Hello mes petites cuillières ! J'espère que tout le monde va bien :)

Oui, nous ne sommes pas jeudi (dans une petite heure, ça compte ?) mais demain boulot boulot boulot jusqu'à très tard alors je n'avais pas envie de vous faire languir...

Merci à toutes (tous?) pour vos mots, vous encouragements, vos impressions, vos émotions. J'ai fait pleuré plus d'une d'entre vous et, même si ça ne me réjouit pas vraiment ^^' j'suis heureuse de vous toucher à ce point.

Ces personnages sont tellement importants pour moi...

J'vous laisse lire,

On se retouve en bas.

Enjoy !


Disclaimer : Les personnages appartiennent à S. Meyer… je ne fais que m'amuser avec !


Chapitre 17

Le temps sembla se suspendre.

On resta un moment sans bouger, incapable de se détacher l'un de l'autre.

Les mains d'Edward glissèrent de mes reins au haut de mes fesses, remontant subtilement mon t-shirt pour pouvoir effleurer la peau de mon dos. Mon corps entier frissonna -comme toujours. Son touché, ses gestes, son souffle chaud contre ma peau m'avaient tellement, tellement manqués.

Le silence entre nous était désormais plus apaisant et la douleur dans mon corps s'allégea.

Je calai ma respiration à la sienne, qui se calmait lentement après le baiser que nous venions d'échanger.

Malgré qu'il soit partit de chez moi à peine quelques -longues- heures avant que je ne le rejoigne ici, j'avais le sentiment qu'il m'avait manqué bien plus que n'importe qui dans ma vie et le désir qui brulait me ventre me rendait tremblante comme je l'avais rarement été.

Je ne voulais, et ne pouvais m'éloigner de lui.

Chaque seconde qui passait me montrait à quel point Rosalie avait eut raison de me pousser à m'accrocher à lui, à nous.

Quelque part, et même si la douleur était encore présente dans ma poitrine, le voir rendre les armes et couler ses larmes me rassurait… pour lui qui était acteur, et qui savait tout jouer à la perfection, pour lui qui était sans cesse dans un contrôle absolu... je savais qu'en laissant aller ses émotions ainsi, il me laissait complètement pénétrer dans sa vie, dans son intimité. Il m'ouvrait les portes de quelque chose que personne d'autre n'avait… son âme. Il me donnait un bout de lui.

Cette pensée me fit monter les larmes aux yeux, me faisant frissonner entre ses bras.

Je repensai à notre discussion animée, à tout ce qu'il avait tenté pour m'éloigner… je mesurai alors toute l'étendu de son amour pour moi… Quelle plus grande preuve pouvait-il me donner que de se sacrifier lui-même pour que j'arrive à avoir une vie… normale ?

Bien qu'une vie parfaitement normale sans lui ne m'intéressait pas le moins du monde, je devais avouer que j'étais impressionnée par l'entêtement dont il avait fait preuve pour me tenir à distance.

J'inspirai profondément cette odeur qui était la sienne, sentant ma poitrine se gonfler en me disant que je lui aurais sans doute tenue tête encore des heures pour pouvoir à nouveau ressentir ce que je ressentais à l'instant dans ces bras. Son amour valait absolument toutes les batailles du monde.

Le désir tiraillait mon corps, sa douce chaleur brulait mes reins, mais, bien qu'il m'ait promis de ne plus partir, je restais comme figée, en alerte au moindre signe de doute de sa part; Je n'en voyais pourtant nul part pour l'instant… il était calme, les traits de son visage apaisés malgré la fatigue dessinant des cernes sombres sous ses yeux.

Je voulais prendre mon temps, et cette fois, ne plus faire n'importe quoi… une réconciliation sur l'oreiller n'était pas la solution, et cela n'avait probablement pas été la chose la plus intelligente que nous avions faite jusque là.

Les doigts d'Edward dessinaient toujours des cercles dans le bas de mon dos quand je détachai mon front du sien à regret.

Pourquoi m'éloigner physiquement de lui me paraissait si difficile, presque douloureux ?

- J'aimerais rester contre toi pour toujours, avoua-t-il en ouvrant ses paupières pour m'observer.

L'intensité de son regard fut inédite, mon cœur s'accéléra tout seul sous sa coupe.

- Ca ne serait pas trop pratique, plaisantai-je dans un sourire, espérant détendre l'atmosphère encore pleine d'émotion entre nous.

Un léger sourire étira ses lèvres et éclaira son regard sombre.

- C'est vrai, admit-il en se reculant légèrement pour m'étudier à nouveau.

Il resta silencieux une nouvelle fois, son regard sondant le mien de la manière la plus profonde qui soit. Je fus presque embarrassée de le voir lire en moi de la sorte. J'aurai aimé découvrir le fond de ses pensées et ce à quoi il songeait à cet instant précis.

- Je vais rentrer, soufflai-je en bout d'une minute à ne pas savoir quoi regarder d'autre que ses yeux inquisiteurs qui semblaient lire dans le fond de mon âme. Tu as ton rendez-vous et je dois…

- Tu peux venir, me coupa-t-il doucement.

Mes yeux retrouvèrent les siens. Sa sincérité me toucha.

- Je ne veux pas m'incruster Edward, refusai-je gentiment.

- Tu as ta place.

Il laissa passer un silence pendant que j'hésitai.

