Titre : La toile des souvenirs
Auteur : Suzan
Relectrice : Mora
Note : Les personnages, les lieux et autres appartiennent tous à la grande prêtresse, j'ai nommé JK. Rowling - sauf mention contraire.
Avertissement : Ce texte met en évidence des relations entre adultes, considérez-vous comme prévenus.
Résumé : Six ans après la fin de la Guerre, Hermione Granger, épaulée par son meilleur ami, est devenue Portraitiste. Célibataire et dédiant sa vie à son art et à ses amis, elle réalise des toiles en emprisonnant les souvenirs pour reconstituer des personnalités… Elle adore son travail jusqu'à ce qu'un beau jour un client particulier passe le seuil de sa boutique.
NDA : Salut à tous et bienvenue sur ce nouveau chapitre de La toile ! Je vous avoue que je n'ai pas passé une super semaine - de mon côté de la France le pollen est de retour et depuis je ressemble à un lapin ayant chopé la toxoplasmose - mais je suis très contente de vous livrer ce 19ème chapitre. Merci à tous ceux qui ont lu, commenté, partagé cette histoire, vous la faites vivre et cela me fait vraiment plaisir.
Je ne blablate pas plus longtemps et vous souhaite une très bonne lecture ! On se retrouve plus bas !
«Rien de grand ne s'est accompli dans le monde sans passion.»
F. Hegel
- Catharsia Malefoy, se présenta-t-elle avec un rictus carnassier aux lèvres. Je suis ravie de faire enfin votre connaissance.
Hermione détailla la jeune femme, cherchant à comprendre le sens de cette mise en scène. Son attitude démontrait une extrême confiance en elle et sa voix, rauque et singulière, interpellait et ensorcelait son auditoire. Tout en elle était savamment étudié pour susciter une certaine fascination et ce constat provoqua une frisson dans le dos d'Hermione.
Mais que faisait Catharsia Malefoy chez elle ? Venait-elle la menacer ? Mais dans quel but ? Était une nouvelle activité, typiquement Malefoy, que de s'introduire dans son appartement sans son consentement ? Et pourquoi ce cher Naim Kama était-il présent ?
La liste de questions s'étoffa au fur et à mesure des secondes, ses interrogations s'entrechoquant, tandis qu'Hermione essayait de saisir les tenants et les aboutissants de cette visite pour adapter son comportement. Ne parvenant pas à un résultat satisfaisant, elle décida finalement de jouer la décontraction, comme si tout cela était parfaitement normal, afin d'obtenir plus d'informations. Elle prit place sur le divan, tout en s'assurant qu'elle pourrait dégainer sa baguette rapidement.
- J'aurais aimé dire que le plaisir est partagé, répondit la Portraitiste avec un faux sourire, mais ce n'est pas vraiment le cas. Puis-je néanmoins vous servir quelque chose à boire ?
L'expression de surprise qui apparut sur le visage de Catharsia aurait pu être agréable à regarder sans cet air haineux qui rendait tous ses regards si froids.
- Volontiers, répondit la sorcière blonde, un thé pour moi. Naim ?
Le sorcier acquiesça et commanda la même chose sans quitter Hermione du regard, menant une garde vigilante aux côtés de la cousine de Drago. La Portraitiste sortit sa baguette et la fit tournoyer dans l'air afin que le thé se prépare seul dans la cuisine. Il était hors de question pour Hermione de quitter des yeux les deux énergumènes : vigilance constante.
Quelques minutes plus tard, une théière ainsi que trois tasses sortirent de la cuisine pour venir s'installer sur la table basse du salon. Hermione fit le service et s'empara de sa propre tasse. Le thé était parfait et le breuvage chaud fit merveille pour calmer ses nerfs et aiguiser sa concentration. Visiblement, Catharsia ne voulait pas l'attaquer : elle aurait pu le faire à loisir depuis le début de leur entrevue, à commencer par le moment où Hermione avait pénétré dans son appartement. La Portraitiste se décida donc à poser une simple question :
- Pourriez-vous m'indiquer la raison de votre visite ?
Le coin des lèvres de Catharsia se releva un peu plus, transformant son expression carnassière en quelque chose de vaguement angoissant.
- Mais bien entendu, très chère, répondit-elle d'une voix sarcastique quoique dénuée de menace. Vous êtes notre assurance.
Les sourcils d'Hermione se froncèrent, son esprit ne parvenant toujours pas à trouver une réponse satisfaisante. Elle se risqua à demander de plus amples explications :
- C'est-à-dire ?
Catharsia eut un petit ricanement rauque qui secoua ses épaules.
- Je comprends qu'il vous apprécie beaucoup, vous êtes… rafraîchissante, commenta-t-elle le regard illuminé, sans qu'Hermione ne puisse déterminer si son observation avait un caractère positif ou négatif. J'ai eu tout faux à votre sujet et j'en suis profondément navrée, reconnut Catharsia mais son excuse masquait à peine la contrariété qu'elle éprouvait en reconnaissant son tort. J'ai toujours pensé que mon cher cousin ne braverait pas nos règles sociales et ne s'enticherait pas de quelqu'un de votre… rang et de votre statut.
Les cheveux présents sur la nuque d'Hermione se hérissèrent sous l'insulte à peine voilée. L'ancienne Gryffondor se fit violence pour ne pas répondre à la provocation, souhaitant impérativement comprendre la raison de la présence de Catharsia et Naim chez elle, maintenant que Cesaria était reconnue comme héritière légitime des Malefoy.
- J'aurais dû comprendre depuis un moment… Je vous ai fait surveiller après l'échec de mes premières tentatives mais j'avoue ne pas y avoir mis tout mon coeur. J'ai été étonnée que mon cousin vous invite au Manoir – je n'y ai moi-même pas le droit d'y résider… Il tient à vous, c'est évident, et pour l'heure, vous êtes la seule que je puisse atteindre, révéla la Française avec un sourire mauvais. Aujourd'hui, je rectifie mon erreur : je souhaite négocier et vous serez mon assurance. À l'heure qu'il est, mon cousin a dû recevoir une missive indiquant précisément où je me trouvais. Si mes calculs sont exacts – et ils le sont toujours – il devrait nous rejoindre d'ici trois minutes.
Quand Drago avait qualifié sa cousine de sociopathe, Hermione avait pensé à une façon de parler, mais alors qu'elle était confrontée en personne à Catharsia Malefoy, elle se demanda si ce n'était pas parfaitement approprié. En tout état de cause, son surnom, Caligula, lui allait véritablement comme un gant. La Portraitiste reprit une gorgée de thé pour se donner une contenance durant son attente. Naim et Catharsia ne semblaient pas hostiles – pour le moment – et elle pouvait se permettre de patienter quelques minutes. Si Drago apparaissait, elle lui laisserait le contrôle de la situation, sinon elle sortirait sa baguette et essaierait de maîtriser au mieux ses deux visiteurs inattendus.
Mais les calculs de Catharsia se révélèrent extrêmement précis. Alors que l'aiguille de l'horloge du salon allait sonner la troisième minute, des coups retentirent à la porte.
- Entre Drago, c'est ouvert, l'invita Catharsia, un rire dans la voix, comme si elle préparait une bonne blague.
Drago pénétra dans l'appartement, une expression de colère marquant son visage. Apercevoir Hermione assise sur son divan, une tasse de thé à portée de main le décontenança quelque peu. Il se reprit très vite et la rejoignit en quelques pas. Il s'assit à côté d'Hermione, se plaçant stratégiquement dans la ligne de mire des deux autres sorciers. Toute son attitude démontrait le mépris qu'il ressentait à se trouver dans la même pièce que sa cousine et son fiancé, ce qui sembla réjouir Catharsia.
- Mon cher cousin… Le salua-t-elle avec un sourire enjôleur.
- Que veux-tu ? Lui opposa-t-il d'une voix clinique, tranchante comme un scalpel.
- Je n'escomptais pas que mon intervention fonctionne aussi bien et te fasse perdre ta maîtrise de toi, révéla-t-elle d'un ton joyeux. C'est un bonus appréciable dont je me délecte. Je veux négocier, annonça-t-elle sérieuse.
- À quel sujet ? Rétorqua Drago sur un ton impérieux.
