Chapitre IX
12 Juin 2011, 08h22.
Université de Konoha.
Le département des Arts de l'université de Konoha était un grand bâtiment datant du milieu du XIXème siècle. En réalité, il avait à ses débuts était l'hôtel de ville, puis les bureaux des conseillers municipaux et du maire avaient laissé place aux blocs opératoires et aux chambres du grand hôpital militaire de la ville. Et c'est finalement à la fin du XXème siècle que ce bâtiment avait été racheté et transformé en université pour devenir un des pôles d'enseignements artistiques le plus réputé de la côte.
Dû à sa construction première, cet édifice possède de nombreux couloirs plus ou moins étroits dans lesquels les étudiants se bousculent ainsi que des escaliers raides assez dangereux pour ceux qui n'y portaient pas une grande vigilance. Hinata était d'ailleurs en train de les gravir à une vitesse qu'elle espèrait rapide pour ne pas être encore plus en retard au cours de Toneri Otsutsuki. C'était aujourd'hui que la jeune musicienne devait rendre son dossier et son réveil n'avait pas sonné, c'est pourquoi elle avait une vingtaine de minute de retard et ne semblait pas réveiller malgré sa course. Arrivé au troisième étage, Hinata s'arrêta et marcha à allure régulière, reprenant peu à peu son souffle. Elle passa ses mains dans ses cheveux, tira sur son tee-shirt et souffla pour se donner un air naturel et ne pas avoir l'air de quelqu'un qui venait de courir le marathon.
Elle rentra dans la salle, s'excusa rapidement espérant que son professeur ne fasse aucune remarque. La brune se faufila sans lever les yeux sur le professeur Otsutsuki vers une place libre. Malheureusement alors que la jeune femme priait pour que son enseignant la laisse tranquille, ce dernier lui lança une remarque sarcastique.
« Merci de nous gratifier de votre présence Mademoiselle Hyuga, c'est très aimable à vous. Vous n'avez que vingt minutes de retard mais faites comme chez vous, je vous en prie !
- Excusez-moi, professeur, répondit timidement la concernée en sortant ses affaires.
- Eh bien, puisque tout le monde est présent, il est temps que je ramasse le dossier que vous aviez à faire. Aucun retard n'est toléré alors j'espère que vous l'avez tous fait. »
Hinata déglutit, ce dossier l'avait stressé pendant tout le délai de réalisation sans compter la composition qu'elle devait rendre l'heure d'après. Elle était soulagée que ce soit fini et en même temps, elle ne pouvait s'empêcher de continuer à être nerveuse. Si elle ne réussissait pas, elle ne passerait pas au niveau supérieur. La brune souffla et sortit de son sac son dossier relié. C'était le moment décisif.
« Oh et j'oubliais, le cours de composition de tout à l'heure est annulé. Votre professeur m'a demandé de récupérer la composition que vous deviez réaliser, sortez tout en même temps s'il vous plait »
Son stress grandit, et si Otsutsuki se mettait à écouter les compositions ? Il serait capable de juger chacun des morceaux même si ce n'était pas sa spécialité. La musicienne l'avait écrit en pensant à Naruto, à ses sentiments confus pour lui. Elle voulait vraiment que cette composition soit une réussite, elle y avait mis tout son coeur et sa passion entière. La jeune étudiante avait planché pendant des heures devant ses pages rayées et n'avait jamais autant travaillé son piano. Hinata était à bout mais bien contente que tout cela soit terminé.
« Bien, les dés sont jetés, comme on dit. Priez pour votre avenir les enfants. Proclama Otsutsuki rangeant les projets dans son sac. »
Hinata frissonna, cet enseignant faisait vraiment froid dans le dos.
Centre de Konoha, 10h12.