Devais-je y aller ? Ou devais-je rentrer récupérer les nombreuses heures de sommeil dont mon corps avait été privé ces derniers mois ? Je ne savais même pas ce que ce diner représentait ni avec qui il devait avoir lieu !

- Je dois diner avec Jasper et Alice pour organiser la soirée de lundi, expliqua-t-il devant mon hésitation. Ca va probablement être ennuyeux à mourir d'entendre parler de logistique et de mise en place mais j'ai vraiment… vraiment pas envie de me séparer de toi.

Le fait qu'il ressente le besoin de m'avoir près de lui, et qu'il me l'avoue fit accélérer mon cœur.

- Je ne veux pas déranger, avouai-je presque timidement, soudain embarassée.

- Tu es avec moi. Tu as ta place, répéta-t-il, faisant se contracter mon ventre doucement.

Ces mots que j'avais pensé ne plus jamais entendre…

- Je n'ai pas de quoi m'habiller, lui fis-je remarquer dans un souffle.

Il jeta un coup d'œil à la montre à son poignet avant de reporter son attention sur moi.

- On a encore le temps de faire l'aller-retour chez toi, proposa-t-il calmement.

Comment était-il si calme alors que j'avais la sensation que mon corps entier allait exploser à chaque mouvement de sa part ?

Je finis par hocher la tête, me sermonnant presque de manquer de rejeter un moment avec sa présence à mes cotés.

A regret, on se détacha.

Edward passa une main sur son visage, chassant les dernières traces de ce combat qui avait faillit nous perdre pour toujours.

Quelques secondes, je restai figée quand il s'éloigna, l'observant déambuler dans la suite lentement. Il récupéra son porte feuille, ses clés et son portable sur la table.

Dernière le bar, son regard croisa le mien brièvement avant qu'il ne pose sa tasse désormais vide dans l'évier. Cela suffit à faire accélérer mon cœur, faisant crépiter l'air autour de moi.

J'avais du mal à penser, à réfléchir.

Chaque geste de son corps semblait agir sur le mien, rendant mon cerveau incapable de prendre la moindre décision seul.

Comme depuis le premier instant, mon être entier ne vivait plus que pour le sien.

J'avais presque la sensation qu'il ne s'était rien passé. Que nos cris dans cette pièce n'avaient jamais eu lieu. Que notre amour n'avait pas faillit disparaitre… Et que je n'avais jamais eu la sensation que j'allais être engloutie par le chagrin.

Comme si rien de cela n'avait existé.

Comme si, rien que part son regard chaud et tendre dans le mien, tout ce qui voulait nous séparer s'envolait, disparaissait.

Nous allions y arriver. Je le savais.

Nous en étions capable.

On quitta la suite un instant plus tard, marchant dans le long couloir en silence. Je ne savais quoi lui dire. Notre bataille m'avait vidée de l'énergie débordante dont j'avais souffert toute la journée et je me sentais épuisée, vide d'absolument tout.

En attendant l'ascenseur, sa main glissa le long de la mienne, caressant ma peau lentement avant de nouer ses doigts aux miens.

Ce geste tendre m'apaisa bien plus que je l'aurai cru.

Je serrai ses doigts plus fort en fixant les portes de l'ascenseur qui s'ouvrirent devant nous en silence.

Oui, nous allions y arriver.


Arrivés dans la parking, je fronçai les sourcils en ne voyant ni Dean, ni le SUV que nous avions l'habitude d'avoir.

- Et Dean ? demandai-je quand on commença à traversé l'endroit désert.

Le sourire qu'il afficha augmenta ma curiosité. Il m'entraina à sa suite à travers le parking, longeant une première allée de voitures toutes plus rutilantes les unes que les autres.

Brièvement, je me demandai même si Dean était toujours son chauffeur avant de me rappeler qu'il m'en avait parler plus tôt. Allions nous prendre notre propre voiture ? Edward avait-il d'ailleurs une voiture personnelle qu'il conduisait ? Il ne m'en avait jamais parlé.

- On ne l'attends pas ? demandai-je, la curiosité l'emportant.

- Nope, avoua-t-il en continuant de marcher. Je lui ai donné sa journée. Je ne pensais pas que… tu vois, souffla-t-il, presque embarrassé.

Je lui fis un petit sourire quand il me jeta un regard. Moi non plus je n'avais pas prévu ça…

Mes yeux balayèrent le parking dans lequel nous étions. Plusieurs grosses cylindrées étaient garées de part et d'autre de l'allée. Mon incompréhension s'intensifia.

- On va prendre un taxi ? demandai-je, incapable de me taire.

Edward me lança un regard de biais, le sourire sur ses lèvres voulut dire beaucoup.

- J't'en prie ! souffla-t-il en levant les yeux au ciel avec arrogance.

- Les gens normaux prennent des taxis tu sais ?

Il éclata d'un rire sensuel tout me rapprochant un peu de lui en tirant sur nos doigts liés. Avait-il déjà été plus sensuel, plus beau que ce soir ? Sa proximité fit sursauter mon cœur et provoqua un spasme dans mon ventre. Je regrettai brutalement la tournure de cette soirée… je me mis à ne rêver que d'une chose : passer le reste de la soirée enfermés dans sa suite

- Nous ne sommes pas des gens normaux, s'amusa-t-il, me coupant dans mes pensées peu chastes.

Je grognai, levant les yeux au ciel devant son arrogance avant de sentir s'étaler un sourire sur mon visage. J'avais l'impression qu'il y avait une éternité que ça ne m'était plus arrivé de sourire…

- On va prendre celle-là, finit-il par dire en nous arrêtant devant une place dans le fond du parking, à droite.