- Je requiers le consentement de mon chef de famille pour m'unir à Naim Kama selon la loi magique, émit-elle d'un voix joyeuse.
Fort de cette nouvelle information, le cerveau d'Hermione tourna à plein régime. Elle comprit soudainement pourquoi Catharsia et Naim n'étaient pas encore mariés malgré leur âge « avancé » selon la bonne société sorcière : ayant besoin du consentement du chef de famille de la lignée principale pour épouser Naim, Catharsia se rendait débitrice de son cousin. Elle avait donc retardé le moment au maximum, en espérant pouvoir prendre le contrôle de la famille et se passer de l'aval de Drago.
Mais dans ce cas, pourquoi négocier maintenant ? Certes, Cesaria étant maintenant déclarée comme héritière légitime, il allait devenir plus difficile d'usurper la branche principale des Malefoy mais ce n'était pas un fait qui aurait pu arrêter une sorcière de la trempe de Catharsia. Alors pourquoi maintenant ? Et puis pourquoi avait-elle revêtu cette tenue si anachronique ? Avec un peu d'effort, elle pourrait ressembler à une robe de mariée. Voulait-elle procéder immédiatement à la cérémonie ? Si oui, pourquoi une telle précipitation ? Il lui manquait un élément pour comprendre cette histoire…
Les réflexions de Drago semblèrent suivre le même chemin que celles d'Hermione mais il avait une longueur d'avance sur la Portraitiste comme le démontra sa question.
- Es-tu enceinte ? S'enquit-il, sérieux. Avant de me répondre, sache que si tu me mens, tout accord conclu entre nous se révèlera caduque.
Hermione retint son souffle, son regard passant de Naim à Catharsia. Le visage de la sorcière blonde se fit rayonnant et elle posa une main sur son ventre encore plat.
- En effet, cher cousin, je porte un enfant, répondit Catharsia, extatique, l'héritier de la branche française des Malefoy et c'est la raison de notre présence en ces lieux.
Drago accusa le coup et l'ancienne Gryffondor ressentit un besoin irrépressible de le protéger, de l'enlacer et de le consoler. Cet aveu, prononcé de cette voix si heureuse, devait être l'une des choses les plus difficiles à entendre pour le chef de famille. Lui qui ne pouvait concevoir se voyait contraint d'assister à la grossesse de sa cousine sadique… Le regard de vénération que jeta Naim à la future mère pendant cette annonce interrogea la Portraitiste. Quelle relation un homme comme lui pouvait avoir avec une sorcière comme Catharsia Malefoy ?
- Pourquoi se retrouver ici ? Pourquoi Hermione ? S'enquit Drago ce qui extirpa la sus-nommée de ses pensées.
- Qui d'autre pour être notre Enchaîneuse ? Siffla rhétoriquement Catharsia, elle connaît désormais la moindre tare, le moindre petit secret de notre famille, n'est-ce pas ce que tu voulais ?
Le visage fermé de Drago indiqua clairement que non, ce n'était pas quelque chose qu'il avait envisagé, du moins pas ainsi.
- Et puis… Poursuivit Catharsia en chuchotant, comme si elle émettait une confidence, ne fait-elle pas une otage parfaite pour attirer ton attention ? J'ai réussi à l'atteindre par trois fois – sans me donner énormément de mal – et si tu me refuses ce que je veux, je n'aurai aucune difficulté à récidiver…
La menace était limpide et Hermione dû se contenir pour ne pas lancer un maléfice à cette abominable garce. La poigne ferme de Drago sur son bras la dissuada de toute action physique.
- Très bien, je te l'accorde, tu as gagné, admit Drago, le visage totalement lisse, sans expression.
Il échangea un bref regard avec la Portraitiste. Elle acquiesça discrètement en baissant légèrement le menton.
- Nous allons faire un Serment Inviolable et Hermione sera notre Enchaîneuse.
Le visage de Catharsia s'éclaira, ravie. Cela semblait être terriblement jouissif pour elle d'avoir damé le pion à son cousin et que ce dernier reconnaisse sa défaite. Elle accepta les conditions énumérées par son chef de famille et se leva en tendant sa main droite. Hermione s'aperçut qu'elle avait eu raison ; sans ses talons, Catharsia arriverait à peine à l'épaule de son cousin. Drago fit de même et Hermione prit place entre les deux. Elle toucha sa baguette de leurs mains jointes et se concentra tandis que Catharsia énonça clairement :
- Drago Malefoy, m'autorises-tu à épouser Naim Kama tout en conservant mes droits sur la branche secondaire des Malefoy pour moi et ma descendance ?
- Oui.
Une langue de feu jaillit de la baguette d'Hermione et vint s'enrouler autour des mains jointes de Drago et Catharsia.
- T'engages-tu à garder le secret de ma grossesse jusqu'à ce que je la dévoile ?
- Oui, répéta Drago et une seconde langue de feu vint rejoindre la première. En contrepartie, Catharsia Malefoy, t'engages-tu à ne plus concevoir aucun plan visant à me nuire, à nuire à ma famille ou à ma lignée ou à aider toute personne en ayant l'intention ?
- Oui, accepta-t-elle de sa voix si singulière et un autre langue de flammes entoura leurs mains.
- Promets-tu de ne plus jamais remettre un pied en Angleterre sans l'autorisation de ton chef de famille ? Poursuivit Drago, solennel.
- Oui, réitéra la Française en masquant une moue, peu ravie de voir ses mouvements limités.
Une fois la réponse de Catharsia donnée, les langues de feu scintillèrent de plus belles, se confondant en un long ruban rouge qui serra étroitement les mains jointes des deux cousins. Le sort brilla un moment puis s'éteignit doucement. La Française se dégagea tandis que Naim la rejoignit en deux pas, lui proposant son bras dans l'intention implicite de la soutenir.
- Catharsia, appela Drago, comme pour tous serments sorciers, je crois bon de rappeler ce que tu risques si jamais tu te retournes contre notre Enchaîneuse…
- Et il en est de même pour elle et pour toi, rétorqua simplement la sorcière avec un rictus aux lèvres. Pourquoi crois-tu que j'ai tant insisté pour organiser les choses ainsi ?
Le sourire de la jeune Malefoy hérissa Hermione, provoquant un nouveau frisson de malaise. Les deux fiancés se retournèrent après les avoir salués, insistant pour partir comme s'ils avaient été invités tout en signalant qu'ils savaient parfaitement où se trouvait la porte d'entrée. Drago les observa effectuer leur sortie, la main sur la baguette. Au moment de passer le seuil, Catharsia envoya une dernière pique :
- Je t'enverrai un faire-part pour la naissance, cher cousin, sourit-elle avant de disparaître par la porte.
La tension qu'Hermione ressentait depuis qu'elle avait pris conscience de la présence de Catharsia et Naim chez elle la quitta brusquement dès qu'ils eurent passés la porte d'entrée. La pièce sembla se remplir d'un peu d'oxygène et Hermione se rendit compte de ce que lui avait coûté nerveusement cette courte entrevue avec la branche française des Malefoy. Elle espérait de tout cœur que cela ne se répèterait pas de sitôt. Ses jambes se mirent à flageoler et malgré une ferme injonction mentale, elle les sentit se dérober sous elle.
- Hermione ! Appela Drago alors qu'elle chutait.
Il se précipita à ses côtés et, cherchant à amortir sa chute, il fut emporté dans son élan et tous deux se retrouvèrent au sol.
- Comment te sens-tu ? Demanda Drago en plissant les yeux, comme s'il évaluait son état de santé en détaillant chaque partie de son corps.
- Vidée, répondit Hermione avec une esquisse de sourire. Trop d'émotions dans la même journée. Peux-tu m'aider à m'asseoir sur le canapé ?
- Bien sûr.
Un bras encercla sa taille et une main se déposa sur son épaule. Doucement, Drago l'aida à se remettre debout puis la fit asseoir selon ses directives.
- Aurais-tu un remontant ?
Hermione sourit à l'inquiétude qu'elle percevait dans la voix de Drago.
- Du cognac, répondit-elle, dernier placard à gauche dans la cuisine. Les verres sont rangés avec.
