Bonjour à tous et à toutes, lecteurs et lectrices adorés.

Après des petites larmes et quelques danses de la joie, nous vous annonçons que la fin du bébé est sorti. La voici.

Sans vous en dire davantage, nous vous laissons à ce chapitre, et on se retrouve à la fin pour une annonce très importante.

Bonne lecture à vous

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Chapitre 25 : La fin du commencement


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Neville ne pensait à rien. Du moins il s'efforçait à ne penser à rien. Étendu dans le silence de l'infirmerie, Matyss couché auprès de lui, il avait le regard fixé au plafond, cherchant désespérément à ne pas replonger dans les horreurs de la veille. Mais malgré tous ses efforts, dès qu'il fermait les yeux, les mêmes images atroces lui revenaient inlassablement. Il voyait Queudver agonisant au sol, mutilé. Il voyait l'énorme chaudron bouillant duquel Voldemort émergeait dans un long gémissement triomphant. Il voyait les Mangemorts apparaître, un à un entre les tombes. Il voyait Cédric, étendu au sol, sans vie.

Alors, Neville s'obstinait à garder les yeux ouverts, voulant à tout prix éviter le cauchemar. Mais, même si les souvenirs de cette maudite nuit lui laissaient un court répit, le jeune homme ne pouvait étouffer ce sentiment de vide oppressant qui s'emparait petit à petit de son corps. Ce maudit sentiment lui donnait la terrible sensation de s'asphyxier un peu plus à chaque instant. Seule sa main dans le poil de Matyss lui permettait de rester ancré dans la réalité. Réalité qui, au fil des secondes, se teintait peu à peu des tragiques événements récents.

Le jeune homme fut brusquement tiré de sa torpeur, par le bruit de coulisse du rideau qui le coupait du reste de l'infirmerie. Apparurent dans son champ de vision Ron et Hermione. Il lui semblait qu'une éternité s'était écoulée depuis la dernière fois qu'il avait vu ses amis. Sans un mot, ils vinrent s'installer à son chevet. Hermione lui prit sa main libre, alors que Ron posait la sienne sur son épaule. Aucun mot n'eut besoin d'être prononcé.

D'un regard, Neville comprit. Ils seraient là, qu'importe le temps qu'il lui faudrait pour se confier, ses amis attendraient le temps qu'il faut, et seraient là pour lui, prêts à l'écouter, à l'entendre. De longues minutes s'écoulèrent dans un silence agréable, presque reposant pour Neville. La présence de ses amis aidait le jeune homme à retrouver ses marques, et sa place dans la réalité qui semblait avoir volé en éclat autour de lui.

Le Survivant prit une longue inspiration avant de commencer son récit. Ce fut moins douloureux que la veille, lorsqu'il avait dû témoigner pour le professeur Dumbledore et Matyss.

Plusieurs fois, Ron sembla sur le point de dire quelque chose. Neville le sentait à la pression que les doigts de son ami exerçaient sur son épaule. Mais d'un regard, Hermione le faisait taire à chaque fois. Pour ça, Neville lui en était extrêmement reconnaissant. Maintenant qu'il était lancé, il préférait continuer jusqu'au bout, sans interruption. En parler lui faisait autant de bien que de mal. L'obligeant à revivre les événements passés qu'il souhaitait par-dessus tout oublier. Mais cela lui faisait aussi l'effet d'un drainage. Extrayant peu à peu les lourds sentiments qui pesaient en lui.

Lorsqu'il arriva au moment de son affrontement avec Lord Voldemort, ainsi que l'apparition de ses parents et de Cédric, le sentiment de désespoir qui s'était enraciné en lui depuis son retour du cimetière menaça de le submerger à nouveau. Il sentait les picotements caractéristiques des larmes retenues aux coins de ses yeux.

Profitant du silence, une voix s'éleva.

- Ce n'est pas de ta faute Neville.

Un simple murmure, mais l'adolescent reconnu immédiatement la voix de sa grand-mère. Augusta Londubat se tenait dans un coin de l'infirmerie. Le teint pâle, et le regard inquiet, elle était loin de l'image de la femme forte qu'elle arborait d'ordinaire. Le pas tremblant elle s'approcha de son petit-fils.

- Ce n'est pas de ta faute Neville, répéta-t-elle plus fortement.

- Je lui ai dit de prendre le trophée avec moi, expliqua Neville accablé.

Augusta Londubat vint placer sa main sur l'épaule de son petit-fils, ancrant son regard dans le sien. D'un ton assuré elle reprit la parole.

- Mon garçon, jamais au grand jamais je n'ai souhaité qu'un aussi grand malheur de ne s'abatte un jour sur toi. J'ai repoussé aussi longtemps que possible cet instant. Dumbledore m'avait avertie que ce jour viendrait. Qu'un jour et toi viendraient à être confrontés de nouveau.

La voix de la vieille femme se brisa sur ces dernières paroles. Neville ne l'avait jamais vue dans un tel état. Mais elle se reprit bien vite.

- Ne te sens jamais coupable d'être en vie, tu m'entends Neville ? s'exclama-t-elle soudain. Ta mère et ton père, mon fils… se sont sacrifiés pour que tu puisses vivre !

Le regard onyx de sa grand-mère était perçant, le jeune homme peinait à le soutenir.

- C'est malheureux ce qui est arrivé à ce pauvre garçon, reprit Augusta. Mais toi Neville, je t'interdis de penser, ne serait-ce qu'un seul instant, que tu aurais dû être à sa place.

Le silence qui suivit la déclaration presque criée de Mrs. Londubat laissa dans l'air une tension palpable. Ses émotions à vifs, la vieille femme avait électrisé l'atmosphère de son inquiétude face à la détresse de son petit-fils. Neville lui avait le regard fixé sur ses couvertures. Comment pourrait-il un jour cesser de s'en vouloir de la mort de Cédric Diggory ?

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Cela faisait maintenant trois jours que Neville était à l'infirmerie. Suite à la visite de sa grand-mère plus personne n'était passé le voir, sûrement sur ordre express du directeur de Poudlard. Seuls Ron et Hermione étaient autorisé à lui tenir compagnie quelques heures par jours. Même Luna n'avait le droit qu'à une petite heure en sa présence, mais c'était une heure d'air frais dans le coeur lourd du Survivant. Le reste du temps Neville le passait à retourner en boucle dans son esprit les événements.

La peine et la détresse qu'il avait pu ressentir au premier jour laissaient peu à peu place à un sentiment de résignation. Il le savait, il l'avait toujours su. Sa grand-mère avait fait son possible toutes ces années, essayant de lui donner l'enfance la plus normale qu'il soit. Mais son destin avait toujours été lié à celui de Voldemort, et depuis ses onze ans et sa première rencontre avec le mage noir il avait senti que les portes commençaient à se refermer.

La nuit de la mort de Cédric avait été une claque monumentale, en comparaison de ses aventures des années précédentes. Ce soir-là, lorsque Voldemort avait utilisé son sang pour revenir à la vie, il avait définitivement lié leurs destinées.

Désormais, les portes étaient closes. Voldemort était de retour.