Mon cerveau s'arrêta en même temps que mes pieds.

- Tu rigoles ?

Mon souffle se raréfia alors que mon pouls s'affolait.

- Je peux toujours appeler Dean…

- Non ! m'exclamai-je en lâchant sa main pour m'approcher du véhicule lustré à la perfection, ma voix ricochant contre les murs du parking.

Mes doigts tremblèrent en effleurant le capot rouge vif. Rien que de m'imaginer dans ce monstre de beauté me fit rougir.

- Elle est à toi ?

- Ouep.

- C'est la 2019 ? La EVO ? questionnai-je en observant les feux.

- Je ne te savais pas connaisseuse, souffla-t-il, appréciateur tout en me rejoignant.

- Je veux la conduire, débitai-je avec rapidité, ne pouvant lâcher des yeux cette merveille.

Edward éclata de rire, comme si je lui avais fait une bonne blague.

- Je suis sérieuse !

Il me contourna puis la déverrouilla. Mon cœur avait apparemment envie de foutre le camp.

- Edward !

- Isabella, s'amusa-t-il, apparemment ravi de l'effet que cela me faisait.

- Tu ne peux décemment pas me mettre une Huracan sous le nez et me refuser de monter derrière le volant !

- Je ne veux pas mourir, ironisa-t-il en ouvrant la portière.

Je m'entendis presque gémir de désespoir face à son refus.

- Tu es le pire des...

- Monte, ordonna-t-il avant de rire, s'installant au volant tout en m'ignorant royalement.

Son rire me dérida même si je lui lançai un regard noir en m'installant coté passager, ce qui augmenta son amusement. Notre séparation me semblait déjà si loin… j'avais presque l'impression qu'elle n'avait jamais existée.

Cependant, je ne pu me concentrer longtemps sur notre propre histoire puisqu'il démarra le moteur dans un vrombissement qui me fait frissonner de la tête aux pieds.

- Oh mon dieu, murmurai-je devant le ronron lascif de la Lamborghini.

- Je sais, souffla Edward à mon coté, ses doigts caressant distraitement le volant.

Je me tournai légèrement vers lui, le faisant sourire quand il croisa mon regard. Euphorique, j'étais certaine d'avoir les yeux brillants et un sourire béat que je n'arrivais plus à retenir sur le visage.

- Depuis quand l'as-tu ?

- Quelques semaines. J'avais besoin d'une distraction.

Les brides de notre ruptures revinrent en force dans mon esprit. Je frissonnai malgré moi.

- Une distraction ? répétai-je, interloquée. Une séance de cinéma est une distraction Edward… ou une promenade, l'achat d'un barbecue !

- Ou une Lamborghini, approuva-t-il en s'attachant.

- Une voiture à 180 000 dollars n'est pas une distraction Edward ! m'indignai-je en m'attachant à mon tour.

- 198 000, me corrigeât-il dans un sourire enjôleur.

Je remerciai le ciel d'être assise pendant quelques secondes. Je ne sentais carrément plus mes jambes. La bouche sèche, j'eus du mal à reprendre pieds avec la réalité. Avais-je quitté son monde un peu trop longtemps ?

- Respire ! se moqua Edward en quittant sa place de parking, mon ventre sursautant à la douce mélodie du moteur accélérant lentement.

- C'est probablement le plus beau jour de ma vie ! admis-je devant l'air qu'il arborait.

Il éclata d'un rire sensuel qui refit concentrer mon attention sur sa personne. Il était la perfection même et cette voiture lui allait comme un gant.

- Et tu n'es pas derrière le volant, me nargua-t-il en quittant lentement le parking souterrain.

Je grognai, plus pour le plaisir de l'entendre rire à nouveau que par vraie contrariété, bien que le fait qu'il refuse que je la conduise me frustrai prodigieusement.

A une vitesse contrôlée, Edward remonta l'allée menant au portail de l'hôtel. Le soleil se couchant inondait la voiture d'une lumière orangée et chaleureuse. Je n'avais qu'une envie : que l'on se dirige vers l'autoroute et qu'il accélère au point de faire décoller mon cœur. Je voulais voir ce que cette merveille de beauté et de puissance avait dans le ventre.

Le véhicule se stoppa devant le portail qui s'ouvrit lentement, me faisant trépigner d'impatience. Je jetai un regard totalement excité à Edward dont le visage s'était quelque peu fermé.

- Prends mes lunettes de soleil et ma casquette dans la boite à gants. Mets les, murmura Edward après une seconde à scruter la rue qui s'ouvrait devant nous.

Ne cherchant pas à comprendre ou à discuter, je m'exécutai en silence, mon cœur se comprimant un peu malgré moi.

Je les enfilai, me sentant toujours aussi ridicule vêtue ainsi. Edward me jeta un coup d'œil, acquiesçant un petit sourire en glissant une mèche de cheveux derrière mon oreille. Comme la première fois qu'il avait eu ce geste, lors du soir de notre rencontre, mon ventre sursauta à son contact.

On échangea un regard lourd de sens et d'électricité, semblant penser tous les deux exactement à cet instant là.

- Tu es très belle, me complimenta-t-il, un sourire plus prononcé sur les lèvres.

- Je suis ridicule, le contrai-je en ravalant le rougissement de mes joues.

