalie et le bébé ? Sans un autre voyage comme ça ?" Elle fit un geste autour d'eux et frissonna. "Je te l'ai dit, je ne veux plus jamais voyager à nouveau. Comment pourraient-ils vouloir repartir ? Et si tôt ?"
Il se pencha et lui prit la main. "C'est ce qu'ils pensent être le mieux pour leur famille."
"Leur famille est ici."
Edward posa sa ligne pour pouvoir passer son bras autour d'elle. Son épaule était tendue mais elle se détendit assez rapidement. "Je suis désolé. Je suis puéril, je sais. C'est juste que..."
Comme elle ne répondait pas, il lui frotta l'épaule et lui embrassa la joue. "C'est juste quoi ?"
Elle le regarda. "Nous sommes si proches maintenant. Encore quelques semaines, et nous serons tous à la maison en sécurité. Tous ensemble. J'ai peur de tout ce qui pourrait encore aller mal."
Il voulait tout lui donner. Il lui aurait donné n'importe quoi. Mais c'était une chose qu'il ne pouvait pas lui promettre. Après tout ce qu'il s'était déjà passé, elle ne le croirait pas s'il promettait que rien n'arriverait.
Bella expira en colère. "De plus, Carlisle n'est plus vraiment jeune. Comment va-t-il travailler la terre ? Il est médecin. C'est tout ce qu'il a toujours été."
"Il est probable que Vera restera chez Carlisle et Esmée, à moins qu'elle ne trouve un mari pour s'occuper d'elle. Quoi qu'il en soit, il ne faudra pas longtemps avant que Peter et Henry deviennent de jeunes gens plus que capables d'aider Carlisle à travailler sa terre. Et je doute sincèrement que Jasper et Alice s'installent très loin." Il inclina sa tête. "Et Carlisle a plus d'argent que je n'en ai jamais eu. Il est probable qu'il engagera des mains pour l'aider."
Elle le regarda d'un air ébahi. "Je veux être en colère. Tu permets ?"
Edward sourit. "C'est ton anniversaire. On peut faire ce que tu veux."
Une demi-heure plus tard, Edward avait attrapé deux poissons bien plus petits. Il fit un feu pour un petit-déjeuner tardif ou un déjeuner précoce.
"Edward ?" dit Bella entre deux bouchées.
"Hmm ?"
"C'est quoi l'expédition Donner* ?"
Edward s'étouffa avec son poisson. "Où diable as-tu entendu cela..." Il secoua la tête. "Peu importe. Bien sûr que les gens sont nerveux à propos de ça."
"J'ai entendu James dire à Victor que si on avait d'autres problèmes, on finirait comme eux."
"On ne le fera pas. C'est complètement ridicule. Nous sommes trop proches de là où nous allons pour finir comme eux."
"Comment ont-ils fini ?"
Edward passa la main sur ses yeux. " Tu n'as pas besoin de savoir ça."
"Dis-le-moi quand même."
"Si têtue..." Il soupira. "C'est arrivé l'année dernière. Ils ont pris une nouvelle route et tout est allé de travers. Il y a eu des chutes de neige précoces et ils se sont retrouvés bloqués dans les montagnes. Il y avait quatre-vingt-sept membres dans leur convoi. Quarante-huit ont survécu."
Bella se tut, digérant cela. "James a dit qu'il voulait peut-être..." Elle le regarda furtivement.
"Il voulait un morceau. De moi ou d'Alice. Mais ce n'était pas la bonne façon de l'obtenir."
La fureur brûlait dans les veines d'Edward. "Filsdepute. Je vais le tuer."
"S'il te plaît, ne le fais pas, mais qu'est-ce qu'il voulait dire par là ?"
Edward étudia le dernier morceau de poisson carbonisé sur son bâton et l'appuya contre un rocher. "Ils ont manqué de nourriture en plein hiver," dit-il lentement en la regardant. "Et certains membres du convoi étaient déjà morts..."
Il vit le moment de prise de conscience s'installer. Elle a fait tomber le poisson. "Oh."
Il était sur le point de la prendre dans ses bras quand il perçut un mouvement du coin de l'oeil.
Il se leva d'un bond, l'entrainant avec lui et la mettant derrière lui.