Depuis l'appartement dans lequel Naruto se trouvait, le jeune homme avait une très belle vue du grand parc de la ville et il l'observait par la porte vitrée du grand logement. Ce dernier était chic, très bien décoré, les meubles étaient modernes et semblaient ne pas avoir une seule poussière sur eux. Naruto détestait ces appartements qui empestaient le fric à plein nez, leur propriétaire le plus souvent était hypocrite. Il souffla et se retourna pour faire face au centre de la pièce. Il y avait deux hommes. Le premier était ligoté sur une chaise et était le propriétaire des lieux pendant que le second lui pointait un revolver sur la tempe, il était plutôt musclé et terrifiant. Le captif était paniqué et affolé ; il suait à grosses gouttes, ses lèvres tremblaient, l'individu paraissait vouloir articuler une phrase mais la peur le tétanisait, l'empêchant de parler. Naruto se rapprocha de lui, le prisonnier voulut se reculer mais son mouvement, trop brusque, faillit faire basculer la chaise.
« Bien, revenons à nos affaires, déclara Naruto. Où est le fric ?
- Je... Je... Je ne l'ai pas ! Bredouilla la victime des deux hommes.
- Bien sûr, tu vas me dire qu'un type comme toi, qui vit dans un si bel appartement, n'a pas un peu de liquide sur lui ?
- Bon sang ! Vous me demandez cinquante mille ! Je...Je ne peux pas vous les donner maintenant ! »
Naruto glissa sa main dans son dos et en sorti un couteau de combat. Ce genre d'arme blanche possédait une lame crantée et était souvent utilisé par les forces armées du pays. C'était Tobi qui lui avait refilé lors de sa toute première tâche pour l'Akatsuki. Pour se rappeler de tout ce qu'il avait fait, Naruto ne s'en était jamais séparé et s'était juré de ne plus le sortir de sa cachette. Aujourd'hui, il servait à nouveau et ça le rendait malade. Il approcha la lame du coup de l'homme, son regard avait changé, ses yeux bleus s'étaient comme assombris, Naruto était réellement menaçant.
« Tu es sûr ? Demanda-t-il en appuyant un peu plus fort son couteau sur sa gorge.
- Ou-oui !
- Raté, mauvaise réponse, répondit Naruto sur un ton des plus glacials. »
Subitement et dans une extrême violence, Naruto planta sa lame dans la main droite de sa victime. Cette dernière hurla de douleur jusqu'à ce que la main de l'acolyte de Naruto vienne étouffer son cri en se plaquant contre ses lèvres. Aussi violemment qu'il l'avait enfoncé, Naruto retira sa lame, laissant tomber son bras le long de son corps. Le sang coula le long des crans et se fraya un chemin jusqu'à la pointe de l'arme avant de s'écraser au sol. Uzumaki fixait attentivement l'homme attaché, ses yeux étaient des plus effrayant, le blond avait toujours été doué pour intimider les gens grâce à son regard, cela lui avait souvent servi par le passé. Naruto fouilla dans sa poche pour en sortir un mouchoir en tissu qu'il porta à son couteau.
« Je repose ma question, continua Naruto en essuyant sa lame, où est l'argent ? »
Le prisonnier sanglotait, la terreur se voyait sur son visage. Son silence fit perdre patience à Naruto, qui fit signe à son partenaire de le frapper. Ce dernier lui asséna un brutal coup de poing, il allait recommencer quand l'homme ouvrit la bouche et presque en criant (sa voix montant dans les aiguës) dévoila l'endroit où était cacher l'argent tant convoité.
« C'est bon ! C'est bon ! L'argent est caché dans la cuisine, il est sous le comptoir près du frigo, la planche se retire...
