[Règle n°18 – Prendre garde]


¡Hola! Content de vous retrouver sur ce nouveau chapitre ! (Et je m'excuse platement pour le retard ; visiblement la reprise du boulot m'a fait perdre le sens des réalités.) Je vous souhaite à tous une bonne lecture.


« Ceux qui ne respectent pas les règles et transgressent les lois…
sont considérés comme des moins que rien.
Mais… ceux qui ne pensent pas à leurs compagnons… sont encore pires. »


C'était un matin plus ou moins identique à beaucoup d'autres pour la plupart des élèves du lycée Konoha, sauf pour Sasuke. C'est en maudissant son grand frère qu'il passa ce jour-là les grilles de fer de l'établissement pour s'engager sous la charmille. Ignorant ostensiblement la beauté des arbres revêtus de leurs couleurs automnales et le ballet des feuilles mortes, le brun s'empressa de rejoindre la cour en grommelant dans son écharpe. Itachi avait voulu lui faire une blague. Et quelle blague ! Vraiment, Sasuke avait beaucoup de mal avec le sens de l'humour décalé de son aîné. Profiter d'une insomnie pour venir piquer son portable en pleine nuit, dans sa chambre, quelle brillante idée ! Et, bien évidemment, puisqu'Itachi ne faisait jamais les choses qu'à moitié, il s'était ensuite endormi dans le salon. La sonnerie du réveil de Sasuke n'avait pas suffi à le tirer de son profond sommeil, et il les avait tous les deux mis en retard : le plus jeune au lycée, le plus âgé à son rendez-vous à l'agence.

Quand les rayons du soleil avaient réveillé Sasuke, et qu'il s'était rendu compte que son portable avait disparu, il avait dévalé les escaliers en pétard, avec l'envie non-dissimulée de tout foutre en l'air. Mais le pire, c'est quand il avait trouvé l'objet de sa colère endormi sur le canapé, souriant comme un bienheureux. Il avait éprouvé l'indicible désir de l'applaudir pour son talent d'humoriste – de l'applaudir en claquant une main vengeresse sur sa joue, bien entendu.

Il monta les escaliers qui menaient au bâtiment D en grinçant des dents, et traversa le couloir d'un pas lourd. Quand il arriva face à son casier, il déposa un cahier, récupéra deux livres puis repartit dans le sens inverse en faisant claquer la petite porte de fer. Tout en descendant quatre à quatre les marches du perron, il pensa soudainement à Naruto et espéra qu'il avait bien reçu son message. Quelques instants plus tôt, coincé dans un wagon du métro entre une femme d'affaires en tailleur, un collégien enrhumé et un vieil homme courbé qui parlait tout seul, Sasuke s'était escrimé pour sortir son portable de sa poche et prévenir son ami qu'il ne fallait pas l'attendre dans la salle de classe, et qu'il le rejoindrait quand il arriverait, à leur coin tranquille près des vestiaires. Naruto n'avait pas répondu, ce qui était assez rare pour être souligné. En traversant la cour une nouvelle fois, Sasuke songea ironiquement que Deidara avait peut-être le même sens de l'humour tordu qu'Itachi…

En passant le coin du bâtiment J, le brun vit soudain une silhouette non loin devant lui, qui lui inspira un frisson de colère supplémentaire. Hōzuki Suigetsu se dirigeait lui aussi vers le coin des vestiaires, apparemment… Sasuke souffla du nez, exaspéré, en pressant le pas pour rattraper l'importun. Il fallait qu'il le chasse d'ici, qu'il le fasse fuir. C'était leur coin, à lui et à Naruto. Leur endroit tranquille où ils pouvaient être eux-mêmes, où ils pouvaient fumer sans craindre qu'un surveillant ne les déniche, où ils pouvaient raconter ce qu'ils voulaient, des bêtises ou mêmes des secrets beaucoup plus sérieux. C'était leur parenthèse, leur loge pour s'échapper du spectacle de leur vie qu'ils ne maîtrisaient pas toujours, leur pause, rien qu'à eux ! Leur coin d'égoïsme. Personne n'avait le droit de leur enlever cela, encore moins ce Hōzuki de malheur !

Mais contre attente, Suigetsu ne se dirigea pas jusqu'aux vestiaires. Il s'arrêta derrière le bâtiment I, non loin du terrain de sport, et se cacha derrière le bord du haut mur de pierre afin d'observer sans être vu. Sasuke s'immobilisa en fronçant les sourcils. Qu'était-il en train d'épier, au juste ? Ou plutôt, « qui » ? Le brun avait un mauvais pressentiment qui étreignait peu à peu son estomac vide. Le plus discrètement possible, il s'approcha pour voir ce qui intéressait tant Suigetsu, et quand il fut à quelques mètres de lui, il n'y eut plus de place pour le doute. Les vestiaires se profilaient, un peu plus loin, et Sasuke était persuadé que de là où était Suigetsu, l'on avait une vue imprenable sur leur coin tranquille. Et s'il restait ainsi à observer, c'est qu'il devait y avoir quelqu'un ; et il y avait fort à parier que ce quelqu'un se trouvât être Naruto.