- Tu es parfaite, me corrigea-t-il en souriant avant de reporter son regard sur la route. Il y a deux voitures de paparazzis pile en face de nous, m'expliqua-t-il en mettant des lunettes de soleil.

Je m'entendis déglutir avant de regarder les deux véhicules noires qu'Edward m'indiquait, garés de l'autre coté de la route. Malgré les vitres teintées, je savais qu'ils nous shooteraient sans mal.

- Prête ? demanda Edward d'une voix calme quand le portail fut presque totalement ouvert.

Ma main se posa sur la sienne, sur le volant. Nos regards se croisèrent une seconde.

J'étais prête. Peut-être même prête à absolument tout ce qu'il voulait.

Les paparazzis déguénèrent leurs appareils photos à l'instant même où Edward passa la grille de l'hôtel. Incapable de détacher mon regard de leurs véhicules et de leurs visages, une vague de violence me traversa en les regardant s'affoler à notre vue. Quel type de personne pouvait donc faire ce genre de choses ? Avaient-ils un cœur ? Une âme ?

Si j'avais pu, je leur aurai certainement lancé quelque chose au visage. Plusieurs flash m'aveuglèrent malgré les lunettes et les vitres teintées. Au mieux, je repoussai le sentiment d'angoisse qui voulu enserrer ma poitrine.

Edward accéléra une fois sur la route, me collant au siège, incapable de bouger ou de faire le moindre geste.

La voiture gronda, me faisant frissonner de la tête au pied. L'adrénaline courut dans mes veines et me comprima la poitrine si fort que j'éclatai de rire, provoquant chez Edward un sourire qui fit décoller mon cœur. Voilà bien longtemps que je n'avais pas ressentis une chose pareille.

Dans le rétro, je vis les paparazzis courir à leurs véhicules pour monter dedans certainement plus rapidement qu'ils ne l'avaient jamais faits.

Mais certainement pas assez pour nous.

Très vite et malgré leur réactivité, on les sema, les laissant s'éloigner loin derrière comme un point disparaissant dans le désert.

- Je comprends pourquoi autant de chevaux, m'amusai-je après une minute à nous faufiler dans la circulation, retrouvant petit à petit une vitesse normale.

- C'est jouissif, s'exclama Edward dont le sourire n'avait pas quitté la bouche.

Je l'observai quelques secondes, incapable de détacher mes yeux de lui. Il n'était pas beau… ce soir, le soleil déclinant inondant son visage, il était sublime… ma perfection.

Sur le chemin jusqu'à chez moi, je repensai à ce qu'Edward m'avait dit un peu plus tôt : il voulait que je vienne avec lui à l'hôtel le temps que les choses se… règlent. Cette perspective fit accélérer mon cœur doucement. Cela équivalait à vivre avec lui, et, peu importe tout ce qu'il s'était passé entre nous ces derniers mois, je me sentais prête à franchir n'importe quelle étape. Si je devais vivre avec lui pour ne plus qu'il me quitte jamais, j'étais prête à faire ma valise immédiatement.

Les rues d'L.A. défilant sous mes yeux à une vitesse normale, je soupirai. Ici, nous n'aurions jamais une vie totalement normale. Ici, star et paparazzis vivaient, emmêlées dans un tourbillon de publications et de journaux mal réputés.

- A quoi tu penses ? demanda doucement Edward en posant sa main sur ma cuisse recouverte de mon jean, ses doigts brulants ma peau à travers le tissus pourtant épais.

Mon regard revint sur lui. Son visage et ses yeux attentifs me feront-ils toujours le même effet ? Bien sûr que oui. Mon corps entier sembla se réchauffer à cette pensée.

- On devrait partir, réussi-je à dire dans un souffle.

Je posai ma main sur la sienne, mêlant amoureusement nos doigts par automatisme. Je me rendis brutalement compte à quel point tout cela m'avait horriblement manqué.

- Partir ?

- Oui, juste toi et moi.

- Quand tu veux, approuva-t-il en ramenant nos doigts liés à sa bouche pour les embrasser, les yeux fixés sur la route devant nous.

- On pourrait nous acheter une île et vivre dessus, seulement toi et moi.

Son regard s'illumina du sourire traversant ses traits.

- Ne me dis pas ce genre de chose, s'amusa-t-il en me jetant un regard de biais. Je suis capable de le faire.

Sa réaction me fit rire en même temps qu'elle tordit mon ventre. Je savais qu'il pouvait le faire.

- Tu n'as jamais songé à quitter L.A. ? finis-je par demander après un silence lorsqu'on traversa mon quartier lentement.

Mes voisins allaient certainement être éberlué de découvrir une si belle voiture dans notre rue… devant chez moi. Cette pensée me fit frissonner. Ca n'était certainement pas avec ce genre de véhicule que nous passerions inaperçus. Il haussa les épaules, me reconnectant à la réalité.

- Si… quelques fois.

- Tu aimerais aller où ?

Son regard me transperça quand il se gara devant chez moi, éteignant le moteur qui se coupa dans un soupire grave. Ses yeux firent le tour de mon visage sans s'arrêter nul part. A quoi pensait-il pour être si… grave tout à coup ?

- Où tu veux, tant que je suis avec toi.

Mon cœur se serra dans ma poitrine avant qu'il ne se tourne légèrement vers moi, sa main caressant ma joue doucement. Son contact me fit du bien et je dus lutter pour garder les yeux ouverts.