- Tu vois, ce n'était pas si dur que ça ! Le félicita Naruto avant de s'adresser à son accolyte, va vérifier si l'argent y est ! »
Le criminel s'en alla en direction de la cuisine. Naruto n'avait pas quitté des yeux le propriétaire des lieux, plongé dans ses pensées. Tout cela lui rappelait sa vie d'avant, toutes ses choses qu'il avait faites pour l'Akatsuki, tout le sang qu'il avait fait couler, tous ces visages qu'il avait vus exprimant tous la même expression : la peur. Cette vie lui avait permis d'évoluer, d'éprouver un certain plaisir dû au pouvoir et à l'emprise qu'il avait sur ces personnes. Oui, il avait aimé ce passé. Mais maintenant tout était différent, il avait envie de vomir rien qu'en pensant à ce qu'il venait de faire, de pleurer toute sa rage contre cette maudite organisation, toute sa tristesse à l'égard de ses victimes. Il aurait aimé être une souris et pouvoir aller se cacher loin au fond d'un trou pour ne plus avoir à commettre ces crimes. Il voulait oublier, reprendre une vie normale, être aux côtés de ses amis, à ses côtés. Malheureusement, le jeune homme ne pouvait pas encore avoir le droit à cette vie tant rêvée. Il fallait qu'il joue encore un peu le jeu pour que la police puisse mettre en prison tous ces tarés.
« J'ai l'argent, Kurama !
- Il y a le compte ?
- Ouais, cinquante mille tout rond !
- Bien, on peut s'en aller alors, déclara le blond, j'espère que tu auras compris la leçon ! On n'arnaque pas l'Akatsuki ! Recommence et tu auras plus qu'un bleu et un trou dans la main. Détache-le ! »
QG de l'Akatsuki, 11h34.
L'infiltré avait quitté l'appartement chic du centre ville pour les quartiers mal fréquentés de Konoha. Il était rentré au quartier général de l'Akatsuki. Il pénétrait dans l'hangar, le sac d'argent à la main, quand il croisa Kiba et son chien. Ces derniers sortaient, les deux jeunes hommes se dévisagèrent et s'ignorèrent complètement continuant leur chemin respectif. Naruto se dirigea vers la pièce carrée du fond, là où l'indicateur de la police était sûr de trouver Pein et/ou Konan. Il toqua trois fois, patienta et quand il entendit la réponse lui permettant d'entrée abaissa la poignée et ouvrit la porte, avança jusqu'au bureau derrière lequel se trouvait Pein en train d'exécuter quelque chose sur son ordinateur.
« J'espère que tu as récupéré l'argent, dit le roux aux percing sans lever les yeux de son écran
- Tout est là. »
Naruto déposa le sac sur le bureau et recula de deux pas. Pein détourna son regard pour identifier la masse qui venait d'atterrir sur son poste de travail puis leva enfin les yeux vers Naruto.
« Il y a la somme exacte j'espère ?
- Bien sûr.
- Tant mieux, j'espère que tu as bien fait passer le message.
- C'est très bien passé. Son ego en a pris un sacré coup.
- Bien, bien, bien. »
Pein se leva et ouvrit la fermeture du sac. Il en sortit dix liasses de billets, chaque liasse représentant mille euros, les posa à côté du sac et le referma. Puis il fit le tour du bureau, attrapa les billets et s'approcha de Naruto.
« Tiens, c'est ta paye pour toutes les missions que tu as accomplies jusqu'ici. Dix mille, ça devrait aller non ?
- Merci, fut la seule chose que le blond réussit à articuler.
- Tu peux disposer. On t'appelera pour la suite. »
Naruto glissa les liasses de billets dans son sac qu'il portait en bandoulière et s'en alla sans rien demander de plus. Il n'en revenait pas, dix mille euros, il y avait dix mille euros dans son sac. Prenant conscience de la provenance de cet argent, Naruto s'inquiéta. Devait-il le garder ou le donner au lieutenant Hatake ? Il commença à peser le pour et le contre. D'un côté, il avait réellement besoin de cet argent pour garder son logement et payer les factures, en plus avec cette somme il pourrait enfin reprendre ses études et les finir sans se soucier du financement. Le blond allait enfin pouvoir vivre une vie normale en exerçant un métier qu'il aime. De l'autre, il y avait le risque qu'on découvre qu'il possédait cet argent et qu'on l'accuse de vol ou de complicité avec l'Akatsuki alors même s'il aide la police dans cette enquête, il finirait en prison.
Le jeune homme souffla. Ce n'était pas simple mais sa décision était prise.
Voiture Banalisée de la police de Konoha, 19h09.
