12h28
Mary-Margaret et Belle firent irruption dans le bureau de Regina, marchant toutes deux d'un pas déterminé. Surprise, la détective abandonna un instant le registre de l'université de Colombie-Britannique, affiché sur son ordinateur. Kelly et Robin avaient réussi à obtenir les archives du campus, sur les dix dernières années. Cependant, l'enquêtrice avait plus de 150 000 noms à parcourir pour essayer de trouver une piste pertinente. Emma avait évidemment proposé de lui prêter main forte, bien que la liste soit incroyablement étendue. Néanmoins, l'analyste et l'agent-enquêtrice avaient, de leur côté, trouvé des informations différentes.
« On a de nouvelles informations sur Judith Graham, » déclara justement la française en déposant une feuille devant la profiler. Celle-ci la saisit rapidement pour la parcourir, peu sûre de comprendre ce qu'elles avaient découvert.
« En fait, Mary-Margaret a eu une idée vraiment brillante pendant qu'on mangeait, » expliqua Belle.
« Je me suis dit qu'on pourrait chercher la réelle signification du pseudo de Judith, » déclara l'intéressée d'un air confiant. « Je sais qu'elle vous a expliqué pourquoi elle avait choisi ses deux noms. Mais je ne pense pas que ça soit si anodin que ça.
-Elle nous a quand même dit que Uchiha voulait dire assassiner, » rappela la portoricaine, sarcastique. « Pour moi, c'était assez évident.
-Mais c'est loin d'être tout ce qu'il y a d'intéressant à propos de ce nom, » la corrigea son apprentie, apparemment sûre d'elle. « En fait, j'ai passé une petite demi-heure sur internet, histoire de mieux comprendre ces deux noms. D'une part, le personnage de Dame Eboshi est un protagoniste assez particulier chez Miyazaki. Elle n'est pas juste méchante ou ennemie des héros, elle est bien plus complexe qu'il n'y parait.
-C'est-à-dire ? » demanda la blonde, peu encline à en savoir plus sur ce film.
« Dans le film Princesse Mononoké, Eboshi est une grande défenseuse… des femmes. Et des plus faibles. Elle se targue de pouvoir les protéger de ce qu'elle considère comme une menace.
-Ce qui aurait un lien avec les victimes du Lightning Killer, qui sont souvent des personnes en position de force ou particulièrement populaires, » remarqua Regina.
« Exact, » confirma la française. « Mais ce n'est pas le plus croustillant.
-Mais c'est du côté d'Uchiha que c'est le plus intéressant, » poursuivit Mary-Margaret. « Ok, je n'ai pas parcouru toute l'histoire derrière ce personnage. Mais il y a quelque chose qui m'a profondément interpellée. Dans le manga Naruto, les protagonistes sont des ninjas qui utilisent des techniques de magie ou d'arts martiaux. Fin c'est un peu compliqué…
-Ils se servent du chakra, mélange entre force spirituelle et physique, » rectifia la française, férue de culture populaire.
« Mais la particularité de Sasuke Uchiha, le personnage que Judith semble apprécier c'est sa technique d'attaque. Dans le manga, il se sert toujours d'une technique appelée le Chidori ou Raikiri, dans une certaine acceptation. Sauf que Raikiri, en japonais, ça veut dire éclair. Et cette technique utilise la foudre pour anéantir les autres ninjas. »
Emma adressa un regard à Regina, avant de se redresser sur sa chaise, curieuse. Elle lut de nouveau la petite fiche que Mary-Margaret lui avait confiée. Évidemment, cette nouvelle information était plus que troublante.
« Alors, on ne s'est évidemment pas arrêtées sur le Chidori du beau Sasuke, » précisa Belle d'un air confiant. « Mary-Margaret a directement appelé TV6 pour leur poser des questions sur le choix du surnom de notre tueur.
-J'ai réussi à avoir Jacob Jefferson, l'un des coordinateurs de la chaine, » expliqua la concernée. « Il m'a avoué qu'ils avaient choisi le nom de « Lightning » pour « Éclair », après avoir reçu un appel anonyme. »
Évidemment, cette nouvelle surprit Regina, qui parut presque bondir sur son siège de bureau.
