Salut à tous et à toutes ! Comment allez-vous ? Je réponds aux GUEST et vous laisse et ne vous embête pas plus. Ceci-dit, je vous remercie tous pour tous les commentaires que vous m'avez laissé sur le chapitre précédent !

Demath : Merci à toi de me lire et de décider de sortir de l'ombre. Les avis de mes lecteurs comptent énormément pour moi et j'espère que tu continueras à me laisser une petite trace de ton passage, même si je comprends que ce n'est pas toujours évident. A bientôt et prends soin de toi ;)

Artemis972 : Si le chapitre précèdent était chaud bouillant, prépare toi au nouveau ;) Merci beaucoup de me lire et de laisser une trace durant ce moment "lecture-détente" comme tu dis … Ce terme me plaît bien et m'a bien fait rire. A bientôt et prends soin de toi !

Irenedlr : Merci beaucoup pour ton super commentaire. Et je suis vraiment ravie que les chapitres sur Regina et Daniel t'ont plu, ce sont les chapitres les plus intenses que j'ai écrit jusque-là et sont mes préférés ;) Ta patience sera un peu soulagée aujourd'hui puisque voilà un nouveau chapitre. A bientôt !

Sur ce, je vous souhaite à ToUs Et à ToUTes uNe BonNe leCtuRe :D


CHAPITRE 19 : Petite escapade interrompue.

Après l'anniversaire, les deux femmes n'avaient pas vu le temps passer, les fêtes s'enchaînant. Ainsi, elles avaient fêté Thanksgiving chez Regina et Emma pour réunir tout le monde et faire rencontrer leur famille. Les parents de Regina et Zelena, avec sa fille et son mari, étaient présent tandis que Mary - ayant préféré fêter avec Emma plutôt que les parents de David -, August, Angela, Jane, Maura, Frankie, Tommy, Korsak et Frost étaient présents à leur tour. C'était la première fois pour les deux jeunes femmes qu'elles recevaient autant de personne pour une si grande fête et la pression avait été équivalente, surtout pour Emma qui voulait que tout soit parfait jusqu'au petit détail, se montrant pratiquement obsessionnel quant à la nourriture alors que Regina lui avait interdit de mettre un pied dans la cuisine ... Pour éviter tout échec ...
Puis Noël était venu et cette fois-ci, elles étaient allées passer une semaine à Storybrooke - pour une fois, Emma était officiellement invitée - et elle avait été totalement accepté par les Mills. Cora continuait d'être méfiante et froide, mais surtout par principe et mauvaise foi puisqu'en réalité, elle appréciait de plus en plus la jeune blonde en qui elle se reconnaissait sur bien des points. Emma avait pris sur elle et en avait profité pour parler au maximum avec la maîtresse de maison pour que Cora découvre réellement qui elle était en dehors de la fille capable de briser la chair de sa chair. Et Emma avait été réellement surprise lorsque Cora s'était à son tour confié sur elle-même lui montrant qu'elles se ressemblaient énormément - en dehors du fait que Cora avait une classe incontestable contrairement à Emma. Leurs discussions étaient à la fois très intimes et très pudiques, ne dépassant jamais les limites dans leurs aveux ou dans leurs questions.
Et enfin, le nouvel an était arrivé. Toujours à Storybrooke, ils avaient tous réveillonné avant de décider d'aller à l'annuelle fête de la ville. Emma, Regina, Henry, Margot, Zelena, Robin, David, Mary et August avaient alors passaient le reste de la nuit à se déhancher sur les pistes de danse.

Fin janvier, le couple était enfin sur les routes pour leur semaine en amoureuse. Les fêtes s'étant enchaînées, Emma n'avait pas réussi à organiser le voyage de rêve pour sa compagne, mais maintenant que les choses étaient bien plus calmes, elle n'avait pas hésité une seule seconde. Pourtant, elle avait bien cru qu'elle allait devoir annuler. Elle avait prévu une semaine entière avec Regina, en profitant pour fêter l'anniversaire de la brune. Seulement, elles avaient dû partir plus tard, puisqu'à la dernière minute, Henry s'était inscrit à un voyage scolaire qui consistait à traverser les Etats-Unis dans un road trip et visiter les merveilles de leur pays. Ils étaient six à partir, avec leur professeur. Six enfants assidus qui avaient su convaincre de leur envie de découvrir leur monde. Et pour une fois que son fils voulait faire une sortie scolaire, Emma avait immédiatement acceptée, mais s'inquiétant tout de même de laisser pour la première fois son bébé à des inconnus pour un long voyage. Elle avait donc préféré partir plus tard, décalant leur séjour à deux jours plus tard. Et la vieille, alors qu'elles s'apprêtaient à partir pour rouler la nuit et arriver tôt dans la matinée, David avait appelé Emma en panique.

Emma et Regina avaient lâché leurs bagages pour se dépêcher de se rendre chez le meilleur ami de la brune. À peine arrivée, David faisait le résumé de la situation à Emma qui se précipita vers la salle-de-bain, demandant aux deux autres de l'attendre dans le salon.

-Mary, c'est moi. Tu m'entends ? Ouvre-moi. Demanda Emma en tapant doucement contre la porte pour ne pas effrayer son amie. Elle attendit quelques minutes et finalement, elle entendit le loquet tourner indiquant l'ouverture de la porte.

Emma entra doucement et trouva Mary assise sur les toilettes, les mains crispées autour de la cuvette et la respiration haletante, les pieds ancrés dans le sol. Emma l'attrapa dans ses bras et la fit descendre du meuble pour l'asseoir à côté d'elle. D'un geste sûr, par habitude, elle plaqua sa main sur le ventre de l'institutrice et fit pression dessus pour ralentir la respiration de la petite brune. De son autre main, elle appuya sur sa gorge, endroit sensible qui ramenait souvent rapidement Mary à la réalité. Comme de fait, la jeune femme encra ses ongles dans les bras d'Emma et l'écouta la rassurer, adaptant sa respiration au rythme des pressions qu'instaurait la main de la policière.

-Tu es une fleur, petite fille. Et tu mérites tout ce qu'il t'arrives. Toutes les belles choses sont là pour te rendre plus belle et plus forte. Tu ne dois pas en avoir peur, elles ne peuvent ni t'écraser ni disparaître, petite fleur. Tout va bien. Tu en sécurité et tous tes guerriers sont derrière toi pour te soutenir et te protéger. Accepte ton passé. Accepte ton présent. Accepte le futur qui se dessine devant toi. Car tu es pure et plus Blanche que n'importe qui. Répéta Emma en chuchotant, sa bouche à l'oreille de Mary.

