Bien le bonsoir, oui je sais, nous sommes encore samedi à quelques minutes près. Mais je n'aurais pas le temps de vous poster ce chapitre demain matin donc, comme la fois d'avant, vous y avez le droit un peu en avance mais pas beaucoup.

Alors j'ai bien remarqué que la mort d'Aro avait attristé pas mal de monde mais c'était nécessaire.

Je vous fais plein de gros bisous et bonne soirée !


Isabella se tenait droite entre son mari et Sulpicia. Son cœur saignait sans quelle puisse le montrer comme elle aurait voulu. Elle tenait la main de la reine avec force, tentant de lui insuffler un peu de réconfort. Aro s'était éteint dans son sommeil, emportant avec lui le cœur de sa femme. Une fois encore, la brune regarda le corps d'un ami disparaître sous terre. Il faisait moins froid que le jour où ils avaient enterré Edward, pourtant tout semblait identique. Carlisle était blanc comme un mort, les mâchoires serrées.

Il n'avait plus ouvert la bouche depuis la mort de son frère. La princesse ne lui en voulait pas, au contraire, elle comprenait. Même si c'était inévitable, la situation ne les réjouissait pas. A peine le roi était-il mort, que les charognards étaient venu voir Carlisle en lui demandant quand ils devaient programmer la cérémonie de couronnement. Heureusement que la brune avait été là, sinon ils auront vite compris qu'il valait mieux le laisser tranquille.

- Puissiez vous reposer en paix, lança l'homme chargé de la cérémonie.

En effet, pourvu qu'Aro le puisse, Bella l'espérait vraiment. Ce n'était pas un homme parfait, mais ce n'était pas un homme méchant. Caressant le dos de la reine, la brune se proposa de la ramener à ses appartements. Isabella croisa son père et son frère sur le chemin. Ils n'étaient pas reparti vu la situation.

- Je ne sais pas ce que je vais bien pouvoir devenir maintenant qu'il n'est plus là, pleura pour de bon Sulpicia s'effondrant sur son lit. A part être sa femme et sa reine, je ne faisais rien d'autre.

- Vous apprendrez à vivre autrement, tenta de la réconforter Bella en s'agenouillant devant elle. Vous vous devez de continuer à vivre pour lui. Voyager, trouver une nouvelle activité, réaliser des rêves qui vous étaient inaccessible dû à votre rang.

- Je vais devoir changer de chambre, celle ci vous appartient à présent, s'exclama la reine en regardant autour d'elle paniquée.

- Je n'y tiens pas, intervint Bella en posant une main sur sa joue.

- C'est la chambre de la reine et vous êtes à présent la reine...

- Je ne veux pas de cette suite Sulpicia, trancha la brune inflexible. Mes appartements me conviennent parfaitement et ne me sortez pas une sottise tel que « c'est le protocole » parce que je risquerai de vous répondre quelque chose de désagréable. Puis je ne suis pas encore reine, donc cette discussion n'a pas lieu d'être.

- Je suis désolée, je m'égare, je ne sais plus où j'en suis.

- Vous devriez dormir, conseilla son amie en la couchant doucement. Je vais vous envoyez Alice, elle prendra bien soin de vous.

- Vous savez que j'ai mes propres dames de compagnie.

- Aucune d'entre elle ne vous a sauvé la vie et chacune est partie lors de l'attaque, je ne leur fait donc pas confiance pour me prévenir si jamais vous avez besoin de moi.

- Et vous, qu'allez vous faire ?

- Construire un feu, répondit énigmatiquement la brune en la bordant.

Elle avait demandé à Jasper de le préparer pour elle dans les terres de Carlisle, Aro méritait plus qu'une tombe. Il méritait un grand feu de joie où Bella pourrait jeter quelques offrandes pour l'accompagner dans sa vie future. Elle appela donc Alice pour qu'elle reste avec Sulpicia. Puis elle voulu retourner dans ses appartements pour changer de tenue. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle vit le sous-commandant Blake devant.