- Du cognac, Hermione ? Interrogea Drago en se levant du canapé, une lueur légèrement moqueuse dans le regard. Je ne savais pas que tu avais de si bons goûts en matière de spiritueux, commenta-t-il en se dirigeant dans la direction indiquée. Vu ce que boit Potter en alcool fort, j'avais peur que tu ne puisses consommer que du Pur-Feu bas de gamme.
Le commentaire fit sourire la jeune femme : Malefoy essayait de détendre l'atmosphère et de lui faire penser à autre chose, dans une attitude presque prévenante.
- Mon père l'a acheté lors de notre séjour en France, répondit-elle, nostalgique en se rappelant l'été de sa troisième année. Je l'ai récupéré… après, finit-elle tristement. Il a toujours dit qu'il était excellent.
- Je veux bien le croire, reprit doucement Drago en apparaissant derrière le canapé, une bouteille et deux verres à la main.
Il leur servit à tous deux une dose de spiritueux avant de tendre un verre à Hermione. Puis, il se rassit à côté d'elle sur le canapé. La voyant frissonner, il s'empara d'un plaid plié sur l'accoudoir du fauteuil et le lui tendit.
- Ce n'était pas tout à fait la soirée que j'avais imaginée, avoua-t-il en retenant un soupir.
- Quelle partie n'avais-tu pas envisagée ? Questionna Hermione, taquine. Celle où ta cousine cinglée me menaçait pour que tu accèdes à ses demandes ou celle où nous nous retrouvons tous les deux dans mon salon un verre de cognac à la main ?
- La première sans hésitation, répondit Drago avec une esquisse de sourire. J'avais espéré que la seconde proposition fasse partie de la fin de soirée.
Hermione sourit à sa réponse et une but une lampée de cognac. Le liquide lui brûla la gorge, la faisant crachoter sous le regard goguenard de Malefoy mais la chaleur qui se répandit dans son corps lui fit du bien et sembla arrêter les frissons qui la parcouraient.
- J'ai une question, commença Hermione.
- Imagine ma surprise, ironisa Drago, faisant référence à son insatiable curiosité.
Il but à son tour une gorgée alors que la sorcière lui jetait un regard noir avant de relancer :
- Quelle est-elle ?
- Pourquoi as-tu cédé aux exigences de Catharsia ? S'enquit-elle curieuse. Pourquoi lui avoir dit qu'elle avait gagné ?
Un sourire rusé étira les lèvres de l'ancien Serpentard.
- Nous aurions pu maîtriser Catharsia et Naim magiquement ou physiquement, avoua-t-il, mais cela n'aurait pas été sans risque dans l'état actuel de la cousine… Et j'ai appris qu'il est bien plus judicieux de laisser croire à l'adversaire qu'il a gagné et obtenu ce qu'il souhaite. Si j'avais frustré Catharsia, elle aurait voulu prendre sa revanche et je voulais que nos querelles cessent. Elle devait se marier pour ne pas finir au ban de la bonne société et elle avait besoin de mon aval pour le faire.
- Parfois ton univers ressemble à celui de l'époque victorienne, une période historique moldue, précisa-t-elle pour son interlocuteur. Une femme-mère y serait très mal vue n'est-ce pas ? Soupira Hermione en le regardant dans les yeux.
- En effet, confirma Drago en soutenant son regard, et je sais ce qu'est l'époque victorienne tout comme l'époque edwardienne et l'ère élisabéthaine. Je suis parfaitement au courant que les monarques dirigent le Royaume-Uni moldu, après tout, je suis sorcier et anglais.
La surprise se peignit quelques secondes sur le visage d'Hermione.
- Les affaires restent les affaires, que ce soit dans le monde moldu ou dans le monde magique, expliqua Drago sur le ton de l'évidence. Les sorciers ne représentent qu'un petit pourcentage de la population et notre économie fonctionne sur un circuit fermé. Si tu veux faire plus de profits, il faut automatiquement que tu diversifies tes portefeuilles d'actions… Et investir dans le monde moldu a été une véritable bénédiction quand l'économie sorcière s'est grippée pendant la première guerre sorcière. Ma famille en a retenu les leçons et tout comme moi.
Un silence s'installa dans leur conversation tandis que Drago buvait une gorgée de spiritueux. Ainsi donc les Malefoy ne rechignaient pas à étendre leur empire financier dans le monde moldu si cela pouvait leur rapporter… Ce n'était pas vraiment une surprise, elle avait compris depuis longtemps que les valeurs prônées par cette famille étaient souvent à géométrie variable et dépendaient pour beaucoup du contexte. En revanche, ce qui l'étonnait, c'est l'admission pour une fois sans faux-semblant de Drago… Elle n'arrivait pas à se décider sur ce que cela signifiait vraiment.
- Je suis désolé si je t'ai blessée, s'excusa Drago, changeant complètement de conversation pour aborder le sujet qui leur tenait à coeur. Lorsque j'ai réglé toute cette affaire avec le Conseil, les Potter et Edward… Il n'a jamais été dans mes intentions de te peiner.
- Mais tu n'es pas désolé de ce que tu as fait, rétorqua Hermione doucement.
Le regard de Drago se durcit, comme s'il était blessé. Le coeur de l'ancienne Gryffondor se pinça bizarrement à cette vue.
- Non, répondit-il simplement, je ne suis pas désolé de ce que j'ai fait.
Hermione pencha légèrement la tête, changeant son angle de perception de l'ancien Serpentard.
- Je comprends, formula-t-elle lentement, et je ne t'en veux plus. Ce n'est pas parce que tu agis d'une façon que je n'aurais jamais même envisagée que cette démarche est néfaste ou malveillante, tes buts inavouables et le résultat immoral. Le calcul, la ruse et la dissimulation font partie de tes outils… Et je l'accepte. Tant qu'ils restent en dehors de ce que nous essayons de faire ensemble.
Cet aveu avait été difficile pour la Portraitiste. Même si elle se doutait des intentions de l'ancien Serpentard à son égard, avouer ce qu'elle ressentait était toujours un risque en soit mais elle se devait d'être cohérente : elle ne pouvait pas demander à Drago de lui parler à cœur ouvert, de révéler ses pensées et ses sentiments si la réciproque n'était pas possible. À la fin de sa phrase, le sourire de Drago était si grand qu'il aurait quasiment pu rejoindre ses deux oreilles.
- Et qu'essayons-nous de faire ensemble ? Demanda Drago d'une voix joueuse, le regard parfaitement sérieux.
Hermione plissa les yeux, un sentiment rampant dans son ventre entre exaspération et amusement. Elle ne donnerait pas aussi facilement satisfaction à l'ancien Serpentard.
- Je ne sais pas exactement, répondit Hermione en haussant les épaules, quelque chose qui nous convienne à tous les deux, je présume.
- Tu présumes ? Répéta lentement Drago, une lueur mi-moqueuse, mi-prédatrice dans les yeux.
Le pouls d'Hermione qui avait retrouvé un rythme normal après la discussion avec les Potter, puis la visite surprise des Malefoy français – non mais sérieusement, quelle journée ! – commença à accélérer. Drago s'approcha lentement d'elle, modifiant sa place sur le canapé pour qu'il puisse se placer à quelques centimètres de ses lèvres.
- Hermione, souffla-t-il en conservant leur contact visuel, et son prénom provoqua un petit frémissement dans le dos de la jeune femme, tu as vraiment une bouche superbe.
Un sourire s'esquissa sur les lèvres de la sorcière. Elle chuchota en retour un « merci », presque gênée de l'attention accrue dont elle faisait l'objet. Mais elle savait à l'intérieur d'elle-même que cette concentration n'était pas surjouée : si Drago la dévorait des yeux c'est parce qu'il se délectait de ce moment. Son coeur battait la chamade sur un rythme totalement irrégulier. Elle pressentait ce qui allait se passer : ils allaient s'embrasser pour la seconde fois, consciemment, en pleine connaissance des causes et conséquences. Cela allait bouleverser la relation professionnelle et personnelle qu'ils avaient entretenue jusque-là mais pour le moment, c'était le cadet de ses soucis. Un désir sans nom rampait dans ses veines et elle ne souhaitait qu'une chose : qu'il l'embrasse.
