Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas.


La dame pleurait encore, Yuuri ne savait pas quoi faire de plus que poser une main sur son épaule et lui dire que tout irait bien. Mais était-ce vrai ? Peut-être, peut-être pas. Il ne pouvait pas s'avancer sans savoir.

« Hube me manque terriblement... »

Cet homme était celui qu'elle aimait, pas celui qu'elle aurait dû épouser. Sinon elle ne les aurait pas suivis aussi docilement, pire, elle n'aurait pas fait en sorte qu'ils s'enfouissent et trouve cet endroit. Pour ça, il serait prêt à la remercier, mais le souverain n'était pas sûr que ces mots soient ceux qui faut là.

« Ne pleurez plus… Vous n'êtes plus obligée à épouser ce vieil homme à présent que nous sommes ensemble… En tout bien, tout honneur. »

La maoh agita ses bras un moment pour se défendre du sous-entendu sous-jacent. Déjà qu'on les prenait pour un trouple, aka un couple à trois. Il ne devait pas enfoncer des portes ouvertes.

« Je vais le tuer... »

La voix de Gwendal était froide. Jamais Yuuri n'avait vu son ministre aussi en colère. Il ne savait pas qui était la cible, mais magie ou pas, il allait passer un sale quart d'heure. Il se mit soudainement à courir, il devait suivre, il était bien content d'avoir de la pratique en course. Merci le base-ball.

Quelque part dans le désert, Conrad et son groupe était en train de marcher. Le dompteur d'ours paniquait légèrement.

« Votre Excellence, Vous avez demandé que je recrute cette créature… Elle peut-être dangereuse, vous le savez.
- Je le sais. Mais il est facile pour moi de maîtriser avec votre aide. Sans compter que j'ai l'impression que c'est un bon plan de ne pas que compter sur les forces humaines. Même si mon cher frère est fort. Je ne suis qu'un semi-mazoku avec que peu de magie en moi. Contrairement à mon frère qui exécrait les humains, enfin, ça, c'était avant l'arrivée de notre souverain. Plus nous aurons de monde à nos côtés, plus notre roi aura réussi à réaliser son rêve. Wolfram le sait. Même s'il sera le premier à le nier.
- C'est faux, mon frère, s'exclama soudainement le susnommé. J'aimerais savoir comment contacter mon frère et ce boulet.
- Tu t'inquiètes pour Yuuri, c'est un fait. Et ta jalousie face à Gwendal est inutile. Je suis sûr qu'ils vont bien.
- Je sais… Mais il m'a demandé d'être là pour l'accompagner pour retrouver celui qui se faisait passer pour lui. Surtout retrouver cette maudite flûte, car monsieur avait peur des choses que cette personne pouvait accomplir. Ce boulet est trop gentil pour son propre bien. Il est mon devoir de l'aider, je suis son fiancé après tout.
- Mais encore ?
- Tu ne veux pas perdre ta place avec lui… Et la flûte est sûrement plus là où pensait notre frère. Mais plus à Gegenhuber. C'est plus probable, même si ça mène plus loin dans ce fichu désert… Ne t'imagines que ça veux dire quelque chose…
- Si tu le dis…
- Si vous n'étiez pas là, Yuuri serait totalement dépendant de ma personne. Ce boulet ne sait pas faire grand-chose tout seul. On doit toujours être là pour l'aider. Tu parles d'un roi. Il est dépendant des autres. Il doit régner, ne pas se laisser porter par les vagues. C'est un mazoku avec une affinité eau, pas une espèce d'animal flasque.
- Voyons, tout ce qu'on peut trouver comme information avant leur retour. Chaque chose peut être importante pour la suite... »

C'est donc ainsi que le groupe de Conrad arriva dans la ville où était planqué Gwendal et Yuuri. Mais à la place des personnes recherchés, le soldat tomba sur une bande de soldats à la chevelure magenta. Il s'approcha du groupe avec un air méchant.

