Chapitre 21 : we bleed and fight for you
Et oui! Le dernier titre de chapitre venait de Hamilton (celui ci aussi by the way). J'ai décidé de continuer avec les titres de chapitre inspirés de Hamilton. Après tout, pourquoi pas !
Mis à part Hamilton, je viens de terminer snowpiercer (la série), et me demandais quelle autre série je devrais regarder ? (On me conseille Dark, Pose, She's gotta have it et Suits, une préférence ?).
J'espère que vous passez des bonnes vacances! Personnellement je les passes à essayer de faire du crochet... Et c'est un échec :)) Mais c'est pas grave, on garde le smile!
J'ai pu assister à l'une des émissions de Potterveille. Les jumeaux sont incroyables. Je ne comprends pas exactement comment cela fonctionne mais la technologie ressemble à celle des téléphones moldus. Quoiqu'il en soit, Lee est l'animateur et il a réussi à me convaincre de les rejoindre pour une émission.
Nous sommes dans la chambre au grenier, en cercle autour de la radio. Ginny a eu interdiction formelle de participer (elle n'a pas 17 ans) mais elle peut rester avec nous. George a sa main posée sur la mienne et il a retrouvé son sourire amusé que j'aime tant.
- Nous revoilà pour une… sixième émissions de Potterveille ! Des interruptions sont possibles mais soyez assuré que nous serons toujours de la partie, a annoncé Lee. J'ai le plaisir de vous annoncer que nos deux collaborateurs réguliers ce sont joints à moi et une invitée spéciale.
- Bonsoir Rivière, a salué George avec un sourire.
- Bonsoir Ragondin.
J'ai arqué un sourcil mais me suis abstenue de tous commentaires.
- Salut Rivière !
- Rongeur, salue Lee.
Fred fronce les sourcils.
- Et enfin, notre invitée spéciale revient de quelques mois à Poudlard. Bonsoir l'Héritière.
Je ne ferais aucun commentaire sur l'arrogance et le culot de mon surnom. Il me plaît et c'est ça qui est important.
- Bonsoir Rivière.
- Avant toute chose, nous allons commencer avec les mauvaises nouvelles.
Et d'un coup, Lee me renvoie les réalités de la guerre, la vie dans laquelle tout le monde. Lee me rappelle quel endroit privilégié Poudlard est. Nombre de sorciers sont morts, des gobelins aussi et combien de famille moldus.
Mon visage ne trahit pas mon état une seule seconde. Je reste stoïque et solennelle, encaissant chaque coup sans ciller. Je sens le regard de George sur moi, attentif et inquiet. Je lui réponds par un sourire confiant.
Lorsque Lee a terminé, il annonce une minute de silence qui me permet de retrouver mes forces. Enfin, Rivière annonce :
- Je passe maintenant la parole à l'Héritière qui va pouvoir nous informer sur l'état de Poudlard. Alors, comment se débrouille le nouveau directeur ?
- Et bien, Rivière, je dois avouer qu'il n'a pas encore égalé l'inquisitrice, ce qui est rassurant. Il reste dans son bureau la plupart du temps.
La discussion entre Lee et moi se poursuit. J'informe le monde sorcier de l'état de Poudlard, ne cachant pas mes inquiétudes. Si certains parents décident de garder leurs enfants chez eux, ce n'est pas forcément une mauvaise chose. Je doute qu'il soit sage de laisser des premières et deuxième années se gambader dans un château dirigé par des mangemorts.
Une fois mon résumé terminé, les jumeaux entrent en scène avec des billets d'humeur qui détendent l'atmosphère.
- L'Hértière, un mot de fin ? propose Lee.
- Si Harry nous entend, je veux qu'il sache que l'on s'occupe de Poudlard, on protège ce château. Il peut faire ce qu'il doit faire l'esprit tranquille.
Je vois Ginny serrer les dents et inspirer profondément, regardant le mur en face d'elle sans le voir.
- Et bien merci à tous et à toutes ! conclut Lee. On se retrouve bien vite, le prochain mot de passe est Sirius !
Je sens mon souffle se couper à l'entente du mot de passe. Ça faisait si longtemps que je n'avais pas pensé à Sirius. Je me laisse retomber sur le lit de camp en soupirant profondément.
- Je suis super fière de vous.
- Tu en as l'air, ricane Fred.
- Tu es sûre que ça va ? demande Ginny.
- Ça me déprime… les morts, Sirius…
- Sirius ? demande George.