- Ma reine, la salua-t-il en s'agenouillant.

- Pas encore Alistair, pas encore, répondit-elle en lui faisant signe de se relever. Que me vaux le plaisir ?

L'homme se redressa et lui présenta une lettre avec un sourire en coin.

- Je suis transféré à votre garde à la demande du roi Aro, ceci était peut-être son dernier ordre. C'est vous qui avez demandé cette mutation ?

- En effet, cela vous déplaît-il ? l'interrogea-t-elle inquiète malgré tout.

- Non, bien au contraire, mais j'ai comme l'impression que c'est trop beau pour être vrai. Ne serait-ce pas une faveur que l'on vous a accordé ?

- Même si c'était le cas, ce n'est pas votre problème, s'amusa-t-elle en lui prenant la lettre des mains. Pas de soucis à être aux ordres du Major alors que vous étiez à sa place auparavant.

- Aucunement, je reste garde royale et je vais protéger une personne que j'admire et que je respecte. Mais cette faveur vous auriez dû l'utiliser pour quelqu'un d'autre que moi ou pour autre chose.

- Non, j'ai tout ce dont j'ai besoin. Je préfère avoir un garde doué en qui j'ai confiance plutôt que n'importe quel présent que je rangerai dans un placard sous peu. Je vous demanderez juste, comme à tous mes autres gardes d'être à mon service et non à ceux de mon mari.

Alistair lui fit un sourire de connivence. Il comprenait enfin où elle voulait en venir. Elle le protégeait autant qu'elle se protégeait elle même. Carlisle était connu pour sa paranoïa.

- Je suis à vos ordres, répondit-il en posant une main sur son cœur.

- Bien dans ce cas, allez voir Jasper, il va encore me tirer les oreilles, mais j'ai l'habitude à force, ricana-t-elle en haussant les épaules. Il vous présentera vos nouveaux appartements ainsi que les miens. Ensuite vous prendrez du repos, parce que vous comme moi, sommes encore marqué, même si cela se dissipe.

- Je ne suis pas en sucre, s'amusa-t-il en reprenant son ordre de transfert.

- Moi non plus, répondit-elle du tac-o-tac avant de rentrer dans ses appartements.

Les bleus sur son visage s'étaient bien estompés, un peu de maquillage et plus rien n'était visible, seulement ses côtes, elles, restaient bien violacées. Qu'il serait bon pour la princesse de coller son poing sur le nez du prince d'Opale. Dire qu'il serait là pendant le couronnement et qu'elle devrait se retenir de lui casser les dents une à une, c'était beaucoup lui demander. Mais elle devrait apprendre à retenir son nouveau caractère volterrien pour réagir en phénixienne, elle ne gagnerait rien à foncer tête baissée. Sa vengeance serait douce, elle les aimait ainsi. Athénodora l'aida à changer de tenue, ne comprenant pas pourquoi elle s'habillait blanc pour une sortie à cheval. Jasper ne tarda pas à frapper à la porte pour l'emmener.

- Tu n'en loupes pas une toi, se plaignit-il en la fusillant du regard.

- Il est sous ma protection maintenant, répliqua la princesse avec un sourire vainqueur.

- Et tu crois sincèrement que sa jolie petite gueule va plaire à ton mari ? ré-attaqua son ami sous le regard surpris d'Athénodora.

- Je n'en sais rien et je m'en moque. Carlisle n'a pas à me dicter mes gardes, de plus c'est un cadeau d'Aro, il ne pourra vraiment rien dire. Je suis prête à faire beaucoup d'effort, mais sur ce point je ne céderai pas.

- Je te préfère comme ça tu sais, s'amusa-t-il avec un sourire conspirateur. Tu te ramollissais dernièrement.

- Que veux tu je ne suis pas parfaite.

Athénodora et Jasper se sourirent. Ils seraient là pour lui rappeler ses paroles. Alors qu'ils allaient sortir, Demetri débarqua surpris de les voir sur le point de partir.