La voiture banalisée de la police criminelle de Konoha était à l'heure au rendez-vous prévu quand Naruto arriva au lieu-dit. Il regarda autour de lui et ne vit personne alors, il ouvrit la portière rapidement et s'assit du côté passager. Le blond adressa un regard stupéfait au conducteur avant de demander.
« Je croyais que c'était le lieutenant Hatake que je devais voir ce soir.
- Changement de programme. Ça te pose un problème ?
- Non, aucun lieutenant Hyuga. Qu'est ce que vous vouliez ?
- En fait, rien de particulier.
- C'est une blague ? Vous me faites prendre des risques pour me dire que vous ne voulez rien de particulier, s'énerva Naruto.
- Pas tout à fait. En fait, je voulais m'excuser.
- Vous excusez ? Vous auriez simplement pu laisser un mot au lieutenant Hatake, râla Le bond en levant les yeux au ciel. »
Hiashi le fusilla du regard. Naruto déglutit.
« Tu pourrais être au moins au peu respectueux, tu crois que ça me fait plaisir de m'excuser ? Le sermonna Hiashi avant de reprendre. Donc, je voulais m'excuser au sujet de Kiba. On a fait des recherches et je dois reconnaître que je l'ai peut-être mal jugé. Tu avais raison, j'ai eu tort.
- Quand même, je vous avais bien dit que je n'avais pas menti. J'accepte vos excuses, répondit Naruto avec un sourire. Si c'est tout ce que vous aviez à me dire, je vais m'en aller. J'ai encore des trucs à faire. »
L'infiltré jeta un coup d'oeil discret à son sac, hésitant un instant. Puis ne laissant rien paraître, Naruto salua d'un signe de tête le père d'Hinata et ouvrit la portière. Il sortit et avant qu'il ne ferme la porte, le lieutenant Hyuga lui posa une question.
« Je n'ai toujours pas compris pourquoi tu faisais tout ça ? Tu n'as rien à y gagner.
- Je n'ai peut-être rien à y gagner mais quelqu'un m'a dit un jour qu'on pouvait donner le meilleur de soi-même lorsque nous avions quelqu'un à protéger... Et j'ai enfin quelqu'un à protéger. »
Le garçon adressa un dernier regard à Hiashi, ferma la portière et s'en alla, une main dans sa poche l'autre fermement accroché à son sac.
Appartement d'Iruka, 20h45.
Naruto avait longuement hésité quand au destin de l'argent qui se trouvait dans son sac. Il avait voulu le donner au lieutenant Hyuga, mais sa main qui était fermement accroché à la lanière de son sac refusé de lui obéir. Le pour l'avait largement emporté sur le contre, et malgré sa mauvaise conscience, Naruto ne comptait pas rendre les billets à la police. Les mauvaises habitudes ont la vie dure.
Il avait mis plus d'une heure pour rejoindre à pied, l'immeuble où vivait Iruka. Il ne l'avait pas vu depuis qu'il avait quitté le bar et Naruto était sûr que son aîné allait lui en vouloir. Cependant, il savait également qu'Iruka n'insisterait pas s'il lui disait que c'était secret et qu'il accepterait sûrement de l'aider.
Arrivé sur le pallier de l'appartement, Naruto souffla et frappa. Il attendit quelques secondes avant qu'Iruka vienne lui ouvrir. Ce dernier entrouvrit la porte, se demandant qui pouvait bien lui rendre visite à une telle heure. Quand il aperçut Naruto, Iruka ouvrit la porte en grande.
« Naruto !
- Salut Iruka, désolé de te déranger.
- Non, non t'inquiètes, tu ne me déranges pas. Entre !
- Non, je ne reste pas longtemps.
- Mais enfin Naruto, ça fait un moment qu'on ne s'est pas vu ! Qu'est ce qui t'as pris de quitter le bar comme ça ?
- Ecoute, je ne peux pas t'en parler pour le moment.
- Tu as des problèmes ? Naruto, on s'inquiète tous pour toi. Jiraya est en panique, tu ne lui as pas donné de nouvelles depuis des lustres !
