Titre : Amnésie / Rating : M / Pairing : Harry Potter & Tom Jedusor / Disclaimer : JK ROWLING / Résumé : voir chapitre 23 Un retour bien inattendu
Bonne lecture, pensez aux commentaires.
Chapitre 25 : Un vol bien inattendu
Harry frissonna légèrement, en se frictionnant les bras avec vigueur. Le soleil était pourtant haut en cette belle journée d'été, mais le lieu où ils venaient d'atterrir ne lui inspirait qu'effroi et répulsion.
Little Hangleton… ou plus exactement le Manoir Jedusor. Là où il avait vu renaître Lord Voldemort. Là où il avait vu mourir Cédric.
Il se dressait au sommet d'une colline dominant le village, certaines de ses fenêtres condamnées par des planches, le toit dépourvu de tuiles en plusieurs endroits, la façade envahie d'un lierre épais qui poussait en toute liberté. Bien loin du souvenir qu'en avait Tom, aussi funeste soit-il. La demeure, où avait vécu autrefois son père, était l'un des plus grands et majestueux édifices à des kilomètres à la ronde, mais, à présent, la maison des « Jeux du sort » n'était plus qu'une bâtisse humide, délabrée, déserte.
Voilà tout ce qu'il restait de sa maison « familiale »… Mais cela n'avait jamais été la sienne. Et il ne le souhaitait pas. Cela faisait partie du passé de Lord Voldemort, et uniquement. La maison du « Jeux du sort » ne lui était rien.
- Tu crois vraiment que Nagini serait restée ici, après ta disparition ?
- Je ne sais pas Harry… Il n'y a qu'un moyen d'en avoir le cœur net.
Tom poussa le battant de la porte d'entrée, qui s'ouvrit dans un grincement strident, soulevant un nuage de particules qui les fit tousser.
Le vestibule était plongé dans la pénombre, la lumière peinant à filtrer à travers les carreaux encrassés des grandes fenêtres à meneaux qui encadraient la porte d'entrée. Harry et Tom s'avancèrent, allumant leurs baguettes, dans un mouvement similaire, qui leur tira un sourire de connivence.
La pièce, malgré la lueur des deux faisceaux, restait sombre. Elle était grande, un lustre, qui autrefois devait briller de mille feux, s'était effondré au sol, fissurant les pierres du carrelage en damier. Les quelques meubles restant étaient recouvert de draps grisâtres et d'une épaisse couche de poussières. Un escalier en colimaçon montait vers le reste de la demeure, mais aucun bruit, aucun signe de vie ne se faisait entendre.
- Et si tu essayais de l'appeler ? suggéra Harry.
- Hum, pourquoi pas ? Nagini… Tu es là, Nagini ? Viens…, siffla-t-il en fourchelangue, en direction de l'escalier.
Seul le silence leur répondit.
- Bon… Eh bien, je suppose qu'on va devoir fouiller.
- En espérant qu'elle n'est pas allée chasser dehors, marmonna Harry.
- Les serpents sont des animaux nocturnes Harry. A mon avis, si elle est là, elle doit être en train de dormir bien sagement au soleil, donc…
- Dehors. Tu vois, j'avais raison, rétorqua Harry dans un sourire.
Tom secoua la tête avec agacement, avant de faire demi-tour, suivi par un Harry, ravi d'avoir eu le dernier mot pour une fois.
- Et à présent, on fait quoi ? demanda Tom, visiblement toujours irrité. On regarde sous chaque buisson si elle ne s'y trouve pas ?
- Nagini est un serpent géant, je ne pense pas qu'il y ait un seul bosquet assez grand pour qu'elle s'y dissimule…
- Hé là, vous ! Qu'est-ce que vous faites ici, les garçons ? s'exclama une voix derrière leur dos, qui les fit sursauter.
Surpris, Tom et Harry se retournèrent pour apercevoir un brigadier, accompagné de plusieurs hommes, équipé de filets, de drôle d'outils ressemblant à des pinces géantes, et ce que les Moldus appelaient « fusils », et qui servaient à tuer les autres Moldus.
- Hum, je crois qu'on a notre réponse, murmura Harry à l'oreille de Tom. On observait juste cette maison abandonnée, Monsieur l'agent ! poursuivit-il à l'attention du Moldu.