Prise d'une impulsion, elle décolla son dos du dossier du canapé et s'avança doucement, grignotant millimètre par millimètre la distance qui les séparait encore. Une petite voix dans sa tête lui disait de se méfier, qu'il était l'ennemi héréditaire et qu'il n'avait fait tout cela que pour la piéger mais Hermione la fit taire de la plus brutale des façons. Elle avait choisi de lui faire confiance. L'ancienne Gryffondor avait abandonné les rênes d'une situation et avait reconnu que Draco s'en sortirait mieux qu'elle pour gérer la situation avec Catharsia. Ce simple lâcher prise signifiait beaucoup pour Hermione : elle avait choisi de se reposer sur Drago et il ne l'avait pas déçue en retour.
Hermione posa finalement ses lèvres sur celles de Drago, presque intimidée par son audace. Elle fut merveilleusement accueillie et remerciée. Ses lèvres souples la caressèrent et la grisèrent. Trop vite, l'ancien Serpentard abandonna sa bouche pour apposer de minuscules baisers au coin de ses lèvres, puis sur sa mâchoire et enfin dans son cou. Enivrée par les sensations, Hermione ne put qu'émettre un soupir. Une main douce vint soutenir sa tête et elle retrouva finalement la bouche du sorcier. Elle sentit sa langue l'envahir et caresser la sienne. Lorsqu'elle reprit son souffle, elle constata qu'il l'avait simplement aidée à s'asseoir à califourchon sur ses genoux et que ses bras l'entouraient tandis qu'ils s'embrassaient.
Elle eut un instant de vertige lorsqu'elle sentit enfin combien il la désirait. Personne ne l'avait autant désirée depuis longtemps et ce sentiment l'électrisa. Cela faisait tout aussi longtemps qu'elle n'avait pas ressenti de désir en retour. Elle expérimenta, pressant son corps contre celui de Drago, qui laissa échapper un grognement rauque avant de se figer et de poser son front contre le sien, le souffle court.
- Dans mon monde victorien comme tu dis, on ne fait pas l'amour à une femme avant le mariage, parvint-il à formuler, le regard sombre et chargé de désir.
Hermione en aurait hurlé de frustration mais elle se servit de cette sensation pour encourager son formidable esprit à trouver une issue. Elle esquissa un sourire et embrassa chastement les lèvres du sorcier blond.
- Dans le mien, on ne se marie pas sans avoir fait l'amour, chuchota-t-elle, les joues rouges, un rien tentatrice.
Un sombre gémissement s'échappa de la gorge de Drago avant qu'il ne soupire.
- Hermione, je ne plaisante pas, reprit-il sur le ton le plus sérieux qu'il pût produire. Je sais que les aristocrates peuvent avoir la réputation d'être complètement dépravés mais c'est souvent le contraire.
La stupéfaction cloua l'ancienne Gryffondor sur place.
- Pardon ? Hoqueta-t-elle avant de se reprendre. Tu veux dire que tu n'as connu personne d'autre que Pansy ?
Une certaine gêne s'empara de Drago qu'il essaya de camoufler du mieux qu'il pût.
- Les Sang-Purs sont élevés dans le strict respect des traditions, émit-il d'un ton quelque peu guindé, mais si, par mégarde, nous commettions des indiscrétions avant le mariage, ce n'est sûrement pas un sujet approprié à aborder avec une femme pour qui l'on a des intentions sincères.
- Donc ça veut dire non ?
Un silence lui répondit et Hermione faillit en soupirer de frustration : Drago et ses principes, ses manières de faire et ses compromissions... Si elle avait bien su lire entre les lignes, oui, il avait eu des relations sexuelles hors mariage avant son union avec Pansy et non, il n'envisageait pas de le lui proposer car cela ferait apparemment atteinte à son honneur. Si elle ne s'était pas avouée son intérêt et ses sentiments naissants pour lui quelques heures plus tôt, elle aurait rebroussé chemin devant tant de complications. Il avait peut-être une façon antédiluvienne d'envisager les rapports homme-femme mais elle l'avait choisi pour ça : il était différent d'elle et par là même, ils pouvaient apprendre l'un de l'autre et s'enrichir mutuellement. Si la situation était telle qu'elle était pour le moment, rien n'indiquait qu'elle ne changerait pas. Et Hermione ferait ce qu'il fallait pour que sa mentalité évolue.
Non qu'elle soit une nymphomane au dernier degré mais elle avait été élevée dans un monde où les mœurs étaient bien plus souples et où chacun se découvrait à son rythme. Elle n'avait pas eu pour projet que leur soirée se termine dans un lit mais elle n'aurait rien eu contre explorer un peu plus loin leur intimité. Ravalant sa frustration comme elle le pouvait, elle se dégagea, reprenant sa position initiale sur le divan.
- Merci, souffla Drago, l'air néanmoins perdu.
- Je n'approuve pas mais je respecte, répondit Hermione avec un début de sourire. Nous avons des façons de faire différentes, tâche à nous de communiquer pour trouver des compromis. Même si présentement, je fais tout pour ne pas t'en vouloir.
Un rire s'échappa de la gorge de Drago. Il l'embrassa chastement sur la bouche, les joues, le nez et le front.
- Qu'avais-tu prévu pour cette soirée ? Relança-t-elle en buvant une lampée de cognac.
- Un bon restaurant et une jolie balade, répondit immédiatement Drago avec un sourire charmeur. Mais je te propose mieux : je commande un dîner au Manoir à Elsy et nous pique-niquons dans ton salon.
Se sentant remuée par les évènements et les émotions de la journée, Hermione était ravie de ne pas avoir à se préparer et à ressortir de chez elle. Peut-être pourrait-elle voler quelques baisers supplémentaires ?
- C'est parfait, acquiesça-t-elle et ils trinquèrent à cette soirée.
Quelques coups de baguette plus tard, le salon d'Hermione était méconnaissable. Les meubles avaient été poussés contre les murs et une nappe étendue devant la cheminée dans laquelle brûlaient une dizaine de bougies de toutes sortes, sans compter les lampes d'appoint qu'ils avaient allumées, créant une ambiance tamisée. Hermione avait eu droit à une douche plus que nécessaire vu les événements de la journée, ce qui finit de la délasser. Pendant ce temps, Elsy avait fait apparaître un panier repas au centre de la nappe. Lorsqu'elle revint de la salle de bain, Drago l'accueillit, une bouteille de vin rouge à la main. Il l'ouvrit promptement et Hermione fut ravie de découvrir l'étendue des connaissances de son nouveau petit ami à propos des vignobles bordelais :
- À l'origine, il n'y avait qu'un vignoble nommé Léoville, expliqua Drago en versant le vin dans une très jolie carafe qu'Elsy avait également disposée. Puis, les parcelles ont été séparées en trois suite à des partages et des mariages : Léoville Barton, Léoville Poyferré et Léoville Las Cases (1). Le château de Las Cases est d'ailleurs lui-même partagé avec la famille Poyferré.
Hermione sourit en s'installant sur l'un des coussins disposés çà et là sur la nappe en coton vichy.
- Ta mère ou ton père ? Demanda-t-elle l'air de ne pas y toucher alors qu'elle ouvrait le panier de pique-nique.
- Pardon ? Répondit Drago, incertain.
- Le château appartient à ta mère ou à ton père ? Clarifia Hermione en se retenant de gémir face aux odeurs délicieuses qui s'échappait des différents plats.
- À mon grand-père si tu veux tout savoir, admit Drago avec un regard admiratif. Le vignoble avait besoin d'un investisseur après la Première Guerre Mondiale. Bien sûr, l'acquisition s'est faite en toute discrétion.
- Bien sûr, se moqua gentiment Hermione.
Apparemment, les Malefoy ne pique-niquaient pas simplement : des terrines, des salades composés ainsi que des légumes farcis, des baguettes dorées et des petits pains l'attendaient dans le grand panier d'osier (2). Hermione disposa tout harmonieusement, ne sachant dans quoi piocher en premier. Elle se décida pour un petit pain rond, délicatement doré, tandis que Drago remplissait son verre d'eau. En croquant dedans, la sorcière retint un gémissement de plaisir : le pain était farci avec un mélange de viande hachée, de champignons, d'ail et de porto. Drago lui tendit prestement une serviette lorsque la sauce du pain farci se mit légèrement à couler sur le menton de la sorcière.