« TV6 a reçu un appel anonyme du tueur et ils ne nous ont rien dit ?! » éructa-t-elle, folle de rage.
« Apparemment, Jefferson pensait que ça venait d'un enquêteur d'ici, » précisa l'agent-enquêtrice, intimidée. « Une personne les aurait appelé avant qu'ils ne passent à l'antenne. Évidemment, le tueur a utilisé un pré-enregistrement pour leur parler. Le message disait simplement qu'au vu de la rapidité du meurtrier, le meilleur surnom pour lui serait l'Éclair, ou le Lightning Killer.
-Dans le manga Naruto, » ajouta l'analyste, d'un air curieux. « Il y a aussi tout un délire autour d'un autre personnage qui serait l'Éclair du village. Enfin bref, tout tourne autour de cet élément naturel, la foudre, tout ça. Mais ça reste particulièrement troublant. Dans la version anglaise, la technique du fameux Sasuke s'appelle justement le « Lightning Cutter ». C'est assez évident, pour le coup. »
Derrière son ordinateur, Regina prit une grande inspiration, comme pour mieux organiser ses pensées. Face à elle, Emma semblait en proie à ses propres réflexions.
« Donc ça nous donne un autre indice sur Judith Graham, » résuma-t-elle. « Un très gros indice, d'ailleurs. Mais elle nous a quand même dit qu'elle était au restaurant lors du meurtre de Stevenson. Et elle ne se serait certainement pas avancée à nous dire ça si elle ne pouvait pas le prouver.
-Elle aurait pu faire appel à un complice, » suggéra la portoricaine.
« Mais l'idée du complice ne fonctionne pas du tout avec son profil, » argumenta la blonde, sourcillant d'incompréhension. « Et puis, si elle voulait vraiment assassiner Stevenson parce qu'il nous a parlé, je pense qu'elle aurait préféré le faire toute seule. Ce meurtre était une pure revanche, particulièrement sordide.
-Sauf si elle se doutait qu'elle serait la prochaine sur la liste des suspects, » ajouta Mary-Margaret. « Elle aurait très bien pu engager quelqu'un pour faire le travail à sa place. Pendant ce temps, elle se créait l'alibi parfait en allant au restaurant avec ses amis. Mais le sale boulot était fait.
-Je sais que j'ai l'air bornée mais ça ne fonctionne pas avec son profil, » répéta la criminologue. « Le Lightning Killer a une personnalité narcissique, il présente bien des caractéristiques de la psychopathie. Je n'imagine pas une seule seconde qu'il ait pu faire appel à une autre personne. Même s'il s'agissait de sauver sa peau.
-A moins que son alibi soit, justement, monté de toutes pièces, » supposa la détective. « Peut-être qu'elle nous a dit ça pour que justement on écarte cette piste. Elle a peut-être convaincu ses amis de mentir, dans l'idée où on essaierait de l'interroger.
-Ça n'explique pas pourquoi elle n'aurait pas pris le temps de tuer Stevenson elle-même, » remarqua la profiler.
« Et si… elle avait fait appel à un complice bien plus proche de l'affaire ? » proposa Mary-Margaret.
« Comme Harry Benfield ?
-Comme Harry Benfield, » comprit Regina en refermant son ordinateur portable d'un geste rapide. « Ça expliquerait comment le tueur savait exactement comment rentrer chez Stevenson et où trouver l'arme de son crime.
-Ça expliquerait aussi pourquoi il a pu entrer chez lui sans éveiller les soupçons des deux patrouilleurs qui gardaient la maison, » soupira Emma, consciente qu'elles s'étaient sûrement précipitées, concernant le trentenaire. Sa façade timide révélait en fait, peut-être, bien plus de secrets qu'il ne le prétendait.
« Il faut qu'on retourne le questionner sur ce qu'il faisait hier soir avant que l'on arrive chez lui, » souffla Emma en se levant.