Ces phrases étaient sorties d'August quelques mois après l'arrivée de Mary. Elle avait fait une énième crise d'angoisse après avoir ressenti trop de bonheur en elle. Les deux aînées avaient emmené la petite dans un placard - celle-ci se sentant toujours mieux dans des endroits restreint - et ils avaient tenté de la rassurer. August l'avait prise dans ses bras tandis qu'Emma avait posé ses mains sur le ventre et la gorge de Mary, comme elle le faisait avec elle-même lorsqu'elle se sentait étouffer, et August avait prononcé ces phrases, doucement, avec conviction, avec une voix basse, au creux de l'oreille de la petite brune. Et depuis, c'était devenu comme un mantra. Chaque fois que la plus jeune faisait une crise d'angoisse, l'un d'eux soufflait à nouveau ces paroles qui étaient devenues comme un pilier pour la jeune femme qui, au bout d'un moment, à force de les entendre, commençait à se calmer, voulant croire aux paroles. Comme ce soir.

-Tu vas mieux ? Mary acquiesça tout en essuyant ses yeux. David m'a raconté ce qu'il avait fait. Qu'est-ce qu'il s'est passé chez toi ?

-Je ne sais pas ... Je ... Elle se retourna pour se mettre face à Emma et s'adossa au mur, les genoux remontés contre sa poitrine. J'ai ... ja ... ja ... ja ... mais. Bégaya-t-elle.

-Hey ! Stop, respire. Tu es avec moi là, aucune raison de te sentir en danger. Souviens-toi de ce que disait ton orthophoniste, visualise les mots et laisses les glisser. J'ai tout mon temps alors prends-le. Rassura Emma.

-Tout est trop génial et je ne me suis jamais dit qu'un jour, je pourrais vivre ça. David est ... juste ... C'est un prince charmant. Il est toujours doux, attentionné, patient ... J'ai l'impression que c'est impossible d'avoir quelqu'un d'aussi merveilleux. Que ça va m'exploser à la figure, comme avant.

-C'est sûr que ça te change de James qui était ultra toxique, mais que tu pensais fait pour toi parce que tu pensais mériter tout ce qu'il te faisait subir. Mais tout ce que tu as vécu, tu ne l'as jamais mérité. Ton enfance, James ... Tout ça n'était pas ce que tu avais le droit d'avoir, Mary. C'était des démons qui t'intoxiquaient et te collaient à la peau pour te faire du mal, mais aujourd'hui, tu les as vaincus et tu as David.

-J'ai peur.

-De quoi ?

-De le décevoir. De ne pas être fait pour ça et que tout soit un rêve. J'ai pas envie que ça s'arrête, mais pourtant je n'arrive pas à concevoir le fait que j'y ai le droit.

-Bien-sûr que tu y as le droit, Mary. Tu as le droit à tout l'amour et le respect possible pour la simple et bonne raison que tu nous aimes tous et nous respectent tous comme personne n'a jamais su le faire. On ne te l'a jamais dit avec August, mais tu as été la première personne, et encore aujourd'hui, à nous faire croire en des choses un peu moins noires, c'est toi qui nous as appris à nous aimer et à aimer. Si j'ai le droit à ça, avec tout ce que j'ai fait, alors toi, tu y as totalement le droit. Ce n'est pas envisageable autrement. Et tu es fait pour ça. Tout le monde, l'est. C'est ce que tu m'as appris. On est tous fait pour le bonheur et pour une personne dans ce monde, il suffit juste de le laisser venir et de l'accepter. Pour la première fois de ta vie, Mary, tu as un homme qui ne veut que ton bien, que ton bonheur et de ça, tu ne dois sous aucun prétexte le fuir.

-Je fais quoi maintenant ?

-Tu me sèches ces larmes et tu vas le voir. On en a parlé, tu en rêves, alors si vraiment tu te sens prête, acceptes. Mais si tu sens que ce n'est pas le moment, que tu veux attendre encore un peu, dis-lui. Tu ne le blesseras pas si tu lui expliques ce que tu ressens. Il est tellement amoureux de toi qu'il ne fera rien pour te faire de mal, j'en ai la certitude. Et c'est moi, Emma Swan, celle qui se méfie de tout le monde tout le temps qui te dit ça. Sérieux Mary, tu le mènes à la baguette quand tu veux. Finis Emma en plaisantant pour détendre l'atmosphère et faisant rire sa petite sœur.

Mary se leva et passa de l'eau sur son visage.

-D'accord. Dit-elle comme pour se donner du courage, en regardant Emma dans le miroir.

-Je suis fière de toi. Et n'oublies pas qu'on t'aime. Maintenant, va rejoindre l'homme de ta vie. Ordonna Emma en posant son menton sur l'épaule de la petite brune et en prenant ses épaules de ses mains. Elle embrassa sa joue et la dirigea vers la porte.

Le cœur battant, Mary rejoignit David dans le salon. En la voyant arriver, Regina lança un rapide sourire à l'institutrice et s'éloigna pour rejoindre sa compagne. David se leva et s'approcha doucement.

-Je suis désolé. Je ne voulais pas te faire de mal. Je ... J'aurais jamais dû. S'excusa-t-il sans oser la toucher, combattant son envie de la serrer fort dans ses bras pour éloigner tout son mal-être.

-Non. C'est moi. J'ai comme qui dirais un peu paniqué. Je suis désolé. Rassura-t-elle en le prenant dans ses bras. Sa tête contre son épaule, elle s'autorisa à sourire.
Oui, jamais il ne lui ferait de mal et elle le méritait.

-On en a jamais vraiment parlé ensemble. Et c'est trop tôt, je me suis laissé empor ...

-Redemande.

-Qu ... Quoi ?

-Redemande-moi.

Incertain, David lança un furtif regard vers Emma qui hocha de la tête, l'encourageant, dans un sourire rassurant. David se recula d'un pas, soufflant un léger "okay" imperceptible et ne put s'empêcher de se dire que si celle-là n'était pas la bonne, il ne s'en remettrait jamais. Il attrapa les deux mains couleur porcelaine et posa un genou à terre.

-Mary Blanchard. Je ... Est-ce que je refais mon discours ? Ouais, nan, pas utile. Si ? Non. Okay. Je ... J'avais même pas quinze ans que je rêvais mariage avec mes sœurs et j'avais le fantasme de rencontrer un jour une personne qui me compléterait, qui serait douce, attentionné, intelligente, drôle, sincère et têtue comme jamais avec, petit bonus, magnifique à en couper le souffle. Mais c'était qu'un rêve, imaginaire. Et je t'ai vu, je t'ai connu et maintenant, il m'est impossible de vivre sans toi. Et puisqu'une partie de mon rêve est désormais réalité, j'aimerais combler l'autre moitié avec toi, mon amour. Mary, veux-tu m'épouser ?