- Dis lui que je vais bien. répondit Naruto, le regard fuyant. J'ai besoin que tu me rendes un service, tu peux ?
- Euh, oui bien sûr. »
Le plus jeune retira son sac de ses épaules et le tendit à son aîné.
« Je veux que tu me gardes ce sac pendant un moment, c'est important. Tu ne l'ouvres pas d'accord ? Tu le caches et tu ne dis à personne que tu l'as.
- Qu'est-ce qu'il contient pour qu'il soit si important ?
- Prends-le et ne pose pas de question, s'il te plait.
- D'accord, d'accord. Se résigna Iruka. Je le prends et je le cache.
- Surtout tu ne l'ouvres pas !
- Oui, j'ai compris Naruto. Ne t'inquiète pas, le rassura Iruka en prenant le sac. Tu es sûr que tu ne veux pas entrer ?
- Non, c'est bon. Faut que j'y aille. Merci Iruka, je te revaudrai ça !
- J'y compte bien ! Sourit Iruka. »
Le blond s'en alla sans ajouter un mot. Iruka referma sa porte et regarda perplexe le sac de son ami. Sa curiosité le démangeait mais il avait promis à Naruto et il respecterait sa promesse.
13 Juin 2011, 01h18.
Plage de Konoha.
Hinata était assise sur la plage, au même endroit à son habitude. Elle regardait la lune légèrement cachée par quelques nuages, réfléchissant à tout et à n'importe quoi. Sa journée avait été longue, elle avait rendu son projet et priait pour ne pas être recalé, c'était également aujourd'hui que son professeur de chant avait décidé de faire passer leur examen final. Bref, la suite de ses études venait de se jouer en une journée. La jeune fille se trouva ridicule à paniquer pour sa vie future avec pour seul motif, ces études. Elle savait que son père et le lieutenant Hatake faisaient quelques choses de beaucoup plus dangereux et qu'ils risquaient réellement leur vie, tout comme Naruto. Elle se sentait petite face à eux, elle n'était rien, juste une étudiante alors que son père arrêtait des méchants et sauver des gens régulièrement. Néanmoins, elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'un jour peut-être elle aussi aiderait les gens grâce à sa musique, que même son père était passé par là pour en arriver là où il est aujourd'hui. Alors elle sourit, sa vie n'était peut-être pas si minable finalement.
« Pourquoi ce beau sourire ? Demanda quelqu'un à côté d'elle. »
Hinata sursauta et leva la tête. Naruto se tenait debout à ses côtés. Hinata se leva rapidement pour lui faire face.
« Naruto ! Je…
- Tu n'as pas l'air ravie de me voir, dit-t-il en fronçant les sourcils.
- Ce n'est pas ça, je ne m'y attendais pas c'est tout.
- Tu sais que tu ne devrais pas rester si tard ici, ça peut être dangereux.
- Ne me fais pas la leçon, je crois que tu es mal placé.
- Ok, d'accord. Je n'ai rien dit ! S'exclama-t-il en levant les mains en l'air. C'est quoi le problème ? »
Hinata ne dit rien mais sortit son téléphone, ouvrit la page des messages et cliqua sur ceux envoyés par Shikamaru et lui tendit. La confiance de Naruto disparut immédiatement, l'expression de son visage s'affaisa et son regard s'assombrit. S'il avait pu se terrer dans un coin, il l'aurait fait. Il marmona quelques mots.
« Ce … ce n'est pas ce que tu crois.
- Ce sera ce que je crois jusqu'à ce que tu me donnes une explication. Tu as tué ton ami ! »
Cette dernière phrase frappa Naruto de plein fouet. Complétement plongé dans le monde des secrets et des subterfuges depuis plusieurs semaines, il n'avait pas vraiment eu le temps de penser à l'image que toute cette affaire renvoyait vu de l'extérieur. Pour Shikamaru, Sasuke et Hinata, il avait tué Lee de sang froid. Il était un meurtrier. Son cœur se serra. Il pensait que ce terme était du passé. Naruto ne voulait plus être qualifié ainsi.