« Un duo qui a une différence de taille ?
- Tu penses que ce sont eux ?
- Vous êtes eux ? »

Conrad ne comprenait rien, absolument rien. Il lui manquait des éléments de réponses pour reconstituer le puzzle.

« Vous êtes deux, nous essayons de capturer ces deux personnes.. ; »

Un des soldats sortit une affiche où était dessiné vulgairement deux personnes de tailles différentes, mais à la teinte de cheveux proches. Il était bien content d'être brun sur le coup alors que Wolfram était blond et loin...

« Ils ont été capturés à un moment, nous les avons attaché, mais ils se sont enfuis..
- Comme vous voyez, je ne suis pas attaché à mon compagnon de route, sans compter que nous sommes plus de deux et bien différent que ce dessin. Désolé messieurs.
- Un de nos généraux s'est fait voler sa femme. Comment vous réagirez ?
- Volé ?
- Vous voyez pourquoi on cherche ces personnes, n'est-il pas ? »

Conrad se demandait ce qui avait pu se passer pour que cette histoire devienne la principale source de souci dans cette ville. Un général était certes important. Mais pas au point de rendre cette ville sur le pied de guerre pour retrouver deux personnes qui avaient pris une femme. Cette femme dont il ne savait rien.

« Vous êtes un homme plutôt joli, donc votre général doit être du même acabit. Mais je pense que l'homme que vous chercher est probablement un mazoku. Ils sont connus pour être assez beaux. Vous êtes un peu malchanceux si cet individu a jeté son dévolu sur cette demoiselle. Je dois avouer que certains mazokus ont un drôle de sex-appeal. Vous en conviendrez ?
- Ce n'est pas faux, mais que ferait un mazoku alors qu'il a déjà un esclave qui a été marqué comme infidèle... »

Plus ça avançait, plus Conrad se demandait si ce n'était pas une plaisanterie. Il espéra que celle-ci serait bien vite interrompue par un miracle ou quelque chose du genre.

« Tu penses qu'ils sont encore là ?
- Voilà qui serait particulièrement stupide de leur part. Sans compter que cet esclave avait une façon de parler un peu vulgaire. On n'a pas tout compris. Ils ne semblaient pas comprendre pourquoi il était devenu un esclave. Difficile à croire quand on voit sa marque. C'était impossible à nier... »

Conrad ne connaissait qu'une personne aussi ignorante avec aussi peu de chance, son souverain. Ils n'étaient plus loin de retrouver le maoh. Il devait juste les retrouver. Parce que c'était clair qu'ils s'étaient échappé. Même s'il ne comprenait pas pourquoi il avait ajouté une femme à l'addition. Il finirait par avoir une explication. C'était sûr. Mais il espérait que Wolfram saurait se contenir un peu dans sa colère. Autant aller jouer avec un dragon, ça serait moins dangereux…

« Mais ils se sont enfouis assez loin. On n'a pas eu la force de les poursuivre plus longtemps... »

L'homme prit une pause avant de rire grassement. Il savait que Yuuri n'avait rien fait de mal. Son désir de justice avait dû parler.

« De toute façon, ils ne peuvent pas se défaire facilement de leurs menottes, elles sont bien efficaces pour les mazokus. Je suis désolé pour vous, mais nous allons le trouver et le capturer. À nous l'énorme récompense du pays. Voilà qui sera parfait pour nos frères d'armes. Un mazoku et un Elopers, voilà une belle capture. »

Ils s'éloignèrent avec un rire qui ne présageait rien de bon. Une fois loin, Conrad s'autorisa un soupir. Comment allait-il expliquer ça à Wolfram. Il n'en savait rien, mais Yuuri aurait droit à un sermon de son petit frère. C'était presque inévitable. Il craignait le pire.

Qualque part en ville, Gwendal, Yuuri et Nicola étaient sur la terrasse de la maison. Yuuri regarda la jeune femme, vraiment jolie, mais c'était quelque chose que les mazokus avait naturellement.