- Je n'avais plus pensé à Sirius depuis longtemps, je soupire.
Je m'en veux de ne pas avoir pensé à lui. Le sentiment d'injustice que j'ai systématiquement en pensant à lui gonfle ma poitrine. Aucune mort n'est véritablement juste. Il n'y a pas de justice. Mais Sirius... J'ai envie de crier.
- Il aurait été fier de nous, sourit Ginny.
Cette pensée me rassure, je dois l'avouer. J'imagine que Ginny doit avoir raison, et j'imagine que je vais devoir me contenter de ça. George caresse doucement mes cheveux courts. Il s'est habitué assez vite à mon crâne presque chauve et il en semble satisfait. Tante Murielle m'a insultée de tous les noms possibles et imaginables, sous les soupirs bruyants d'Arthur. Molly était au début pas mal septique et puis j'ai réussi à la persuader en lui expliquant mes raisons. Je l'ai un peu inquiétée, ce qui m'ennuie, mais au moins elle a compris.
- Finalement… le sac de bonbons de Dumbledore ? Tu as compris pourquoi ?
Le dit sac de bonbons au citron patiente tranquillement dans un coin de la salle sur demande, encore à moitié pleins malgré que les premières et deuxièmes années en dévorent le contenu chaque jour.
- Il est sans fond… littéralement. Je me doute que c'était intentionnel, et de ce que j'ai compris c'était pour m'encourager à reformer l'AD.
- Dumbledore savait que tu n'avais pas besoin d'encouragements pour ça, contre Ginny d'un air évident.
J'hausse les épaules.
- Je dois t'avouer que je n'y ai pas vraiment réfléchis des masses.
George se redresse et s'étire bruyamment, regardant autour de lui.
- On fait une partie de cartes explosives ?
Nous acceptons avec plaisir.
ooOOOoo
C'était les vacances de Noël les plus bizarres de ma vie. Les plus tristes aussi. Chaque jour Monsieur Weasley arrivait avec de mauvaises nouvelles. Heureusement, Tante Murielle était là pour pimenter tout ça. Évidemment, elle était insupportable, mais Ginny, les jumeaux et moi essayer de l'agacer autant qu'elle nous embête nous, ça c'était bien.
Molly a tenté de nous faire passer le réveillon de Noël le plus normal qui soit. Et le temps d'une soirée, j'ai réussi à y croire. George m'a offert un album photo. Avec des photos de nous, de Ginny, Hermione et moi, du trio d'or et moi, de Neville et moi, de Papa et moi… J'étais perturbée sur l'origine des photos. Il avait envoyé des lettres cet été pour en recevoir de la part de tout le monde. J'ai dû serrer fort les dents pour ne pas pleurer. À côté, mon bouquin préféré avec des annotations à chaque page et une lettre (romantique, ok) faisaient pâle figure.
C'est compliqué d'être en couple avec quelqu'un qui fait toujours de supers cadeaux.
J'ai reçu un cadeau auquel je ne m'attendais pas. Le 23 décembre, Arthur est revenu du travail avec un petit paquet et une lettre. Il avait un sourire très amusé, il m'a juste dit que le cadeau était pour moi, refusant de me dire de qui il venait. Molly m'a formellement interdit de l'ouvrir avant le 25. Et, en tant que belle fille préférée, j'ai obéis.
Fred m'a proposé – en catimini – de l'ouvrir pour moi et de me dire ce qu'il y avait dedans, mais je l'ai soupçonné de l'ouvrir avec mon autorisation et de ne pas me dire le contenu.
Donc j'ai attendu le 25.
J'ai découvert un cahier avec des brochures de journaux concernant Papa et Sherlock.
« Chère Elizabeth,
J'ai réussi à contacter Arthur Weasley pour lui transmettre cette lettre et ce cahier. Tu y trouveras des informations sur ton père et Sherlock.
Ton père va bien. Il a réduit son horaire professionnel, s'occupant de ta sœur le plus possible. Il a réemménagé à Baker Street. D'après Sherlock, ta sœur serait un prodige. Pour l'avoir revu quelques fois, elle a juste l'air d'être dans la moyenne. Elle est en bonne santé. Sherlock va bien également, il est sobre.
Quant à moi, je me porte au mieux compte tenu de la situation mais reste alerte. Je te conjure de rester prudente.
Bien à toi,
Mycroft Holmes »
C'était limite une déclaration d'amour. J'ai cru pleurer. George m'a serré l'épaule avant de me serrer dans ses bras.
