Chapitre 27 : Retrouvailles
Une jeune fille était postée devant la vitrine d'un magasin aux apparences antiques. Rien d'anormal pour « Chapel Street », la rue sorcière de la ville de Penzance. Située sur la côte ouest des Cornouailles anglaises, cette ville était connue pour héberger le réseau des voyages sorciers du Royaume.
Emma venait justement d'en sortir, ayant quitté sa destination de vacances il y avait quelques minutes à peine. Son fiancé et elle-même s'étaient donnés rendez-vous dans « La maison du chocolat », un salon très réputé de Chapel Street. Sur le chemin, la brune s'était arrêtée devant Oreiro's horizons, la librairie qu'avait ouverte sa grand-mère lors de son arrivée en Angleterre. A la mort de cette dernière, ce fut Hélèna Oreiro, la mère d'Emma, qui eut repris les affaires. Bien sûr, elle ne vendait pas elle même les articles, s'occupant juste de gérer la petite entreprise. En tant que héritière, Emma savait que tout cela lui reviendrait un jour. Même si elle ne se destinait pas à cette unique activité, elle reprendrait les rennes avec plaisir.
Les mains dans les poches de son manteau, la jeune fille observait les nouveautés du magasin. Il faisait tellement plus frais qu'à l'accoutumée qu'Emma avait gardé le manteau qu'elle portait depuis l'Argentine qui subissait un hiver plutôt doux. Elle pouvait sentir la présence de certains Détraqueurs qui devaient certainement voler un peu plus haut. Chapel Street n'avait peut-être pas connu autant de changements que le Chemin de traverse, mais la jeune fille ressentait le fossé qu'avait creusé la guerre. D'ailleurs, elle n'avait jamais vu le réseau des voyages sorciers aussi peu affluant. Mais en ces temps-ci, qui aurait voulu venir en Angleterre ?
La vitrine projeta le reflet d'une tête blonde qui parcourait la rue derrière Emma. Cette dernière tourna la sienne vers la silhouette qui se dirigeait vers « La maison du chocolat » et fut frappée par l'air sombre qu'arborait le jeune homme. Elle décida de rejoindre à son tour le salon dans lequel le blond était désormais assis.
- Bonjour Drago, déclara la jeune fille alors qu'elle se rendait compte que cela lui faisait plaisir de le retrouver.
- Emma, la salua-t-il alors avec un sourire figé furtif. Je t'en prie, assieds-toi.
- Tu as l'air fatigué, fit Emma de longues secondes après s'être installée et mise à l'aise. Bon, tu vas finir par me dire ce que tu as, continua la jeune fille face au silence pesant de Drago qui se contentait de la fixer.
- Pourquoi veux-tu absolument qu'il y ait quelque chose, finit-il par répondre d'un ton las.
- Mais tu t'es vu ! constata la brune avec évidence avant qu'un serveur ne s'approche d'eux pour prendre leur commande.
- Un thé et un moelleux du chaudron s'il vous plait, commanda la jeune fille après avoir rapidement jeté un coup d'œil à la carte.
- Un deuxième thé, ajouta-t-il à son tour sans même regarder le menu. Le thé anglais a dû te manquer, supposa-t-il en souhaitant vraisemblablement changer de conversation.
- Il n'y a pas que le thé qui m'ait manqué, avoua consciencieusement la jeune fille qui voulait provoquer le jeune homme.
Elle en était sûre, en temps normal cet aveu aurait été sujet à de nombreuses railleries de la part du blond. Pour réponse, il n'eut qu'un simple rictus.
- Tu as dit que tu m'expliquerais, lança Emma d'une voix involontairement douce avant que Drago ne renifle nerveusement.
- C'est vrai. Mais il n'y avait vraiment pas de quoi s'inquiéter, assura-t-il avec un sourire qui se voulait rassurant.
- Ton jolie sourire ne marche pas avec moi, Drago, perçut-elle la fausseté du geste.
- Mais tu le trouves « jolie », tenta-t-il de la taquiner.
- Tu te forces, Drago, reprocha la jeune fille qui ne retrouvait pas l'adolescent railleur et séducteur d'avant.
- Deux thés et un moelleux du chaudron, annonça le serveur avant de leur souhaiter d'apprécier leur dégustation.
- Gracias, remercia-t-elle en espagnol sans s'en rendre compte sous les regards surpris de son fiancé et du serveur, lequel s'en alla servir d'autres clients. Désolée, ça me le fait à chaque retour. Je ne peux pas m'empêcher de penser en espagnol, expliqua légèrement amusée la jeune fille en provoquant pour la première fois un sourire sincère du blond.
Les deux fiancés se plongèrent alors dans les yeux de l'autre, Drago, toujours enfoncé dans son siège de manière gracieuse, Emma, bien droite et tenant déjà son thé dans ses mains. Le Serpentard rompit le contact en s'avançant vers la table afin de se sucrer le sien.
- Je ne t'ai jamais vu aussi peu bavard, fit remarquer la brune avant de boire une gorgée de sa tasse encore chaude.
- Cela t'aurait plu il y a encore quelques mois de ça, répondit Drago.
- Mais les choses ont changé depuis. Enfin, elles avaient changé avant qu'elles ne changent à nouveau, se reprit Emma en reposant son thé.
- Emma, prononça le blond faisant arrêter l'interpellée dans son mouvement de fendre son moelleux du chaudron. Je ne compte pas te donner d'explications.
- Souvent c'est pire de ne rien dire. Cela peut nous faire imaginer les choses les plus folles, répliqua calmement la jeune fille, provoquant alors le rire mi-moqueur, mi-nerveux de son fiancé.