- Cela doit être bien agréable d'être si riche, supputa Hermione en buvant une gorgée d'eau tandis que Drago s'asseyait avec classe sur l'un des coussins.
- Je ne sais pas, répondit Drago, un sourire désabusé aux lèvres. Je n'ai jamais connu autre chose, tout cela est normal pour moi. C'est sûr qu'avec la richesse vient une certaine facilité puisque tous les besoins primaires et même secondaires peuvent être comblés sans le moindre effort mais… commença-t-il avant de s'arrêter.
- Mais ? Insista Hermione, concentrée sur ses paroles.
- J'ai toujours envisagé cela avec une espèce de contrepartie, avoua Drago en pinçant les lèvres. Notre train de vie était assez… effréné. Même quand j'étais enfant. Nous allions de réceptions en cocktails, de cours de rhétoriques en goûters huppés… Au milieu de tout cela, je ne sais pas si j'ai réellement eu le temps d'être un enfant. J'ai toujours envié à Potter, Weasley et toi cette espèce d'insouciance avec laquelle vous viviez lorsqu'on est rentré à Poudlard. Vous sembliez si joyeux pour un rien.
- Serait-ce une façon détournée de nous traiter de benêts bienheureux ? S'enquit-elle en essayant de comprendre son point de vue.
- Non, pas du tout, nia calmement Drago en sélectionnant une part de quiche et quelques feuilles de salade composée. Mais vous agissiez comme si une guerre n'était pas en cours, comme si vous n'aviez absolument aucune idée du rôle que vous deviez jouer en société ou dans cette vie. Vous n'aviez pas de rang à tenir, vous n'étiez pas sans cesse épiés… Sauf peut-être Potter, mais c'était différent. Je vous ai envié cette capacité jusqu'au jour où vous l'avez perdue et quelque part, à ce moment-là, j'ai pensé que ce n'était que justice, conclut-il en haussant les épaules.
Hermione mordit dans le dernier morceau de pain-surprise, s'accordant un temps de réflexion. En un sens, après avoir visionné les souvenirs de Lucius Malefoy, elle comprenait le type d'enfance dorée qu'avait pu vivre Drago. Privilégiée mais pas forcément épanouissante personnellement. À cette époque, leur animosité était au plus haut et cela ne la choqua pas qu'il lui avoue avoir pensé que la balance était rétablie lorsque les Gryffondors avaient également perdu leur insouciance.
Pourtant, la Portraitiste ne s'était jamais considérée ainsi. On lui avait toujours rabâché qu'elle était trop sérieuse et pas assez amusante, qu'elle ne savait pas se détendre – y compris Ron et Harry, du moins au début. Elle se rappelait avoir été ravie d'apprendre qu'elle était spéciale, qu'elle était une sorcière. Elle se souvenait comme si c'était hier de la visite du Professeur McGonagall : de sa démonstration de magie, de la première réaction de déni de ses parents puis de leurs regards entendus, comme si le discours de son ancienne professeure expliquait bien des choses…
- Et pour toi ? Comment s'est passée ton arrivée à Poudlard ? S'enquit doucement Drago. J'imagine que ça devait être différent… Supposa-t-il au hasard.
Hermione haussa les épaules, ne sachant pas comment répondre à question. Était-ce si différent ? Elle structura ses pensées pendant qu'elle se servait de la salade dans une jolie assiette de porcelaine du Manoir Malefoy.
- J'imagine que oui, répondit-elle en essayant de se replonger avec précision dans ses souvenirs. C'était terriblement effrayant et en même temps particulièrement exaltant. Je veux dire, j'avais toujours été à part chez les moldus, j'étais cataloguée comme bizarre donc personne ne voulait jouer avec moi ou même m'approcher. Être une sorcière expliquait de nombreuses choses. Je n'avais donc qu'une crainte : ne pas réussir à m'intégrer dans ce nouvel univers, ne pas être assez bonne ou assez exceptionnelle pour y trouver ma place. J'ai mis tant d'ardeur à apprendre et à étudier, persuadée que toutes les solutions se trouveraient dans les livres, dans les réponses des professeurs à mes questions… Je pensais que si j'étudiais assez, que si je respectais l'ordre établi et ne faisais pas de vagues, je serais acceptée dans cette société dont je ne connaissais rien, confia-t-elle avec un sourire un peu désabusé. Donc tout comme toi j'avais une certaine pression, mais elle n'était pas familiale.
Drago hocha la tête en signe d'acquiescement, parfaitement sérieux et à l'écoute de l'ancienne Gryffondor.
- Par ailleurs, je crois que mes parents auraient tout donné pour que je ne fasse finalement pas partie de ce monde, pour que je sois comme eux : normale, enfin moldue, je veux dire, se reprit-elle de justesse. Je vous enviais beaucoup cela à Ron et à toi : être né d'une famille de sorciers, cela signifie baigner dans cette culture, avoir les mêmes références, les mêmes points de repères, utiliser des expressions que tout le monde reconnaît… J'avais l'impression d'avoir manqué tout cela et quelque part, j'en voulais à mes parents.
Un léger silence plana sur cette révélation et Drago en profita pour servir le vin.
- Cela s'est arrangé dans la suite de tes études ? Reprit-il calmement.
- J'ai pris confiance en moi au fur et à mesure, avoua Hermione avec un sourire, Ron et Harry ont été de grands soutiens mais la relation avec mes parents n'a plus jamais été la même. D'année en année, je revenais de moins en moins pendant les vacances. Je prétextais que c'était pour les cours, les examens, les BUSES mais en réalité… étant interne la majeure partie de l'année, je ne savais plus quoi raconter à mes parents lorsque je les revoyais. Je ne savais plus ce que je devais leur dire ou ce que je devais taire pour ne pas qu'ils s'inquiètent. Pour moi, la troisième année a été décisive.
- C'est-à-dire ?
- Je suis revenue pour les vacances d'été et mes parents m'ont immédiatement emmenée en France, raconta Hermione, nostalgique. À la suite de quoi, nous avons passé quelques jours dans notre maison avant qu'ils ne me déposent chez les Weasley. J'ai réalisé cette année-là que plus le temps passerait et moins nous aurions de choses à partager. Mes parents ne comprenaient pas la magie, ils ne comprenaient pas ce que je faisais les trois-quarts du temps. Ma mère avait organisé ces vacances en France parce que, quelque part, ils redoutaient de se trouver en face à face avec moi. Et puis… la guerre a définitivement clos ce chapitre.
- Tu leur as parlé de la guerre ? Demanda doucement Drago en buvant une gorgée de son verre de vin.
- Oui, répondit la Portraitiste avant de l'imiter – le vin était délicieux. Cela a un peu changé leur point de vue : ils n'avaient plus peur de moi, ils avaient peur pour moi. Alors je n'ai plus rien dit, prétendant que tout allait bien, ce qui n'a pas renforcé nos liens. Quand Harry a déclaré qu'il partait en cavale, Ron et moi avons juré de le suivre, avoua-t-elle cherchant une lueur de moquerie dans les yeux de Drago mais il n'en fut rien. Nous étions capables de ce genre de loyauté tous les trois parce que nous n'étions pas à l'aise dans nos familles, analysa-t-elle. A posteriori, c'était évident que nous nous soyons trouvés : Harry était orphelin et détesté chez les Dursley, Ron se sentait invisible dans sa fratrie et moi… je sentais bien qu'il y avait quelque chose qui clochait avec mes parents. Alors lorsque je suis rentrée cet été-là, je leur ai effacé la mémoire en la remplaçant par de merveilleux souvenirs et je les ai envoyés vivre en Australie. Ils se sont construits une vie là-bas, sans fille sorcière à laquelle ils ne comprenaient rien et ne savaient plus que dire.
Une larme roula sur la joue d'Hermione, qu'elle balaya rapidement. Elle s'en voulait de se monter si émotive, elle ne pensait pas que cette histoire la toucherait encore mais visiblement c'était le cas. Elle avait fait le deuil de ses parents en allant en Australie avec Ron et Harry mais il était plus difficile de faire le deuil de ce qu'elle aurait voulu : des parents compréhensifs, des parents sorciers.