- Je tombe mal peut-être ? s'inquiéta-t-il.

- Nous sommes sur le départ, avoua Bella en lui souriant.

- Tu t'en vas, un jour pareil ?

- J'ai un rituel à accomplir.

La mère et le fils furent surpris et froncèrent les sourcils en même temps. Jasper fit signe à son amie, lui faisant comprendre qu'ils pouvaient très bien venir il n'y voyait pas d'inconvénient. Après tout, pourquoi pas. Voilà comment ils se retrouvèrent à six, avec Charlie et Emmett, devant un feu où la brune psalmodiait en jetant des plantes, des fleurs, une mèche de cheveux de la reine. Tout ce qu'il fallait à Aro pour continuer son chemin vers l'au delà. Demetri regardait son amie avec admiration. Elle n'était pas dans son pays, ce n'était pas un phénixien qui était mort et pourtant, elle gardait ses traditions. Ils restèrent devant le feu jusqu'à tard le soir, jusqu'à ce qu'il s'éteigne.

- Je trouve ça bien plus poétique que nos enterrements, chuchota Athénodora à l'oreille de son fils.

- Nous devrions peut-être changer de pays, répondit-il en prenant sa mère dans ses bras.

- Tu n'y vivrais pas heureux, il te manquerait toujours cette personne qui t'es inaccessible, murmura-t-elle dans la confidence.

- Elle mérite tellement mieux que tout ça, soupira-t-il en regardant la princesse. C'est du gâchis.

- Je sais, mais pour l'instant elle a besoin d'amis indéfectibles et c'est ce que nous serons. Nous la protégerons autant qu'elle nous protège.

- Nous ne pouvons pas la protéger d'elle même. Carlisle est en train de réussir là où Edward a toujours échoué. Il a brisé les murs de Bella et il s'infiltre dans chaque faille qu'il trouve.

- Il fera bientôt une erreur, il en fait toujours, le raisonna Athénodora. Peu importe les belles promesses qu'il peut lui faire, il n'est pas capable de les tenir. Ça se saurait si un des hommes de cette famille en était capable.

- Il est plus malin que les autres, constata Demetri dépité.

- Certes, mais nous avons la grande chance que Bella le soit plus que lui. Il suffit juste de lui rappeler.

Peut-être était-ce la solution en effet. Ils attendirent que les phénixiens en finissent avec la cérémonie. Bella les rejoignit et leur expliqua ce qu'elle venait de faire sur le chemin du retour. Pendant ce temps Charlie et Emmett restèrent en retrait.

- Major, appela le roi de Phénixis faisant grincer des dents Jasper.

Ce n'était un secret pour personne que Charlie et Jasper se détestaient. Leur caractère respectif était incompatible l'un avec l'autre, un peu comme avec Carlisle.

- Oui, grogna-t-il de mauvais poil.

- Lorsque le couronnement sera passé, nous repartirons pour Phénixis. Je m'inquiète énormément pour Bella. Alors je sais que nous ne nous entendons pas bien...

- C'est peu de le dire, ne put s'empêcher de dire le blond en levant les yeux au ciel.

- … mais ma fille m'est précieuse. Et ça vous le savez mieux que quiconque. Si elle montre le moindre désir ou besoin de revenir à Phénixis, vous avez ordre de tuer quiconque vous empêchera de la ramener. Je me mettrai ce foutu pays à dos pour l'éternité s'il le faut, mais je refuse de la voir devenir le jouet de cet homme.

Jasper en resta muet de stupeur. Charlie ne rigolait pas. Il envisageait une guerre si nécessaire pour récupérer Bella. Il remonta aussitôt dans l'estime du garde.

- Vous ne faites pas plus confiance à Carlisle que moi, enchaîna Charlie sûr de lui. Je le vois dans vos yeux.

- Alice est persuadée que votre fille est capable d'adoucir le futur roi, avoua Jasper malgré tout.

