Une petite précision sur ce chapitre : j'espère ne choquer personne avec le passage sur les questions d'Hermione à Lavande. Je respecte toutes les formes de sexualité adulte et consentante, chacun aimant qui il veut et faisant ce qu'il veut avec tant que tout le monde est d'accord. Si un point vous choque, n'hésitez pas à me contacter et je modifierai.

Merci à Lia9749 pour la relecture !

Bonne lecture pour ce dernier chapitre avant l'épilogue !

Chapitre 19 : surprises !

Le dimanche, Albus prêta avec joie sa pensine au couple, pour qu'ils puissent s'imprégner de ce qu'avait été le rituel, leur mariage. Ils avaient ajouté leurs propres visions de l'évènement aux flacons qui leur avaient été offerts et ressortirent des souvenirs le souffle court. Se voir à travers le regard des autres fut une surprise émouvante pour Hermione comme pour Severus. Aucun des deux n'imaginait se voir si plein d'assurance et de grâce. Et sentir à quel point leur partenaire l'adorait renforça encore leur lien, si besoin était.

Dans les jours qui suivirent, Severus et Hermione réapprirent à contrecoeur à vivre séparés en journée. Les souvenirs les aidaient à ce que le manque ne soit pas trop intense. Parfois ils se retrouvaient pour déjeuner ensemble sur le nouveau balcon, juste au ras de l'eau, ce qui détendait toujours Hermione.

La potion imaginée par Severus, même si c'était une première ébauche, avait été testée et commençait à produire des effets. Centrée sur Hermione, elle agissait comme un miroir qui renvoyait leurs mauvaises intentions à ses harceleurs. Ou plutôt aux harceleuses.

Millicent se retrouva ainsi plusieurs fois à tomber dans les escaliers ou faire exploser son chaudron. La bride de son sac de cours lâcha, étalant à la vue de tous ses affaires, incluant la lettre de rupture salée de son dernier petit ami. Elle trébuchait sans raison au milieu des couloirs, comme si on l'avait poussée. Sa bêtise ne lui permettait pas de faire le lien entre ce qu'elle souhaitait à Hermione et ce qu'elle vivait réellement quelques secondes après.

Poppy avait confirmé que le lien entre Severus et Hermione avait l'air d'être stable, et qu'il y avait maintenant peu de raison pour qu'il diminue avec le temps. Le couple s'était regardé avec amour, rassuré. Leur lien était devenu si confortable qu'ils auraient tous les deux été déchirés s'ils n'avaient plus senti la présence de l'autre dans leurs émotions.

Hermione continua avec rigueur dans sa stratégie d'humiliation de Lavande, posant des questions d'un air parfaitement innocent à son ennemie, sous couvert de vouloir satisfaire son partenaire en étant moins coincée. Toujours en public, de préférence pendant les repas. Plusieurs fois Lavande cracha ce qu'elle était en train de manger ou failli s'étouffer, à la grande satisfaction d'Hermione. Elle se faisait alors un devoir de lui taper dans le dos avec une sollicitude feinte.

Sur les semaines de cours qui restaient, tout y passa : les différentes positions – Hermione expliqua d'un air chagriné à Lavande que si elle ne pouvait rien lui proposer de plus que les six qu'elle avait déjà essayées, elle allait devoir se retourner vers Padma, Parvati et leur livre du Kama Sutra. Les jouets coquins – quoi, Lavande ne connaissait pas de magasin dédié au plaisir ? Quel dommage. Il lui semblait bien être passé devant un magasin moldu qui vendait ce genre d'articles. Et donc, pour un conseil pour choisir un vibromasseur, Lavande ne pouvait rien pour elle ? Et comme ça ne faisait pas vraiment partie de la culture de Padma et Parvati, tant pis, elle demanderait à sa cousine. Les boules de geisha non plus ? Vraiment ? Tant pis, elle prendrait un assortiment.

Et le SM, qu'est-ce que Lavande en pensait ? Ah, Lavande bredouillait qu'elle ne connaissait pas, que ce n'était pas son truc ? Tiens, pourtant elle était tellement à l'aise et ouverte quand il s'agissait de parler de sexe ! Hermione n'aurait pas cru que ce domaine lui était inconnu. Bon, la sodomie, au moins ? Non plus. Mais pourquoi Lavande avait-elle l'air si gênée ? Franchement le sexe était une chose tout à fait naturelle, il n'y avait pas de quoi avoir honte. C'était même Lavande qui l'avait appris à Hermione. Bon, pas grave, pour la sodomie, le voisin de ses parents était gay, il aurait peut-être un conseil.

Le coup final eut lieu la semaine après les ASPICs, le jour où Hermione annonça toute excitée à Lavande que son chéri l'emmenait dans un vrai club échangiste avec un de ses amis. Ils allaient pouvoir essayer une partie à trois. Lavande devait être fière d'Hermione, non ? Ça au moins ça faisait d'elle une sorcière ouverte d'esprit. D'ailleurs, ils seraient peut-être quatre, maintenant qu'elle y pensait. L'ami amènerait peut-être sa copine. Mais il fallait vraiment que Lavande aide Hermione à être à la hauteur ! Est-ce qu'elle pouvait lui donner des conseils sur comment faire un cunnilingus ? Hermione ne voulait surtout pas donner l'impression qu'elle n'avait jamais fait ça.

Lavande se leva de la table des Griffondors en hurlant qu'Hermione allait trop loin.

« Non mais quelle sorcière qui se respecte fait des trucs pareils ? Tu es une vraie traînée !

– Mais Lavande, je ne comprends pas, c'est toi qui m'a dit que j'étais coincée, et maintenant j'en ferais trop ? Alors être ouverte d'esprit c'est juste tailler des pipes à la moitié des garçons de l'école ? Je suis déçue, moi qui te prenais pour modèle, je ne sais plus quoi en penser. La fellation, ce n'est pas inintéressant, mais on en a vite fait le tour, si j'ose dire... »

Quand Lavande tourna les talons, livide, Hermione arborait un sourire triomphal. Echec et mat ! Ginny lui tapa dans le dos et les garçons faisaient le V de la victoire en s'esclaffant. Mine de rien, les conversations qu'elle lançait avaient enrichi le répertoire sexuel de ses camarades et ils étaient plus reconnaissants que méprisants, même s'ils ne l'avoueraient jamais.


