Rien ne m'appartient.
Contraintes :
Fandom de la semaine : Once Upon a Time
Foire aux couples : Regina / August
Alphabet des personnages : R = Regina Mills
Les défis de Sarah et Voirloup : écrire sur le fandom OUaT
Qui est-ce : écrire sur une femme
Ships farfelus : Regina / August
Si tu l'oses : "Moto"
Pairing : ReginaxAugust
Rating : K
Une fois de plus, il était tard, le soleil disparaissait à l'horizon et Regina quittait seulement la mairie pour rentrer chez elle. Ce n'était pas rare que cela lui arrive, à vrai dire, c'était même plutôt fréquent. De plus en plus, ces derniers temps. Déjà avant l'arrivée de cette Emma, et de tous les problèmes qu'elle avait amené avec elle, elle faisait souvent des heures supplémentaires, mais, maintenant, c'était pire. Parce que... eh bien parce que la vie avait repris son cours, littéralement. Après avoir vécu vingt-huit années dans le brouillard, dans une espèce de bulle où le temps ne s'écoulait plus, où il n'existait plus, et où donc les maigres obstacles qu'elle avait rencontré n'en étaient pas vraiment, le retour à la réalité était plus dur que ce qu'elle imaginait.
Sûrement parce qu'elle n'avait jamais imaginé qu'il y ait un retour à la réalité. Parce qu'elle avait imaginé qu'ils resteraient ainsi à jamais, figés, perdus dans un vide dont ils n'avaient même pas conscience. Parce qu'elle n'avait jamais imaginé que sa vie puisse partir en vrille, une fois de plus. Parce qu'elle avait imaginé qu'elle avait enfin obtenu sa fin heureuse, qu'elle avait gagné.
Elle s'était trompée, encore. Et en beauté. Parce que, non seulement ses plans avaient échoué, mais en plus, et c'était bien là le comble de sa douleur, son fils avait retrouvé sa mère. Sa vraie mère. Qui était aussi la Sauveuse. Si ce n'était pas le destin qui s'acharnait, il fallait lui expliquer ce que c'était.
Alors oui, Regina passait le plus clair de son temps à la mairie. Officiellement, pour le travail. Officieusement, pour ne plus avoir à affronter le regard d'Henry, sa déception, sa tristesse, sa colère. Son rejet. Sa peur, aussi, parfois. Comment pouvait-il sincèrement penser qu'elle lui ferait jamais le moindre mal ? Comment pouvait-il douter de son amour ? Elle était peut-être la Méchante Reine de son fichu bouquin, oh oui elle l'avait été, l'était encore un peu, l'était plus que jamais lorsqu'elle croisait la brune aux yeux bleus qui avait été la première à ruiner sa vie, mais elle était aussi et avant tout sa mère. Peut-être pas celle qui l'avait mis au monde, peut-être pas la vraie, mais celle qui l'avait choyé et élevé et adoré pendant dix longues années.
Avant que tout ne vole en éclats.
Et, à présent, c'était comme si le jeune garçon avait tout oublié de ces dix ans.
Comme si la malédiction se répétait, encore et encore, et qu'ils étaient tous voués à oublier leurs plus beaux souvenirs.
Sauf elle.
Qui gardait tout le bon, et tout le mauvais. Et qui sombrait toujours un peu plus dans la vengeance.
Les clés tintèrent dans le silence de ce début de soirée et, ainsi perdue dans ses pensées, Regina n'aperçut pas la silhouette qui se dressait derrière elle au moment où elle se retournait.
— Vous n'êtes pas très prudente.
Elle sursauta et laissa échapper son trousseau de clés, qui s'écrasa sur le sol à ses pieds.
— Que... et vous, vous êtes un abruti.
L'homme éclata de rire tandis que la mairesse se baissait et ramassait ses effets, sans lui avoir, au préalable, jeter un regard noir.
— Vous pourriez tomber sur des types pas nets à une heure pareille.
— C'est ce que je vois, répliqua-t-elle du tac au tac en haussant un sourcil.
August sourit à nouveau, visiblement peu impressionné par la hargne habituelle de la femme. Sans plus de considération, elle se mit en route, pressée de mettre fin à ce semblant de conversation.
— Laissez-moi vous raccompagner.
— Je peux très bien rentrer seule, je vous remercie, lança-t-elle sans se retourner.