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Julia fut l'une des premières à quitter la Grande Salle après le déjeuner. Elle avait voulu éviter la cohue que la sortie de l'infirmerie de Neville avait engendré. En effet, en dépit de la demande le matin même du professeur Dumbledore aux élèves de laisser Neville tranquille et de ne pas chercher à savoir ce qui s'était passé dans le labyrinthe, certains badauds n'avait pas pu se retenir d'aborder le pauvre Gryffondor. Heureusement pour lui Fred et George Weasley s'étaient autoproclamés gardes du corps et s'occupaient de faire fuir les curieux.

Les couloirs vides de Poudlard s'offraient donc à Julia, et après un détour par la salle commune des Serpentard, la jeune fille se dirigeait à présent vers le terrain de Quidditch.

Cela faisait maintenant trois mois que, dès que l'occasion se présentait, la petite sorcière chapardait un balai dans la réserve de l'école afin de s'entraîner à voler en secret. Personne n'était au courant : sa passion dévorante pour le vol et le Quidditch s'était décuplée depuis son premier cours avec James.

Maintenant que le terrain était dégagé du labyrinthe, elle pouvait de nouveau s'y entraîner pour sa dernière séance avant les vacances. Enjambant sa Flèche d'Argent – son favori de la réserve – Julia s'envola. Ses longs cheveux noirs noués en une haute que de cheval claquait dans l'air tout au long de son ascension. Ses mains agrippées à son manche, elle ferma les yeux, appréciant le moment dans sa complétude. Lorsqu'elle arriva à hauteur des trois anneaux, elle ralentit son allure, rééquilibra son balai et débuta ses tours de chauffe. Après une dizaine de tours, elle se stationna à une quinzaine de mètres, et alors qu'elle s'apprêtait à sortir un des vifs d'or de l'école de sa poche, une voix s'éleva des gradins.

- Te voir voler nous avait manqués petit colibri. Où diable te cachais-tu pour voler quand ce stupide labyrinthe était là ?

C'est avec surprise que Julia découvrit, royalement installés dans la tribune des professeurs, les jumeaux Weasley. Sans réponse à sa question Fred Weasley reprit la parole.

- Ne t'en fait pas, avec nous ton petit secret est bien gardé, dit-il avec un clin d'oeil complice.

La Serpentard flotta doucement jusqu'à eux, le regard perdu.

- Mais, comment ?

Elle était pourtant certaine que personne n'était au courant. Elle profitait généralement des premières heures de l'aurore, ou des dernières du crépuscules, afin d'être sûre que personne ne découvre ses entraînements clandestins.

George sourit face à l'interrogation de la jeune fille.

- Un heureux hasard ! Un soir où on cherchait miss Maureen, on t'a vue courir au loin dans un couloir.

- On t'as appelé, mais tu ne nous as pas entendus, poursuivit Fred.

- On pensait que tu rejoignais tes copines. On t'a suivie, reprit son jumeau.

- Et c'est comme ça qu'on a découvert ton talent pour le vol, finit Fred.

Julia n'en croyait pas ses oreilles. Tout ce temps, alors qu'elle se pensait seule, voilà qu'un public caché se dévoilait à elle.

- Et pendant tout ce temps vous n'avez rien dit. Vous avez fait comme si de rien n'était, souffla la jeune fille. Pourquoi ?

- Tu as du talent demoiselle, lui répondit Fred. On attendait la fin de l'année pour voir ton évolution avant de te le dire.

Julia sentit le rouge lui monter aux joues. Les jumeaux Weasley n'était pas forcément avares de compliment, mais les pointes d'humours moqueurs qui s'y ajoutaient généralement faisaient douter de leur totale sincérité. Or, cette fois les mots de Fred étaient simples et sans artifices, son regard franc, et aucun sourire malicieux n'était venu orner ses lèvres.

- Tu as pensé à participer aux sélections de l'année prochaine ?

- Pour l'équipe de Quidditch de Serpentard, ajouta George.

- Ça serait sympa d'avoir de la concurrence pour une fois, compléta Fred en un énième sourire.

En effet la Serpentard songeait de plus en plus à intégrer l'équipe des verts et argents à la rentrée prochaine, et que les jumeaux soient du même avis qu'elle ne faisait que renforcer son désir.

- J'y ai vaguement pensé, dit Julia. Mais je manque encore un peu d'entraînement. Et pendant les vacances, je n'aurai aucun balai…

- Pour les vacances, je suis sûr que tu trouveras un moyen de t'entraîner.

- Et je suis sûr que maman sera ravie de vous revoir toi, les filles et les Maraudeurs, reprit George. On pourra faire quelques matchs sur le terrain à la maison.

- Et avec tout l'argent que tu as gagné sur les paris du tournoi de cette année, je suis certain que tu as les moyens de t'offrir un balai, ajouta Fred tout sourire.

- Mais si tu veux des conseils, on t'invite à te joindre à nous dans le Poudlard Express.

Julia effectua un atterrissage contrôlé près des jeunes hommes, à côté du poste de commentateur, et avec son balai sous le bras elle quitta le terrain de Quidditch accompagnée de Fred et George.

- Au fait, comment fait Neville sans vous pour repousser les harcèlements ? questionne la jeune fille alors qu'ils rejoignaient les portes du château.

- Il est parti se cacher dans la salle commune.

- Et puis Ron et Hermione ont pris la relève. C'est plus simple de repousser les premières et deuxièmes années un peu trop curieux, qu'une horde de Serpentard vicieux.

- Sans vouloir te vexer, ajouta George.

- C'est rien, répondit Julia. Les Serpentard ont la fâcheuse tendance à faire ressortir leurs capacités à être les pires emmerdeurs du monde, dans les situations les plus inadaptées qui soient.

- Et Ophélie et toi êtes les exceptions qui permettent d'entretenir le mince espoir que les serpents ne sont pas tous des pourris.

- Je prends ça pour un compliment, lâcha Julia amusée.

Ils arrivèrent finalement au grand escalier du hall d'entrée. Il était à peine quatorze heure et les couloirs grouillaient d'élèves. Les examens de fins d'année s'étaient vus annulés suite aux circonstances particulières.

Julia promit aux jumeaux qu'elle les retrouverait le lendemain dans le train, avant qu'ils ne prennent la direction de leur salle commune.

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Ce soir-là, lorsque Ophélie passa les portes de la Grande Salle son regard fut immédiatement attiré par les sombres draperies pendues au mur derrière la table des professeurs en hommage à Cédric. Alors qu'elle prenait place à la table des Serpentard, elle se permit de jeter un regard sur les enseignants attablés.

Le véritable Maugrey Fol OEil faisait peine à voir. Son visage émacié après ces dix mois d'enfermement reflétait une nervosité presque maladive. Son oeil magique tournant sans relâche dans son orbite. Ophélie fut surprise de trouver Rogue parmi les convives. Elle le pensait en mission secrète auprès du Voldemort pour le compte de Dumbledore.

La Serpentard fut tirée de son observation par le directeur qui venait de se lever, faisant taire les murmures de conversations.

- Voici donc venue la fin d'une autre année, dit Dumbledore.

Il s'interrompit et son regard s'arrêta sur la table des Poufsouffle. Ophélie aperçue alors Anicée dans la foule, des larmes coulaient sur les joues, et Maureen tenait fermement sa main.

- Il y a beaucoup de choses que je voudrais vous dire, ce soir, poursuivi le directeur Mais je dois d'abord rendre hommage à un garçon de grande qualité qui aurait dû être ici, il fit un geste vers la table des Poufsouffle. Je vous demande de vous lever et de porter un toast en l'honneur de Cédric Diggory.