-Oui, mille fois oui. Accepta Mary en s'agenouillant pour venir embrasser David.

Discrètement, Emma et Regina quittèrent l'appartement du jeune homme et retournèrent chez elles pour finir leur valise.

Étant trop tard, elles avaient décidé de partir tôt le lendemain matin et elles rouleraient toute la journée. Pour une semaine enfin toutes les deux.

-J'en reviens pas que Mary va se marier. S'exclama Emma en entrant sur l'autoroute.

-Et David. Oh là, je ne sais pas Mary, mais je sens que lui va être insupportable. Il va en parler tout le temps, il va être super mielleux, pire que d'habitude, c'est pour dire.

-Mary va être exactement comme ça. Y a pas de doute... Dis, je me posais une question. Ce n'est pas trop mon genre, mais je me demandais ce que tu pensais des surnoms ? Genre, Mary et David en utilise à la soupe et Kat' et Frederik ont leur petit surnom aussi.

-Franchement, je trouve ça assez bizarre et vraiment trop niais pour moi. Tu aimes ça ?

-Oh, putain, Dieu merci. Non. Mais j'avais peur que toi si, mais que tu n'osais pas à cause de moi. August m'a fait la remarque qu'on faisait "couple froid", fit-elle avec ces doigts, pas proche parce qu'on ne s'appelait pas mon poussin, ma chérie ou mon amour à tout bout de champ.

-Non, ne t'en fais pas. Je n'aime pas trop ça, c'est le genre de truc qui me met mal-à-l'aise à vrai dire. A la limite, je trouve ça tellement intime que si on s'en donnait, ça ne serait qu'au lit ou qu'entre nous deux. Ce qui nous est déjà arrivé, remarque. Mais devant tout le monde, non, je n'aimerais pas ça.

-Moi non plus.

-Et puis je trouve ça bête ce que dit August. Ce n'est pas parce qu'on ne déborde pas de surnom plus niais les uns que les autres qu'on ne s'aime pas. On n'est juste pas aussi niaise qu'eux et plus pudique.

-Ouais parce qu'en réalité je trouve qu'on sait être super gnangnan en privé quand on s'y met. Bon, au moins je sais que je ne dois pas t'appeler mon poussin devant tes parents.

-Mon panda. Souffla Regina en roulant des yeux.

-J'avoue, quand j'ai entendu Katherine appelait Frederick comme ça, j'ai cru que j'allais exploser de rire.

-Et encore, ce n'est pas le pire par rapport à d'autres surnoms qu'elle a eu et donné à ses exs. Le pire je crois, c'était mon bichou.

-Ah ! Sérieusement, elle baisse dans mon estime. C'est tellement ridicule ça. Ceci dit, je suis en train d'imaginer la tête de tout le monde si je t'appelais ... Mon canard. Imagina Emma, hilare, en jetant un coup d'œil à Regina qui plissait des yeux.

-Si tu fais ça un jour, tu le regretteras amèrement mon sucre d'orge.

Continuant de s'embêter avec des surnoms plus mielleux et ridicules les uns que les autres, les deux femmes continuèrent de discuter tranquillement, savourant leur premier voyage en tant que couple. Trois heures plus tard, elles s'arrêtèrent à une station balnéaire pour manger dans un restaurant de poissons. Puis, tranquillement, elles allèrent se balader main dans la main, chaussures dans l'autre, sur la plage, les joues légèrement rougies par la brise fraîche de janvier. Après une très longue balade à se perdre à travers les falaises et les hautes herbes, Regina et Emma reprirent la route en direction de l'endroit surprise d'Emma.

-Arrête. Fit Regina en tapant la main d'Emma qui vérifiait à nouveau si elle n'avait pas de message sur son téléphone accroché sur le tableau de bord.

-Je devais recevoir un message de Henry. Je vérifie juste si je ne l'ai pas reçu.

-C'est la quatrième fois depuis qu'on a quitté la plage et tu me stresses. Concentre-toi plutôt sur la route où je conduis.

-Désolé. Je suis juste un peu inquiète. C'est la première fois qu'il part comme ça. Ça ne me rassure pas énormément.

-Mais il va bien. Il n'y a pas de raison autrement. Alors oublie un peu ton fils pour te concentrer sur la route.

-Dis, je me demandais. Hésita la conductrice.

-Je t'écoute. Incita la passagère en voyant l'hésitation de la blonde.

-Tu n'as pas eu de séquelle après ton accident ? Enfin, si, je veux dire, ça été pour remonter en voiture ensuite ? Et maintenant ?

-Tu dis ça parce que je te dis que tu me stresses ? Non, je n'ai pas eu peur des voitures ensuite. Je n'ai aucun problème sauf quand la personne qui conduit à la tête ailleurs et n'arrête pas de jeter un coup d'œil à son téléphone. Je n'ai jamais eu de problème pour remonter dans un véhicule, mais en même temps, je ne me souviens pas de grand chose à part de ... de la main de Daniel et des débris de verre. Bizarrement, c'est Katherine qui a eu le plus de mal.

-Ah bon ?

-Je t'ai dit qu'on avait tous eu quelques séquelle après. David parce qu'on n'a jamais retrouvé le coupable, moi parce que je devais apprendre à vivre comme seule, Zelena qui a apprit à se battre pour d'autre personne que pour elle et Kat' ... David m'a dit qu'elle était allée le lendemain de l'accident sur le lieu et comme il y avait encore tous les débris, elle en a été choquée. Je ne me souviens plus de qui l'a ramené, mais je sais qu'elle était comme tétanisée ensuite, incapable de bouger. Après ça, elle s'est imaginé toutes les pires situations en voiture. Tu ne conduiras jamais avec quelqu'un de plus stressé qu'elle. C'est un sujet avec lequel elle ne plaisante pas une seconde, fait la regarder Fast and Furious et c'est fini. Elle a mis un temps fou à passer son permis parce qu'elle angoissait trop. Et aujourd'hui encore, elle a son permis, sa voiture, mais si elle peut prendre autre chose elle le fait et si elle peut se faire conduire, elle ne se fait pas prier. Et elle ne monte qu'avec des gens en qui elle a parfaitement confiance, sinon elle panique totalement. Moi je m'en fiche, ça n'a rien changé je crois. Je ne vois pas de différence.