- J'ai cru t'avoir perdue pour toujours, murmura-t-il à demi-mots.

La douleur de son expression me figea, faisant s'accélérer mon cœur lentement. Mes mains tremblantes entourèrent son visage à mon tour, son regard glissant lentement vers ma bouche.

Mon ventre se retourna à l'instant où il se pencha vers moi pour m'embrasser. Contre ses lèvres, je lâchai un soupire. Il se recula légèrement alors que mon cœur menaçait de sortir de ma poitrine.

Rien au monde ne valait que je me passe de tout ce que je ressentais à son contact. Mes doigts glissèrent dans sa nuque, mes lèvres effleurèrent à nouveau sa bouche avant qu'il ne s'éloigne, le souffle court.

Le désir réchauffait déjà mon corps et, au vue des yeux sombres d'Edward, c'était aussi son cas.

Mes yeux fouillèrent les siens une seconde, un peu perdue par son changement de comportement.

- Pas ici, souffla-t-il en passant son pouce sur ma bouche.

Je repoussai le réchauffement de mes joues en me rendant compte que nous étions toujours dans sa voiture, en pleine rue et que n'importe qui pouvait nous voir.

On sortit du véhicule, laissant dedans nos lunettes de soleil et ma casquette que je retirai en sortant. On le contourna rapidement avant de pénétrer dans la maison, disparaissant des yeux du monde.

Peu importe à quoi je tentai de réfléchir, tout me ramenait à Edward juste derrière moi et à la sensation brulante qu'avait provoqué sa bouche contre la mienne.

Je voulais prendre le temps. Je voulais savoir, être sûre qu'il n'allait vraiment jamais plus me quitter, mais quand il referma la porte derrière nous et qu'il me plaqua contre avant de me soulever contre lui, mes pensées furent brutalement anéanties.

Je ne voyais plus que lui. Je ne sentais plus que lui.

Sa bouche retrouva avidement la mienne, m'embrassant avec une exigence que je ne lui connaissais pas. Mes clés tombèrent sur le sol dans un bruit sourd, résonnant sur la parquet massif.

Les derniers évènements entre nous virevoltèrent autour de nous, s'emmêlant alors que sa langue pénétrait ma bouche sans aucun accord, me faisant gémir contre sous son assaut.

Peut-être était-ce le trop plein d'émotions de ses derniers mois, et de ses dernières heures. Peut-être était-ce nos disputes, nos batailles. Peut-être était-ce cette peur, qui rongeait mon être, et le sien… mais mon cerveau cessa de fonctionner, et mon cœur s'accéléra quand il me poussa un peu plus contre la porte, me calant entre le bois froid et son corps brulant pour me sentir plus près.

Son assaut violent me fit à nouveau gémir alors que ses mains soutenaient mes cuisses, sa langue s'attelant à allumer un peu plus le brasier qui rongeait déjà mon corps.

Son bassin frotta le mien, m'imposant le feu de son propre corps alors que je tremblai, tentant de lui rendre tout ce qu'il me donnait avec son baiser.

Je ne voulais plus attendre. Je le voulais maintenant, qu'importe les conséquences.

L'urgence dans ses gestes m'enflammait et me rassurait à la fois : il semblait ressentir exactement la même chose que moi.

Il s'appuya un peu plus contre moi, me maintenant dans un équilibre précaire contre la porte alors que je me tordais contre lui quand ses mains descendirent le long de mon corps pour trouver le bouton de mon jean sur lequel il tira sans ménagement.

Tout allait trop vite, mais, pourtant, tout n'était que trop lent. Je le voulais. Je le voulais le plus rapidement possible et rien a part lui ne pourrait réussir à apaiser la brulure de mon corps.

- Je te veux, maintenant, lâcha-t-il contre ma bouche, la voix cassée avant de glisser dans mon cou pour mordre ma peau.

Nous avions traversés tellement de choses, nous avions déjà eu tellement d'étreintes… mais jamais aucune n'avait eu le gout de celle-ci. Tout était différent.

Avec la même frénésie, il me remit sur pieds. Chancelante, je m'accrochai a ses avant bras quand il tira sur mon jean pour me l'enlever. Mon sous-vêtement suivit presque immédiatement le même chemin.

Tremblantes, mes mains s'attaquèrent à la ceinture de son pantalon avant d'en défaire rapidement les boutons.

Le désir brulant mon corps n'avait certainement jamais eu d'égale, et, quand il me souleva contre lui une fois libéré de son boxer, sa plainte rauque vibra dans mon cou lorsqu'il glissa entre mes chairs, coupant mon souffle.

Ses mains serrèrent mes cuisses, me maintenant avec force entre lui et la porte clause. Mon corps entier me brulait, lui réclamant ma délivrance alors que son bassin bougeait sensuellement contre le mien, me faisant me tordre contre le bois de la porte.

L'instant d'après, son corps s'enfonça dans le mien d'un coup de rein.

Le sentir aussi puissamment en moi me coupa le souffle, faisant trembler mon corps entier alors que mon plaisir augmentait par vagues violentes.

Pendant une seconde, il ne bougea plus, reprenant difficilement son souffle dans le creux de mon épaule.

- Ca va ? demanda-t-il en se redressant, son regard sombre dans le mien.

Je hochai la tête, incapable de parler. Le retrouver ainsi était la meilleure chose au monde. Enfin, nous étions… nous. Lui, moi. Ensemble.