Deux bras l'entourèrent tandis que Drago lui faisait appuyer sa tête contre son épaule. Elle inspira, s'enivrant de son parfum particulier ; thym et citron. Il la consola par son étreinte, puis essaya de lui changer les idées en lui faisant part de sa vision des choses.
- Je n'avais jamais considéré la chance d'avoir eu des parents sorciers, avoua-t-il une moue contrite sur le visage, des parents qui étaient au courant de ce qu'était ce monde et qui ont fait de leur mieux pour m'y préparer, chuchota Drago dans les cheveux d'Hermione. Au contraire, j'ai toujours senti que ma famille était un poids à porter jusqu'au décès de mon père.
La Portraitiste, l'oreille collée au torse de l'ancien Serpentard, écoutait sa voix amplifiée par la résonance dans son corps, emmêlée au son rythmique des battements de son coeur.
- Quand Père est mort, j'ai été éminemment soulagé, livra-t-il dans un chuchotement. Je pouvais dorénavant vivre ma vie comme je l'entendais, je n'étais plus forcé de rien… Et puis j'ai compris : personne ne me laisserait oublier d'où je viens, de qui je suis le fils et ce qu'il a fait. Je suis entré au Ministère en tant que lobbyiste, puis conseiller comme lui l'avait fait, dans l'espoir de compter, de faire un jour une différence quelque part. Je suis plutôt doué en politique, se vanta-t-il, joueur. Comme tu le sais, je suis rusé, fourbe, manipulateur et calculateur donc je m'y sens comme un poisson dans l'eau. J'aurais aimé mettre tout cela au service de la communauté sorcière - et de mes ambitions, avoua-t-il d'un ton joueur.
- Ça ne c'est pas passé comme prévu ? Supposa Hermione d'une petite voix.
- Oh non, soupira Drago avec un sourire, pas du tout. Entre ceux qui me reprochent de faire comme mon père et ceux qui me reprochent de ne pas assez faire comme lui, je lutte depuis presque six ans et j'ai l'impression que rien ne change. Pourtant, j'aimerais être utile… Et puis je souhaiterais que mon nom ne soit plus une malédiction à porter, au moins pour Cesaria. J'essaie de faire évoluer les mentalités mais comme tu le sais, cela se fait toujours dans la douleur et c'est extrêmement compliqué, souffla-t-il presque découragé.
- Alors pourquoi poursuis-tu ton travail au Ministère ? Pourquoi ne proposerais-tu pas des nouvelles choses au Conseil ? Intervint Hermione en saisissant son verre de vin.
Elle se décolla du torse du Serpentard pour en boire une nouvelle gorgée.
- Les Vingt-Huit sont secrets tant que vous décidez d'agir dans l'ombre ; ce statut est-il toujours d'actualité ? N'auraient-ils pas besoin d'un homme, jeune, charismatique, connaissant le fonctionnement et le personnel du Ministère sur le bout des doigts pour faire ressusciter cette entité archaïque et la faire revenir aux valeurs prônées par le Conseil à son origine ? Je pense qu'il y aurait un grand nombre d'initiatives à proposer aux Vingt-Huit pour développer leurs activités, comme des cours de civilisation, d'us et coutumes… Des cours de sensibilisation pour les familles des né-Moldus également, pour qu'elles ne soient pas trop perdues, peut-être des groupes de soutien… Lança-t-elle pêle-mêle.
Une lueur s'alluma dans le regard de Drago.
- T'ai-je déjà dit que tu étais brillante ? Et particulièrement sexy lorsque tu as une idée géniale ? Interrogea-t-il rhétoriquement, un sourire sournois aux lèvres.
Hermione posa ses lèvres sur les siennes, souriant. Drago en profita pour approfondir le baiser, les laissant tous deux légèrement pantelants.
- Et avant Poudlard ? S'enquit Drago dans l'intention visible d'éloigner toute tentation en proposant un nouveau sujet de discussion.
Hermione sourit puis commença à raconter, tout en poursuivant son repas, ses premiers souvenirs, ses premiers accès de magie, ses passions enfantines… La soirée s'éternisa tandis qu'à tour de rôle, chacun se dévoilait un peu plus. Ils évitèrent consciencieusement les sujets se prêtant à la polémique, cherchant à se découvrir sous d'autres angles. Ils partagèrent leurs expériences, si différentes et pourtant aux sensations si communes, simplement humaines.
L'aube les trouva toujours assis dans le salon, plus confortablement installés dans le canapé, blottis l'un contre l'autre, un plaid les réchauffant. Le cadavre de la bouteille de St-Julien gisait sur la nappe ainsi que les reliefs du repas et du dessert. Plusieurs tasses de thé et de café avaient émaillé la nuit, les tenant éveillés alors qu'ils discutaient de tout et de rien, de leur passé et de ce qu'ils imaginaient pour leur avenir.
Au moment d'aller se coucher, ils avaient convenu de se revoir le soir même pour continuer leur exploration mutuelle. Étant tous les deux des personnalités publiques, ils étaient résolument d'accord pour être discrets, souhaitant fortifier leur relation avant de l'exposer à leur famille, leurs amis puis au grand public. Drago avait même fait une blague à ce sujet, mais dans son état de fatigue, Hermione ne parvint pas à se la remémorer. Ils étaient tous les deux épuisés, vaguement nauséeux d'avoir autant parlé, mais profondément heureux de s'être trouvés. Le visage chiffonné et l'air débraillé, Drago l'embrassa une dernière fois avant de passer le seuil de la porte en lui souhaitant une bonne nuit.
Hermione ne put se résoudre à ranger et se contenta de jeter un regard désabusé à la nappe et aux restes de leur pique-nique avant de passer rapidement à la salle de bain et de se mettre au lit.
Ce fut le martèlement d'un hibou contre le volet de sa chambre qui réveilla Hermione. Avisant l'heure à son réveil, elle gémit un instant, consciente de ne pas avoir assez dormi. Il n'était pas encore midi et elle aurait aimé profiter d'une grasse matinée en ce dimanche matin. Elle se leva, chancelante, avant d'ouvrir la fenêtre puis le volet, laissant entrer la chouette au plumage bigarré. Le pauvre rapace était chargé de deux lettres et d'un journal. Hermione se rendit dans sa cuisine et lui proposa un Miamhibou pour sa peine avant de se préparer un thé.
L'oiseau mangea sa collation et repartit à tire d'ailes par où il était entré. Hermione en profita pour aérer la pièce et trouva refuge sur le canapé avec un thé fraîchement infusé. Elle reconnut les écritures d'Harry et de Daphné sur les deux lettres. Curieuse, elle choisit d'ouvrir le journal en premier : c'était étrange que le couple ait cru bon de le lui envoyer. Lorsqu'elle déroula son exemplaire, le titre du jour lui sauta au visage et lui fit répandre son thé sur le divan.
Sursautant, elle attrapa sa baguette pour réparer les dégâts et posa sa tasse sur la table basse. La Une n'était qu'une immense photographie de Drago, sortant de son appartement l'air fatigué, la tenue débraillée mais un sourire bienheureux sur ses lèvres légèrement gonflées. N'importe qui pourrait croire qu'ils avaient passé la nuit ensemble – et pas simplement à parler. Le titre "La liaison secrète d'Hermione Granger et Drago Malefoy : depuis quand vivent-ils ensemble ?" était parfaitement évocateur.
Un renvoi vers les pages 2 et 3 apprit à Hermione que le photographe responsable de cette Une était accompagné d'une journaliste et que cette dernière avait pu écrire une double page complète à propos de leur idylle. D'autres photographies de Drago sortant de son appartement illustraient les propos – heureusement, elles n'apportaient aucun détail supplémentaire. Hermione parcourut le tout avec frénésie. Une source « proche » des Malefoy semblait avoir renseigné le journaliste et la Portraitiste ne douta pas une seconde de l'identité du délateur ou plutôt de la délatrice. Drago et elle faisaient face au dernier coup fourré de Catharsia avant son départ pour la France. Vu le Serment Inviolable qu'ils avaient prêté la veille, elle avait dû donner l'information à la rédaction la veille de sa venue chez Hermione. En bref, Catharsia les avait donc joliment piégés.