- Vous ne devriez pas rester là, un serpent a été aperçu ici. Un énorme serpent ! s'écria-t-il en écartant largement les bras, censé leur représenter la taille dudit serpent.
Il lui manquait plusieurs mètres, loin s'en fallait, songea Harry.
- De plus…, il y a déjà eu plusieurs meurtres ici, rajouta l'homme, en abaissant la voix, et dans l'intention manifeste de leur faire peur. Qui sait ce que vous pourriez trouver encore dans ce manoir maudit ?
Tom et Harry feignirent l'horreur.
- On va faire attention Monsieur l'agent, on s'en va tout de suite.
Tom tira Harry par le bras.
- On ne va quand même pas partir ? Il risque de tuer Nagini !
- Mais non, chuchota Harry, en lui faisant signe de parler moins fort. On attend que les Moldus la trouvent, on les stupéfixie et on récupère le serpent.
- On ne peut pas Harry ! Tu as encore la trace, on risque de violer le Code international du…
- Secret magique, acheva douloureusement le jeune homme, qui n'était pas prêt d'oublier son éprouvant procès, l'an passé.
- Et puis…il y a aussi ce problème. Elle risque de les attaquer.
Après un silence, Harry haussa les épaules.
- Eh bien… on improvisera.
Discrètement, ils suivirent les hommes, qui farfouillaient dans les buissons, en essayant de faire du bruit pour faire fuir la bête.
Tom fit la grimace.
- A mon avis, soit ce bruit va l'agacer et elle va rester planquer, soit ça va l'agacer et elle va attaquer le premier qui s'approche de trop près.
Un éclat de voix s'éleva parmi les Moldus :
- Là, j'ai vu quelque chose bouger, c'était énorme… ça va vite ! ça… ahaaagh !
Immédiatement, Tom et Harry se précipitèrent vers la source du cri. L'un des Moldus était tombé à genoux, un énorme serpent enroulé autour de son corps. Tous crocs sortis, Nagini s'apprêtait à le mordre férocement au cou.
- Arrête immédiatement ! siffla Tom en direction du serpent, qui suspendit son geste à quelques millimètres de la gorge de sa victime.
Le serpent, affichant une mine surprise, autant qu'un serpent pouvait le faire, tourna sa tête vers eux.
- Maître… Vous êtessss de retour !
- Oui, Nagini, et je t'ordonne de lâcher ce Moldu sur le champ.
- Mais, Maître, j'ai ssssi faim, et il est sssssssi appêtissssant.
- Nagini… fit Tom, la menace sous-jacente dans le ton de son sifflement.
A regret, Nagini desserra ses anneaux et relâcha l'homme de sa mortelle étreinte.
Paniqués, les Moldus brandissaient leur fusil en direction du serpent, n'osant tirer de peur de blesser leur camarade dans l'action. Le brigadier, qui leur avait ordonné de quitter les lieux, les fixait, les yeux écarquillés :
- Vous… Vous parlez au serpent ! s'écria-t-il.
Tom et Harry échangèrent un regard, impuissant. Le fourchelang ne pouvait pas être considéré comme un acte magique, à proprement parlé, mais… Là, ils s'étaient sacrément mis dans la galère.
- Non, non… On… prend des cours pour charmer les serpents dans un cirque ! répondit Harry, l'idée lui traversant subitement l'esprit.
Les Moldus les regardèrent avec suspicion, l'air absolument pas convaincu par sa déclaration.
- Vous êtes charmeurs de serpent ?
- C'est ça, on a appris qu'il y avait un serpent ici, et on voulait tester nos capacités, poursuivit Harry, dans sa tentative de bluffer les brigadiers.
- Je peux les manger, Maître ?
S'efforçant de rester impassible, Tom secoua la tête en guise de réponse.
- Approche Nagini, et ne touche pas aux Moldus.
Le serpent s'éloigna doucement de l'homme, toujours à terre, pétrifié, et commença à ramper en direction des deux garçons. Aussitôt, les Moldus brandirent leurs fusils en direction du serpent, dans l'intention manifeste de l'endormir.
- Éloignez-vous ! cria l'homme, tout en tirant.
