Salut tout le monde,
J'espère que votre été se passe bien et que vous en profiter ! Me voilà avec la suite des aventures d'Ava qui s'en va au sommet de Red Line ! Je vous remercie pour vos messages DidineOokami, Ellana06500 et Melisselamalice ! Et oui ! vous allez avoir des nouvelles de Killer s'est promis :) Dès que la partie Mari-joa sera résolue, je vous réserve un petit chapitre, c'est prévu et il est déjà en cour d'écriture ehehehe )
Sur ce, bonne lecture et j'attends vos retours !
Chapitre 22 - Seichi Mari-Joa :
La ville de Red Port était très animée. De nombreuses boutiques couvraient quasiment toutes les allées, avec tout autant de cafés et de restaurants. Avec seulement trois ascensions et trois descentes par jour, il fallait de quoi occuper les voyageurs.
Derrière elle, Gladius surveillait la rue tandis que Buffalo se morfondait une fois de plus sur son sort. Être séparé encore une fois de son acolyte était bien difficile pour lui. Quand il évoqua une fois de plus l'absence de Baby 5, Gladius tapa du pied et lui lança un regard courroucé.
« Tu peux pas la fermer Buffalo ? Y a quoi que t'as pas compris dans le plan ?
- Rien c'est juste que je pensais qu'elle viendrait avec nous.
- Ça suffit tous les deux », trancha Doflamingo, fatigué de l'attitude de ses subordonnés.
D'un signe de la main, il fit comprendre qu'il attendait un nouveau verre de vin. La servante présente près de leur box se dépêcha de lui apporter.
Le carré d'attente réservé aux hôtes de marque ne comptait qu'eux et une autre personne. Certainement un homme d'affaire vu son accoutrement et les gardes du corps qui surveillaient les alentours. Au plus près de la zone d'embarquement à bord des Bondolas, le lieu n'accueillait que ceux qui possédaient les plus grandes fortunes du monde. Ava ressentait un certain dégoût des riches face à leur spectacle. L'idée qu'elle en profitait à ce moment même la dégoûtait tout autant d'elle-même. L'instinct lui disait de fuir dans le déni, de se convaincre qu'elle était en mission sous couvert, qu'elle en profitait malgré elle. Elle regarda Doflamingo. Peut-être y avait-il eu une vérité dans ce qu'il lui avait dit un mois auparavant. Elle était pleine de vanité, tout comme lui… Mais ce n'était pas parce qu'elle descendait des créateurs du monde. Au contraire, ces ancêtres avaient détruit leur monde, elle l'avait vu. Non. Elle n'était pas comme lui. Elle cherchait à réparer une erreur. C'était la mission adressée par Néthan. Comme s'il l'avait senti, Doflamingo se tourna vers elle :
« Un problème Baby 5 ? »
Ava tressaillit et balbutia une réponse à la manière de l'autre femme, sans avoir vraiment à l'imiter.
« Non aucun jeune maître. »
Un homme entra dans le salon qu'ils occupaient. Maigre, d'une cinquantaine d'années, habillé d'un costume à queue-de-pie, il traversa la pièce jusqu'à Doflamingo, devant qui il s'inclina très bas. Quand il se redressa, il retira un mouchoir d'une poche intérieure à son veston et s'essuya le bout du nez.
« Le bondola va être à quai d'une minute à l'autre votre majesté. Vous allez bientôt y avoir accès.
- Parfait, répondit Doflamingo en joignant ces mains. Vous recevrez mon paiement d'ici quelques jours.
- Je n'en doute point, fit l'homme rachitique en renouvelant sa révérence. »
Comme pour confirmer ce que venait de dire le Stewart, un bruit assourdissant couvrit toute l'agitation de la ville alors qu'une ombre gigantesque la recouvrait brusquement. Le bruit devint de plus en plus aigus, alors que le bondola n'était plus qu'à quelques centaines de mètres du sol. Dans la ville, tout le monde s'était figé, pour admirer l'étrange véhicule ralentir, générant des milliers d'étincelles autour des câbles auxquels il était accroché.
