UN GRAND merci pour toutes vos reviews sur le chapitre précédents pcam, Alice, Fleur d'Ange, DI5M, Marianne-D et A. Binders!
Encore merci à ma super bêta, Polka60, pour sa correction !
XXII. Loyalty is Dead
« Je croyais que tu ne comptais pas porter de robe de bal, Ginevra. » rappela Draco Malfoy avec morgue, arborant son habituel rictus moqueur.
Ginny grimaça tandis qu'elle observait les robes scintillantes exhibées sur un portant. Ils se trouvaient à Pré-au-Lard, dans une boutique de robes de cocktails. Certaines tenues étaient portées par des mannequins en plastique, qui changeaient de poses de temps à autre, comme pour mettre le vêtement en valeur. Pour une raison inconnue (Ginny soupçonnait fortement Ron) Molly Weasley, sa mère, avait appris que l'élection Miss Fondatrice était maintenue et qu'un bal aurait lieu afin de sacrer la gagnante. Molly l'avait convaincue de porter une robe de bal. Pour persuader Ginny, sa mère l'avait prise par les sentiments. Elle était sa fille unique, une occasion pareille ne se reproduirait probablement jamais, avait-elle rédigé dans un long courrier. Elle voulait garder des photos souvenir de ce jour exceptionnel.
Ginny avait finalement accepté par dépit, se sentant forcée de succomber au chantage affectif de sa mère. Elle avait fait vivre un calvaire à ses parents l'année précédente et si porter une fichue robe de bal faisait plaisir à sa génitrice, elle était prête à se sacrifier. Elle avait cependant formellement interdit à sa mère de coudre sa tenue pour l'occasion. La connaissant, elle n'aurait probablement pas fermé l'œil de la nuit pour s'assurer de finir la confection avant le bal.
« Je n'arrive pas à croire qu'elle m'ait donné de l'argent pour acheter une robe alors que ça fait trois ans que je demande la même somme pour un nouveau balai. » pesta Ginny, jetant un regard dégoûté à une robe d'un rose brillant.
Elle soupira, s'efforçant de trouver une tenue correcte parmi la sélection piteuse qui s'offrait à elle.
« C'est stupide de mettre autant de gallions dans une robe que je ne porterai probablement plus jamais après ce fichu bal. » poursuivit-elle, de mauvaise humeur.
« Pas certain que ce soit le cas. Imaginons que tu gagnes l'élection et que tu doives assister à des évènements pour représenter l'école. » fit remarquer Draco.
« Merlin, ne parle pas de malheur. » rétorqua Ginny, horrifiée. « Il faut que je me fasse disqualifier, et vite. »
Il ne restait plus que trois semaines avant le bal et le fameux couronnement de Miss Fondatrice.
« Pourquoi tu es si réticente, Ginevra ? Ce ne serait pas la fin du monde si tu l'emportais. » avança Draco.
Ginny lui jeta un regard médusé.
« Je te rappelle que tu disais aussi que c'était une élection stupide, il y a quelques mois. » dit-elle en levant un sourcil accusateur dans sa direction.
Il haussa les épaules.
« Je veux simplement te voir dans une robe de bal. » dit-il finalement avec amusement.
« Eh bien, on dirait que c'est ton jour de chance, Draco. » déclara Ginny tandis qu'elle s'emparait de deux robes, l'air déterminé.
Elle se dirigea vers les cabines d'essayages d'un pas résolu sous le regard perplexe de Draco.
« Qu'est-ce que tu fais ? » s'enquit-il.
« C'est évident, non ? Je vais les essayer. » répondit Ginny avec impatience avant d'entrer dans l'une des cabines.
« Je croyais que ça portait malheur pour le marié de voir la robe avant la cérémonie. » fit remarquer Draco d'un ton moqueur.
« Le marié n'a qu'à fermer les yeux. » répliqua Ginny en tirant d'un coup sec le rideau de la cabine pour dissimuler la vue.
« Je ne peux pas faire ça, c'est bien trop tentant. » se plaignit Draco.
On entendit le frottement de vêtements qu'on ôtait, mêlé à des soupirs de frustration.
« Dis-moi si tu as besoin d'aide avec la fermeture. » lança Draco d'un ton taquin.
En guise de réponse, il reçut une insulte particulièrement colorée de la part de la jeune fille. Quelques instants plus tard, Ginny sortait de la cabine, portant une robe d'un bleu céleste avec des épaules bouffies.
« Je ressemble à ma tante Muriel. » commenta-t-elle en gémissant. « Enfin, avec moins de poitrine et sans la moustache. »
« Disons que tu peux probablement trouver mieux. » affirma Draco avec tact.
Ginny s'engouffra de nouveau dans la cabine. La robe suivante qu'elle essaya était trop serrée et la couleur ne seyait pas à sa teinte de cheveux. La troisième possédait trop de fioritures. Quant à la dernière, Ginny réalisa qu'elle paraissait sur le point de faire sa promenade réglementaire sur l'Allée des Embrumes. Cette dernière tenue ne sembla toutefois pas déplaire à Draco car son regard s'attarda un peu trop longtemps sur elle.
Lorsqu'ils quittèrent finalement la boutique, elle laissa échapper un long soupir de frustration. Elle était sortie les mains vides - aucune des robes n'ayant retenu son attention. Ginny n'avait pas la patience de chercher plus longtemps. A cette allure, elle se rendrait probablement au bal en uniforme.
Elle décida de chasser le problème dans un recoin de sa tête. Elle gérerait la situation plus tard. Ils se dirigèrent vers le District, se plaçant dans la longue file d'attente donnant l'accès au concert privé de Rock'n'Troll. Ginny retrouva sa bonne humeur. Il s'agissait de l'un de ses groupes favoris, et la perspective du concert était bien plus excitante que la recherche de cette maudite robe.
Elle sortit du concert radieuse, de l'excitation plein les yeux. Grâce à l'oncle de Draco, ils avaient obtenu des places au premier rang, et elle avait eu la chance de rencontrer le groupe pendant une séance de dédicace réservé à quelques fans uniquement. Elle avait soigneusement rangé son nouveau t-shirt dédicacé par Elektra Morningstar, la vocaliste et leadeuse du groupe. Ils décidèrent de s'arrêter aux Trois Balais avant leur retour au château.
« Je suis contente d'être sortie un peu de Poudlard. » avoua Ginny en jouant distraitement avec le bord de sa pinte de bièraubeurre. « L'ambiance est devenue tellement glauque. »
Draco hocha la tête, gravement, semblant partager son opinion sur la question.
« Depuis qu'Hermione s'est faite agresser, tout le monde est paranoïaque et sur les nerfs. » continua Ginny.
Depuis l'attaque d'Hermione, toutes les rumeurs sensationnelles se répandaient dans l'école. Agnes Monkleigh, une cinquième année de Serpentard, clamait sur tous les toits que les attaques étaient perpétrées par Lord Voldemort, un tueur en série connu pour sa haine profonde des femmes.
Elle prétendait qu'il avait été un adolescent bizarre et rejeté pendant sa jeunesse et qu'il faisait désormais payer ses frustrations à des femmes innocentes. Selon elle, il s'était attaqué aux candidates de Miss Fondatrice car elles étaient des symboles de beauté et popularité.