« Je ne peux pas te donner d'explications... Parce qu'il n'y a pas d'explication, tout est écrit là. Mentit Naruto en lui rendant son téléphone. »
Mais cette fois, Naruto mentit très mal, son mensonge n'était pas sorti aussi assurément qu'il l'aurait voulu et Hinata le remarqua.
« S'il te plait ne recommences pas avec tes « tu ne dois pas savoir, c'est pour ton bien », s'énerva Hinata. J'entends ça depuis des semaines. Tu me dis que ça n'a rien avoir avec ton passé et là, finalement, c'est le cas. Franchement, tu me prends pour une conne ? Je ne sais plus ce que je dois penser. Je pensais que tu fuyais, mais peut-être pas tant que ça en fait. »
Énervée par sa propre bêtise, d'avoir bu ses paroles, aveuglée par leur complicité, Hinata s'éloigna, incapable de le regarder en face.
« Je fuyais au début. »
L'étudiante s'arrêta, sans se retourner pour autant. Elle ne voulait pas être influencé par son regard si persuasif.
« Mais j'ai fini par être rattrapé par mon passé. Je suis désolé, c'est vrai j'ai tiré sur Lee. »
Hinata se retourna, choquée.
« Pour autant … Naruto hésita, il regarda autour de lui méfiant. Lee n'est pas mort. »
Il ne pouvait plus mentir, le jeune homme avait compris. Cette discussion finirait tristement s'il continuait sur cette voie. Et Naruto ne pouvait se résoudre à perdre Hinata. Elle était la bouée qui le maintenait dans la réalité. Il avait besoin d'elle.
« Lee n'est pas mort, juste sous protection de la police. C'était une mise en scène. »
Hinata s'avança, prête à l'écouter. Elle en attendait plus.
« Tu te doutes bien que dans ce genre de problème, si le moins de personnes possibles est au courant c'est mieux. Il fallait que l'Akatsuki y croit mais aussi Shikamaru et Sasuke pour que tout se passe bien pour moi et pour l'enquête. Je suis un informateur pour le lieutenant Hatake. »
Tout s'aligna dans la tête d'Hinata : cela expliquait toutes ces dernières semaines. La musicienne n'avait jamais envisagé cette possibilité. Elle était surprise et soulagée en même temps, car cela voulait dire qu'elle ne s'était pas trompée sur Naruto : c'était quelqu'un de bien. Enfin soudain, elle se rendit compte que ça n'expliquait pas tout.
« Ok. Disons que je te crois, mais il y a encore une chose que je ne comprends pas : pourquoi Kakashi est venu me poser des questions ?
- Quoi ?
- Il m'a montré des photos de gens que je n'ai jamais vu, il était très insistant et je pensais qu'il allait me poser des questions sur toi, à la place, il s'est mis à me poser des questions sur Kiba. »
Naruto ne dit rien pendant un instant, réfléchissant à la situation. Le nom d'Hinata était apparu trop souvent au cours de l'enquête, c'était sûrement cela qui avait poussé le policier à l'interroger. Le lieutenant Hatake les avait d'abord surpris ensemble - ils avaient dû lui paraître bien trop proche pour n'être que des amis, puis Kiba Inuzuka avait fait son apparition en plein milieu de l'investigation comme étant le faiseur de bombe de l'Akatsuki. Ce garçon était censé être le meilleur ami de la jeune femme. Naruto aurait également fait le rapprochement s'il avait été flic : Hinata était lié à deux membres de l'organisation. Pour les enquêteurs, ce genre de coïncidence n'était pas le fruit du hasard. Et donc, elle aussi devait être proche de ce groupe. Naruto souffla. Il ne pouvait rien y faire et il devait l'admettre, elle était mêlée à toute cette histoire, et ce depuis le début, principalement à cause de lui.
« Tu en as parlé à Kiba ?
- Non, ça s'est passé il y a quelques heures seulement. Je ne l'ai pas vu entre-temps.
