Bonsoir à toutes et à tous, et bienvenu

pour la première partie du chapitre seize du Souffle du Dragon !

Tout d'abord, je tiens à tous vous remercier pour vos ajouts en favoris ou vos likes, chers lecteurs, mais plus encore pour vos messages. Les reviews sont les seules récompenses que nous, auteurs de Fanfictions, ayons, alors je vous remercie réellement de prendre de votre temps pour ne serait-ce que me laisser un j'aime ou bien me dire ce qui vous dérange dans cette histoire. Vous êtes des amours !

Ensuite, comme je vous en ai fait l'annonce précédemment, depuis quelques mois maintenant, les chapitres sont sectionnés en deux afin de laisser à ma bêta et moi-même la possibilité de prendre de l'avance, que ce soit sur la correction ou bien l'écriture. Certes, vous trouverez peut-être qu'avoir des chapitres de 10 000 mots, c'est court, mais il est important que Pelote et moi gardions le plaisir de lire et écrire cette histoire, plutôt que d'en faire une contrainte.

Autre point extrêmement important, nous dépassons ce soir la barre des 250 000 mots mes amis ! Ça y est, c'est officiel ! 3 vous n'imaginez même pas ce que ce genre de choses peut me faire, surtout en sachant qu'à la fin du chapitre 17, nous aurons officiellement passé la fin du second quart de cette histoire ! Au passage, pour ceux qui souhaitent le savoir, Le Souffle Du Dragon fera en tout et pour tout 52 chapitres + 2 ou 3 Bonus + un épilogue ! Alors préparez vos vendredis pour encore une année, parce qu'on n'est pas couché…

À l'attention de Dramionymus, Kichade, ElexaXx et Espe29, je vous ai envoyé un MP en réponse à vos commentaires !

Réponse aux reviews anonymes :

Maddy : coucou Maddy ! Comment vas-tu ? Un petit mec ! Mais c'est génial ça ! Pour ma part j'ai une petite fille, Karah, de presque trois ans en novembre, c'est une terreur adorable mdr. Je comprends ce que ton mari dit, Charlie c'est mignon pour un enfant, mais en grandissant, ça n'en impose plus autant que dans une cour de récré, à moins d'être dresseur de dragons ! Ah ah ! Mais, du coup, comment cet enfant s'appellera ?

Concernant l'anniversaire d'Hermione (je dois t'avouer que j'ai écrit ce chapitre au mois de février, donc je n'ai plus vraiment souvenir de ce que j'ai écrit, pardonne-moi) je l'ai mis vers le 19 septembre, je trouvais ça plutôt pas mal ? en revanche, je ne répondrais pas à ta question concernant ton hypothèse, tu comprends bien pourquoi mdr.

(NB : Je dis bravo Maddy d'avoir repéré l'erreur qui va être corrigée sous peu grâce à Mya ! T'inquiète pas, elle a bien 19 ans )

En effet, je voulais montrer que Severus ne savait pas être que cassant, mais aussi prendre soin de ses élèves et être impressionné par eux, même s'ils ne portent pas le vert et argent lol.

Si tu aimes Luna, prépare-toi parce qu'elle va rester jusqu'à la fin de l'histoire, étant donné qu'elle est ici un personnage principal mdr. J'adore ce perso que je trouve souvent soit trop sous exploité, soit totalement survolé et dans cette fic, je voulais lui rendre ses lettres de noblesse comme on dit lol.

Ah ah ah ah ah ! Je ne sais pas si je dois prendre le commentaire de ton homme pour un compliment ou si tu dois le voir comme une insulte pour le coup mdr mais je vais quand même le prendre pour un compliment dans le sens où je parviens à rendre Charlie crédible et humain, d'accord ? ? et bien sûr qu'on aime tous Charlie ! C'est Charlie, nom d'une bouse !

Alors accroches toi bien, TU ES LA 100e REVIEW ! Félicitations ! Tu as donc le droit de me demander n'importe quoi sur la fic, que ce soit une précision, insérer un cours spécifique ou peu importe ! Tu vois, finalement, pour une fois, tu as de la chance !

À très vite pour ta question, Maddy,

Je te souhaite une très bonne lecture et un très bon chapitre,

Bisou, bisou,

Mya

Hope2510 : bonjour Hope ! Comment vas-tu ? Je vois qu'avec toi aussi Molly ne fait pas du tout l'unanimité ? C'est intéressant mdr.

Je ne répondrais pas à ta question sur une possible Hermione enceinte, ce serait déloyal de te répondre alors que je ne l'ai pas fait avec les autres, j'espère que tu comprends ? D'ailleurs, qu'est-ce qui te fait croire qu'elle est enceinte ? J'avoue que tu m'intrigues là !

Pour un potentiel couple George/ Luna, leur relation va commencer sous peu (je n'ai pas pu mettre ce couple-ci aussi dans les couples de la fic au début, donc ce n'est pas plus mal que j'y réponde là ?)

J'espère que l'histoire continue de te plaire et que tu apprécies l'univers que je développe petit à petit,

À très vite pour tes impressions, Hope, et bonne lecture,

Bisou,

Mya

J'espère vraiment que cette histoire continue de vous plaire ! Au programme de ce soir : une potion, un coup d'éclat, des sueurs froides, des impardonnables, un ancêtre et une déclaration ! Alors, je vous ai donné envie ?

Une dernière chose : la gagnante du concours de la 100e review est Maddy ! Félicitations à toi, Maddy ! Tu sais ce qu'il te reste à faire ?

Comme d'habitude, je vous souhaite à tous de passer un très bon moment sur ce chapitre, nous nous retrouvons en bas pour la seconde partie de mon Blablas d'auteur !


*** Bonne lecture ! ***


Chapitre 16 : une journée pas comme les autres

Drago

— Il n'y en a pas un pour rattraper les autres, Blaise ! m'énervé-je, tentant vainement de nettoyer ma robe de sorcier. Entre les abrutis de professeurs, les élèves tous plus cons les uns que les autres, et la palme revenant à ce crétin décérébré de Weasley, je suis à deux doigts de tout quitter !

Que celui qui a un jour dit que mener deux carrières de front n'était pas si compliqué se reçoive un Avada bien placé entre les deux yeux !

Si seulement les cours à l'Académie des sorciers avocats de Londres n'étaient pas aussi passionnants, je pense que je ferais l'impasse sur cette opportunité de recommencement dans ma vie… Mais entre l'ordre du ministère de me tenir à carreaux, et Granger qui m'a enchaîné volontairement à ces études, je suis obligé de devenir le meilleur avocat britannique maintenant ! Parce qu'un Malefoy ne peut être rien de mieux que parfait…

Etre un Malefoy est bien compliqué. À vrai dire, parfois, dans le secret de mon lit, quand je me prends à rêvasser et à refaire le cours de ma vie, je me dis que si j'étais né dans une autre famille, alors ma vie d'aujourd'hui ne serait pas aussi pitoyable.

C'est vrai, après tout ! Je suis obligé de mener de front deux travaux, alors qu'aucun Malefoy n'a jamais travaillé de toute sa vie, si ce n'est à faire fructifier les avoirs de la famille, ou à servir un taré psychopathe dégénéré comme le Seigneur des Ténèbres…

Mais c'est vraiment la partie cours à l'Académie qui me pompe le plus de mon énergie. En soi, apprendre à une dizaine de gamins à faire des potions est assez drôle, voire vivifiant, mais l'Académie, c'est une tout autre histoire.

Si encore, il n'y avait que les professeurs et leurs regards de tueurs – à croire que je suis le responsable plein et entier de la guerre qui vient de se terminer – ou même les autres élèves de ma classe, je pourrais bien le vivre. Mais il y a aussi Ronald-Foutu-Weasley…

Les premiers jours, il n'a trop rien dit, faisant son possible pour éviter de se retrouver dans mon sillage. Mais dès le premier septembre, j'ai compris pourquoi il passait son temps entouré de Finnigan et Thomas. Ses deux meilleurs amis l'avaient lâché, et pour la première fois de ma vie, j'ai attribué un cerveau à Potter !

Mais ce qui a jeté le feu aux poudres, ce qui a déclenché les hostilités entre eux trois et moi, c'est ce procès où j'ai défendu Granger. Et bordel que ce fut délectable de voir la haine dans les yeux de Weasley, de même que l'incrédulité dans celui du reste du public !

— Tu n'as pas l'impression de faire ta diva, là, Dray ? demande-t-il en tentant vainement de cacher un sourire amusé.

Et voilà ! Il fallait qu'il me sorte de mes pensées ! Je vais encore devoir tout reprendre pour trouver par quel moyen détruire Ronald-Putain-De-Weasley !

— Faire ma diva ? éructé-je en me frottant les tempes. Faire ma diva ? Mais à quoi penses-tu, Zabini ?

— Je pense que tu as un sens de la démesure absolument démentiel, et qu'il faudrait que tu te fasses soigner, déclare-t-il calmement en passant la porte. Dans un second temps je pense que tu ne portes pas assez d'attention au reste du monde, vu que tu préfères te concentrer sur ta propre pers…

Il s'arrête à l'entrée de notre salle commune, figé. Je lui rentre dedans en retenant un cri de protestation, mais pour le moment, il n'en a cure… Il fixe du regard le canapé, comme s'il était possédé.

Suivant son regard et m'amusant tout comme lui des gémissements qui nous parviennent, je lui envoie un clin d'œil, m'assurant qu'il me suit dans mon hilarité passagère, avant de faire un pas. Parce que j'ai reconnu la propriétaire de ce gémissement. Hermione Granger.

Ainsi donc, la sainte petite Grangie chérie du peuple sorcier britannique s'envoie en l'air en plein milieu de l'après-midi, et en plein milieu de la salle commune ? Voilà qui va faire couler l'encre de Rita Skeeter !

