Chapitre 19 : je DETESTE les surprises

Good evening friends and others!

J'espère que ce chapitre vous plaira, je vous remercie de vos reviews! Je commence à lire quelques fanfics sur le site AO3, si vous avez des recommendations (HP, Sherlock, Hamilton), je suis preneuse! Anglais ou français!


Drago se penche à l'avant, et donne un morceau de papier chiffonné au chauffeur, lui demandant d'aller là. Il met ensuite sa main dans sa poche et me regarde, souriant nerveusement.

- Je sais que tu ne supportes pas les surprises…

- Mais ?

- Mais je savais que si je te faisais choisir avec moi, les discussions auraient été sans fin. Je savais aussi que je pouvais m'assurer d'avoir ton avis sans avoir à te le demander… donc j'ai demandé à ton père son avis.

- Je ne fais pas confiance à l'avis de mon père.

- Moi oui, sourit-il.

Drago sort un trousseau de clef et me regarde tandis que je le fixe sans comprendre.

- Et alors ?

- On emménage la semaine prochaine, me sourit-il fièrement.

ooOOOoo

J'ai un peu (beaucoup) gueulé sur Drago. J'étais outrée et en colère qu'il ait pris une décision pareille sans m'en parler. Après j'avoue qu'il s'est un peu mangé la colère que je ressentais contre Sherlock. Quand il m'a déposé chez moi, hier soir, je terminais tout juste ma tirade. Je n'ai toujours pas répondu à ses messages. Évidemment, emménager ensemble tient la route. Ça fait un petit temps maintenant que nous sommes ensemble et c'est le cours naturel des choses. Mais… je n'en reviens pas qu'il ait fait ça sans moi.

Papa et moi avons tous les deux des problèmes de garçons. Nous voilà de retour deux ans en arrière. Je me tire hors du lit et vais nous préparer du thé, encore à moitié endormie. Quand j'arrive dans la chambre de Papa, mes deux tasses de earl grey à la main, je constate qu'il est entrain de se raser.

- Il aura fallu Sherlock Holmes pour que la moustache tombe… Même pas 24h. Moi ça fait deux ans que je négocie.

- Ça n'a rien à voir avec Sherlock ! Je me suis rendu compte que personne ne l'aimait, grommelle Papa.

- Je le disais déjà ça, je grogne.

Papa me lance un regard agacé. Je souris en coin et bois une gorgée de thé avant d'articuler l'air de rien :

- Alors comme ça tu me mets dehors ?

- Je ne te mets pas dehors. Tu peux dire non à Drago.

- Tu t'es arrangé avec lui dans mon dos. Tu ne veux visiblement plus me voir.

Papa rince son visage et prend enfin la tasse que je lui ai préparée. Il me regarde en fronçant les sourcils.

- Elizabeth…

- Mon copain a décidé de nous offrir un appartement sans me prévenir. Et tu étais au courant. Tu ne m'as rien dis.

- Je penserais que ça te ferait plaisir !

- Que tu me mettes dehors ?!

- Elizabeth…

Il s'approche vers moi et prend tasse, posant la mienne comme la sienne sur la commode. Il s'assied près de moi dans le lit.

- Je ne te mets pas dehors. Je pense que c'est une bonne chose.

- Si il prend déjà ce genre de décisions sans me demander mon avis, je n'ose pas imaginer ce que ça va donner ensuite…

- Elizabeth, on a beaucoup discuté tous les deux. Il voulait simplement te faire un cadeau.

- Un appartement ? Que va-t-il dire à ses parents ? Je ne les ai toujours pas revu depuis l'incident..

- Je lui ai posé la même question, m'informe Papa. Il m'a dit que ses parents, c'était son problème.

- Je ne suis pas tout à fait d'accord, je grogne.

- Moi non plus, mais c'est toi qui devrais en parler avec lui.

Je hausse les sourcils et lui demande l'air de rien.

- Comme toi tu vas parler à Sherlock ?

- Elizabeth…., soupire-t-il.

- Je vois.

Il boit de longues gorgées de thé, espérant allonger le silence. Je décide que ça ne sert à rien d'insister et vais m'habiller. Je vois que Drago m'a envoyé pas mal de messages et si je connais le bougre un minimum, il devrait arriver chez moi d'une minute à l'autre. Ça ne manque évidemment pas. Alors que je prépare mon café, j'entends frapper à la porte et Papa ouvre à Drago.

- Bonjour Docteur Watson, salue-t-il avec toute la politesse du monde. Pourrais je voir Elizabeth ?

L'une des raison pour lesquelles Papa a tant de mal à la détester c'est que Drago fait de son mieux pour être le gendre parfait. Et il réussit plutôt bien.