- Ce ne sont tout simplement pas tes affaires, déclara d'un ton dur Drago, la faisant poser sa cuillère avant qu'elle ne s'enfonce brusquement dans son siège, Emma tentant de contrôler son agacement.
- C'est à cause de ton père c'est ça, demanda directement la brune plus rapidement qu'elle ne l'aurait voulu, en tortillant une de ses mèches du bout de sa main gauche.
- Il me semble t'avoir dit que je ne voulais pas aborder le sujet, répliqua-t-il en appuyant bien sur les mots.
- De toute façon ça ne peut être que ça. Tel est le grand malheur de Drago Malefoy en cet été 1996, se persuada Emma avec agitation en ramenant sa main devant sa bouche.
- Tais-toi ! aboya le blond, faisant se tourner quelques têtes curieuses vers eux.
Le regard de la jeune fille tomba soudain sur sa bague de fiançailles. Elle étendit sa main devant ses yeux pour mieux la regarder avant de la tourner afin de la montrer au jeune homme.
- Tu vois cette bague. Je savais que tu allais me l'offrir. Je t'ai vu hésiter entre les deux boites le jour de la Saint-Valentin, confia Emma en hachant ses phrases avant d'enlever ladite bague.
Puis la jeune fille prit son manteau sur son bras et se leva.
- Le jour que tu as choisi n'était finalement peut-être pas le bon, termina-t-elle la conversation en posant la bague devant Drago avant de quitter le salon.
Emma se sentait bouleversée et en colère. Elle ne comprenait pas et détestait cette sensation. Alors qu'elle continuait sa route, elle vit au loin sa mère dans le magasin familial. N'ayant aucune envie de la voir, elle tourna dans la ruelle juste avant ce dernier et s'arrêta là, s'appuyant sur l'un des murs. Elle se sentait vraiment mal et se surprit même à être sur le point de pleurer. Elle caressa son annulaire gauche, désormais vide de toute bague. La jeune fille s'y était habituée et avait passé ses vacances à la fixer ou encore à la tourner, sous le regard moqueur et amusé d'Amadeo. Ce « eux deux » qu'elle avait fini par apprécier et sur lequel elle avait fantasmé ces dernières semaines, n'était plus. Le jeune homme s'était refermé comme une huitre. Il n'était plus le même, elle le ressentait. D'ailleurs, pensa-t-elle, elle trouvait qu'elle ressentait un peu trop de chose en cet après-midi froid de la fin du mois d'août.
- Tu as oublié quelque chose, l'aborda la voix familière de Drago qui apparut devant elle.
Voulant refuser de reprendre la bague, elle fut surprise de voir qu'il s'agissait de son foulard.
- Tu frissonnes, tu devrais mettre ton manteau, ajouta-t-il alors qu'elle récupérait son écharpe en prenant soin de ne pas le toucher.
- Tu te préoccupes de moi maintenant ? rétorqua Emma qui se contenta de serrer son manteau dans ses bras, fixant le sol. Je me sens mal Drago, continua-t-elle face au silence du jeune homme.
- Qu'écrirais-tu dans cet état ? demanda soudain le blond avec sérieux, faisant lever les yeux de la jeune fille vers lui. Tu te sens mal, mais tu ne sais pas pourquoi. Il y a peut-être des raisons qui pourraient causer ce malaise, mais tu as l'intime conviction qu'il ne s'agit pas que de ça. Non seulement tu ne voudrais pas avouer cet état de faiblesse, mais en plus tu n'aurais plus d'envie.
Les deux fiancés se fixèrent en silence, la brune comprenant un peu mieux l'état d'esprit du blond durant ces dernières semaines.
- On ferait mieux d'y aller maintenant, prévint Drago en dirigeant son regard vers la gauche, un peu plus loin dans la ruelle.
- Qu'est-ce que... commença Emma en apercevant une petite créature.
Il s'agissait vraisemblablement d'un bébé Détraqueur. Ainsi c'était ce petit être qui propageait cette morosité qui l'envahissait. La créature semblait muette mais avait entrepris de s'avancer vers les deux adolescents. Puis brusquement, Emma ressentit cette sensation qu'elle avait déjà subie auparavant. Un malheur intense s'insinuait en elle et un souvenir affreux se répéta dans sa tête. Elle leva la tête et vit ce qui semblait être la mère de la petite créature. Ses mains luisantes, grisâtres, visqueuses et couvertes de croûtes étaient tendues vers le petit être qui s'avançait toujours vers les deux jeunes. Le souffle rauque paraissait s'amplifier alors que la jeune fille voyait ses forces la quitter. Drago dans un état similaire restait immobile, une main sur la tête.
« Drago »
Emma se jeta brusquement dans les bras du jeune homme et se serra fort contre lui. Le jeune homme ne put que faire de même après avoir placé à son tour ses bras autour de sa fiancée.
- Il faut qu'on arrête de penser à ce qu'on a dans la tête, conseilla tant bien que mal la brune qui capta le regard du blond. Elle va récupérer son petit et ils vont partir. Le principal, c'est qu'on soit ensemble et qu'on se serre fort. Il faut qu'on calque nos respirations sur un rythme régulier, continua la jeune fille en s'exécutant.
La jeune fille ne savait pas combien de temps ils étaient restés ainsi prostrés l'un contre l'autre. Cu fut donc au bout d'un moment indéfini que les deux fiancés sentirent la pression diminuer, la froideur s'éloigner et leurs esprits se vider. Ce n'était pas pour autant qu'ils se séparèrent, ni qu'ils se parlèrent. Ils restèrent ainsi encore quelques minutes, savourant presque le moment.