Même si les Aurors et la Direction ne semblaient pas croire au lien entre la mort de Millicent et l'attaque d'Hermione, les mesures de sécurité furent renforcées. Un couvre-feu plus restrictif avait été instauré. Il était désormais interdit aux élèves de se rendre dans les salles communes qui n'étaient pas les leurs et il était demandé à tous les étudiants de se promener en binôme ou par groupe.
Ginny n'avait pas eu l'occasion de parler en privé à Hermione après ce jour à l'infirmerie. Elle avait eu des nouvelles de la jeune fille par le biais d'Harry, son meilleur ami.
« Elle est vraiment choquée. » lui avait-il indiqué. « Si on retrouve celui qui a fait ça… »
Son regard sombre et son ton menaçant avaient un peu étonné Ginny. Harry était habituellement adorable et d'une gentillesse incroyable. Il était surprenant de le voir ainsi contrarié. Elle comprenait toutefois sa colère. On voyait désormais régulièrement des Aurors dans le château, une mesure de ''dissuasion'' selon Harry, qui avait rapporté à Ginny les dires de son père.
« Tu devrais faire attention à toi, en attendant. Qui sait quel malade se balade dans les couloirs en ce moment. » continua Harry, l'air sombre.
« On dirait Ron qui parle. » lança Ginny avec amusement.
La veille, elle s'était faite remonter les bretelles par son frère pour être sortie sans ''binôme.'' Elle avait été tellement ébahie par son éclat de voix qu'elle était restée silencieuse, la bouche ouverte. Il était rare que son frère s'emporte sur elle de la sorte. C'était toujours elle qui le faisait, habituellement.
« Il a raison de le faire, Ginny. Je sais que tu es une fille têtue mais pour une fois, écoute ce qu'il te dit. » la sermonna Harry.
« Je ne suis pas têtue. Je n'aime tout simplement pas qu'on me dise quoi faire. » argumenta Ginny avec un rire.
« Qu'est-ce qui était aussi urgent pour que tu sortes ? Malfoy t'attendait ? » demanda Harry.
Les oreilles écarlates de Ginny furent suffisantes pour répondre à sa question. Harry arbora un sourire goguenard.
« Alors, comment ça se passe, entre vous ? Toujours pas d'avancée ?» taquina-t-il.
« Occupe-toi de tes affaires, Harry Potter. » répliqua-t-elle.
Elle lui jeta un regard noir tandis qu'il s'esclaffait bruyamment.
« En fin de compte, si on parlait de tes affaires ? » suggéra-t-elle. « Je t'ai vu lorgner toute la soirée sur Dean Thomas, hier. Pourquoi on ne parle pas plutôt de ça ? »
Le visage d'Harry prit une teinte corail qu'elle n'avait jamais vue sur lui. Il commença à bredouiller des paroles incompréhensibles, se confondant en explications peu convaincantes. Cette fois, ce fut au tour de Ginny de laisser échapper un rire ouvertement moqueur. Il était tellement facile de le mettre dans l'embarras. C'était presque jouissif.
« Allez, Harry. Tu peux m'en parler, je ne dirai rien à personne. » promit Ginny. « Que se passe-t-il entre vous ? »
Harry parut hésiter - comme s'il évaluait s'il devait lui dire la vérité.
« Vous baisouillez ? » demanda Ginny d'un ton criard, imitant la voix de Pansy Parkinson lorsqu'elle se mettait à ragoter.
Harry rit à sa remarque.
« Pas vraiment. » admit-il en grimaçant.
« Mais tu aimerais… Pas vrai ? » devina Ginny.
« Ça ne me déplairait pas. » avoua finalement Harry, le feu aux joues.
Ginny laissa échapper un gloussement dramatique.
« Je peux jouer les entremetteuses ?» demanda-t-elle d'une voix douce, battant des cils, faisant mine d'imiter une petite fille. « S'il-te-plaît ? »
« Absolument pas ! » s'exclama-t-il d'une voix horrifiée.
Son éclat de voix attira des regards curieux de la part d'un groupe de cinquièmes années non loin du sofa sur lequel ils étaient installés.
« Allez, Harry ! Résultats garantis. » assura-t-elle.
« Non. » coupa-t-il avec embarras.
« Tu comprends, maintenant ? » demanda-elle, esquissant un sourire mutin.
« Je comprends quoi ? »
« Pourquoi je n'aime pas qu'on se mêle de ma relation avec Draco Malfoy. Ce n'est pas cool, quand on te fait la même chose, n'est-ce pas ? » dit-elle en le narguant.
Il secoua la tête, ayant visiblement retenu la leçon.
« C'est bien ce que je pensais. Tu veux aller faire des tours de terrain au stade avant le couvre-feu ? » proposa-t-elle en soupirant, désœuvrée. « Je n'en peux plus de rester enfermée. »
/
« Pourquoi c'est toujours moi qu'on choisit pour faire ce genre de choses ? » interrogea Pansy en soufflant de manière dramatique.
« Parce que tu es une actrice dans l'âme, Pansy. » répondit Daphné sur le ton de l'évidence.
Pansy sembla apprécier le compliment car elle cessa de se plaindre et croisa les jambes. Elle farfouilla dans son sac, à la recherche de sa trousse de maquillage et en extirpa un petit miroir noir. Elle s'observa sous toutes les coutures d'un air critique, arrangeant ses cheveux.
« Tu me trouves comment en blonde ?» interrogea-t-elle, tandis qu'elle replaçait une mèche de cheveux rebelle derrière son oreille.
Son carré plongeant noir avait disparu, remplacé par une longue chevelure blonde.
« Ultra-baisable. » répondit Daphné en l'observant de haut en bas, l'air appréciateur.
Pansy lui tira la langue.
« Tu sais, je dois te faire une confession. » commença Pansy, prenant un air gêné qui ne lui ressemblait guère.
« Je plaisantais, Pansy. Je ne suis pas lesbienne. » rétorqua Daphné.
« Moi non plus. Enfin… Il m'est peut-être arrivée de rêver de me faire léchouiller par une autre fille. Mais ça ne veut rien dire sur ma sexualité, hein ? » insista Pansy.
Daphné secoua la tête en observant son amie. Pansy Parkinson était vraiment un spécimen venu d'une autre planète.
« Ce que j'allais vraiment dire c'est que... C'est la première fois que je viens voir un psy. » déclara Pansy avec une excitation nouvelle.
Étonnant, ne put s'empêcher de penser Daphné.
Daphné elle-même avait consulté un psychomage en compagnie de son père et de sa-demi-sœur afin de ''recoller leur relation endommagée et redevenir une famille unie.'' L'affaire s'était révélée être un vaste fiasco et Georgius Greengrass avait rapidement compris que mettre ses deux filles dans la même pièce pour parler de leurs problèmes était un danger pour l'humanité.
« Bon, je crois que son dernier rendez-vous est bientôt terminé. » lança Daphné, tendant le cou pour observer la porte du bureau au bout du couloir. « Tout est clair de ton côté, pour le plan ? »
« Évidemment. » répondit Pansy avec hauteur. « J'ai un don pour ça, tu te souviens ? »
Quelques instants plus tard, on entendit une porte s'ouvrir, suivie par des paroles que Daphné ne parvint pas à distinguer. Des pas se rapprochèrent de la salle d'attente dans laquelle elles patientaient. Une femme portant un tailleur tendance gris anthracite se présenta devant elles, leur souriant amicalement.
« Miss Greygoose ? Je suis à vous. » dit-elle d'une voix avenante.