Dans un raclement de chaises et de bancs, tous les élèves se mirent debout et levèrent leurs verres. D'une même voix, comme un grondement, tout le monde prononça le nom de Cédric Diggory.

- Cédric incarnait de nombreuses qualités qui s'attachent à la maison Poufsouffle, reprit le professeur Dumbledore. C'était un ami loyal et généreux, travaillant sans relâche, se montrant toujours fair-play. Sa mort vous a tous affectés, que vous l'ayez bien connu ou pas. Je pense donc que vous avez le droit de savoir ce qui s'est exactement passé.

Ophélie savait parfaitement ce que Dumbledore s'apprêtait à dire, et c'est avec une certaine appréhension qu'elle attendit que son directeur reprenne la parole.

- Cédric Diggory a été assassiné par Lord Voldemort.

Alors qu'un murmure de panique envahissait le reste de la salle suite à la déclaration du professeur Dumbledore, Ophélie trouva les élèves de sa maison bizarrement calme. Un mince sourire venait même étirer les lèvres de Drago Malfoy.

- Le ministère de la Magie, reprit Dumbledore, ne souhaite pas que je vous donne cette information. Les parents de certains d'entre vous seront peut-être horrifiés d'apprendre que je l'ai fait. Soit parce qu'ils ne croiront pas au retour de Lord Voldemort, ou alors vous penseront trop jeunes pour entendre une chose pareille. J'ai cependant la conviction que la vérité est généralement préférable au mensonge et que toute tentative de faire croire que Cédric est mort des suites d'un accident quelconque serait une insulte à sa mémoire.

Encore une fois la panique se répandit au sein des élèves… ou presque. Chez les Serpentard Ophélie voyait certains visages arborer des sourires narquois. Elle se détourna de ses camarades alors que Dumbledore reprenait la parole.

- Le Tournoi des Trois Sorciers avait pour ambition de favoriser le rapprochement et la compréhension entre les sorciers du monde entier. À la lumière de ce qui s'est passé, de tels liens deviennent plus importants que jamais.

Le regard perçant de leur directeur sonda la Grande Salle dans son entièreté.

- Maintenant que Lord Voldemort est de retour, l'union fera notre force, la division notre faiblesse. L'aptitude de Lord Voldemort à semer la discorde et la haine est considérable. Nous ne pouvons le combattre qu'en montrant une détermination tout aussi puissante, fondée sur l'amitié et la confiance. Je suis convaincu – et jamais je n'ai tant souhaité me tromper – que nous allons connaître une période sombre et difficile. Certains, dans cette salle, ont déjà eu à souffrir directement des agissements de Lord Voldemort. Des vies et des familles se sont vues brisées sous son joug de terreur. Et il y a une semaine, un élève nous a été arraché. Souvenez-vous de Cédric. Si, un jour, vous avez à choisir entre le bien et la facilité, souvenez-vous de ce qui est arrivé à un garçon qui était bon, fraternel et courageux, simplement parce qu'il a croisé le chemin de Lord Voldemort. Souvenez-vous de Cédric Diggory.

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Les bagages de Jessica étaient prêts. Dans le hall bondé, Estelle et elle attendaient les diligences qui devaient les emmener à la gare de Pré-au-Lard. Julia, Ophélie, et sans surprise Maureen, étaient introuvables. C'est pourquoi elles avaient décidé de faire le trajet à deux.

C'était une belle journée d'été qui signait la fin de cette année scolaire à Poudlard. Il ferait chaud lorsqu'elles arriveraient à Londres, et la verdure aura envahi les parcs de la ville. Mais cette pensée ne réchauffait pas le coeur déjà bien tourmenté de la rousse. En outre, retrouver le manoir sombre qu'était le 12, square Grimmaurd, n'était pas une perspective réconfortante. D'autant qu'elle était, pour ainsi dire, condamnée à passer l'été entier avec James, alors qu'elle essayait de son mieux de l'éviter.

- Jessica Roots !

La concernée sortit de ses songes et chercha autour d'elle l'origine de l'appel. Elle ne l'identifia que lorsque quelqu'un vint se poster devant elle. C'était une jeune fille blonde plus âgée qu'elle, mais définitivement plus petite, et à la poitrine proéminente. Elle fronça les sourcils. C'était la cavalière de Sirius au bal de Noël, Julie Petit. Elle ne se souvenait pas lui avoir parlé plus de dix minutes, ou l'avoir vue en dehors de cette soirée d'hiver, aussi s'étonna-elle de sa présence ici. D'autant que la française de Beauxbâtons semblait essoufflée.

- Tu sais où est Sirius ? demanda-t-elle de sa voix haut perchée.

Jessica cligna les yeux, un peu perdue. Elle n'était plus habituée à ce que quelqu'un d'autre que les réunionnaises lui parle en français.

- Euh, non.

Et elle ne savait comment elle l'aurait su. Ni pourquoi Petit lui posait la question d'ailleurs. Voyant son désarroi, cette dernière insista.

- Il n'est pas avec James ?

- Probablement.

L'élève de Beauxbâtons attendit, mais face au silence de la rousse, elle persista.

- Et où est James ?

- Pourquoi je le saurai ? commença-t-elle à s'exaspérer.

- A ton avis !

C'était presque effrayant comme une si petite personne pouvait regarder quelqu'un avec autant de défi. Jessica ne comprenait pas pourquoi elle s'en prenait à elle.

- Et pourquoi tu cherches Sirius ? intervint enfin Estelle.

Julie Petit poussa ses cheveux avec un air de dédain et avisa la brune.

- Pour lui rendre son écharpe, bien évidemment.

La blonde avait en effet une écharpe de Gryffondor nouée autour des hanches, à la mode des couples inter-maison.

- Vu qu'apparemment, ça fait longtemps qu'on ne sort plus ensembles, je voudrais la lui rendre. Il a été convoqué par votre directeur ce matin au petit déjeuner, et il n'est pas revenu. Du coup je n'ai pas eu le temps…

Elle commença à dénouer l'écharpe avec rogne.

- Il doit m'éviter. Pf. Enfin bon. J'ai pensé qu'il serait avec James ou Remus, vu qu'ils sont tout le temps fourrés ensembles. Mais ils sont introuvables eux aussi. Je me suis dit que Jessica saurait où ils sont.

- Ben pourquoi ? demanda la concernée déphasée.

- Te moque pas de moi, tout le monde est au courant.

Mais la rousse ne semblait toujours pas comprendre.

- Vous sortez ensembles, Roots, pas la peine de le cacher plus longtemps. Maintenant dis-moi où est James, et donc Sirius.

- Je ne sors pas avec James ! se défendit immédiatement Jessica.

- Mais oui bien sûr.

- Mais ce… c'est vrai ! Et puis, je ne sais pas où il est d'abord.

La providence fit que c'était enfin leur tour de monter dans les diligences menant à Pré-au-Lard. Jessica bondit à l'intérieur pour éviter de poursuivre cette conversation. Estelle fut plus raisonnable et accorda à la blonde un au revoir.

- Attends, la retint la blonde.

Elle lui tendit l'écharpe de Gryffondor.

- Tiens, tu donneras ça à Sirius. Et en passant, dis-lui que c'est un minable. C'est bien fait pour lui, qu'il soit convoqué chez votre directeur la veille des vacances.