Ava s'approcha de la baie vitrée pour mieux voir l'engin se raccorder au quai d'embarquement et déverser les voyageurs qui redescendaient de la terre sainte. Quand les derniers passagers eurent quitté le vaisseau les baies vitrées des carrées réservés s'ouvrirent laissant passer en premier les voyageurs de première classe.
Doflamingose leva d'un bond :
« Enfin, je commençais à m'impatienter…Gladius, Baby 5 ! »
Ava se rapprocha deGladiusalors que Buffalo fermait la ils sortirent sur le quai, elle vit la centaine de personne qui les fixait, espérant reconnaître des personnalité fut surprise d'entendre des acclamations au passage du grand corsaire avec parfois des intonations féminines sur le point de dé sentant ralentir, trop occupée à observer la foule, euun claquement de langue pour la ramener vers sentit la menace dans le petit bruit et accéléra le pas.
Ils traversèrent le quai avec l'homme d'affaire suivi de ses cerbères et montèrent à bord du grand vaisseau.
L'intérieur dubondolaétait très élégant, et ce n'était rien comparé à l'étage supérieur, réservéaux premières Stewart les guida jusqu'à un carré privé, où des banquettes d'un bleu profond formait un ovale autour d'une table où les attendait une collation qui aurait suffit à nourrir un régiment. Ava imita Gladius et Buffalo qui attendirent que Doflamingo s'asseye avant d'en faire de même.
Ils n'eurent pas à attendre longtemps avant que les passagers de deuxième et troisième classes puissent monter. Très vite, le bondola s'ébranla et le cliquetis des hélices devint un fond sonore des plus désagréables. La sensation d'élévation indisposa très vite Ava. Était-ce le fait de quitter la sécurité de la terre ou bien l'idée de retourner sur la terre qui l'avait vu naître. Elle déglutit difficilement et regarda par la fenêtre. En contrebas, Red Port s'éloignait pour ne laisser rien d'autre que l'océan à perte de vue.
Elle allait revoir le Safèd Nihàla. Le grand palais blanc, à l'ombre du siège du gouvernement mondial. L'image de sa mère pour la première fois lui apparut nettement. Son visage ovale encadré de ses cheveux blonds, presque blancs, à moitié dénoués. L'odeur de l'eucalyptus lui revint en mémoire, l'odeur pour calmer ses crises de nerfs.
Comme s'il avait lu dans ses pensées Doflamingo releva la tête et malgré ses lunettes, Ava sentit le regard glacial qu'il lui lançait.
« Ta mère est toujours en vie, au cas où tu ne le saurais pas. Je te défends de l'approcher. Son comportement est trop instable, on ne peut prédire ses réactions. »
Ava se détourna de la fenêtre et chercha à voir au-delà des verres fumés, mais ne parvint à rien.
« Tu as compris ? »
Elle hocha en guise de réponse.
« Ta vie est pleine de rebondissement… Presque plus que ma propre vie. »
Ava scruta le corsaire. Il ne la regardait plus, le regard fixé sur le verre qu'il tenait. C'était la première fois qu'elle le voyait autant songeur. Le silence s'installa à nouveau, lourd, alors que le bondola s'enfonçait dans les nuages gris, jetant la pénombre sur les cabines.