Elle les conduisit à un bureau à l'apparence sobre et épurée, décoré avec goût. Daphné prit place sur le sofa en velours. Pansy s'installa à ses côtés mais laissa un mètre de distance entre elles.
« Joli veste. Nosf et Ratus ? » interrogea Pansy.
La femme hocha la tête, un peu surprise, mais visiblement impressionnée.
« J'adore ces deux créateurs. Leur dernière collection automne-hiver est vraiment d'un autre monde. » s'émerveilla Pansy avec excitation. « D'ailleurs j'ai… »
Daphné s'éclaircit la gorge sans aucun tact, envoyant un regard appuyé à Pansy qui sembla saisir le message et s'interrompit. La femme les observa tour à tour, psychanalysant probablement ce premier contact.
C'était en cherchant dans les affaires de Millicent que Daphné avait trouvé les coordonnées de Caitlyn McCarthy, sa psychomage. Daphné avait proposé à son père de collecter soigneusement les affaires de son amie afin qu'elles lui soient transmises. Il avait accepté sa proposition avec reconnaissance, ému par l'attention.
En triant les affaires de son amie, Daphné en avait profité pour farfouiller dans ses papiers et ses malles, à la recherche d'un quelconque élément qui pourrait l'aider dans son enquête. Elle avait trouvé la carte d'un cabinet de psychomagie, puis, en observant l'agenda de Millicent, elle avait aperçu deux rendez-vous par mois. Les lignes avaient été griffonnées avec les initiales de la psychomage et Daphné avait rapidement fait le rapprochement.
Elle savait que Millicent voyait régulièrement un psychomage depuis le divorce de ses parents. Elle leur avait annoncé deux années auparavant, se moquant ouvertement de cette nouvelle ''corvée'' imposée par sa mère. ''Barbant'' avait commenté Millicent, irritée à l'idée de gâcher deux heures pendant ses week-ends pour parler à une inconnue.
Après quelques mois, Millicent avait complètement cessé d'en parler. Maintenant que Daphné y réfléchissait, le comportement de Millicent avait changé rapidement après avoir commencé ces consultations. Elle était devenue renfermée, déprimée, irascible même. Ses passe-temps habituels n'avaient pas semblé lui procurer autant de plaisir et ses fréquentations étaient devenues douteuses.
Daphné n'avait pas fait le rapprochement, à l'époque. Peut-être s'était-il passé quelque chose dans la vie de son amie, à cette période ? Poussée par la curiosité et frustrée de ne pas avoir de nouvelles de Sleezer au sujet de sa demande, elle avait alors décidé de contacter la psychomage. Évidemment, elle savait que cette dernière ne pouvait pas lui partager d'informations confidentielles sur une ancienne patiente, à cause du secret médical.
Daphné avait donc élaboré un plan pour s'assurer d'obtenir les informations d'une manière ou d'une autre. Cela expliquait sa présence actuelle dans le cabinet de Caitlyn McCarthy en compagnie de Pansy.
« Dites-m'en plus sur les raisons de votre présence ici, aujourd'hui. » demanda gentiment la psychomage.
Elle venait de saisir une pochette bleue vierge d'une commode, rangée à l'extrémité de la pièce.
« Parce que ma demi-sœur, Alfreda, me pourrit l'existence. » répondit Daphné, jetant un regard noir vers Pansy.
« A vrai dire, Doc, ce que Delphina a omis de vous dire, c'est qu'elle est jalouse de moi. » rétorqua Pansy. « Ce qui est normal étant donné que je suis clairement la plus belle des deux. Elle n'arrive pas à le digérer. »
« Je ne vois vraiment pas ce que je pourrais jalouser chez toi. Enfin peut-être ta teinture ratée et ton sens de la mode dépassé. » répliqua Daphné.
« Je vois. » répondit Caitlyn, avant de prendre des notes sur son parchemin. « Je crois que je saisis déjà l'ampleur du problème. »
Elle releva les yeux vers les deux jeunes filles.
« Pourquoi ne pas vous exprimer sur vos frustrations respectives, à tour de rôle ? L'une pourrait commencer et l'autre devra attendre qu'elle termine avant d'intervenir, entendu ? Vous voulez commencer, Delphina ? »
« Pourquoi c'est à elle de commencer ? » s'exclama Pansy d'un ton outré. « Ce n'est pas juste. »
« Parce que je serai toujours devant toi, pauvre troll hideux. » assena Daphné.
Pansy posa une main sur sa poitrine, feignant l'outrage.
« Vous avez entendu ça, Doc ? Vous allez la laisser m'insulter et me forcer à me taire ? » dit-elle.
« Aucune insulte et manque de respect ne sont tolérés dans cette pièce. » rappela la psychomage. « Rappelez-vous du pacte que vous avez signé dans la salle d'attente. »
« Elle peut parler en premier, si elle veut. Après tout, il faut toujours garder le meilleur pour la fin. » lança vicieusement Daphné.
« Ne t'inquiète pas, je vais tout déballer, Delphi-moche. » assura Pansy en se tournant vers Caitlyn. « Delphina est verte de jalousie car son ex Drake était fou de moi. Il m'a même embrassée pendant une soirée alors qu'il sortait avec elle. Savoir qu'il a préféré mettre leur relation en l'air pour moi la ronge de l'intérieur. Je parie qu'elle n'en dort plus la nuit. »
Daphné écarquilla les yeux, médusée par ses paroles. Lorsqu'elles avaient préparé leur fausse dispute, ces paroles n'avaient pas fait partie du plan. Elle s'empêcha de lever les yeux au ciel. Pansy était vraiment ingérable. Il fallait toujours qu'elle aille trop loin.
« Est-ce le problème, Delphina ? Vous en voulez à votre demi-sœur à cause de cette histoire avec votre ex-petit ami ? » demanda la psychomage.
Daphné baissé la tête, puis soupira, comme si on l'avait démasquée.
« Absolument. Je suis écœurée qu'il m'ait quitté pour… elle. Surtout parce que je sais la vérité. » ajouta-t-elle
« Que voulez-vous dire ? » demanda Caitlyn avec insistance.
« Il est tellement humiliant d'être plaquée par un garçon pour un autre garçon. » répondit Daphné d'un ton dramatique.
Elle s'avança et désigna la boîte de mouchoirs posée sur la table basse près du sofa.
« Je peux ? » demanda-t-elle, prenant une voix éplorée.
« Allez-y. » encouragea la psychomage.
« Merci. » répondit Daphné, avant de s'emparer d'un mouchoir et de le poser au coin de ses yeux, faisant mine d'éponger des larmes invisibles au coin de ses yeux.
Du coin de l'œil, elle vit Pansy lui adressa un regard curieux, se demandant probablement ce qu'elle allait prétendre.
« Personne ne sait que ma demi-sœur est une fille transgenre. J'ai eu du mal à l'accepter moi-même, je dois vous l'avouer. Mais n'allez pas penser que je suis pleine de préjugés, ce n'est absolument pas le cas. Je suis ouverte d'esprit, je vous l'assure. Quand ce genre de choses arrivent dans la famille des autres. Pas la mienne. »
Pour une fois dans sa vie, Pansy sembla avoir le clapet fermé. Elle ouvrit la bouche, médusée par les paroles de Daphné.
« Oh. Je vois. » déclara Caitlyn en griffonnant quelques mots sur son parchemin.
« Mais non… Je… Elle… » bafouilla Pansy en observant successivement Daphné et la psychomage.
