Salut à tous !

J'espère que vous avez passé de bonnes vacances ?

Je ne vais pas blablater plus longtemps, car je sens votre impatience d'ici, donc à vos lectures !

Enjoy :)


Dorea ferma sa malle et cadenassa les attaches dans un long soupir.

- Vous êtes prête Miss ? demanda Anna en faisant irruption dans la chambre.

La jeune fille acquiesça, puis elle sortit de la pièce suivit de sa femme de chambre qui fit flotter le bagage de sa baguette à leur suite.

Elles descendirent les escaliers et pendant que la gouvernante s'engagea au-dehors pour déposer la valise dans le coffre de l'automobile, Dorea s'approcha de Goderic qui était sclérosé au cœur du hall.

Le lord se joignit à pas comptés vers la jeune fille puis la saisit subitement dans ses bras, la serrant fort contre lui.

Un mutisme s'abattu dans la pièce, les domestiques présents n'osant pas amorcer le moindre geste. Goderic se découpa de Dorea et saisit son visage en coupe pour enfouir son regard noisette dans celui émeraude de sa fille. Cette dernière décela un soupçon de crainte dans les prunelles du lord.

- Dott', je veux que tu me promettes une chose, articula-t-il d'un ton soudainement grave.
- Quoi ? souffla la jeune fille
- N'oublie jamais qui demeure ton véritable ennemi.
- Que veux-tu dire ?
- Si tu cours le moindre risque, si ta vie est mise subitement en péril, alors tu fuis, entendu ?
- Papa, je ne vais pas me battre dans les tranchées, je vais simplement entrée en cinquième année, dit-elle décillée par le sérieux si soudain de la situation.
- Promets-moi ! ordonna Goderic

Dorea ferma les yeux puis les rouvrit immédiatement et campa délicatement ses mains sur les avant-bras de Goderic. Brusquement, un éclair de compréhension transperça les yeux verts de Dorea. Elle avait déjà vécu cette scène. C'était la dernière fois qu'elle voyait son père avant de…

Elle fixa Goderic et une larme coula sur ses joues. Cette fois-ci, elle ne commettrait pas la même erreur. Elle restera avec lui, en sûreté. Rien de tout ce qu'il suivra n'aura lieu et ce sera très bien comme ça.

- Papa, je reste, dit-elle d'une voix déterminée.
- Tu ne peux, pas, dit-il posément. Tu dois aller à Poudlard, c'est Dumbledore qui le demande.
- Comment ça ?
- C'est lui qui m'a demandé de te transférer à Poudlard.
- Mais…

La lèvre inférieure de Dorea se mit à trembler et son père la reprit dans ses bras.

- Il a besoin de toi, murmura son père.
- Harry n'a pas besoin de moi, répondit Dorea à voix basse.
- Qui te dit que je parle d'Harry ?

Dorea fronça les sourcils et s'écarta de l'homme pour discerner l'ombre d'un jeune homme, la démarche nonchalante, se dessiner derrière Goderic.

L'adolescente se réveilla brusquement et quand elle ouvrit les yeux, elle se trouva dans sa chambre d'Highclere Castle.

Ne pouvant plus détailler le pourquoi du comment elle se retrouvait là, la bile lui monta à la gorge, son estomac se retourna et elle se pencha au-dessus de ses draps pour vomir de l'eau sur la descente de lit.

La porte de sa chambre s'ouvrit et une voix qu'elle reconnut comme sa femme de chambre, mais sans distinguer ce qu'elle disait, cria à travers les corridors.

Sirius et Mrs Weasley entrèrent dans la pièce, suivirent de Carson et Anna.

Black se précipita vers la table de nuit de l'autre côté du lit, ouvrit le premier tiroir et se saisit d'une seringue, puis contourna la couche pour replacer confortablement Dorea sous les draps.

Il saisit son avant-bras, trouva une veine alors que Mrs Weasley exprimait des paroles incompréhensibles.

Sirius pointa l'aiguille dans une de ses veines, puis tout devient flou et avant de plonger dans les limbes, elle entendit son parrain lui murmurer à l'oreille :

- Dors Dorea, tu en as besoin. Tu es en vie… Tu es en vie.

Quelques heures, plus tard, ses pupilles papillonnèrent, la brume l'entourant se dissipant peu à peu et progressivement prenant conscience qu'elle se trouvait dans sa chambre à Highclere Castle.