À pas de loup, pour pouvoir la prendre sur le fait, je lui fais signe de me suivre en silence, contournant le canapé pour savoir qui est le pauvre malheureux qui doit se farcir Granger. Mais la vision est bien moins affriolante que ce que j'aurais pu imaginer. Ou même Blaise…

Là, allongée, le corps se convulsant par saccades, trempé de sueur, les joues rougies par l'effort et les yeux dans le vague, Hermione Granger est bien loin de la petite héroïne de guerre que les journaux ont cherché à s'arracher de mai à septembre.

Elle a l'air malade. Pire encore, elle a vraiment l'air de souffrir, et la petite voix dans ma tête qui me dit de me souvenir d'une scène plus ou moins similaire s'étant passée il y a quelques mois au manoir Malefoy me fait grincer des dents.

— Granger ? froncé-je les sourcils.

Elle relève des yeux hagards vers moi, ou ce qu'elle semble croire que je sois. Définitivement, elle n'est pas dans son état normal.

— Granger, que se passe-t-il ? la pressé-je.

— J'ai mal, Malefoy, gémit-elle douloureusement. Fait quelque chose, s'il te plaît.

Pour qu'elle en soit venue à me demander de l'aide, c'est qu'elle ne doit vraiment pas être bien… Son regard se trouble encore une fois, passant d'un brun chaleureux à une sorte de pourpre profond, fendu par son milieu. Et là je comprends ce qu'il se passe. La Dame Dragon est en train de prendre le pas sur l'humaine.

Je l'avais prévenue pourtant ! Je lui avais dit de faire attention au mois suivant son anniversaire, à me prévenir si elle sentait qu'elle commençait à perdre pied, à émettre des phéromones en veux-tu en voilà !

Mais non ! Hermione Granger est au-dessus de cela ! Bien sûr ! Et maintenant, nous nous retrouvons avec une réincarnation qui veut prendre possession d'une des sorcières les plus puissantes, vivant dans ce château, pour assouvir une vengeance de plus de cinq siècles !

Mais bordel ! À quel moment ma vie est-elle devenue un tel foutoir ? À quel moment ai-je commencé à devenir sympa avec des Gryffondor, avec des Sang-de-Bourbe comme elle ?

Mais je dois me ressaisir avant de laisser Circé prendre l'entier contrôle de Granger dans un château rempli d'enfants. La première chose à faire, c'est de neutraliser temporairement l'empreinte magique de la dragonne. Ensuite… Eh bien ensuite, nous aviserons !

— Je pense pouvoir t'aider, Granger, soupiré-je en m'asseyant sur la table basse. Zabini, va dans ma chambre, dans ma table de nuit, tu trouveras une seringue, amène-la moi.

Dans le fond, je me doutais bien que ce jour-là arriverait… Je me doutais que, avec Potter et Granger dans ce château, cette année ne pourrait pas être normale. Après tout, entre un troll, un Basilic, un évadé d'Azkaban, la renaissance du Seigneur des Ténèbres et j'en passe, comment une autre année avec leur présence aurait-elle pu être normale ?

Retenant un reniflement de mépris à mon geste, je tends la main pour attraper la sienne, tentant vainement de lui offrir un léger répit entre les contractions de douleur que son corps subit à cause des assauts de Circé. Et bordel, que fout Zabini ! Ce n'est pas compliqué de trouver une table de nuit, non ?

— Que se passe-t-il, Malefoy ? gémit-elle encore, les yeux débordant de larmes. Pourquoi ai-je l'impression de brûler totalement ?

Depuis combien de temps est-elle dans cet état ? Depuis combien de temps Circé a-t-elle commencé à prendre le pas sur la sorcière ? Et pourquoi n'ai-je pas mis en relation son comportement et celui de Charlie Weasley il y a deux semaines ?

Je me doutais bien que ce n'était pas du tout son genre de faire des démonstrations d'affections dignes d'une page de catalogue masculin, ni même d'embrasser Lovegood. Alors pourquoi n'ai-je pas fait le rapprochement plus tôt ?

Peut-être parce que je me suis dit qu'il s'agissait de son moyen pour oublier la guerre et ses répercussions. Pour oublier qu'elle a perdu énormément d'amis, et qu'elle a remis volontairement les pieds dans ce lieu qui comporte tant de souvenirs.

— Tu te souviens de notre conversation, en début d'année ? soupiré-je. Quand je t'ai parlé de la malédiction des Black et des Dames Dragon ?

Pour la sorcière la plus brillante de notre génération, ses neurones mettent un bon moment avant de se connecter entre eux ! Mais je suppose que la douleur engendrée par la dragonne doit lui faire perdre le nord…

J'y ai cru, vraiment, j'y ai vraiment cru, quand elle a fait apparaître ce dragon, au début du mois. J'ai cru qu'il s'agissait de la sorcière cinq fois centenaire. Mais ce n'était pas le cas. C'était simplement un portail depuis le royaume des dragons. Royaume d'où elle a fait venir le Pourpre des Indes et le Magyar.

La vraie question, maintenant, c'est de savoir comment elle est parvenue à cet exploit sans perdre l'intégralité de sa magie ! Non mais, vraiment, faire apparaître comme ça le dragon qu'a aimé Circé au point de fusionner avec lui…

Elle aime à ce point se rendre intéressante ? Parce que si c'est le cas, je dois la féliciter ! Je n'ai fait qu'entendre des commentaires élogieux sur sa démonstration de prouesses magiques pendant des jours et des jours dans les couloirs…

Heureusement que personne à l'Académie ne suit des cours à Poudlard pour le moment… Quoique, si je me débrouille bien, Weasley pourrait l'apprendre, et lui qui est si jaloux d'elle pourrait mourir de honte ! C'est un point à ne pas négliger ! Tout comme les gémissements de douleur de plus en plus aigus de la sorcière d'ailleurs…

— Félicitations, Grangie ! m'exclamé-je d'un ton plein d'ironie. Tu viens de nous prouver que Black avant encore assez de pouvoir pour faire de toi sa descendante magique !

— Je suis en train de me transformer ? murmure-t-elle, effrayée, les yeux grands ouverts.

Bien ! Au moins, elle a arrêté de se concentrer sur sa douleur pour faire fonctionner deux de ses braves petits neurones ! Le monde sorcier n'est peut-être pas encore totalement perdu ! Mais il faut que je la fasse se concentrer sur autre chose maintenant…

— Oui, et je viens enfin de comprendre pourquoi Weasley avait l'air aussi ivre il y a deux semaines, grommelé-je.

Étonnamment, elle paraît plus gênée et tétanisée de peur par le fait qu'elle ait pu faire une manœuvre d'attraction sur Weasley numéro deux que parce qu'elle est en train de se transformer en créature sanguinaire ! Ces Gryffondor… Aucun sens de la logique…

Mais ça peut se comprendre ! Avec un physique comme le sien, attirer des hommes doit être le summum de l'improbable ! Quoique, sur ce coup-là, je suis peut-être de mauvaise foi… C'est vrai que la jupe et le chemisier, bien plus professionnels, lui vont beaucoup mieux que les uniformes informes de Poudlard…

Pourtant, le changement le plus significatif reste ce sort de la Vélane de Weasley numéro un. Avec ses cheveux retombant en boucles soyeuses dans son dos, elle a presque l'air potable ! Malheur à moi, je viens de la caractériser comme potable !

Heureusement pour moi, Zabini revient sur ces entrefaites, une seringue pleine d'un liquide rouge sang auquel la lumière donne des reflets dorés. Tellement Gryffondor…

— T'en as mis du temps, Zabini ! m'exclamé-je en lui arrachant presque la seringue des mains.

— Ta chambre est une véritable décharge, Drago, grogne-t-il. Je me suis pris les pieds dans une montagne de fringues avant de pouvoir atteindre ta table de nuit !

Ce n'est pas de ma faute si ces stupides elfes de maison ne se précipitent pas à chaque fois que je laisse un vêtement tomber sur le sol, tout de même ! À croire que cette maudite sorcière les a tous enrôlés dans sa stupide S.A.L.E. !

— Je vais avoir encore besoin de toi, soupiré-je. Ouvre-lui sa chemise.

D'accord, peut-être que j'aurais dû lui demander cela plus gentiment, mais je n'en ai plus vraiment le temps, là… Les yeux de Granger se sont faits lourds, ses muscles se sont relâchés et son visage se décrispe. Comme si elle abandonnait le combat.

— Pardon ? sursaute-t-il. Pourquoi veux-tu que je fasse une chose comme celle-là, par Salazar ?

— Parce que j'ai besoin de lui injecter le sérum de la manière la plus rapide possible pour atteindre le cœur. Donc, une injection directe.

— D'accord, d'accord, soupire-t-il en ouvrant les premiers boutons. Pardon, Granger.

Le fait qu'il s'adresse à elle avec beaucoup de douceur, chose que je ne l'ai vu employer qu'avec Daphnée et Pansy, surtout Pansy d'ailleurs, lui fait rouvrir les yeux et reprendre le combat pour sa santé mentale.

Parce que c'est ce qu'il se passera si elle laisse Circé prendre le dessus. Elle perdra tout libre arbitre, torturera, pillera et détruira tout ce qui se trouve sur son chemin, tout ce qui l'empêche de rejoindre son Hog…

— Que va faire la potion, Drago ? souffle-t-elle, combattant vaillamment la douleur.

Elle doit vraiment avoir mal si elle en vient au point de m'appeler par mon prénom, et donc renier cette saine haine qui nous maintient tous en vie depuis des années. Si elle stop ce combat entre nous, que me restera-t-il pour garder les pieds sur terre ?

Je ne suis pas assez stupide pour croire que tout m'est dû par naissance comme Lucius s'est cru en droit de me l'inculquer. Mais c'était tellement amusant de le lui faire croire, de le faire croire à Potter et à Weasley que j'en ai joué pendant cinq ans. Jusqu'à cette mission maudite du Seigneur des Ténèbres.

— Elle va endormir la dragonne assez longtemps pour que tu puisses t'écarter de Poudlard.

— Merci, soupire-t-elle en se laissant retomber contre les oreillers.

— Pourquoi ? haussé-je un sourcil.