Quand on a autant de temps, les pensées vagabondent, surtout dans une ambiance aussi calfeutrée, presque intime. Elle épia l'un après l'autre, les trois hommes assis à ces côtés, songeant à ce qu'ils pouvaient bien ruminer chacun dans leur coin. Cela la fit penser à Marco, souvent dans cette même position que Gladius. Les bras croisés, repliés contre lui-même. Ava aimait penser qu'il revoyait par la pensée les années lointaines qu'il avait déjà vécues. Marco… Où était-il ? Était-il seulement en vie ? Honteuse, elle réalisa qu'elle ne s'était même pas inquiété de la situation dans laquelle se trouvait son ancien équipage. Pourtant, la marque était toujours là, indélébile, à tout jamais sur ses côtés. Avec un sourire, elle se remémora la colère de Marco quand il avait découvert le tatouage. En elle, quelque chose se serra. Quelle idiote elle avait été… Toutes ses années à appeler Barbe Blanche père alors que c'était dans la cabine de Marco qu'elle avait dormi, que c'était lui qui l'avait élevée, nourrie, habillée, éduquée… Elle n'avait pas le souvenir de l'avoir une fois appelé papa. L'en avait-il dissuadée ? Elle ne s'en rappelait pas.
Ava s'éveilla peu de temps avant le terme de l'ascension. Elle s'était endormi sans s'en apercevoir, et était même surprise d'y être parvenu alors qu'elle voyageait en compagnie d'un psychopathe notoire qui ferait presque passer Kidd pour une personne saine d'esprit. Mais elle n'attarda pas ses pas ses pensées sur ce point. Comme tous les passagers présents à bord, elle avait senti le ralentissement progressif du Bondola. À l'extérieur rien ne les dominait en dehors du ciel bleu. Cela faisait bien longtemps qu'ils avaient dépassé les nuages. Une boule prit place dans son abdomen, gênant sa respiration. Soudain, l'ombre de la montagne disparut et le bondola s'arrêta. Elle se tourna vers Doflamingo qui lui afficha un grand sourire qu'elle ne parvint pas à analyser. Il se décolla lourdement du fauteuil où il était installé et tendit la main à Ava. S'en sans rendre compte elle la saisit, comme si elle savait qu'elle ne parviendrait pas à se lever sous le poids de l'appréhension et de l'excitation. Ils sortirent de la cabine et traversèrent le bondola seuls, encore une fois prioritaire dans l'ordre des sorties. L'aérogare était littéralement suspendue au-dessus du vide, accrochée à la montagne. Ils croisèrent une foule de voyageurs qui patientaient, attendant de monter dans le Bondola qui allait redescendre. Ava ne les voyait pas, elle ne les entendait pas. Elle ne sentait que le bras de Doflamingo, elle n'entendait que le battement de son cœur, la crispation de sa poitrine.
« Alors qu'est-ce que cela fait ?
- C'est étrange… Souffla-t-elle. »
Doflamingo eut un rire étrange. Il sentait l'excitation de la jeune femme à l'idée de rejoindre leur terre natale. Mais ce qui transpirait de la jeune femme lui donnait envie de la punir. Il lui en voulait, car cela faisait bien longtemps qu'il ne ressentait plus cela. La terre sacrée ne lui inspirait presque que du dégoût désormais. Il était bien au-dessus de ces gens désormais. Lui, vivait affranchis de toutes contraintes, affranchis de l'argent et du titre. Alors voir cette petite garce dans un tel état l'agaçait. Ou bien l'excitait, mais pas dans le même sens. Au retour à la galère, il verrait bien ce qu'il ferait de la jeune noble…
En attendant il retira son bras de celui d'Ava et d'une poche intérieure de son manteau de plume, retira une pile de papier.
Devant eux l'espace de réduisait en plusieurs couloirs. Point de passage d'un côté à l'autre de Gand Line, c'était l'un des rares postes de douanes. Le seul moyen de pister les déplacements de certaines personnalités et d'arrêter les pirates suffisamment naïfs pour oser passer par là.
Doflamingo s'engagea dans un des couloirs. Autour d'eux, les murmures s'élevaient après leur passage, et des soldats s'approchèrent du douanier qui allait procéder au contrôle. Ils s'inclinèrent tous bas lorsque Doflamingo se planta devant eux, les dominant de sa carrure peu commune.