La fléchette hypodermique s'enfonça dans la peau du serpent, qui fit un mouvement brusque, et voulut mordre le Moldu le plus proche. Mais ce dernier esquiva rapidement la mâchoire du reptile, qui s'affaissa mollement dans l'herbe, endormi. Aussitôt, les gendarmes jetèrent leur filet sur Nagini, dans le but de l'immobiliser.
- Quelle énorme bête ! Je n'ai jamais vu ça !
Harry et Tom reculèrent discrètement, pour éviter d'autres questions indiscrètes. Dissimulés derrière un muret, ils observèrent les Moldus embarquer Nagini à l'arrière d'une camionnette.
- Bon, que fait-on maintenant ? demanda Tom, les sourcils froncés.
- Ils vont probablement l'emmener au poste, avant de la transférer dans un zoo…
- Ou un laboratoire, rajouta Tom. Je te rappelle que Nagini n'est pas vraiment un serpent ordinaire.
Je pense que le mieux, ça soit que tu t'en charges. On va les suivre, pour savoir où ils la gardent, et tu n'auras qu'à revenir la chercher discrètement la nuit. Tu n'as plus la trace. La seule chose que tu ne dois pas faire, c'est faire usage de magie noire, ou de te faire voir par un Moldu.
Ils marchèrent à la suite de la camionnette, qui avait pris la direction de Little Hangleton. Comme ils l'avaient prévu, les brigadiers déchargèrent la cage de Nagini et la portèrent jusqu'au commissariat du village.
- Je vais te ramener tout de suite au Square, Harry, fit Tom, tout en lui saisissant le bras.
Ils disparurent dans un crac ! sonore.
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Après une tentative d'effraction et de cambriolage plus tard, Tom et Harry fixaient depuis cinq bonnes minutes, en silence, le serpent qui se prélassait allègrement sur la table ancestrale, de la vénérable et honorable famille Black.
- Tu crois…
- Oui ?
- Tu crois que l'extraction de l'âme va la tuer ?
- Je ne sais pas, Elvy, répondit Harry avec hésitation, en se mordillant la lèvre.
- C'est vrai qu'on n'a pas beaucoup d'éléments de référence… murmura Tom, tout en contemplant le serpent avec une lueur d'affection dans le regard.
Cela avait beau être le serpent de Voldemort et non véritablement le sien, il ne pouvait pas s'empêcher d'admirer cette beauté reptilienne, de 3 mètres de longueur, tout en force et en vélocité. Un serpent assurément issu du monde magique… Jamais un serpent ordinaire n'aurait pu atteindre une telle taille, ni une telle intelligence.
Ses pensées poursuivant leur chemin, il eut un pincement douloureux au cœur, à l'idée d'avoir obligé une telle bête à commettre toutes ces atrocités. A l'avoir entraîner pour être un prédateur redoutable, une véritable machine à tuer. Et comble de tout cela, il l'avait choisi… Elle, un être vivant, doué de pensées, de sentiments, comme horcruxe, comme réceptacle de son âme, comme un outil. Et peut-être que maintenant, il allait devoir la tuer, cette créature si fidèle.
Passant la main sur la tête du serpent, qui vint immédiatement la loger au creux de sa paume, il sentit un vertige l'envahir…
Il marchait… Non.
Il ne marchait pas. On le portait.
On le tenait au creux de bras malingres et faibles.
Faible. Lui-même se sentait si faible. Il peinait même à ouvrir les yeux, tellement son corps chétif lui était douloureux.
Il sentait les cahots des pas de son porteur, son souffle irrégulier, et saccadé par l'effort.
Il finit par entrouvrir ses yeux, avisant un chemin envahi par les lierres et les ronces, et des arbres sombres et denses à perte de vue.
La forêt d'Albanie.
Sa chère forêt, son refuge.
Sa prison.
- Maître, sommes-nous encore loin ? demanda Queudever, dans un ahanement épuisé.
- Non… siffla-t-il, en guise de réponse, agacé par la bêtise de son « rat ».
Queudever se tut, continuant à se frayer un passage, entre les fourrés et les racines des arbres, qui ne cessaient de le faire trébucher, manquant de le faire lâcher son précieux fardeau.
Soudainement, un bruit de bruissement se fit entendre, faisant sursauter Queudever avec force.
- Maître… Il y a quelque chose… là-bas.
- Donne-moi ma baguette.