-Ouais, je ne sais pas trop si c'est comparable, mais bon ... On devait avoir douze ans avec August et dans une décharge, on avait trouvé des vélos qu'on a volé. On avait fait tout un parcours d'obstacle à passer. Mary était en face et donnait le signal et nous, on pédalait. Y avait une butte qu'August à mal prise et il a fait un soleil super impressionnant avant de retomber. Il bougeait plus, on a appelé une ambulance et il a été conduit à l'hôpital. Il s'était fait une double fracture du péroné, une luxation de l'épaule et son bras était cassé. Avec toutes les visses qu'il a dans le corps, il est plus homme métal que homme humain. Enfin bref, après ça, dès qu'il accélérait je paniquais et moi, j'étais incapable de refaire des cascades. J'avais vraiment cru qu'il allait mourir ce jour-là, du coup on a arrêté le vélo ... Pour d'autres conneries pas mieux, ceci-dit. Avoua Emma en regardant instinctivement à nouveau ses messages. Dis-le si je te gêne. Râla-t-elle alors que Regina venait d'allumer la radio pour mettre les informations.

-C'est pour te rassurer. Déclara nonchalamment Regina, dans un discret sourire.

-Me rassurer ? S'étonna Emma en délaissant son téléphone pour tourner sa tête vers sa voisine.

-En général, quand il y a accident impliquant des enfants en sortie scolaire, ils en parlent aux infos, donc à la radio. Tu seras la première au courant, là.

-Nan mais ça va pas bien de me dire ça. Ça tourne pas rond chez toi. Sérieux, des fois je me demande comment tu fais pour ne pas avoir plus de problème avec ton manque de tact. J'ai plus de tact et j'ai plus de problème que toi. C'est comme avec le chien. Y a un truc qui tourne pas rond dans ta tête de génie. S'agaça Emma alors que Regina ricanait doucement.

-Tu ne voulais pas de chien.

-Ouais, mais y a des manières de le dire quand même.

-Visiblement, tes manières n'étaient pas très efficaces. Là au moins on en entendra plus parler.

-Parce que tu l'as traumatisé ce pauvre gamin.

-Ce que tu peux être rabat-joie parfois. Fit Regina en roulant des yeux.

Avant Noël, Henry avait réclamé à plusieurs reprises un chien. Puisque sa mère avait toujours dit non, il s'était tourné vers Regina afin d'avoir son soutien. Jusque là, il l'avait toujours eu. Mais la brune avait dit non, il avait râlé et demandé pourquoi. Regina lui avait alors dit qu'ils allaient avoir un chiot, le voir grandir et s'attacher à lui comme si c'était un membre de leur famille. Puis, comme c'était un chien, il mourrait forcément avant eux. Donc il aurait passait quinze ans avec une bête pour la voir mourir et devoir faire leur deuil. Souffrance inutile d'après Regina. Henry et Emma l'avaient regardé avec deux grands yeux ronds et le petit garçon avait tourné les talons sans plus dire un mot, abandonnant totalement l'idée d'avoir un chien. Pour toute sa vie.

Continuant de s'offusquer du comportement parfois inconscient du médecin, Emma bifurqua sur la droite pour sortir de l'autoroute. Et finalement, leur discussion s'orienta sur le travail de Regina. Depuis quelques semaines, Emma était devenue son puis de source. Un wenk-end, Regina n'avait pas arrêté de travailler voulant absolument trouver la solution sur le projet sur lequel elle travaillait depuis qu'elles se connaissaient. Finalement, Emma s'était assise et lui avait demandé de tout lui expliquer, de manière compréhensible. Sceptique, Regina avait accepté, s'emportant bien vite, adorant parler science, et Emma l'écouta, posant quelques questions et parler ainsi avait révélé la solution à Regina. Depuis, chaque fois que la brune réfléchissait sans trouver de solution, Emma s'installait tranquillement et l'écouter parler - toujours en posant des questions même si bien souvent, elle se perdait dans les termes trop compliqués que Regina n'avait pas réussi à simplifier. Cette écoute avait au moins eu le mérite d'une chose - à défaut de faire avancer la brune sur ses travaux qui faisait du surplace depuis quelques mois -, Regina était bien plus calme et concentrée sur le vrai monde. Si la brune avait appris aux Swan à vivre la vie comme si elle était magnifique et ne plus en avoir peur, Emma lui avait appris à décrocher parfois de son travail pour se reconnecter au vrai monde et ce, même si son travail n'était pas achevé.

Se retrouvant pour la troisième fois au même carrefour au beau milieu d'une forêt, Emma laissa tomber sa tête sur le volant en grognant. Une heure qu'elle tournait en rond, ne trouvant pas le chalet. Et elle commençait sérieusement à perdre patience. Alors qu'Emma s'apprêtait à complètement perdre patience, elle fut arrêtée par Regina qui lui indiqua des randonneurs juste en face d'elles. N'ayant que cela comme solution, les deux femmes sortir de la voiture, espérant que ces personnes pourraient les renseigner.

-Bonjour, excusez-moi de vous déranger. Nous sommes un peu perdues et nous cherchons le chalet d'Ucab. Sauriez-vous où c'est ? Demanda poliment Regina aux trois randonneurs.

-Siamo spiacenti, siamo italiani. Non capiamo. Répondit une femme trapue aux cheveux gris tenus par un gros élastique rose.

-Oh, sei italiano? Eccelente. Ci siamo persi e stiamo cercando lo chalet Ubac, sai dove si trova ? Demanda Emma en italien.

-Sì, gira a destra poi dritto fino ad pozzo. Quindi vai a sinistra e passerai una cascata. Dietro, ci sarai. Indiqua l'homme du trio dont le visage était caché par de grosses lunettes et une casquette.

-Va bene grazie mille. Buona giornata. Conclu Emma dans un sourire avant de faire demi-tour.

Sans trop comprendre ce qu'il venait de se passer, Regina fit signe de la main pour dire au revoir et suivit rapidement Emma, abasourdie. Une fois dans la voiture, Emma démarra et Regina craqua après avoir attendu quelques secondes qu'Emma n'explique la situation.

-C'était quoi ça ? Tu parles italien ?

-Ouais, un peu. Répondit rapidement Emma en haussant des épaules, gênée.

-Emma, arrête de faire ça. S'agaça Regina.

-Faire quoi ?

-Faire comme si c'était normal, comme si ce n'était pas intéressant. Dès qu'il y a un truc qui montre que tu es plus intelligente qu'il n'y paraît, tu rabaisses le truc en question.

-Je ne fais pas ça.

-Bien-sûr que si. En plus, j'aurais adorée savoir que la femme avec qui je couche parle italien. C'est carrément sexy.

-Cette phrase est tellement dite et redite.

-Pas de ma faute si ça m'excite.

-M'entendre parler italien t'excite ? S'étonna Emma.

-Un peu, ouais.

-Allora farò l'amore con te in italiano.

-Qu'est-ce que tu as dit ?

-Alors je te ferais l'amour en italien.

-Aguicheuse. Gémit Regina, totalement émoustillée. Elle croisa les jambes - alors qu'Emma riait de l'effet qu'elle faisait à sa compagne - et décida de changer de sujet pour ne pas jouir juste avec les mots d'Emma. Elle s'en sentait capable, là. Comment tu as appris l'italien ?