- Oui, elle en est capable, mais peut-être pas avant de s'y perdre totalement elle même. Je compte sur vous pour prendre soin d'elle.

- Vous savez très bien que je tente chaque jour de le faire, seulement Carlisle est un malin, j'attends d'un jour à l'autre qu'il m'éloigne d'elle, c'est une promesse qu'il m'a fait.

- Et bien qu'il la tienne, ainsi il brisera celle qu'il a fait à ma fille, j'attends avec grande impatience de voir sa réaction, s'amusa Charlie en s'imaginant bien la scène. Il est dur d'attendrir Isabella, mais il est très facile de la faire sortir de ses gonds, si vraiment il réussi l'exploit de vous séparer d'elle sans s'attirer ses foudres, je suis prêt à sortir ma meilleure bouteille.

- De quoi parlez vous tous les deux ? s'inquiéta la princesse un peu plus loin.

- De rien, répondirent-ils en cœur en se souriant.

Pour une fois qu'ils étaient sur la même longueur d'onde. Tout comme Bella, aux yeux de Charlie un concurrent phénixien valait toujours mieux qu'un étranger. Leur retour se fit sous les acclamations du peuple envers sa future reine. Bella était aimée de son nouveau pays et ça Charlie pu enfin s'en rendre compte.

La brune rejoignit les appartements de son mari sur la pointe des pieds, ne souhaitant pas le réveiller si jamais il s'était effondré sur un divan. Mais à la place elle tomba sur une scène qu'elle aurait préféré ne pas voir. Carlisle était en effet sur un divan, tête entre les mains, amorphe, la maudite marquise avec la main dans ses cheveux. Cette femme était entrain de déverser son venin dans son oreille et le prince ne semblait pas réagir, comme sonné.

- Je vous prierais de vous éloigner de mon mari au plus vite, siffla la princesse en se faisant enfin voir.

Les deux autres relevèrent leur tête en cœur. Carlisle avait les yeux tirés et remplis de larmes. La colère de la brune ne fit qu'enfler. Cette femme était encore entrain d'utiliser la faiblesse mentale de Carlisle pour le manipuler.

- Vous n'avez pas d'ordre à me donner ici, trancha la marquise en se relevant. Dis lui Carlisle.

Les dents de Bella se serrèrent encore plus. Même elle, en privé, ne tutoyait pas son mari. Autant de familiarités la rendirent folle de rage. Comme toujours la brune s'attendait à se faire rejeter par son mari qui lui aurait demandé de sortir, mais contre toute attente il se tu. Aucun son ne sorti de sa bouche.

- Je ne sais ce que vous êtes venu faire ici, si ce n'est enfoncé le couteau dans la plaie, mais je vous prierai de sortir avant que je devienne désagréable. Mon mari a besoin de repos et probablement de solitude.

- Vous aimeriez bien que je m'éloigne de lui lorsqu'il a le plus besoin de moi..., s'exclama la marquise méchamment.

- Sortez maintenant, c'est la dernière fois que je vous le dis, ordonna calmement Bella le regard brûlant.

La marquise lui fit un sourire de dédain se disant que de toute façon Carlisle l'empêcherait d'agir en cas de violence. La princesse, pour la première fois de leur relation tenta le tout pour le tout. Elle ouvrit la porte des appartements et appela la garde. Peter et un homme de Carlisle arrivèrent aussitôt se demandant ce qu'il se passait.

- Le prince souhaite être seul, pourriez vous faire sortir cette importune. Elle le dérange, ordonna Bella sans que son mari ne bouge d'un cil.

Le regard scandalisé de la marquise valait tout l'or du monde. Une bataille de plus gagnée pour la brune qui ressenti un plaisir certain à voir cette sangsue se faire traîner jusqu'à la sortie.

- Jusqu'à nouvel ordre du prince ou de moi même, ces appartements sont strictement interdit d'accès à cette femme, faite bien passer l'information aux domestiques, si elle est retrouvait ici, elle sera jugée pour traîtrise.