Queudever le déposa doucement à terre, avant de farfouiller dans les poches de son manteau.
Il y sortit une fine baguette de bois, qu'il mit directement entres les mains de son Maître.
Ce dernier commença à siffler en Fourchelang.
- Vienssss
Seul le silence lui répondit.
- Vienssss, je ssssais que tu esss là. N'aie pas peur…
Deux yeux dorés brillèrent dans l'obscurité des arbres, deux yeux dépourvus de paupières, deux pupilles obliques qui se braquèrent droit sur l'étrange duo…
Tom retira précipitamment sa main dans un frisson.
- Qu'est-ce qu'il y a, Elvy ? demanda Harry, avec inquiétude.
- Je… Je ne sais pas, j'ai vu un souvenir je crois.
- Tu as lu les pensées du serpent ?
Tom ne répondit pas, détournant le regard.
- Ce n'est rien Elvy, tu es au contact de ton horcruxe, je pense… je pense que c'est normal que tu ais quelques souvenirs qui te reviennent.
- C'est déjà arrivé, murmura Tom, dans un soupir, mais habituellement, cela n'arrive que quand mon âme se réunifie… Là, c'était…
Différent.
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Tom fixait le plafond de leur chambre, en silence, attendant vainement que le sommeil ne finisse par l'emporter. Poussant un soupir, il finit par s'extirper de leur lit, et prit la direction du salon, où ils avaient laissé Nagini.
Finalement, il n'était pas parvenu à réunifier son âme. Il ne savait pas qui avait été la victime pour celui-ci, et… l'idée que cela puisse faire du mal à Nagini le bloquait. Passant distraitement la main sur ses écailles, assis sur le canapé, il repensa à ce… souvenir. Ce n'était pas celui du serpent. Définitivement non. Il avait vu la scène à travers ses yeux à lui, ressenti, parlé… vécu la scène. C'était donc l'un des siens. Probablement celui de l'horcruxe qui était placé là.
Il avait peur de ses souvenirs. Il ne voulait pas se souvenir de quoique soit de sa vie d'avant ! Mais en même temps… si cela lui permettait de se remémorer où était le diadème perdu, peut-être devrait-il prendre ce risque ?
- Et toi Nagini, tu en penses quoi ? siffla-t-il au serpent.
- Maître ? l'interrogea t'elle, sans comprendre le sens de sa question.
- Nagini, qui ai-je tué pour que tu sois un horcruxe ?
Il avait peu d'espoir que le serpent soit suffisamment intelligent pour comprendre ce qu'il voulait, mais peut-être que de savoir le nom l'aiderait à avoir des regrets. Il secoua la tête. Aucune chance. Des regrets programmés ne pouvaient en aucun cas fonctionner.
- Un vieil homme qui vivait dans la maison où vous êtes venu me chercher, Maître, répondit Nagini, à la surprise de Tom.
- Un vieil homme ? répéta-t-il, dans l'espoir d'obtenir plus d'informations.
- Ouiiiiiii, un Moldu, il n'était pas très bonnn, beaucoup trop de nerfs.
Tom grimaça légèrement à l'évocation du repas du serpent.
Un vieux Moldu ? Qui cela pouvait-il bien être ? Un habitant du village qui avait eu le malheur d'être trop curieux ? Cela était fort possible. Un pauvre innocent, qui s'était trouvé là où il ne fallait pas…
N'y tenant plus, Tom posa à nouveau sa main sur la tête du serpent. Il devait savoir !
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Un feu brûlait dans la cheminée, illuminant la pièce de sa leur tremblotante.
Mais il avait pourtant si froid… La chaleur des flammes auraient dû le brûler à cette distance. Il ne ressentait que le froid glacial de son sang lui parcourant les veines… Serait-il suffisamment fort pour résister à la déchirure ? Et Nagini, supporterait-elle le processus ?
Marmonnant à ses pieds, Queudver interrompit ses pensées.
« Nous aurions pu modifier sa mémoire… »
Il éclata de rire. Peter Pettigrow, se tut immédiatement, se recroquevillant, comme s'il allait être abattu sur le champ.