-Lors de ma première fugue. J'avais huit ans ou sept ... Bref, j'ai rencontré une SDF qui était italienne. Elle m'a recueilli, préférant garder un œil sur moi plutôt que de me voir errer dans la rue puisque je refusais de retourner dans ma famille d'accueil. Elle m'a appris l'italien du coup. J'ai toujours était plutôt douée en langue et j'ai continué celle-ci en rencontrant Angela.

-Tu veux dire que tu parles d'autres langues ?

-J'ai quelques notions de Russe que j'ai appris pour une affaire. Sinon je parle assez bien le chinois, ça a carrément aidé pour une couverture. Un trafic de cocaïne qu'ils faisaient passer à travers leurs restaurants et salons de massages. Ils imbibaient leur merde dans les huiles de massage, les couvertures ou certains aliments. Et je parle espagnol et allemand, mais ça j'ai appris avec Henry donc je n'ai probablement pas énormément de notions.

-C'est incroyable. Tu parles tellement de langue.

-C'est pas si incroyable que ça.

-Bah, tu es la seule personne que je connaisse qui parle autant de langue. La deuxième personne, c'est ma mère qui parle anglais, français, allemand et la langue des signes. J'ai toujours été super nulle en langue, j'ai jamais réussi à en apprendre une.

-Tu as appris la langue des signes.

-Oui, mais ça a été un vrai calvaire pour moi. Dès que ma mère accélérait, je me perdais et puis ce n'est pas pareil, c'est juste des signes. Y a pas de conjugaison, de sonorité différente ...

-Tu ne parles pas français ?

-Non, au grand damne de ma mère qui a tout fait pour nous apprendre. Elle parlait même en français assez souvent pour nous habituer, mais ça n'a jamais été ça. Zelena est celle qui parle couramment français ceci-dit, mais parce que à l'époque, ma mère ne parlait pas encore très bien anglais alors elle privilégiait le français. Quand elle nous a eu, elle parlait couramment anglais donc il a pris plus de place que le français.

-Vous êtes déjà allé en France ? Ça a toujours été un de mes rêves. J'aimerais bien apprendre la langue aussi un jour.

-Oui, quand j'avais neuf ans. La mère de la mienne l'avait recontacté parce qu'elle était mourante alors mon père avait convaincu ma mère d'y aller et on est parti à cinq.

-Comment ça s'est passé ?

-Affreusement mal. J'imagine que c'est parce que j'étais petite à l'époque, mais j'ai le souvenir d'une femme monstrueuse et terrifiante. Elle me terrifiais et elle en jouait sur moi, d'ailleurs. Mais elle était encore plus dure avec ma mère et Zelena qu'elle insultait. On est restée que deux jours alors que mes parents avaient prévu une semaine. Du coup, mon père nous a fait visité tous les endroits qu'il avait faits avant de rencontrer ma mère et c'était vraiment magnifique. J'espère pouvoir te les montrer un jour.

-J'aimerais bien. Acquiesça Emma en tournant à droite pour passer sous un tunnel caché et fermé par une cascade qui tombée, comme l'avaient indiqué les randonneurs. Ça n'a pas été trop compliquée pour Zelena d'apprendre la manière de sa conception ? C'est étonnant que tes parents l'ont dit.

-Ma mère ne voulait pas, mais mon père y a tenu. C'est Zelena qui m'en a parlé la première et je me souviens qu'elle était très mal, ce fut une période où elle a eu dû mal à s'accepter comme quelqu'un de bien. Mais je ne comprenais pas grand chose, je ne savais même pas ce qu'était un viol. Mais bon, au bout de quelques mois, elle s'est rendu compte que même si elle n'avait pas été conçue dans l'amour, elle avait été élevée dans l'amour et elle procurait de l'amour à ma mère. Depuis, elle s'en fiche. Mon père est son père et on en parle plus. Oh Emma, c'est là ? C'est tellement beau. S'extasia Regina en se redressant sur son siège.

Elles arrivaient sur le chalet qui était totalement dépaysant. Traversant l'immense allée délimitée par les arbres parfaitement alignés et à moitié nus, reposé un petit chalet en bois sur pilotis qui était littéralement illuminé par une partie de la cascade qui chutait derrière, en arrière-plan. Éblouie, à peine Emma eut-elle tiré le frein de sa voiture, que Regina sortait pour admirer l'extérieur qui semblait tiré d'un roman féerique. Tout sourire, Emma attrapa la valise de la brune et son sac de voyage, elle monta les marches, suivit d'une Regina totalement excitée et retombée en enfance et ouvrit la porte avec la clef récupérée dans un pot de fleur comme le lui avait indiqué le propriétaire.

-Oh, c'est tellement génial ! C'est magnifique. Souffla Regina, sautillant sur place.

En face de la porte se trouvait un immense lit pouvant facilement tenir une dizaine de personnes et décoré d'oreiller tout doux. Sur la droite se trouvait une cuisine avec un îlot central en bois et sur la gauche un canapé en angle en cuir avec une petite table basse sur un tapis digne des vieux films romantiques où le couple finissait par s'unir sur une peau de bête ... Assurément, elles allaient y faire honneur. Nota mentalement Regina.

-Ça te plaît ? Demanda la blonde en posant sa tête sur l'épaule de sa compagne et en passant ses bras autour de ses hanches.

-Tellement. C'est tellement génial, merci. Avoua la brune en se retournant pour nouer ses bras autour de la nuque de la policière.

-Je suis contente que ça te plaise. Mais ça ne fait que commencer. Décida Emma en glissant ses mains sous les fesses de la brune qu'elle pétrit avant de la porter. Ho intenzione di fare l'amore con te come una dea.

-Continue. Attisa Regina en se laissant porter, mordant le pouls de la blonde dans son cou, point très sensible chez la policière.

-Mettiti nudo. Provoqua Emma en posant délicatement Regina sur le lit. Leccarti. Dit-elle en léchant le coup de Regina. E farti venire. Marmonna-t-elle en gémissant.

-Emma ... Gémit Regina en retirant le pull en laine d'Emma, ne tombant que sur un débardeur noir. Elle le retira plus vite, désireuse de voir la poitrine ferme d'Emma. Le débardeur enlevé, la blonde ne portant pas de soutien-gorge, Regina attrapa de ses deux mains les seins de la femme au dessus d'elle.

Le médecin réprima un gémissement entre les seins d'Emma lorsque celle-ci lui retira son pantalon et posa sa main sur sa culotte humide.

-Ti amo infinitamente. Souffla Emma en finissant d'effeuiller Regina.