Dans le même temps, pour faire bonne mesure, Hermione s'abonna à Sorcière Magazine et étudia avec ferveur les sorts cosmétiques. Ils furent mis à contribution le soir, quand Severus et elle se laissaient entrapercevoir par les Serpentards. Oh, jamais complètement, bien sûr, juste de quoi les laisser supposer, faire des hypothèses, imaginer : tu es sûre ? Mais oui, je t'assure. Non, pas possible ! Mais si, et même que l'autre jour, Daphné a dit qu'elle l'avait vu en train de... Severus avait beaucoup de goût et se révélait très créatif pour les sorts capillaires. Mais ça, ça ne franchit pas le seuil de leur chambre à coucher.

Rapidement Le directeur de Serpentard fut considéré par ses élèves comme un tombeur invétéré. Les filles avec qui on croyait l'apercevoir n'étaient jamais les mêmes : grandes, petites, blondes, rousses, brunes, noires, métis. La moitié des sorcières d'Angleterre semblait passer dans ses mains, avec apparemment le même bonheur.

Les Serpentards de sixième années qui osèrent tenter une approche subtile et mesurée pour essayer de profiter des aptitudes du maître de potion connurent un assassinat verbal cinglant, qui les faisaient sortir en pleurs de son bureau, avant une fin d'année laborieuse en retenue avec Rusard. Le château n'avait pas été aussi bien nettoyé depuis des décennies.

Pour ce qui était de l'humeur charmante de leur professeur, il devint très vite évident pour les préfets de Serpentard qu'elle était réservée à une élite féminine choisie et n'apparaissait que le soir ou, exceptionnellement au petit-déjeuner. Et encore, pour le petit-déjeuner, on notait au maximum un sourire, point final.

Pendant les cours, les Serpentards avaient régulièrement la preuve qu'il pouvait être un sarcastique bâtard dans toute sa splendeur, même en s'envoyant en l'air. Déjà qu'il n'était plus partial en leur faveur depuis le début d'année, là les temps devenaient vraiment difficiles pour la maison vert et argent.

Le coup de grâce pour les septièmes années fut la confection d'une potion surprise, un jour où Rogue avait paru à peine moins irascible que d'habitude. Il leur indiqua le tableau sans un mot avant de sortir chercher des ingrédients supplémentaires.

Harry et Ron ne comprirent pas tout de suite les chuchotements surpris et les regards incrédules qui s'échangeaient entre les Serpentards pendant que leur professeur n'était pas là. Ils se mirent au travail en haussant les épaules, sûrs d'avoir le fin mot de l'histoire un peu plus tard.

La consigne de ne pas faire disparaître la potion des chaudrons les mieux réussis relança les regards stupéfaits et les exclamations étouffées.

« Interdiction que la moindre goutte de cette potion quitte cette pièce. Wilson, sortez immédiatement ce flacon de votre poche. Ne venez pas me dire que Miss Parkinson a besoin d'autant d'attention. »

Ron et Harry, se sentant parfaitement non concernés par ce qui se passait, échangèrent un regard approbateur. Rogue parvenait à la fois à rabaisser Wilson d'un ton cinglant, le traiter comme s'il n'était qu'un gamin pris la main dans le pot de confiture, à exprimer de la pitié qu'il soit avec Parkinson et à humilier celle-ci implicitement.

Les Serpentards quittèrent rapidement la classe, apparemment pressés de discuter entre eux. Harry traîna à l'arrière pour être le dernier à poser son échantillon sur le bureau de son professeur.

« Professeur, je peux vous demander ce que nous avons préparé, comme potion ? » Tous les autres étaient partis. Rogue s'autorisa un sourire mauvais.

« Potion d'endurance, Potter.

– Endurance comme, courir longtemps ? » Il ne comprenait pas toute cette agitation chez les Serpentards.

« Endurance comme une érection possible de nouveau cinq minutes après un orgasme. » Harry le regarda bouche bée.

« J'ai fait très attention à ce que Miss Parkinson entende parler de cette potion. La recette se trouvait opportunément dans un vieux manuel qui traînait dans leur salle commune. Elle n'a pas pu s'empêcher d'informer ses petits camarades. »

Il se leva et se plaça face aux chaudrons encore pleins.

« Besoin d'une dose ? »

Harry secoua la tête mais ajouta en souriant : « Mais Ron ne me pardonnerais jamais si je laissais passer l'occasion de lui en rapporter. »

Rogue remplit un flacon pas plus gros qu'un dé à coudre avec la potion de Zabini et la lui tendit, avant de vider le contenu de tous les chaudrons d'un geste. Harry était bouche bée.

« Et vous avez réussi à leur faire penser que vous aviez besoin de plusieurs chaudrons alors qu'il ne faut que ça ? Et à sous-entendre que ce n'est pas pas parce que vous n'êtes pas à la hauteur mais parce que votre sorcière est … insatiable ? Brillant, professeur ! Vraiment brillant !»

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Hermione trouva le temps de réviser en suivant son rétro-planning et d'être enregistrée officiellement en tant qu'animagus. Depuis qu'ils s'étaient accouplés, la maîtrise de soi était redevenue une formalité, et elle n'eut qu'à passer un samedi après-midi à écouter Severus lui lire l'intégralité des cours d'histoire de la magie qui lui restaient pour faire d'une pierre deux coups.

Quelques heures furent passées à peaufiner leur article sur les conséquences de l'attente avant l'accouplement chez les couples animagi. Minerva le relut avec intérêt. Il serait publié en septembre dans la revue internationale de Métamorphose, aux noms de S. Rogue et H. Granger-Rogue.

Le professeur Flitwick fut à peine étonné quand sa future disciple lui présenta un projet d'étude sur la combinaison des sorts et des potions pour son apprentissage. Un peu plus quand elle lui demanda son avis sur une idée de montage visuel de souvenirs avec l'aide d'une pensine pour les travailler comme les films moldus et obtenir des supports vidéos simples à utiliser.

Mais le petit sorcier faillit tomber de sa chaise quand elle le supplia sous le sceau du secret de l'aider pour un projet textile personnel.

XXXXXXXXX

Au fond, pour Hermione, l'événement le plus marquant de la fin d'année ne fut même pas le passage des ASPICs. Severus la surveillait de près pour qu'elle ait confiance en elle et qu'elle garde le stress sous contrôle. Quelques tisanes, potions, une bonne dose de massages, et des orgasmes réguliers permirent de gérer de façon très satisfaisante son anxiété. Ses amis furent ébahis par l'efficacité de son mari. Jamais personne n'avait aussi bien réussi à la détendre avant une échéance notée. Il gagna encore des points dans leur estime.