« Nous aurions pu modifier sa mémoire ? Mais les sortilèges d'amnésies peuvent très bien être rompus par un mage aux pouvoirs puissants comme j'en ai donné la preuve lorsque je l'ai interrogée. Ce serait justement une insulte à sa mémoire de ne pas se servir de ce que j'ai réussi à lui arracher Queudver. »
Et puis… quelle importance qu'elle meurt ou vive. Au contraire, le risque qu'elle ne parle était à présent totalement nulle. Et la terre était enfin débarrassée de cette imbécile.
« Un autre sort à jeter… reprit-il, mon fidèle serviteur de Poudlard… Harry Potter sera entre mes mains Queudver. C'est décidé. Il n'y aura plus de discussion. »
Il entendit soudainement le léger chuintement caractéristique de son serpent, revenant de sa promenade. Parfait, il était l'heure que Queudver ne la trait. Il aurait faim cette nuit, et seul le venin de Nagini pouvait lui rendre ses forces.
« Mais, chut… Il me semble entendre Nagini… Viens, siffla-t-il, Nagini, approche ma belle, reviens auprès de ton Maître. »
Après quelques minutes à l'appeler, Nagini se glissa enfin dans l'embrassure de la porte.
« Maîtreeee, un homme se trouve tout prêt… Il vous écouteeeeeee !
Un homme ? demanda-t-il, surpris. Est-ce un sorcier ?
Non Maîtreeee, c'est un Moldu. »
Alors comme ça un Moldu les espionnait impunément ? Peut-être allait-il finalement avancer son plan plus tôt que prévu…
« - Nagini a des nouvelles intéressantes à nous apprendre, Queudver.
Vr… vraiment, Maître ? balbutia Queudver.
Vraiment oui, reprit-il. A l'en croire, il y a derrière la porte un vieux Moldu qui écoute tout ce que nous disons. »
Aussitôt Queudver se dirigea vers la porte qu'il ouvrit brusquement.
« Invite-le donc, Queudver. As-tu oublié les bonnes manières ? »
De là où il se tenait, il n'arrivait pas à voir cet insignifiant Moldu, cependant… il n'était pas le plus grand légimens du Monde pour rien. Nul besoin de contact visuel pour lire dans les esprits faibles.
« Tu as tout entendu, Moldu ? demanda-t-il. »
Plongeant dans l'esprit embrumé par l'âge du vieux Moldu, il arpenta les pans de son histoire, avec délectation. Alors comme ça, il avait travaillé pour les Jedusor, et c'est lui qu'on avait accusé du meurtre ? Et malgré toutes ces années, il était resté fidèle à son poste ? Fidèle… Comme c'était amusant. C'était décidé, il avait trouvé son sacrifice.
« Comment m'avez-vous appelé ? lança Frank, sur un ton de défi.
Je t'ai appelé Moldu, répondit-il tranquillement. Cela signifie que tu n'es pas sorcier.
J'ignore ce que vous entendez par sorcier, répliqua Frank, la voix de plus en plus ferme. Tout ce que je sais, c'est que j'en ai suffisamment entendu ce soir pour intéresser la police, croyez moi. Vous avez commis un meurtre et vous avez l'intention d'en commettre un autre ! Et je vais vous dire une chose, ajouta-t-il, ma femme sait que je suis ici et si je ne reviens pas… »
Ahhhhhhh, pensait-il vraiment que son mensonge fonctionnerait ? Naïve créature.
« Tu n'as pas de femme, dit-il d'un ton parfaitement calme. Personne ne sait que tu es ici. Tu n'as dit à personne où tu allais. Ne mens pas à Lord Voldemort, Moldu, car il sait toujours tout…
Voyez-vous ça ? répliqua Frank d'un ton abrupt. Un Lord, vraiment ? Eh bien, permettez-moi de vous dire que vos manières laissent à désirer, Mylord. Vous pourriez au moins vous tourner et me regarder en face, comme un homme, vous ne croyez pas ? »
Il voulait le voir ? Comme un homme ? Stupide Moldu… Mais après tout, si c'est ce qu'il désirait.
« Justement, je ne suis pas un homme, Moldu, répondit-il. Je suis beaucoup, beaucoup plus qu'un homme. Mais finalement, pourquoi pas ? Je vais te regarder en face… Queudver, viens tourner mon fauteuil. »
Son serviteur laissa échapper un gémissement.
« Tu m'as entendu, Queudver ? »
Lentement, son fauteuil pivota, tandis que Queudver exécutait son ordre avec réticence.