Elle accéléra le pas, ses talons résonnant dans la rue immobile et silencieuse, résonnant sous son crâne comme autant de coups de marteau qui viendraient réveiller une migraine qui la tenaillait depuis des jours. Depuis qu'Emma Swan avait fait irruption dans son quotidien parfaitement rythmé et monotone. Quelques lumières brillaient aux fenêtres des maisons, mais la ville semblait déjà endormie. L'espace d'un instant, il aurait été si facile de tout oublier. D'oublier que tout avait changé, que plus rien ne serait comme avant, d'oublier que tout autour d'elle s'apprêtait à tomber en morceaux, que sa malédiction était sur le point d'être brisée. Peut-être pas aujourd'hui, peut-être pas demain, mais bientôt. Très bientôt. Parce qu'Emma était plutôt du genre têtue, mais elle finirait tôt ou tard par comprendre.
Comprendre que le live d'Henry n'était pas qu'une histoire.
Ou en tout cas, que c'était leur histoire.
À son côté, le moteur d'une moto accompagna le claquement de ses escarpins sur le bitume. Un sourire en coin, l'homme roulait à sa vitesse. Regina poussa un soupir théâtral et décida de l'ignorer, continuant son chemin.
Elle n'avait aucune idée de qui il était, qui il était réellement, et autant dire qu'il n'était absolument pas prévu dans ses plans, lui non plus. D'abord Emma, maintenant lui, combien d'autres allaient débarquer pour tout foutre en l'air encore ?
Elle voulait juste être heureuse. C'était ce qu'elle avait toujours voulu, toujours espéré, toujours cherché à avoir.
Mais visiblement, elle n'était pas faite pour le bonheur.
— Montez, l'interrompit, une fois de plus, August.
Elle releva le menton, chassa ses réflexions douloureuses.
— Certainement pas, répondit-elle sans ralentir.
— Vous seriez rentrée plus vite. Et en un seul morceau.
— Je ne monterai pas sur votre engin. Encore moins avec vous.
— C'est dommage, j'ai un deuxième casque dans le coffre.
— Grand bien vous fasse.
— Pourquoi vous ne voulez pas ?
— Et pourquoi je voudrais ?
Il haussa les épaules, comme si la réponse était évidente.
— Pour vous amuser, pour l'aventure. Pour moi.
Regina éclata de rire, à son tour.
— Vous ne manquez pas de toupet, vous.
— On me le dit souvent, répliqua-t-il avec un sourire charmeur.
Sans vraiment s'en rendre compte, la mairesse ralentit le pas jusqu'à s'arrêter complètement et le fixer droit dans les yeux. Elle était fatiguée, fatiguée de marcher depuis plus d'une semaine parce que sa voiture refusait de démarrer, fatiguée de lutter, fatiguée de ce masque de froideur permanent. Fatiguée de jouer une comédie qu'elle s'était imposée des décennies auparavant. Dans une autre vie. Où elle était une autre personne. Où elle n'était pas heureuse. Où elle n'avait pas Henry pour égayer ses journées, pour remplir son cœur d'une chaleur bienfaitrice.
Elle se vit monter sur cette moto, derrière cet homme, cet inconnu. Sentit le vent courir sur sa nuque, siffler dans ses oreilles. L'adrénaline courir dans ses veines, faire frémir son corps.
Pour sûr, elle en avait envie.
Quand bien même sa raison lui hurlait de ne pas le faire.
— Si j'accepte, j'aurais la paix après ?
Il pencha la tête sur le côté, faisant mine de réfléchir.
— Je ne peux pas promettre.
Regina leva les yeux au ciel et tendit la main.
— Très bien, donnez moi ce fichu casque.
Elle l'enfila et enjamba la moto pour s'installer derrière lui, posant ses mains sur sa taille. Fermement, il attrapa ses poignets et les ramena sur son ventre, de sorte à ce qu'elle ait ses bras enroulés autour de lui.
— Accrochez-vous bien, la prévint-il au-dessus de son épaule.
— N'en rajoutez pas, non plus.
Et, après un dernier rire, il démarra en trombe, faisant rugir le moteur à travers toute la rue principale.
Regina ne l'avoua jamais, mais un sourire vint rehausser sa bouche alors que, durant un bref moment, plus rien n'exista d'autre que le corps d'August et le vrombissement de son siège, durant un bref moment, elle oublia tout.
Absolument tout.
Durant un bref moment, il ne lui resta que cette sensation d'euphorie et un embryon de bonheur, qui explosa dans sa poitrine.
Cela lui avait manqué, de sourire pour de vrai.
À très vite ;)