Je soupirai d'aise en me penchant vers sa bouche, savourant son corps dans le mien. Tout ce que j'avais pu ressentir plus tôt dans sa chambre d'hôtel laissa place au désir brulant, inondant mon corps de lave incandescente. Mes reins se creusèrent, accentuant la sensation de nos corps imbriqués.

Je voulais plus… je voulais tout.

Ses mouvements reprirent, rapides et incroyablement puissants.

J'allais à la rencontre de ses hanches, accentuant la cambrure de mon corps pour pouvoir le sentir au maximum. Quand il étouffa un gémissement contre ma peau, mon cœur s'affola.

J'allais mourir, mourir de plaisir.

En parfaite synchronisation, nos yeux se croisèrent, nos sourires se répondirent avant de s'écraser l'un contre l'autre. Son baiser, doux et tendre, contrasta largement avec la folie accompagnant les mouvements de ses hanches. Je me laissai aller, acceptant absolument tout ce qu'il me donnait en gémissant contre sa langue.

Il avait le dessus, sur moi, sur tout, et il le savait.

Mes mains entourèrent son visage alors que je me redressai, accentuant à nouveau la cambrure de mes reins, presque à m'en faire mal alors que tout mon corps s'enflammait contre lui. Sa bouche glissa dans mon cou, mordant la peau sous mon oreille tandis que sa respiration lourde et frénétique suivait les mouvements parfaits de son bassin.

Ma perfection.

- Je t'aime, souffla sa voix rauque contre mon oreille, me faisant basculer quand ses mains serrèrent plus fort mes cuisses sous le plaisir qui le terrassa au même moment.

Tremblant, il dut se maintenir d'une main contre la porte pour réussir à rester debout le temps que nos corps arrivent à se calmer complètement.

A nouveau, le temps s'arrêta.

Lorsqu'il se redressa pour me regarder, mon coeur loupa un nouveau battement devant la profondeur de ses yeux. Le souffle encore court, j'eus toute la peine du monde à reconnecter mon cerveau. Ses doigts caressèrent brièvement ma joue avant de frôler ma bouche.

- Je t'aime, murmurai-je à mon tour, sentant son souffle se couper.

Ses yeux se fermèrent une seconde pendant qu'un frisson le secouait contre moi. Quand il les rouvrit, j'eus presque envie de pleurer devant cette chose énorme que je ressentai dans ma poitrine : mon amour pour lui.

- Comment j'ai pu croire que je pourrais vivre une seule minute sans toi ? souffla-t-il avant de se pencher pour m'embrasser, anéantissant mes pensées.

Son baiser fut largement plus calme que ce que nous venions de vivre et je m'entendis à nouveau gémir contre sa langue, mon souffle mourant entre ses lèvres.

Quand il se recula, son front se posa sur le mien le temps que l'on reprenne notre souffle.

Cela dura peut-être une minute… peut-être dix, vingt. La notion du temps avait disparut à l'instant où il m'avait soulevée contre cette porte.

Après un moment, il me relacha, me remettant sur mes pieds doucement.

Tremblante, je récupèrai mes vêtements que j'enfilai à nouveau en le regardant remonter son pantalon et refaire la bouche de sa ceinture des ses doigts habiles.

- J'avais prévu d'attendre, réalisai-je en l'observant passer une main dans ses cheveux pour se recoiffer.

Il éclata de rire en s'approchant de moi à nouveau.

- Je ne t'ai pas entendu me dire non, plaisanta-t-il en glissant ses mains autour de ma taille pour me rapprocher d'autant plus de lui.

- Je ne l'ai pas dit, admis-je en me sentant rougir.

Un sourire étira ses lèvres alors que je me hissai sur la pointe des pieds pour effleurer sa bouche à nouveau. M'avait-il drogué ? J'avais le sentiment d'être incapable de m'éloigner de lui, de me lasser de lui… Comment pourrais-je ?

Je le sentis sourire contre mes lèvres avant que mes doigts ne glissent dans ses cheveux, m'appuyant contre lui pour pouvoir l'embrasser plus profondément.

Le désir revint, chaud, brûlant dans mon corps encore tremblant de notre précédente étreinte. Que m'avait-il fait ?

- Tu devrais aller te changer, murmura-t-il, essoufflé en relâchant ma bouche.

Je hochai la tête, les yeux toujours clos en tentant de reprendre mon souffle et le contrôle de mon corps.

Après une minute, je finis par me détacher de lui et regagner ma chambre sans me retourner. Je ne voulais pas le regarder : si je le faisais, j'allais probablement devenir folle. Était-ce sa trop longue absence qui me revenait comme un boomerang et me donnait l'impression que rien en me rassasierait jamais de son corps contre le mien ?

Une fois devant mon placard, je posai les mains sur mes hanches en soupirant. Que pouvais-je bien mettre pour un diner avec son équipe ? Etaient-ils au courant pour nous ? Comment réagiraient-ils ? Approuvaient-ils la relation que nous entretenions ?

- Tu réfléchis trop, dit-il soudain derrière moi.

Je sursautai un peu, étouffant un rire avant de m'appuyer contre lui quand il enroula ses bras autour de moi. Il me serra puissamment contre lui, me laissant dans l'impossibilité de m'échapper… ce qui était, évidement, la dernière de mes envies.

- Tu étais sérieux ? finis-je par lui demander en me tournant dans ses bras.

- Je le suis toujours, assura-t-il en ne sachant de quoi je parlais.