- Vous n'avez pas le droit de faire ça ! hurla Carmen en atterrissant dans le couloir sans douceur.

- Détrompez vous, avant je ne l'avais pas, maintenant, c'est une autre histoire qui commence, sourit Bella savourant sa victoire. Bientôt comme tous les nobles vous allez devoir vous agenouiller devant moi et m'appeler Majesté, j'attends votre révérence avec énormément d'impatience.

- Je me vengerai !

- Faites bien attention à ce que vous dites et ce que vous faites, menacer la reine c'est menacer ce pays, trancha Peter en la repoussant encore un peu.

Bella vit bien dans le regard de cette femme qu'elle n'allait pas lâcher l'affaire. Beaucoup trop à perdre. Il faudrait qu'elle se méfie, une personne aussi désespérée était capable de tout. Faisant demi-tour, la princesse retourna voir son mari. Il semblait au fond du trou. Après sa première femme, son second frère, son fils, Carlisle venait de perdre la dernière personne le rattachant à son passé. La princesse espérait sincèrement pouvoir l'aider dans cette épreuve, parce que si elle pensait ne pas le voir se relever après la mort d'Edward, il semblait encore en plus mauvais état à présent. Elle s'agenouilla devant lui et chercha à capter son regard.

- Je ne vais pas vous embêter plus longtemps, lui chuchota-t-elle en lui caressant les cheveux. Je ne sais pas si vous avez vraiment besoin de solitude. Ce que je sais c'est que je serai dans mes appartements et que si vous avez besoin, vous m'y trouverez.

- Je me souviens que vous m'aviez dit que j'y serai toujours le bienvenu si j'en ressentais le besoin, pleura-t-il en serrant la main de sa femme dans la sienne.

- En effet, sourit-elle heureusement d'entendre à nouveau sa voix.

- J'en ai besoin Bella, supplia-t-il en la regardant droit dans les yeux.

Le choc dut se voir sur le visage de sa femme. C'était la première fois qu'il l'appelait par son surnom. Laissant passer sa surprise elle lui prit les mains et l'emmena avec elle dans ses appartements. Elle l'allongea dans son propre lit et s'assit à ses côtés sur un fauteuil.

- Vous sentez le feu de bois, s'étonna-t-il en la détaillant enfin reprenant un peu conscience de ce qui l'entourait. Et vous êtes en blanc ?

- Mes rites, mes traditions, lui répondit-elle avec un regard mutin. Je ne me referai pas entièrement Carlisle.

Son mari la regarda avec admiration, elle avait fait ça pour son frère et ça le remplit de plénitude. Isabella l'étonnerait toujours. Il attrapa sa main et tira dessus.

- Rejoignez moi, supplia-t-il voulant le serrer dans ses bras.

- Ce serait avec plaisir, mais j'ai peur de m'endormir, avoua-t-elle en refusant sa proposition.

Carlisle comprit où elle voulait en venir. Encore une fois elle respectait bien plus sa volonté qu'il ne l'aurait pensé. Seulement il avait plus besoin de réconfort à ce moment précis que de faire face à ses peurs.

- Et bien endormez vous, du moment que je vous tiens contre moi, je serai sûr que vous êtes en vie. Vous êtes la seule personne qui me reste, je préfère vous garder contre mon cœur, ainsi je vous aurais à l'œil.

Bella ne savait pas s'il parlait avec son cœur ou avec ses craintes. Préférant ne pas le savoir, elle s'allongea à ses côtés et lui apporta le soutien dont il avait besoin. Derrière le général implacable qu'il montrait, se trouvait un homme sensible, fatigué par les épreuves de la vie. Et pourtant, des épreuves il leur en restait encore. Alors que ses yeux se fermaient, la princesse senti les lèvres de son mari sur les siennes. Un baiser doux, emplis de sentiment. Elle rouvrit ses yeux aussitôt. Il avait un regard brûlant posé sur elle.

- Merci, chuchota-t-il avant de fermer ses yeux à son tour.