— Je ne veux pas devenir une tueuse d'enfants, souffle-t-elle.

Bien sûr ! Elle ne serait pas une Gryffondor si elle ne plaçait pas les intérêts d'autrui au-dessus de tout, même de sa propre vie ! Ce qui est énervant avec cette fille, c'est que même un bon samaritain passerait pour le plus parfait des crétins à ses côtés.

Parce qu'avec sa grandeur d'âme à en faire vomir toute personne sensée, elle rabaisse tous les autres sans s'en rendre compte. Ou bien peut-être le fait-elle exprès car elle aime se sentir importante. Ce qui n'est pas à exclure, bien sûr.

Lentement, pour être certain de ne pas manquer le moindre battement de cœur, je laisse ma main naviguer sur son plexus, descendant de plus en plus, les yeux fermés, avant de sentir le fameux boum boum. Alors enfin un sourire s'affiche sur mes traits. Discret, mais présent.

Jusqu'à ce qu'une main griffue m'attrape le poignet pour le serrer, trop fortement pour y laisser des traces demain. Bordel ! Depuis quand Granger a-t-elle tant de force ? Non, pas Granger, me souffle ma conscience. Circé. Oh merde…

— Que crois-tu être en train de faire, petit ? sourit-elle, tous crocs dévoilés.

Un bref coup d'œil légèrement plus bas me montre des ailes bordeaux repliées autour de son corps, une queue fourchue enroulée autour de sa taille et les yeux rouges fendus de la dragonne. Rectification : nous sommes vraiment dans la merde…

— Régler une dette d'honneur, l'ancêtre, souris-je froidement.

Mais pourquoi suis-je à ce point débile au point de provoquer une femme qui, d'un coup d'aile, de griffe ou de queue pourrait m'envoyer dans le décor en moins de temps qu'il n'en faut pour dire Quidditch ? Décidément, ma mère a vraiment dû manquer une partie de mon éducation…

— Es-tu sûr que c'est vraiment ce qu'elle souhaite ? susurre-t-elle.

— C'est ce qu'elle m'a demandé, en tout cas, levé-je les yeux au ciel. Maintenant, s'il te plaît, laisse-la reprendre le dessus assez longtemps pour t'endormir.

Ce ton doucereux digne de mon parrain dans ses meilleurs jours ne me va tellement pas que c'en est presque risible. Mais au moins, j'ai réussi à être assez poli pour lui dire s'il te plaît, et j'espère que ce simple fait rempliera Mère de joie, lorsqu'on m'enterrera !

C'est un comble tout de même… Survivre à tante Bellatrix et ses Doloris, à Père et ses coups de fouet et de canne, au maître et ses Avada en furie, pour finir déchiqueté par la Sang-de-Bourbe Granger… La vie a vraiment un sacré sens de l'ironie, tout de même…

— Et si je n'en avais pas envie ? sourit-elle en coin. Et si l'idée de me gaver de magie et de sexe était bien plus tentante que simplement la dernière des deux propositions ?

Entendre le mot « sexe » dans la bouche de Granger est presque blasphématoire. Je suis presque sûr qu'elle doit rougir comme une petite vierge effarouchée à la simple idée d'une queue fendant l'air… Concentre-toi, Drago ! Ce n'est pas le moment de divaguer ! Tu as une prédatrice face à toi !

— À toi de voir, mais elle te combattra jusqu'à la fin, et elle préférera très certainement se donner la mort, plutôt que te voir détruire le monde sorcier.

— Oh, vraiment ? ricane-t-elle.

— Oui, vraiment ! Tu vois, elle a cette stupidité de croire que le monde sorcier est encore beau, alors que ce n'est pas le cas, que c'est même très loin d'être encore le cas.

Peut-être ai-je tort, mais je pense vraiment que Granger, malgré la guerre, n'a pas perdu ses illusions du début, celles qui l'ont poussé à réciter ce qu'elle avait lu dans l'Histoire de Poudlard le soir de la Répartition. Celles qui ont fait que tous les Sang-Pur se sont moqués d'elle par la suite.

C'est d'ailleurs un fait étonnant de voir à quel point Weasley à retourner sa veste rapidement, face à ça ! Je me souviens encore de lui quand nous étions petits et que sa grand-tante Muriel l'amenait avec elle comme un gentil petit toutou aux réunions de Sang-Pur annuelles.

Il était tellement heureux d'être dans la même tranche d'âge du grand Harry Potter, tellement fier à l'idée d'aller, tout comme le reste des Potter pur souche, à Gryffondor… En revanche, il avait les mêmes idées que nous, sous couvert de mots légèrement plus polis.

Pour lui, les nés de moldus, malgré les croyances de son père et de ses frères, ne devaient pas être acceptés à Poudlard, ne devaient pas pratiquer la magie. Combien de fois nous a-t-il rabattu les oreilles avec ce que lui disait sa mère…

Je ne suis pas un saint, loin de là même, et j'en suis très fier, mais j'ai au moins la qualité de ne jamais retourner ma veste pour une simple question de gloire ou de richesse. Peut-être est-ce parce que je suis né dans la « bonne » famille, et lui non ?

C'est aussi la raison pour laquelle j'ai proposé à Potter de lui apprendre qui étaient les personnes à fréquenter, et qui ne l'était pas, ce jour-là, dans le train. Et je dois dire que c'était réellement hilarant de faire comme si je ne connaissais pas ce rouquin de malheur qui fait de ma vie un enfer en ce moment !

— Pourtant, tu es plus pur qu'elle, avance-t-elle, d'une manière calculatrice. Pourquoi te donnes-tu l'air si froid, Drago ?

Plus pur, c'est à voir. En revanche, je n'ai pas de sang à proprement parler sur les mains. Peut-être est-ce cela qu'elle voit en moi ? Peut-être est-ce la raison pour laquelle elle m'insulte ? Parce qu'un Malefoy est toujours calculateur et manipulateur. Ce qui fait de moi quelqu'un de très loin d'être pur !

— Parce que je sais que les bons sentiments ne mèneront à rien dans la vie, et que faire du sentimentalisme ne fera que plonger le monde dans la déchéance.

— Est-ce ton bien aimé père qui te l'a dit ? sourit-elle encore plus froidement.

— Disons que je sais des choses, avancé-je de la même manière.

— Et pourtant, tu es bien plus ignorant que tu n'en as l'air, petit dragon, rit-elle franchement.

D'accord, là elle m'intrigue très clairement ! Je sais que Lucius est loin d'être, lui aussi, un modèle de sainteté et de gentillesse, mais jusqu'où vont les mensonges dont elle semble vouloir parler ? Parce que je ne suis pas aussi con qu'elle semble le croire.

Je sais parfaitement que, pour arriver à la place qu'il a occupée, ces dix-sept dernières années, il n'a pas dû donner que du « merci » et du « je vous en prie » au ministre. Alors jusqu'où vont ses exactions ? A-t-il tué juste pour son bon plaisir ? A-t-il menti à Mère ? M'a-t-il menti à moi ?

— Est-ce ta tactique pour me faire perdre ma concentration et te laisser assouvir une vengeance vieille de mille ans ? haussé-je un sourcil inquisiteur.

— Non, soupire-t-elle en reposant sa tête sur l'oreiller. J'aurais ma revanche plus tard, ne t'en fais pas pour cela. Je vais me retirer, maintenant. Assure-toi qu'elle se réveille dans un endroit isolé. Je ne suis pas sûr qu'elle parvienne à contenir les vagues de phéromones, sinon.

Un frisson tout à fait désagréable me remonte l'échine. Que prépare-t-elle ? Pourquoi semble-t-elle si sûre d'elle en parlant de prendre très rapidement sa vengeance ? Bon sang ! Elle est enfermée dans une bague depuis des siècles ! Elle n'a pu parler avec personne ! Alors comment prévoit-elle de mener à bien sa petite vendetta contre le monde sorcier dans sa globalité ?

Mais déjà elle semble se reculer dans le corps de Granger. Ses ailes paraissent se renfoncer dans son corps, ses yeux reprennent plus ou moins leur couleur d'origine, quoique toujours teintés d'un halo pourpre, ses griffes se rétractent, et sa queue disparaît lentement.

— Va me chercher Weasley, s'il te plaît, Blaise, soupiré-je enfin.

Maintenant que j'ai trouvé l'endroit exact où planter l'aiguille, je la fais traverser ma propre paume, retenant furieusement un frisson de douleur quand elle passe de part en part ma chair. Heureusement que cette aiguille paraît démesurée…

À un rythme frôlant la marche arrière, je l'enfonce plus profondément, ne m'arrêtant que lorsque la garde se repose sur mon épiderme, puis, tout aussi doucement, j'appuie sur la tige en métal pour faire se diffuser la potion dans son organisme.

Au moment où je pousse un soupir de soulagement, ma main toujours engourdie par la seringue malgré son retrait, la porte explose sur le mur latéral, révélant un groupe hétéroclite en son milieu.

Entouré de Blaise et Potter, Charlie Weasley traverse la salle commune comme s'il volait, la main plaquée fermement sur son poignet gauche. Un regard à la sorcière calmement endormie sur le canapé, puis il me pousse violemment contre le mur, sa main enserrant trop fortement ma gorge pour que je puisse émettre la moindre protestation. Ça m'apprendra à vouloir jouer les héros, les gentils, tiens…

— QUE LUI AS-TU FAIT ? éructe-t-il, les traits déformés par la rage.

Je trouve que pour un homme qui crie à tort et à travers qu'il n'aime pas sa femme, il est quand même bien accroc à elle ! Entre la petite démonstration physique dégoûtante à laquelle nous avons eu droit dans sa chambre à elle il y a deux semaines, et la fureur qui déforme ses traits en ce moment, il a tout de l'homme à deux doigts de commettre un meurtre… Pauvre victime que je suis !

— Charlie, si tu veux qu'il te réponde, tu devrais peut-être desserrer ta poigne, tu sais ? lui demande Potter, des vagues de magie pure s'échappant de son corps.

