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Pourquoi je te laisse me traiter ainsi ? Pourquoi je t'ai laissé me traiter ainsi ? Car tu avais raison. J'étais coupable. J'étais celui qui avait vendu son corps et n'avait pas respecté notre amitié, celui qui continuait de m'en prendre à toi. Celui qui avait grimpé sur ton lit en pleine lit et profiter d'une queue bandée sans doute par le rêve de Nymphadora pour tenter une approche… Dans mes souvenirs, tu m'as embrassé. Tu m'as dit l'avoir fait, plus tard, mais n'ai-je pas été celui qui est grimpé dans ce lit ? Peut-être que tu avais raison. J'étais peut-être un détraqué sexuel. Alors je ne pouvais pas t'en vouloir…
Remus, Moony, Moo… Moony…
Sirius claqua la porte des toilettes. Il écouta le silence. Plus tard, il écouta les voix de l'autre côté de la cabine où il était caché. Les sanglots s'étaient enfin calmés. Il souleva son tee-shirt taché de sang pour regarder le tatouage en écriture cursive qui avait été gravé sur son épaule. Il avait tout essayé pour le faire disparaître, mais plus il y touchait, plus il semblait visible et se colorer. « Pute'lard de Lupin » Merde, merde, merde. Comment il allait faire pour cacher ça à James ? Remus était stupide ! Stupide ! Jamais James ne pardonnerait. Et le loup se retrouverait seul… Seul parce que son humain se vengeait bêtement. Parce que son humain était fou de colère. Parce que lui, Sirius Black, avait trompé sa confiance. Remus, ne gâche pas ta vie à cause de moi.
Deux semaines plus tard, allongé sur le sol froid des cuisines, le bruit des elfes de maisons ne l'inquiétait pas. Il tenta de se relever, mais il ne pouvait pas. Alors il demeura là, à attendre que ça passe. Sans doute trop longtemps car un elfe de maison finit par prévenir les maraudeurs et Lily. Sirius fut mortifié de les entendre arriver.
« Sirius, dit James le cœur brisé, Je suis certain que tu sais qui est à l'initiative de tout ça, tu dois me le dire.
– Ce n'est rien, James. Tu perds trop de poids, tu te fais trop de mal pour moi. Regarde-toi…
– Il a raison, grogna Lily, Sirius ! Tu dois nous le dire !
– Ils ont raison, rajouta Peter, dis-lui Remus.
– Je…
– Ce n'est pas la peine, je vous dis. Vous êtes tellement mignons. »
Peter soupira et hasarda : « Peut-être que si tu… réduisais ta vie sexuelle… et… tu t'habillais autrement… Enfin… Si tu changeais un peu Sirius…
– Peter ! s'écria Lily, Tu t'entends ?
– Il n'a peut-être pas tort, souffla Remus, Si j'ai bien compris, tu as terminé ton affaire avec des septièmes années et quand tu as quitté la salle de classe, quelqu'un t'a pétrifié et t'as fait boire une potion faisant perdre chaque poil de ton corps y compris les cheveux pour te jeter dans les cuisines nu et habillé d'un drap sale. »
Je sais que ce n'est pas toi… Remus, je le savais que ce n'était pas toi mais la douleur et la culpabilité que je lisais dans tes yeux, puis une soudaine satisfaction me firent sourire. Dans le fond, plus je tombais, plus tu semblais aller mieux.
« Qu'est-ce… » James glissa ses doigts sur l'épaule nue de Sirius « Pute'Lard de Lapin »
« Sirius…
– Je vais quitter l'équipe de Quidditch, aller en classe, être le plus respectueux possible et tâcher de me faire oublier. Je vais me faire oublier.
– Tu n'as pas à faire ça !
– C'est la meilleure option ! remarque Remus
– Non, Remus ! Ce n'est pas… »
Pourquoi avoir fait le choix de James Potter en tant que préfet-en-chef ?"Remus, tu es le meilleur d'entre-nous…" Car James Potter était le connard qui s'en prenait à Severus Snape parce qu'il était adepte de la magie noire et aimait la même fille que lui ; Car James Potter était aussi, par bien des égards, le meilleur d'entre eux.
« Non, Remus ! Ce n'est pas à Sirius de disparaître ! Je suis désolé, vraiment mais… Remus, Peter, sortez.
– Quoi ?
– Sortez ! Maintenant. Je dois parler à Sirius.
– Et Lily ?
– … » James regarda, désolé, Remus.
Quelques heures plus tard, James vint s'asseoir à coté de Remus.
« Tu penses que Lily est une meilleure amie que moi ? questionna Remus.
– Cela n'a rien à voir. Remus, Sirius t'ai…pprécie tellement et Peter l'aime tellement que ce n'est pas toujours facile d'aborder certains sujets avec vous. Cela ne remet pas en question votre amitié.