Je levai les yeux au ciel en repoussant un rire certainement idiot.

- Quand… quand tu as dit que je devais venir vivre avec toi ? repris-je après un instant à fixer ses yeux où un lueur d'amusement flottait. Tu étais sérieux ?

- Je refuse de prendre des risques inutiles, avoua-t-il, le visage s'assombrissant légèrement.

Il laissa passer un silence avant d'inspirer doucement.

- Je veux que tu vives avec moi.

- D'accord, murmurai-je.

Mon cœur avait envie de foutre le camp alors que mon cerveau rendait les armes face à la profondeur de son regard.

- Si j'avais sus que tu cèderais si facilement, je te l'aurai demandé il y a des semaines, avoua-t-il.

- Il y a des semaines je ne savais pas ce qu'était de vivre sans toi, murmurai-je en me sentant rougir.

Ses yeux brillants se perdirent dans les miens, accaparant mon souffle.

- Je ne savais plus quoi faire, finit-il par dire après quelques secondes de silence, la douleur dansant dans le fond de ses iris à nouveau.

- Je sais.

L'intensité entre nous me broya le cœur à main nue. Je tentai de lui sourire doucement, espérant qu'il comprenne à quel point j'étais prête à tout pour lui.

- Mais heureusement, tu es probablement la seule femme au monde plus têtue que moi, avoua-t-il dans un sourire avant de secouer la tête, partagé entre dépit et stupéfaction.

Un rire m'échappa, allégeant brutalement l'atmosphère entre nous.

- Ma perfection, souffla-t-il en se penchant vers moi pour effleurer à peine mes lèvres avant de disparaitre de ma chambre, me laissant haletante et émue.

Sa perfection.


Le restaurant était sublime, et incroyablement vide si je me référai au fait que nous étions la seule table occupée à cet étage. Edward avait-il privatisé cette salle ? Celle du bas, que nous avions traversée par le coté était pleine à craquer, mais, ici, les dizaines de tables n'étaient même pas dressées. Seule la notre trônait, en plein milieu de la pièce, les serveur allant et venant pour nous ramener nos plats et remplir nos verres d'un vin absolument divin.

- Tout va bien ? murmura Edward à mon coté en se penchant vers moi pendant qu'Alice et Jasper en face de nous discutaient organisation. Tu es bien silencieuse.

- Tout va bien, assurai-je dans un sourire que je voulu rassurant.

- Je sais quand tu mens, me rappela-t-il en embrassant ma tempe.

Je me sentis rougir sous son regard inquisiteur.

- Qui y-a-t-il ?

Je m'entendis soupirer avant même d'avoir renoncer à me taire.

- C'est juste… tout cette sécurité autour de toi ça… ça m'angoisse, soupirai-je, baissant les yeux sur mon assiette à moitié pleine.

- C'est juste une précaution.

- Tu sais que non, osai-je à mi-voix.

- Ne t'inquiètes pas pour ça. Tout est sous contrôle.

Je serrai les dents, empêchant ma langue de lui avouer le fond de ma pensée. Je n'avais pas peur, j'étais terrifiée. Depuis plus d'une heure, le diner ne tournait qu'autour de la sécurité qui sera déployée autour de lui le lundi soir, au Gala annuel du Met. Tout était parfait, tout était incroyablement bien pensé, calculé à la minute près. Mais le sentiment d'insécurité qui me tordait le ventre me donnait envie de vomir, coupant littéralement ma faim.

Les doigts d'Edward se posèrent sous mon menton, m'obligeant à affronter ses yeux à nouveau.

- Tout ira bien, assura-t-il. J'ai les meilleurs garde du corps qui existe. Tout sera parfaitement sécurisé, je ne risquerai rien.

- Mais Tanya sera là, réussi-je à souffler, provoquant un léger silence à la table.

Les regard de Jasper et Alice convergèrent sur nous alors qu'Edward ne quittait pas mon regard. Dans le sien, un éclat de colère mêlé à de l'inquiétude brilla.

- Ca n'est peut-être pas elle, murmura Alice avant de me faire un petit sourire contrit. On en est toujours au même point. Rien ne filtre.

- On ne peut pas faire plus ? demandai-je, à nouveau angoissée en reportant mon attention sur les deux être face à nous.

Alice haussa les épaules en soupirant.

- Je ne vois pas ce qu'on…

- On pourrait la prendre de front, intervint soudain Jasper en la coupant.

- Mais on ne sait même pas si c'est elle Jasper… soupira Edward, dont l'agacement m'arrivait par vagues.

- Mais si elle l'était ? Si elle était à l'origine de toutes les menaces que reçoit Edward ? Peut-être quand la confrontant on pourrait…

- Hors de question, trancha brutalement Edward à mon coté, me coupant dans mes dires.

Je portai mon attention sur lui pour le voir les dents serrées, le regard froid.

- On ne fera pas une chose pareille et personne n'ira confronter personne.

- C'est pas bête, murmura Alice, capturant mon attention à nouveau.

- Alice…

- Edward ! Ca fait des mois que ça dure, le coupa-t-elle en le regardant droit dans les yeux. Combien de temps devra-t-on vivre avec la peur au ventre ?

- La police mène son enquête, contra-t-il, visiblement mécontent que son équipe lui tienne tête et prenne mon partit.

- Quelle enquête ? s'agaça Jasper, blanchissant un peu. Rien n'avance ! Depuis des mois, rien n'avance ! Je n'attendrai pas qu'il arrive encore quelque chose à l'un de vous, ou à Alice !