De l'autre côté du bureau, Regina attrapa sa veste d'un air confiant. Elle attacha également son holster à sa ceinture, avant de proposer à l'agent-enquêtrice de les suivre. Cette fois, elles ne devaient surtout pas manquer leur coup avec le suspect…
14h28
Un long bourdonnement retentit entre les murs épais de l'entrée, suivit d'un petit cliquetis mécanique. Alors que la porte en métal s'ouvrait, l'agent pénitencier fit signe à Emma, Regina et Mary-Margaret d'entrer. Elle se referma lourdement derrière les trois femmes, tandis que l'homme se plaçait devant la petite ouverture grillagée, prêt à intervenir en cas de problèmes. Par habitude, la profiler s'assit à la petite table du parloir, croisant rapidement ses jambes d'un air confiant. Timide, Mary-Margaret fit de même, se plaçant à sa droite. De son côté, Regina avait apparemment décidé de rester debout, tandis que ses pensées bouillonnaient. Comment avaient-elles pu passer à côté d'une telle évidence ?
Quelques secondes après leur arrivée, un second bourdonnement se fit entendre. Cette fois, la porte opposée à la table s'ouvrit sur un homme frêle, qui affichait la plus grande incompréhension. Il portait toujours ses éternelles lunettes rondes, au bout de son nez aquilin. Néanmoins, il avait troqué ses vêtements de bureau contre un uniforme jaune, semblable à celui de tous les autres détenus de la prison. Emma remarqua d'ailleurs qu'il ne portait pas de menottes, signe qu'il ne devait pas représenter un grand danger pour les agents carcéraux. De toute manière, sa carrure n'inspirait certainement pas la terreur auprès des personnes qu'il rencontrait.
« Bonjour, » dit-il justement en s'asseyant d'un air timide. Néanmoins, la détective ne semblait pas encline à suivre son apparente douceur. Elle s'approcha immédiatement de lui pour le questionner.
« T'étais où, hier soir entre dix-huit heures et vingt heures ?
-Euhm… chez moi… » bredouilla Harry en lui adressant un regard inquiet. « J'étais chez moi… J'ai fini le travail à dix-sept heures donc je suis directement rentré…
-Et après ?
-Euhm… j'ai joué à des jeux-vidéos avant de me préparer à manger… Enfin… au final j'ai juste réchauffé un plat de pâtes parce que je n'avais pas envie de cuisiner…
-Donc t'as mangé et… t'as continué à jouer ? » demanda la portoricaine d'un ton suspicieux.
« Euh… ouais… Bah… J'aime bien faire ça après le travail parce que ça me détend et…
-Est-ce que tu joues en ligne ? » questionna la profiler en se redressant sur sa chaise.
« N… non… » admit l'homme. « Avant oui mais un jour je me suis fait pirater alors j'ai préféré arrêter…
-En résumé, tu n'as aucun alibi valable pour hier soir ? » éructa Regina d'une voix plus forte.
« Non… un… un alibi ?! » répéta Benfield d'un air angoissé. Évidemment, il semblait particulièrement troublé par la nouvelle. « Pourquoi un alibi ?
-C'est quand que tu as parlé à Tyler Graham pour la dernière fois ? » poursuivit la détective, essayant de l'intimider. Elle avait utilisé l'ancien nom de la suspecte pour voir si cela éveillerait une réaction chez Benfield. Malheureusement, il ne sourcilla même pas.
« Euh… J'en sais rien… sûrement à l'université, pour… pourquoi ?
-Tu ne lui as jamais reparlé depuis que vous avez quitté l'université ?
-Non… je ne crois pas… j'avais juste gardé contact avec Edward parce qu'on était amis mais…
-Donc si je fouille ton téléphone, je ne trouverais aucune trace d'un appel suspect que tu aurais passé ou reçu dans les derniers jours ? » interrogea la brune, sûre d'elle.
Cette fois, le trentenaire parut se décomposer. Il baissa immédiatement le regard avant de ramener son attention sur Mary-Margaret. C'était la seule qui ne lui avait pas adressé la parole depuis le début de leur entrevue, et sans doute son dernier point d'ancrage.