– James… J'ai fait quelq…
– Remus, je… coupa James, j'ai fait une erreur. Ce soir-là… j'ai fait une erreur et je ne pourrais jamais revenir en arrière. Je ne pourrais retirer le sort d'insonorisation que j'ai jeté… Tu avais raison… Tu avais raison depuis le début.
– Je…, déglutit Remus.
– Remus, je dois te dire que… Je dois… dire… ce que je fais… avec Sirius… Ce qu'il s'est passé… ce que… ce que… ce que…
– James ? … … Jay ! Jay, arrête ! Arrête-toi ! »
Le sang glissait sur tes poings et je n'arrivais pas à te faire dire ce que tu voulais me dire. Je n'arrivais à rien savoir. Je savais que je vous avais laissé seuls, tous les deux, là-bas. Qu'aviez-vous… Qu'avais-tu fait pour que tu te sentes aussi coupable ? Je savais que vous aviez couché ensemble. C'était ma seule certitude.
Soir du Mariage. Bousculant James en quittant les toilettes, Remus ouvrit de grands yeux. « …qu'est-ce… » James tourna la tête en direction de la porte ouverte, écoutant les cris et gémissements.
« Sirius… reconnut-il immédiatement.
– Si tu veux voir un prof enculer notre pote, c'est le moment ! dit hargneusement Remus, je suis impatient de voir la tête de ceux qui vont rentrer là.
– … Quoi ! s'écria James entrant dans les toilettes.
– … s'il te plaît… j'en ai envie… sors… merlin, pourquoi vous venez tous ? James…. Restes-pas là ! … Plus fort ! »
James referma brutalement la porte, s'y adossant, criant brutalement après Frank et Bilius qui se dirigeaient vers eux : « Je vous déconseille d'entrer là, on prépare une potion bien parttttttiiculliiiiiiière pour les mariés…
– Pourquoi tu fais ça ? s'énerva Remus, laisse-le assumer ses actes.
– Non. »
Remus blanchit davantage : « Tu vas rester là, à l'entendre gémir des encore et l'accepter ?
– Personne n'entrera ici ! » dit James insonorisant la porte.
« Tu ne peux pas t'empêcher de le protéger ! Il n'apprendra jamais ! Il a déjà fait tellement, ses bagarres avec les Serpentard, les provocations à Snape et Malfoy, l'accident de nuit en balai et maintenant ça ? Et tu vas le laisser gâcher ta soirée ?
– Remus, il ferait pareil pour moi.
– Tu es stupide, James Potter ! »
Qu'est-ce que tu as fait, James, ensuite ? Qu'est-ce que tu as fait avec Sirius Black pour que ce jour-là fasse que tu ne pouvais plus le gronder, le disputer, lui en vouloir, le virer de nos vies même quand être traité comme un elfe de maison battu et humilié ne lui suffisait pas et qu'on le retrouvait la semaine suivante en train de gérer le Préfet-en-Chef de l'époque ? Tu ne me l'as jamais raconté et je ne l'apprendrai donc… jamais ? J'imagine que Peter et moi l'avons imaginé mille fois au cours de nos conversations.
James fixa la porte s'ouvrir. Il jeta un regard noir au professeur d'étude des moldus.
« …sale porc…
– Monsieur Potter, je vous excuse car c'est votre ami. Je vous prie de ne pas inverser les rôles. C'est lui qui vend ses seuls talents !
– Vendre ?
– La pute Black. Je suis impatient de voir le magazine sortir…
– Le magazine ? Qu'est-ce…
– Vous pensez que je suis le seul de la soirée ? Et j'ai largement payé davantage que ce qu'il demandait, alors n'allez pas trop l'ouvrir à Dumbledore ou je risquerais de faire de la vie de votre ami pire que ce qu'il connaîtra quand Orion Black le reniera !
– Barrez-vous. Vous me dégoutez. »
Claquant la porte des WC et la verrouillant, James regarda le corps meurtri au sol. Sérieusement, Sirius aimait ça ? Ne juge pas. James, ne le juge pas. Tu ne dois pas le faire. Pas toi, c'est ton meilleur ami ! Il fixa les gallions à côté du garçon. Est-ce qu'il avait mal compris ? Merde. Il croyait que Sirius voulait-était avec un amant. Pas qu'il se vendait. Pourquoi ? Car ils s'étaient disputés avec ses parents ? Où vivait-il, d'ailleurs ?
« Sirius…
– Hm ?