-Répète. Demanda Regina qui avait tout compris de cette phrase.

-Ti amo infinitamente. Répéta Emma à la femme totalement nue et à sa merci sous elle.

-Répète.

-Ti amo infinitamente.

-Encore.

-Ti amo infinitamente.

Dans une myriade de gémissements, les deux femmes firent l'amour tout le reste de la journée, ne s'arrêtant que tard le soir, n'en pouvant plus. Leurs membres trop courbaturés de leur activité.
Nue, Emma s'activa à faire chauffer des pâtes qu'elle avait emmenée avec elle tandis que Regina l'attendait dans le grand lit, entourée d'une couverture polaire en faux poil de bête, l'observant faire à manger, son cœur sautant chaque fois que la blonde frictionnait ses cuisses musclées ou qu'elle se retournait pour lui offrir un sourire. Revenant avec le plat, les deux femmes s'installèrent correctement dans le lit et mangèrent à même le plat, gardant leur rythme de séduction.

Tôt. Très tôt. Trop tôt. Regina se réveilla et s'étira longuement, tentant de délier ses muscles crispés. Discrètement, elle se leva pour aller préparer un bon petit déjeuné. Elle eut un peu de mal à trouver de quoi faire - fouillant dans tous les sacs - puisque c'était Emma qui avait tout préparé et finalement, elle rejoignit la blonde toujours profondément endormie sur le ventre, son corps pâle contrastant avec les couvertures chairs et marrons de l'immense lit. Elle posa le plateau sur le coin du lit et grimpa dessus pour venir embrasser Emma et la réveiller, non sans être aguicheuse. Alors qu'elle atteignait les fesses de la blonde qu'elle mordillait, Emma se réveilla enfin, gémissant de bonheur d'avoir à nouveau le droit à un tel réveil.

Souriant, Emma râla d'être réveillée si tôt, les deux amoureuses savourèrent leur petit déjeuné tranquillement. Vers midi, Emma tenta d'avoir Henry et à son grand soulagement, le jeune garçon lui répondit aussitôt, totalement excité et impatient de raconter ses découvertes et de raconter à ses deux mamans qu'il s'était lié d'amitié avec deux enfants et qu'ils avaient même des passions en communs. Rassurée, Emma raccrocha et voua toute son attention à la brune durant tout le reste de la journée puisqu'il pleuvait des cordes pour pouvoir oser s'aventurer dehors. Et heureusement.

Elles passèrent deux jours sans sortir du chalet, en profitant pour se retrouver charnellement et se raconter pleins d'histoires sur leur vie encore inconnues jusqu'alors. Lorsqu'elles n'en pouvaient plus, Emma avait sorti son ordinateur sur lequel elle avait installé toute une série de films totalement en accord avec leur semaine romantique. Mais le troisième jour, Regina voulait absolument aller visiter les entourages alors elles partirent tôt le matin, vers neuf heures, pique-nique dans les sacs à dos pour randonner tout autour de la cascade.

-Tu connais cet endroit, finalement ? Remarqua Regina en suivant Emma qui guidait depuis le début comme si elle connaissait l'endroit par cœur.

"Oui, il n'y a que le chalet que je ne connaissais pas." Signa Emma.

"Comment l'as-tu connu ?" Demanda la brune comprenant qu'Emma ne poursuivrait pas si elle n'insistait pas un peu plus.

"Avec une famille d'accueil, la meilleure que j'ai connue. C'était une femme seule avec un sale caractère. Elle ne se laissait pas faire et menait tout le monde à la baguette, je rêvais d'être elle quand j'étais petite. Elle m'a emmené plusieurs fois ici pour se ressourcer et couper avec la dureté de la ville. Elle habitait, elle habite, à Brooklyn."

"Tu avais quel âge ? "

"J'ai vécu chez elle de sept à neuf ans, à peu de choses près."

"C'est la première fois que tu parles en bien d'une famille d'accueil."

"Parce que c'est la seule de bien que j'ai eu et où je me suis sentie bien. Et pourtant, je lui en ai fait voir de toutes les couleurs au début. On s'était dit avec August que si on était intenable, ils allaient nous renvoyer au foyer et on serait à nouveau ensemble. Alors j'étais véritablement un petit monstre. Je l'insultais, j'ai cassé un bon nombre d'objets, mais elle n'a jamais baissé les bras et elle m'a même permis de voir August. Lui avait réussi à se faire renvoyer et après avoir discuté avec lui, il m'a fait la morale pour me faire ouvrir les yeux et me dire que j'avais de la chance. J'étais tombée chez quelqu'un qui était doux, patient et qui s'inquiétait pour moi. Il n'y avait que deux autres enfants orphelins, on n'était pas l'un sur l'autre, j'avais même ma chambre à moi toute seule et finalement, j'ai baissé ma garde petit à petit et on est devenue très proche. La première fois qu'elle m'a emmené ici, c'était après une fusillade de gang, ils avaient migré pas loin d'où on vivaient alors pour nous changer les idées, elle nous a emmenés ici. C'est assez prisé, mais elle connaissait les gens ici alors on avait tout gratuitement. Où un truc dans le genre. Elle nous a aussi emmenés pour mes anniversaires avec Mary et August. C'était géniale et cet endroit est devenu mon havre de paix. Je viens là où je t'emmène quand j'ai l'impression que je vais tout exploser et rien ni personne ne peux rien y faire. Comme toi avec la berge. "

"Tu m'emmènes dans un endroit inconnu de tous, tu veux dire ? "

"Même si c'est ta mère qui m'y a emmené, tu me l'as fait découvrir. Et je veux te faire découvrir le mien."

"Pourquoi elle ne t'a jamais adopté ? "

"C'était pas son job à la base. C'est juste une maison d'accueil, elle n'adopte pas, mais on en avait parlé quelques fois et je pense qu'elle aurait aimé. Mais les gangs se sont rapprochés et après qu'il y ait eu trois morts et deux attaques dans la rue où on était, les services nous ont récupéré pour nous protéger et j'ai plus entendu parler d'elle. "

"Tu n'as jamais essayé de la retrouver ? "

"J'ai fugué une ou deux fois pour la retrouver, mais je me suis fait choper avant même de sortir de la ville. J'étais pas encore une experte à l'époque. Plaisanta Emma dans un clin d'œil en grimpant sur des rochers. Et puis après, on a un peu dérapé avec August et je ne voulais pas qu'elle sache ce que j'étais devenu alors j'ai abandonné. "

"Et aujourd'hui ?" S'enquit Regina en attrapa la main d'Emma pour se hisser sur un rocher plus haut que les autres.

"Je ne sais pas. Elle ne doit plus se souvenir de moi depuis le temps. Et puis, ça se trouve, elle est morte. "

-Joyeux. Murmura Regina plus pour elle-même.