« Donc, si je comprends bien, la transition de votre sœur a été difficile à vivre pour vous ? » interrogea Caitlyn.
« Je ne suis pas un garçon. » s'exclama Pansy d'une voix outrée.
« C'est bon, Alfreda, tu peux dire la vérité, maintenant. Nous sommes dans un environnement sain et amical. » assura Daphné, faussement compréhensive.
Pansy parut sur le point de s'étouffer. Le coin de sa bouche tiquait nerveusement. Il fallut à Daphné toute sa maîtrise d'elle-même pour ne pas partir dans un fou rire incontrôlable à la vue de l'expression indignée de son amie.
« Elle a encore du mal à en parler devant les autres - et je ne veux pas admettre son secret en public. Ce n'est pas à moi de le faire. Mais j'ai vraiment besoin d'en parler pendant ces séances. Je veux qu'Alfreda comprenne ce que je ressens. » continua Daphné.
Elle fit mine de renifler avant d'en rajouter une couche.
« Si vous ne me croyez pas, regardez bien son visage. La forme de son nez, ses sourcils épais, ses pommettes larges. Ce sont des traits typiquement masculins. Elle arrive à peine à cacher sa pomme d'Adam. » continua Daphné. « Et Merlin, est-ce qu'on peut parler de ses genoux ? »
Les yeux de Pansy lui lançaient des éclairs. Lorsque la psychomage se tourna vers Pansy pour s'adresser à elle, Daphné arbora un sourire moqueur, narguant ouvertement son amie.
Soudainement, cette dernière se releva, semblant saisie d'une crise soudaine. Elle commença à respirer bruyamment, se tenant la nuque de manière exagérée sous le regard médusé de la psychomage.
« Je crois… Je crois que je n'arrive pas à…à… respirer. » se lamenta Pansy, le souffle saccadé, feignant la panique. « Crise…de… panique. »
Elle commença à déambuler dans la pièce, tentant de prendre appui sur les murs, devant le regard désemparé de la psychomage qui ne semblait pas savoir comment agir.
« Je…vais…m'évanouir. » continua Pansy, ses yeux se convulsant dans leurs orbites. « Aidez-moi ! »
« Il lui faut un sac, vite ! » s'exclama Daphné en direction de la psychomage. « Elle en a un dans ses affaires, dans la salle d'attente ! »
« Vite ! Je ne tiens plus. » continua de geindre Pansy, en se dirigeant vers le couloir.
La psychomage, paniquée, se leva d'un bond et se rua à la suite de Pansy, probablement pour dénicher le sac en question. Une fois certaine qu'elle était hors de sa vue, Daphné bondit en direction de la commode. Elle faillit s'étrangler de rire en constatant qu'elle était ouverte. Elle s'était attendue à ce qu'elle soit fermée par un sort quelconque. A quelques mètres, elles pouvaient distinguer les voix étouffées de Pansy et de la psychomage.
A l'intérieur, des centaines de dossiers rangés dans des pochettes bleues s'entassaient, classés alphabétiquement. Elle farfouilla à l'intérieur, à la recherche de la lettre B.
Bulstrode, Millicent, vit-elle sur l'un d'eux. Elle saisit le rouleau de parchemin qu'elle avait fourré dans sa poche et apposa sa baguette sur le papier vieilli, murmurant un sort de copie. Elle commença par les dernières pages, jetant un regard derrière elle. Elle n'entendait plus les voix de Pansy et Caitlyn.
« Vite… » murmura-t-elle avec impatience, observant les mots qui se copiaient progressivement.
Le dossier était bien trop volumineux. Pendant une fraction de secondes, elle eut l'envie de simplement le subtiliser dans sa totalité mais elle savait que c'était trop risqué. Elle ne serait pas étonnée si la psychomage utilisait un sort antivol sur ses dossiers confidentiels, comme le faisait le père de Daphné. Le sortilège effaçait le contenu lorsqu'il quittait la pièce attribuée.
Le sort de copiage était une méthode efficace mais malheureusement trop lente. Le dossier contenait trop de pages, probablement à cause des années de consultations entre Millicent et sa psychomage. Daphné n'avait pas la possibilité d'y passer des heures. Elle ne pouvait pas se permettre d'être prise en flagrant délit. Elle s'arrêta finalement, après avoir copié une douzaine de pages, priant intérieurement qu'elles contiendraient des informations précieuses pour elle.
Elle saisit son rouleau de parchemin puis le fourra sans cérémonie dans sa poche, avant de quitter la pièce à la hâte. Dans la salle d'attente, elle trouva Pansy sur une chaise, un verre d'eau dans les mains, la psychomage agenouillée à ses côtés. Daphné s'éclaircit la gorge.
« Je vais m'occuper d'elle, merci pour votre aide. » dit Daphné, adressant un regard appuyé à Pansy.
« Je me sens mieux tout d'un coup. » assura Pansy, perdant son air souffrant. « Merci, Doc. Vous m'avez sauvé la vie. »
« Vous êtes certaines que… » commença la psychomage, incertaine.
« Oui oui. » s'empressa de répondre Daphné, avant d'attraper Pansy par le bras. « Merci pour votre aide, je crois que cette discussion a vraiment sauvé notre relation. »
Elle jeta une petite bourse de gallions en direction de la psychomage. Cette dernière les observa quitter son cabinet, l'air abasourdi, se demandant probablement si elle assistait à une farce.
« Petite garce perfide. » accusa immédiatement Pansy, une fois qu'elles furent de retour sur l'allée principale de Pré-au-Lard où le cabinet de la psychomage était installé. « Tu es vraiment allée trop loin, Greengrass. »
« Tu as commencé. » rappela Daphné, sans le moindre remord. « Si tu t'en étais tenue au plan, je n'aurais pas eu besoin de sortir l'artillerie lourde. »
« Je n'arrive pas à croire qu'elle t'ait crue. » poursuivit Pansy. « C'est insultant. »
Elle pesta tout le long du chemin du retour au château, dressant une liste exhaustive des méthodes qu'elle utiliserait pour rendre à Daphné la monnaie de son gallion.
« Tu as eu ce que tu cherchais ? » demanda-t-elle finalement, une fois calmée.
Daphné hocha la tête.
« C'était quoi, exactement ? » Insista Pansy en plissant les yeux.
« Un truc pour mon père. » répondit évasivement Daphné, avant de changer de sujet.
Elle n'avait pas donné les vraies raisons de leur visite au cabinet. Pansy ne savait pas que Caitlyn était la psychomage de Millie et elle ne ferait probablement pas le rapprochement.
Daphné n'avait pas parlé à ses amies de ses soupçons concernant la mort de Millicent ni de Sirius Black. Elle n'avait pas encore de preuve concrète.
Pansy était incapable de garder un secret et il était évident qu'elle divulguerait l'information à quelqu'un d'autre, ce qui rendrait l'enquête de Daphné compliquée. Quant à Tracey, elle n'aurait probablement pas les épaules pour encaisser une nouvelle de la sorte. Une fois qu'elle aurait des preuves concrètes, Daphné leur en parlerait.
Elle observa sa montre et grimaça en réalisant qu'elle était supposée voir Blaise. Ils passaient moins de temps ensemble ces derniers temps, à cause de son obsession pour résoudre le mystère autour de la mort de Millie. Elle avait un peu délaissé son petit-ami, depuis. Elle sentit une vague de culpabilité s'insinuer en elle mais la chassa rapidement. La vérité était qu'elle n'avait qu'une hâte : parcourir le dossier de Millie. Lorsqu'elle croisa Blaise dans la salle commune, elle prétexta des crampes pour reporter leur rendez-vous. Il ne sembla pas vouloir insister lorsqu'elle prononça les mots ''règles douloureuses.''
