Chapitre 22.


La Gazette de Poudlard
Le journal par les élèves, pour les élèves !

Numéro 178 — Mai 1997


QUE SONT DEVENUS LES SCROUTTS ?

Chères lectrices, chers lecteurs,

Le mois dernier, nous avions ouvert au public la Volière propre à la Gazette de Poudlard dans l'objectif de donner enfin la parole aux lecteurs afin de répondre non seulement à leurs effusions d'admiration mais aussi à l'une de leur question, triée sur le volet. L'une de vos lettres a finalement particulièrement retenu mon attention :

« Cher Thomas,

Je me permets de te contacter car quelque chose me préoccupe tout particulièrement depuis quelques temps (…) Tu es divinement sexy (…) Depuis la fin du Tournoi des Quatre Sorciers il y a deux ans, il n'y a apparemment plus de traces des Scroutts à pétard qui nous avaient été présentés en cours de Soins aux Créatures magiques et que nous voyions parfois déambuler dans le parc ou dans les enclos du Professeur Rubeus Hagrid. Que penser de cette disparition ?

Curieuse et inquiète,
Orla Quirke

»

Avant toute chose, je ne suis plus cœur à prendre. Ensuite, si vous croyez que j'ai sélectionné ce courrier pour les mots doux glissés au son sein, vous n'avez peut-être pas tout à fait tort. Plus sérieusement, la rédaction s'est elle aussi inquiétée quant au destin qu'avaient pu connaître ces pauvres créatures. Pour rappel, les hybridations sont en principe interdites par le Département de contrôle et de régulation des créatures magiques. Leur départ n'est donc pas si surprenant que cela, mais le flou qui demeure quant au sort qui leur a été réservé soulève bien des questions. Migration ? Déplacement forcé ? Extinction ? Certaines rumeurs suggèrent même qu'il resterait quelques spécimens désormais à l'état sauvage dans la Forêt interdite. Nous sommes allés investiguer sur le terrain.

Une « croissance incontrôlable » et des « comportements autodestructeurs »

Mr Rubeus Hagrid, professeur de Soins aux Créatures magiques et garde-chasse de Poudlard, nous a reçu autour d'un thé dans sa cabane. Évitant soigneusement de piocher dans les biscuits durs comme les murs des cachots, je n'y suis pas allé par quatre chemins de Traverse : « Que sont devenus les Scroutts à pétard ? ». Celui-ci m'explique alors ce qu'il s'est passé depuis deux ans, et mes yeux deviennent ronds comme des Bavboules.

Si vous êtes au moins en troisième année, vous n'êtes pas sans savoir que ces « petites bêtes » avaient rapidement triplé de volume seulement quelques mois après leur naissance. « Ça a commencé avec Filius et Minerva qui se rentraient sans arrêt dans le licheur », se rappelle-t-il. Le professeur Flitwick et le professeur McGonagall ? Ça par exemple ! Je n'aurais jamais cru que les deux directeurs de maisons rivales se laisseraient aller à de telles chamailleries. Hagrid me détrompe, et m'explique bien qu'il parle de ses Scroutts. « Leur donner un nom c'est les reconnaître pour ce qu'ils sont (…) des individus à part entière, vous comprenez ? ». Et pourquoi pas un Norvégien à crête appelé Norbert tant que vous y êtes ? En grandissant et en atteignant « plus d'un mètre, pour un spécimen comme Quirinus », les Scroutts n'ont pas tardé à se marcher dessus et à se montrer violent les uns envers les autres jusqu'à… s'entretuer. « Si la légende veut que certains se soient échappés dans la Forêt pour y trouver refuge, je suis au regret de vous apprendre que mes petites bestioles chéries ont toutes trépassé les unes après les autres.

Instables car hybrides

Le moment qui a le plus marqué notre garde-chasse reste sans doute la mort précipitée de Cuthbert. « Cuthbert, le Scroutt-star de la dernière épreuve Tournoi des Quatre Sorciers, s'en est allé dans mes bras », se lamente le demi-Géant en se mouchant avec un gros torchon de cuisine. « Son alter ego Sorcier, ou devrais-je dire fantôme, était effondré : le professeur Binns se baladait dans les couloirs tel un spectre sans plus aucune joie de vivre ». En même temps… non, rien. Merci pour cette analyse pertinente, Mr Hagrid. Je compatis à votre douleur. Dans les mois qui suivirent, nombreux furent ceux qui décédèrent de maladies variées, ou d'affrontements pour le moins explosifs. « Ce sont des amours mais leur faible constitution leur joue malheureusement des tours », avoue à regret mon interviewé. Selon lui la dernière de l'espèce, Sibylle, s'est éteinte en décembre dernier. En effet, instable car hybride, elle n'aurait pas supporté le « rude hiver » et serait simplement morte de « maux de ventre » et d'une « [évacuation des selles] qui aurait mal tourné ». Tous les élèves conviés au repas de Noël du professeur Slughorn comprennent et compatissent.

Je rentre finalement de la cabane de Rubeus Hagrid avec des réponses mais aussi avec un terrible pincement au cœur. Si leurs petites explosions surprises ne me manqueront pas, c'est avec tristesse que j'ai appris ce qu'il peut arriver de pire à une Créature magique. Prenez soin de vos animaux et évitez le plus possible les hybridations car vous leur épargnerez bien des soucis de santé.

Votre dévoué reporter mais surtout
Votre camarade touché,

Thomas Beurk