Alors que son corps se réveillait petit à petit, elle sentit des courbatures apparaître dans chaque parcelle de sa peau et de ses muscles. Elle gémit de douleur, sentant sa bouche sèche et ses lèvres grésées.

La nausée la gagna, mais aucune envie de vomir se fit sentir cette fois-ci.

Elle se redressa sur ses coudes avec pénibilité et comprit pour la première fois avec autant de clarté dans son esprit ce qu'il s'était passé.

Le souvenir de l'article de la Gazette annonçant que son père était mort lui revint en mémoire. Mais elle n'y croyait pas… C'était inconcevable. Elle venait de le voir… Elle allait quitter Highclere pour Poudlard…

Cela avait eu lieu il y a plusieurs mois, lorsqu'elle l'avait vu en vie pour la dernière fois.

Son père était bien mort, c'était une fatalité.

Ses yeux s'embuèrent de larmes, et ne pouvant soutenir la douleur qui perçait au creux de sa poitrine, elle s'affala sur ses oreillers et pleura, lâchant prise.

Son monde s'était définitivement écroulé. Son château de cartes, terrassé. Ses quilles de Bowling à terre. Le jeu était fini. La partie d'échec achevé. Celui qui avait assassiné son père lui avait prit tous ses pions. Il ne lui restait plus rien. Il ne lui restait plus personne. Elle n'avait plus de famille. Elle était orpheline.

Dorea utilisa une grande inspiration, puis épongea son visage et tenta de se redresser à nouveau et de se lever du lit. À travers les tentures de soie, elle distingua la nuit étoilée et hivernale, les flocons s'écrasant sur le parc du château.

Lorsqu'elle se leva, la tête lui tourna et elle faillit défaillir sous la faible énergie que contenaient ses jambes. Elle baissa les yeux et déboutonna sa chemise de nuit. Dorea fut choquée de ce qu'elle voyait. Ses cuisses étaient squelettiques, les os de son bassin ainsi que de ses côtes ressortaient sinistrement.

Elle toucha son corps, sentant sous ses paumes la moindre partie osseuse se détacher de sa peau. Ses doigts montèrent jusqu'à ses joues et les sentirent creusées au possible.

Dorea déglutit avec difficulté. Le tonus et la vitalité qui l'habitaient autrefois s'étaient envolés de son être. Elle s'avança vers le miroir au-dessus de la cheminée et vit une jeune fille la regarder, affaiblie et rachitique.
Elle comprit qu'il s'agissait d'elle et ne pouvant en regarder plus, elle referma sa robe et avec une démarche adynamique, se dirigea vers la porte d'entrée.

Quand elle fut dans le couloir, elle distingua à travers les rayons de lune l'escalier menant au hall d'entrée et s'y engagea.

Lorsqu'elle fut en bas, elle observa les alentours, les plafonds voûtés de pierres de la salle, surplombée de galeries et de corridors.

Des chuchotements indistincts parvinrent à ses oreilles et elle fit volte-face percevant que cela venait de la salle à manger.

La porte de la pièce était entrebâillée et une lumière vivotant se reflétait à travers elle. Elle s'approcha avec précaution, sans émettre le moindre bruit, distinguant peu à peu le fil de la conversation.

- Dès que Dorea sera réveillée, nous devrons l'informer de la situation, grogna Maugrey. Nous avons pu recontacter Deirdre Artwood, mais elle refuse bien évidemment l'héritage pour Dorea et elle te laisse sa tutelle Sirius.
- Qu'a dit l'avocat de Goderic ? demanda Mr Weasley.
- Qu'il eût enfin mis la main sur le testament de Goderic, dit une voix grave et calme que Dorea ne connaissait pas. Deirdre, ne veux rien avoir à faire avec ça, elle veut juste savoir comment elle va. Elle est retournée à New-York et attend de nos nouvelles.

Dorea poussa la porte qui grinça et vit Sirius, Mr et Mrs Weasley, Maugrey Fol Œil, et un homme grand et noir, un anneau accroché à l'oreille se tourner vers elle.

- Dorea ! s'exclama Sirius en se levant de sa chaise en bout de table.

Il se précipita vers la rousse et la prit tendrement par les épaules, la jaugeant de ses prunelles noires.