Le brun ravala sa salive avec difficulté. Si la colère l'avait étreint quelques secondes auparavant, une crainte sourde avait soudain pris le dessus sur le reste de ses sentiments. Des flashes de souvenirs aveuglèrent sa mémoire. Les caractères tracés au correcteur blanc au fond de son casier, qu'il avait depuis grattés pour les faire disparaître, mais qui étaient encore si clairs dans son esprit. La menace à peine voilée de Fugaku. Et Neji, couvert de bleus, étendu sur le carrelage froid des toilettes, taché de son sang. Une image se superposa bientôt à celle-ci, qui sortait tout droit de son imagination et qu'il ne voulait surtout pas voir devenir réalité : Naruto dans un état semblable. Sa peau si douce striée de griffures et d'ecchymoses. Son beau sourire effacé de son visage immobile. Ses merveilleux yeux, douloureusement clos. Son corps, de coutume si plein de volonté, soudain tressautant de douleur.

Le sourire carnassier de Suigetsu s'imposa sans crier gare au milieu de ses divagations et Sasuke sursauta.

Visiblement, son père n'avait pas abandonné ses idées. Il pensa à Neji, aux conséquences désastreuses qu'avaient eu les menaces de Fugaku. Il pensa à Naruto, et aux sentiments qu'il éprouvait à son égard, qu'il espérait un jour voir partagés. Il pensa à Lee et à combien ils s'étaient démenés tous les deux, puis accompagnés de Naruto, pour faire éclater la vérité sur son père. Il ne voulait pas laisser l'histoire se répéter. Il avait souhaité changer le cours des choses, alors il allait le faire.

Décidé, Sasuke refit quelques pas en arrière, toujours aussi silencieusement, pour ne pas se faire remarquer. Il ne fallait surtout pas que Suigetsu sache qu'il avait été découvert. Faisant donc comme si de rien n'était, il enfila son casque et se construisit un air tout-à-fait normal, puis s'avança de nouveau entre les bâtiments pour faire croire à Suigetsu qu'il arrivait tout juste. Du coin de l'œil, il remarqua ce dernier s'éloigner à sa vue, mais ne laissa rien paraître. Quand il arriva en vue du pignon des vestiaires, il remarqua de suite Naruto, les écouteurs enfoncés dans les oreilles et le regard plongé vers le sol où il était en train d'écraser sa cigarette. Sa tête oscillait doucement, sûrement au rythme de sa musique. C'était donc bien lui que Suigetsu observait. Sasuke serra les poings et se promit une nouvelle fois de ne pas laisser la situation s'envenimer ; il refusait que Naruto puisse subir des conséquences qu'il n'avait aucunement provoquées.

Quand les yeux bleus de son ami se redressèrent dans sa direction, il esquissa un léger sourire, que Naruto lui rendit à la puissance mille. Aucun de ses doutes ne s'étaient réellement confirmés et il ne désirait pas l'inquiéter outre-mesure, alors il préféra se taire sur ce qu'il venait de découvrir. En se rapprochant peu à peu, il vit le blond le détailler des pieds à la tête d'un air étrange puis, quand il fut arrivé à sa hauteur, éclater d'un rire franc et cristallin.

— Bonjour à toi aussi, je peux savoir ce qui t'amuse autant ? demanda Sasuke sans chercher à cacher son irritation.

Naruto eut tout le mal du monde à calmer son fou-rire, et ses épaules étaient encore agitées de soubresauts lorsqu'il répondit :

— Même si tu m'avais pas dit que t'étais tombé du lit ce matin, j'aurais deviné ! Je t'ai jamais vu aussi décoiffé, et est-ce que tu te rends compte que t'as pas mis ta chaîne à ton pantalon ?

Sasuke baissa un regard horrifié vers sa ceinture, effectivement vide. Comment diable avait-il fait pour oublier quelque chose de si important ? Il la mettait absolument tous les jours, ne la laissait de côté qu'en de rares occasions – comme lors de la soirée d'anniversaire de Naruto, mais ç'avait été uniquement pour faire bonne impression devant Kushina. Il aurait voulu avoir Itachi devant lui pour l'étriper, tout était de sa faute ! Il se sentait étrangement nu sans sa chaîne, comme s'il lui manquait quelque chose d'essentiel. Au milieu du chaos du lycée, elle faisait partie de ce qui le protégeait, en quelque sorte. Elle n'avait rien d'ostentatoire, n'était pas affublée de quelconques fioritures ; non, elle était juste assez voyante pour tenir à l'écart la plupart des personnes. C'était ainsi que Sasuke se défendait contre l'adversité.