- Je ne suis pas un hibou, lui répondit Estelle en prenant tout de même l'écharpe.

La diligence s'ébranla, et en quelques secondes, Julie Petit était hors de portée. La Serdaigle se tourna vers son amie qui semblait fort chamboulée.

- Ca va pas ? s'inquiéta-t-elle.

Jessica mit quelques instants à mettre des mots sur ce qui la dérangeait.

- C'est vrai ce qu'elle a dit ? Que toute l'école croit que je sors avec James ?

- C'est un bruit qui court oui, depuis le Bal de Noël en fait. Je suis étonnée que t'en entende parler que maintenant, rit Estelle. T'inquiètes, je sais que c'est qu'un ami. Et puis, ça fait parler les gens. La plupart ne savent toujours pas que je ne suis plus avec Drago.

Jessica referma la bouche. Pendant un instant, une seconde, elle avait failli tout dire à Estelle. Dire qu'elle pensait avoir des sentiments pour James. Mais elle ne savait pas vraiment ce que ça signifiait. Et puis, maintenant n'était pas le bon moment. Estelle venait de rompre, elle n'avait probablement pas envie d'entendre parler de ses états émotionnels.

Le regard de Jessica tomba sur l'écharpe de Sirius, que son amie avait posé sur ses genoux. Elle s'imagina porter elle-même l'écharpe de James à son cou, le bras de ce dernier enroulé autour de ses épaules pour la réchauffer. Elle secoua immédiatement la tête pour chasser cette pensée, et regarda le château de Poudlard s'éloigner.

Il disparut bientôt derrières les arbres, signifiant qu'elles étaient arrivées à la gare. Étant parmi les premiers arrivés, elles purent s'installer dans un compartiment vide sans souci, et attendirent l'arrivée des autres réunionnaises. Mais elles ne vinrent pas. Seule Maureen passa les prévenir qu'elle allait rester avec Anicée. Mais Julia et Ophélie n'apparurent pas. Et pourtant, la porte du compartiment était restée ouverte.

Ce n'est que lorsque le sifflet annonçant le départ du Poudlard Express retentit, que quelqu'un vint. C'était Remus, rouge et visiblement essoufflé, qui leur demanda s'il pouvait s'installer là, les autres compartiments étant tous pris. Estelle les invita avec joie, et il s'installa sur les banquettes, bientôt suivi par un James et un Sirius dans le même état.

- C'est Dumbledore qui vous a mis si en retard pour que vous courriez vers le Poudlard Express ? tenta de deviner Estelle.

- Comment tu sais, pour Dumbledore ? demanda douteusement Sirius.

- C'est Julie Petit qui nous l'as dit. C'est vrai que vous étiez introuvables au petit déjeuner. Oh, d'ailleurs. Tiens, dit Estelle en lui tendant son écharpe. Elle m'a demandé de te la rendre, étant donné que vous n'êtes plus ensembles.

Il eut un petit rire.

- Elle avait l'air de bien le vivre ?

- Un chouillat en colère, je dirai, ronchonna Jessica.

- Qu'est-ce que Dumbledore te voulait ?

- Oh, rien.

Il échangea un regard avec les deux autres Maraudeurs.

- Mais si on est en retard, c'est pour une autre raison, fit James avec un clin d'oeil.

Le brun à lunettes sortit un bocal de sa manche pour le ranger dans sa malle. Estelle ne manqua pas de remarquer le « bombabouses » inscrit sur le verre vide.

- Disons, finit par craquer Remus sous les regards insistants des françaises, que ce cher Argus Rusard a eu un petit cadeau de fin d'année.

- Parfumé ! explosa de rire James.

Son rire devint contagieux, et bientôt il fut accompagné par son public. Cette hilarité, qui poursuivait alors que le train quittait pour de bon Pré-au-Lard, constitua leur dernier souvenir de cette année à Poudlard.

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Bien plus tard, Jessica pensait toujours à ce moment. Elle regretta à quel point les choses pouvaient changer en l'espace de quelques heures. En outre, elle regardait le paysage par la fenêtre, et s'ennuyait ferme. Estelle s'était endormie. Elle avait sombré dans les bras de Morphée une heure plus tôt, le crâne appuyé contre la vitre froide. Sirius et Remus en avaient profité pour lui dérober le devoir que McGonagall leur avait recommandé de faire pendant les vacances. Devoir que la Serdaigle avait déjà terminé, car la métamorphose était sa matière de prédilection. Ils s'occupaient ainsi à recopier le gros, afin de rendre une copie du même niveau. Quant à James, eh bien il était lui aussi endormi. Résultat : Jessica, n'ayant pas le plaisir de leur conversation, s'ennuyait ferme.

Son regard descendit vers le brun à lunettes. Il s'était allongé sur la quasi-totalité de la banquette, la tête reposant sur les genoux d'Estelle, la main de celle-ci perdue dans ses cheveux.

Jessica eut un pincement au coeur, et elle se maudit aussitôt. Elle ne comprenait pas pourquoi elle ressentait de la jalousie, alors qu'elle savait qu'il n'y avait pas lieu d'en avoir. Et pourtant, au fond d'elle, Jessica avait envie d'être à la place de son amie : avoir James endormi sur ses genoux, sa main se perdant dans ses épis.

Elle poussa un soupir et tourna la tête pour retourner à sa contemplation du paysage. Mais avant qu'elle ne s'en rende compte, son regard s'était à nouveau posé sur Estelle et James. Elle se leva, s'attirant les regards surpris de Remus et Sirius. Elle ne pouvait pas rester là. Elle avait besoin de partir, loin de ce compartiment. De parler à quelqu'un.

C'est ainsi que, sans un mot ou une excuse, elle sortit. Elle claqua au passage la porte dans son dos, réveillant ainsi James.

- Où est-ce qu'elle va?

Ses deux amis ne surent lui répondre, aussi James envisagea de se rendormir. Mais c'était sans compter sur Sirius qui, après avoir vérifié que la porte soit bien verrouillée, demanda l'attention de ses amis.

- Désolé, de pas avoir pu vous aider pour les bombabouses.

- T'inquiètes Patmol. C'est pas tous les jours que sa grandiosité de Dumbledore vous convoque dans son bureau.

Le jeune Black ne répondit pas au ton plaisantin de son meilleur ami. Au lieu de ça, il abordait une mine sérieuse.

- Vous en pensez quoi, vous, de ce qu'a dit Dumbledore hier, au banquet de fin d'année ?

Il y eut un instant de flottement. Ils en avaient déjà parlé la veille pourtant.

- Eh bien, fit Remus. C'était un très bel hommage à Cédric.

- Qu'est-ce que vous pensez sur ce qu'il a dit sur « Vous-Savez-Qui » ? Sur son retour.

Ca aussi, ils en avaient discuté la veille. A vrai dire, ils avaient passé une bonne partie de leur nuit à en parler. Leur première réaction avait été l'incompréhension. Il fallait dire que l'une des premières choses que le directeur de Poudlard leur avait annoncés, lorsqu'ils étaient arrivés dans cette époque future, était la disparition de Voldemort. Il n'était plus, et ce, depuis une douzaine d'années. Et là, il leur disait qu'il était de retour ? C'était invraisemblable.