Elle reposa le journal, consternée. Et dire que quelques heures plus tôt, ils avaient imaginé une relation discrète… S'attendant à tout, elle ouvrit une des deux missives et la parcourut.
Chère Hermione,
Je dois dire que tu as fait particulièrement fort cette fois-ci… J'ai eu l'impression de me retrouver en quatrième année dans la Grande Salle alors qu'Ombrage ouvrait le Chicaneur pour lire l'article que tu avais écrit au sujet de Voldemort. Te souviens-tu de l'expression scandalisée sur le visage de cette vieille bique ? Daphné a arboré la même, quasiment trait ou pour trait en ouvrant Sorcière Hebdo ce matin – ne lui dis pas que j'ai écrit ça.
Plus sérieusement, je me doutais que quelque chose allait se passer vu les regards que vous vous jetiez en sortant du Manoir lors de notre dernière entrevue. J'aurais juste préféré en être informé par toi et non par ce ramassis d'âneries qui se fait passer pour un journal. Par ailleurs, j'aimerais avoir ta version des faits pour savoir si Drago mérite que je le provoque en duel ou non.
Si tu as besoin d'aide, fais-le moi savoir. Daphné m'a dit que tu utilisais les gallions de l'AD avec Luna, je garde le mien dans ma poche désormais.
À très vite,
Harry.
C'était typiquement Potterien de se moquer d'elle tout en proposant son aide. Elle espérait que la missive de Daphné serait plus mesurée.
Hermione,
Je t'en veux terriblement de ne pas m'avoir appelée pour m'informer de ce qu'il se passait avec Drago et je suis complètement horrifiée que tu te retrouves en première page d'un magazine national pour de telles raisons mais par dessus tout, je suis affreusement inquiète.
Dans notre société, passer la nuit avec un homme, même divorcé, est très mal vu y compris pour des femmes de notre âge et en ce qui te concerne, personne ne tiendra compte du fait que tu aies participé au sauvetage de cette communauté à peine dix ans plus tôt. Autrement dit, tu risques gros avec cet article. Donc je te le demande franchement : connais-tu les véritables intentions de Drago envers toi ? Sont-elles honnêtes ?
Si tel n'est pas le cas, je lâche Harry sur lui et une nuée d'avocats voraces.
Réponds-moi dès que tu auras ce message,
Daphné.
Un sentiment d'urgence monta dans la poitrine d'Hermione en parcourant la missive de Daphné. Que voulait-elle dire par très mal vu ? Cela ne ressemblait pas à son amie de rédiger quelque chose d'aussi court, embrouillé et peu élégant. Elle n'avait même pas signé avec son nom, ce qui ne lui arrivait jamais. Et quel sens pouvait bien avoir l'expression « intentions honnêtes » pour Daphné ?
Hermione était totalement perdue : que devait-elle répondre à ses amis ?
Alors qu'elle finissait son thé, méditant sur toute cette histoire, un hibou Grand-Duc bien connu s'approcha de la fenêtre du salon. Elle le laissa entrer et récupéra prestement la missive accrochée à la patte.
Hermione,
Peux-tu me rejoindre au plus vite dans la salle du petit-déjeuner du Manoir ?
D.M.
Hermione ne pouvait pas dire que Drago manquait de concision. Soupirant, elle se demanda si l'article lui valait cette convocation express puis elle se mit en action, refermant ses fenêtres et se préparant rapidement pour rejoindre le Manoir.
Tandis qu'elle verrouillait sa porte d'entrée, elle entendit des bruits étranges en provenance du hall. Elle essaya pendant quelques secondes de se remémorer où elle avait entendu de pareils sons avant d'ouvrir les yeux en grand. Des journalistes. Il devait y avoir des journalistes dans son hall d'immeuble. Si jamais ils découvraient le numéro de son appartement, elle ne pourrait plus sortir de chez elle. Misère…
Hermione prit une profonde inspiration. Heureusement qu'elle pouvait transplaner depuis le palier, aucune protection l'en empêchait. Cependant, ce n'était pas son point de départ habituel et cela lui demanderait de la concentration. Elle visualisa avec précision sa destination et transplana.
Lorsqu'elle apparut dans la salle du petit-déjeuner du Manoir, Drago était seul, encore attablé. Il l'accueillit avec un grand sourire puis se leva pour lui offrir un baiser. Elle se blottit contre lui, profitant de façon éhontée du moment. Son agitation se calma progressivement, au fur et à mesure que la chaleur du corps de Drago imprégnait le sien. Lorsqu'ils se séparèrent, Drago lui demanda si elle avait eu le temps de petit-déjeuner. Elle nia et ils s'installèrent côte à côte autour de la table
- Comment ont réagi Cesaria et Narcissa ? Demanda-t-elle inquiète, faisant référence à la Une du jour tandis qu'il lui servait une tasse de thé.
- Bien, répondit Drago un rire dans les yeux. Cesaria est ravie que nous nous soyons décidés, selon ses propres termes, et Mère a dû dire quelque chose comme « À mon époque, une dame était incapable de ressentir la moindre attirance physique avant d'en avoir reçu l'ordre de sa mère. (3) »
- Oh Circée ! Jura Hermione désemparée. Elle doit me prendre pour une gourgandine.
Drago sembla se faire violence pour ne pas rire face à l'expression utilisée ou l'air de dépit qu'arborait l'ancienne Gryffondor.
- Je réfute cette assertion, ma mère sait parfaitement qui elle a élevé : un gentleman, reprit-il en essayant de conserver son sérieux. Par ailleurs, tu ne te considérais pas comme une gourgandine lorsque tu m'aguichais hier soir... ajouta-t-il d'une voix charmeuse.
- Peut-être mais ta mère n'était pas au courant, répliqua Hermione du tac-au-tac.
Drago ne put se retenir et il éclata de rire.
- Tu t'en fais beaucoup trop, la rassura-t-il néanmoins, elle est ravie du choix de ma nouvelle compagne, comme elle l'a si gentiment formulé ensuite. Je pense qu'elle se doutait de quelque chose bien avant nous.
La moue dubitative d'Hermione acheva de le mettre en joie. Il lui proposa le plat de viennoiseries avant de se servir un café.
- Comment cela s'est-il passé de ton côté ? S'enquit-il en prenant place sur la canapé.
- Parfaitement bien, résuma Hermione quelque peu sarcastique. Harry s'est foutu de nous et m'a rappelé que niveau discrétion, il avait connu mieux. Il veut aussi savoir s'il doit te botter les fesses. Quant à Daphné, elle s'inquiète, je cite « de tes véritables intentions ».
- Et bien tu pourras rassurer Daphné sur ce point : mes intentions sont pures et honnêtes, déclara-t-il avec emphase. J'ai d'ailleurs une solution pour régler tous nos problèmes actuels.
- Ah oui ? Demanda Hermione, une lueur d'espoir apparaissant dans son univers actuel. Laquelle est-ce ?
- Épouse-moi.
(1) : Situés à St-Julien de Beychevelle, les châteaux cités existent bel et bien et produisent des grands crus classés. J'ai rapporté leur histoire telle que je m'en souvenais – autant dire qu'il peut y avoir des approximations. Ceci dit, si vous avez la chance de goûter l'un de ses vins, saisissez-là, il paraît qu'ils sont incomparables aux autres productions médocaines.
(2) : Petite référence à un livre que j'ai lu : Ceux qui marchent dans les ombres de Roxane Dambre qui fait partie d'une série de trois livres Scorpi. Pour ceux qui l'ont lu, le contenu du panier est assez semblable à celui que l'héroïne dévore lors de son premier pique-nique en amoureux – j'ai trouvé le menu parfaitement approprié. Pour ceux et celles qui ne l'ont pas lu, c'est un livre agréable avec une intrigue intéressante et bourré de romance. Se lit malheureusement trop vite ! Mais les pains aux champignons m'ont donné faim (rires).
(3) : Que de références dans ce chapitre ! Les inconditionnels de Downton Abbey ne manqueront pas de relever cette phrase en particulier prononcée par Maggie Smith alias la comtesse douairière de Grantham. Je trouve des similarités entre Narcissa et le personnage de la comtesse, car après tout, ne sont-elles pas toutes deux des dames du monde ?