— Bon, je voudrais pas te presser mais si tu restes à réfléchir au sens de la vie, t'auras jamais le temps de fumer ta…

La voix de Naruto s'interrompit, coupée par la sonnerie du début des cours, qui était tombée à point nommé. En effet, le blond avait vu juste ; Sasuke n'aurait jamais le temps de fumer une cigarette. Frustré, il laissa s'échapper un énième soupir, puis il fit volte-face en se dirigeant vers la cour pour rejoindre leur classe, sans desserrer les lèvres. Lorsqu'ils tournèrent au coin du bâtiment J, Naruto, qui avait bien remarqué que quelque chose ne tournait pas rond chez son ami, demanda en le taquinant du coude :

— Ben alors, c'est d'être en retard qui te met dans cet état ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

— Demande à mon frère… ! grogna Sasuke en fuyant le regard inquisiteur du blond.

— Ouhla, mais c'est que tu mordrais ! Allez, raconte…

Naruto ignora royalement les yeux noirs qui le fusillèrent un instant, nullement impressionné, attendant patiemment que le brun se décide à lâcher ce qu'il avait sur le cœur. Et il le ferait, Naruto en était persuadé. Il avait appris à décrypter Sasuke, il connaissait ses mimiques par cœur. Il tentait d'abord d'intimider par un regard assassin, puis faisait comme s'il n'avait rien entendu en ignorant proprement la personne qui lui parlait. Ensuite, il levait les yeux au ciel en lâchant un profond soupir, puis…

— Mon débile de frangin est venu dans ma chambre cette nuit pour me piquer mon portable parce qu'il n'arrivait pas à dormir et qu'il s'emmerdait. Une de ces blagues stupides dont il a le secret…

Gagné ! Naruto se retint de lâcher un cri de victoire, se contentant d'élargir son sourire et d'écouter attentivement la suite.

— Du coup, non, j'ai pas eu le temps de me coiffer, je me suis préparé en quatrième vitesse, je ressemble à rien et j'ai même pas pu avaler quoi que ce soit. Et oui, je suis de mauvaise humeur.

— J'avais remarqué. glissa Naruto avec une moue amusée.

Désireux de changer de conversation, Sasuke lui demanda pourquoi il n'avait pas réagi à son dernier message.

— D'habitude tu peux pas t'empêcher de me répondre avec cent cinquante smileys… compléta-t-il avec un rictus amusé.

Naruto répondit à son sourire, fier de lui-même. La psychologie inversée fonctionnait toujours avec Sasuke ! Pour lui changer les idées, il suffisait de lui faire croire que c'était lui qui décidait de parler d'autre chose. Cela fonctionnait presque à chaque fois à merveille !

— J'avais plus de batterie, il s'est éteint quand j'étais en train de te répondre. J'ai emprunté celui de Shika pour écouter un peu de musique et j'ai laissé le mien à charger dans la classe. Mais du coup, j'ai complétement oublié de te répondre, c'est vrai…

— Ton frère t'a piqué ton chargeur cette nuit ? demanda Sasuke avec un sourire à faire peur.

Décidément, il avait la rancune tenace ! Sa question inattendue fit tout de même ricaner Naruto, qui lui répondit alors qu'ils passaient les portes de leur salle de cours :

— Non, j'ai juste oublié de le brancher hier !

— Ça va, je ne vous gêne pas, les gars ? Surtout, prenez votre temps !

Les poings posés sur le bureau, un regard sévère tourné vers eux, leur professeur d'Histoire-géographie les attendait visiblement pour commencer son cours. Son livre était déjà ouvert sur le pupitre, et tous les élèves étaient assis à leur table, dévisageant les nouveaux arrivants soit en rigolant, soit d'un œil morne. Sasuke et Naruto s'inclinèrent en s'excusant et se dépêchèrent de rejoindre leur place. Quand il passa à côté de Shikamaru, Naruto déposa son portable sur le bureau et entendit clairement Kiba murmurer :

— C'est ça, de s'isoler pour fumer !

Lorsqu'il fut assis, le blond répondit à son sourire ironique par une grimace tout aussi stupide, ce qui arracha un soupir de désespoir à Shikamaru. Quant à Sasuke, le regard dores et déjà perdu dans les nuages, il réfléchissait à la meilleure manière de s'occuper du cas "Suigetsu". La première chose à faire était bien entendu de s'assurer qu'il les espionnait régulièrement et que ce dont il avait été témoin quelques instants auparavant n'était pas un pur hasard – même s'il en doutait fortement. Il décida donc de discrètement le tenir à l'œil pendant les jours à venir, afin de vérifier d'abord si ses hypothèses se confirmaient, mais également pour glaner quelques informations sur Fugaku, si possible.