Elle grimpa les marches des escaliers menant au dortoir quatre à quatre puis s'installa sur son lit, tirant les rideaux à baldaquins. Elle plaça les feuilles de parchemin qu'elle avait copié, tentant de les classer par ordre chronologique.
Le compte-rendu le plus récent remontait à dix jours avant la mort de Millicent et le plus ancien à la fin des dernières vacances d'été. Elle avait également espéré obtenir le compte-rendu de séances plus anciennes, pour obtenir une réponse sur le changement de comportement soudain de Millicent, deux ans auparavant. Daphné devrait toutefois se débrouiller avec ce qu'elle avait.
Les notes de la psychomage n'étaient pas toujours structurées ni extensives. Parfois, elle inscrivait ses propres commentaires et analyses. A d'autres reprises, elle copiait verbatim les paroles de Millie. Daphné ne connaissait absolument rien en matière de psychomagie. Certains des éléments relevés par la psychomage ne lui semblaient pas importants mais Caitlyn leur accordait visiblement une signification particulière.
Sur une page du mois de septembre, elle lut les mots suivants :
La patiente fait état d'une réduction de pensées suicidaires. Addiction toujours présente.
Daphné poursuivit sa lecture et d'autres commentaires retinrent son attention. Les notes mentionnaient ''un garçon'' rencontré par Millicent. La psychomage avait reporté mot pour mot les paroles de son amie.
Je préfère garder ça pour moi, pour l'instant. C'est rare que quelque chose de positif m'arrive, je n'ai pas envie de tout gâcher.
Il est différent des autres. Il me comprend. Il sait ce que c'est d'avoir une adolescence difficile et des rapports compliqués avec sa famille.
Il a aussi utilisé les substances pour supporter ses problèmes. Mais il est clean, maintenant. Je me dis qu'il y a peut-être un espoir pour moi aussi.
Les premiers commentaires sur les interactions avec ce garçon mentionnaient d'abord une amitié, découlant de leur passé commun. Ils semblaient s'être liés d'amitié grâce aux difficultés vécues avec leurs familles respectives. L'attirance semblait, à l'origine, unilatérale. Puis au fil des semaines, le ton changea et Millie indiqua à sa psychomage que les choses avaient ''pris une nouvelle tournure, plus sérieuse. ''
Daphné se concentra sur la description que faisait son amie. Elle parlait d'une relation interdite, qui serait mal vue par leur entourage. Millicent refusait d'en parler à ses amies de peur d'être jugée.
Personne n'est au courant. Même pas mes meilleures amies. Surtout pas mes meilleures amies.
Elles ne comprendraient pas. Je ne pense même pas qu'elles seraient heureuses pour moi.
Daphné s'arrêta dans sa lecture, soudainement mal à l'aise. Était-ce pour cette raison que Millicent n'avait pas voulu être sincère avec elle, pendant leur dernière conversation ? Car elle avait peur d'être jugée pour sa relation avec Black ? Une nouvelle fois, Daphné ne put s'empêcher d'éprouver une vague de culpabilité qu'elle chassa rapidement de son esprit. Elle ne devait pas laisser ses sentiments la faire dévier de sa mission.
Pour l'instant, elle ne connaissait rien du passé de Sirius Black ni de la manière dont leur relation avait débuté. Pourtant, en lisant les notes, il était apparent que c'était Millie qui avait fait le premier pas.
S'était-elle retrouvée en cet homme ? Grâce à leur passé commun, rempli de problèmes familiaux, et d'addiction pour pouvoir oublier leurs problèmes ? Pourtant la relation s'était mal terminée. C'était que lui avait révélé Millicent lors de leur dernière conversation.
« Ça n'a plus d'importance, maintenant. Il a décidé de mettre un terme à notre relation. » avait-elle dit avec dépit.
Dans les notes de la psychomage, Daphné ne trouva aucune mention de cette rupture ni aucun élément pouvait l'aider à la justifier. Elle soupira de frustration. A la vue des dates sur les parchemins, les visites de Millicent à sa psychomage s'étaient faites rares dans les semaines précédant sa mort.
Les notes du dernier rendez-vous l'ébranlèrent :
La patiente s'est effondrée en faisant référence à sa dernière conversation avec sa mère dans laquelle elle a révélé la vérité sur les abus sexuels dont elle a été victime. Forte probabilité que son addiction et sa dépression dégénèrent sévèrement.
Daphné fixa les mots inscrits sur le parchemin, les mains tremblantes et le souffle court, profondément choquée par cette découverte. Il lui fallut relire la phrase à trois reprises pour être certaine que ces mots ne sortaient pas de son imagination.
Millicent avait été abusée sexuellement.
Cela expliquait tellement de choses. La manière dont elle s'était soudainement refermée, son addiction, son attitude, son manque de confiance envers les autres. Cette fois, Daphné ne put réprimer la culpabilité profonde qui lui envahit l'estomac. Elle songea aux nombreuses fois où elle avait eu des pensées méchantes au sujet de Millicent, de son ''manque de discipline'' et son ''immaturité.'' Elle avait passé les deux dernières années à la juger constamment et à la rabaisser. Pas une seule fois Millicent ne s'était rebellée ou avait contesté ses paroles. Elle avait encaissé en silence.
Elle comprenait désormais pourquoi l'addiction de Millicent avait atteint cette extrémité. Millicent était une adolescente détruite de l'intérieur. Et le pire dans cette situation était qu'elle avait dû traverser cette épreuve seule, sans aucun soutien réel de la part de ses amies. Daphné posa le parchemin sur son lit, une boule lui obstruant la gorge, ses yeux humides.
Elle ne se souvenait pas de la dernière fois où elle s'était sentie aussi mal. Pour être honnête, elle n'était d'ailleurs pas certaine de s'être sentie aussi mal de toute son existence.
Elle rangea les parchemins lentement avant de les dissimuler soigneusement dans sa malle, qu'elle ferma à l'aide d'un sort. Elle allait venir au bout de ce mystère. Elle le devait à Millicent. Elle devait retrouver la personne responsable de sa disparition tragique.
Le lendemain, elle se réveilla avec une migraine atroce. Elle avait eu des difficultés à fermer l'œil de la nuit. Elle avait passé des heures à ressasser le contenu du dossier de Millicent. Elle avait tenté de se rappeler des mots que son amie avait eu au détour de leurs conversations récentes. Peut-être qu'à l'époque, ils n'avaient pas eu de sens particulier pour Daphné. Désormais qu'elle avait tous ces nouveaux éléments à l'esprit, les paroles de Millicent auraient peut-être une autre signification.
Lorsqu'elle quitta son dortoir, un peu plus tard qu'à l'accoutumée, elle remarqua immédiatement que quelque chose n'allait pas. Tous les regards dans la salle commune de Serpentard étaient rivés sur elle. Ce fut la même chose dans les couloirs qu'elle traversa. Pour une fois dans son existence, Daphné Greengrass ressentit un sentiment qui ne lui était pas familier : l'angoisse.
Quelque chose clochait, c'était évident. Son entrée dans la Grande Salle ne fit que confirmer ses doutes. Elle reçut de toute part des regards mauvais, profondément dégoûtés. Elle croisa le regard d'Éloïse Midgen qui lui adressa un regard si haineux qu'elle en fut interloquée.