Enfin il fit face à Frank Brice, qui, lorsqu'il le vit, en lâcha sa canne qui glissa de ses doigts et tomba à terre avec un bruit sec. La bouche grande ouverte, il laissa échapper un long hurlement.
« Avada Kedavra, murmura-t-il doucement, en brandissant sa baguette magique en direction du vieil homme, qui criait toujours.
Un éclair de lumière verte balaya la pièce… Puis le silence revint.
Un nouvel horcruxe était né.
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Tom se réveilla en sursaut. Malade, il se pencha et vomit tout le contenu de son estomac sur le sol. Un long frisson le parcouru, une sueur glacée perlant sur son front, tandis qu'il serrait compulsivement son poing, pour tenter de réguler la douleur. Monstrueux… Il s'était vu… Il avait vu cette… chose qu'il avait été, à travers les pensées du vieil homme. Un innocent, qu'il avait abattu. Sans aucune raison, encore. Ses larmes se mirent à couler, de rage, de tristesse ou de dégoût, il ne savait plus trop. Un mal de tête atroce lui vrilla les tempes, tandis que flashs lui traversaient l'esprit, trop vite pour qu'il en saisisse complètement le sens.
Le crépuscule s'abattant sur un cimetière… Un adolescent attaché à une tombe qui se débattait… Un corps sans vie… Un trophée scintillant à la lueur des étoiles… Un chaudron bouillonnant et… lui… corps malingre, chétif, monstrueux, couverts d'écailles, au visage plat, tel un serpent.
Tom hurla à nouveau, fermant les yeux, et secouant la tête, dans un geste désespéré pour interrompre le flux de souvenirs. En vain.
« Que les ossements du père, donnés en toute ignorance, fassent renaître son fils… Que la chair du serviteur, donné volontairement, fasse revivre son maître… Que le sang de l'ennemi pris par la force ressuscite celui qui le combat… »
Une main s'abattit sur son épaule, alors qu'une voix lui criait quelque chose, qu'il ne comprit pas. Vivement, il se dégagea, pointant férocement sa baguette sur son agresseur, qui recula avec stupeur.
- Elvy ! C'est moi ! Arrête !
Clignant des yeux, sa vision s'éclaircit. Les silhouettes sombres l'entourant s'évanouirent, pour ne laisser que le visage familier de l'adolescent.
- Harry ?
Ce dernier acquiesça, le regard soucieux et la main légèrement tendue devant lui, en guise d'apaisement.
- Désolé, Harry, je… laisse-moi s'il te plaît, murmura Tom, honteux que le jeune homme l'ait surpris.
Harry secoua la tête, se penchant vers lui pour l'aider à se relever.
- Enfin, Elvy, je ne vais pas te laisser, alors que clairement, tu te sens si mal, je…
- J'ai dit, laisse- moi ! cria Tom, en se relevant avec humeur, frappant la main de Harry.
Affichant une mine blessée, Harry regarda avec incompréhension Tom lui tourner le dos, et s'éloigner d'un pas rapide, en direction des escaliers. Pourquoi l'avait-il rejeté aussi froidement ?
Tom s'enferma dans la salle de bain, et se passa de l'eau sur le visage. Il sentait que le morceau d'âme contenu en Nagini avait réintégré son corps mais… il ne se sentait pas bien pour autant. Il avait la nausée, et des tremblements parcouraient ses membres. Il était hors de question que Harry le voit ainsi.
Décidant de prendre finalement une douche, il ignora les coups frappés à la porte, et se glissa sous le jet d'eau chaude. Son visage crispé, Tom ferma à nouveau les yeux.
« Experlliarmus ! Avada Kedavra !... »
Deux jets de lumières rouge et verte se heurtèrent en pleine course.
Tom poussa un gémissement, tandis que son esprit se perdait dans des brides de souvenirs nébuleux.
Ils flottaient dans les airs, leurs baguettes reliées par un fil de lumière dorée et tremblante…
Les silhouettes fantomatiques de ses victimes se tenaient devant lui, lui barrant le passage, et criant leur hostilité à son égard.
L'étudiant inconnu…
Le vieux Moldu insignifiant…
La sorcière idiote…
Et…
Lily et James Potter.