Puis, sans pouvoir se contrôler, Emma posa sa bouche sur le cou du jeune homme en lui donnant un baiser. Ce dernier la repoussa doucement, la déséquilibrant quelque peu. Leurs regards s'accrochèrent et leurs lèvres furent attirées comme des aimants. Lorsqu'ils approfondirent leur baiser, leur envie fut telle que le blond plaqua la brune sur le mur froid, la faisant frissonner.
- Est-ce que ça va ? l'interrogea-t-il alors qu'Emma lui répondit par un hochement de tête, en le dévorant des yeux. Je pense que tu seras contente d'apprendre que je t'ai gardée quelque chose, ajouta-t-il en sortant de sa poche le moelleux qu'elle avait commandé.
Il avait l'air d'avoir été consciencieusement emballé dans un film protecteur magique, ce qui avait alors permis au jeune homme de le mettre simplement dans sa poche.
- Mon moelleux ! s'exclama modérément la jeune fille, ravie de pouvoir reprendre des forces.
- Et si on quittait cet endroit ? proposa Drago alors que la brune croquait dans le moelleux dont l'intérieur avait fini par se durcir un peu à cause de la basse température.
- Avec plaisir, accepta Emma en tendant le gâteau au blond qui accepta volontiers la proposition.
C'était connu, le chocolat redonnait des forces. La jeune fille mit enfin son manteau et eut le temps de reprendre le moelleux avant que Drago ne le termine. Ils sortirent de cette ruelle et se dirigèrent vers le port. En passant devant Oreiro's horizons, Emma croisa le regard de sa mère. Elle remarqua que tous les passants arboraient ce même air sombre et morose. Elle n'avait pas imaginé à quel point les conséquences de la guerre pouvaient peser sur la population.
- Ca t'es arrivé souvent ? questionna la brune alors qu'ils se promenaient le long des quais.
- Jamais d'aussi près. Mais une colonie de Détraqueurs s'est réfugiée dans le parc du manoir au milieu des vacances, expliqua le jeune homme.
- Oh. Tu aurais pu tout m'expliquer... Mais, je commence à comprendre que tu n'aies pas eu envie de le faire, continua-t-elle avant que Drago ne réponde quelque chose. En tout cas, dans deux jours nous serons loin de cette ambiance morose causée par les Détraqueurs. Vivement Poudlard !
- Oui, c'est ça. Vivement Poudlard... reprit-il les paroles de la jeune fille.
Cette dernière, après avoir tourné la tête vers lui, mit sa main dans la sienne et entrelaça ses doigts.
- Tu as plutôt bien assuré pour quelqu'un qui passe son premier après-midi dans le pays.
- J'ai eu droit à quelques cours particuliers avant mon retour, confessa la brune. Qu'est-ce qu'on est, Drago ? Dans cette guerre, qu'est-ce qu'on est ? interrogea Emma après quelques secondes de silence.
- Nous sommes de simples élèves, répondit le blond avant que sa fiancée ne hoche la tête.
Puis sans prévenir, elle se posta devant lui, la main toujours dans la sienne.
- Est-ce que je peux dormir chez toi ce soir ? demanda de but en blanc la jeune fille.
- Tu plaisantes, encaissa Drago qui ne s'attendait pas à une telle proposition.
- Est-ce que j'ai l'ai de plaisanter ? fit avec sérieux la brune.
- Je doute que nos familles apprécient l'idée, désapprouva le jeune homme nerveusement.
- Je veux juste... qu'on retrouve ce qu'on a eu la dernière fois, avoua Emma.
- Et comment comptes-tu t'y prendre ? voulut-il savoir, encore dubitatif.
- Il me semble que nous avons tous deux des cheminées dans nos chambres, exprima-t-elle son idée.
- Je ne penses pas que ce soit... commença Drago avant de se faire interrompre.
- Depuis quand rates-tu une occasion de passer la nuit avec ta fiancée ? le provoqua Emma avec un sourire espiègle.
oOo
Emma avait eut cette envie soudaine de repasser une nuit en compagnie de Drago. Elle s'était tellement sentie sereine ce soir-là, que l'idée de retrouver cette sensation lui était presque vitale. Tout du moins, elle aurait été très frustrée qu'il refuse sa demande et n'avait pas besoin de cela, pas après l'après midi qu'elle venait de passer. L'Angleterre et le Royaume en général, étaient tombés dans un contexte largement déprimant et les Détraqueurs n'étaient pas la seule cause de cette morosité. Plus les choses avançaient et plus sa neutralité semblait faillir. Désormais, elle comprenait l'importance qu'avait pu avoir l'AD, elle comprenait la force que tentait d'offrir Albus Dumbledore à travers ses messages afin de mieux surmonter ce qui se préparait. Ayant besoin d'évacuer ces pensées avant de rejoindre son fiancé, Emma décida d'écrire à Michael.
Au final, la brune devait rejoindre le blond en tout début de nuit par le moyen de la poudre de cheminette. Alors qu'il lui restait une demi-heure d'attente, elle se posa la fameuse question : que ressentait-elle pour son fiancé ? C'était là une grande question à laquelle elle avait toujours évité de répondre. Mais ses retrouvailles plutôt mouvementées avec Drago la poussait à tenter d'y apporter des éléments de réponse.