Et pourtant, quelque chose dans la voix de Dumbledore, dans le regard de Neville, leur avait assuré qu'aucun doute n'était possible. Il était de retour.

Était ensuite venu le doute. Non pas sur ce fait établi, mais sur la menace que cela représentait. Après tout, de ce qu'ils avaient pu en voir, le Mage Noir ne semblait pas si effrayant. Certes, il n'était qu'au début de sa montée au pouvoir lorsque les Maraudeurs avaient disparu. Ils n'avaient pas vu sa réelle puissance. Mais n'avait-il pas été vaincu par un simple bébé ?

Enfin, ils étaient venus à penser qu'il pouvait s'agir là d'une réelle menace. Le beau discours de Dumbledore sur l'union et la force dont ils devraient faire preuve dans les temps difficiles à venir, les avaient menés à cette conclusion. Ils restaient pour l'heure, encore des enfants : des sorciers en apprentissages qui devront faire face à des mages expérimentés et sans scrupules. Et c'est cette vérité qui les inquiéta.

Remus, qui vouait une confiance presque aveugle au directeur de Poudlard, était le plus convaincu. De sombres années approchaient.

- Je pense que nous devrions nous préparer pour ce qui va venir, dit-il.

- Être prêts pour la suite, oui, affirma James.

Lui aussi, bien qu'il lui semblât que nul ne pouvait être aussi redoutable que le célèbre Grindelwald, était prêt à faire face à la menace qu'était Voldemort.

Mais Sirius avait encore des doutes. Pour lui, il était difficile d'égaler la terreur que représentait sa lignée, et en particulier ses parents, Walburga et Orion Black. Il n'était donc pas complètement convaincu. C'est probablement pour cela que Dumbledore avait tenu à le voir seul.

Après un regard vers Estelle, toujours profondément endormie, Sirius reprit la parole.

- Je voulais vous parler à vous, sans les filles. Pour savoir ce que vous en pensiez, annonça-t-il.

Sous les regards inquisiteurs de ses amis, il leur raconta son entrevue privée avec le directeur de Poudlard. Il leur parla de sa proposition, ou plutôt de sa demande. Car oui, Dumbledore avait besoin de Sirius, de son assentiment, et au bout d'une longue conversation, le jeune homme avait accepté.

- Mais attends, l'interrompit James. Pourquoi tu as accepté si tu n'es pas entièrement convaincu ?

Sirius plongea son regard gris insondable dans celui de son meilleur ami. Il mit sa main dans sa poche, et tendit à James un papier plié en quatre.

En le dépliant, le brun à lunettes découvrit une photo. Il mit un instant à comprendre, et il leva à nouveau un regard surpris à Sirius, laissant Remus regarder à son tour le cliché.

- C'est…?

- L'Ordre du Phénix. Tel qu'il était à l'origine.

Il se pencha pour pointer du doigt les membres présents sur la photo qui se serraient tous pour être dans le cadre. Ils devaient être une petite vingtaine.

- Là, c'est Dumbledore. Fol OEil est là aussi, il avait encore un nez intact. Hagrid aussi faisait partie de l'Ordre.

Il désigna le semi-géant qui prenait une certaine place dans la photo, et écrasait presque une jeune fille rousse. A côté d'elle, un couple que Sirius pointa.

- Ce sont Franck et Alice Londubat. Les parents de Neville.

Il était le portrait craché de sa mère. La ressemblance était frappante, sauf les yeux, il avait les yeux de son père.

- Matyss, désigna Sirius.

Un jeune homme blond au sourire ravageur faisait un clin d'oeil au photographe. Il était encore jeune, complètement différent de l'ex-prisonnier d'Azkaban qu'il était aujourd'hui.

- Peter.

Ce dernier se cachait derrière un autre garçon au teint maladif. Sirius devina qu'il s'agissait de David Carter, le dernier des nouveaux Maraudeurs reconstitués par Peter Pettigrow.

- Et là, devine qui c'est : Lily Evans !

Elle avait bien changé depuis la troisième année. C'était devenue une femme flamboyante, et fière. Rien à voir avec la première de la classe qu'ils avaient connu. Même James s'abstint de toute remarque. Mais c'était pour une raison différente. Remus, surpris du manque de réaction du jeune Potter, avait levé les yeux vers ce dernier. Il découvrit avec surprise que ses joues étaient parcourues de larmes. Il comprit pourquoi lorsque Sirius dit.

- Ici, ce sont Euphémia et Fleamont Potter. Les personnes en qui j'ai toujours eu le plus confiance. Tes parents James.

- Ils étaient…, dit le garçon d'une voix rauque.

- Membres de l'Ordre du Phénix, oui.

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Jessica regarda le couloir d'un bout à l'autre, immobile au milieu du wagon. Elle ne savait ni où aller, ni quoi faire. Elle resta un instant à hésiter sur la démarche à suivre avant de décréter que la meilleure méthode était d'explorer chaque compartiment à la recherche d'un visage connu. Elle commença alors son exploration, en se dirigeant vers la tête du train. Elle ouvrait chaque porte, se fichant royalement du regard des autres sur l'étrangeté de ce comportement. Au bout du quatrième compartiment, heureusement pour elle, elle tomba sur Maureen.

Celle-ci se trouvait, comme attendu, parmi une bande de Poufsouffle compatissant. La réunionnaise, et quatre autres élèves que Jessica devinait être en cinquième année, entouraient Anicée. Cette-ci était plongée dans un mutisme insondable, sa main prisonnière de celles de Maureen. La rousse s'excusa auprès de son amie, ne voulant pas déranger ce deuil, et referma doucement la porte derrière elle.

Elle poursuivit son chemin et pénétra dans un nouveau wagon. A sa grande surprise, elle trouva des corps inertes sur le sol. Drago Malfoy, et ses inséparables acolytes Crabe et Goyle gisaient inconscients devant un compartiment. Jessica les enjamba, et trouva dans la porte ouverte le trio d'or. Elle imagina immédiatement ce qui avait bien pu se passer et les salua d'un signe de la main. Un regard noir d'Hermione lui fit passer l'envie de rester discuter, encore moins de ses tribulations sentimentales. Elle se décida à poursuivre son chemin et buta contre le torse de George.

- Eh beh, roussette, qu'est-ce que tu fais là ?

- Je cherche …

« Des amis » pensa-t-elle, mais elle s'interrompit. Des amis pour parler, c'était ce dont elle avait besoin, mais elle ne se sentait pas de subir les moqueries des jumeaux Weasley qui lui faisaient face. Décontenancée, Jessica bredouilla quelque chose d'incompréhensible avant de se reprendre.

- Je cherche Julia et Ophélie.

- Quelle déception, fit Fred.

- Moi qui pensait que tu nous cherchais, ajouta George.

- Ne sommes-nous pas dignes de ton intérêt ?

La rousse esquissa un sourire mi-désolé, mi-amusé.

- T'inquiètes roussette, la rassura George, on va voir notre Champion rescapé.

Ils faisaient référence à Neville, qui avait remporté le tournoi des Trois Sorciers, à ses risques et périls.

- Julia est dans notre compartiment à l'avant du train.

- Et on a aperçu Ophélie quelques portes plus loin.

- Merci ! s'exclama-t-elle reconnaissante.

Ils lui offrirent leurs plus beaux sourires, et disparurent dans le compartiment du trio d'or.