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Le lendemain matin, Harry – qui s'était lassé d'attendre devant la porte de la salle de bain – retrouva Tom en train de prendre son petit-déjeuner, comme si de ne rien n'était. Il s'apprêtait à le questionner sur son étrange comportement de la veille, quand Tom l'interrompit.
- Oui, j'ai récupéré mon morceau d'âme. Oui, c'était douloureux. Oui, je suis désolé de t'avoir agressé. Et non, je ne veux pas en parler, acheva-t-il, tout en donnant une part de gâteau à Harry. Tu as faim ?
Harry prit le morceau que lui tendait Tom, en acquiesçant légèrement. Il était soulagé de voir qu'il semblait redevenu lui-même, mais il aurait tout de même aimé en parler. Cependant, il sentait que s'il abordait immédiatement la question, Tom allait se braquer. Il préféra la contourner.
- Nagini a survécu ?
Tom plissa légèrement les yeux. Il n'était pas dupe sur la tentative de Harry d'aborder le sujet sans vraiment l'aborder.
- Oui, elle va parfaitement bien. Elle comprend un peu moins mes ordres qu'auparavant, mais ça va.
- Que va-t-on en faire ? demanda prudemment Harry, tout en guettant les réactions du jeune homme.
- J'aimerais bien la garder…
- Tu veux garder le serpent de Voldemort ? s'étonna Harry.
Il se mordit les lèvres, regrettant immédiatement sa question, en voyant le visage fermé de Tom.
- Non… Tu as raison Harry, c'était stupide. Demandons à Dumbledore de la ramener en Albanie, répondit-il brusquement en se levant. Je vais prendre une douche.
- Encore ? s'écria Harry, surpris.
Mais il n'eut même pas le temps de le retenir, que Tom avait déjà quitté la cuisine. Il poussa un soupir. Il ne savait pas ce que Tom avait vu lors de la réunification de son âme, mais ça l'avait profondément perturbé. Harry espérait grandement que ça ne serait que temporaire.
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Cela faisait trois jours que Kreattur était parti à la poursuite de Mondingus. Deux jours qu'ils avaient récupéré Nagini… Deux jours que la tension entre eux ne décroissait pas. Ils en avaient fini par oublié Kreattur, lorsqu'un crac ! Assourdissant résonna dans la cuisine. Pendant une fraction de seconde, Harry ne parvint pas à distinguer quoi que ce soit dans l'enchevêtrement de membres gesticulants qui était apparu juste à côté de lui. Il se leva d'un bon tandis que Kreattur se dégageait puis s'inclinait très bas devant Harry en annonçant de sa voix rauque :
- Kreattur est revenu avec le voleur Mondingus Fletcher, maître.
Mondingus se releva précipitamment et sortit sa baguette. Mais Tom fut trop rapide pour lui.
- Experlliarmus !
La baguette de Mondingus fut projetée dans les airs et Tom la rattrapa. Le regard fou, il se rua vers l'escalier. Harry le plaqua comme au rugby et Mondingus s'abattit sur le sol de pierre dans un craquement étouffé.
- Quoi ? hurla-t-il en se tortillant pour essayer de se libérer de la prise de Harry ? Qu'est-ce que j'ai fait ? Lancer sur moi un maudit elfe de maison, à quoi vous jouez, qu'est-ce que j'ai fait, laissez-moi partir, laissez-moi ou alors…
- Vous n'êtes pas tellement en position de proférer des menaces, répliqua Tom, tout en agitant sa baguette en direction de Mondingus.
Aussitôt des liens apparurent et ficelèrent solidement le voleur, qui cessa de se débattre, en jurant.
Harry s'agenouilla à côté de Mondingus.
- Kreattur présente ses excuses pour avoir tardé à ramener le voleur, maître, coassa l'elfe. Fletcher s'y connaît pour échapper à la capture, il dispose de nombreuses cachettes et de beaucoup de complices. Mais Kreattur a fini par le coincer.
- Tu as fait un très bon travail, Kreattur, répondit Harry et l'elfe s'inclina à nouveau. On a quelques questions à vous poser, reprit-il à l'adresse de Mondingus.
Mondingus hocha la tête, l'air terrifié. Il empestait la vieille sueur et la fumée de tabac. Ses cheveux étaient emmêlés, sa robe tachée.