Non. L'événement le plus marquant fut le jour où Poppy Pomfresh vint trouver le maître de potion pour récupérer la potion abortive qu'il avait préparée après le rituel, en prévision des oublis de préservatifs et de potion du lendemain. C'était un dimanche. Il restait juste une semaine avant les ASPICs.

Daphné Greengrass était arrivée à l'infirmerie en se rongeant les ongles. Pendant ce temps, Blaise Zabini, Draco Malfoy et William Wilson essayaient de déconstruire le maléfice qu'elle avait lancé sur Théodore Nott. Celui-ci les avait suppliés de ne pas l'emmener à l'infirmerie tant que Daphné y était. Et leur directeur de maison ne répondait pas.

Madame Pomfresh avait confirmé que la Serpentard était enceinte et que non, même si M. Nott l'affirmait, se retirer ne constituait pas une méthode sûre, la preuve. Elle avait proposé une dose de potion abortive et un livret sur les méthodes de contraception efficaces disponibles dans les mondes sorcier et moldu.

C'est ainsi que le temps qu'il remonte du laboratoire avec un flacon pour le donner à la médisorcière par la cheminette, Hermione réfléchissait à quand exactement elle aurait dû prendre la fameuse dose de potion de stérilité temporaire, au début de son cycle. Les diverses occupations en cours les avaient tous les deux un peu détournés de la question. Il faut dire qu'en attendant, les sorts contraceptifs étaient tout à fait pratiques et efficaces.

Au troisième calcul qui tombait sur le jeudi dix jours avant, elle s'adressa à son mari d'une voix aiguë.

« Severus, tu connais des sorts pour diagnostiquer... une grossesse ? »

Celui-ci resta quelques instants complètement impassible, le temps d'intégrer le sous-entendu de la question, de gérer les implications émotionnelles immédiates et de réfléchir à quel comportement adopter pour qu'Hermione se sente le plus soutenue possible. Il vint s'asseoir à côté d'elle sur le lit, lui prit la main et acquiesça.

« Tu n'imagines pas tout ce que je dois gérer chez les Serpentards parce qu'ils ne veulent pas que ça sorte de leur maison, dit-il avec légèreté. Le simple fait que Miss Greengrass soit allée trouver Poppy signifie qu'elle va crucifier Nott en place publique. Tu as combien de retard ? ajouta-t-il doucement.

– Dix jours.

– Tu ne penses pas que ça peut être le stress ?

– Je ne suis absolument pas stressée, à part là maintenant. Et même avant mes BUSEs, le stress n'a jamais causé un retard de règles.

Graviditam revelio !»

Lentement une aura dorée émana de la sorcière. Elle leva des yeux interrogateurs vers son compagnon, qui masqua prudemment toute expression. Les mots qu'il prononça ensuite suffirent à ce qu'Hermione comprenne.

« Je rappelle Poppy. »


« Je confirme le diagnostic de Severus, déclara Madame Pomfresh, les sourcils froncés. Vous êtes enceinte, Hermione. De... voyons, dix et quatorze ... Du premier mai ? »

Ils se regardèrent tous, interloqués. Poppy s'assit dans le fauteuil le plus proche.

« Mais ce n'est pas possible, Madame Pomfresh. Le premier mai j'ai pris la potion du lendemain ! s'exclama Hermione.

– Poppy, vous nous avez examinés tous les deux ce matin-là. Vous avez vérifié ça ? interrogea Severus.

– Bien sûr, Severus, j'ai fait un bilan complet. Une grossesse serait forcément apparue dans mes indicateurs de santé.

– Un problème de potion ? » Si c'était une erreur de sa part qui avait causé l'état d'Hermione, Severus aurait du mal à se le pardonner.

La médisorcière secoua la tête. « La potion est stable plusieurs mois. Et une erreur sur une potion niveau BUSEs, franchement Severus, ce serait bien la première fois en vingt ans que ça vous arriverait. S'il vous en reste, allez vérifier, mais je mettrais ma main au feu que la potion n'y est pour rien. D'ailleurs aucune élève qui en a pris n'a eu de souci. »

Le sorcier se leva pour aller chercher un échantillon de la potion en question au laboratoire. Pendant ce temps, Hermione réfléchissait rapidement à sa journée du premier mai en se mordant les lèvres.

« La potion est active combien de temps ?

– Vingt-quatre heures avant et après l'avoir bue. Vous l'avez prise à quelle heure ?

– Juste après vous avoir vue. J'ai pris une fiole pendant que nous les rangions pour les apporter au brunch. »

Poppy secoua la tête.

« Je refais mon calcul... Non, c'est bien ça. Graviditam computare ! Ça n'a aucun sens ! La potion aurait dû vous couvrir pour les rapports de la veille, de la journée, et jusqu'au lendemain matin. Et tout m'indique que l'oeuf s'est formé le premier mai, vers douze heures trente.

– Et le philtre de paix ? Il a pu interagir ?

– Pas du tout. Tiens, en parlant de ça, tenez. Vous m'avez l'air un peu secouée par la nouvelle. »

Hermione avala le flacon que Poppy avait sorti d'une de ses poches.

En rentrant dans la pièce, Severus sentit le poids sur sa poitrine s'alléger un peu en même temps qu'il vit Hermione soupirer et rendre le flacon vide à Poppy. La médisorcière essaya bien de lui tendre un flacon identique, mais il refusa catégoriquement.

« Alors calmez-vous, Severus. Hermione a besoin d'un mari serein. Montrez moi cette potion. »

Pendant qu'elle regardait, reniflait, goûtait un des échantillons qu'il avait rapporté, Severus vérifiait de son côté un autre échantillon. Hermione, pensive, se leva pour aller récupérer le livre où ils avaient trouvé des informations sur l'union des mains. C'était un traité de magie druidique que le professeur Chourave leur avait prêté. Il y avait une description du rituel de Beltane, mais elle n'avait pas pris le temps de le lire.

Elle parcourut rapidement le texte. Là !

Severus et Poppy levèrent en même temps la tête de leurs échantillons, tous deux parfaits, quand Hermione lut à haute voix : « Et si les circonstances sont favorables, l'amour et la magie des élus puissants, rien n'empêchera la Déesse de les bénir en faisant s'incarner le fruit de leur union... »

Les trois regards se croisèrent de nouveau. Celui d'Hermione était résigné.

Severus pâlit et appela Pomona, qui par chance se trouvait dans ses quartiers.