Sasuke s'efforça donc de rester attentif sans laisser éclater sa colère au grand jour. Il ne laissa glisser que quelques regards de biais afin que Suigetsu ne se doutât de rien, restait dans les coins d'ombre pour essayer d'entendre quelques mots d'une conversation compromettante, retenait son souffle quand il croisait ces yeux clairs qui lui faisait grincer des dents. Les jours s'écoulaient, tous un peu différents, tous si semblables, mais Suigetsu ne commit aucune imprudence de toute la semaine.

Une seule fois, Sasuke eut l'espoir de le confondre. Lors d'un intercours le mercredi, alors qu'il se dirigeait vers les casiers pour récupérer un livre, il vit le jeune homme au fond du couloir, devant la porte des toilettes, balayant de son regard froid les alentours. Le brun se cacha immédiatement derrière une rangée de casiers, espérant ne pas avoir été vu ou entendu, et attendit là quelques instants. Quand il fut certain que la voix était libre, il jeta un rapide coup d'œil dans le couloir, puis avança doucement vers la porte des toilettes. À mi-chemin, il commença à entendre des voix filtrer au travers de l'embrasure de la porte. Un frisson parcourut son échine. Quelqu'un pleurait… Il fit quelques pas de plus, et il fut certain d'entendre Jūgo dire « Tiens-toi tranquille, sinon ce sera pire. », et Karin ricaner avec des gloussements dignes d'une dinde qui s'étouffait. Son cœur se mit à battre plus fort. En franchissant les derniers mètres, Sasuke serra les poings en saisissant quelques « Arrêtez ! » suppliants et désespérés. Son sens aigu de la justice lui étreignit l'estomac lorsqu'un « s'il vous plaît » implorant, strié de sanglots, résonna, un peu plus haut que les autres. Il déglutit difficilement, le cœur au bord des lèvres. Il ne pouvait pas laisser faire cela.

Il allait intervenir lorsqu'il discerna la voix de Suigetsu, plus mesurée, ordonner calmement :

— Tu vas faire ce qu'on te demande, c'est tout. Maintenant, fous-moi le camp. Et ferme ta gueule, surtout.

Sasuke fit un pas en arrière. S'il ne pouvait pas les prendre en flagrant délit, mieux valait ne pas être remarqué du tout. Il entendit des chaussures glisser sur le carrelage avec des petits bruits aigus, une chute, puis des pas empressés résonnèrent à nouveau de l'autre côté de la porte. Sasuke eut tout juste le temps de se faufiler entre le dernier casier et le bout du couloir avant que la porte des toilettes ne s'ouvre en claquant, laissant filer un garçon qui devait avoir à peine quinze ans. Sans remarquer qu'il était épié, il courut vers la sortie du bâtiment comme s'il avait le diable à ses trousses. Et même quand il fut sorti, Sasuke put entendre résonner pendant de longs instants encore les claquements de ses baskets sur le linoléum du couloir, et les échos de ses larmes étouffées.

Il n'avait pas reconnu le fuyard, mais lorsqu'il vit Suigetsu, Karin et Jūgo quitter les toilettes en se congratulant mutuellement, il se jura de faire quelque chose. Il avait vu de très près jusqu'où ces brutes abominables étaient capables d'aller, et il ne pouvait se résoudre à laisser cela se répéter, même s'il ne connaissait pas leur bouc-émissaire du moment.

Il retourna en cours en se demandant quelles étaient ses possibilités. En parler à la directrice ? Non, il n'avait aucune confiance en l'administration. La réalité lui avait prouvé maintes et maintes fois que l'autorité n'était pas gage d'intégrité. Confronter Suigetsu, alors ? Non plus. Tant qu'il n'avait aucun moyen de pression, il ne pourrait lui lancer que des menaces vides de sens, quelques paroles en l'air qui s'évaporeraient comme une goutte d'eau dans le désert. Suigetsu était vil. Il ne se laissait pas intimider aussi facilement. Ô combien cette situation était frustrante !

Quasiment à chaque fois qu'il sortait de leur salle de cours, il sentait son regard glacial et calculateur dans son dos, attendant tel un requin que Naruto et lui fassent un faux pas. Et Sasuke n'avait qu'une envie à chaque fois qu'il pensait à ce sale type : celle de lui envoyer son poing crispé dans son arrogante gueule de connard. Il lui fallait impérativement trouver sa faiblesse ; le moindre détail pouvait avoir son importance. Même quelque chose d'insignifiant à première vue pouvait se révéler crucial dans ce combat silencieux.

Le samedi suivant, alors que Sasuke avait du mal à se concentrer sur ses exercices de mathématiques, il envoya valdinguer son stylo dans un coin sombre de sa chambre en soupirant. Toute cette histoire était en train de le faire tourner bourrique. Il l'avait observé toute la semaine, épié ses habitudes aussi banales fussent-elles, tenté d'écouter la moindre conversation qui lui paraissait suspecte, mais il n'en avait absolument rien tiré. À croire que Suigetsu avait vu clair dans son jeu… Pourtant non, Sasuke était persuadé d'avoir été encore plus discret qu'une ombre ! Il se leva brusquement de sa chaise de bureau en l'envoyant rouler au milieu de sa chambre, se mordant la lèvre de trop réfléchir. Devant ses yeux froncés de concentration, la ville s'étendait à travers la baie vitrée. Les buildings s'entassaient, rivalisant de modernité et de hauteur, tentant vainement de crever le ciel gris du début de l'automne. Quelques gouttes d'une légère averse passée perlaient encore sur la vitre, la faisant scintiller lorsqu'un rayon de soleil parvenait miraculeusement à percer l'épaisse et cotonneuse couche de nuages.