- Tu… Tu vas bien ?
- Ça va… j'ai … j'ai la tête qui tourne, dit Dorea ne reconnaissant pas sa voix éraillée.
- Il faut que tu t'asseyes, dit Sirius, en la conduisant vers sa chaise pour l'installer.

Les membres de l'ordre qui s'était tous levés à son entrée, l'observèrent attentivement et Dorea leva les yeux, les détaillants à son tour.

- Qu'est-ce que je fais ici ? demanda la rousse en fronçant des sourcils.

Mrs Weasley s'approcha de Dorea, s'accroupit en lui prenant la main avec douceur, tandis que les autres reprenaient places.

- De quoi te souviens-tu, ma chérie ?
- Je … je me souviens de l'article de la Gazette annonçant la mort de… De… Mon père, ensuite plus rien.
- Dorea, fit Molly, après l'annonce de la Gazette, tu t'es précipité sur le terrain de Quidditch et tu as fait apparaître un cyclone qui a détruit les gradins sur son passage.
- Quoi ? souffla Dorea
- Harry et le jeune Drago Malefoy t'ont trouvé inerte au centre de l'aire, reprit Sirius qui s'était installé près d'elle. Apparemment, d'après ce qu'a dit ton frère, Malefoy t'a porté jusqu'à l'infirmerie où Rogue et Mrs Pomfresh ont tenté de te ranimer.

Dorea baissa les yeux ne saisissant pas les paroles de Sirius. Elle ne comprenait rien…

- Dorea, fit Sirius d'un ton solennel, tu as été dans le coma pendant presque un mois. Tu as fait une grosse hémorragie interne et tes organes ont lâchés. Tu es passé à…
- Sirius ! réprimanda Mrs Weasley en l'interrompant.

Dorea examina un à un les visages des sorciers l'entourant.

- Je suis passé à deux doigts de la mort, c'est ça ? éluda Dorea.

Aucun ne répondit, seul le silence affirmant sa question.

- Alors qu'est-ce que je fais ici ? questionna machinalement la serpentard.
- On sait juste que c'est un miracle Dorea, dit Mrs Weasley d'une voix lisse avec un fin sourire. Il y a deux jours, tu as ouvert les yeux et après plusieurs examens, les médicomages ont constatés que tout était revenu à la normale. On ne sait pas comment, mais je peux t'assurer que l'on est tous très heureux de t'avoir à nouveau parmi nous…

La voix de Mrs Weasley s'était transformée en un glapissement chevrotant et Dorea perçut les yeux de la matriarche s'humidifier. Dorea eut un sourire imperceptible, touchée par la compassion de la mère de famille.

- Maintenant que tu es réveillée et en pleine possession de tes facultés mentales, grogna Maugrey, nous devons t'informer que durant ton coma et suite au décès de ton père, le ministère a bloqué la succession des Artwood.
- C'était de cela dont vous étiez en train de parler quand je suis arrivée, murmura Dorea.
- Oui, et nous faisons face à un sérieux problème, car Fudge bloque toute procédures et nous devons faire vite avant que les biens de ta famille, de ton père, soient la propriété directe de l'état et en l'occurrence du ministère de la magie. Le délai d'un mois étant passé, pour qu'une personne revendique l'héritage…
- Je n'en veux pas, coupa Dorea.

Tous l'observèrent éberlués.

- Tu veux refuser l'héritage ? dit Sirius interdit
- Oui, affirma Dorea.
- Tu ne peux pas, rétorqua Black.
- Pourquoi ?
- Parce que si tous les biens qui appartiennent à ton père reviennent au ministère, nous avons peur que…
- Que quoi ?
- Que Lucius Malefoy s'en empare et que ce château devienne la future demeure de Lord Voldemort, acheva Maugrey.

Dorea fixa l'auror l'air interdite.

- Ce sont les mangemorts qui ont assassiné mon père ? N'est-ce pas ?

Les membres de l'Ordre restèrent silencieux, ce qui confirma la question de Dorea. Les larmes recommençaient à couler sur les joues de la jeune fille. Un sentiment inédit la transperça alors : la vengeance. Elle trouverait l'assassin de son père et lui infligera mille tortures pour avoir tué le seul être qu'elle aimait le plus au monde.