Comme ils l'avaient annoncé, Jessica trouva Ophélie quelques compartiment plus loin. La porte étant entrouverte, elle n'eut pas de mal à repérer son amie, ou plutôt son rire. Elle poussa légèrement le battant et découvrit Ophélie, riant à gorge déployée avec une bande de Serpentard. Elle ne la vit pas tout de suite, et poursuivit son récit qui déclencha une vague d'hilarité parmi ses camarades. Jessica tenta un signe en direction de son amie pour attirer son attention. Lorsque celle-ci l'aperçut, elle lui retourna son salut, l'invita même à les joindre, avant de reprendre son histoire.

La rousse, qui ne se sentait pas vraiment de joindre toute une bande de serpents, se résigna à poursuivre son chemin. En refermant la porte derrière elle, elle entendit vaguement Ophélie s'interroger « bah, Jessica ? », mais elle était déjà loin.

Elle trouva enfin la dernière réunionnaise dans le tout premier compartiment, juste avant le local de stockage de la dame aux bonbons, place de choix, pensa Jessica. Julia paraissait toute petite entourée d'élèves de cinquième, sixième et septième année, à savoir : Alicia Spinnet, Angelina Johnson, Katie Bell et Lee Jordan. Impressionnée, la rousse reconnut la fleur du monde du Quidditch de Gryffondor. Elle n'eut pas le temps d'hésiter que déjà son amie la tirait pour qu'elle s'assoie.

- Toi aussi tu veux intégrer l'équipe de Quidditch ? demanda Lee Jordan visiblement surexcité.

- Euh, non.

- Parce que je pense intégrer l'équipe de Serpentard, l'informa Julia.

- Ah ?

- On lui donnait des conseils.

- Il faut bien donner des conseils à la toute première fille dans l'équipe de Serpentard depuis sa création… je crois.

- Enfin, c'est si j'arrive à rentrer, souffla Julia.

- Moh tu vas passer les sélections haut la main, j'en suis sûre, dit Angelina.

La Serpentard voyait mal comment la poursuiveuse savait qu'elle était bonne au Quidditch, mais elle passa sur la réflexion.

- Les jumeaux disaient que tu volais pas mal bien Julia, sourit Alicia.

- La dernière fois qu'ils avaient dit ça c'était pour Warrington, pouffa Lee. Il était poursuiveur l'année dernière à Serpentard, il volait même pas droit.

- Vous vous souvenez le jour où il est rentré dans la tribune des professeurs ?

S'ensuivit un récit détaillé des mésaventures du Serpentard, dont ils partageaient tous le même souvenir. Enfin, tous, sauf Julia et Jessica. D'autant plus que cette dernière ne semblait pas avoir particulièrement envie d'entrer dans leur conversation. Ou tout simplement d'être en leur présence. Son air maussade décida Julia à se lever et l'entraîner hors du compartiment, car de toute évidence, la rousse avait un besoin vital de parler.

- Merci de m'avoir tirée de là, souffla Julia lorsqu'elles refermèrent la porte du compartiment derrière elles. Je commençais à me sentir un peu de trop dans leur conversation.

Les deux amies s'étaient mises en marche, sans destination précise. La Serpentard voyait bien que quelque chose tracassait son amie, mais quoi donc ? Elle engagea alors innocemment la conversation.

- Qu'est-ce-qui fait que tu sois arrivée jusqu'à l'avant du train ? Je pensais que votre compartiment se trouvait dans les derniers wagons.

Julia eut à peine le temps de finir sa phrase que Jessica l'entrainait dans les premières toilettes qu'elles croisèrent. Elle les verrouilla, et les insonorisa. La situation devait vraiment être grave si elle exigeait un tel niveau de sécurité.

- Je suis dans la merde jusqu'au cou, lâcha Jessica sans préavis.

Rectification, la situation devait être pire que grave pour qu'un tel niveau de vulgarité traverse ses lèvres.

- J'ai fait la pire boulette possible Ju', je crois que je suis en train de tomber amoureuse de James.

Pour seule réponse Julia ne put offrir à son amie qu'une mine ahurie, qui se traduisait par les yeux ronds comme des balles et une bouche grande ouverte.

Ce fut le signal de départ qui enclencha l'éternel flot de parole hyper-rythmé de Jessica dans ses moments de crise.

- Je te jure je l'ai pas fait exprès ! Mais c'est lui aussi, avec ces sourires, et ces blagues pas drôles pour une Mornille. Et ce surnom stupide, « mon rossignol ». Et puis il m'a invité au bal de Noël, et obligé à danser avec lui, et c'était super chouette. Et puis ces satanés cheveux, avec lesquels il joue tout le temps, puis j'ai commencé à me demander ce que ça ferait si je passais mes mains dedans. Et ensuite cette stupide leçon de vol, où au final c'était juste génial d'être là-haut avec lui… Et maintenant à cause de tout ça je me retrouve à être jalouse de Estelle parce que ce sombre idiot c'est endormi sur elle.

N'en pouvant plus Jessica cacha son visage au creux de ses mains, tout en se maudissant de succomber aussi facilement au charme du jeune Potter.

Julia se reprit brusquement. Elle écarta avec douceur les mains de son amie tout en lui murmurant des paroles rassurantes. Elle découvrit les yeux brillant de larmes de Jessica qui menaçaient à chaque instant de couler le long de ses joues. Peinée pour son amie Julia attira la rousse dans ses bras pour une étreinte de réconfort. D'abord sécher les larmes avant de trouver des solutions.

La Serpentard espérait sincèrement que le Poudlard Express comptait à son bord d'autre toilette car elle ne saurait dire combien de temps elles passèrent dans celle-ci. Jessica mit un long moment avant de s'écarter d'elle-même des bras de son amie, tout en frottant ses yeux rougis.

- Tu es effectivement dans le caca, chérie, déclara Julia.

Elle réussit à arracher un sourire à la rousse.

- Et tu me dis que ce gnome à lunettes a préféré s'endormir sur Estelle au lieu de toi ?

Nouveau sourire.

- Jess tu sais c'est pas la fin du monde de tomber amoureuse.

Julia ne savait pas quoi dire d'autre à son amie. Elle avait l'air tellement bouleversée par les sentiments qu'elle ressentait pour James. Mais finalement n'était-ce pas totalement normal ? La seule particularité était que ces deux-là ne venaient juste pas du même univers, mais après tout qui s'en souciait ?

- Jessica, reprit Julia, es-tu vraiment triste de ressentir ce que tu ressens pour lui ?

La rousse s'apprêtait à répondre par un « oui » machinal lorsqu'elle se rendit compte qu'elle ne s'était jamais réellement posée la question. Elle ne faisait que se blâmer de ressentir des sentiments nouveaux qui risquait à coup sûr de ne pas arranger la situation déjà bien compliquée dans laquelle elle et ses amies se trouvaient déjà.

- Oui bon, disons que c'est pas trop le meilleur moment pour tomber amoureuse, reprit Julia. Mais tu n'es pas obligée de te flageller comme Dobby pour ça. Jess c'est normal, à quatorze d'avoir un coup de coeur pour un mec. En plus c'est pas comme si James était laid à regarder. Et puis d'après ce que tu m'as dit ça fait pas mal de temps que ça cogite dans ta tête à propos de James, fallait que ça sorte, tu verras c'est pas si dramatique que ça. Là, rien que de m'en avoir parler, je suis sûre que tu te sens déjà mieux.