Brave Potter ! Toujours là pour défendre les faibles et les opprimés ! Peut-être est-ce pour cela qu'il s'est acoquiné avec la petite Granger ? Après tout, elle était, à l'époque une faible et une opprimée elle aussi !

— Il lui a injecté une potion pour que la Dame Dragon s'endorme, l'informe Blaise.

Lui aussi, c'est un brave garçon ! Il vendrait sa chemise pour ses amis. Quoique, à mon avis, il vendrait bien plus pour Pansy… Et pourquoi, par le plus grand de tous les Fondateurs, suis-je en train de divaguer à ce point ? Nom d'un succube assoiffé de sexe ! Je crois que le manque d'oxygène est en train de me rendre fou…

Heureusement pour moi, Weasley desserre sa poigne lentement - assez pour que je m'effondre au sol, mais pas assez pour que je perde toute ma prestance, merci bien ! - continuant de m'envoyer son regard de tueur tandis que Potter part à l'assaut de sa née-Moldue de meilleure amie, gisant comme une cape sur le canapé ! Aucune classe…

— Quelle potion ? gronde Charlie.

— La Draco Dormiens, grommelé-je en me relevant maladroitement. C'est un secret de famille. Chaque génération se transmet le secret de sa fabrication de parent en premier enfant dans la famille Black, lorsqu'ils atteignent la majorité. Bellatrix savait qu'elle n'aurait jamais d'enfant, de ce fait, elle m'a transmis la recette.

Est-ce que moi je lui demande de me révéler des secrets sur sa famille ? Non ! Parce que moi je suis poli et bien éduqué ! Et aussi parce que je n'en ai rien à battre accessoirement, mais il n'a pas besoin de le savoir, même si c'est un fait connu.

— Charlie ? l'appelle Potter, d'une pâleur extrême. Je crois qu'elle ne respire plus.

Et voilà ! Potter fait encore son intéressant ! Comment peut-il croire que nous allons gober sa petite crise d'identité, ses « je déteste être le centre de l'attention, Hermione » qu'il nous sort à toutes les sauces, s'il passe son temps à revenir sur le devant de la scène ?

Mais sa phrase a au moins le mérite de détourner les yeux brûlant de haine de Weasley ailleurs que sur mon illustre petite personne. Semblant, encore une fois, voler, il rejoint le balafré, s'agenouillant en tripotant Granger. N'était-ce pas assez de les voir reproduire une scène de sexe sur le fauteuil de la brune samedi ?

— Qu'y avait-il dans cette potion, Malefoy ! s'écrie-t-il en cherchant frénétiquement le pouls de la sorcière.

D'accord, donc on en est bien venu au point de nous révéler les secrets de famille comme ça, comme si nous étions aux Trois Balais devant une pinte de Bièraubeurre… Charmant… Et après, on dit de moi que je suis la vermine de ce monde…

— Venin de Basilic, larme de Phénix, commencé-je à énumérer, crin de licorne, belladone séchée, ailes de fée, poudre d'asphodèle…

— De l'asphodèle ? chuchote-t-il, tout aussi pâle que Potter maintenant.

Allons bon ! Que se passe-t-il encore ? Certes, les larmes de phénix sont censées contrer le venin de Basilic, en plus, bien sûr, de rendre la potion extrêmement instable, mais de là à faire ces têtes d'enterrement ?

— Charlie ? l'interroge le balafré.

Le corps de la sorcière fait un arc de cercle sur le canapé, exposant plus que je ne le voudrais sa petite poitrine. Un râle caverneux s'échappe de ses lèvres, et le teint de Potter passe de blanc à cadavérique en moins de deux !

— Elle y est allergique, souffle le roux, hagard. Elle vient de faire un choc anaphylactique à cause d'une putain de potion.

D'accord, celle-là, je ne l'avais pas vu venir, et cette fois-ci, c'est moi qui fais une crise d'angoisse. Mon cœur s'emballe, mes mains se mettent à trembler, ma respiration se hache et de la sueur dégouline dans mon dos.

Je ne suis pas un tueur. Je suis un manipulateur mesquin, vil et retors, d'une ruse insoupçonnée et insoupçonnable. Un Serpentard quoi ! Est-ce une nouvelle ironie du destin ? Faire de moi un tueur alors que je n'ai même pas été capable de lever la baguette devant un sorcier sénile dans la tour d'astronomie ?

Ce doit être une farce, ce n'est pas possible que ce soit autre chose ! Ça ne peut pas être autre chose ! Une simple farce du destin pour me punir de n'avoir pas agi lorsqu'elle se faisait torturer devant mes yeux il y a plus d'un semestre. Alors pourquoi mes joues sont-elles humides ?

Charlie débute un massage cardiaque, l'invectivant de revenir d'on ne sait où, tandis que Potter lui insuffle de courtes expirations dans la bouche, dans un dérivé sordide d'un baiser du Détraqueur. Bordel… Je viens de tuer la sorcière la plus intelligente de notre génération…

À mes côtés, Blaise s'est assis sur le sol, ses bras enserrant ses jambes fortement. Il se balance d'avant en arrière, les yeux fixés sur le spectacle morbide que nous offrent Potter, Granger et Weasley. Et pendant les minutes me paraissant des heures que dure ce spectacle, mes yeux n'ont pas arrêté de goutter, unique preuve du masque qui commence à s'effondrer.

— Merde ! s'écrie-t-il, au bord des larmes et se tirant les cheveux dans tous les sens. Putain ! Rien ne marche !

— Il nous faudrait un défibrillateur, raisonne Potter, concentré à son extrême. Quelque chose qui lui produise une décharge énergique conséquente. Assez pour faire redémarrer son cœur.

C'est bien la première fois que je vois Potter si concentré sur quelque chose, mais au point où j'en suis, je suis prêt à tout envisager, si ce n'est laisser cette fille mourir à cause de moi. Tout, plutôt que de tuer quelqu'un. Ironique pour le fils de Lucius Malefoy, non ?

— Je te demande pardon, bébé, souffle Weasley dans ses cheveux avant de se redresser et s'écarter d'un pas. Endoloris !

Putain mais c'est une blague, non ? Il vient vraiment de lui jeter un Impardonnable comme ça, sans aucune préméditation, avec les yeux débordant de larmes et le cœur au bord des lèvres ? Comment croit-il que son sort puisse marcher ?

Il faut ressentir de la haine à l'état brut pour lancer ce maudit sort ! Pas un amour qu'on se cache à soi-même ou une putain d'attirance que même les élèves les plus jeunes ont remarqué !

Pourtant, le jet violet du sortilège part de sa baguette pour percuter sauvagement le corps de la sorcière. Elle s'arc-boute trop faiblement pour qu'il ait un effet, mais assez pour nous montrer que son corps l'a bien reçu.

Endoloris ! Endoloris ! crie-t-il pour la troisième fois. Je te promets que si elle ne se réveille pas, Malefoy, je te traquerais sur toute cette putain de Terre et je te torturerais jusqu'à ce que mort s'ensuive ! Il n'y aura pas un seul endroit au monde où tu pourras te cacher !

Sur ce dernier point, je veux bien le croire, et je suis prêt à accepter l'idée même que ce soit Potter qui me trouve en premier à ce moment-là…

Parce que, si j'ai bien retenu une chose des douleurs que Père faisait subir à tous ceux qui osaient poser les yeux sur Mère, c'est qu'il ne faut jamais sous-estimer la colère d'un homme dont l'honneur a été bafoué. Réellement ou supposément.

Endoloris ! murmure-t-il, à bout de souffle, les yeux fermés en signe de défaite.

Un horrible cri de souffrance sortant de la bouche sèche de Granger emplit la pièce. Et pour la première fois de ma vie, je suis heureux d'avoir pu assister à un acte de torture. Mais pas lui. Lui, il vient de souiller son âme au plus profond de lui-même. Il savait parfaitement le prix à payer pour le geste qu'il a fait, et il l'a jeté quand même. Pourquoi ?

— Pardonne-moi, bébé, souffle-t-il en posant ses yeux sur son corps. Spring Break.

Encore une fois, j'assiste, impuissant, à l'évasion mystère et miraculeuse d'un de ces foutus Gryffondor. Mais pour une fois, je ne vais même pas m'attarder dessus. Non, en cet instant, ce qui m'importe, c'est le souffle moins anarchique de Blaise et son regard fixé sur la sorcière. Comme s'il voyait un mort revenir à la vie. Ce qui s'est réellement produit. Grâce à la magie noire.

— Hermione ? l'appelle Potter. Comment te sens-tu ?

D'abord déboussolée quelques secondes, elle pose ensuite la main sur son poignet, grimaçant de douleur en le serrant de plus en plus fortement. Bordel ! Je savais les liens d'union puissants, mais là, ça dépasse l'entendement !

— Où est-il parti ? fronce-t-elle les sourcils. Où est parti Charlie ?

Donc même Potter, l'espoir du monde sorcier, le vainqueur de la dernière grande guerre, le survivant, s'efface devant Charlie Weasley, Lord Prewett ? Intéressant, très intéressant même ! Je me demande ce qu'en penserait Weasmoche !

— Au square, soupire Potter. Mais il a sûrement fait ça pour pouvoir se servir de la cheminée ensuite, ou même pouvoir transplaner.

Moins d'une seconde après, c'est à son tour de s'évanouir dans un craquement caractéristique, quoique envelopper par un léger brouillard tenant plus du portoloin que du transplanage.

Comment fait-elle ça ? Comment fait-elle pour que les barrières ancestrales de l'école ploient sous sa volonté ? Même le Seigneur des Ténèbres n'est jamais parvenu à les faire plier à son bon vouloir, et pourtant, il est le sorcier le plus puissant de ce dernier millénaire !

Alors comment Granger, fille de Moldus mais tout de même intelligente, a-t-elle fait pour surpasser le Maître ?

— Que vient-il de se passer, Potter ? froncé-je les sourcils. Comment ont-ils fait pour transplaner, alors qu'il est impossible de le faire dans le château ?