Sasuke ne sut si c'était la vue qui s'offrait à lui ou autre chose qui lui souffla cette idée, mais il se jeta aussitôt sur son lit pour ouvrir son ordinateur, resté en plan sur sa couverture depuis sa nuit blanche passée à regarder une série. Il tapa son mot de passe rapidement et attendit en se rongeant un ongle de pouce que sa session ne s'ouvre. Puis il ouvrit le navigateur et tapa à la va-vite « Hōzuki » dans la barre de recherche. Peut-être cela n'allait-il rien donner, mais au point où il en était, il tentait tout.

Il trouva plusieurs résultats, des noms divers qui ne lui évoquaient rien, des profils sur des réseaux sociaux, des articles de journaux en ligne, et même un chanteur des années cinquante, oublié de tous, à part de quelques fans sur le retour qui désespéraient d'une époque révolue. Mais rien sur Suigetsu Hōzuki. Il prit le temps d'éplucher quelques articles pour vérifier qu'il n'avait pas manqué un détail important, mais non, il ne tombait que sur des informations sans la moindre importance, à propos de personnes qui n'avaient apparemment rien à voir avec celui qui lui faisait perdre le sommeil ces derniers temps.

Soudain, au détour d'un article sur une sombre affaire de trafic de drogue prétendument couvert par la police, Sasuke crut lire le nom qu'il cherchait depuis un long moment déjà. Il fronça les sourcils en relisant l'article plus attentivement, ne sachant pas s'il devait se réjouir ou se méfier. Suigetsu, trempé dans un trafic de drogue mêlé d'une affaire de ripoux ? C'était presque trop facile…

Cependant, les espoirs de Sasuke furent rapidement déçus quand il retrouva enfin le nom qu'il avait cru lire, quelques instants auparavant. Ce n'était pas Suigetsu Hōzuki, mais Mangetsu Hōzuki… Passé un court moment de déception, le brun réalisa qu'il s'agissait peut-être du père de Suigetsu. Leurs prénoms se ressemblaient un peu trop au goût du jeune homme pour qu'il considérât cela comme un hasard. Et après tout, le chef de la police de Tōkyō devait largement avoir les moyens de faire étudier son fils au lycée Konoha, n'est-ce pas ?

Sasuke refit une recherche avec cette fois le nom de Mangetsu Hōzuki, et trouva des résultats soudain beaucoup plus intéressants. La plupart des articles faisait référence à un policier exemplaire à qui tout réussissait, qui menait ses subordonnées d'une main juste et bienfaitrice ; mais en cherchant davantage, il parvint à dénicher quelques écrits perdus dans les méandres d'internet, et qui dénonçaient certains agissements pour le moins suspects de la part de cet homme aux apparences si irréprochables. D'anciennes affaires laissées étrangement sans suite, des suspects plus que douteux relâchés sans trop de raisons…

Sasuke grinça des dents. N'y avait-il donc personne d'irrépréhensible dans ce foutu pays, sur cette foutue planète ? C'était rageant de voir que la corruption était partout, surtout au sein d'une organisation censée protéger la population. Il entendait encore Naruto dire qu'il avait confiance en la Justice… Eh bien lui n'en éprouvait plus la moindre. Voilà pourquoi il préférait ne pas compter sur quoi que ce fût d'officiel pour régler ses problèmes : dès qu'il était question de pouvoir, l'argent entrait en compte et la confiance disparaissait, elle fondait comme neige au soleil. C'en était désespérant…

S'il devait tout de même retenir quelque chose de toutes ces découvertes, c'était que le père de Suigetsu était sûrement aussi trempé dans d'insondables magouilles que son propre père. Cela expliquait sûrement pourquoi Suigetsu avait agi pour Fugaku. Ils avaient sans doute un arrangement qui incluait le chef de la police de la capitale. Sasuke ferma son ordinateur et se laissa tomber sur son lit en saisissant l'anneau qui pendait à son cou. Son regard se perdit dans l'immensité du ciel qui s'assombrissait peu à peu, et deux idées se mêlaient dans son esprit. La première était qu'il ne risquait pas de voir apparaître ses chères étoiles ce soir ; et la deuxième était que le défi qu'il s'était lancé de faire payer son père pour ses crimes venait de prendre un nouveau degré de difficulté.