Dans une conclusion, Emma s'installa en haut des rochers, sur une couverture pour ne pas se salir, l'herbe étant toujours mouillée et elles pique-niquèrent, reprenant des forces, Regina continuant de poser des questions à Emma sur ses années de foyer - même si la blonde esquiva habilement et subtilement presque la moitié des questions, avec habitude. Le soleil commençant enfin à poindre le bout de son nez, dispersant les nuages qui camouflaient la forêt, les deux se remirent en marches sous l'agréable filet de chaleur que laisser transparaître les nuages.

"-Allez, courage, on y est presque, plus que quelques mètres. " Encouragea Emma tout en signant même si Regina ne la regardait pas en cet instant, son regard rivé sur ses pieds alors qu'elle avançait doucement, n'en pouvant plus.

-Tu ... Tu sembles croire ... que je suis sportive. Eructa Regina, tentant de reprendre son souffle.

-J'avoue, pour quelqu'un qui n'a pas l'habitude, c'est peut-être un peu hard. Mais pour ma défense, au lit t'es super endurante, c'est la même chose-là. Se moqua Emma en attrapant son bras pour se coller à elle et continuer à avancer.

-Ggna ... gnagna ... Eructa à nouveau Regina, toujours essoufflée, ne désirant plus qu'une chose, s'asseoir et ne plus bouger de sa vie.

Prenant son mal en patience, la pauvre brune continua tout de même d'avancer. Arrivée au sommet, où se trouvait une petite forêt, Emma guida Regina vers un immense arbre avant de redescendre un peu et de la diriger vers la cascade. Elles passèrent derrière la chute d'eau et entrèrent dans un petit trou de la grotte. Au bout d'un mètre, elles ressortirent de la grotte étroite et tombèrent sur la cascade tombant seulement sur les côtés et donnant accès à l'immense forêt devant elles, quelques nuages voilant légèrement le paysage, donnant une impression de rêve et le soleil totalement dégagé, tapant sur l'eau et les arbres encore un peu habillés de leurs feuilles.

-Emma ... C'est tellement beau. Souffla Regina en observant autour d'elle.

Cet endroit avait un caractère totalement intime, secret, petit et pourtant, de là, on pouvait voir toute la région. De sa forêt à sa rivière, de ses routes à ses maisons. Un endroit aussi majestueux que simple, aussi visible qu'intime.

-Approche. Souffla Emma en s'asseyant sur le bord.

Regina s'approcha d'Emma avant de se figer totalement, fléchissant les genoux et tendant ses mains comme pour se rattraper.

-Ça ne va pas ? S'inquiéta la blonde en la voyant agir et blêmir à vue d'œil.

-Trop haut. Trop haut. Répéta Regina en se laissant tomber à terre pour reculer ensuite.

-Merde, je suis conne. Le vertige.

-Tu veux me tuer.

-Désolé, désolé, respire.

-C'est bon, ne t'en fait pas. Mais je bouge pas de là.

-Pas de soucis, on voit très bien d'ici. Rassura Emma.

Reprenant leur force et savourant les bruits de la nature, la cascade s'écrasant contre les pierres sous elles, les oiseaux virevoltants autour et le soleil faisant sa vie, elles y restèrent des heures avant de décider de repartir. La descente fut un peu moins longue que l'allée et elles atteignirent le chalet alors que le soleil était déjà retombé. N'en pouvant plus, sans manger, les deux femmes se couchèrent.

Le lendemain, elles regrettèrent toutes les deux de ne pas avoir fait d'étirements la veille, étant désormais totalement courbaturées. Ceci-dit, ce fut une parfaite excuse pour lézarder dans l'immense lit ou au coin du feu qu'elles avaient allumé. Le lendemain, Henry les réveilla en les appelant pour faire un Skype. Enfilant un tee-shirt qui traînait, elles l'écoutèrent leur raconter son voyage en Floride.
Regina décidant d'aller prendre une douche, Emma en profita pour téléphoner à Mary et August et prendre de leur nouvelle. Prête, Regina sortit de la salle de bain avec une petite serviette rose nouée autour de sa poitrine dont l'ourlet arrivée à mi-cuisse et en séchant ses cheveux avec une autre serviette, prenant des nouvelles des amis de sa compagne.

"Ça ne va pas ? Tu as l'air soucieuse ?" Demanda Regina en observant Emma qui avait fini sa douche, mais qui gardait le regard dans le vide.

"Si, ça va. Je réfléchissais juste." Signa Emma, chaussettes dans les mains.

"Et je peux savoir à quoi ?"

"Lèvres". Tout le poste est réquisitionné pour une histoire de meurtre bizarre. Ils pensent à un tueur en série parce que deux légistes de l'hôpital de Boston ont été retrouvé mort, congelé et un légiste d'une maison de retraite a aussi été retrouvé ce matin.

"Et tu as envie d'y aller ? Ça t'intrigue ?"

"Ça m'intrigue, bien sûr. Mais non, je n'ai pas envie d'y aller. Je suis avec toi et c'est très bien." Rassura Emma en embrassant doucement ses lèvres.

-Oui, mais c'est trop tard. Ta tête est déjà là-bas. Argua Regina en se relevant pour attraper son sac.

-Quoi ? Hep hep hep ! Arrêta Emma en agitant ses mains pour que Regina la regarde. "Qu'est-ce que tu fais ? On reste."

"Emma, on devait partir demain soir. On peut partir maintenant. Je te connais et je sais très bien que de toute façon, tu vas réfléchir à cette affaire parce que je suis sûre que tu as déjà posé plein de questions à August. Je me trompe ? " Emma hocha négativement de la tête. "Bien, donc on y va. Cette semaine était géniale et ça ne me dérange absolument pas de revenir un jour plutôt. Ne t'en fais pas".

"Super, génial. Merci. " S'enthousiasma Emma en embrassant vivement sa compagne, la faisant ricaner.

Rapidement, Regina ranger leurs valises tandis qu'Emma démontait le lit et passait un coup d'aspirateur dans tout le chalet avant de partir vers Boston. Sur la route, Emma avait appelé August pour avoir des nouvelles et celui-ci lui avait annoncé faire du surplace pour le moment. Aucun indice, aucune concordance hormis leur métier, rien. Même Maura n'arrivait pas à trouver quoique ce soit sur les corps si ce n'est que le premier corps datait d'il y a plus ou moins cinq à neuf mois à la différence des autres. Elle avait plein d'analyse à faire, mais elle manquait de personnel pour tester tous les échantillons glacé sans les briser.
Emma se mit à réfléchir à cette affaire, désormais totalement focalisée dessus et Regina s'invita à cette réflexion, légèrement enivré à l'idée de résoudre un tel mystère. Elle s'évertua à poser un maximum de questions qui avait conduit Emma à téléphoner à plusieurs reprises à ses collègues pour leur faire part des illuminations qu'elle avait eues. Finalement, arrivant très tôt dans la matinée, les deux jeunes femmes décidèrent d'aller directement au poste ayant toutes les deux envies de continuer leur réflexion.