RAR
Delph : Salut à toi et bienvenue sur cette fiction. Merci pour ton commentaire, je suis ravie que l'histoire te plaise. J'espère que ce chapitre aura été à la hauteur de tes attentes. En espérant te lire bientôt ! Bon weekend !
Sarah MAES : Coucou ! Merci pour ton commentaire =) Je ne suis pas sûre que la future paternité d'Harry lui permettra de prendre les choses plus calmement, je pense au contraire que ses réactions seront exacerbées par le manque de sommeil (rires). Peut-être sur le long terme... Drago est touchant dans sa volonté d'adoption de Teddy mais un poil tordu également, ce qui éveille totalement la méfiance d'Harry. Espérons que tout ça s'arrange pour le mieux *dit-elle alors qu'elle écrit la suite* xD J'espère que la rencontre avec Catharsia t'a plue ? Naim est assez transparent dans cette scène, on le retrouvera plus loquace un peu plus tard mais c'était pour bien montrer qui prenait les décisions dans leur couple... Hâte de savoir ce que tu en as pensé ! À très vite ! Bon weekend !
Ela-chan : Salut à toi ! Contente de te revoir sur ce chapitre et merci pour ton commentaire. Les Malefoy et les Potter vont être obligés de s'entendre mais cela ne se fera pas sans quelques disputes et coups fourrés. Quant à la réaction de Teddy, on la découvrira que dans quelques chapitres... J'espère que la rencontre avec Catharsia et Naim a été à la hauteur de tes espérances... À bientôt te lire ! Bon weekend ! =)
drou : Coucou ! Merci pour ton commentaire =) Effectivement le dernier chapitre était assez dense mais je pense que celui-ci également (rires) bien qu'avec moins de rebondissements peut-être ? (rires) Ah si j'avais expliqué pourquoi Drago était stérile dans une réponse à un commentaire mais je ne sais plus si c'était un RAR ou un MP. Il est stérile car il est issu d'une lignée ayant pratiqué des mariages entre des individus liés par le sang à divers degrés. Cela a provoqué des mutations génétiques défavorables jusqu'à entraîner la stérilité. Narcissa a eu énormément de mal à concevoir, je pense que Sirius en aurait eu aussi étant donné que ses parents étaient cousins à je ne sais combien de degrés. C'est ce qui est arrivé à la lignée des Habsbourg dont Charles II le dernier descendant avait un coefficient record de consanguinité (et du coup un physique pour le moins atypique et tout un tas de défiances) et la lignée s'est éteinte avec lui. Sans compter que Pansy est également issue de lignée qui ont gravité dans le même univers que celle de Drago et donc à plusieurs degrés d'écart, Pansy et lui avaient également des liens de sang quelque part ce qui n'a rien arrangé. En tout cas j'espère que ce chapitre t'a plu... En espérant te lire bientôt ! Bon weekend !
Recommandations d'une lectrice
Alors la semaine dernière, j'ai donné un petit thème pour cette rubrique "inconnu.e.s au bataillon" et j'ai eu la chance de recevoir un énorme MP de Amritat (merci à toi !) avec une liste de tous ces inconnus au bataillon. Son critère a été "moins de 170-200 favoris". C'est donc sept histoires issues de cette liste que je vous propose cette semaine (je garde la suite pour d'autres chapitres dont l'un aura pour thème OS). Je vous ai mis la description d'Amritat et j'ai ajouté un ou deux commentaires lorsque j'ai lu l'histoire en question. Bonnes lectures !
- À l'ombre de la haine de thefrenchfan : "Il s'agit d'une fic à chapitre SS/HP que je trouve très injustement méconnue. Je suppose que le début est bloquant pour certains, mais la suite ne correspond pas vraiment à ce à quoi on s'attend. L'ambiance est mélancolique et intime, avec un point de vue interne d'un Severus amère particulièrement bien retranscrit. Happy end."
Pairing : SS/HP - Complète
- Post Tenebras Lux de Loten traduit par Aesalys : "Fic à chapitre assez longue, une belle histoire de guérison, de réinsertion, avec la construction d'une amitié qui tourne au slow burst SS/HG." Je ne peux qu'aller dans le sens d'Amritat, cette fiction c'est ma fiction SS/HG préférée de tous les temps. Elle aussi culte pour moi que La Femme du politicien de Wynhilde dans la catégorie HG/DM.
Pairing : SS/HG - Complète sur le blog d'Aesalys.
- La Purge de WindEole : "Ce n'est pas exactement une "inconnue au bataillon" avec ses 213 favs, mais vu que c'est peut-être bien ma fanfic préférée, je trouve cela totalement insuffisant ! Pour reprendre quelques uns des mots de la review que j'avais écrite : Tout y est parfait : la description de la corruption, l'ambiance délétère qui en résulte, les nouvelles personnalités des personnages dans ce contexte (enfin un dark!Harry qui a de vraies raisons d'être dark !), une intimité particulière mais qui se comprend dans un monde aussi brisé. Il y a une sorte de trouple HP/DM/TN mais c'est très spécial et difficile à expliquer sans spoiler". Je rejoins tout à fait Amritat, c'est également ma fiction préférée dans cette catégorie. On connait WindEole pour le Clan Talos mais cette fiction est un petit bijou (une quinzaine de chapitres) où l'on suit le parcours d'Harry dans les méandres du Ministère dans un récit post-guerre.
Pairing : s'il y en a un ce serait un HP/DM/TN - Complète
- Les Erotes de Jade de Ptitemysty : "Aventure, fantasy et une romance SS/HP/HG le tout basé sur un concept très original. Une de mes publications récentes préférées." Je ne connais absolument pas cette histoire mais j'avoue avoir très envie de la découvrir !
Pairing : SS/HP/HG - Complète
- A vot' service de faithwood traduit par Wynhilde : "Contrairement à ce qu'annonce le titre, ce n'est pas du tout une histoire humoristique, au contraire c'est assez sombre, sur les traumatismes de la guerre, avec de l'aventure et du mystère." J'ai lu cette traduction et comme toujours, Wynhilde nous embarque dans une histoire de grande qualité et j'ai adoré m'immerger dans l'intrigue et les relations entre personnages. C'est un HP/DM dans Poudlard très bien tourné sur fond d'intrigues et d'enquêtes =)
Pairing : HP/DM - Complète
- Pandemonium de Nathalea : "Une romance AP/SM sur le temps long centrée sur les relations humaines entre différents personnages, avec leurs évolutions, des émotions complexes, le tout très bien écrit."
Pairing : AP/SM - Complète
- Jeune fille lisant : portrait d'un préfet d'Arsinoé de Blassenville traduit par benebu : "Fic à chapitre très différente de ce que je lis habituellement. Si ma mémoire est bonne, il n'y a pas de romances, ou alors elles sont mineures. Il s'agit d'une aventure fantasy qui est assez dans l'ambiance des livres je trouve mais avec Hermione comme héroïne." Je ne l'ai pas lu mais je suis très séduite par le résumé, évidemment, il y ait question de portrait !
Pairing : À découvrir - Complète
N'hésitez pas à me faire parvenir vos suggestions ! À très bientôt et bon weekend =)
Plume qui papote - beaucoup
Avant toute chose je voulais vous faire une petite annonce : la publication hebdomadaire des chapitres s'arrêtera la semaine du 11 mai qu'il y ait ou non déconfinement de tout ou partie de la France pour reprendre une cadence mensuelle au mieux bi-mensuelle. En effet, je déménage durant le mois de mai et ne sais pas si j'aurais la possibilité - et l'accès internet - pour écrire, publier, commenter et répondre à vos reviews. J'espère pouvoir retrouver un accès à internet stable et une bonne connexion d'ici la mi-juin.
En tout cas j'espère que vous aurez apprécié ce chapitre : qu'avez-vous pensez de Catharsia ? Et de sa raison d'aller trouver Drago ? Comment trouvez-vous les discussions à coeur ouvert de notre couple préféré ? Et enfin qu'avez-vous ressenti lors de la dernière phrase de ce chapitre ?
À très bientôt et bonne semaine !