La petite sorcière rayonnait de joie. « Un enfant de Beltane ! Vous vous rendez compte ! Quelle bénédiction !

– Je crois que nous aurions aimé avoir l'information avant, Pomona ! interrompit Severus. Ça fait beaucoup de surprises. »

Hermione restait assise, silencieuse. Poppy demanda : « Et vous me confirmez que même une potion abortive n'aurait pas d'effet, Pomona ?

– Non, si la magie de Beltane s'est déclenchée, vous pouvez faire ce que vous voulez, cet enfant naîtra ! C'est arrivé plusieurs fois dans l'histoire. Souvent dans des circonstances presque miraculeuses. Beltane incarne la magie qui amène la vie et c'est plus fort que tout. N'ayez aucun regret non plus : vu les circonstances, il y aurait eu un accident de préservatif ou vous seriez tombés dans les quelques pour-cents d'inefficacité de toute autre méthode de contraception.

– Severus, je vous laisse un philtre de paix, indiqua Poppy. Je vais faire une liste de ce dont Hermione va avoir besoin dans les jours et les mois qui viennent. Nous allons vous laisser. Je crois que vous avez besoin de digérer la nouvelle tous les deux. Je reviens ce soir avant le dîner pour vous donner les consignes. »

La médisorcière poussa Pomona vers la cheminée. Au moment de traverser, la professeure de botanique se retourna et déclara avec un grand sourire : « Il faut absolument que vous parliez, tous les deux. Cor dix ! » en faisant un large geste vers les deux occupants de la chambre.

La réaction de Severus fut immédiate, il vociféra : « Pomona, espèce de vieille chèvre défoncée, tu me le paieras ! Je vais te faire bouffer ta serre de valériane et j'aurai la paix ! Putain de bonnes femmes qui se mêlent de ce qui ne les regarde pas ! »

Il s'acharna sur la cheminée, mais la sorcière l'avait bloquée derrière elle. De même que la porte.

Hermione sortit de sa torpeur, stupéfaite. « Severus, je ne t'ai jamais entendu jurer comme ça ! Tu me fais peur. Qu'est-ce qu'elle a fait ?

– Le sort nous contraint à dire exactement ce que nous ressentons pendant une heure. Et nous sommes coincés là. » Il se passa une main dans les cheveux, soupira et avala le philtre de paix que Poppy avait laissé.

« Et c'est grave parce que ? » demanda Hermione d'une voix blanche.

Sentant la catastrophe qui menaçait, le sorcier revint s'asseoir près sa compagne et lui prit la main.

« Parce que je t'aime, que je ne sais pas ce que tu penses de la situation et que je suis terrorisé à l'idée de dire ou faire quelque chose qui te blesse. » Il embrassa sa paume et la passa contre sa joue, les yeux fermés. Elle lui répondit d'une voix lasse.

« Je me sens vide. Anesthésiée. J'ai du mal à réaliser.

– C'est pour ça que je n'aime pas le philtre de paix. Et tu es sous le choc. » Il l'attira contre lui et la serra dans ses bras.

Elle murmura contre sa poitrine : « J'y avais pensé, tu sais, quand on préparait la potion du lendemain. Avoir un enfant ensemble...

– Et ?

– Et j'en étais arrivée à la conclusion qu'avec nos incertitudes affectives, le passage par l'homme médecine était un prérequis indispensable. Et je ne me sens pas du tout capable d'élever un enfant. »

La voix éteinte de la sorcière lui serrait la poitrine. Il lui caressa les cheveux et la berça doucement contre lui.

« Et bien, quelle chance que nous ayons prévu le voyage pour juillet ! J'ai entièrement confiance en toi, tu vas être une mère simplement parfaite. Tu vas faire des recherches et trouver le meilleur pour cet enfant. Tu vas l'aimer inconditionnellement, comme tu sais aimer les autres, même moi. Et tu vas lui montrer le droit chemin et le protéger. Potter, Weasley et Londubat sont la preuve vivante que tu en es capable. J'espère juste que moi je serai à la hauteur.

– Qu'est-ce que je disais : homme médecine ! grommela-t-elle. Je me sens coupable. J'ai l'impression d'être une petite fille qui a fait une bêtise. Je m'en veux de t'imposer ça. Tu ne voulais peut-être pas d'enfant. Moi en tout cas je n'en voulais pas tout de suite.

– Alors nous sommes deux à nous sentir coupables. J'aurais dû envoyer balader Albus. Ne pas faire le rituel. Tu n'as pas eu le choix, et je ne peux rien faire pour t'aider. Ce n'est pas juste pour toi, alors que tu es si responsable, si réfléchie. Même cette niaise de Greengrass a pu prendre la potion abortive et résoudre le problème. »

Au moment où il le disait, il grimaça en réalisant la portée de ses mots. « Non pas que je pense que notre enfant soit un problème...

– Juste une source intense d'inconnu, de peur, de contrainte. Pour moi aussi. » Elle leva les yeux vers son mari. « J'aimerais qu'attendre ton enfant soit une source de joie. De fierté. Pomona a dit que c'était rare. Une bénédiction. Tu crois qu'on arrivera à le considérer comme ça un jour ? »

Il resta pensif quelques instants et suggéra en souriant : « On peut essayer de commencer tout de suite. Tu sais, quand je t'ai vue en tigresse, la première fois, pendant les essais d'animagi, j'étais furieux contre Albus qui, encore une fois, se mêlait de mes affaires, encore une fois m'imposait quelque chose que je n'avais pas choisi. Je l'ai maudit quand il nous a imposé de participer au rituel. Et je ne peux que reconnaître qu'il en est sorti des bénédictions dont je n'aurais jamais pu imaginer l'ampleur.

– Jamais deux sans trois... Ok, recommençons les présentations. » Elle posa la main de Severus sur son bas-ventre et s'adressa chaleureusement au bébé : « Bonjour, nous sommes tes parents. Nous ne t'attendions pas si tôt, mais puisque tu es là, sois le bienvenu ! »


La semaine suivante, Severus fut encore plus attentif à Hermione. Il l'aida à partager son temps entre ses amis, ses révisions, les discussions à propos de l'avenir et de leur enfant, et des moments de détente. Le sorcier se découvrit une nouvelle fascination pour le ventre de sa compagne, qu'il observait, caressait, embrassait dès qu'il le pouvait. La magie qu'Hermione fasse croître une partie de lui et d'elle pour créer un enfant l'enchantait.