Rappelé à la dure réalité de son inexistence face à sa seigneurie Weasley, il s'affale dans le canapé, prenant la place de sa disparue meilleure amie en se frottant l'arête du nez après avoir enlevé ses lunettes rondes.

— Toi aussi, tu as lu l'Histoire de Poudlard ? rit-il, fatigué. Et moi qui croyais que seule Hermione l'avait compulsé, ce bouquin !

— Tous les Sang-Pur anglais apprennent à lire avec ce livre, Potter, reniflé-je.

— Ron ne le savait pas, hausse-t-il les épaules.

Bien sûr qu'il ne le savait pas ! Je doute même qu'il ait un jour ouvert le moindre livre ! Alors de là à avoir un jour lu l'Histoire de Poudlard, il y a un monde entier de connaissances et de réflexions qu'il ignore !

— Que s'est-il passé ici ?

Finalement, l'entrée fracassante de la directrice, Severus et, dans son ombre, Katya Sermirov, m'empêche d'avoir à faire une énumération détaillée de l'immensité de l'inculture de Ronald Bilius Weasley ! Et par Salazar ! Quel parent normalement constitué appellerait son fils Bilius ?

— Tous les détecteurs de magie noire se sont déclenchés pendant notre entretien avec Miss Sermirov, reprend McGonagall. Que s'est-il passé ?

Le cœur au bord des lèvres lui aussi, Blaise quitte le salon en vitesse, la main sur la bouche pour se rendre aux toilettes, et très certainement rendre l'intégralité de son repas de midi. Petite nature qu'est celle de mon meilleur ami…

— Je crois que Weasley vient de nous démontrer avec un brio incroyable la théorie de Granger, ricané-je.

C'est fou de voir à quel point les mauvaises habitudes ont la vie dure en présence de Gryffondor incompétents et d'une directrice tout aussi… lionesque que ses petits protégés…

— Plaît-il, Drago ? susurre froidement Severus.

— Il n'y a pas de magie noire ou blanche, rit franchement Potter. Seule l'intention du sorcier compte.

— Que s'est-il passé ? soupire-t-elle froidement. Et où sont monsieur Weasley et Miss Granger ?

Quelle manière de mener un interrogatoire typiquement Gryffondorienne… Enfoncer les portes ouvertes pour ensuite faire face à l'inévitable puits de leur inconscience… Tellement peu Serpentard de leur part…

— À l'heure qu'il est, très certainement aux Bahamas, ris-je, hautain. En tout cas, c'est là où je serais, à leur place.

— Pourquoi Charlie a-t-il lancé un Sortilège Impardonnable sur Granger, Drago ? fronce les sourcils Severus.

Bien ! Enfin quelqu'un de réfléchis et de compétent pour diriger cette école et, dans une moindre mesure, cet interrogatoire tout à fait grotesque !

— Enfin une question intelligente ! soupiré-je, fataliste. Pour lui sauver la vie, bien sûr !

Pour Severus, cela semble être une réponse acceptable. En revanche, pour la mère des lions, c'est loin d'être le cas, visiblement. Son regard se trouble, perdu dans des souvenirs peu joyeux si j'en juge l'expression de ses lèvres pincées à l'extrême.

— Je vais devoir en faire part à Kingsley, soupire McGonagall. Je n'avais vraiment pas besoin de ça maintenant…

— Mais, professeur, proteste Potter, il va être forcé de l'envoyer à Azkaban ! Charlie l'a fait pour une bonne raison !

— Et quelle est-elle, monsieur Potter ? gronde-t-elle. En quelle circonstance monsieur Weasley peut-il bien avoir eu besoin d'envoyer un Impardonnable à Miss Granger ?

Oula ! Je crois bien que c'est la première fois que je vois McGonagall s'en prendre verbalement à l'un de ses petits protégés. Dans d'autres circonstances, je me serais assis sur le canapé que vient de quitter Potter, un bol de Dragées surprises de Bertie Crochue entre les mains, et j'aurais contemplé le spectacle. Que ce temps me paraît lointain maintenant…

— Je vous l'ai dit…, commence-t-il, avant qu'elle ne l'interrompe.

— Des faits, monsieur Potter, pas des demi-vérités ! crache-t-elle.

Aïe… Elle est vraiment furieuse… La vraie question maintenant est de savoir si elle l'est à cause d'un Impardonnable lancé pour de bonnes raisons, ou bien parce que les deux personnes impliquées sont des Griffons… Vaste question…

— Hermione a fait un choc anaphylactique à la présence d'asphodèle dans une potion, soupire-t-il en se laissant tomber sur le rebord de la fenêtre. Son cœur s'est arrêté de battre et sans le Doloris, elle n'aurait pas survécu.

— Le Doloris ? chuchote-t-elle, les yeux écarquillés, une main sur le cœur et l'autre couvrant sa bouche.

Que croyait-elle ? Que Weasley aurait été assez suicidaire pour lui jeter l'Avada ? Elle n'en serait jamais revenue vivante ! Un Imperium ? À quoi bon ! Elle serait juste devenue un cadavre marchant sous l'intention de son possesseur. Et Granger aurait tout de l'Inferi désagréable, c'est une certitude !

La Gazette va en faire ses choux gras, grimace Severus. En jouant sur son statut de héros de guerre, sur celui de sa famille et sur le fait qu'il soit professeur, je pense qu'on pourrait peut-être lui éviter la prison, cependant. Encore faut-il que nous trouvions quelqu'un d'assez stupide pour bien vouloir le défendre, et une personne qui soit assez calée pour ne pas lui offrir un petit séjour tout frais payer, avec baiser à la clef…

Stupide ? Certainement pas ! Intéressé ? Évidemment ! Ma côte de popularité auprès des professeurs n'a jamais été aussi haute que depuis que j'ai représenté Granger dans ce simulacre de jugement de divorce, alors défendre son mari ?

Je vois déjà les gros titres de l'édition du lendemain… En gros, avec une belle calligraphie : « Drago Malefoy, fils de l'ancien bras droit du Seigneur des Ténèbres, défend Charlie Weasley, accusé à tort d'un crime contre héroïne de guerre ! » Ça m'en laisserait presque rêveur.

Reste maintenant à lui trouver une défense un peu plus plausible et défendable que celle énoncée par Severus… Les journalistes sont stupides, mais Lady Bones ne l'est pas, et héros de guerre ou non, un Impardonnable ne pardonne pas !

— Je vais le représenter, affirmé-je en me redressant.

Le temps de mes réflexions, le débat s'est envenimé entre les deux directeurs, Sermirov et Potter. Cependant, ma prise de position réduit la conversation au néant. Pas un bruit ne pourrait s'entendre dans cette salle.

— Malefoy, avance prudemment Potter. C'est tout à fait louable de ta part de vouloir faire ça, mais je ne suis pas sûr que ça joue en ta faveur, ou même en la sienne, si tu étais son défenseur.

Ah, Potter, Potter, Potter… Toujours le mot pour rire, bien sûr ! Je lui en parle, moi, du mec supposé protéger sa famille et qui a vendu le secret pour une part de protection du Maître ? Non ! Alors pourquoi vient-il la ramener encore et encore ?

— Et pour quelle raison, Potter ? susurré-je, du venin dans la voix.

— Tu veux que j'enfonce des portes battantes ? sourit-il ironiquement. D'accord, je vais le faire. Ton père était le bras droit de Voldemort, tu as essayé de tuer Dumbledore et tu as été à la tête des Serpentard. C'est assez, pour toi ?

— Monsieur Potter a raison, soupire la directrice. Ça ne me plaît pas de l'avouer, mais votre image ne serait pas la meilleure pour aider Charlie dans un procès.

Évidemment que la vieille McGonagall est de son côté ! Ne peut-elle pas voir que je suis peut-être le seul à pouvoir défendre son si précieux petit Weasley, peu importe ce qu'en pense Potter ?

Potter… Potter… Non ! Ce serait vraiment trop gros tout de même ! À moins que, bien tournée, cette idée fasse son effet sur les membres du Magenmagot…

— Depuis combien de temps Weasley est-il considéré comme habitant le territoire slave ? demandé-je en m'éclaircissant la voix, tentant de masquer la pointe de victoire qui me secoue.

— Dix ans au mois d'août, affirme Sermirov. Ivan lui a proposé de renouveler son contrat pour dix nouvelles années, mais il a préféré venir dans ce trou paumé.

Toute en classe et en prestance ! Cette femme est vraiment une plaie ! C'est décidé ! Je prendrais la défense de Weasley, juste pour la voir ramper à mes pieds pour me remercier d'avoir évité Azkaban à son si précieux jouet sexuel !

— Bâtard de Weasley chanceux, souris-je en coin.

— Pardon ? hausse un sourcil la directrice, clairement désapprobatrice.

— Je sais comment faire pour lui éviter le Baiser du Détraqueur, et même la prison, ris-je dédaigneusement.

— Expliquez-vous ! m'ordonne-t-elle, bien plus intéressée maintenant.

Quelqu'un dans cette école lui a-t-il déjà enseigné à s'adresser aux gens sans les agresser dès le premier regard ? J'en doute très fortement ! Au moins Severus, lui, n'a pas à hausser le ton pour se faire respecter ! Ça, c'est un vrai et bon directeur !

— La loi Vesselovski-Potter de 1813, ricané-je en lançant un clin d'œil amusé au balafré. « Tout ressortissant du territoire slave, par droit de naissance ou du sol, a, en cas de légitime défense ou pour protéger sa famille, le droit de recourir à tout type de magie, qu'elle soit noire, blanche, grise, de sang, rouge ou familiale. ».

Oh bordel ce que ça fait du bien de voir le visage défraîchit de cette bonne vieille McGonagall se refermer, de même que celui de la blondasse décolorée qui l'accompagne ! Et ce demi-sourire appréciateur de Severus ! Ça, c'est une victoire !

— Ce qui veut dire ? demande Potter.