« Daphné ! » entendit-elle soudainement.
Elle fut interceptée par Pansy et Tracey avant d'arriver à la table de Serpentard. Ces dernières lui jetaient des regards paniqués, et Daphné se rendit compte que la situation était probablement plus critique qu'elle ne l'imaginait.
Pansy l'attrapa par le bras et la força à faire marche arrière d'un pas empressé, visiblement au bord de la syncope. Alors qu'elles arrivaient vers les portes de la Grande Salle, Daphné aperçut une volée de papiers dans son champ de vision. Elle réalisa qu'on venait de les jeter dans sa direction. Elle s'arrêta, choquée. Jamais de son existence entière quelqu'un lui avait ainsi manqué de respect. Pourtant, ce fut cette fois Tracey qui attrapa son autre bras, l'empêchant de se retourner et de ramasser les papiers au sol.
Avec force, elles contraignirent Daphné à sortir de la Grande Salle. Fulminante, Daphné se laissa traîner dans la première salle de classe vide qu'elles trouvèrent. Elle inspira profondément, tentant de calmer ses nerfs. Il était inutile de s'emballer tant qu'elle ne connaissait pas l'ampleur du problème actuel.
« C'est grave ? » demanda-t-elle d'une voix lente.
Le regard que ses amies échangèrent fut suffisant pour répondre à sa question.
« Quelqu'un a trouvé ça. » annonça Pansy en extirpant de sa poche un papier froissé qu'elle tendit à son amie.
Daphné s'empara du parchemin d'un geste brusque et le défroissa, observant le contenu avec avidité. Ses yeux se froncèrent. Il s'agissait des messages personnels qu'elle avait envoyé à ses amies par le biais de son carnet.
« Ça vient de ton journal. » expliqua Pansy en grimaçant. « Quelqu'un a dû trouver celui que tu as perdu, il y a quelques temps. Ils ont publié tes messages. Certains des nôtres, aussi. »
Daphné écarquilla les yeux, tandis qu'elle parcourait le contenu de ses anciens messages envoyés à l'attention de ses amies. Lorsqu'elles parlaient entre elles, elles ne faisaient preuve d'aucune retenue. Certains des messages étaient choquants, extrêmement insultants et sans aucun filtre. Des méchancetés gratuites et des attaques personnelles sur le physique des autres, leur statut social et financier, leurs familles ou encore leurs réputations. Au fil des années, peu de personnes avaient échappé à leur venin.
« Il y a des centaines de pages comme celles-ci, Daphné. Des choses que tu as dites sur les élèves et les professeurs. Ils ont pris des trucs horribles, hors contexte. Il y en a des milliers comme ça partout dans tout le château. » poursuivit Pansy, agitée.
Parmi la pile, Il y avait quelques messages de ses amies, mais la plupart d'entre eux n'étaient pas incriminants. Ils paraissaient avoir été maintenus pour laisser un contexte sur les messages suivants de Daphné. Il était évident que les coupables avaient publié ses messages dans l'intention de lui nuire à elle. S'en prendre directement à sa réputation et la faire passer à la vue de tous comme une fille détestable, malveillante et cruelle.
Elle sentit la colère lentement monter en elle, tandis que son cerveau tentait de rationaliser ce qui lui arrivait. Non, pensa-t-elle. Elle ne devait pas se laisser gagner par la panique. Elle devait garder la tête froide et trouver sa prochaine stratégie.
Elle serra les poings et ferma les yeux devant les mines affolées de ses amies.
« Ce n'est pas possible… » murmura-t-elle soudainement, ouvrant les yeux de nouveau. « Personne n'a pu avoir accès à mon journal. Il était protégé. »
Pansy hocha la tête, semblant approuver.
« D…Daphné… » chuchota une petite voix.
Daphné se tourna vers Tracey qui l'observait l'air honteux, des larmes dans les yeux, visiblement très nerveuse.
« Je… Je sais ce qu'il s'est passé. » admit Tracey d'une voix timide, se triturant les mains avec anxiété.
Daphné leva un sourcil interrogateur dans sa direction, l'encourageant à continuer.
« C'est… C'est Ginny Weasley qui a volé ton journal. Je… Je ne sais pas comment elle l'a trouvé. Mais le jour où on s'est perdues dans la forêt interdite, elle m'a enfermée dans la cabane hurlante. Et elle…Elle m'a forcée à trouver le mot de passe de ton journal. » avoua Tracey avant de fondre en larmes.
Pansy ouvrit la bouche, visiblement choquée par cette révélation.
« Je… Je suis tellement désolée, Daphné. Je ne voulais pas… Elle m'a forcée… » continua Tracey, des larmes dans ses yeux.
Mais Daphné n'écoutait plus ses paroles. Elle avait l'impression d'être en plein cauchemar. De tous les scénarios qu'elle avait dressé dans son esprit, c'était le dernier qu'elle aurait suspecté.
Sa meilleure amie l'avait trahie.
« Dis quelque chose… Daphné… S'il-te-plaît… » supplia Tracey, des vrais sanglots lui sortant désormais de la gorge.
Daphné n'aurait jamais imaginé se retrouver dans cette position. Trahie par la personne à qui elle faisait le plus confiance au monde. Qu'elle avait pris sous son aile pendant des années, qu'elle avait protégé et défendu bec et ongles. Tout était parti en éclats.
Elle réalisa ensuite que si Tracey avait réussi à deviner son mot de passe, cela signifiait probablement qu'elle avait mentionné à Weasley une information profondément intime sur la vie de Daphné. L'abandon précipité de sa mère, Renata.
Elle leva de nouveau les yeux vers Tracey qui paraissait dévastée. Elle pleurait inlassablement, l'observant avec cet air de biche éplorée qui dégoûta Daphné. Quelle vipère, pensa Daphné avec colère. Elle n'était pas innocente.
Soudainement, une rage sans nom la parcourut à la vue de ses larmes de crocodile. Poussée par une fureur indescriptible, Daphné leva la main et assena une gifle monumentale sur le visage de Tracey.
Le coup retentit dans le silence de la pièce. La violence du coup fut telle que Tracey tomba en arrière, se retrouvant au sol. Elle semblait si choquée face au geste qu'elle avait arrêté de pleurer. Tracey se tenait la joue, regardant Daphné, une expression hébétée sur son visage. Pansy les observait, la bouche ouverte, visiblement aussi ahurie.
« Pourquoi tu pleures ? » gronda Daphné d'une voix froide. « C'est de ta faute si je suis dans cette situation. Qu'est-ce Weasley t'a promis pour que tu acceptes de l'aider, hein ? »
Tracey baissa les yeux, sans répondre.
« Il n'y a rien. Absolument rien qui puisse justifier ta trahison. » déclara Daphné, ses lèvres tremblantes sous la rage.
Tracey se mordit les lèvres, s'efforçant visiblement de ne pas se remettre à pleurer, comme si elle craignait d'accroître la colère de Daphné.
« Je t'ai aidée pendant des années. J'ai supporté tes délires psychotiques. Je t'ai protégée, je t'ai donnée de l'importance. J'ai donné un sens à ta misérable existence. Tu es tellement faible, Tracey. Juste une tâche sans intérêt pour laquelle je me suis prise de pitié. » cracha-t-elle d'une voix venimeuse.