- Bien alors surtout tu ne lui en parles pas, conduis-toi comme à ton habitude avec lui. Et si tu peux, restes loin de lui.
- Mais Naruto, c'est mon meilleur ami... Je ne peux pas me conduire normalement et l'éviter dans le même temps. En plus s'il a des ennuis je... je dois lui en parler.
- Non surtout pas ! S'agita Naruto sur les nerfs. Laisse faire la police, tu sais comment ça fonctionne, le moins de gens au courant c'est la meilleure solution. Fais comme si tu ne savais rien.
- Jouer la conne de service. Ça ne changera pas de d'habitude… marmonna Hinata mécontente.
- Ecoute, fais ce que je te dis s'il te plait, Hinata. Évite Kiba jusqu'à ce que cette histoire soit finie. Je sais qu'on ne se connait pas depuis longtemps comparé à ce que tu as vécu avec lui, mais on sait toi comme moi qu'on est lié tous les deux, bien plus fortement que tu l'es avec lui. »
Le jeune homme marqua un temps de pause. Il se tourna vers la mer, fixa le mouvement des vagues avant de prendre la main d'Hinata dans la sienne.
« Je ne veux pas que tu sois en danger...S'il devait t'arriver quelques choses, je m'en voudrais à jamais.
- Je ne pourrais pas éviter Kiba éternellement, il me connait, il se doutera de quelque chose. Et je ne peux pas lui cacher longtemps quelque chose. Je mens déjà très mal en temps normal, mais avec Kiba c'est pire, il le sait direct quand je mens.
- Ce n'est qu'une question de jours. »
Hinata détestait ce sentiment, son estomac se noua. Était-elle prête à mettre son meilleur ami de côté pour une homme qu'elle venait à peine de rencontrer … Peut-être bien. Avec toute cette histoire, Hinata se redécouvrait. Naruto sentit la main d'Hinata se dégager de son emprise et venir caresser sa joue. Tournant son regard vers elle, il la vit s'approcher doucement et déposer délicatement ses lèvres sur les siennes. C'était la première fois qu'elle l'embrassait de sapropre initiative.
« Naruto, malgré tout ce que tu penses, tu n'ais pas obligé d'endurer tout ça seul. Sasuke, Shikamaru, et ... et moi, nous sommes tous là pour toi, Naruto. »
20 Juin 2011, 9h20.
Parc central, Konoha.
Le soleil brillait au dessus de Konoha, temps habituel pour un mois de juin, mais la chaleur était plus étouffante que jamais. Une légère brise soufflait dans les arbres, caressant les feuilles vertes et agitant les plumes des petits oisillons dans leur nid, mais ne brassait que de l'air chaud. Hinata marchait en direction de l'université tranquillement, pour une fois elle ne se pressait pas. Ses cours commençaient seulement dans une heure, elle prenait donc son temps pour rejoindre son établissement scolaire. Son lecteur de musique allumait et son casque enfonçait sur la tête, elle ne prêtait pas réellement attention au bruit ambiant et même à ce qui l'entourait, profitant juste du vent léger. Regardant droit devant elle, sa marche semblait être plus un automatisme qu'une balade improvisée. Perdu dans ses pensées, Hinata sentit quelqu'un l'attraper par l'épaule. Surprise et apeurée, elle laissa échapper un cri. Rapidement sur ses gardes, elle se retourna pour tomber nez à nez avec Kiba suivi par son chien. Elle retira son casque qui tomba autour de son cou.
« Bon sang, Kiba, tu m'as fait peur !
-Désolé. Ça fait un moment qu'on ne s'est pas vu, tu m'évites ou quoi ? Demanda-t-il l'air de rigoler. »
Embarrassée par la situation puisqu'elle l'avait réellement évité délibérément depuis plusieurs jours, Hinata ne parvint pas à sortir un seul mot. Kiba fronça les sourcils, suspicieux, son amie n'avait pas l'habitude de réagir de cette manière en sa compagnie.
« C'était une blague. Je sais très bien que tu ne m'éviterais pas délibérément. Enfin, j'espère.