« J'aimerais avoir la vérité et un peu d'eau, s'il plaît. J'aimerais aussi aller dans un endroit frais, car l'ombre dans cette cour ne durera pas éternellement, mais je ne force à rien... »

Gwendal se pencha vers le jeune homme et sortit quelques pièces de sa cape. Combien d'argent pouvait-il avoir là-dessous. Ça reste un mystère.

« Jeune homme, tu pourrais acheter quelque chose pour nous. Un peu de nourriture et des boissons non-alcoolisées. Je te donnes plus si tu me dis qu'il y a de quoi changer de vêtements ici. Tu peux ou pas jeune mazoku ?
- Je peux monsieur, j'ai bientôt dix ans, je suis un grand garçon. »

Gwendal passa au garçon une petite bourse bien remplie de monnaie. Yuuri ne lui aurait jamais donné dix ans, six ans à la rigueur, il se demandait si c'était un truc de mazokus de paraître si jeune. Sûrement, il avait toujours paru plus jeune que son âge sur terre… Il espérait que ce garçon trouverai de l'eau. Au milieu du désert, sur terre, c'était chose rare… Ce monde, surtout cette partie y ressemblait.

« De l'eau ça serait parfait, jeune homme.
- Vous savez Svelera… »

Le souverain aurait la vérité ? Il la voulait, mais était-il paré à l'entendre ? Peut-être que oui. Peut-être que non.

« Ce lieu n'a pas d'eau naturelle. La pluie n'est plus tombée depuis presque deux années entière. Nous avons été forcés d'acheter nos ressources dans d'autres pays. Alcools et fruits viennent de nos négociations avec ces nations. Alors que Svelera est indépendante, elle a besoin de ses anciens ennemis pour survire un peu près correctement. Nous voulons un peu d'eau, de la pluie. Les plants et les animaux se meurent sur ces terres. Hube est tombé sur un objet qui pourrait mettre fin à ce calvaire. Mais voilà un moment que je ne l'ai pas vu.
- Gegenhuber… Vous dites qu'il s'est servi d'un objet pour sauver les gens d'ici. Y compris les humains.
- J'aimerais l'étrangler si possible. Et même le tuer, mais vous tenez à lui. Je ne suis pas aussi cruel. Je suis un mazoku, pas un être sans cœur. Sans compter que Yuuri a insister pour qu'on sauve la personne qui l'imitait. Alors qu'il était condamné.
- N'ayez pas peur de mon camarade, se précipitait Yuuri. Je sais, il est parfois effrayant, mais au fond de lui, c'est quelqu'un de très tendre. Il ne tuerait pas aussi facilement.
- Vraiment ? Demandait la jeune femme. Vous ne tuerez pas Hube ?
- Oui, je voulais juste mettre à l'abri la flûte afin qu'elle ne fasse pas trop de dégâts.
- Parce que je n'aimerais pas que mon bébé grandisse avec un autre…
- Nous allons… Hein ? »

Yuuri ne s'y attendait pas à celle-là. Il n'avait pas vu que cette femme était enceinte. Ce n'était pas visible du tout, mais les premiers mois, c'était souvent comme ça sur terre. Peut-être que chez les mazokus, ce n'était pas visible pour il ne savait pas quelle raison. Ainsi, il pouvait comprendre un peu la jalousie qu'avait Wolfram quand il s'approchait trop des femmes avec un constat comme celui-ci.

« Un bébé ? C'est prévu dans votre famille, soit c'est un bébé qui arrive bientôt.
- Vraiment bientôt… Cela a déjà commencé à grandir. Bien entendu, c'est l'enfant de Hube. »

Deux secondes, cette femme allait être marié à un vieux parce que sa famille n'avait pu la protéger de ses soldats. Mais depuis quand elle fréquentait cet homme ? Son hypothèse des Mazokus femmes qui avaient des grossesses peu voyantes se confirmait.