À dire vrai, il ne parvenait même plus à être surpris. Les horreurs qu'il découvrait peu à peu ne faisaient que s'ajouter à une liste déjà longue, qui ne lui inspirait plus qu'un dégoût désespéré.

Néanmoins, tout cela ne répondait aucunement à sa première interrogation. Qu'allait-il bien pouvoir faire pour éloigner Suigetsu ? Il avait beau avoir fait des recherches sur lui, et découvert quelque chose de relativement intéressant, cela ne lui donnait pas pour autant le moindre moyen de pression…

Ce fut sur ces pensées préoccupantes qu'il retourna au lycée le lundi suivant, et qu'il rejoignit en compagnie de Naruto leur coin tranquille, qui n'était plus si tranquille que cela. En sentant à nouveau la brûlure du regard de Suigetsu dans son dos, Sasuke se crispa légèrement. Il n'allait pas tenir une semaine de plus dans de telles conditions…

En face de lui, Naruto fronça imperceptiblement les sourcils. Cela faisait quelques jours que Sasuke paraissait étrange. Ses yeux s'étaient faits méfiants, et il avait des moments d'absence pendant lesquels il semblait prêter attention à tout sauf à la personne qu'il avait en face de lui. Il s'était forcément passé quelque chose, mais quoi ? Il s'éclipsait parfois de longues minutes durant, entre les cours ou pendant les pauses, prétendant avoir besoin d'aller aux casiers. Mais le mensonge était trop gros pour être cru. Sasuke avait un problème, cela se lisait sur son visage aux traits crispés, et comme bien souvent, il le gardait pour lui. Naruto aurait dû souffler d'exaspération un bon coup, avant d'exiger la vérité, alors pourquoi choisit-il de ne pas intervenir cette fois-ci ? Il ne le savait pas lui-même, du moins pas totalement. Il savait uniquement qu'un mauvais pressentiment étrange avait élu domicile dans le creux de son estomac et montait parfois lui étreindre la gorge. Comme si, cette fois, ce que Sasuke craignait était bien plus inquiétant que les fois précédentes.

Naruto essaya de faire contre mauvaise fortune bon cœur. Lui aussi cachait parfois des choses à son ami, alors Sasuke avait bien le droit d'avoir ses secrets, non ? Le blond tenta de s'en persuader, ignorant le goût amer qui lui venait en bouche quand il pensait à tout cela.

Le soir-même, alors qu'il venait de dire au revoir à Naruto – qui allait à reculons à son cours privé de sciences avec le vieux Jiraya – Sasuke fit demi-tour pour retourner dans leur salle de cours. Il y avait oublié son livre de japonais, alors qu'il en avait besoin pour finir un travail à rendre le lendemain. Il pressa le pas ; il avait promis à Gaara qu'ils passeraient un peu de temps ensemble ce soir et il ne voulait pas lui fausser compagnie. Il gravit les escaliers du perron quatre à quatre, puis monta au premier étage.

Le long couloir plongé dans la pénombre était de chaque côté percé de fenêtres. D'un côté, elles laissaient couler les dernières lueurs du jour, de l'autre côté, de longues vitres laissaient voir l'intérieur des salles de cours. Elles paraissaient bien vides, le soir, sans élèves ni lumière. En portant son regard plus loin dans le couloir, Sasuke tiqua. Il y en avait une qui était encore allumée… Pourtant ce n'était pas ici que les heures d'étude ou de soutien avaient lieu… Était-ce une personne qui y faisait le ménage ? Probablement pas, sinon la porte ne serait pas fermée.

C'était sans doute parce qu'il était sur la défensive depuis maintenant plus d'une semaine, mais Sasuke avait la tenace impression qu'il se tramait quelque chose d'anormal dans cette salle. Une intuition le poussa à s'en approcher prudemment ; une intuition si forte qu'elle annihila tout le reste de son esprit : son livre de japonais, et même Gaara. À pas de loup, il s'avança pour atteindre la salle encore illuminée. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il découvrit, en glissant un coup d'œil discret à travers la première fenêtre, Suigetsu et Jūgo en train de discuter avec animation. Sasuke se recula instinctivement, réfléchissant à toute vitesse. L'expression grave peinte sur le visage de Suigetsu en disait long, ils devaient être en train de discuter de quelque chose d'important. Il fallait à tout prix qu'il écoute cette conversation…

Sasuke posa une main sur l'encadrement de la vitre et, le plus silencieusement possible, il fit glisser la petite fenêtre cerclée de bois de quelques millimètres, juste assez pour pouvoir entendre la discussion. Il récupéra ensuite son portable dans la poche de sa veste et déclencha l'enregistreur vocal. Cette fois, il ne manquerait pas une miette de ce qui se dirait dans cette salle ; et si ce qu'il entendait était inutile, au moins aurait-il la satisfaction d'avoir mis toutes les chances de son côté.

— … parle trop, toi t'es plus discret.