– Pourquoi ? »
Sirius sourit, se retournant, son corps halé s'exposant nu sans honte devant son ami. Glissant ses doigts entre ses cuisses, il les écarta rougissant, soupirant d'impatience. De son entrée largement ouverte, un liquide épais, huileux et blanc s'écoulait. Une étrange aura émanait de lui, malgré toute la répulsion qu'aurait été cette imagine d'ordinaire, James sentait son sang lui tourner et lui dire de faire de cette épave, la sienne.
« James, viens la mettre ici… c'est gratuit… et prêt… »
James se pencha vers son ami pour l'enlacer, malgré la répulsion de ce sperme s'accrochant à ses vêtements et l'envie d'obéir. Ce n'était pas ça qu'il voyait. Ce qu'il voyait, la seule chose sur quoi son regard s'accrochait était les tremblements des doigts et les yeux embués. Il ne toucherait pas à un cheveux de Sirius et ne il fuirait pas le combat. Il n'abandonnerait pas son ami ici et ne le briserait pas davantage.
« Ce n'est rien, Sirius… ne vrille pas…je t'aime, je t'aime, ce n'est rien. C'est juste une mauvaise soirée.
– Baise-moi, sanglota brutalement Sirius, Je t'en supplie, je ne veux pas qu'il soit le dernier… brise-moi… avant de te perdre toi aussi… Juste une fois. Je veux sentir une personne que j'aime. Au moins une avant de tout perdre.
– Chut, Sirius. Je te promets, tu es mon meilleur ami. Je me fous de ça.
– Alors fais-le… qu'il ne soit pas le dernier.
– Il ne sera pas le dernier… Ce n'est pas ta dernière nuit, idiot.
– … » La pomme d'Adam remonta et descendit le long de la nuque de Sirius et soudainement James comprit ce que les mots de son ami voulaient dire, ses yeux s'agrandissant sous l'horreur.
« Idiot ! Ose seulement. Ose seulement… un tel acte. C'est le seul que je ne te pardonnerai jamais. Qui me brisera à jamais ! Si tu as besoin d'argent, t'en auras. Si tu as besoin d'un mec, je vais t'en trouver un. Si c'est moi, ok, plus tard. Je… si tu veux qu'on aille dans des bars gays, on ira. Si tu veux… ce que tu veux, Sirius, on peut faire ce que tu veux. Je suis là. Je suis là. Où tu veux, quoique tu fasses… mais je ne te pardonnerais jamais si tu mourrais. Tu dois tenir, toujours, si ce n'est pas pour toi, fais-le pour moi. Je t'en supplie, ne… jamais.
– Jay…
– Non, non, non. Sirius, tu ne vas pas mourir. C'est juste une mauvaise soirée ! »
Soupirant James caressa tendrement la chevelure brune. Il senti le corps s'agiter, il fit ce qu'il avait l'habitude de faire à l'époque où Sirius faisait des cauchemars au début de leur rencontre. Il le garda contre lui parlant de tout et surtout de rien, et alors qu'il sentait son ami remuer davantage, cherchant un contact plus sexuel, il raffermit sa prise. La baguette de James vint se planter entre ses propres cuisses, murmurant un sort plutôt douloureux pour sa virilité mais qui qui l'autorisa à avoir davantage les idées claires et surtout à ne pas réagir aux caresses et ondulations de son ami. Sirius se retourna, les joues gonflées… « J'ai tellement envie de toi…
– Je sais, Sirius. » sourit James, déposant sa baguette sur le front de son ami. Il usa d'un sortilège d'endormissement, continuant de lui parler calmement.
James passa les heures suivantes à nettoyer les lieux, nettoyer Sirius, le soigner, le panser, l'habiller et à s'insulter mentalement. Rien qu'avoir pu avoir l'idée de céder à la tentation le dégoutait. Il se dégoutait juste d'y avoir pensé.
Il soupira, venant doucement soulever le corps de Sirius qui transpirait de fièvre. Il savait à quel point cela devait être douloureux. Le fait est que Sirius n'avait qu'une envie et que cette envie-là, il ne pouvait pas actuellement la contrôler. N'importe qui, dont lui, aurait fait l'affaire. Mais malheureusement, dans ceux croisés ce soir, il y avait le seul qui comptait pour Sirius. « Idiot… il te pardonnera. On lui expliquera, et il te pardonnera. » James soupira. Sirius était nymphomane, ça il le savait. Mais Sirius semblait arriver à le contrôler. Pourquoi avait-il vrillé ce soir ? Est-ce qu'il s'était disputé avec Remus ?
Et soudainement, James fronça les sourcils… et si… ce n'était pas le cas ? Si Remus n'acceptait pas Sirius ? C'était impossible, impossible, ils étaient liés. James engouffra son visage dans la nuque de son meilleur ami, pleurant silencieusement. Sirius se prostituait et affrontait seul ses démons pendant que lui courrait après le Quidditch et les filles… Il ne l'abandonnerait plus. Plus jamais.