« Je ne pense pas que vous trouviez ce que vous cherchez… » parvint-il néanmoins à articuler.
« Tu ne penses que je sois en mesure de trouver ce que je cherche ?! » reprit Regina d'un ton menaçant. « Tu te fous de moi ?!
-Et que crois-tu que nous sommes en train de chercher ? » demanda Emma d'un ton plus calme, comme pour rendre l'atmosphère plus clémente.
« J'en sais rien… Vous me demandez ce que je faisais hier… Donc vous pensez sûrement que c'est moi le tueur… ou que j'ai tué Edward parce que je suis son complice… » suggéra-t-il avant de déglutir d'embarras.
« Très honnêtement, je ne pense pas une seule seconde que tu aies ce qu'il faut pour assassiner une trentaine de personnes, » répondit la détective d'un air moqueur. À ces mots, Benfield lui adressa un regard sombre, avant de serrer les poings sous la table. De toute évidence, ce sarcasme l'avait particulièrement atteint.
« Je vous demande pardon ?! » aboya-t-il justement, comme agacé.
« Tu m'as très bien entendue, » rétorqua la brune. « Je ne crois pas une seule seconde que tu sois en mesure d'exécuter trente personnes sans jamais te faire prendre. Par contre, tu aurais très bien le profil de celui qui obéit aux ordres d'une personne… bien plus influente. »
La profiler observa la mâchoire de l'homme se crisper à mesure que la colère montait en lui. Les poings serrés, le regard mauvais, il paraissait désormais fou de rage. D'ailleurs, il se leva de sa chaise, comme pour menacer la détective. Sans hésiter, elle sortit son arme de son holster et le pointa sur son front. Quand les agents carcéraux demandèrent ce qu'il se passait, la policière leur expliqua que tout était sous contrôle. Justement, Benfield se rassit en soupirant, réalisant qu'il n'aurait certainement pas le dessus dans une telle confrontation.
« N'oublies pas où tu es, » lui dit justement Regina en un sourire narquois. De son côté, il détourna son regard pour observer un instant ses chaussures. Quand il ramena son attention sur la détective, il semblait un peu plus calme.
« Je n'ai pas tué Edward, » lâcha-t-il simplement. « C'était mon meilleur ami.
-Certaines personnes assassinent leurs enfants, » ricana la portoricaine. « Je ne pense pas que votre relation soit une raison valable pour ne pas le tuer.
-Je n'avais aucune raison de lui faire du mal, » riposta alors l'homme. « On se connaissait depuis le lycée. On a toujours été là l'un pour l'autre.
-Tu aurais pu recevoir des menaces d'une tierce personne, justement, » suggéra la criminologue d'un air curieux.
« C'est ça que vous pensez ? Que le Lightning Killer m'a menacé pour que je tue Edward ?
-Nous avons des raisons de croire qu'un proche de Stevenson est effectivement à l'origine de son meurtre, » déclara Regina d'un ton froid. « Et comme Edward n'avait pas vraiment de famille à part toi…
-Ce n'est pas moi, » insista le trentenaire, dont le regard s'était voilé d'une certaine tristesse. « Je ne sais pas ce que j'aurais fait si le Lightning Killer m'avait menacé mais… je vous assure que ce n'est pas moi…
-Serais-tu prêt à passer un polygraphe ? » demanda la portoricaine, ayant apparemment choisi de garder le rôle du « mauvais flic ».