Elle regarda autour d'elle et elle éprouva l'impression qu'il manquait quelque chose à la pièce.

- Que s'est-il passé pour mon père. Racontez-moi tout, dit-elle fermement en essuyant son visage.

Sirius et Mr Weasley se jetèrent un coup d'œil prompt puis le patriarche s'élança.

- Comme tu le sais, ton père a fui l'Angleterre quand Dumbledore l'a prévenu pour Ombrage. On a aussitôt demandé aux domestiques de se mettre en sécurité. Mais les aurors ont attrapé, votre valet de pied James et ils l'ont enfermé à Azkaban pour l'int…
- Je sais tout ça, coupa Dorea. James a avoué, mais après ?
- Et bien, ils ont relâché le domestique qui s'est aussitôt mit en sécurité avec les autres et sous notre protection, expliqua Mr Weasley. Pendant des semaines, nous avons tenté de chercher les traces de ton père et Kingsley, ici présent, dit-il en désignant l'homme à l'anneau sur l'oreille, a participé à la fouille du château.
- J'ai vérifié chaque propriété que détenait votre père en Angleterre et à l'étranger, dit Kingsley de sa voix posé. Mais nous n'étions pas les seuls à connaître le registre de ces domaines.
- Lucius Malefoy, éluda Dorea.
- Je ne pense pas que Lucius Malefoy ait été complice de son assassinat, mais il a donné beaucoup d'informations sur Goderic, dit Sirius.
- Après l'évasion des mangemorts à Azkaban, ce n'était plus qu'une question de temps, fit Maugrey.
- Ils l'ont retrouvé à Paris, aux abords du Grand Palais, dit Mr Weasley et il s'est vaillamment battu, mais il était seul contre une dizaine de Mangemorts.
- La justice magique et le département de régulation des affaires moldus en France ont eu énormément de travail pour tout remettre en ordre, dit Kingsley Shacklebolt.
- Nous avons rapatrié son corps, dit Sirius et il est enterré ici dans le parc.

Dorea contemplait les sorciers et sa tête tourna de plus belle.

- Dorea ! s'exclama Sirius en se précipitant sur la jeune fille qui défaillit.

Lorsque la jeune Artwood reprit conscience, elle comprit qu'elle était allongée sur quelque chose de moelleux et chaud. Elle en déduisit qu'elle devait se trouver à nouveau dans sa chambre, couchée sur son lit. Elle resta les yeux fermés, ne souhaitant pas affronter la réalité.

- Daisy, que faites-vous ? entendit-elle chuchoter.

Elle identifia la voix de son majordome : Carson.
- J'allume un feu pour Lady Artwood, monsieur, répondit la fille de cuisine.
- C'est extrêmement aimable de votre part, mais nous devons laisser Lady Artwood se reposer.

Dorea perçut un froissement de tissu, puis une porte claquer. Elle ouvrit enfin ses pupilles et tout redevint clair. S'était-elle évanouie ?

Elle regarda autour d'elle et vit qu'il devait être certainement le matin, puisqu'un timide rayon de soleil hivernal s'infiltrait à travers les rideaux dominant les grandes baies vitrées qui donnait sur le parc.

Étrangement, elle se sentait moins courbaturée et moins faiblarde que la veille.

La discussion de la nuit dernière lui revint alors en mémoire. Cela avait été trop d'information pour elle d'un coup. Mais à présent elle les assimilait progressivement.

Elle pensait à son père, qui avait dû mourir dans d'intolérables souffrances.

Dorea se sentait coupable. Si son père était mort, c'était de sa faute à elle. Ombrage avait révélé leur secret et elle n'avait pas été capable de démentir quoi que ce soit. Elle avait alors mis en danger Goderic. Elle avait signé son arrêt de mort.

Dorea se leva du lit et vit qu'une robe noire était posée délicatement sur un fauteuil dans le coin de la pièce.

Quand la jeune fille pénétra la salle à manger, Sirius, Mr et Mrs Weasley, Maugrey et Kingsley étaient attablés, déjeunant silencieusement. Ils relevèrent le chef à son apparition et restèrent sans voix.

La jeune fille avait revêtu sa robe noire que la gouvernante avait préparée pour elle.