Un frisson parcourut l'échine de Sasuke, à l'entente de la voix de Suigetsu. Il en avait assez d'être sur ses gardes à chaque fois qu'il mettait le nez dehors, assez de se sentir épié, assez d'entendre cette voix grinçante et cynique retentir tout autour de lui ; d'une façon ou d'une autre, il fallait qu'il mette un terme à cela.

— J'ai l'impression qu'il se méfie de quelque chose, alors j'ai besoin que tu le tiennes à l'œil toi aussi. S'il me voit trop, il finira par comprendre.

Le doute n'était pas permis, ils parlaient de lui. Sasuke en était persuadé. Mais alors, qui « parlait trop » ? Karin ? Pour sûr, elle parlait beaucoup trop, pour ne pas dire grand-chose d'intéressant, et la discrétion n'était définitivement pas son fort. Néanmoins, avancer que Jūgo était plus discret qu'elle était légèrement douteux. Ce géant était certainement plus proche de l'ours, génétiquement parlant, que d'un espion…

— Alors tu me tiens au courant, dis-moi s'il fait quelque chose de bizarre avec son pote, ok ?

« Son pote », c'était à n'en pas douter Naruto. Et toutes les suppositions de Sasuke prirent forme dans son esprit. Si Suigetsu cherchait à être témoin de « quelque chose de bizarre » entre lui et Naruto, cela ne pouvait vouloir dire qu'une chose : Fugaku attendait qu'ils sortent ensemble pour pouvoir faire ce qu'il affectionnait tant. Détruire des vies juste pour se prouver qu'il en avait la possibilité. Pour se faire mousser. Pour se lancer des fleurs à lui-même. C'était puéril, mesquin et particulièrement révoltant. Qu'allait-il faire cette fois ? Allait-il demander à Suigetsu de passer Naruto à tabac dans les toilettes ou ferait-il preuve d'inventivité ? La violence, le chantage, autre chose ?

Le cœur de Sasuke s'affola dans sa poitrine tandis que ses dents grinçaient sans même qu'il s'en rende compte. Imaginer que quelqu'un d'autre puisse subir à sa place, sous le prétexte bancal que son père se prenait pour un dictateur, lui était insupportable. En particulier s'il s'agissait de Naruto. Rien que d'imaginer que le blond pût souffrir par sa faute faisait bouillir son sang.

La porte de la salle s'ouvrit soudain, mais Sasuke ne fit rien pour se cacher ; il pensait à trop de choses en même temps pour se rendre compte de la situation. Jūgo en sortit devant son regard voilé de ressentiment, sans poser la moindre question, sans même se rendre compte que quelqu'un les avait écoutés. Il partit dans l'autre sens d'un pas lourd et quitta le couloir sans un coup d'œil en arrière. Et la lumière s'éteignit dans la salle.

Lorsque Suigetsu fit son apparition lui aussi, en refermant la porte avec un sourire satisfait esquissé sur sa figure odieuse, Sasuke sentit une vague de colère envahir son cœur. Il ne pouvait plus supporter ce que Fugaku ourdissait, il n'était plus question qu'il se contente de regarder son père faire sa loi sans même répliquer. Sa raison bâillonnée dans un coin de son esprit, il laissa tomber son sac sur le vieux parquet, ainsi que son portable par-dessus, et s'avança d'un pas décidé, ses poings déjà serrés à en faire blanchir les jointures de ses doigts.

Les yeux mauves se retournèrent alors vers lui, et quand leurs regards se croisèrent, Sasuke sut qu'il ne pouvait plus reculer. Il se détesterait trop de ne pas agir. Il pressa le pas et, particulièrement satisfait de la lueur d'inquiétude qui s'alluma dans les yeux de son vis-à-vis, il se jeta sur lui et le plaqua sans ménagement contre le mur trop fin, qui chancela légèrement sous l'assaut. Sous la main tremblante de Sasuke, les veines palpitaient violemment dans le cou de Suigetsu.

— Écoute-moi bien, parce que je ne me répéterai pas. commença le brun d'un ton qui n'admettait pas la moindre réplique.

Ses pensées étaient en ébullition. Il se rappela soudain, au premier abord sans trop savoir pourquoi, d'une conversation qu'il avait eue avec son grand frère le lendemain de leur dernière excursion avec Lee. Itachi était rentré tôt de chez Yahiko et Konan le matin, et avait croisé Sasuke et Naruto qui partaient pour le lycée.

— Si tu continues comme ça, je te jure que tu le regretteras.

Son grand frère n'avait bien évidemment pas manqué de remarquer la main bandée de Naruto, mais n'avait rien dit sur le moment. Il avait attendu le soir, quand Sasuke était revenu à l'appartement après les cours, pour tout lui expliquer. Assis sur l'accoudoir du canapé, il lui avait avoué qu'il avait tout compris.

— Si tu touches à un cheveu de Naruto, tu le regretteras aussi.