De toute évidence, Harry lui répondit d'un simple hochement de tête. Les résultats d'un tel test n'étaient certes pas admissibles en cour, mais ils pouvaient toutefois orienter les enquêteurs sur la véracité des propos des suspects. Ainsi, Regina se leva et indiqua au trentenaire qu'elles allaient demander à un spécialiste de venir le voir. Sans même le saluer, elle quitta la petite salle d'entrevue, suivie de la profiler et de l'agent-enquêtrice. Elles n'avaient peut-être pas obtenus d'aveux, ni de nouvelles pistes, mais le test du détecteur de mensonge pourraient évidemment leur en dire plus sur l'homme. En attendant, la détective se chargerait d'obtenir les mandats nécessaires pour pouvoir fouiller son domicile, mais aussi ses appareils électroniques…
22h01
« Est-ce que tu sais pourquoi tu es ici ? » demanda une voix dans l'ombre, sarcastique. Au milieu de la pièce, une simple ampoule éclairait la chaise. Sur le sol immaculé, l'homme observait des gouttes brunes s'écraser, comme dans un rythme incessant. Il avait repris connaissance quelques minutes avant, incapable de se souvenir ce qui s'était produit. Lorsqu'il était revenu à lui, ses pieds et ses mains étaient attachés à une lourde chaise de bois, apparemment fixée au sol. Dès son retour à la réalité, l'homme avait essayé de se défaire de l'emprise des liens qui le rattachaient à son siège de fortune. Malheureusement, il n'aurait aucune chance contre de véritables menottes en métal. Il avait alors tenté de crier à l'aide, sans grande conviction. De toute évidence, il avait été placé dans le seul rayon lumineux de la pièce. Autour de lui, l'obscurité était reine, indéfectible. Aussi, il ne pouvait pas distinguer la largeur de sa cellule, ni même sa profondeur. Toutefois, il avait remarqué qu'un liquide chaud coulait le long de sa nuque, bifurquant sur son épaule, pour s'écouler lentement, par gouttes régulières, au bout de ses doigts. Incapable de se mouvoir correctement, il s'était contenté de supposer qu'il avait désormais une plaie à l'arrière du crâne. Pourtant, il lui semblait que tous les membres de son corps étaient à présents douloureux. Néanmoins, rien n'égalait l'angoisse qu'il ressentait à présent. La voix s'était naturellement élevée dans le silence de plomb de sa prison, autoritaire, péremptoire. Quand il l'avait entendue, il avait réalisé que la personne à l'origine de son enfermement -et sans doute de sa blessure- était présente depuis le début. Tel un prédateur, elle l'observait tranquillement. Attendant le bon moment pour l'achever.
Justement, la personne se leva, comme si elle avait déterminé que cet instant serait le bon pour mettre ses plans à exécution. L'homme put percevoir un bruit métallique, comme une lame qu'on essaierait d'aiguiser. Conscient que ce geste était voué à l'effrayer, il tâcha de garder son calme. Depuis qu'il était enfant, ses parents lui avaient toujours enseigné de ne pas laisser transparaître ses émotions. « Si tu montres à l'autre que tu as peur, il va se servir de cette peur contre toi ». Néanmoins, ces conseils semblaient bien futiles lorsque le danger était réel. Se sachant condamné, il songea qu'il aurait peut-être dû être plus prudent dans ses déplacements. Après tout, la personne qui l'avait emmenée jusqu'ici avait certainement suivi sa routine pour l'enlever à un moment précis de sa journée. Tandis qu'il vit enfin son visage, ses pensées se bousculèrent. Ce n'était certainement pas l'image qu'il se donnait pour un tueur. Dans les émissions, ces gens-là étaient toujours des personnes à la carrure imposante, capable de déplacer des corps sans aucune difficulté. Leurs victimes se savaient condamnées dès les premiers instants, conscientes qu'elles ne feraient pas le poids face à un humain aussi fort. C'était peut-être la raison pour laquelle la personne qui se tenait en face de lui l'avait attachée. Alors qu'un sourire narquois s'étendait sur ces lèvres, le Lightning Killer prit une grande inspiration, comme s'il s'apprêtait à réaliser un exploit sportif. S'approchant de l'homme, ses mains entourèrent ses poignets d'un geste presque délicat. Son regard plongea dans celui de sa victime, comme pour mieux comprendre ce qui lui traversait l'esprit à cet instant. À quelques secondes de la mort, l'homme se dit que le tueur devait certainement se délecter de l'angoisse qu'on pouvait lire dans ses yeux bruns...