C'était une robe longue et droite, arrivant jusqu'aux chevilles, faite de dentelle anglaise ajourée sur une doublure de soie de la même teinte. Les manches recouvraient ses bras d'une peau blanchâtre et elle était muni d'un petit col montant jusqu'à mi-cou.

L'adolescente avait rehaussé ses cheveux en un chignon banane et malgré sa maigreur apparente, elle dégageait une prestance naturelle propre à l'aristocratie anglaise.

Dorea alla s'asseoir en bout de table face à Sirius.

Carson arriva à ses côtés, lui souriant d'un air bienveillant, portant un plateau.

- Ravi de vous revoir, Lady Artwood, murmura-t-il.
- Moi aussi, Carson, répondit Dorea machinalement.

Cette dernière affichait une expression aphasique, froide et impassible. Carson lui servit une assiette d'œufs au bacon et Dorea, observa le plat avec dégoût. Elle n'avait pas faim, et la dernière chose qu'elle souhaitait, c'était de manger.

- Il faut au moins que tu avales une petite part, Dorea, dit Mrs Weasley. Ton corps a subi un choc, il faut que tu reprennes des forces.

Dorea acquiesça puis prit sa fourchette et prit de son bout une part d'œufs brouillés. La bile lui monta à la gorge, mais la jeune fille se força à manger.

Mrs Weasley sourit, quelque peu soulagée.

- Dorea, dit Sirius, nous allons organiser ton retour à Poudlard dès ce soir. L'avocat de ton père sera là dans une heure, pour régler les détails de la succession.

L'adolescente ne répondit pas. Elle reposa sa fourchette et se tourna vers Carson.

- Comment vont les autres ?
- Ils vont bien Lady Dorea…
- Ne m'appelez pas par ce titre, souffla la rousse.

Carson lui fit un signe de tête cependant, avant qu'il ne déserte la pièce, la verte et argent perçut une lueur d'affliction et de tristesse dans ses yeux.

- Je vais aller faire un tour, dit-elle à voix basse en se levant.
- Je t'accompagne, dit Sirius en amorçant un geste pour se lever à son tour.
- Non, répondit-elle fermement. Je préfère être seule.

Sirius reprit place et Dorea sortit de la salle à manger pour se retrouver dans le hall. Elle grimpa les escaliers pour se retrouver dans la galerie et déambula distraitement dans le couloir pour se retrouver devant la porte du bureau de son père.

Le cœur de Dorea loupa un raté et c'est avec une certaine hésitation qu'elle tendit sa main vers la poignée pour ouvrir la porte.

En apercevant la pièce vide, la tristesse et la déception la submergèrent. Elle s'attendait presque à découvrir Goderic installé derrière son bureau, la réprimandant, car elle n'avait pas frappé avant d'entrer.

Dorea referma la porte et se dirigea vers la table. Elle la contourna pour se retrouver derrière et s'installa dans le fauteuil Chesterfield de son père.

Il vit un cadre posé, représentant sa mère Hermance au coin du bureau, deux plumes plongées dans leur encrier en argent massif, et sur l'autre coin du bureau, une photo d'elle à son entrée à Beauxbâtons, dans son uniforme en soie bleu crassé de boue.

Muées par une soudaine curiosité, et souhaitant surtout refouler les larmes qui étaient sur le point d'apparaître une fois de plus, elle se mit à fouiller dans les tiroirs, ne sachant quoi chercher.

C'est alors, que dans le tiroir central, elle estima un livre, plus exactement un registre jauni et à la couverture cuirassée, noire, où il était inscrit en lettre d'or : « Actions détenues par Lord Goderic Artwood et Lucius Malefoy ».

Dorea sentit une brique tomber au fond de son estomac et elle contracta la mâchoire en pensant à l'associé de Goderic, mangemort de son état.

Elle l'ouvrit et entreprit de lire un charabia et un jargon auquel elle ne comprenait strictement rien, avec des chiffres. Feuilletant le registre elle tomba sur une page où était inscrit toutes les propriétés que détenaient Lucius Malefoy avec son père ainsi que ses propriétés privées et celle de son père.

Une soudaine envie de vengeance apparue en elle.

- Vous souhaitez dépouiller Monsieur Malefoy de tous ses biens ? demanda, éberlué l'avocat de son père installé face à elle.