Sur ce point Jessica était d'accord. Avoir pu vider son sac sur ses sentiments naissant pour James lui avait fait un bien fou. Elle se sentait plus légère. Comme si la case « émotion » de son cerveau, où James prenait près de quatre-vingt pourcent de place, venait de retrouver sa taille normale et perdait donc en intensité. Finalement c'était peut-être juste un béguin qui avait viré à l'obsession parce que, pour une fois, la jeune fille l'avait (trop) longtemps gardé pour elle. Elle qui était habituée à se confier facilement, surtout à ses amies, quand quelque chose n'allait pas, avait cette fois-ci fait entorse à sa règle première, et voilà ce que ça avait donné.

- Merci Julia, répondit Jessica en prenant la Serpentard dans ses bras.

- Y'a pas de quoi, mais la prochaine fois viens me voir avant l'implosion totale, tu m'a fait peur avec cette séquestration forcée au toilette.

Jessica ne put s'empêcher de rougir, un peu honteuse face à sa réaction excessive. Elle s'excusa auprès de son amie et lui promit qu'à l'avenir elle choisirait un lieu plus confortable si séquestration il devait y avoir. Elles levèrent les sorts placés sur la salle d'eau et passèrent le reste du trajet à errer de wagon en wagon.

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En arrivant à Londres, Jessica retourna dans son compartiment pour récupérer ses affaires. On la chargea de réveiller Estelle, la chanceuse ayant dormi tout au long du trajet, d'après Sirius. Elle passa donc devant les trois garçons, et ne put s'empêcher de remarquer, au passage, que James évitait soigneusement son regard. Son sang se glaça. Elle hésita, puis décida qu'il ne s'agissait que d'un hasard, et décida ainsi d'oublier l'événement.

Une fois Estelle réveillée, elles descendirent du Poudlard Express, retrouvant le décor soudain étranger qu'était la gare de King's Cross. C'était la deuxième fois qu'elles descendaient de ce train, mais la scène était radicalement différente de la dernière fois. Le vide et le silence du quai 9¾ faisait maintenant place aux exclamations de joie et aux embrassades des familles retrouvant leurs enfants. Les parents de sorciers retrouvaient leurs fils et filles après une année presque entière de séparation. Les journaux ne retournant pas toujours de bonnes nouvelles du Tournoi des Trois Sorciers, les retrouvailles se faisaient plus chaleureuses que de coutumes, et les familles étaient plus pressées de retrouver leur foyer, d'être en sûreté.

Jessica eut à peine le temps d'adresser un signe d'au revoir à Neville, que déjà sa grand-mère l'attirait au loin pour rentrer, après qu'il ait échangé une courte embrassade avec ses meilleurs amis. Quand Estelle et elle rejoignirent le reste des françaises, qui étaient déjà avec les Maraudeurs, elles furent abordées par Molly Weasley. Celle-ci leur offrit à tous une accolade chaleureuse, sentant probablement qu'ils en avaient besoin – ou peut-être était-ce elle qui était simplement débordante d'amour. Bientôt, ils furent entourés par une bande de Weasley, qui une fois tous rassemblés, durent s'en aller. Fred et George les salua avec leur plus beau sourire, presque imité par Ron qui semblait plus tendu, et ils disparurent tous.

Sans qu'ils ne s'en soient vraiment aperçus, le quai de la gare s'était vidé, les aurevoirs ayant tous été adressés, et les familles s'étant enfuies précipitamment. Il ne restait que quelques groupes tardifs. Jessica n'avait pas vu Hermione partir, mais ne doutait pas qu'elle avait bien retrouvé ses parents. Soudain, elle fut abordée par Luna Lovegood, qui était à la recherche de Neville. Jessica fut au regret de lui annoncer que celui-ci était déjà partie. La blonde eut une moue de déception, et lui souhaita de bonnes vacances avant de, elle aussi, s'en aller avec son père.

Ils se retrouvèrent bientôt seuls, et aucun parmi les Maraudeurs, ou les françaises, n'apercevait Matyss. Ils ne savaient pas trop où chercher, ni quoi. Allait-il apparaître sous forme de lynx, ou sous la forme d'un inconnu ? Allait-il apparaître tout court ? Ils restaient là, bêtement, une bande de huit adolescents abandonnés sur les quais du Poudlard Express, avec pour seule compagnie, leurs bagages, et le train vide. Ou du moins c'est ce qu'ils pensaient tous. Car bientôt, ils entendirent un son caractéristique : le bruit sourd d'une jambe de bois frappant le sol, alternant avec le bruit plus doux d'un autre pied.

Maugrey Fol OEil apparut dans l'encadrement d'une des portes du train et avisa les adolescents de son oeil magique.

- Allez les p'tits, on se bouge. On n'a pas que ça à faire, dit-il en descendant du wagon.

En se dirigeant vers la sortie, il remarqua que personne ne le suivait.

- Eh bien ?!

- Où est Ma…, tenta Maureen.

- VIGILANCE CONSTANTE ! s'écria Alastor Maugrey. Vous croyez quand même pas qu'il aurait risqué de venir vous chercher ici ! On verra tout ça quand on sera arrivé.

- Arrivés, euh, où ? demanda Ophélie.

Elle reçut un grognement pour toute réponse, et ils se virent bientôt tous obligés de le suivre.

En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, et ce malgré avoir emprunté les chemins les plus farfelus – Vigilance constante ! – ils arrivèrent à destination. Sans vraiment de surprise ils se retrouvèrent devant le 12, square Grimmaurd. La noble et ancienne demeure des Black. Fol Oeil se dirigea vers la porte en grognant, comme il l'avait fait tout au long du trajet, et dit en ouvrant la porte.

- Faudra mettre un Fidelitas et des protections sur ce machin-là.

Il laissa les adolescents entrer, et les attendit dans le vestibule. Une fois la porte d'entrée close, Jessica eut à peine le temps de voir Matyss arriver à leur rencontre que déjà Maugrey s'exclamait.

- Bon ! Gamins, gamines, dit-il en les regardant un à un. Je sais que certains d'entre vous sont déjà au courant.

La rousse remarqua que son oeil magique se fixa sur Sirius, puis sur Remus et James. Ce dernier ne le regardait même pas, au contraire, il semblait passionné par un mur cramoisi. Matyss restait appuyer contre un mur, les bras croisés, à les fixer d'un air tendu, à attendre la fin de l'annonce de Maugrey.

- Cet été les choses vont changer. Pourquoi ? Je pense que vous le savez ! On doit se préparer aux événements à venir.

Il faisait référence au retour du mage noir, et autres événements qui étaient la conséquence directe des échecs des françaises cette année. Jessica retint un soupir. Elle n'avait même pas eu le temps de poser ses affaires, qui commençaient d'ailleurs à lui peser sur les bras, que déjà on revenait aux choses sérieuses.

- Je sais que vous ne serez pas particulièrement enchantés de cette situation, mais tant pis ! Sachez dans tous les cas que cette situation ne sera qu'éphémère.

Jessica voyait mal comment la guerre qui allait suivre serait « éphémère », mais elle s'abstint de le faire remarquer. Pensant que ce discours allait durer encore pas mal de temps, elle entreprit de déposer ses bagages au sol.