- Mmh… El ?

- Je déjeune !

- J'imagine que c'est oui, répond Papa à Drago qui le complimente sur le rasage.

Drago entre dans la cuisine avec un bouquet de fleurs et un sourire pleins d'excuse. Il porte un costume, comme à son habitude, complétement noir. J'ai mis un jeans, une chemise blanche et ai attachée mes cheveux dans un chignon passable.

- Je me suis dis que je te déposerais bien au campus avant de partir, me dit-il, plein de gentillesse et d'attention.

- Mmh.

- Et on pourrait discuter, continue Drago en posant le bouquet de fleurs sur la table.

Je vois Papa qui écoute l'air de rien, se faisant un thé avec toute la lenteur possible. Je soupire.

- Papa, je crois qu'il faut descendre les poubelles.

- Quoi…

- J'en suis sûre.

Papa me regarde avec mauvaise humeur mais comprend le message et attrape la poubelle à moitié remplie avant de sortir.

- Je n'ai rien à te dire, Drago. Tu as acheté un appartement sans moi, sans mon avis.

- Elizabeth…, soupire-t-il, s'appuyant sur le plan de travail.

Je le regarde du coin de l'œil tout en attrapant dans le placard de quoi faire un repas de midi convenable. Drago est agacé tout comme il a l'air un peu embêté que je lui en veuille.

- Je suis désolé. Je le suis, je pensais que .. ça te ferait plaisir.

- Je suis désolé moi aussi.

Il relève la tête et plisse les yeux, comprenant évidemment bien que je ne m'excuse pas vraiment et qu'il y a un truc derrière.

- De n'avoir pas rendu clair, durant notre relation, que j'étais quelqu'un d'indépendant et que j'aimais être traitée correctement.

Je referme mon tupperware avec bruit et le met dans mon sac.

- Je viendrais te voir bientôt. J'ai juste besoin de quelques jours, je lui dis, beaucoup plus douce. Je vais en cours maintenant.

Espérant qu'il ne reste pas coincé avec mon père trop longtemps, je vais en cours en métro. Je constate dans la rame que le retour de Sherlock a été annoncé sur Twitter. Même si ça arrive rarement, je préfère éviter d'être reconnue et enfonce ma capuche sur mon crâne.

ooOOOoo

Blaise m'a encore fait la moral. Je trouve que pour un mec qui laisse ses plans en « vu » et oublie de répondre à leur message, il me fait trop souvent la leçon. Il m'a dit que ok, Drago avait un peu dépassé les limites (il m'a acheté un appartement BLAISE). Il a sans doute pas vraiment réfléchi. Mais, au fond, était ce vraiment une mauvaise chose ? Ne devrais je pas, au moins, visiter cet appartement ? Je déteste quand Blaise a raison.

Mais, quelque chose pourrait m'aider : prouver que j'aie raison à Blaise et à Drago. J'ai donc décidé d'aller voir cet appartement pour bien démontrer que j'aie des raisons d'être en colère. L'appartement est situé près de la station Waterloo. C'est un immeuble relativement ancien qui a sans doute été rénové. L'ascenseur a encore une vieille cabine avec une grille. Je vais au dernier étage et glisse la clé dans la porte, entendant la voix de Drago et celle d'une femme. Je fronce les sourcils et ouvre la porte.

L'entrée est plutôt étroite, le sol est composé d'un vieux parquet brun foncé. Un porte manteau est installé sur le côté, Drago a accroché ses manteaux. Le couloir a des murs beige clair. Lentement, espérant ne pas faire craquer le dit parquet, je pénètre dans l'appartement et referme la porte derrière moi. J'ouvre la porte directement à ma gauche, c'est une petite salle de bain où une baignoire/douche trône sur le côté. Face à la baignoire se trouvent les toilettes, et, entre les deux, un lavabo surplombé par un immense miroir. Le sol de la salle de bain est un carrelage noir et blanc et les mur sont vert bouteille. Je referme la porte et continue ma visite. Plus loin, à droite, j'ouvre timidement la porte et constate qu'il s'agit de la chambre. Drago y a accumulé les cartons pas encore ouverts. Malgré tout, on distingue, un grand lit deux personnes en bois verni foncé. Une grande garde robe fait face et le mur face à la porte possède une immense fenêtre qui rend la pièce extrêmement lumineuse.

Finalement, j'ouvre la dernière porte, au bout du couloir. Il s'agit du salon/cuisine/salle à manger. La cuisine est… petite, mais très bien aménagée. On voit qu'elle a été rénovée très récemment. C'est une espèce de mini cuisine à l'américaine avec une partie du plan de travail en ilot. La cuisine a les armoires et placards de couleur blanche, le plan de travail et le frigo sont gris foncés. Dans le coin se trouve une bibliothèque assez vide. Sur la table basse est posé l'ordinateur de Drago. Au milieu de la pièce trône un vieux canapé en velours pourpre sur lequel sont assis Drago et sa mère. Ceux-ci se sont interrompus dans leur discussion et me regardent.