Maître Hartman était arrivé une heure plus tôt et tous deux s'étaient installés dans le bureau, Dorea écoutant attentivement les conseils de l'avocat de la famille.

- C'est bien cela, dit Dorea d'un ton professionnel, comme elle avait fréquemment entendu Goderic le faire. J'aimerais que l'on rachète tous ses biens, sauf le manoir du Wiltshire, qui est son unique possession privée après tout. Il détient cinquante pour-cent des parts de chaque domaine qu'avait mon père. Je veux tout racheter.
- Pour cela, vous allez devoir signer la succession et hériter du titre de votre père. Sans ça, vous ne pouvez pas utiliser l'argent qui vous revient de droit.
- Je le ferais, dit-elle sans hésitation.

Presque deux heures plus tard, l'avocat reparti avec pour mission de régler tous les derniers détails dans la plus stricte discrétion.

- C'est digne d'une serpentard, ce que tu viens de faire, lui murmura Sirius en fixant à son tour l'allée centrale menant à l'entrée du château où l'avocat venait de transplaner.
- J'ai repensé à ce qu'a dit Maugrey, et je ne peux pas envisager de voir des mangemort ou même Voldemort lui-même errait dans cette demeure comme si c'était la leur.
- Je comprends, mais ce ne sera pas sans retour de flammes. Malefoy va être fou furieux.
- C'est bien le but, le faire sortir de ses gonds.

Dorea entra dans le château et prit la direction de sa chambre pour s'y enfermer. Elle avait fait un effort surhumain pour maintenir la conversation à l'avocat, à présent, elle voulait se retrouver seule et être tranquille pour pouvoir se laisser à aller à sa peine comme elle en avait envie.

Vers cinq heures du soir, elle entendit les grilles du parc grincer et une voiture rouler sur le gravier. Elle sortit prestement de sa chambre et dévala les escaliers avec le peu de force et d'énergie qui lui restait. Elle vit Sirius se transformer en chien et galoper à la va vite vers l'office quelques étage en dessous.

Elle fut rejointe par Mr et Mrs Weasley tandis que la berline se gara devant l'entrée.

- Où sont Maugrey et Kingsley ? demanda-t-elle en ne distinguant pas les deux aurors.
- Partis il y a une heure, répondit Mr Weasley.

Alors qu'ils se dirigeaient vers le vestibule, ils virent Cornelius Fudge sortir en premier de la voiture, puis une canne au pommeau d'argent en forme de serpent apparaitre derrière lui, suivit d'un Lucius Malefoy au visage inexpressif, émerger à son tour de l'auto.

Quand Dorea s'avança vers eux, une lueure de surprise passa dans les yeux des deux visiteurs, la détaillant de bas en haut.
La jeune fille revêtit un masque impassible et en même temps une prestance qui convenait à une Lady. Comme le lui avait appris son père.

Elle flanqua un coup d'œil à Mr Weasley qui contracta la mâchoire et serra la jointure de ses poings en découvrant la présence de Lucius Malefoy.

Dorea, elle, ça ne l'étonnait guère. Lucius Malefoy était un vautour qui rôdait autour de son père depuis des années. Et la serpentard lui avait justement coupé l'herbe sous les pieds le matin même. Pas étonnant que la mangemort rampe pour réclamait son dû.

- Miss Artwood, je vous présente toutes nos condoléances, dit tristement Fudge en lui tendant la main.

Dorea la serra et arqua un sourcil avec dédain.

- C'est Lady Artwood, répondit-elle sèchement.

Lucius Malefoy plissa les yeux. Dorea sans un regard pour ce dernier fit volte-face et les invita à entrer dans la demeure.

Lorsque Lucius Malefoy passa devant Arthur Weasley, le patriarche introduisit sa main dans sa poche, saisissant sa baguette magique lançant un regard menaçant au mangemort.

- Bien, Lady Artwood, dit Fudge quand ils furent installés dans le bureau. Votre avocat nous a fait part de votre décision de revendiquer l'héritage de la famille de votre père et donc suite au testament qu'a écrit Lord Goderic, le ministère va débloquer la succession, déclara-t-il brusquement. Vous n'avez plus qu'à parapher ce papier, dit-il en lui tendant un parchemin.

Dorea saisit le parchemin et lut le bas de la page où elle vit son nom suivit d'un trait où elle devait apposer sa signature.