« Voilà six mois que mon histoire avec cet homme a commencés. Hube est venu ici dans ce village, j'étais pas à l'aise avec les mazokus, bien que j'en suis une, question d'éducation et qu'un mazoku avait tué mon père. Je ne partais pas d'un bon pied avec cet homme. Vraiment pas. Mais il a su m'écouter comme personne dans ce royaume, j'ai vite ouvert mon cœur à cet homme.
- Alors que vous ne savez pas grand-chose sur lui et son passé. Vous êtes bien naïve…
- Du calme, vous savez l'amour, ce n'est pas quelque chose qu'on contrôle. Intervint Yuuri. C'est quelque chose qui vient de notre âme. Chez nous... »

Gwendal passablement énervé se mit à frotter vigoureusement ses cheveux. Sur le moment, Yuuri avait l'impression d'être un de ces garçons qu'on maltraitait dans les films de lycée aux Usa. Son cuir chevelu brûlait presque sous les actions de l'homme.

« Stop... »

La femme les fixa un moment avant de reprendre son récit.

« J'ai cherché un trésor rare avec cet homme, un trésor pourrait nous invoquer la pluie. Je n'avais que peu d'indices, il y a pas mal de semi-mazoku et mazokus dans cette ville. Ce n'était pas facile de savoir où l'objet était. Et ce que c'était. C'est que plus tard qu'il a découvert que c'était une flûte… Dans mon village, il n'est pas rare que les femmes travaille, même dans la mine des gemmes. Les mains des demoiselles sont connues pour être plus fines que celles des hommes. Nous avons cherché dans les ruines d'une vielle mine l'objet. J'espérai que cette recherche dure toujours... »

Elle avait posé une main tendrement sur son ventre plat. Difficile de croire vraiment à ce qu'il ai de la vie à cet endroit.

« Bien sûr, nos recherches ne furent pas longtemps secrètes et des soldats nous donnèrent l'ordre de ramener des gemmes en échange de nos recherches… Cette condition ne nous plaisait pas, mais elle était normale pour notre situation… Hube m'a promis que dès que le trésor trouvé, nous nous enfuirons. Il m'a même proposé, comme vous de venir au Shinmakoku. Nous avons tenté d'aller là-bas. C'était sans compter sur les gens d'ici. Pour eux, nous ne valions pas mieux que les elopers. Parce que nous ne sommes pas tous les deux des habitants de ces terres.
- Mais c'est raciste !
- Je sais que cet endroit n'est pas le paradis, mais c'est la terre natale de Hube. Je veux que notre enfant, il voit cet endroit. Vous donnez une raison de plus d'y venir y élever mon garçon ou ma fille. Vous êtes un souverain juste qui ne juge pas les origines. En ça, je dois vous remercier. Je sais que ça ne sera pas facile. Mais j'ai confiance en votre protection. »

Yuuri repensa à tous conflits sous-jacent du royaume. Mais il ne pouvait pas laisser cette femme sans son mari. Bien qu'il savait déjà que son règne ne se ferait pas sans certaines batailles. Mais comment allait-il rendre la raison à cet homme. Il comprenait ce désir de rendre la pluie à ces terres, mais il s'était fait avoir par la flûte démoniaque. Il ferma les yeux. Le silence l'entoura. Il voulait tellement lui dire qu'elle serait vraiment bien, que le fascisme n'était pas en vigueur dans son royaume. Mais il ne pouvait pas lui mentir. Pas après avoir entendu cette femme parler de son histoire, si belle et si tragique. Parce que les mazokus avaient leurs défauts. Mais devait-il les raconter ? Il en savait si peu. Il aurait aimé avoir Conrad ou Wolfram pour l'aider… Mais Gwendal cessa son frottage intensif pour juste caresser ses cheveux. Il devait sentir que Yuuri n'était pas dans son assiette...