Ce n'était pas de l'amour. Pour elle, l'amour, elle l'avait déjà ressenti avec Cédric et ce qu'elle ressentait était très différent. Etait-ce alors une simple entente amicale qui dérivait légèrement ? Ca aussi elle l'avait vécu avec Michael. Cela y ressemblait déjà un peu plus, mais sans vraiment pouvoir l'expliquer, elle trouvait leur relation différente. La différence tenait-elle peut-être quant à l'obligation à l'origine de leur future union ? Peut-être que ce lien qui les unissait et sur lequel elle n'arrivait pas à mettre de mots était celui qui unissait tous les couples de mariage arrangé ? Ses parents étaient sans doute passés par là. La jeune fille eut alors une pensée pour sa mère, pour cette mère qui l'avait laissée tombé depuis des années déjà. La colère la traversa soudainement. Plus les années passaient, plus son ressenti envers elle se dégradait.
Quoiqu'il en était, il y avait quelque chose entre elle et Drago et ce quelque chose, ce « eux deux » comme elle l'appelait, elle ne voulait pas le perdre. Pour être un tant soit peu heureuse à l'avenir, il ne fallait pas que ce qu'ils avaient construit jusqu'à maintenant s'effondre. Trop de choses s'écroulaient dans ce monde dans les temps qui couraient. Il était malheureusement de plus en plus difficile de ne pas en être la victime.
Il ne restait plus que cinq minutes et la brune décida que le blond ne lui en tiendrait pas rigueur si elle avait quelques minutes d'avance. Ce fut donc affublée de sa plus belle robe de chambre qu'elle prit une poignée de poudre de cheminette avant de la lancer dans la cheminée et de prononcer sa destination, à savoir la chambre de Drago Malefoy. Ce dernier fut surprit de voir sa fiancée débarquer en avance. Assis à son bureau en train de terminer une lettre, il sursauta lorsqu'il entendit Emma tousser à cause de la poudre. En vitesse, il fourra la lettre dans le premier livre devant lui et se leva.
- Tu es en avance, fit-il remarquer sur un ton indéchiffrable alors que la jeune fille s'époussetait afin d'ôter toute poussière verte.
- A quelques minutes près... se contenta de répondre Emma en observant la chambre de Drago, "l'originale" pensa-t-elle.
Subitement, elle se sentit idiote d'être là et eut une énorme envie de jeter une nouvelle poignée dans l'âtre de la cheminée.
- Je t'en prie, fait comme chez toi, déclara Drago sur un ton narquois en se dirigeant vers les canapés de la pièce.
- Oh fait, je t'ai rapporté quelque chose d'Argentine, annonça la brune qui tentait d'oublier son envie de filer.
Elle s'avança vers le blond qui s'était assis sur un des fauteuils et lui tendit le paquet.
- Une cape de voyage, remarqua sarcastiquement Drago.
- Elle vient de la Tierra del fuego. Terre de feu, si tu préfères. Un village sorcier y est connu pour confectionner de très bonnes capes. Il me semble que celle-ci enlève toute sensation de températures extrêmes et qu'elle protège même contre certains sorts, informa Emma.
- Quel genre de sorts ? sembla s'intéresser le blond.
- Il y a une petite liste sur l'étiquette, mais ce sont des formules espagnoles, je ne les connais pas toutes. J'ai demandé au vendeur et il m'a dit qu'il s'agissait d'à peu près tous les sortilèges d'attaques de niveau moyen. Comme ça tu pourras éviter un futur Rictusempra de la part de Potter, se moqua gentiment la jeune fille dont le souvenir de deuxième année lui était soudainement parvenue.
- Tu vas les chercher loin tes exemples dis-moi ! fit remarquer Drago, provoquant le rire léger de sa fiancée. Eh bien, merci.
- De rien.
- Viens-là, ordonna-t-il en lui faisant signe de venir sur ses genoux. Emma s'exécuta et s'assit en travers des cuisses de son fiancé. Tu n'aurais pas grossie par hasard ? se moqua alors le blond.
- Contente-toi de me remercier, tu veux, répliqua la brune après une petite moue.
Drago s'empara alors de ses lèvres et débuta un baiser langoureux.
- Je suis sûr que tu m'offres des cadeaux juste pour les remerciements qui s'ensuivent, taquina de nouveau le jeune homme après que leurs lèvres ne se soient séparées.
- Possible... répondit la jeune fille d'un air mutin.
- C'est pas tout, mais il est l'heure d'aller se coucher, Señorita, lança le blond en se levant alors qu'il la tenait toujours dans ses bras.
- Ton espagnol est affreux, contente-toi donc de l'anglais, réagit la brune tandis qu'il la portait jusqu'au lit. Pourquoi faut-il toujours que tu me portes dans tes bras quand on va se coucher, nota-t-elle alors qu'il la posait sur le lit moelleux.
- Ce n'est que la deuxième fois, se défendit le jeune homme qui s'installait à son tour.
- Une fois n'est pas coutume, fit-elle mystérieusement.
- Sois belle et tais-toi, tu veux, répliqua-t-il par une autre expression, peu désireux de réfléchir au sens de certaines maximes à cette heure si tardive.
Après quelques boutades et quelques baisers, les deux fiancés s'endormirent dans la même position que la dernière fois. En réalité, il n'y avait que la brune qui s'était endormie. Le blond quant à lui, était resté éveillé et tentait de savoir à partir de la respiration de la jeune fille, si cette dernière dormait profondément ou non. Lorsqu'il fut sûr que se soit le cas, il dégagea son bras de celui de sa fiancée et entreprit de sortir du lit le plus discrètement possible. Drago se dirigea alors vers son bureau et retrouva la lettre qu'il avait fourrée dans un livre.