Le cœur de la brune ne fit que battre plus fort. Après ça elle fut incapable de s'endormir. Se relevant, elle prit garde de ne pas le réveiller. C'était bien la première fois qu'elle le voyait dormir dans un lit, dans le sien de plus. Il était tellement beau avec ses cheveux tombant sur son visage. Ses traits plus doux que lorsqu'il était éveillé. Retournant dans son salon, Isabella tenta de calmer son cœur. Elle avait gagné beaucoup trop de bataille aujourd'hui pour qu'elle puisse réaliser. Est-ce que ça allait durer ? Cela restait à prouver. La domestique en chef vint frapper à sa porte en lui tendant une lettre.

- J'avais pour mission de vous la faire parvenir après la mort du roi, expliqua-t-elle en baissant les yeux.

- Le général et la reine en ont reçu une également ? demanda Bella comprenant un peu mieux la détresse de son mari.

- Oui en effet, le roi et l'ancienne reine l'ont reçu dans l'après midi, mais vous n'étiez pas présente votre Majesté.

- Nous ne sommes pas encore couronnés..., tenta d'expliquer la princesse.

Mais le regard de la domestique ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase. Oui, ils n'étaient pas couronnés, mais c'était tout comme. Carlisle avait repris les affaires d'Aro bien avant sa mort, Bella s'occupait de la régence du château à la place de Sulpicia depuis quelque temps. Autant dire qu'ils avaient déjà mis les pieds dans le plat depuis un moment.

- Il va falloir vous y habituer, votre Majesté, s'amusa quelque peu la chef des domestiques en se retirant.

Toute sa vie, la princesse de Phénixis avait su qu'elle deviendrait la reine de Volterra. Maintenant qu'elle y était elle n'en ressentait que de la tristesse. Prendre cette place, c'était dire au revoir à Aro et ça lui arrachait le cœur. Même si elle n'avait pas le choix. Prenant cette fameuse lettre, elle la décacheta et tomba sur l'écriture fine et élégante de son beau-frère accompagnée d'une clef :

Très chère Bella,

Comment vais-je pouvoir vous écrire tout ce que j'ai sur le cœur vous concernant.

Je ne vous ai pas vraiment vu grandir, pour moi vous étiez un pacte scellé avec votre père. Un moyen de paix entre nos deux pays. Vous étiez la fiancée d'Edward depuis tellement longtemps que je pense que j'ai eu beaucoup de mal à vous imaginer autrement qu'avec lui.

Le fait est que mon frère est bien plus malin que moi. Lui aussi, au début, ne pouvait se résoudre à vous voir dans les bras d'un autre homme que son fils. Seulement cet entêté a su ouvrir ses yeux très observateur et sauter sur une occasion qui ne se représenterait pas. Vous êtes envoûtante et le fait que Carlisle vous ai épousé en est la preuve. J'avais vraiment peur que jamais il ne se remarie.

Là où je croyais que vous étiez comme beaucoup de femme, vénale, imbue d'elle même et manipulatrice, j'ai pu découvrir que vous étiez bien plus que ça. Manipulatrice, vous l'êtes, c'est indéniable, mais je ne pense pas que vous soyez mal intentionnée. Vous êtes une belle personne. Vous m'avez redonné le sourire, vous avez crée une belle amitié avec ma femme et vous êtes entrain de ressusciter le cœur mort de mon frère.

Vous êtes belle, intelligente, aimante et protectrice. Que suis-je entrain d'écrire ? Après tout vous êtes phénixienne, pourquoi devrais-je m'en étonner. Mais par dessus tout, ce que j'aime chez vous, c'est cette entêtement à ne jamais vouloir lâcher l'affaire. Quand vous vous donnez un objectif, jamais vous ne faites demi-tour. Vous serez une reine fabuleuse. Et lorsque vous travaillez ensemble Carlisle et vous, vous devenez imbattable.