— Ce qui veut dire que, puisque Granger est sa femme vis-à-vis du ministère de la Magie, Weasley est en droit de la protéger par tous les moyens qu'il a à sa disposition. Et donc de recourir aux sortilèges de magie noire.

Je suis déçu, je l'avoue… Moi qui m'attendais à ce qu'il saute partout pour défendre le fait que jamais un de ses ancêtres n'aurait pu s'acoquiner de cette manière avec un mage dit « noir », il n'en fait rien. Et je suis profondément déçu !

— Donc il est sauvé ? soupire-t-il de bien-être. Il n'ira pas à Azkaban ?

— Pas aujourd'hui en tout cas, haussé-je les épaules. Si tu ajoutes la loi Vesselovski-Potter à son statut de héros de guerre et au fait qu'il soit le Lord d'une famille « de la Lumière », qu'il soit un Weasley et qu'il vient d'épargner à l'Angleterre sorcière une nouvelle guerre, je pense que Weasley est sauf, en effet.

Mon petit discours laisse planer un silence pesant dans la pièce. Silence que je savoure pleinement, tout comme le regard reconnaissant de Potter. C'est bien la première fois qu'il ne me jette pas un Avada avec ses petits yeux porcins !

— Merci, monsieur Malefoy, soupire McGonagall, reconnaissante. Je ne sais pas ce que nous aurions fait sans vos connaissances.

Et voilà que reviennent les violons… Ces Gryffondor… Dans trente secondes, elle me déroule le tapis rouge, m'offre l'Ordre de Merlin première classe et peut-être même une vierge pour assouvir tous mes fantasmes… Reste concentré, Drago ! Ce n'est pas le moment de partir dans tes rêveries !

— Vous auriez dû vous mettre en recherche d'un nouveau professeur de Soins aux créatures magiques, tout simplement, levé-je les yeux au ciel.

Bien ! Au moins, avec une phrase comme celle-ci, je n'aurais pas à supporter les remerciements à rallonge de la directrice ! Une bonne chose de faite en ce jour ayant si mal commencé ! À cause d'un Weasley, bien évidemment !

Mais lorsqu'ils partent tous les trois, et qu'il ne reste plus que le balafré et moi dans le salon, un mauvais pressentiment m'assaille. Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que je ne vais pas aimer la conversation qu'il va vouloir engager…

— Je me demande vraiment ce qu'il a fait pour s'attirer ta sympathie, rit doucement Potter.

Gagné ! Je me doutais bien qu'il ne saurait pas garder sa bouche fermée plus de dix minutes… Putain de balafré avec son cœur sur la main ! En plus, il me force à m'exposer !

— Ce n'est pas pour lui, que je l'ai fait, grogné-je.

— La fameuse dette d'honneur que les Serpentard doivent à Hermione ? hasarde-t-il.

— Non, soufflé-je, lessivé. Je l'ai fait parce que je le lui devais à elle. Parce que je n'ai pas pu l'aider quand elle en avait besoin.

— Au manoir ?

— Oui.

— Pourtant, tu hais les nés-Moldus ! s'exclame-t-il, confus.

Il tourne comme un lion en cage sur le tapis persan de la salle commune, me donnant le tournis. Pourquoi ne peut-il pas rester bien sagement assis sur son foutu canapé et me laisser tranquille ? Pourquoi me force-t-il à revivre ces souvenirs ? De guerre lasse, je me laisse tomber sur le renfoncement auprès de la vitre.

— Je ne les hais pas, Potter, grommelé-je. Je les trouve simplement insignifiants, bien en dessous de ce qu'ils disent nous apporter.

— Ça revient au même, Malefoy, ricane-t-il.

— Pas à mes yeux. Je me fous royalement des Moldus, du moment qu'ils restent chez eux. En revanche, en ce qui concerne les Sang-de-Bourbe, je préférerais qu'ils restent chez eux tant qu'ils ne savent pas maîtriser la complexité de notre monde.

Il peut dire tout ce qu'il veut, il est intéressé par ce que j'avance. Prudemment, il vient me rejoindre sur le rebord de la fenêtre, laissant une distance salvatrice entre nous. Je veux bien parler, mais pas m'acoquiner avec lui non plus ! J'ai des principes, tout de même !

— Ils nous apportent Halloween, Noël, la Saint Valentin et toutes leurs fêtes typiquement moldues, mais ils refusent d'adhérer aux préceptes de la magie, ils refusent de remercier et bénir la magie comme tout Sang-Pur le fait.

— Donc, nous en revenons à ce que je disais précédemment, lève-t-il les yeux au ciel. Tu les détestes. Et tu la détestes elle. Alors pourquoi l'avoir défendue à son jugement de divorce ? Pourquoi avoir pris part au plan pour faire tomber Charlie dans ses filets ? Pourquoi avoir proposé de défendre Charlie ? Parce qu'elle est devenue une Lady Black ? C'est stupide !

Il n'a pas tort sur un point. Sans son ascension au titre de Lady Black, jamais un seul Sang-Pur ne lui aurait porté une quelconque attention. Mais elle est devenue une Lady, et les yeux de la communauté sorcière se sont tournés vers elle.

— Je ne l'ai pas fait pour ça, Potter, reniflé-je. Je l'ai fait parce que, depuis le début de l'année, voire depuis la fin de la guerre, elle nous a à tous prouvé, et par là je parle des Sang-Pur, qu'elle était à notre niveau, qu'elle comprenait et qu'elle défendait nos valeurs. Même si elle veut toujours libérer les elfes de maison…

— Que s'est-il passé, au manoir, pour que tu la voies différemment maintenant ? demande-t-il calmement.

Même s'il démontre un calme tout à fait incroyable en ce qui le concerne, sa question lancée à brûle-pourpoint me déstabilise. Presque autant que ses yeux verts interrogateurs et son maintien trop tendu pour être honnête.

Mais il paraît accepter la défaite quand, après quelques minutes de silence de ma part, il commence à se relever pour retourner à sa chambre. C'est à ce moment que je me décide.

— Ma tante, Bellatrix, commencé-je, repoussant autant que faire ce peu les souvenirs, était totalement barge. Et ce jour-là, elle est devenue folle quand elle a vu l'épée de Gryffondor. Elle a compris que quelqu'un était entré dans sa chambre forte, chose qui aurait dû être impossible, à moins que quelqu'un soit devenu héritier de la famille Black. Titre qui aurait dû lui revenir. C'est pour quoi elle a tué son cousin, Sirius, pour que ce titre lui revienne automatiquement à sa mort vu qu'il n'avait plus de descendant vivant.

Son visage se crispe alors que sa respiration se bloque. Visiblement, pour lui, le décès de mon traître de grand cousin est toujours un sujet brûlant. Dans d'autres circonstances, j'aurais pris cette information pour la lui balancer plus tard au visage.

Mais là, il n'est pas question de vengeance. Nous sommes simplement deux adultes détruits par la guerre, affectés moralement par les conséquences de celle-ci, et qui cherchent des réponses. Lui pour faire la paix avec ce qui s'est passé, et moi pour retrouver mon honneur. Aucun de nous ne trouvera le sommeil ce soir, mais au moins, l'un de nous aura certaines réponses.

— Alors elle a torturé Granger. Elle a essayé de lui extorquer des informations, essayé de savoir qui était devenu son héritier, qui avait obtenu l'immense honneur de devenir la nouvelle Dame Dragon. Dans son malheur, elle a eu de la chance, je suppose. Bellatrix n'a pas accepté l'idée qu'une Sang-de-Bourbe soit héritière d'une si noble lignée que la sienne. C'est pour ça qu'elle a préféré la torturer, plutôt que de la tuer.

Le dégoût profond que je ressens pour ma tante s'exprime très clairement, en plus de la haine viscérale qu'il lui voue, sur son visage. L'éclat du soleil couchant sur les verres de ses lunettes lui donne cet air meurtrier qui pourrait le faire partir en guerre contre cette folle. Mais Molly Weasley a été la plus rapide…

— Elle était persuadée qu'en la faisant parler, en la charcutant, elle finirait par craquer. Mais Granger n'a rien lâché. Elle savait qu'elle allait mourir, elle savait que son temps se comptait en minutes, mais elle n'a rien voulu lui donner. C'est la raison pour laquelle Bella lui a gravé ces mots sur l'avant-bras. Pour lui rappeler sa place, son rang. Lui rappeler qu'elle lui était inférieure, pas plus utile qu'un simple elfe de maison.

La douleur se répand en lui infiltrant chacun des pores de sa peau, brisant lentement mais sûrement le masque de haine qu'il arborait précédemment. Je ne sais pas ce qui l'unit à Granger, mais ce doit être assez puissant pour que son bien-être passe avant la haine qu'il voue à ma famille. Peut-être vaudrait-il mieux que je lui donne une explication avant qu'il ne soit prêt à me tuer ?

— Avant même que la torture ne commence, ma mère m'a jeté un sortilège de Stupéfixion pour que je n'intervienne pas. Grave erreur. Tu sais ce qu'il se passe, quand un sorcier est brisé par le Doloris, Potter ?

— Il devient fou, murmure-t-il sombrement.

Le cas des parents de Neville Londubat a fait le tour des Serpentard après le cours du faux Alastor Maugrey, en quatrième année. Bien sûr qu'il sait très bien ce que provoque le Doloris ! Londubat a dû le lui expliquer… Encore un qui aime le devant de la scène…

— C'est pire encore, Potter, soupiré-je. Toutes ses barrières s'effondrent, toutes ses peurs lui sont affichées. Elle a eu besoin d'un réceptacle à sa douleur, et elle m'a trouvé moi. Drago Malefoy, son ennemi. Ironique n'est-ce pas ?

Oui, la vie a un putain de sens de l'humour, et je l'ai découvert par une froide après-midi de printemps…

— Elle a compris presque immédiatement que j'étais sous sortilège, et elle a sûrement dû comprendre qu'elle ne s'en sortirait pas. Alors elle m'a demandé de t'aider à gagner, de faire n'importe quoi pour pouvoir te libérer de ce manoir quand elle l'aurait fait exploser.