C'est terrifiant de me dire que ces câlins et baisers que j'ai échangé avec George pourraient être les derniers. Donc j'essaye de ne pas y penser.
C'est Arthur qui nous a déposé à King's Cross. Les aux revoirs ont eu lieu devant la maison de la Tante Murielle. George m'a serré dans ses bras encore plus longtemps qu'à l'accoutumée. Tout bas, il m'a murmuré « Je sais que c'est une grande fille mais… protège Ginny. » Je le soupçonne d'avoir demandé à Ginny de me protéger moi.
Potterveille est incroyable, et je suis reconnaissante qu'il reste un média sur lequel compter. Mais j'essaye de mettre dans un coin de ma tête les risques que prennent les jumeaux. Faute de quoi, je saurais paralysée, incapable de faire quoique ce soit.
Nous sommes donc à King's Cross, devant le Poudlard Express et attendant Luna. Arthur nous a déposé et il est reparti assez vite. C'est Ginny et moi qui l'en avons persuadé, on veut lui éviter de prendre des risques inutiles.
Nous attendons Luna jusqu'à la dernière seconde mais sommes forcées de monter dans le train sans avoir vu la Serdaigle. Ginny est confiante qu'elle est déjà dans un compartiment. Ce n'est pas mon cas.
Je savais avant les vacances que beaucoup d'entre nous ne reviendraient pas au château. Pas mal de plus jeunes sont venus me dire au revoir. Une première année de Poufsoufle m'a même offert une petite carte d'au revoir.
Nous rejoignons un compartiment avec les sœurs Patil et Lavande.
- Vous êtes rentrée chez vos parents ? nous a demandé Padma.
- Je suis rentrée chez ceux de Ginny.
- Tu es encore avec George Weasley ? m'a demandé Parvati après un temps.
Il est vrai que les sorciers n'ont pas de réseaux sociaux pour se tenir au jus. Ils n'ont que les rumeurs et les questions directes. Quel monde arriéré.
- Mmh oui…
- Tu dois être la seule qui a passé un bal de Noël agréable en quatrième année, marmonne Padma avec une pointe d'envie.
- À part peut être Hermione, remarque Lavande en souriant.
J'ai un sourire pensif envers la petite Elizabeth de 15 ans, allant à son premier rencard et confuse à l'idée que George Weasley pense à elle… comme ça. Je pense au fait que le simple souvenir de ce baiser me permet de lancer un sortilège du patronus et d'en avoir un corporel. J'ai un sourire ému.
- C'est vrai que j'ai un excellent souvenir du bal. Vous aviez parié sur le mauvais Weasley.
- Il reste encore Fred, sourit Lavande.
- Mmh… je pense que Fred a déjà quelqu'un en vue, répond Ginny énigmatique. Maintenant, si on pouvait changer de sujet.
Un peu mal à l'aise, les filles regardent ailleurs quelques instants avant de vitre se rabattre sur l'horoscope de la semaine. Je pense que je peux me satisfaire de ça.
Quand on arrive à Poudlard, je reprends mes responsabilités de préfète en chef, constatant que Drago est revenu (malheureusement) au château.
- Bonnes vacances de Noël ? je lui demande, comme si ça m'intéressait.
Drago tourne la tête vers moi en fronçant les sourcils. Il a encore maigrit. Ses parents peuvent pas le nourrir correctement ?
- Mmrf.
Waow. Je me croirais auprès de Sherlock. Que de souvenirs !
Je pénètre dans la Grande Salle, requinquée par mes vacances et presque de bonne humeur. Mais ma bonne humeur s'éteint bien vite quand je vois le visage amoché de Neville, assis à table. Je le rejoins à grands pas et enlève les cheveux de son visage, observant les entailles sur son front en pinçant les lèvres.
- Tout va bien, tente-t-il de me rassurer. Je te raconterais. Tu n'as pas vu Luna ?
Je me crispe et tends le cou, observant la table des Serdaigle. Je ne la vois pas. Je sens mon sang se glacer dans mes veines.
- Non…
- Son père a dû préférer qu'elle reste chez elle, propose-t-il sans vraiment y croire.
J'hoche lentement la tête et fixe Rogue en inspirant profondément. Rogue tourne aussitôt les yeux vers moi et semble me défier de dire quoique ce soit devant tout le monde. Je serre les poings et regarde ailleurs.
- Allons nous coucher, soupire Neville. Je vais te raconter mes vacances, mais promets moi de me raconter les tiennes…
Que de conversations réjouissantes en perspective.