Tandis qu'il la terminait, il entendit Emma se retourner dans le lit. Heureusement pour lui, elle ne se réveilla pas pour autant. Quand il eut finit sa tâche il se dirigea vers la fenêtre près de la cheminée, l'ouvrit et appela son hibou. Emma fut sortie de son sommeil par ce qui semblait être des battements d'ailes de volatiles. Remarquant que son fiancé n'était plus auprès d'elle, la brune tapota l'extrémité du lit à sa recherche mais constata qu'elle était seule sur l'immense matelas. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, Drago rejoignait déjà le lit et s'avançait vers elle afin de lui donner un baiser.
- Tu étais où ? demanda-t-elle d'une voix endormie.
- J'ai encore le droit d'aller aux toilettes.
- Là où je m'inquiète, c'est que tu y ailles avec un hibou.
- Ton humour est plutôt foireux à une heure du matin, Emma, rétorqua le blond en s'allongeant sur le dos.
- Si tu le dis... souffla la jeune fille en se mettant sur le ventre et tournant la tête vers lui.
Puis sans prévenir, Drago lui prit la main et lui enfila la bague au doigt.
- Tu as oublié ça, tout à l'heure, se contenta-t-il de dire alors que la jeune fille rapprochait sa main vers elle afin de mieux la voir.
- Merci, déclara-t-elle avec douceur en se hissant jusqu'aux lèvres du blond.
- En espérant que le jour soit le bon, se moqua Drago, leurs deux visages se trouvant toujours à quelques millimètres l'un de l'autre.
- C'est la nuit je te signale, répliqua la jeune fille, chuchotant presque alors qu'elle plongeait son regard dans celui du jeune homme.
Ils reprirent leurs baisers sans jamais vraiment les approfondir. Les yeux bleus et verts ne se quittaient pas et semblaient même mener une conversation silencieuse. Puis, leurs lèvres cessèrent de se toucher, ne subsistant alors plus que leur contact visuel. Emma ne pouvait rompre ce contact, elle se sentait comme happée par ce regard d'acier qui la fixait. Passion et Désir, tels étaient les mots qu'on pouvait lire dans leurs prunelles.
Ne pouvant plus résister, la brune s'empara à nouveau des lèvres du blond et approfondit directement le baiser. Le jeune homme quant à lui mit ses bras autour d'elle et la serra contre lui, la faisant presque monter sur lui. Ses mains se baladèrent le long de la cuisse de sa fiancée, se glissant sous sa nuisette et remontant jusqu'à sa taille. Emma frissonna à ce contact et entreprit à son tour de caresser le blond, introduisant une main sous son haut de pyjama, frôlant du bout des doigts son torse plutôt musclé et débouchant sur son flanc. Drago pivota alors, de manière à se retrouver au-dessus de la jeune fille qui sentit aussitôt son désir physique. Leur baiser cessa durant quelques secondes, les yeux bleu gris semblant interroger les yeux verts.
Pour unique réponse, la brune défit les boutons du haut du blond, se mordant la lèvre d'un air coquin. Finalement, il s'agissait non seulement du bon jour, mais également de la bonne « nuit ».
oOo
« Qui aurait dit que tu garderais ta chemise et moi ma nuisette ! »
La jeune fille avait la tête posée sur le torse du jeune homme et y dessinait des huit invisibles du bout de son index.
« Il faut savoir garder du mystère. »
Le blond caressait les cheveux de la brune et entendit le rire léger de cette dernière.
« Bonne nuit, Drago. »
Quelques minutes plus tard, les deux fiancés pensaient respectivement que l'autre dormait, ayant cessé tous deux leurs mouvements.
« Je vais tout faire pour t'offrir un bel avenir, Emma... »
Sur cette phrase emplie de mystère, Emma et Drago fermèrent leurs yeux et s'endormirent dans les bras l'un de l'autre.
oOo
Onze heure allait bientôt sonner et le Poudlard Express s'en irait bientôt. Emma avait raté l'heure du portoloin que lui avait confectionné son grand-père et avait finalement dû utiliser de la poudre de cheminette afin d'arriver sur le quai 9 ¾ au moyen des cheminées mises à la disposition de tous.
Une fois arrivée, elle put utiliser un sort de lévitation pour que sa malle la suive. Lorsqu'elle entra dans le train, un coup de sifflet retentit. Essoufflée par tant d'efforts hâtifs, elle déposa sa malle près de l'entrée et s'y assit, le temps de reprendre son souffle. Avant que la porte ne se ferme pour de bon, elle vit déboucher devant ses yeux une autre malle, suivie de près par Harry Potter. Elle entendit par la fenêtre ouverte du train une femme qui courrait après le train, ce dernier venant tout juste de démarrer. Après un bref sourire de salut au Gryffondor, elle se releva et entreprit de caser sa malle quelque part.
Lorsqu'elle partit à la recherche de ses amis, elle croisa Ginny qui la salua gentiment. La rousse lui apprit qu'elle avait aperçu ses amis dans un compartiment sur la droite. Après l'avoir remerciée elle se dirigea dans la direction indiquée et regarda à travers les vitres des compartiments si ses amis ne s'y trouvaient pas. Ce fut de cette manière qu'elle entrevit, tous rassemblés, Daphné Greengrass, Morag MacDougal, Megan Jones, Stephen Cornfoot, Kévin Entwhistle et Théodore Nott. Elle croisa le regard de ce dernier et lui fit un faible sourire avant de continuer son chemin. Elle se surprit à chercher également du regard son fiancé qu'elle n'avait pas revu depuis la veille au matin. Un léger sourire lui monta aux lèvres à la pensée du jeune homme, accompagné de ce qu'on pouvait appeler des papillons dans le ventre en repensant à leur dernière rencontre... Ses pensées furent interrompues par la vision de Michael qui tenait Cho dans ses bras. Lorsqu'il aperçut Emma, il sortit du compartiment dans lequel il était et vint à sa rencontre.