Vous m'avez fait une promesse, souvenez vous en. Quoiqu'il arrive, n'abandonnez pas mon frère. Oui il est buté et parfois très imbécile quand il s'agit d'ouvrir les yeux sur la marquise, mais j'ai de l'espoir. Parce qu'il a des sentiments pour vous. Parce que vous avez réveillé quelque chose en lui. Et je préfère largement partir en le sachant dans vos bras que dans ceux de cette femme vénale.

Je vais vous faire part de deux secrets qui jamais ne se sont ébruité de cette famille. Mais j'ai assez confiance en vous pour vous voir les utilisez à bon escient. Le premier concerne la marquise. Elle a une influence sur Carlisle depuis la mort d'Esmée. Elle a abusé de la faiblesse de mon frère pour s'infiltrer dans toutes ses failles. Au départ je trouvais que c'était une bonne idée, que ça le changerait de sa mélancolie. Puis au fur des années, j'ai comprit qu'elle avait trop d'emprise sur lui. Voilà bien des années qu'elle sait comment le manipuler, quel mot lui dire pour qu'il change d'avis. Quand il faut faire une colère et quand il faut jouer de culpabilité. Elle est un serpent qui a entouré sa proie et n'a aucune intention de lâcher. Prenez garde à vous avec elle, la marquise est assez maligne et mal intentionnée pour vous faire du tort. J'en viens au secret qui pourrait lui faire du mal. Quoi ? Je ne suis pas un grand admiratif de cette femme j'ai donc le droit a une petite vengeance, personne à part vous ne saura que cela vient de moi. Je vous ai joint une clef avec ma lettre. C'est celle des archives royales, qui va vous donner accès à nos livres sur les lois de ce pays. Je ne doute pas que vous saurez trouver dans ces documents de quoi vous aider dans votre quête. Je vous le souhaite.

Mon deuxième secret est un de ceux qui est le mieux gardé depuis bien avant la naissance d'Edward et il concerne Athénodora. Je sais toute l'amitié que vous lui portait, toute la confiance que vous avez en elle et peut-être avez vous raison. Néanmoins j'ai toujours eu beaucoup de mal à lui faire confiance moi même. Lorsque je suis devenu roi à la suite de mon père, il a fallu que je me marie et à l'époque j'étais fiancé à Athénodora. Belle famille, très bonne lignée, belle femme aussi. Seulement je ne pouvais m'y résoudre. Pas après avoir fait la connaissance de Sulpicia. J'ai rompu nos fiançailles pour épouser la femme qui faisait battre mon cœur. Nous savions tous les deux dans quoi nous nous engagions. Athénodora, dû à son caractère exclusif n'aurait pas supporté cette vie et je pense que mes maîtresses n'aurait pas passé la nuit. Dire qu'elle a mal prit le fait de passer à côté du trône est un euphémisme. Je ne sais toujours pas si c'est par vengeance ou par amour qu'elle s'est entichée de mon petit frère Caïus. Ce n'était pas un homme facile, il était très colérique mais elle semblait réussir à l'apaiser, alors j'ai laissé faire. Caïus a toujours refusé de l'épouser par respect pour moi, voilà pourquoi il n'a jamais reconnu Demetri. C'était un peu le fils que je ne pouvais avoir, puisque je n'avais pas épouser la femme que j'aurais du avoir à la base. Notre histoire avec Athénodora sera toujours voilée de doute. Nous en veux-t-elle ? A-t-elle cherchait dans l'ombre à nous détruire, à nous faire souffrir ? Peut-être n'a-t-elle jamais rien tenté, mais je ne peux lui accorder ma confiance sans crainte comme vous le faite, parce que quelque part, j'étais en tort.

Vous lui avez donné accès à la reine, que vous allez devenir, alors j'ai toujours eu cette crainte qu'elle ne vous influence pour prendre elle même le pouvoir. Mais maintenant que vous êtes au courant, vous êtes assez brillante pour y réfléchir à deux fois.