- Ecoute, Harry, si c'est encore à cause de cette histoire de coupes, il ne m'en reste plus une seule, sinon, tu aurais pu les avoir…
- Il ne s'agit pas des coupes, coupa Harry, mais vous chauffez. Taisez-vous et écoutez-moi. Lorsque vous avez vidé cette maison de tous ses objets de valeur..., commença Harry.
Mais Mondingus l'interrompit à nouveau :
- A ce que je vois, vous avez bien doté à nouveau la maison, dit-il en observant l'argenterie de la cuisine avec avidité. Sirius se fichait bien de toute cette camelote…
Il y eut un bruit de pas précipités, un éclat de cuivre étincelant, un clang ! retentissant et un hurlement de douleur : Kreattur s'était rué sur Mondingus et lui avait abattu une casserole sur la tête.
- Empêche-le, empêche-le, il faudrait l'enfermer, celui-là ! s'écria Mondingus en se recroquevillant lorsqu'il vit Kreattur lever à nouveau la lourde casserole.
- Kreattur, non ! lança Harry.
Les bras frêles de l'elfe tremblaient sous le poids de la casserole qu'il tenait toujours en l'air.
- Peut-être encore une fois, maître Harry, pour porter bonheur ?
Tom éclata de rire.
Il faut qu'il reste conscient Kreattur, mais si nous avons besoin d'arguments frappants, c'est toi qui lui en feras l'honneur, répondit Harry. Lorsque vous avez dépouillé cette maison de tous les objets de valeur que vous pouviez y trouver, poursuivit-il, à l'attention de Mondingus, vous avez pris un tas de choses dans le placard de la cuisine. Il y avait notamment un médaillon.
Harry s'interrompit, percevant la tension mêlée d'excitation de Tom.
- Qu'avez-vous fait de ce médaillon, demanda Tom, ne pouvant plus attendre.
- Pourquoi ? demanda Mondingus. Il vaut cher ?
- Vous l'avez toujours ! s'écria-t-il.
- Non, il ne l'a plus, dit Harry, perspicace. Il se demande simplement s'il n'aurait pas pu en tirer plus d'argent.
- Plus d'argent ? répliqua Mondingus. Ça, ce n'aurait pas été difficile… On me l'a volé, figurez-vous.
Tom sentit ses entrailles se serrer.
- Volé ? Par qui ? questionna-t-il, fébrilement.
- Ça je ne sais pas. Il y a trois jours, je vendais des choses sur le Chemin de Traverse, quand un mystérieux sorcier, encapuchonné, a surgi de nulle part. Il m'a immobilisé, et a farfouillé dans ma valise.
- Il vous a tout pris ?
Un voleur volé… La chance de retrouver le Médaillon devenait quasiment nulle.
- Non….Uniquement le médaillon, finit par répondre Mondingus.
Tom et Harry échangèrent un regard. Cela ne pouvait pas être un hasard. La personne qui l'avait volé savait qu'il s'agissait du médaillon de Serpentard mais… est-ce qu'elle savait qu'il s'agissait aussi d'un horcruxe ? Si c'était le cas, alors le pire était à craindre.
- Mondingus, commença Harry, en se frottant la nuque. Je sais que nous n'avons pas forcément une relation des plus cordiale actuellement, et que c'était très indélicat de notre part d'avoir envoyé Kreattur à vos trousses, mais… Si jamais vous entendez parler de ce médaillon, de ce voleur ou de quelconque indice pouvant nous aider à le retrouver, j'oublierais l'histoire des vols, et je vous récompenserais.
Mondingus les observa tour à tour avec suspicion. Avisant leur visage déterminé et plus que sérieux, il acquiesça.
- Eh bien mon gars, tu as l'air de drôlement y tenir à ce médaillon. Mais ok, soit, si jamais j'en entends parler, ou si je le récupère, je viendrais vous retrouver. Moyennant paiement, hein ? rajouta-t-il, précipitamment.
- Vous avez ma parole, répondit Harry.
Tom lui fit un léger signe de tête, tout en lui rendant sa baguette. Il essayait de conserver un masque impassible, mais sa peur était immense. Quelqu'un avait volé son horcruxe, en toute connaissance de cause, il en était sûr.
Et si…et si c'était l'assassin ?
A suivre….