- Vous hériterez donc des titres de Lady Artwood ainsi que des biens que détenait votre père et de ses affaires en relation avec Monsieur Malefoy.

Dorea leva les yeux vers le blond, et le fixa avec provocation.

- Enfin de ce qu'il en reste, ajouta ce dernier. Puisque vous avez mené une campagne de rachat à mon encontre.
- Je croyais que cela vous ferait plaisir d'être débarrassé du business d'un traitre auquel vous êtes associé ? répondit Dorea méprisante.
Malefoy et la jeune Artwood s'affrontèrent du regard. Dorea décela alors une étincelle de fureur briller dans les prunelles translucides du mangemort.
- Cornelius, dit Lucius ne cessant de fixer la rousse. Voulez-vous bien nous laisser seul un instant, Lady Artwood et moi-même ?

Fudge considéra successivement Malefoy et la jeune Artwood puis avec un mouvement quelques peu hésitant se leva et quitta le bureau. Quand la porte du bureau se referma, Malefoy déclencha les hostilités.

- Arrêtons les non-dits et les simagrées, voulez-vous ? dit-il d'une voix fielleuse
- Je suis tout à fait d'accord, Monsieur Malefoy, répondit Dorea sur le même ton.
- Vous ne savez pas dans quoi, vous vous engagez. Vous jouez à un jeu dangereux, Lady… Artwood, dit-il de cette même moue rebutée qu'arborait parfois Drago.
- Je ne joue pas, je vous empêche juste d'avancer vos pions sur un plateau d'échec.

Malgré son calme apparent et son expression stoïque, son cœur se mettait à battre frénétiquement. Elle avait en face d'elle un mangemort qui voulait, tout autant que son maître, sa perte. Elle décida en conséquence d'attaquer ouvertement.

- Qui a assassiné mon père ? demanda-t-elle brusquement
- Je n'ai rien à voir avec cette histoire.
- Vous avez certainement dû donner des informations pour qu'on le retrouve et que vos petits copains le tue, cracha Dorea.
- Comment osez-vous ?! s'exclama Malefoy en se levant et se saisissant de son pommeau d'argent pour sortir sa baguette et la pointer vers la jeune fille qui resta immobile sur sa chaise, fixant sans ciller le blond.
- Qu'allez-vous faire, Malefoy ? Vous allez finir le travail ? se moqua Dorea sans joie. N'oubliez pas que le ministre attend dans ce couloir, dit-elle froidement faisant un signe de tête vers la porte.
- Vous avez cette même arrogance que votre frère, siffla le mangemorts. Dumbledore ne sera pas toujours là pour vous protéger.

Dorea plissa les yeux et observa autour d'elle pour reporter son attention sur Lucius Malefoy et arquer un sourcil.

- Jusqu'à preuve du contraire, je ne le vois pas ici.
- Écoutez-moi attentivement, siffla Malefoy entre ses dents. Vous allez me léguer tous vos biens, et ce, sans discuter, sinon…
- Sinon quoi ?! s'exclama sèchement la serpentard en se levant à son tour. Vous, écoutez bien ce qui va suivre : allez dire à votre bon pote qui s'attribue le nom de Lord Voldemort, qu'il ne me fait aucunement peur ainsi que ses sbires, dit-elle d'une voix mesurée. Et que je ne lui cèderai pas la moindre parcelle des terres que je possède, pour s'y cacher. Même sous la torture. Est-ce que j'ai été suffisamment clair ?

Malefoy jaugea durant une poignée de seconde Dorea, une veine palpitant sur sa tempe.

- Mon idiot de fils avait tort à votre propos. Vous n'êtes qu'une gamine impétueuse et arrogante, dit-il avec mésestime. Vous êtes loin d'être intelligente et votre stupidité vous conduira au même funeste destin que vos parents.

Dorea considéra Lucius Malefoy durant plusieurs secondes, puis sans le lâcher du regard, elle extrait une plume de l'encrier et signa du nom de Lady Artwood sur la feuille présentant sa succession.


Alors ? Est-ce que l'attente à rendue justice à vos désirs ? J'attends vos reviews, vos commentaires ... Bref vos réactions.

La semaine prochaine, vous en saurez plus sur les pouvoirs de Dorea, alors ne manquez pas le rendez-vous.

A samedi !