- Monsieur Black nous a déjà donné son accord, donc sachez ceci.

Elle finit par faire tomber au sol ses affaire dans un fracas tonitruant lorsque Maugrey conclut. Il annonça ce qu'elle avait déjà complètement oublié.

- Nous accueillerons ici dès aujourd'hui, la résistance face à Voldemort.

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Maugrey Fol Oeil ne resta pas très longtemps au square Grimmaurd. Le temps de poser tous les sorts de protection dans la demeure, de faire le tour des pièces, et surtout de la cuisine, où il décréta que les réunions de l'Ordre du Phénix auraient lieu, et il était déjà parti.

Matyss salua chaudement les huit adolescents, heureux de leur retour. Il les aida à porter leurs affaires jusqu'au tout dernier étage de la demeure, où ils purent reprendre possession de leurs chambres respectives. A peine une demi-heure après leur arrivée, les Maraudeurs remplissaient déjà la maison de vie, débattant bruyamment sur la première blague qu'ils mettraient en place lors de leur prochaine année à Poudlard. Les différentes pièces qu'ils investissaient au fur et à mesure se remplissaient de schémas que seuls les trois jeunes hommes étaient en mesure de comprendre.

Les cinq françaises, en revanche, rangeaient méticuleusement leurs affaires dans le peu d'espace qu'elles avaient, tentant d'ignorer les pitreries des garçons. Matyss sourit. Cette agitation lui faisait du bien. Après près d'un an passé dans cette maison vide, voilà que la demeure retrouvait un peu de vie.

Il regarda Julia, qu'il avait croisé à l'infirmerie, entasser le reste de ses vêtements dans son unique tiroir, penseur. Elle ne semblait pas avoir de séquelles à sa blessure.

Depuis le moment où il l'avait vue à l'infirmerie, Matyss avait envie de leur parler. Les jeunes filles avaient porté toute l'année, sans se confier à qui que ce soit, le lourd poids de la connaissance du futur. Futur qu'elles avaient certainement voulu changer, à en croire les dires de Dumbledore. Mais tout cela était dangereux… il devait absolument leur parler.

Il assigna les trois garçons à la préparation du repas du soir, puisqu'ils semblaient déjà avoir déplacé leurs activités dans la cuisine. Après avoir vérifié qu'ils mettaient bien la main à la pâte, il alla retrouver les françaises dans leur chambre et ferma la porte dans son dos.

- Je peux vous parler cinq minutes ?

Surprises, les jeunes filles laissèrent là leurs livres de cours, qu'elles ne savaient de toute façon pas où ranger, et s'asseyèrent sur leurs lits.

- Comment va ton épaule, Julia ? commença-t-il.

Celle-ci se rappela qu'il l'avait aidée dans l'infirmerie.

- Mieux que celle d'Estelle, avoua-t-elle.

- Parce que toi aussi ? s'étrangla Matyss.

L'épaule de cette dernière était effectivement toujours douloureuse après son affrontement, mais elle se remettait petit à petit. Elle n'eut cependant pas le loisir de répondre que Matyss enchaîna.

- Je savais que vous étiez dans le labyrinthe, mais je ne pensais pas que vous vous seriez autant mises en danger.

Abasourdies, les jeunes filles clignèrent plusieurs fois des yeux. Matyss savait qu'elles étaient dans le labyrinthe ?

- Je dois aussi vous féliciter d'être parvenues à votre âge à vous transformer en animagi.

De quoi ? Comment pouvait-il savoir ?

- J'ai l'impression que vous avez fait de votre mieux pour ne pas que Neville n'atteigne cette coupe…

Sa phrase resta en suspens. Il avait remarqué leurs regards, qui s'étaient soudain assombris. De toute évidence, elles ne vivaient pas bien leur échec.

- Je sais qu'il est difficile pour vous de vivre avec ce que vous savez. Je sais à quel point vous avez envie de changer le cours des choses. Je sais que vous avez essayé.

Elles se tendirent. Il savait, il savait tout. Il savait leurs erreurs, et qu'elles avaient voulu transgresser le grand tabou du voyage dans le temps. Mais Matyss ne semblait pas être venu leur faire la morale, loin de là.

- Nous sommes tous humains, soupira leur tuteur. Je pense sincèrement qu'à votre place j'aurais fait la même chose. C'est fou mais…

Il marqua un temps de pause avant d'avouer.

- Je vous fais confiance. Une confiance aveugle. Je sais que vous essayez de prévenir des choses terribles. Je sais que vous serez à la hauteur, qu'importe ce que vous entreprendrez. Mais surtout, je ne veux en aucun cas que vous vous blâmiez si par malheur vous n'arrivez pas à changer les choses...

D'un coup, les adolescentes se détendirent face à cet aveu. Si elles étaient surprises de ce discours, il leur semblait qu'un poids venait de s'envoler de leurs épaules. Savoir que Matyss les soutenait, qu'importe ce qui pourrait se passer, leur apportait du baume au coeur.

- Je ne vous demande qu'une seule chose…

La mâchoire de Matyss se serra.

-Vos vies ont autant d'importance que celles de n'importe qui d'autre. Essayez d'éviter de vous mettre autant en danger inutilement. Ca semble peut-être encore étrange pour vous, mais... je tiens à vous, finit-il en un sourire.

Sans laisser plus de temps aux jeunes filles de s'émouvoir, Matyss sortit de la pièce en précipitation, entendant des bruits étranges venant de la cuisine. Les cinq adolescentes s'entre-regardèrent quelques secondes. Les mots de leur tuteur les avaient touchées plus qu'elles ne l'auraient cru. Si personne ne prit la parole, elles avaient toutes compris le message de Matyss.

Les épreuves qu'elles allaient vivre serait sûrement nombreuses et elles devaient se préserver si elles voulaient avoir un rôle à jouer dans cette histoire. Malgré la tristesse persistante depuis la fin de la troisième tâche, elles étaient déterminées à avancer. Elles étaient prêtes pour une nouvelle année, un nouveau tome ; prêtes pour l'Ordre du Phoenix.

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Après des années d'écriture, de réécriture, et surtout d'attente pour vous, voici la fin définitive du premier volet de notre histoire. Si ce n'est pas déjà fait, nous vous invitons à le relire, en particulier le commencement, puisque nous avons tenté de répondre à vos remarques pertinentes pour donner plus de sens et d'uniformité à notre histoire.

Dans tous les cas, nous vous remercions du plus profond de notre coeur de nous lire. Bien que cette histoire, nous l'écrivons pour nous, ça nous fait énormément plaisir de voir que nos aventures vous plaisent à ce point.

Comme vous l'avez deviné, une suite se profile, et nous l'avons bien évidemment commencée. Vous trouverez dans notre profil d'auteur la suite de la Saga :

Un léger contre-temps : Au seuil du changement.

Nos cinq françaises, toujours coincées dans ce monde où Neville est le héros, se préparent pour une nouvelle année à Poudlard. Mais le vraisemblable retour de Voldemort, l'horizon d'Ombrage, et les .E.S promettent une année riche en émotions. Elles formeront, avec les Maraudeurs et le trio d'or, une coalition pour faire face à leurs nouveaux ennemis.

En attendant, nous espérons que vous avez apprécié ce premier tome, n'hésitez pas à nous le faire savoir en mettant une review.