Il leur tendit les papiers qu'il avait préparés, mais le douanier eut un geste poli et annonça que le contrôle n'était vraiment pas nécessaire.
« Vous m'en voyez ravi »
Avec un rire cynique, le corsaire remis à leur place les papiers, et rattrapa Ava par le bras et avança vers la sortie de la douane.
Les risques de la découverte de l'imposture venaient d'être balayés d'un revers par le seul nom de Don Quichotte Doflamingo. Un homme au-dessus des lois qui n'avaient à s'inquiéter des soucis qu'allaient connaître d'ici peu les autres passagers. Ava n'y croyait pas. Comme s'il n'y avait jamais eu aucun risque que l'on s'aperçoive qu'elle n'était pas qui elle prétendait être. Encadrée de Gladius et de Buffalo, elle suivait le grand corsaire vers la sortie.
Petit-à-petit, le sol de marbre laissa place à une terre poudreuse et rouge comme le sang. Devant elle, la foule se pressait vers les marches qui amenaient aux portes de Mari-Joa. L'escalier était monumental, seul moyen d'accès à la Terre Sainte, on avait la sensation qu'il n'était là que pour davantage affaiblir les visiteurs. Doflamingo n'avança pas vers les escaliers. À peine sorti de l'aérogare une litière pouvant accueillir au moins six personnes s'arrêta devant eux. À chaque portant, quatre esclaves portaient à l'épaule le lourd palanquin. Ils le posèrent au sol délicatement et un homme passa sa tête en dehors du véhicule en écartant un rideau de velours bordeaux.
« Tu es en retard cousin…
- Ton père t'envoie ?
- Ma mère.
- Je vois. »
Un esclave s'écarta de son portant pour ouvrir la porte de la litière et attendit que tous y montent. À l'intérieur, deux banquettes confortables se faisaient face. Ava sentit sur son épaule la main de Gladius la forcer à s'asseoir à une extrémité et à ne plus y bouger. À peine installer, la litière fut soulever et pris lentement la direction des grands escaliers.
Dans son coin, Ava écouta en silence la conversation entre les deux hommes. Elle comprit vite qu'en face d'elle se trouvait un dragon céleste. Jamais elle n'aurait pensé que Doflamingo ait gardé un lien avec sa famille qui l'avait pourtant repoussé. Elle se rappela que le corsaire avait parlé d'un vote pour sa réintégration aux dragons célestes… Sa famille avait dû être pour.
« Qu'est-ce qui t'amène ?
- Des affaires.
- Quelles genres ?
- Le vieux Saraswati m'a volé une marchandise, j'aimerai la reprendre.
- Tu as toujours de quoi le faire chanter ?
- Fufufufufu me prendrais-tu pour un idiot ? »
Le dragon céleste pouffa à son tour :
« Il ne me viendrait pas à l'idée de t'insulter de la sorte. Mais méfies-toi de Nérée… Il est de pire en pire en vieillissant. »
Dans son coin, coincée entre Gladius et le rideau, Ava ne perdait pas une miette de ce que se disaient les deux hommes. Ainsi, le corsaire pouvait faire chanter son grand-père. Voilà comment il avait obtenu aussi vite une audience. Elle nota ça quelque part dans un coin de son esprit.
OOOoooOOO
Ils passèrent la nuit au palais des Don Quichotte, dans l'immense palais de l'Alhambra. L'incroyable structure ressemblait à une succession de palais scindés d'une forteresse. L'ensemble faisait fortement penser au palais de Dressrosa, en une version plus grande cependant. On les enferma, elle et les deux officiers dans une aile s'ouvrant sur un jardin où un jeu de bassins aquatiques donnait l'impression d'avoir voyagé dans un pays tropical. Les murs couverts de mosaïques donnaient le tournis avec leurs couleurs chatoyantes et les fontaines créaient une mélodie sans fin.