Itachi avait vu clair dans le jeu de son petit frère. Il avait parfaitement compris qu'ils étaient partis chercher des preuves à charge contre Fugaku, que Sasuke n'avait pas abandonné l'idée d'un jour prendre correctement sa revanche contre leur père.

— Si mon père a quelque chose à me dire, qu'il le fasse lui-même.

Mais ce qui avait davantage surpris Sasuke, c'était quand son frère lui avait juré qu'il tiendrait sa promesse. Qu'il ne se mêlerait pas des affaires de son cadet et qu'il ne tenterait rien pour l'empêcher de mener son propre combat.

— Mais toi, reste loin de nous.

Puis Itachi l'avait regardé droit dans les yeux, retenant le silence pendant quelques instants, avant de lui dire d'une voix ferme, débordante de confiance, qu'il n'exigeait qu'une chose. « Ne te laisse pas marcher sur les pieds, petit frère. », avait-il demandé dans un doux sourire. Et Sasuke lui avait promis que cela n'arriverait plus.

— Ne t'avise même plus de poser ton sale regard sur nous, c'est clair ?

Suigetsu commençait à manquer d'air, mais Sasuke n'en avait extraordinairement rien à faire. Il avait quelque chose à dire à ce connard de première, et il irait jusqu'au bout, peu lui importaient les conséquences. Les ongles de Suigetsu se plantaient dans la chair de ses bras pour qu'il le lâche, mais il ne les sentait presque pas.

— Parce que je te jure que si tu tentes quelque chose contre l'un de nous deux, tu finiras bien plus mal que la dernière fois.

Il descendit doucement sa main jusqu'à la base du cou de Suigetsu, relâchant la pression tandis que le jeune homme essayait de retrouver un semblant d'équilibre sur ses jambes flageolantes. Le voir ainsi, apeuré, hésitant, apportait à Sasuke un plaisir malsain qu'il savourait à sa juste valeur après s'être senti manipulé par ce salaud.

Il fit volte-face, satisfait d'avoir mis des mots sur ce qui lui pesait sur le cœur depuis un trop long moment, puis s'avança vers son sac pour le récupérer. Pourtant, alors qu'il allait se saisir de son portable, un léger sentiment de frustration s'empara de lui. Il avait la désagréable impression de n'avoir fait les choses qu'à moitié – et il avait une sainte horreur du travail bâclé. Il se retourna, savourant au passage la vue de Suigetsu adossé au mur, qui reprenait avec une difficulté non-feinte sa respiration, et, sans préavis, lui envoya son poing dans le visage.

Et ce fut uniquement à ce moment, en voyant le jeune homme s'effondrer sur le sol avec fracas, que Sasuke eut vraiment l'impression qu'il avait fait ce qu'il fallait. Ne pouvant cacher son contentement, il s'agenouilla et, d'un ton particulièrement satisfait, susurra à l'oreille de Suigetsu :

— Tu vois, je pensais que les menaces allaient me suffire, mais faut croire que j'avais vraiment envie de frapper ta sale gueule… On va dire que c'est pour le pauvre gosse que t'as traumatisé mercredi dernier.

Soudain envahi d'un calme étrange, Sasuke se redressa et laissa derrière lui sans le moindre remord un Suigetsu qui respirait dans d'horribles sifflements. Ses obligations se rappelèrent soudain à lui, et il se dépêcha de ramasser ses affaires avant de se diriger dans la salle de sa classe pour récupérer son livre de japonais. Quand ce fut chose faite, il passa de nouveau à côté de Suigetsu qui s'était relevé, mais avait apparemment bien du mal à retrouver une respiration normale. Alors que Sasuke tournait au coin du couloir pour emprunter les escaliers, il entendit une voix stridulante s'élever dans son dos.

— Tu n'imagines même pas ce que tu viens de déclencher, Sasuke…

Ignorant proprement les menaces de Suigetsu, le brun descendit en enfilant son casque pour écouter un peu de musique. Il pouvait bien avoir déclenché l'ire paternelle, il n'en avait plus grand-chose à faire.


Fin ! Votre avis ?

Sasuke a montré son côté beaucoup plus sombre dans ce chapitre ! C'est vraiment comme ça que je vois ce personnage : si passionné que parfois, il en perd la raison. En tout cas, c'est ainsi que je l'ai appréhendé dans le manga.

J'ai passé la barre des 200 pages sur Word avec ce chapitre ! J'arrive même pas à réaliser, c'est un cap (que dis-je, c'est un cap – c'est une péninsule !)

Une petite précision : j'ai fait de Mangetsu Hōzuki le père de Suigetsu, et non son frère. La raison est très simple : je n'avais pas envie d'inventer un nom pour ce personnage (je n'aime pas faire ça), et je n'avais pas besoin que Suigetsu ait un frère. Donc j'ai décidé que ce serait une parfaite solution, voilà ^^

À la prochaine, tout le monde !