Le visage de Tracey se décomposa et Daphné en éprouva un plaisir extrême. Rien ne la réjouissait davantage que de la faire souffrir. C'était exactement ce qu'elle méritait. Elle devait éprouver la même souffrance que Daphné ressentait actuellement.
« Que ça vienne des deux autres, je m'en serais presque attendue. Mais toi ? » assena Daphné avec un rire sans joie.
Elle sentit des larmes remplir ses yeux et elle les effaça d'un revers de manche. Une multitude de sentiments la prenait aux tripes. La frustration, la haine, l'angoisse, la douleur.
La mort de Millicent. La découverte de son meurtre et son viol. La culpabilité qui en avait découlé. La trahison de Tracey.
C'était trop. Même pour elle. Elle savait qu'allait perdre l'once de contrôle qu'elle avait réussi à maintenir après la découverte de la vérité au sujet de Millicent. Elle avait besoin de craquer, de s'effondrer même. Mais avant ça, elle devait emporter quelqu'un d'autre dans sa chute.
« Je vais en finir une fois pour toute avec cette histoire. » dit-elle soudainement, d'une voix dangereusement calme.
Elle se dirigea vers la porte de la salle de classe d'un pas fulminant.
« Daphné ! Que vas-tu faire ? » demanda Pansy d'un ton affolé, tenant dans ses bras Tracey qui sanglotait inlassablement.
« Détruire Ginny Weasley. » furent les seuls mots que prononça Daphné avant de disparaître.
/
Ginny éclata d'un rire sonore en voyant Draco presque s'encastrer dans l'une des tribunes du stade après l'une de ses feintes. Elle reprit de l'altitude sur son balai, et darda sur lui un regard supérieur.
« Tu joues vraiment salement, Ginevra. » dit-il après avoir effectué un virage à la dernière minute, évitant la collision in-extremis. « Potter a raté quelque chose en ne te laissant pas intégrer l'équipe de Gryffondor. »
Pour toute réponse, le sourire satisfait de Ginny s'élargit.
« Tu aurais toutes tes chances au Parcours de la Mort. » poursuivit Draco, impressionné. « Je suis sérieux. »
Alors qu'elle s'apprêtait à répondre, Ginny aperçut une silhouette sur le stade qui faisait des grands signes dans leur direction.
« Tiens, je crois que c'est Harry. » dit-elle en plissant les yeux. « Je me demande bien ce qu'il veut. »
« J'imagine que c'est important. Il a l'air d'un fou, vu d'ici. » commenta Draco.
Ginny ricana.
« Je descends. » prévint-elle avant de se pencher sur son balai et de prendre de la vitesse pour rejoindre l'autre extrémité du stade.
Grâce à son balai dernier cri, Draco était déjà à ses trousses et quelques secondes plus tard, ils atterrissaient sur la pelouse parfaitement entretenue du stade.
« Tu as oublié de prendre tes médicaments, Potter ?» demanda Draco d'une voix doucereuse à l'attention d'Harry.
Ce dernier paraissait paniqué. Il tenait dans ses mains des feuilles de parchemin qu'il tendit à Ginny, ignorant les provocations de Draco.
Ginny lui jeta un regard curieux mais saisit tout de même les parchemins. Quelques-uns d'entre eux tombèrent au sol.
Ses yeux parcoururent les mots inscrits sur le papier vieilli et elle fronça les sourcils. Soudainement, son cœur rata un battement en reconnaissant une phrase qu'elle avait déjà lue quelque part.
« Qu'est-ce qu'est ? » demanda Draco qui avait ramassé l'un des papiers tombés au sol.
« Le journal de Greengrass ? » demanda Ginny d'une voix blanche, se tournant vers Harry.
Ce dernier hocha gravement la tête. Harry avait été présent le jour où elle avait subtilisé le journal et qu'elle avait forcé Tracey à lui donner accès à celui-ci.
« Dis-moi ce qu'il se passe. » ordonna Ginny.
« Les pages ont été publiées partout dans l'école. Je suis venu aussi vite que j'ai pu. C'est toi, Ginny ? » demanda Harry d'une voix prudente.
Ginny secoua frénétiquement la tête.
« Quelqu'un peut me dire ce qu'il se passe, ici ? » s'exclama Draco, visiblement perdu.
« J'ai volé le journal personnel de Greengrass. » répondit-elle d'un ton factuel. « Tous ces passages proviennent de son carnet. Mais ce n'est pas moi qui les aie publiés. »
« Où est-il, maintenant ? Le journal ? » demanda Harry.
« Dans mes affaires. Je ne sais pas comment… » commença Ginny avant de s'interrompre, ouvrant des yeux paniqués. « Il faut que j'y aille. »
En moins de cinq minutes, elle se retrouva dans son dortoir, après avoir couru dans les couloirs comme une forcenée. Elle n'attendit pas de reprendre son souffle et se jeta en direction de sa malle, l'ouvrant sans cérémonie. Elle fouilla à l'intérieur avec des gestes fébriles, à la recherche du journal qu'elle y avait dissimulé.
Il avait disparu.
Ginny, assise au sol, sentit la panique s'insinuer en elle. Un souvenir lui revint en mémoire. Une dizaine de jours auparavant, elle avait retrouvé sa malle sens dessus-dessous, comme si quelqu'un avait fouillé dans ses affaires.
Elle n'avait pas fait attention à ce moment-là, et s'était persuadée qu'elle avait elle-même mis le désordre dans ses affaires. Après tout, elle n'était pas une personne particulièrement organisée. Aussi, avec tous les évènements récents, il était probable qu'elle ne se souvienne pas d'avoir mis le bazar dans sa propre malle.
Elle aurait dû écouter son instinct, ce jour-là. Quelqu'un avait fouillé dans ses affaires et avait subtilisé le journal.
Elle se releva, jurant bruyamment. Son conflit avec les Quatre avait été mis en suspens, récemment. Qui savait ce que ce nouvel affront allait provoquer ? Elle espéra secrètement que Tracey Davis n'avait pas révélé la vérité au sujet du journal. Après tout, si Tracey dénonçait Ginny, cela signifiait qu'elle devrait se mettre elle-même en porte-à-faux vis à vis de sa meilleure amie.
Ginny pouvait déjà imaginer une Daphné Greengrass fulminante devant le scandale tandis que sa méchanceté était révélée au grand jour.
Cela n'aurait pas dû se passer ainsi. Elle avait pris ce journal pour avoir une arme de dissuasion contre Greengrass. Elle n'avait pas réellement eu l'intention de le partager ainsi, à la vue de tous. Il y avait probablement des informations intimes et personnelles, dedans.
Elle redescendit dans la salle commune et y croisa Harry. Elle secoua la tête, lui indiquant qu'elle ne l'avait pas vu. Il jura.
« Tu penses que Davis lui a dit ? » demanda Harry, l'air inconfortable.
Elle pouvait comprendre sa nervosité. Il avait été présent avec elle ce soir-là, lorsqu'elle avait torturé mentalement Tracey afin d'obtenir le mot de passe du journal.
« Je ne sais pas. J'imagine qu'on le saura bien vite. » répondit Ginny, l'air sombre.
Elle comptait faire profil bas et attendre de voir ce qui découlerait de la situation. S'enliser de nouveau dans un conflit avec Daphné Greengrass était la dernière chose qu'elle désirait faire. Les dernières semaines avaient été difficiles pour elle et sa santé mentale avait été impactée. Elle n'avait pas l'énergie de s'engager dans une nouvelle guerre.