En début de soirée, Doflamingo fit irruption dans les salons où avaient été installés ses serviteurs, habillés dans une longue robe de chambre blanche, tel les dragons célestes. Il s'allongea sur une méridienne à l'ombre d'un palmier dans le patio ouvert sur la pièce. Ava était assise au bord d'un bassin, laissait ses jambes se balancer dans l'eau.
Doflamingo observa la jeune femme. Il s'était habitué à ses silences et s'était presque résigné à ce qu'elle ne réponde que rarement. Il allait appeler Gladius lorsque la voix douce d'Ava l'interpella.
« Quel est ton moyen de pression ?
- Qu'as-tu dit ? Grogna Doflamingo.
- Comment fais-tu chanter Nérée ?
- Cela ne te regarde pas, grinça-t-il.
- Et pourquoi pas ? »
Elle se retourna légèrement, ses yeux verts le fixant par-dessus son épaule.
« Ne crois-tu pas que je suis en droit de savoir comment tu peux aussi simplement accéder à l'antre des Saraswati ?
- Je n'ai que faire des "droits" Nikolaëvna, se contenta-t-il de répondre. »
Elle fronça les sourcils et lui tourna définitivement le dos.
« Gladius ! »
Le son du tissus glissant sur le sol marqua son approche et l'homme s'arrêta à quelques pas de son maître.
« Surveille-la, j'ai à faire ce soir. »
Il se leva et commença à s'en aller, mais il se figea. Il venait d'avoir une idée. Avec un large sourire, il vint s'accroupir tout près d'Ava. Il saisit entre ses doigts une mèches des cheveux bruns et approcha ses lèvres de l'oreille ainsi découverte :
« Je sais bien des choses sur les Tenryubito. Je connais bien des secrets sur nombre d'entre eux, mais au-delà de ça, j'ai toujours quelque chose qu'ils désirent. Et aujourd'hui je possède une information que Nérée veut… »
Le grand corsaire marqua une pause, ménageant son effet sur la jeune femme dont l'expression trahissait l'inquiétude de le voir aussi près d'elle.
« J'ai la liste des soldats en charge de la protection de sa famille lors de sa visite officielle il y a maintenant dix-neuf ans. Parmi eux, se trouve celui qui a engrossé ta mère et par le même biais a jeté l'opprobre sur sa famille. »
Ava tressaillit et d'un regard incertain dévisagea le corsaire qui se délectait de sa réaction.
« Quoi ? » réussit-elle à prononcer d'une voix étranglée.
Il ne laissa pas le temps à Ava de digérer ce qu'il venait de lui dire et se releva dans un rire. Elle voulut saisir un pan de son large habit, mais il ne lui en laissa pas l'occasion et disparut vers la fête qui l'attendait.
Le grand corsaire connaissait l'identité de son père. Ou plutôt avait une liste des personnes possibles. Marco lui avait enseigné l'architecture du fonctionnement de la marine. Les vice-amiraux étaient régulièrement adressés pour des missions de protection lors des voyages des Tenryubito, ils sont alors à la tête d'un bataillon soit environ deux mille hommes répartis en plusieurs compagnies.
Ava se laissa retomber en arrière sur le large lit. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin…. Même s'il avait cette liste, à quoi cela l'avancerait ? Savoir que son père était un marine ne lui faisait pas grand chose. Elle songea à Marco une fois encore. Un jour, il faudra qu'elle le retrouve et lui dise. À force de ressasser, elle s'endormit tard sans faire attention aux rires et aux cris qui résonnaient en échos de temps à autres dans tout le palais.
La fête de la veille n'empêcha pas Doflamingo de les réveiller tôt le lendemain matin. Gladius resta impassible, mais Buffalo eut un petit rire entendu devant la mine satisfaite de son maître. Une nuit plaisante apparemment. Ava n'osait pas trop laisser son imagination s'aventurer là-dessus. Une fête réussie pour Doflamingo devait au moins comporter une bonne dose de sadisme. Elle eut un relent de dégoût lui laissant une impression désagréable. Elle s'était pourtant interdit d'imaginer ce à quoi cela pouvait ressembler.