Poppy avait appris aux futurs parents les sorts pour faire disparaître l'alcool des boissons et vérifier que la nourriture était adaptée et sans danger pour une femme enceinte. Nibby était personnellement responsable des plats qui apparaissaient devant Hermione si elle décidait de manger dans la grande salle.

Les ASPICs furent l'occasion de massages, de bains parfumés, et d'orgasmes à en oublier de stresser. Severus avait préparé une potion anti-nausée au cas où Hermione en aurait besoin et des potions adaptées aux femmes enceintes pour des maux aussi variés qu'improbables.

Hermione annonça la nouvelle à ses amis dès la fin des ASPICs. Elle précisa le chemin qu'ils avaient fait depuis l'annonce de la grossesse, pour accepter ce que le destin et la Déesse leur envoyait. Le choc et l'explication passés, il la félicitèrent. Hannah lui sauta au cou, ravie de bientôt connaître un véritable enfant de Beltane. Ils commencèrent ensuite à chorégraphier tous ensemble l'apothéose de la vengeance d'Hermione et Severus. Ginny et Hannah proposèrent accessoirement d'accompagner la future maman acheter des vêtements de grossesse. Et une robe pour le bal.


C'est ainsi qu'après le dernier cours de potion de l'année, pendant la semaine où ils attendaient leurs résultats, Harry et Ron interceptèrent Millicent, Pansy et Merlina pour leur rappeler le défi : Hermione les attendait dans le couloir. Alors qu'ils étaient tous face à face, le maître de potions sortit opportunément de sa classe et fut interpelé par Ronald Weasley.

« Professeur, nous aurions besoin de vous une minute. Millicent, tu ne peux pas dire que ton directeur de maison est partial, non ? Ce serait un témoin parfait.

– Que se passe-t-il, Miss Bullstrode ? demanda celui-ci froidement. Il se tenait, par le plus grand des hasards évidemment, à côté d'Hermione et face aux Serpentards.

– Et bien, professeur, j'ai fait un pari, et j'ai besoin d'un témoin neutre pour montrer à ces Griffondors que je n'ai pas peur d'eux, expliqua fièrement Millicent. Et pour les humilier. Vous allez être content !

– Ne présumez de rien, Miss Bullstrode. Et finissons-en rapidement, » s'agaça-t-il en croisant les bras sur sa poitrine.

Millicent s'adressa à Hermione d'une voix méprisante.

– Je te défie de nous expliquer, Miss Parfaitement-coincée, ce que vous faites avec ton petit copain et comment tu as passé ta soirée de Beltane. Sexuellement ! »

Rogue grogna en levant les yeux au ciel, l'air exaspéré d'avoir été entraîné malgré lui dans ces gamineries d'adolescents.

Hermione cacha son sourire derrière sa main, comme si elle était choquée de la demande de la Serpentard. Pansy ricana.

«Alors... Et bien, nous nous sommes promenés près du lac et il m'a pris la main, commença-t-elle timidement. Et l'autre jour il m'a montré sa chambre. » Hermione lança son sort non verbal de rougissement en regardant ses pieds. Les trois pestes gloussaient, très fières d'elles. Ron et Harry se regardaient avec un sourire en coin en attendant le carnage.

A côté de la Préfète-en-chef, le Directeur de Serpentard se pinçait l'arrête du nez, les yeux fermés, comme pris d'une migraine. Hermione poursuivit : «Nous nous sommes assis sur son lit et... et il m'a embrassée... avec langue ! »

Les filles faisaient de petits bruits moqueurs et commentaient sarcastiquement à voix basse combien c'était mignon. Elles ne virent pas immédiatement le changement dans le regard d'Hermione quand elle ajouta lascivement : « Et je me suis mise à genoux devant lui et je l'ai sucé sous la douche. Et il m'a fait jouir avec ses doigts et sa langue. Le meilleur cunnilingus de ma vie ! Où était-ce déjà ? »

Les mots et le ton d'Hermione avaient interpellé Merlina, qui la regardait de haut, comme une enfant finalement un peu moins maladroite que ce qu'on aurait cru.

« Sur mon bureau. »

Les Serpentards se figèrent en entendant la voix de leur professeur. Il n'avait pas bougé. Elles auraient pu croire qu'elles avaient rêvé. Mais Hermione enfonça le clou, avec un sourire carnassier.

« Ah oui, sur ton bureau ! Divin! Je ne verrai plus jamais la classe de potion de la même façon. Et le soir de Beltane, tu m'as donné trois orgasmes qui ont fait le plus beau rituel depuis mille neuf cent quarante-six. Ça te va, Millicent, où tu veux les détails ? »

Severus croisa de nouveau les bras sur sa poitrine et transperça du regard les trois élèves tétanisées.

«Trente points en moins pour Serpentard, Miss Bullstrode. Il me semblait vous avoir enseigné ainsi qu'à vos camarades à ne faire un pari que quand vous étiez sûrs de le gagner. Et dix autres chacune pour un manque de discernement lamentable. Vous êtes la honte de Serpentard ! Retenue avec Rusard jusqu'à la fin de l'année. Allez déjeuner. »

Médusées, les filles virent Hermione accompagner le maître de potion à l'opposé de la grande salle, en direction de ses quartiers.

« Maintenant ! » aboya-t-il sans se retourner.


Le soir de la fête de fin d'année, Hermione avait insisté pour aller se préparer dans son ancienne chambre avec Ginny.

Ron avait terminé ses préparatif le premier, suivi de Neville. Ils étaient partis attendre leurs cavalières en bas de l'escalier. Harry attendait Ginny dans la salle commune. Il s'était découvert une passion pour la photo et avait investi dans un appareil magique compact, qu'il comptait bien utiliser ce soir là.

Il vit Ginny en premier. Sa longue robe en velours, du même vert que les yeux d'Harry, mettait en valeur ses cheveux roux. Un décolleté en V bordé de petites fleurs du même ton, des bretelles fines et la jupe évasée aux genoux la faisaient paraître plus féminine que jamais. Avec émotion, il lui tendit le bras.

« Hermione nous suit. Elle va faire un malheur ! » confia Ginny à son fiancé.

Il descendirent les escaliers et retrouvèrent Ron, qui s'obligeait à parler à Lavande et Colin Creevey. Neville et Luna étaient déjà positionnés à l'intérieur de la salle. Quand Harry et Ginny approchèrent, Ron salua sa sœur et son meilleur ami.