Les jours suivants, elle constata l'ampleur de la bombe lâchée par le journal. Daphné Greengrass était passée de l'élève la plus populaire de l'école à une paria de la pire espèce, haïe par tous. Son vrai visage était désormais à découvert et ce qui se cachait derrière ce masque de séduction était tout sauf attirant.
Ginny ne la vit pas pendant trois jours. Elle ne se présenta pas aux cours qu'elles avaient en commun. Même si Ginny n'avait pas souhaité que les choses se passent ainsi, elle n'éprouvait aucune pitié envers Daphné Greengrass. Les gens la voyaient désormais pour ce qu'elle était réellement. Une fille vicieuse, manipulatrice, hypocrite et dangereuse. Elle avait critiqué, harcelé et rabaissé des dizaines d'étudiants pendant sa scolarité. Elle méritait totalement ce qui lui arrivait désormais.
Quant au reste de de ses amies, elles firent étrangement profil bas. Pansy Parkinson passait désormais tout son temps libre avec Ron. Lorsque Ginny avait tenté de l'approcher pour en savoir plus sur Greengrass, Pansy avait indiqué qu'elle ne savait rien et s'était empressée de s'éloigner de Ginny comme si elle était porteuse d'une dragoncelle particulièrement contagieuse. Ginny avait même cru que le monde s'était écroulé lorsqu'elle avait vu Tracey Davis en compagnie de Luna Lovegood dans le parc, en grande discussion.
Tout avait changé depuis la mort de Millicent Bulstrode. Cet évènement avait chamboulé la vie des Quatre et il était évident que les conséquences s'en faisaient ressentir.
« Le point positif, là-dedans, c'est qu'elle est descendue de son piédestal. » commenta Harry en haussant les épaules, tandis qu'ils passaient devant le tableau de l'élection de Miss Fondatrice.
Miss Fondatrice
''Tableau d'Honneur''
1. Mandy Brocklehurst – 480 points
2. Daphné Greengrass – 465 points
3. Hermione Granger – 440 points
4. Tracey Davis – 415 points
5. Ginevra Weasley – 410 points
6. Luna Lovegood – 405 points
7. Pansy Parkinson – 290 points
8. Lavande Brown – 215 points
Sally-Ann Perks – Éliminée/Forfait – 0 points
Éloïse Migden – Éliminée/Forfait – 0 points
Padma Patil – Éliminée/Forfait - 0 points
Susan Bones - Éliminée/Forfait - 0 points
Daphné avait de nouveau perdu la première place de la compétition. Il était probable que les professeurs aient eu vent de ses propos déplacés et en prennent compte dans leur distribution de points pour l'élection. Ginny remarqua que le nom de Millicent Bulstrode n'apparaissait plus sur le tableau.
« Je n'aurais jamais cru voir ce jour arriver. Daphné Greengrass au plus bas de l'échelle sociale de Poudlard. » poursuivit Harry en ricanant. « Il y a vraiment de l'espoir pour nous tous. »
« Finalement, on dirait qu'il y a une justice dans ce monde. » renchérit Hermione en haussant les épaules.
Elle avait encore la marque des coups portés à son visage mais celle-ci s'était atténuée de manière significative. Elle avait donné aux Aurors les éléments sur son attaque et l'enquête était toujours en cours. L'affaire était cependant passée au second plan parmi les discussions des élèves après le scandale des messages fuités de Daphné Greengrass.
« Je me demande où elle est passée. Vous pensez qu'elle osera un jour remontrer son visage ? » interrogea Harry.
« J'ai entendu Seamus Finnigan dire qu'elle avait quitté l'école pendant la nuit en toute discrétion. » commenta Hermione.
« Pas sûr que Seamus soit une source très fiable. » rétorqua Harry avec un rire.
« Aucune idée. Et Parkinson refuse de dire quoi que ce soit. » déclara Ginny d'un ton las.
Encore une fois, elle avait essayé de lui tirer les vers du nez lorsqu'elle l'avait croisée devant la salle commune, attendant son frère. Pansy lui avait répondu d'un ton sec de s'occuper de ses affaires.
« Je parie que tu es heureuse, hein ? Après tout, tu as enfin eu ce que tu voulais. » avait-elle accusé.
Ginny s'était préparée à vertement rappeler à Parkinson qu'elle l'avait aidée dans sa lutte contre les Quatre. Elle n'aurait jamais eu l'idée de subtiliser ce journal sans elle. Toutefois, Ron avait passé le trou du portrait à cet instant précis et cela avait mis fin à la conversation des deux jeunes filles.
« Le suspense devient insoutenable. » acheva-t-elle d'un ton dramatique, sous le rire d'Harry.
« Ginny ? » demanda une voix familière derrière elle.
Elle se retourna et vit Draco qui s'était approché de leur groupe, arborant un air grave qu'elle ne lui connaissait pas.
« Tout va bien ? » dit-elle en lui adressant un sourire éclatant.
Elle ne l'avait pas vu de la journée.
« Tu ne sais pas. » déclara-t-il d'un ton factuel.
Il n'avait pas posé une question - il faisait simplement une constatation.
« Je ne sais pas quoi ? » demanda-t-elle, étonnée. « Que se passe-t-il Draco, tu commences à me faire peur. »
Harry et Hermione s'étaient arrêtés de parler et observaient Draco avec confusion également. Draco posasa main sur le bras de Ginny, lui désignant d'un geste de la tête les grandes portes menant à l'extérieur.
« On peut parler en privé ? » insista-t-il, visiblement mal à l'aise.
Ginny acquiesça puis elle s'engagea à sa suite, confuse par son attitude.
« Pourquoi tu tires cette tête d'enterrement Draco ? » interrogea-t-elle.
« Ginevra… » commença-t-il d'une voix hésitante, comme s'il ne savait pas par où commencer.
Il soupira soudainement, puis se jeta à l'eau.
« Quelqu'un a commencé à faire passer ça dans la salle commune de Serpentard. » l'informa—t-il. « Je ne sais pas si les autres maisons sont déjà au courant. »
Elle prit le fascicule dans ses mains, fronçant les sourcils. Le dossier portait le sceau du Département de l'Éducation Magique Britannique.
Numéro : 68843798
Nom : Weasley, Ginevra
Date de Naissance : 11 Août 1980
« Qu'est-ce que c'est ? » demanda-t-elle, confuse.
« Ton dossier scolaire. Les informations sur ton exclusion et sur… sur le reste. » déclara Draco.
Autour d'elle, Ginny sentit son monde s'écrouler. Elle observa le contenu du dossier, le souffle court, le visage pâle, rongée par une angoisse soudaine qui glaça chaque cellule de son corps.
« Pas besoin d'être Auror pour savoir que Daphné Greengrass est derrière tout ça. » continua Draco d'un ton contrarié.
Mais Ginny ne l'écoutait plus. Son estomac était noué. Elle se sentait chancelante. Il ne servait plus à rien de vouloir le dissimuler aux autres. Tout le monde serait au courant des démons de son passé de manière imminente. Elle sentit ses jambes trembler, ne la tenant plus. Elle se laissa tomber au sol, ses genoux s'écrasant sur la pelouse.
C'était officiel. Daphné Greengrass lui avait porté le coup de grâce. Elle avait gagné.
Fin du Chapitre
Vous me détestez, ou pas encore ? Communiquez-moi votre frustration, je me nourris de ça !
A très vite pour la suite :p
Fearless