Ils quittèrent les jardins tropicaux à bord d'un palanquin et parcoururent les rues où se croisaient régulièrement des escouades marines et des gardiens célestes couverts de leur lourde armure d'argent. Peu d'habitant se promenaient. Il était encore trop tôt pour les nobles. La plupart devaient encore terminer l'orgie débutée la veille. « Mais pas les Saraswati », avait dit Doflamingo. Eux travaillaient. Ils avaient des affaires les Saraswati. Leur jeu était les finances. Quand on a plus de royaumes pour payer un colossal impôt à ses célestes dirigeants, il faut bien trouver la fortune ailleurs. Alors les Saraswati avait fondé la banque mondiale, s'enrichissant sur le dos de tous les autres pays du monde. Ava entendait bien dans la voix de Doflamingo que sa famille maternelle ne lui inspirait pas grand chose d'autre que de la haine. L'ambiance dans le palanquin s'était alourdie suite à la tirade du corsaire. Ava tira alors le rideau de son côté et se plongea dans le paysage qui défilait lentement.
La ville était comme dans ses souvenirs, même si la plupart étaient marqués par la fuite des esclaves de 1509. Des avenues perpendiculaires, tirées aux cordeaux, d'une propreté inquiétante. Des arbres alignés, d'un vert surnaturel. Des palais blancs, roses, crèmes, rivalisant de beauté.
Quand elle le vit enfin, un frisson la traversa dans tout son corps, s'éternisant dans la base de sa nuque. Impossible de ne pas s'en rappeler, impossible de ne pas voir des ressemblance avec la tour de ses rêves, des souvenirs que Néthan avait déversés en elle. Ces ancêtres en fuyant vers Mari-Joa n'avaient pas abandonné les codes de l'architecture de leur nation qu'ils n'avaient eue aucun scrupule à détruire.
Le Safèd Mahal était une construction gigantesque. Un carré bordé de quatre tours semblables à la tour antique où les étages se succédaient résultant d'une myriade de colonnes taillées dans le marbre le plus blanc. Au centre, elle pouvait déjà voir le corps principal du bâtiment : une coupole encadrée de plus petites tours couvertes d'or éclatant reflétant la lumière du soleil. Au loin, le palais Pangée semblait bien strict et pataud à côté du Safèd qui semblait fait de dentelles sculptées.
Elle avait grandi, mais les lieux lui paraissaient toujours autant démesurés. Quand ils bifurquèrent dans l'avenue longeant le palais, elle en apprécia réellement la grandeur. Sa mission était périlleuse. Comment allait-elle faire pour retrouver là-dedans une pièce qu'elle avait vue il y a plus de dix ans. Et surtout comment faire pour éviter les membres de sa famille alors que Doflamingo avait dit lui-même qu'elle était le portrait de sa mère et de toutes les femmes de sa famille… Elle n'eut pas le temps de s'interroger plus longtemps. Les lourdes portes de l'enceinte du palais se rapprochaient.
« Chacun se rappelle du plan.
- Oui Maître.
- Pas de problème Doffy.
- Baby 5 ? »
Ava hocha de la tête et tira nerveusement sur sa robe pourpre de soubrette.
« À midi, nous repartirons avec les œufs et le Mera Mera no Mi, continua Doflamingo. Je vais montrer à ce vieux Nérée qui tire les ficelles dans l'ombre. »
Ses deux acolytes hochèrent de la tête. Le palanquin s'arrêta devant deux grandes portes peintes d'un bleu azur où des volutes de métaux cloutés dessinaient des grandes arabesques. Ils n'eurent pas à patienter, à peine à l'arrêt, un grand bruit précéda l'ouverture des battants qui raclèrent le sol.