— C'est pour ça que tu m'as donné ta baguette ? sursaute-t-il.

Tiens, je ne m'attendais pas à ce qu'il percute aussi vite, mais au moins, je n'aurais pas besoin de lui offrir l'aide de mes précieux conseils pour enlever les fichues lunettes roses qu'il porte ! Je ne me serais jamais laissé battre par ce balafré si je n'avais pas une dette envers elle. Une dette bien lourde à porter…

— À choisir entre ma baguette et ma maison, j'ai préféré te donner ma baguette, ne m'en veux pas, Potter, ricané-je sombrement. Une baguette se rachète, la maison de mon enfance, des souvenirs, non.

— Comment voulait-elle faire exploser ta maison ? fronce-t-il les sourcils, intrigué.

— Très simplement ! ris-je amèrement. Elle a emmagasiné bien plus de magie qu'elle ne le pouvait, puiser dans celle de ma tante, la mienne, celle de ma mère et même celle de mon père. Elle s'est gorgée de magie. Assez pour raser les trois quarts de l'Angleterre, à mon avis.

Le summum de la stupidité Gryffondorienne à mes yeux, mais quand on a le cœur sur la main comme ces foutus griffons, rien d'étonnant à cet « acte de bravoure »…

— Une sorte de combustion spontanée ? fronce-t-il encore plus les sourcils.

— Exact, approuvé-je. Elle a obtenu mon respect ce jour-là. Pas pour sa bravoure stupide qui n'aurait conduit qu'à notre mort à tous, mais parce qu'elle a eu le cran de tenter quelque chose de profondément stupide pour te permettre à toi de gagner cette guerre. Peut-être même est-ce la raison pour laquelle ma mère t'a laissé la vie sauve dans la Forêt interdite.

Je n'aurais jamais dû dire une chose comme celle-là… Maintenant, je me retrouve presque à nu devant cet imbécile de Potter, avec son sourire en coin trop amusé pour être sincère, et une lueur de malice dans le regard. Jamais, ô grand jamais je ne veux un jour revoir cette part de Potter !

— Finalement, Malefoy, rit-il franchement amusé, je crois que tu tiens bien plus du Gryffondor écervelé, ou même de Rogue, que de ton père !

Eh bien, au moins l'un des Gryffondor sait encore faire des compliments… Quoique, grâce à la démonstration de Granger durant son cours, j'en suis venu à douter du caractère cent pour cent Serpentard de mon propre parrain ! Un comble pour celui qui a toujours représenté au mieux cette maison à mes yeux !

— Excuse-moi ? grimacé-je fortement.

— Tu peux, mais ça n'en vaut pas la peine, ricane-t-il, gardant néanmoins son sérieux. Tu te caches derrière une dette de vie, ou une dette d'honneur, mais dans le fond, ce ne sont que des excuses pour ne pas affronter quelque chose de bien plus grand.

Pourquoi tant de sérieux de sa part ? Cette dette d'honneur, tous les Serpentard la portent en eux, et un Serpentard paye toujours ses dettes ! Pourquoi ne veut-il pas le voir ?

Et surtout, pourquoi croit-il entrapercevoir des qualités en moi ? Pourquoi, lui non plus, ne veut-il pas continuer avec cette haine ancestrale qui nous oppose ? D'abord Granger, maintenant lui ? Bientôt, je vais me retrouver sans ennemis à combattre, et ce sera le début de la fin pour moi…

Mais il me restera toujours Weasmoche et son tempérament colérique et jaloux, avec ses tendances vicieuses et bien moins rusées qu'il ne les croit ! Je dois vraiment être tombé bien bas pour louer les « qualités » de Weasley…

— Et qu'est-ce que c'est, selon toi, qui me dépasse ? murmuré-je, menaçant.

— Dans le fond, Malefoy, sourit-il narquoisement, tu es un gentil, et tu n'arrives pas à l'encaisser.

Voilà à quoi ça sert de vouloir aider les autres ! On se fait insulter ! Une chose est sûre, on ne m'y reprendra plus ! Foi de Malefoy, je ne recommencerais plus à donner de ma personne pour apaiser l'esprit tourmenté d'un Gryffondor !

Je suis Drago Malefoy, et que celui qui se sente prêt à remettre cet état de fait en cause se présente, parce que je suis prêt à lui envoyer un petit Avada bien sentit !

CW / HG * SDD * HG / CW

Hermione

Faire avouer à Kreattur l'adresse crier par Charlie quand il a pris la cheminée n'a pas été bien compliqué. À vrai dire, je me suis moi-même dégoûtée. En quelques minutes, j'ai sûrement dû incarner la quintessence de tout ce que je hais chez les Sang-Pur. Froide, sans cœur, menaçante. En un mot, dégoûtante…

C'était pourtant quelque chose qui me paraissait couler de source, le fait qu'il prenne la poudre de cheminette et non qu'il transplane. Pas dans l'état dans lequel il était. Pas alors qu'il aurait pu se désartibuler un million de fois avant d'arriver à destination.

Quand le monde s'arrête de tourner, que les images et les sons arrêtent de m'agresser les sens, je découvre un salon bien connu. Douillet, chaleureux, jeune et d'inspiration très française. La Chaumière aux Coquillages.

Je m'attendais presque à le trouver en train de réduire le mobilier en cendres, à déchirer les coussins du canapé en leur centre pour en faire voler les plumes, ou même en train de crier à tout va. Pourtant, ce comportement typiquement Weasley n'a pas lieu d'être en ce moment.

Non, pour l'instant, il est prostré contre la grande baie vitrée, son avant-bras contre la vitre fraîche, la tête posée dessus et les yeux plongés dans le vague, perdus dans la contemplation du flux et du reflux des vagues sur la plage.

— Je crois que c'est ça qui me manquera le plus, là où j'irais, soupire-t-il.

Je sursaute violemment. Il avait l'air tellement serein, tellement apaisé par la vision de l'océan, que je n'avais pas remarqué la lassitude empreinte dans son corps. Ses épaules voûtées, ses cheveux lâchés autour de son visage et sa main qui passe dedans.

— Tu peux me lancer le sort, Harry, je ne me défendrais pas, dit-il calmement en regardant encore l'immensité de l'océan. Dis-moi simplement comment elle va avant de m'emmener, s'il te plaît.

Harry ? Mais que vient-il faire dans cette histoire ? À moins qu'il soit persuadé que je n'ai pas survécu à la potion de Malefoy…

— Je vais bien, je te remercie, chuchoté-je. Et c'est grâce à toi.

Cette conversation me paraît si irréelle, si incompréhensible ! En aucun cas, je n'aurais pu croire, qu'un jour, je puisse voir le masque qu'il porte en permanence se fissurer. Mais c'est chose faite maintenant. Et je crois que j'aurais préféré ne jamais le voir…

Il sursaute au son de ma voix, se retournant vivement. Ses iris bleu nuit vrillent mon visage, impassible. Il n'a pas l'air de croire que je sois là. Ou bien est-ce parce que je ne lui ai toujours pas jeté le moindre sort ? Les deux options sont envisageables…

— Je suis désolé, chuchote-t-il en baissant la tête.

— Pourquoi ?

Les sourcils froncés d'incompréhension, je penche la mienne de tête, englobant toute sa personne de mon regard.

— Je t'avais promis de ne jamais te faire de mal, que jamais tu n'aurais à revivre le Doloris. Et j'ai échoué.

Un rire désabusé passe ses lèvres, et je comprends enfin de quoi il est question. Je le pensais fort, incassable, imbattable. Mais il n'en est rien. Il est blessé, détruit et en passe de se laisser couler. Tout cela à cause de moi.

Il n'est pas prêt à envisager une nouvelle mort, pas prêt à revivre la vision d'une personne qu'il a appris à connaître, étendue froidement sur le sol de la Grande Salle, les yeux grands ouverts, raide et le regard sans vie.

Il n'est pas prêt à affronter le fait qu'il a dû lancer un sort de magie noire, à accepter qu'il a joué le jeu des Mangemorts, à supporter de voir la honte dans le regard de sa famille et de ses amis. Pas prêt à affronter la guerre qu'il se mène à lui-même, de même que les conséquences de celle qui vient de se terminer.

— Si tu ne l'avais pas fait, je serais morte, affirmé-je doucement.

— Et si je ne l'avais pas fait, tu ne serais pas obligé de revivre en ce moment même les souvenirs du manoir Malefoy, sourit-il amèrement.

Je repousse vaillamment les images de la folle Mangemort brune me torturant au plus profond de mon esprit, repoussant tout aussi courageusement la présence de Circé qui se réveille lentement en moi, pour me concentrer uniquement sur lui et sa santé mentale.

— Dis-moi que j'ai tort, ricane-t-il en me rejoignant en quelques enjambées.

Dans un instinct primal de survie, je me colle au mur, préférant mettre le plus de distance possible entre nous, évitant ainsi aux phéromones émises par la vieille sorcière de l'atteindre. En vain, si j'en juge ses pupilles dilatées.

— Dis-moi que c'est par bonheur de retrouver la vie que tu as criée, dans le canapé, tout à l'heure, susurre-t-il en se rapprochant encore.

J'ai eu mal, j'ai eu si mal… J'ai senti comme des millions d'aiguilles vouloir percer ma peau en même temps, des couteaux cherchant à lacérer mon corps, mes muscles crispés à l'extrême et cette peur panique se déversant par vague constante dans mon corps.

Non, il a raison, ce n'était pas par plaisir que j'ai crié. C'était de la peur, de la douleur, de la colère froide et de la haine. La terreur de m'en prendre à quelqu'un si Circé se réveillait, la fureur de devoir encore une fois subir ce sort, et cette haine farouche envers la personne qui me l'a lancé.

Parce que, comme il l'a parfaitement supposé, je me suis retrouvé, durant quelques innombrables minutes, étendue de tout mon long sur un tapis plus qu'onéreux, Bellatrix Lestrange allongée sur moi, son couteau me tailladant la peau et son rire, son horrible rire résonnant dans mes oreilles.