Harry fit un léger clin d'oeil au rouquin avant d'attaquer joyeusement le sujet de la photographie magique avec Colin. Lavande poussa un soupir impatient, mais son cavalier avait l'air plus intéressé par la discussion que par le fait d'entrer dans la grande salle. Et Ginny ne semblait pas disposée à lui adresser la parole.

Quand Hannah apparut, dans la robe blanche qu'elle portait le soir du rituel, Ron lui tendit le bras et lui murmura quelque chose à l'oreille. Elle rit, regarda le kilt du rouquin avec un grondement approbateur et se pencha pour l'embrasser dans le cou. Il s'excusèrent et se dirigèrent vers la grande salle, saluant discrètement au passage le professeur Rogue, qui se tenait debout, les bras croisés, dans un coin sombre à côté de la porte. Après un léger signe de tête en réponse à Ron et Hannah, le maître de potion se dirigea vers les deux couples de Griffondors, plantés face à face au bas de l'escalier.

« Miss Brown, Miss Weasley, Potter, Creevey. Auriez-vous l'obligeance de laisser le passage libre pour les autres ?

– Oh, bonsoir Professeur, répondit Harry. En attendant Hermione nous parlions photo avec Colin. Vous connaissez la dernière modification de la potion de développement ? Il paraît qu'on peut faire de la 3D grâce à un mélange de lianes d'Amazonie et d'une plante africaine. Ça vous dit quelque chose ? »

Harry n'eut pas besoin de meubler plus longtemps. Severus levait les yeux sur sa sorcière, qui descendait lentement les marches. Elle avait relevé ses cheveux en chignon lâche, que Severus se ferait un plaisir de détacher plus tard. La robe noire qu'elle portait constituait une provocation à elle seule et un message limpide pour ceux qui savaient réfléchir.

L'encolure parfaitement droite laissait voir ses épaules. La soie brillante, qui semblait scintiller à chaque mouvement, formait un bustier moulant qui s'évasait sur ses hanches en jupe fluide. Les mètres de tissu léger, empilés en plusieurs épaisseurs, tourbillonnaient à chaque pas. De l'arrière de ses épaules, des pans de mousseline drapée, d'un noir profond, ondulaient en formant plusieurs larges rubans qui tombaient jusqu'au sol, se mêlant à la longue traine qui s'étirait en flottant derrière elle. Il n'y avait pas de vent, et pourtant la soie se gonflait et claquait comme si une brise légère la faisait voler.

Quand elle atteignit le petit groupe qui la regardait, bouché bée, au bas des escaliers, la robe se rassembla autour de ses jambes, en volutes qui ondoyaient toujours et la traîne s'effaça. Elle s'était arrêtée sur une marche, les yeux à la hauteur de ceux de son partenaire.

« Bonsoir, » dit-elle en ne souriant qu'à lui.

Lavande, stupéfaite que la miss je-sais-tout et ex-coincée fasse un tel effet vestimentaire, cracha : « Tu es toute seule ? Ton cavalier t'a abandonnée pour une sorcière moins débauchée ? Il a eu honte de toi ? »

Hermione la regarda de haut en répondant posément : « Non. Nous nous rejoignons devant la grande salle. Bonsoir Colin, ça fait plaisir de te voir. Méfie-toi, la moitié des septième années sont passés dessus. »

Lavande pâlit, mais avant qu'elle ne puisse ouvrir la bouche, Severus interrompit de sa profonde voix grave : « Un joli travail de sortilège, Madame.

– Merci professeur. J'avoue que le professeur Flitwick m'aidée un peu.

– Est-ce que je détecterais un sous-entendu ?

– Mmm... C'est bien possible, professeur, » lui accorda la sorcière, en se mordillant lascivement la lèvre, les yeux plongés dans les iris noirs.

Ginny intervint à son tour. « Il ne faudrait pas être en retard, nous devrions peut-être rentrer. »

Hermione répondit immédiatement : « C'est vrai. Quelle heure est-il d'ailleurs ? »

Et elle écarta les pans de sa jupe, révélant une longue fente qui montait sur le côté presque jusqu'à sa taille, pour atteindre sa baguette, attachée par un harnais de cuir à sa cuisse gauche. Le geste laissait également apparaître des escarpins à talon haut, rouge écarlate.

« Tempus ! Dix-neuf heure quarante-cinq. Juste le temps d'y aller. »

Colin lorgnait la cuisse dénudée. Lavande semblait prête à exploser. Harry et Ginny se regardèrent avec un sourire en coin. Severus s'écarta du chemin d'Hermione en susurrant : « Vous ne voudriez pas faire attendre votre cavalier. »

Elle lui sourit en descendant les dernières marches, masquant du même mouvement le flacon que Severus venait de glisser discrètement dans la main de Ginny, qui le donnait à Harry, qui le mettait dans sa poche.

Le mouvement révéla alors le drapé de l'arrière de la robe noire, qui laissait le dos d'Hermione dénudé jusqu'à la taille. Estomaquée, Lavande remarqua à peine que la sorcière et le professeur se dirigeaient ensemble vers la porte de la grande salle, leurs vêtements assortis tourbillonnant et se mêlant à chaque pas.

Elle ne put s'empêcher de s'exclamer : « Non mais quelle allumeuse ! Elle a … Elle a … flirté ! Avec le professeur Rogue ! J'y crois pas. Mais elle n'a pas de honte !

– Hermione, Professeur ! » interpella Harry.

Ils se retournèrent pour fixer l'objectif. Un flash. Hermione se rapprocha de son partenaire et sourit. Il lui prit la taille. Un autre flash. Quand ils repartirent vers la grande salle, Lavande eut un hoquet de surprise en voyant la main de Rogue posée sur la peau nue d'Hermione, juste sur le bas de ses reins.


A l'intérieur, l'entrée de la Préfète-en-chef de Griffondor au bras du Directeur de Serpentard provoqua quelques regards stupéfaits, qui se répandirent comme une trainée de poudre. Neville et Luna leur firent signe de les rejoindre près de la fontaine de champagne. Le hasard – ou pas – avait fait qu'ils étaient positionnés précisément face à Vincent Crabbe et sa cavalière Millicent, qui se tenaient juste de l'autre côté du champagne.

« Bonsoir Madame Londubat, Monsieur Londubat. Je n'ai pas eu l'occasion de vous féliciter pour votre union des mains, commença Severus.

– Merci professeur. Félicitations à vous aussi, répondit Luna en leur tendant à chacun une coupe.

– Trinquons ! proposa Neville.

– Severus, tu veux bien … demanda Hermione en lui tendant son verre.