- Salut ! l'aborda le brun.
- Bonjour Michael, salua la brune avec un sourire. Toujours avec Chang.
- Toujours. Heureusement d'ailleurs, un peu de soleil dans les temps qui courent n'est pas négligeable, avoua-t-il avec assurance alors que le regard des deux ennemies se croisaient.
- Je vois, fit simplement la jeune fille en regardant de nouveau son ami.
- Jolie bague, remarqua Michael en désignant de la tête le petit objet qu'elle avait décidé de garder malgré sa rentrée à Poudlard.
- Cadeau de la famille, justifia Emma en sachant pertinemment que le jeune homme ne la croirait pas.
- Bien sûr, acquiesça le brun avec une pointe d'ironie dans la voix. Mandy et Terry sont à trois compartiments d'ici, ajouta-t-il.
- Je vais les rejoindre. A tout-à-l'heure.
- A toute, conclut Michael avant de retrouver sa petite-amie.
Emma pensa alors au récent échange de lettres qu'ils avaient eu tous deux. Son ami avait été content de constater qu'Emma commençait à voir les choses en face et à se positionner. Malheureusement, pensa-t-elle, cela ne suffisait pas à faire changer les choses et pour le moment, elle n'était capable que de ça. La jeune fille trouva enfin Mandy et Terry qui parlaient de Weasley, Farces pour sorciers facétieux, le nouveau magasin du chemin de traverse.
- Hey Emma ! On ne t'attendait plus, fit Terry alors que la brune s'installait en face de ses deux amis.
- J'ai eu un peu de retard, expliqua-t-elle contente d'être enfin assise avant que son regard ne tombe sur la blonde. Eh bien Mandy, t'as pris des couleurs dis-moi ! Tu as passé de bonnes vacances ?
- Superbes ! répondit-elle avec un sourire espiègle.
- ¿ Encontraste tu querido español ?
- Sí señorita !
- Eh ! Il y en a qui sont restés en Angleterre ! bouda Terry qui ne comprenait pas un mot de la conversation de ses amies, provoquant alors le rire de ces dernières.
Chacun se raconta ses vacances respectives, Mandy omettant tout de même de parler de sa relation amoureuse avec Esteban, devant Terry. Puis, Anthony et Padma rentrèrent de leur ronde de préfet, se plaignant que certains n'effectuaient pas leurs obligations de préfet. Lorsqu'Emma apprit qu'il s'agissait de Malefoy, elle fut surprise de constater que le jeune homme ne profitait plus de ce statut. Elle fut également piquée au vif lorsque Padma ajouta qu'il préférait se reposer sur les genoux de Parkinson plutôt que de prendre ses responsabilités au sérieux. Quelques minutes plus tard, elle vit à travers la vitre de la porte du compartiment, Astoria qui passait devant celui-ci. Elle s'excusa auprès de ses amis et la rejoignit.
- Salut Astoria ! l'interpella la Serdaigle.
- Oh, bonjour Emma ! Je suis contente de te voir, salua à son tour la Serpentard. Contente de rentrer ?
- Eh bien je préfère rentrer à Poudlard, plutôt que de rester dans cette sombre Angleterre, confia la plus grande.
- Je te comprends, le Pays de Galles n'est pas bien mieux ! Mon retour de France a été très dur.
- J'imagine.
- Excusez-moi, déclara un jeune homme qui voulait passer par le couloir bloqué par les deux brunes.
- Bonjour Blaise, salua poliment la Serpentard en reconnaissant Blaise Zabini, un garçon noir, grand, avec de hautes pommettes et de longs yeux en amande.
- Astoria, rendit-il son salut à sa camarade de maison,muni d'un sourire charmeur.
- Quoi ! fit la plus jeune, devant le sourire en coin et le regard suggestif de son amie une fois le jeune homme parti.
- Rien, répondit Emma avec un grand sourire. Alors comme ça tu as pu tester le French Kiss ? demanda-t-elle en se souvenant d'une des lettres de son amie.
- Oui... Mais j'avoue avoir toujours cette préférence pour le baiser anglais, confia Astoria, les joues légèrement rosies, faisant aussitôt disparaître le sourire de la Serdaigle.
- Heureusement pour toi, il y a des tas d'anglais ici, répliqua un peu abruptement la plus grande.
- Ouai... confirma faiblement la plus jeune en s'écartant afin de laisser passer deux Gryffondor, dont le premier était Harry Potter. T'as entendu ce qu'on dit sur Potter ? questionna-t-elle, une fois ce dernier éloigné.
- L'Elu, le seul qui sera jamais capable de nous débarrasser de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, récita presque la Serdaigle qui avait vu cela dans la Gazette du Sorcier.
- Tu y crois à cette histoire de prophétie ? interrogea alors Astoria.
- On est jamais sûr de rien. Après tout, Potter a souvent été confronté à Tu-sais-qui, c'est peut-être son destin, déclara Emma.
- Le pauvre, je n'aimerais pas être à sa place, le plaignit la Serpentard.
- Moi non plus, acquiesça la Serdaigle.
- Je ferai mieux d'y aller si je ne veux pas rater le chariot du déjeuner.