- Je repasserais, je marmonne très vite en faisant volte face.

- Non ! s'exclame Narcissa.

Je me crispe totalement et m'arrête dans mon élan. J'attends quelques secondes et l'entends me dire :

- S'il vous plaît… restez.

Je me tourne lentement vers eux et vois que Narcissa a les yeux rouges et humides. Drago évite mon regard. La discussion n'avait pas l'air fun. Je déglutis et pose lentement mon sac à dos au sol. Je m'avance et vais observer les ouvrages dans la bibliothèque qui est pratiquement vide.

- Je vais faire du thé, annonce Drago en se levant.

Narcissa s'approche de moi, regardant la bibliothèque elle aussi. Je garde les yeux résolument posés sur la bibliothèque.

- Je suis terriblement désolé du comportement de ma sœur, me dit-elle avec douceur.

Je ne réponds pas. Je ne peux pas prétendre accepter ses excuses. Rien que penser à cette soirée me donne envie de hurler et/ou de gifler Drago.

- Malgré tout, je suis heureuse que Drago et vous soyez ensemble. Vous lui faites du bien, me murmure-t-elle.

- « Malgré tout » ?

- Malgré le comportement de ma sœur, explique-t-elle. Je l'ai vu dépérir sous mes yeux. Je sais bien que vous êtes en colère contre nous. Contre lui, de nous cacher votre relation. Mais il n'a rien caché du tout.

- Le thé est prêt…

- Drago, tu peux aller chercher le sac que j'ai laissé dans la voiture ? demande Narcissa avec douceur.

La demande était douce. Mais il s'agit d'un ordre. Et Drago nous regarde, un peu crispé, mais hoche la tête en silence et s'en va. Narcissa se tourne vers moi, je finis par lui faire face et la regarde dans les yeux. Elle est belle. Une beauté froide, impassible. Une reine de glace.

- Je sais bien que vous en voulez à Drago. Je peux imaginer pourquoi.

Je sais qu'elle ne parle pas de l'appartement, je sais qu'elle parle du fait que la situation avec ses parents est compliquée.

- Je vous demande d'être patiente. Mon mari, ma famille, ne sont pas les personnes les plus compréhensives que je connaisse.

Je n'ose pas lui dire qu'à ce stade, ça ne relève même plus de compréhension mais simplement de tolérance.

- Donc, si je comprends bien, je ne verrais plus votre famille en tant que petite amie de Drago ?

- Vous avez mal compris, me dit-elle avec douceur mais fermeté. Vous devez me laisser du temps. Je m'occupe de ça. Occupez vous de mon fils.

Je la regarde quelques instants mais finis par hocher la tête, acceptant l'effort qu'elle fait.

- Très bien. Mais ma patience a mes limites.

- J'espère que nous les atteindrons pas, alors, me répond elle d'un air complice.

Drago est remonté, un grand sac de magasin à la main. Narcissa lui embrasse la joue.

- Merci, mon chéri. Elizabeth, je vous ai amené quelques cadeaux. J'espère que vous aimerez.

Sur ces paroles, elle nous quitte, s'en allant avec grâce. Elle m'agace à être aussi classe. Une version féminine et moins Holmescienne de Mycroft. Plus jeune aussi. Drago me regarde avec un petit sourire crispé.

- Alors… Tu aimes ? demande-t-il en regardant l'appartement sans grande confiance.

- J'aime beaucoup, je réponds dans un grognement.

Drago me tend le grand sac que je prends avec curiosité et vois à l'intérieur quelques vêtements de marques. Je me crispe et lève les yeux vers lui.

- C'est une blague de mauvais goût ?

- Je pense que… qu'elle veut se faire pardonner, explique-t-il avec hésitation. Tante Bella…

- « Tante Bella » ? je répète, en haussant les sourcils.

- Ma tante Bellatrix, rectifie-t-il sans me regarder. Elle avait dit…

- Je sais ce qu'elle avait dit, je coupe froidement.

- Et bien, voilà. Ma mère te fait comprendre que.. mmh..

- Que te voler ton fric n'est pas un problème ?

Drago ouvre puis referme la bouche. Finalement, il récupère le sac de vêtements, reprenant une attitude assurée et me dit simplement :

- Je lui rendrais.

- Non !

Je me crispe et reprends le sac.

- Je garde !

Drago me fait un sourire goguenard.

- Je lui transmettrais tes remerciements