Spiritum evanere ! »

Ils firent semblant de ne pas entendre l'exclamation étouffée qu'avait laissé échapper Millicent. Toutes les sorcières de sang-pur connaissaient l'invocation qui permettait d'évaporer l'alcool d'une boisson. Et toutes connaissaient la seule circonstance dans laquelle une sorcière l'utilisait.

« Et comment se porte madame Rogue ? » poursuivit Neville. Des murmures interrogateurs s'élevaient du couple de Serpentards.

« Madame Rogue se porte à merveille, vu son état », répondit Rogue avec un sourire, en posant la main possessivement sur le ventre de sa femme.

Ils sourirent à l'inspiration bruyante qui provenaient maintenant de sous la table.

« Tout à fait, Neville. Les avantages d'avoir son propre maître de potion ! Pas de nausée matinale ! précisa gaiement Hermione.

– J'en suis ravi ! Une excellente soirée à vous deux ! » leur souhaita Londubat avec un clin d'oeil.

Severus embrassa la salle de bal du regard et remarqua, à peine plus fort que nécessaire : « Je suis assez déçu de la promotion de Serpentards de cette année. Les petits imbéciles sont manipulables comme un rien et foncent tête baissée comme le dernier Griffondor. »

Hermione but une gorgée de champagne sans alcool avant de lui répondre : « Peut-être un problème pédagogique, mon chéri. Regarde-toi ! Tu agis de façon complètement franche et assumée pour arriver à tes fins, cette année. Un vrai Griffondor !

– Pff. Je te ferais remarquer qu'utiliser les armes de l'ennemi est une forme de manipulation avancée, très chère. Et puis peut-être que c'est ton influence néfaste.

– Oh ! Je te signale que si quelqu'un a une influence néfaste ici, ce serait plutôt toi ! Tu as quand même réussi à recruter cinq Griffondors, une Serdaigle et une Poufsouffle dans tes manigances. Ils sont devenus plus manipulateurs que tes Serpentards. L'armée de Rogue !» fit-elle en riant.

De l'autre côté de la table, Millicent s'extrayait lourdement de sous la nappe, tentant vainement d'être discrète pour aller rejoindre Merlina. Elle planta là son cavalier, qui avait apparemment espéré autre chose.


A l'autre bout de la pièce, Harry et Ginny jetèrent un coup d'oeil complice à Ron et Hannah, qui écoutaient patiemment devant le bol de punch Lavande raconter à Padma et Parvati comment Hermione s'était quasiment dénudée devant le professeur Rogue en bas des escaliers. Ginny approcha Pansy pendant qu'Harry repérait Malfoy.

« Alors, Draco, notre dernière soirée à Poudlard. Sans rancune ? Que dirais-tu de nous réconcilier autour d'une boisson un peu plus virile ?» Harry montra discrètement au blond la potion fournie par Severus.

« Spiritum maxima ? Comment tu as eu ça, Potter ?

– Maître de potion certifié. Un certain professeur à des comptes à régler avec un certain directeur. » Harry retourna le flacon et lui montra l'étiquette à l'écriture caractéristique.

« Et il t'a donné ça à toi ? » Draco était suspicieux.

Harry haussa les épaules. « J'ai mes entrées, maintenant. Je lui ai rendu un service et depuis, on se parle. Je me suis dit, si je peux être en bons termes avec Rogue, je peux être en bons termes avec Malfoy. » Il leva son verre en direction du professeur, qui lui rendit son salut.

Draco fronça les sourcils puis ajouta pensivement : « Il paraît que c'est à la limite de la potion de luxure, ce truc. »

Harry lui indiqua le bol de punch d'un signe de tête. Ils se dirigèrent vers le groupe qui se tenait devant. Harry traça la ligne d'âge qu'il avait promis d'installer pendant que Draco versait discrètement la fiole dans la boisson.

« Après toi, Potter. »

Harry se servit, but ostensiblement deux gorgées avant de laisser la place au blond. Ron vint puiser une louche du mélange et testa la saveur. Wilson attrapa un verre et les rejoignit. Ginny, Pansy et Hannah attendaient le verdict : « Alors ? »

Ron secoua la tête, les yeux ronds.

«Dément ! Je peux presque sentir la texture des fruits. Le parfum est fabuleux !

– Pour une fois, je suis d'accord, Weasley. Fabuleux ! Ça me rappelle un peu le vieil Ogden Réserve Spéciale de père. Mais plus doux et parfumé, ajouta Draco pensivement.

– Quand même, l'explosion de saveurs en fin de bouche est puissante ! remarqua Harry en claquant sa langue contre son palais.

– Et cette vague de chaleur dans tout le corps... C'est comme si je ressentais tout plus intensément ! Pas vous ? » demanda Wilson, admiratif.

Quand les autres garçons acquiescèrent, les yeux dans le vague, Lavande, Colin et Padma s'approchèrent, intéressés. Hannah et Pansy se servirent tandis que Ginny, que la limite d'âge tenait à distance, fit un signe de tête appuyé à son fiancé. Un échange de regards et Harry prit une gorgée du liquide alcoolisé en bouche et le fit boire à la sorcière rousse en l'embrassant profondément, la faisant gémir.

« Trouvez-vous une chambre ! » protesta Draco, tandis que Lavande et Pansy prenaient le même air dégoûté.

Lavande refusa catégoriquement de faire la même chose avec Colin, qui la regarda d'un air méprisant en l'accusant d'être coincée uniquement avec lui. Pansy et Wilson se regardaient avidement. Hannah avait déjà mis une main aux fesses de Ron, qui se frottait contre elle.

Harry se détacha à regret de Ginny. « Il faudra remercier Severus. Ce truc est grandiose ! »

Draco tiqua à l'utilisation du prénom de leur directeur de maison, soudain suspicieux. Ginny regarda le couple et étrécit les yeux. « Mais qu'est-ce qu'ils font ? »

Le groupe regarda à son tour dans la même direction. Dans un nuage de robes noires, Hermione et Severus discutaient de façon animée faisant des gestes en direction de la grande table. Hermione positionnait sa main à des hauteurs différentes, et son partenaire avait l'air d'argumenter.

Hannah demanda, incrédule : « Vous croyez qu'ils pensent à ce que je pense ?

– A quoi ?

– A copuler sur la grande table. »

Wilson s'étouffa avec sa gorgée de punch. Il toussa bruyamment tandis que Pansy lui tapait dans le dos. Lavande s'indigna : « Elle ne va pas en plus se taper un professeur ! Je vais vomir ! Elle n'a aucun respect pour son copain ! Quelle salope ! » A ses côtés, Padma opinait. Draco avait soudain comme un doute.