Sur ce, les deux brunes se dirent au revoir et se souhaitèrent une bonne fin de voyage, lequel se termina sans embrouilles. Une fois arrivé à la gare de Pré-au-lard, la jeune fille dû remonter tout le train afin de retrouver sa malle pour y ranger ses dernières affaires avant qu'elle ne soit amenée dans son dortoir. La sortie du train près de sa malle étant saturée d'élèves, elle décida de continuer à longer le couloir jusqu'en bout de train. A son passage, son regard fut attiré par une tête blonde en premier plan sur la porte à moitié vitrée du compartiment dans lequel il se trouvait. Leurs yeux se croisèrent et ils se figèrent tous deux durant quelques secondes, ne s'attendant pas à tomber l'un sur l'autre. Puis, le blond eut un rictus et la brune lui sourit en retour. Lorsque le store se baissa soudainement, la Serdaigle continua son chemin, perdue dans ses pensées.
Emma monta au hasard dans l'avant dernière diligence et eut la surprise d'y trouver Théodore, affublé de ses deux amis de Serdaigle. Ils se saluèrent et discutèrent de leurs vacances. Juste avant que la diligence ne parte, Drago Malefoy sauta presque à l'intérieur et se retrouva quasiment face à Emma.
- Eh bien, Drago ! Tu as failli te taper tout le chemin à pied, l'interpella Théodore.
- Vous ne devinerez jamais ce qui m'a retenu ! fit fièrement le blond, en étalant et croisant ses jambes sur l'espace qu'il y avait entre sa voisine d'en face et le bord de la diligence. J'ai enfin pu casser la gueule de Potter, l'idiot était planqué en train de nous espionner ! continua-t-il, l'air mauvais.
- Il était temps que ça arrive, au bout de six années, se moqua Théodore.
- Tu ferais mieux de la fermer si tu veux pas que ça t'arrive Nott, menaça Drago, vexé par la remarque du brun.
- A croire que « l'Elu » n'est pas aussi fort qu'on le laisse penser ! intervint Stephen Cornfoot provoquant le rire dédaigneux du blond.
- Il est fort possible que « l'Elu » soit reparti pour Londres à l'heure qu'il est, ajouta le jeune homme non sans fierté.
- Tu l'as laissé dans le train ! s'étonna Emma qui parlait pour la première fois depuis l'arrivée de son fiancé.
- Je t'en prie Oreiro, va-donc avertir ces Aurors superflus postés à l'entrée de Poudlard, la rabroua-t-il, provoquant alors le sourire ironique de la jeune fille.
Le reste du trajet se déroula sous les explications très détaillées de la petite aventure de Malefoy. Emma laissa son regard plonger dans la silhouette du château illuminé dont ils se rapprochaient de plus en plus, n'écoutant que d'une oreille le discours du blond. Elle ne fut intéressée que par l'existence de la cape d'invisibilité que détenait a priori Harry Potter. Elle espérait tout de même que le Gryffondor ait été retrouvé par les Aurors qui devaient certainement fouiller le train.
Une fois arrivés, la brune salua Théodore avant de descendre le plus vite possible de la diligence et après avoir fusillé du regard Drago qui l'empêchait d'avancer avec ses jambes toujours étendues au niveau de la sortie de l'habitacle. Avant de rejoindre ses amis en haut des marches menant au château, elle eut un sourire amusé. Elle avait oublié ce jeu que les deux fiancés devaient jouer pour cacher leur petit secret.
oOo
Alors que les élèves terminaient leur diner, Harry Potter entra dans la Grande Salle d'un pas vif, semblant vouloir rejoindre le plus vite possible la table des Gryffondor. Emma tourna alors son regard vers Drago qui arborait un air mi-déçu, mi-fier.
- Pourquoi Harry est-il en retard ? se demanda à voix haute Terry, la bouche encore pleine de morceaux de poulet.
- On dirait qu'il a du sang sur le visage, remarqua Padma, en face d'Emma et ayant donc dans son champ de vision, la table des Gryffondor.
- Il a eu un accrochage avec Malefoy, informa Emma en mettant ses couverts sur la droite de son assiette, signe qu'elle avait terminé son repas.
- Un accrochage ? s'étonna Anthony.
- Avec Malefoy ? demanda Michael avec une pointe d'ironie que seule Emma pouvait percevoir.
- Comment tu sais ça ? questionna à son tour Padma alors que Mandy attendait patiemment la réponse de son amie en buvant goulument son verre de jus de citrouille.
- J'étais dans la diligence de Théodore. Malefoy est arrivé au dernier moment et s'est vanté d'avoir cassé la figure à Potter, expliqua la brune alors que le dessert apparaissait devant eux.
- Il mériterait de recevoir le même sort qu'en fin d'année dernière, déclara Terry avec un sourire en repensant à l'état du blond après que des membres de l'AD aient défendu Harry Potter.
Quelques minutes plus tard, le directeur Albus Dumbledore commença son discours annuel de rentrée. Les élèves furent d'abord frappés par la main droite de ce dernier, qui était noircie et cadavérique. Cependant, le vieil homme les rassura et leur souhaita la bienvenue à tous. Michael, Terry et Anthony eurent une moue déçue lorsqu'il précisa que Mr Rusard interdisait tout objet provenant du nouveau magasin des frères Weasley. Dumbledore présenta le nouveau professeur, Horace Slughorn, et ce fut un second choc lorsqu'il informa que cet ancien collègue reprendrait son poste de maître des potions. Seule la table des Serpentard applaudit leur nouveau professeur de défense contre les force du Mal, à savoir Rogue. Puis, un silence tendu revint lorsque le directeur aborda le sujet de la guerre et des nouvelles règles qui en découlaient. Durant ce discours, le regard d'Emma tomba sur son fiancé qui faisait voler sa fourchette devant lui, d'un air nonchalant.