De ma vie, je n'ai jamais vu un phénomène tel que vous. Bella vous êtes exceptionnelle. Restez le. Pour le bien de ce pays, celui de mon frère et surtout parce que vous méritez d'être connu. Je n'ose imaginer à quoi ressembleront vos enfants, je suis un peu triste de ne pouvoir les connaître. Mais je suis certain qu'ils seront phénoménaux comme leurs parents. Mais j'espère que d'ici à ce qu'ils soient grand vous ayez réussi là où nous avons échoué.

Après bien des réflexions, il faut que je sois à l'article de la mort pour comprendre, pour vous comprendre. Vous n'avez toujours eu qu'un mot à la bouche, tout comme votre père : la paix ! Sacré objectif que vous vous infligez Bella. Les volterriens ne sont pas d'une nature pacifiste. Apprendre à toute cette assemblée de combattant ce qu'est la diplomatie n'est pas une mince affaire. Vous cherchez à nous apaiser, pas à nous affaiblir, mais à nous apprendre à vivre autrement. Y avez vous vraiment bien réfléchi ? Vous êtes une force de la nature, c'est vrai, mais êtes vous vraiment capable d'arrêter la tempête ? Je vous le souhaite, moi aussi j'ai rêvé d'un Volterra en paix, mais ça me semblait bien utopique.

Mon dernier conseil. Apprenez un peu à vivre pour vous Isabella. Vous êtes trop jeune pour vous enfermez dans une vie telle que celle ci. Jasper semble être votre seul écart. Il est le seul qui vous ramène à votre enfance, à un autre rôle que celui que votre pays vous a ordonné de prendre. Restez vous même. Charmante, brillante et aimante. C'est ainsi que Carlisle vous aime, c'est ainsi que chacun de nous vous aime. Même le peuple, surtout le peuple devrais-je dire. Gardez votre sourire et votre esprit affûté, je crois en votre victoire, il serait mal venu de voir Phénixis perdre contre Volterra. Prenez soin de mon frère et de ma femme. Vous êtes leur meilleur soutien.

Je fus heureux de vous connaître et j'emporte avec moi le souvenir d'une femme hors du commun qui a su à bien des égards nous conquérir. Avec toute mon amitié.

Aro.

Les larmes de la brune ne cessait de couler. Il l'avait déchiffré, il avait su lire en elle. Aro allait tellement lui manquer. Cet homme un peu farfelu laissait un grand vide derrière lui. Pour la marquise, ce qu'elle venait d'apprendre était une évidence. Pour Athénodora c'était une autre histoire. Jamais sa dame de compagnie n'avait essayé de la manipuler pour qu'elle prenne une décision politique. La seule fois où elle avait donné son avis, c'était vis à vis de se relation avec Carlisle. En y regardant de plus près, oui Athénodora avait de la rancœur après cette famille. Mais pas au point de lui vouloir du mal comme le pensait Aro. Très bien, elle était au courant maintenant. Mais rien ne justifiait qu'elle ne fasse plus confiance à sa dame de compagnie. Athénodora l'avait toujours soutenu, toujours aidé. Qu'importe ce qu'ils en pensaient, Bella ne reviendrait pas là dessus.

Elle retourna dans sa chambre après avoir séché ses larmes. Elle rangea doucement la lettre et la clef avec son livre des coutumes et lois de Phénixis. Eux même bien caché dans un renfoncement d'une de ces malles. La brune observa son mari dormir encore un peu puis se déshabilla pour le rejoindre. Mieux valait profiter de cet instant pendant qu'il lui accordait, elle n'avait aucune certitude que ça durerait. Elle se blottit dans ses bras, savourant son odeur et sa chaleur. Elle ne l'abandonnerait pas... sauf si elle n'avait plus le choix.


Alors alors ? Ce rapprochement Carlisle Bella ça vous plait ? Bon je sais que ce n'est pas la meilleure situation possible mais c'est déjà ça. Allez bonne nuit, moi je vais me coucher, demain je bosse. Bisous !