Personne n'eut le temps de relever l'insulte : Dumbledore demanda le silence pour annoncer l'ouverture du bal.

« Comme vous le savez, cette année a été l'occasion d'événements exceptionnels. La fin de la guerre, le rituel de Beltane, dont le professeur Chourave m'a confirmé l'exceptionnelle efficacité, et l'union des mains de plusieurs couples à cette occasion. Afin de célébrer ces heureuses circonstances, je propose que les couples qui se sont mariés à Beltane ouvrent le bal. Si vous voulez bien... »

Neville et Luna s'avancèrent, suivis de Blaise et Deirdre, venue pour la soirée. Un instant passa, juste le temps que le public se demande ce que l'orchestre attendait, avant que Severus ne presse ses lèvres sur la paume de sa compagne et ne l'entraîne au centre de la piste. Tous les yeux étaient sur eux. La musique s'éleva en même temps que les exclamations de surprise.

Ginny tapa sur l'épaule de Lavande avec un sourire mielleux : « Et oui, Lavande, son mari a déteint sur elle. Elle s'est bien fichue de toi. Tu l'a méprisée en la considérant comme une oie blanche, et maintenant c'est toi qui a une réputation de gourde à l'esprit étroit. Et pour ton information, ils ont une vie sexuelle parfaitement épanouie sans tes conseils et sans club échangiste. Demande aux Serpentards ! »

Draco considéra le couple, pensif et conclut : « Alors c'était elle ? Ça a toujours été elle, n'est-ce pas ? »

Harry confirma.

« Mais les sorcières étaient à chaque fois différentes ! » s'exclama Pansy.

– On ne devrait pas le dire, confia Ron, mais il paraît que Rogue est devenu expert en sorts cosmétiques et capillaires.

– Et tels qu'on commence à les connaître, ajouta Hannah, je parie qu'avant demain matin ils auront baptisé la grande table, et sans potion d'endurance. »

Les Serpentards se regardaient. « Tenu ! commença Pansy. Je les ai surpris sur son bureau et dans l'alcôve près de la salle commune.

– Tenu. Les jardins, la tour d'astronomie et la classe de potion, » acquiesça Wilson.

A ce stade, Lavande s'étrangla de rage.

« Pareil. Bibliothèque, serres et encore le jardin, poursuivit Draco sans se préoccuper de la sorcière livide.

– Couloirs et salle sur demande, confia Harry

– Infirmerie et les cuisines, conclut Ginny.

– Sans potion ? » Wilson avait peine à y croire.

– Sans potion ! affirma Harry. Désolé, mais il s'est aussi fichu de vous, les Serpentards. Vous avez apparemment sous-entendu qu'il devrait se faire sauter pour être moins désagréable. Il a tenu à vous prouver qu'il n'y avait aucun lien. »


Au milieu de la piste, Severus et Hermione se fixaient, comme seuls au monde. Leurs robes noires s'entremêlaient, tourbillonnant comme un nuage de fumée autour d'eux. Hermione avait lâché la main de son partenaire pour passer ses bras autour de son cou tandis qu'il caressait le bas du dos nu de la sorcière. Les quelques couples qui s'étaient risqués à rejoindre les danseurs se tenaient soigneusement éloignés des Rogues.

« Contente, mon envoutante sorcière ?

– Ravie, mon ténébreux prince ! J'ai vu du coin de l'oeil Lavande virer au vert et Colin aller offrir un verre à Nelly Jones. Neville et Luna observent Millicent et Merlina. Nous pourrons avoir les souvenirs de tout le monde pour faire un film de cette glorieuse soirée.

– Ce mélange de stratégies griffondor et serpentard me paraît absolument optimal. Plus qu'à donner à Albus ce qu'il demandait, maintenant. Prête ? »

Hermione leva la tête avec un gémissement d'anticipation, les lèvres entrouvertes.

Tout en continuant à se mouvoir avec la musique, Severus pencha son visage vers celui de sa compagne pour l'embrasser. Légèrement, en effleurant ses lèvres d'abord. Puis il appuya le baiser, avant de caresser la langue d'Hermione avec la sienne. La sorcière s'accrochait à son cou, collée contre le corps de son amant, avide et passionnée. Leurs corps bougeaient de moins en moins avec la musique et de plus en plus avec l'intensité du baiser. Severus accrocha les doigts dans les cheveux de sa partenaire pour approfondir le baiser. Hermione leva une jambe pour le maintenir plus près d'elle, laissant ressortir sa cuisse dénudée et un escarpin rouge, immanquables contre leurs tenues noires.

« Albus ! Ce n'est pas possible, dis quelque chose, ça devient indécent ! s'exclama Minerva.

– Quoi ? Severus et Hermione, ou les septième années qui sont près du bol de punch ?

– Quoi ? Que... » McGonagall s'étrangla en voyant Ron collé contre le mur par Hannah, qui avait glissé la main sous son kilt. Seamus et Padma, enlacés, se dirigeaient sous la nappe du buffet entre deux baisers. Wilson embrassait Parkinson qu'il avait assise sur la table et qui enserrait sa taille de ses jambes fines. Et que faisait Malfoy à quatre pattes devant Miss Weasley pendant que Potter la pelotait ? Il n'allait quand même pas … Si, il passait la tête sous sa jupe !

« Tu sais, Minnie, je me demande si ce n'est pas une petite vengeance personnelle de la part de Severus. Pour mes talents d'entremetteur. »

Minerva se leva brusquement en faisant tomber sa chaise, pour aller séparer les couples trop démonstratifs.

La musique s'acheva. Hermione et Severus se séparèrent, haletants de désir inassouvi. Elle lui sourit avec un haussement de sourcil. Il hocha la tête.

« Lavande ! Millicent !» s'écria-t-elle pour attirer l'attention des deux arrogantes. Quand celles-ci se tournèrent vers eux, Severus se transforma, les laissant bouche bée, livides d'avoir été dupées encore une fois.

Hermione baissa les yeux vers son amant et lui caressa la tête. « Le premier arrivé aux serres choisit la position. A trois. Un, deux... »

Elle se transforma à son tour, et ils s'élancèrent vers l'extérieur par les portes ouvertes.


J'espère que la vengeance et le bal vous ont plus ! "sur mon bureau" doit être ma phrase préférée de toute la fic :-) Vous avez aimé ? La robe d'Hermione vous plait ?