A la fin du repas, les préfets amenèrent les premières années dans leur maison. Alors qu'Emma se dirigeait vers les escaliers magiques en compagnie de Michael, Terry et Mandy, la brune aperçut le blond tourner dans un couloir un peu plus loin devant eux. Curieuse, elle s'excusa auprès de ses amis et prit la même direction que le blond. Ce dernier allait plutôt vite et la jeune fille dû presser son pas afin de le rattraper. Apparemment, le jeune homme avait l'air de se diriger vers le septième étage en prenant les escaliers fixes que tous oubliaient, préférant ceux magiques, plus rapides.
Arrivée dans le couloir du septième étage, le blond avait une avance telle qu'elle décida de créer des étincelles qui foncèrent vers le Serpentard. Ce dernier, tout d'abord surpris, se retourna, en position d'attaque. Puis, voyant qu'il s'agissait d'Emma, il la rejoignit avec une légère appréhension.
- Qu'est-ce tu fais là ? lui demanda-t-il alors que l'interpellée était appuyée contre un mur, reprenant difficilement son souffle.
- Je t'ai vu emprunter le couloir du deuxième étage, alors je t'ai suivi, expliqua-t-elle, la respiration saccadée. La question est, qu'est-ce toi tu fais là ?
- Je voulais t'intercepter, se justifia le Serpentard.
- Vraiment ? douta un peu la brune.
- Que voudrais-tu que je fasse d'autre dans cet étage, argumenta le blond en se rapprochant de sa fiancée et plongeant son regard dans celui de cette dernière.
Lentement, leurs deux visages se rapprochèrent, leurs lèvres se touchèrent, ils s'embrassèrent.
- Tu as dû être déçu de voir revenir Potter, fit la jeune fille après que leurs bouches se soient séparées.
- Vraiment ! Tu veux parler de Potter quand on s'embrasse, toi ? reprocha Drago en fronçant les sourcils.
- Désolée, s'excusa un peu gênée la brune avant d'emprisonner de nouveau les lèvres du blond.
Leur étreinte se fit de plus en plus intense, la cuisse de la jeune fille se retrouvant relevée afin que le jeune homme puisse mieux caresser sa douce peau. Ils sentaient leur désir monter de plus en plus et ne semblaient pas capable de s'arrêter. Ils se figèrent néanmoins lorsqu'ils entendirent un raclement de gorge. Drago lâcha brusquement la cuisse de la Serdaigle, cette dernière se remettant la plus droite possible.
- Je constate que certaines personnes semblent ignorer les restrictions imposées par le nouveau règlement, réprimanda Severus Rogue de sa voix grave et trainante.
- Le couvre feu n'est que dans quelques minutes, professeur, répondit le blond avec un léger affront sous le regard affolé d'Emma.
- Miss Oreiro, je vous intime de rejoindre au plus vite votre dortoir. Quant à vous, Drago, je vous accompagne jusqu'aux cachots, ordonna le nouveau professeur de Défense contre les forces du Mal sur un ton bannissant toute désobéissance, avant de se retourner dans le flottement de sa longue robe de sorcier noire.
Les deux adolescents se regardèrent, les yeux d'Emma reflétant un peu d'inquiétude et ceux de Drago tentant de rassurer cette dernière. Le Serpentard partit à la suite de son directeur de maison alors qu'Emma se dépêcha de rejoindre sa salle commune. Ce fut encore secouée de s'être faite prendre, que la Serdaigle rejoignit ses amis, auxquels elle ne tendit qu'une oreille distraite le reste de la soirée.
Lorsque les trois filles se retrouvèrent seules dans leur dortoir, elle oublia néanmoins ce passage de la journée et écouta attentivement le récit de l'amourette entre Esteban et Mandy. Ce ne fut que lorsque les trois camarades eurent fermé les rideaux de leurs baldaquins que la brune s'autorisa à penser à elle et Drago. Maintenant qu'ils l'avaient fait une fois, l'interdit étant levé, il faudrait qu'ils se contrôlent un peu plus s'ils ne voulaient pas se faire prendre.
Pourquoi avait-elle cédé à cette tentation ? Après coup, elle n'y avait pas vraiment réfléchi, ce moment d'extase étant encore trop ancré dans son esprit. Lorsqu'elle y pensait désormais, elle ne pouvait s'empêcher de ne pas regretter. C'était comme si tous deux avaient eu ce besoin. Ce n'était pas seulement un besoin de sexe, cela allait au-delà des sensations physiques qu'ils pouvaient ressentir. Non, c'était comme si en ce début d'année ce rapprochement intime entre eux avait été nécessaire. Ainsi, Emma ne regrettait rien et c'est en repensant à cette charmante nuit, qu'elle commença sa première de l'année à Poudlard.
Bonjour à tous,
Voici un nouveau chapitre corrigé ! Il faut savoir que le Tome 6 est mon livre préféré ! Alors l'écriture de la suite des aventures d'Emma et de Drago a été un vrai plaisir pour moi ! Sans jamais cesser de lire le tome 6 afin de prendre le maximum d'éléments possible j'ai essayé d'intégrer les fiançailles inventées entre ces deux personnages au mieux. J'espère que cela vous plait toujours, n'hésitez pas à me faire savoir votre avis ! Ca m'intéresse !
Desea Oreiro