En entrant, légèrement intimidée et submergée par l'affolement de tout le poste, Regina se colla à Emma qui la dirigea vers la salle de briefing où se trouvait Maura et Jane. Elles se saluèrent rapidement et Maura fit un récapitulatif du rapport qu'elle venait de faire aux deux jeunes. Repartant pour continuer ses recherches, Maura proposa à Regina de venir l'aider.

-Toutes aides est la bienvenue et tu es un super médecin, tu verras peut-être quelque chose que les assistants ou moi ne voyons pas de part ta formation.

Dans un léger baiser, les quatre femmes se séparèrent et Regina suivit Maura. Elle enfila une blouse que la légiste lui prêta pour ne pas salir ses vêtements et chacune de leur côté, elles commencèrent à récolter les résidus de peau qui commençaient déjà à se défroisser et se décomposer, essayant de trouver un infime indice sur les corps des victimes tandis que les assistants s'occupaient des vêtements.
Cela faisait une heure qu'elles travaillaient, toutes les deux penchées sur un ordinateur, elles avaient découvert une substance commune dans les blessures aux poignets de deux des victimes sur trois, lorsque Frankie entra dans la salle d'autopsie devancé par une petite asiatique aux lunettes carré et noir nommé Suzie.

-Il y a un nouveau corps, docteur Isles.

-Seigneur. Où ça ? On le connaît ? S'enquit Maura en retirant sa blouse et en attrapant sa mallette pour partir sur-le-champ.

-Dans une boucherie. Et oui, on le connaît. C'est Spoutnik.

-Oh mon dieu.

-C'est un ami ? Demanda Regina.

-Non, pas du tout. Mais il m'a remplacé quelques fois. Tu veux venir avec moi ?

-Non, je vais rester ici pour terminer et je vous appelle si je trouve quelque chose d'important.

-Très bien, le labo est à toi, fait ce que tu veux, mais si tu touches aux corps, consigne-le dans le rapport. Enregistre-toi avec le dictaphone, je m'arrangerai ensuite et envoie-moi les analyses dès qu'on les a, même si rien en ressort, on ne sait jamais. Lista Maura en écrivant son numéro de téléphone sur un morceau de papier.

-Bien viens, je t'escorte, on ne te laisses plus seule pour rien. Renseigna Frankie en sortant de la salle avec Maura.

Suzie indiqua à la brune qu'elle était dans la chambre froide si besoin et fit demi-tour pour terminer son travail. Regina lança le chargement des deuxièmes analyses pour les comparer et éteignit son appareil, puisqu'elle était seule. Elle se dirigea vers les corps, dictaphone en main et termina l'auscultation des terminaisons nerveuses. Une fois finie, elle se redirigea vers l'ordinateur qui avait fini son rapport. Fronçant des sourcils, elle téléphona à Maura.

'Oui, c'est Regina. Je viens de t'envoyer le rapport et ce qu'ils ont sur les poignets c'est du HCPP, c'est un produit qu'on trouve dans les chambres froides mobiles pour éviter de congeler les canalisations... Oui, et du coup, ça m'a donné une idée, est-ce que je peux regarder leurs poumons ? ... Très bien, je te tiens au courant, mais je pense que vous aurez fini avant moi... Je vais lui demander ... A tout à l'heure, oui.'

Raccrochant, Regina alla chercher Suzie afin de lui demander tous les outils dont elle avait besoin pour faire son opération et aimablement, elle refusa l'aide de la jeune femme, lui demandant toutefois d'essayer de corréler ses recherches avec les trouvailles qu'elle venait de faire. S'occupant du premier corps, Regina ouvrit son torse en un Y et découpa soigneusement ses poumons qu'elle porta jusqu'au microscope. Ravalant le cri de joie, elle retira un de ses gants pour taper les informations sur le rapport et l'envoyer à Maura. Elle avait vraiment besoin d'un avis immédiat et la jeune légiste lui avait dit qu'elle ne serait pas joignable durant un moment puisqu'elle allait inspecter la chambre froide qui était sans réseau. Elle essaya tout de même de lui téléphoner, mais ne réussit pas. Elle transféra le dossier vers une autre adresse mail et attendit de voir que le fichier était envoyé pour téléphoner à cette personne.

'Allô ? Maman, c'est moi... Oui, je viens de t'envoyer un dossier, est-ce que tu pourrais regarder les conclusions pulmonaires sur les trois dernières pages, s'il te plaît ? ... Une affaire de meurtre sur laquelle Emma travaille, j'aide la légiste ... Oui, d'après le légiste... Il serait mort entre cinq et neuf mois ... Je m'en doutais ... Non, c'est le premier corps que je fais. Il y en a encore deux et un autre qui devrait arriver bientôt, on va vérifier tout ça ... Okay, je vais faire ça. Et il y a une substance que je ne comprends pas, celle de T2 ... Oui ... Je pensais à une chambre froide mobile ... D'accord, je vais faire ça ... Et je procède comment ? ... Mmh ... Mmh ... Au niveau de l'aorte ? ... Okay, je te crois ... Tu ferais ça ? Super, je t'envoie les deux autres rapports dans ce cas, appel-moi dès que tu as un truc ... Okay, bisous.'

Ravie, la légiste en herbe rangea le poumon dans une solution et se dirigea vers le second corps qu'elle ausculta en faisant la même procédure. Elle ne put s'empêcher de trouver cela amusant et assez excitant de chercher des réponses sur les autres sur des corps qui ne donneraient plus jamais de réponse verbale. Quoique, elle ne pourrait pas faire ça toute sa vie. Ça restait bizarre et elle n'était pas tellement à l'aise entourée de trois morts.
Terminant de mettre à jour le rapport, elle vit son téléphone clignoter sur sa gauche et en déduit que sa mère la rappelait probablement. Finissant rapidement son rapport avec le dictaphone tout en le tapant pour sa mère, elle plongea le second poumon dans la solution pour le préserver et se retourna pour aller chercher son téléphone avant d'envoyer le rapport. En se retournant, elle sursauta brusquement en tombant sur un homme brun en costume cravate qui se tenait juste derrière elle.

-Bonjour Docteur.


A dans deux semaines pour la suite … Qui est cet homme ? Que va-t-il se passer ?

Vous savez ce qu'il vous reste à faire : spéculer et faites péter ma boîte mail !

A bientôt,

LilyTom.