- Non, non. Ne t'inquiète pas... répondit subitement Hinata. C'est juste que c'est la dernière ligne droite à l'université, les derniers examens, le stress et le manque de temps qui va avec. Enfin tu vois ?
- Je comprends, ne t'en fais pas. Ça se passe bien ?
- Pour l'instant tout va bien, on verra les résultats.
- Je croise les doigts pour toi alors ! Dit-il en souriant.
- Oui. Il faut vraiment que j'y aille, je vais être en retard. Mes cours commencent bientôt, mentit Hinata s'agitant nerveusement.
- D'accord, pas de soucis ! Bonne journée alors. »
Hinata lui fit un signe de la main en reprenant son chemin aussi vite qu'elle avait écourté cette conversation. Son coeur battait plus vite et plus fort qu'à la normale, mentir à Kiba n'était vraiment pas simple pour la musicienne. De loin, son meilleur ami l'observait s'en aller. Il l'avait trouvé étrange mais sans plus. C'était sûrement le stress de la fin d'année, comme elle lui avait dit.
24 Juin 2011, 12h08.
Konoha.
« Bon sang, Hinata, ça fait trente six fois que je t'appelle, réponds-moi ! Ou alors rappelle, putain de merde ! Je sais que c'est chaud en ce moment avec tes partiels mais quand même. Bref, s'il te plaît rappelle-moi. »
Kiba souffla exaspérer, cela faisait quatre jours depuis qu'il avait croisé Hinata. Et sa meilleure amie ne répondait plus au téléphone. Il commençait réellement à s'énerver, il ne pouvait pas croire à sa propre plaisanterie, elle ne pouvait l'éviter délibérément.
26 Juin 2011, 11h48.
Konoha.
Téléphone en main, le maître d'Akamaru composa rapidement le seul numéro qu'il connaissait par coeur : celui d'Hinata. Portant son portable à l'oreille, il pria pour ne pas tomber encore une fois de plus sur le message personnalisé du répondeur de la jeune femme. Les tonalités résonnèrent. Tintement après tintement, seconde après seconde, Kiba désespérait de ne pas entendre Hinata répondre. Quand sans surprise, il entendit le message pré-enregistré du répondeur, son sang ne fit qu'un tour. Elle avait encore soit rejeté son appel soit manqué. Il penchait plus volontier pour la première option.
« C'est encore moi, Kiba au cas où tu te souviennes plus que j'existe. Tu m'expliques pourquoi tu ne veux pas me parler ? J'ai fait quelque chose de mal ? Mais merde à la fin, répond ! »
22h02.
« Devine qui sait ! Et ouais, ton putain de meilleur ami ! Tu commences sérieusement à me gaver là. C'est tes potes à la con qui t'ont monté contre moi ou quoi ? Comment tu peux te laisser manipuler par ces salopes ?! Elles ne valent pas mieux les unes que les autres. Tu veux me perdre c'est ça ? Sérieux, tu me déçois. Quand tu auras fini de faire la gamine, rappelle-moi. Enfin s'il n'est pas trop tard. »
Kiba raccrocha et jeta violemment son téléphone par terre, furieux. Il était certain qu'Ino, Temari et Sakura avaient quelque chose à voir dans toute cette affaire. Ça ne pouvait être qu'elles, sinon il ne comprenait pas pourquoi Hinata l'ignorait, l'évitait même ! Ils n'avaient jamais pu se voir et avaient toujours été rival quand il s'agissait de savoir qui d'elles ou de lui, Hinata était le plus proche. Le jeune homme ragea et pesta contre les trois jeunes femmes. Il avait d'autres chats à fouetter avec l'Akatsuki que de s'occuper de gaminerie dans ce genre.
Hey ! Je suis de retour et avec un nouveau chapitre ! La suite devrait arriver plus vite, j'ai pas grand chose à réécrire voire rien du tout. Et l'action arrive dans les prochains chapitres ! Merci de suivre cette histoire, n'hésitez pas à laisser des reviews. Je suis tjr contente de vous lire !
A bientôt,
Mél.