Et je lui en ai voulu. Oh oui, je lui en ai profondément voulu de me l'avoir fait revivre.

Mais au travers de cette sensation de m'enfoncer en moi-même, alors que je sentais la vie quitter progressivement mon corps, je pouvais entendre sa voix m'appelant inlassablement, m'ordonnant de ne pas lâcher prise, de ne pas abandonner le combat. Et c'est ce qui m'a donné la force d'affronter la douleur que je fuyais le plus possible.

Le mal déchirant qui m'a enveloppé en reprenant possession de mon propre corps m'a littéralement coupé le souffle avant que mon cri ne s'échappe de mes lèvres. Mais il ne m'a pas fallu plus de quelques secondes pour comprendre qu'il avait souillé son âme pour me sauver, moi, la petite Granger, le rat de bibliothèque, la fille insipide à laquelle il s'est retrouvé marié par stupidité.

— C'est ce que je disais bébé, souffle-t-il en se reculant lentement d'un pas.

Un courant d'air froid me fait frissonner à la perte de la chaleur de son corps contre le mien. Quand donc suis-je devenue si réceptive à sa présence, à son odeur, à son toucher ? Jamais je n'ai ressenti cela avec quiconque ! Pas même avec Fred, malgré notre petit interlude en cinquième année !

— Finalement, je crois que je préfère que ce soit toi qui me conduises au ministère, rit-il désabusé. Je ne pense pas que je supporterais la haine de Harry en plus de la tienne.

— Je ne les laisserais pas t'emmener ! grondé-je, farouche.

— C'est pourtant ce qu'il va se passer, chérie, sourit-il sans joie. La directrice ne permettra jamais qu'un mage noir enseigne dans son école, pas après la dernière guerre. Soit tu le fais, soit je me livre moi-même, c'est à toi de voir. Je ne forcerais pas McGonagall à devoir me dénoncer aux Aurors.

Une peur panique m'envahit. Il a l'air si sûr de lui, si sûr que sa vie telle qu'il la connaît maintenant est sur le point de se terminer ! Comment faire pour l'empêcher de prendre la poudre d'escampette et rejoindre le ministère ?

« Vous êtes une sorcière, Granger ! » Pourquoi la voix de Rogue est-elle celle qui me parvient dans un moment aussi critique ? Et pourquoi est-ce celle-là qui me fasse réagir avec tant de vitesse ?

D'un mouvement vif du poignet, je lance deux sorts simultanément, le prenant par surprise. L'interrogation brille dans ses yeux, de même qu'une légère pointe d'amusement.

— Tu viens de…

— Bloquer la cheminée ? terminé-je pour lui. Oui. Et lancer un sort d'anti-transplanage.

— Tu sais que c'est vain, ce que tu viens de faire, n'est-ce pas ? hausse-t-il un sourcil. Tu m'offres peut-être un certain repris, peut-être pour me torturer toi-même, mais les officiels du ministère viendront quand même m'arrêter, et je ne me donne que deux jours avant d'être condamné au Baiser du Détraqueur.

Le même courant d'air froid, le même frisson de peur revient encore une fois, alors que les larmes de colère emplissent mes yeux.

— Je ne les laisserais pas t'emmener ! grondé-je.

— Tu ne pourras pas les en empêcher, tu sais ? sourit-il, fatigué.

— Je ne les laisserais pas te prendre !

Un monde où Charlie Weasley n'est pas là pour m'insulter, m'envoyer des sorts ou dire de moi que je suis une vulgaire petite fille qui ne mérite pas d'exister ? Pas tant que je serais là pour empêcher qu'une telle hérésie ne se produise !

— Je suis prête à forcer Harry à sortir de sa retraite de célébrité immédiatement, pour qu'il prenne position pour toi si procès il y a, soufflé-je en cherchant son regard, ignorant la peur qui gonfle de plus en plus. Même si Malefoy est un petit con pédant, il est aussi intelligent, et je lui fais confiance pour trouver un moyen de te sortir de là, tu m'entends ? Je ne les laisserais pas te prendre à moi ? Ils ne peuvent pas !

Mon corps entier tremble de froid, de peur, de colère et de tristesse. L'idée même de le voir embrassé par un Détraqueur me retourne l'estomac, me donne envie de vomir et de pleurer. Le monde n'a-t-il pas déjà eu sa dose de haine, de mort et de douleur ?

— Pourquoi es-tu prête à mettre Harry sur le devant de la scène ? Pourquoi veux-tu tant me sauver ? fronce-t-il les sourcils. Tu me hais pourtant !

— Je ne te hais pas, soupiré-je. Je ne t'aime pas non plus.

Ce qui a au moins le mérite d'être clair. À mes yeux, en tout cas, parce que visiblement, aux siens, cela n'apporte aucun éclaircissement à la situation… Peut-être dois-je développer pour qu'il saisisse à quel point le « nous » est compliqué.

— J'ai besoin de toi dans ma vie presque autant que toi tu as besoin de moi dans la tienne, soupiré-je, assaillir par ses prunelles vrillées aux miennes. Tu es le seul qui me maintienne sur un fil, le seul qui me retienne quand je perds mon souffle.

— Tout ira bien, bébé, je te le promets, sourit-il tristement.

Mais non ! Je refuse de le voir si abattu ! Je refuse de le laisser se faire emmener par les Aurors et juger comme un criminel de la pire espèce, embrasser par un putain de Détraqueur et laisser là, à moisir dans une cellule d'Azkaban pour l'éternité !

Et bordel ! Pourquoi ai-je l'impression que mon cœur est en train de tomber au fond de mon corps, que mes intestins sont à deux doigts de s'éclipser, que mes larmes débordent de mes yeux ? Même si, sur ce dernier point, ce n'est pas qu'une simple impression…

Je craque. Je crois que pour la première fois depuis la fin de la guerre, je suis en train de m'apercevoir que, loin de s'être terminée par la mort de Voldemort, elle continue, bien plus vicieuse, bien plus violente que durant l'année écoulée.

Parce que, maintenant, j'ai pu goûter à une certaine forme de normalité, même si celle-ci me paraît toujours aussi étrange. J'ai pu goûter au plaisir de me battre pour relever la tête et non plus pour sauver ma peau et celle des gens que j'aimais.

Et alors quoi ? Maintenant que nous sommes en paix, il faut que je perde encore quelqu'un que j'apprécie ? Quelqu'un qui, malgré ses mauvais mots et mauvais sorts, fait partie de cette catégorie de gens si inestimables pour moi que sa perte serait inconcevable ?

Je refuse ! J'ai déjà perdu mes parents, des amis, des alliés, de la famille, j'ai failli perdre Fred le soir de la bataille, de même que Ron. Le perdre lui serait insurmontable…

— Non ! crié-je, des sanglots déchirant ma voix. Non, ça n'ira pas ! Pas si tu n'es pas là pour me relever quand je tombe, pas là pour me jeter des sorts pour me faire réagir, pour m'insulter dans le but de me voir en colère !

— Ce n'est rien, Granger, ce n'est qu'un nouveau chapitre de ma vie, rit-il doucement.

— Ce n'est pas un nouveau chapitre de ta vie, Charlie Weasley ! sangloté-je, au bord de la crise de nerfs. Tu ne comprends rien !

— Alors explique-moi.

Je ne l'ai jamais vu si calme, si détendu, si posé. Et c'est lorsque je me souviens que Harry ressentait cette paix intérieure, avant d'aller se jeter dans la gueule du loup, ou plutôt du Seigneur des Ténèbres, que je comprends. Il est prêt à accepter le Baiser. Alors que moi non.

— Si tu tombes, je tombe juste après, Charlie, vrillé-je mes yeux aux siens. C'était notre accord tacite. Nous battre de toutes nos forces pour ne jamais rien regretter. Et je ne suis pas prête à mourir !

— Je ne le suis pas non plus ! crie-t-il enfin. Tu crois que l'idée de me faire embrasser par une créature hideuse et franchement dégoûtante me plaît ? J'ai la trouille, Hermione ! J'ai une peur bleue de les voir débarquer ici et m'emmener là-bas ! J'ai la trouille de ne plus jamais pouvoir te voir en colère, heureuse ou malheureuse ! Parce que, putain, bébé, je ne suis jamais autant en vie que quand tu respires !


Le chapitre vous a plu ? N'hésitez plus ! Laissez une review! Je réponds toujours à vos messages, et ils m'aident toujours à m'améliorer ! d'ailleurs, je lance un nouveau concours !

Celui ou celle qui postera la 150eme review aura droit de me poser une question à laquelle je répondrais en toute honnêteté sur SDD !

À vos claviers ! Dites-moi tout ! Qu'en avez-vous pensé ? Comment avez-vous trouvé ce Drago ? Et les explications sur le manoir Malefoy ? Êtes-vous d'accord avec Harry ? Drago est-il plus proche du Gryffondor que du Serpentard parfois ? Plus proche de Severus que de Lucius ? Et concernant ce début d'explications entre Charlie et Hermione ? Ou, plus précisément, vous attendiez-vous à cette méthode somme toute extrême pour la ramener dans le monde des vivants ? Et cette déclaration à la fin ? Un avis ? Qu'attendez-vous de la suite de cette histoire ? Allez, je vous laisse sur ces questions, j'en aurais un million d'autres à vous poser sinon… C'était un assez lourd chapitre, et pourtant, je ne vous laisse que quelques questions, vous voyez, je suis magnanime !

Je vous dis donc à vendredi prochain pour la seconde partie du chapitre 16 ! Au programme : une séance de voltige aérienne, un baiser, des inconnus et l'intrigue s'épaissit ! Je vous ai donné envie ? Si c'est le cas, ne manquez pas notre prochain rendez-vous, lâchez une review et mettez cette histoire en favori !

Je vous embrasse et vous souhaite une très bonne semaine à tous,
Bisou,

Mya