Ils avaient été seuls toute la matinée mais soudain il y avait trop de monde dans la clairière. Trois hommes très grands, à l'allure très intimidante. Des Indiens. Ils les regardaient fixement. Edward entendit Bella haleter et la sentit serrer sa chemise dans ses poings.
"Bella." Il garda les yeux sur eux et son ton calme. "Reste derrière moi. On va s'en sortir, d'accord ? Reste calme." Il déglutit fort. "Et s'il arrive quelque chose, cours vers le cheval. File d'ici. Tu comprends ?"
Il sentit son emprise se resserrer et il savait sans aucun doute qu'elle n'irait nulle part si quelque chose lui arrivait. Il savait également les relations entre les colons et la population autochtone dans cette zone étaient pour le moins tendues. Tendues à la limite de la violence, surtout s'il s'agissait des Modoc. Son estomac se tordit.
Les hommes n'avaient toujours pas bougé, bien que l'un d'entre eux ait maintenant un sourire. Ses yeux n'étaient pas sur Edward mais sur Bella. Edward parvenait à peine à maîtriser sa rage. Il prit une profonde respiration et se mit volontairement sur le côté, tout en gardant Bella derrière lui, pour attirer l'attention de l'homme.
Il leva les mains dans un geste pacifique. "Je ne suis pas ici pour vous causer des ennuis. Regardez. Tout ce que j'ai sur moi est un bâton. Mon arme est près du cheval."
Ils ne comprenaient pas, c'était évident à la vue de leur visage impassible. Celui qui souriait fit un pas en avant et Edward dut se démener pour tenir bon. Il dit quelque chose et Edward secoua sa tête. "Tu sais que je ne comprends pas."
Le sourire de l'homme souriant s'élargit. Il fit un geste à Bella et dit autre chose.
Edward rétrécit les yeux et se redressa, élevant ses épaules, prêt à se battre.
Les deux autres rirent. L'homme souriant fit un nouveau geste à Bella puis à Edward. Il lia ses doigts et sourcilla.
Edward y réfléchit mais il ne voyait pas en quoi cela pouvait faire mal. Il tendit la main derrière lui pour prendre celle de Bella et la tirée de derrière lui. Elle s'accrocha à lui mais lorsqu'il jeta un coup d'œil sur le côté, il pouvait voir que son regard était fixe, dur.
L'homme souriant la regardait à nouveau, comme s'il était amusé. Il tendit les mains dans un geste comme l'avait fait Edward. Puis,lentement il fouilla dans un sac qu'il tenait. Il sortit ce qui ressemblait à un collier et le tendit à Edward. Edward cligna des yeux, confus.
Les autres hommes se regardèrent, en disant quelques mots. Le petit sourire s'était transformé en un vrai sourire. L'homme fit un geste avec le collier et désigna Bella. Il fit un geste sur son ventre, faisant un arc comme si son ventre était gonflé. Il désigna de nouveau Bella et secoua le collier.
"Edward ?" dit Bella doucement. Elle lui serrait la main assez fort pour que ça fasse mal mais il était sûr qu'elle pourrait dire la même chose.
"Je... je pense qu'il essaie de faire du commerce avec moi." Il éclata d'un rire incrédule. "Et si je n'ai pas tort, c'est un charme de fertilité."
Il y a eu quelques secondes de silence. Puis Bella gloussa. Elle appuya son front sur son bras.
Edward se détendit et leva les yeux vers les trois hommes.
"D'accord. Je ne pense pas que nous ayons besoin de... ça." Il éclaircit sa gorge, relâchant sa prise sur la main de Bella et faisant un pas prudent sur le côté. "Vous avez autre chose ?"
…
*L'expédition Donner (Donner Party en anglais) est le nom donné à un groupe de 87 pionniers américains en route pour la Californie, pendant la « Fièvre de l'Ouest » des années 1840.
Bloqués par la neige dans la Sierra Nevada au cours de l'hiver 1846-1847, 36 membres ont péri de famine et de maladie. Certains des survivants ont recouru au cannibalisme. En tout, seuls 47 membres des familles terminèrent leur traversée de l'Ouest (source Wikipedia )