Je vis cette dernière blanchir alors qu'Edward croisait les bras sur son torse, mécontent.

- Je pourrais tenter de lui parler, intervins-je récoltant le regard noir d'Edward à mes cotés que je décidai d'ignorer.

- Hors de question, répéta Edward, maintenant en colère.

- Vous ? me demanda Jasper en haussant les sourcils, visiblement surpris.

- Ca peut marcher, souffla Alice, les yeux dans le vague.

- Vous pensez ?

- Isabella ! s'énerva Edward, me faisant sursauter au ton sec de sa voix.

Jamais il n'avait osé me parler sur ce ton et mon cœur se serra devant la colère dans ses yeux.

- Hors de question que tu t'en mêles, tu restes en dehors de ça.

Mon souffle se coupa alors que la colère brula ma gorge, acide et brulante.

- Non, claquai-je plus fort que prévu. Je veux aider Edward !

La stupéfaction traversa nos voisins de table qui échangèrent un regard mais Edward les ignora, la colère faisant briller ses yeux.

- Il n'en est pas question ! s'énerva-t-il en se tournant brusquement vers moi.

- Je peux aider, insistai-je, on peut établir un plan ensemble que je suivrai à la lettre et…

- La discussion est clause, décida Edward en repoussant son assiette à moitié pleine. Tu n'iras pas rencontrer Tanya et je ne veux même pas en discuter !

En colère et à présent mal à l'aise devant l'excès de colère d'Edward, je m'enfonçai dans ma chaise, me pinçant les lèvres pour retenir les mots brulants ma langue. Je détestai me donner en spectacle et le fait qu'Edward soit aussi définitif me comprima l'estomac. J'étais certaine que nous pouvions obtenir quelque chose en suivant mon instinct. Jusqu'à présent, il ne m'avait pas trompé.

La fin du repas se termina dans une ambiance étrange. Je restai silencieuse, incapable de prendre part aux discussions presque tendues. Edward ne décolérait pas et chaque regard qu'il m'adressait me donnait envie de lui crier dessus.

La police n'avançait pas, ni personne d'autre. Rien ne bougeait et nous devions intervenir pour que les choses changent. Il était hors de question que nous vivions encore des mois ainsi.

En quittant le restaurant, je montai dans la voiture d'Edward en silence, serrant les dents. Ma colère n'était pas partie, au contraire, j'avais la sensation qu'elle allait m'engloutir. Pourquoi ne voulait-il pas au moins en parler ? Au moins essayer ? Était-ce parce que la personne visée était Tanya ?

Il entra à son tour, claquant la porte si fort que la voiture entière vibra. Avait-il conscience du prix de cette voiture ?

Sans un mot, il démarra, augmentant la pression et la colère dans mon être. Il m'ignorait ? De mieux en mieux. Je n'avais jamais eu vraiment affaire à cet Edward présomptueux et en colère, mais il ne me faisait pas peur. S'il pensait que j'allais le laisser me marcher dessus, il se trompait largement. Je n'étais pas son équipe et je n'étais certainement pas sous ses ordres.

Arrivés à l'hôtel, je ne l'attendis même pas pour sortir de la voiture et fonçai vers les ascenseurs. J'entendis ses pas arriver jusqu'à moi quand les portes devant moi s'ouvrirent. Mon cœur s'accéléra malgré tout en rentrant dans la cabine, son corps non loin du mien. Comment faisait-il pour être si calme alors que mes nerfs semblaient sur le point de lâcher ?

En pénétrant dans la suite, je retirai mes escarpins et ma veste. Edward, toujours silencieux, gagna la petite cuisine où il se servit un verre d'eau qu'il but lentement, son regard brulant mon corps alors que je faisais de mon mieux pour l'ignorer.

- Vas-tu m'ignorer encore longtemps ? finit-il par demander d'une voix plate.

- Je ne sais pas, vas-tu me traiter comme tes employés encore longtemps ? m'énervai-je, lui faisant face.

Lentement, je vis ses mâchoires se serrer.

- Je t'interdis de prendre des risques inutiles, se défendit-il en déboutonnant les deux premiers boutons de sa chemise habilement.

- S'ils peuvent nous aider à mettre fin à toute cette merde ils ne seront pas inutiles Edward !

- On ne sait pas de quoi elle est capable Isabella, s'énerva-t-il brusquement en reposant vivement son verre sur le bar. C'est hors de question que tu ailles en première ligne.

- Le problème c'est que j'ai raison ou juste le fait que ça soit elle ? arguai-je, contrôlant mal le tremblement de ma voix

- Ca n'a rien à voir.

- Je crois, au contraire, que ça a tout à voir Edward ! Tu refuses d'entendre qu'elle pourrait être impliquée !

Ses grands yeux sombres de colère scrutèrent les miens attentivement.

- Tu devrais cesser d'écouter ta jalousie Isabella, elle te fait dire des choses vraiment ridicules.

Soufflée, je restai figée une seconde avant de soupirer. Oui, j'étais jalouse. Et j'avais peur. Parce que le fait qu'il repousse sans cesse l'idée que Tanya était derrière tout ça ne signifiait-il pas qu'il était encore… aveuglé par elle ? Était-il toujours amoureux d'elle ?

- Si tu ressens encore quoi que ce soit pour elle je…

- Je t'interdis de penser ça, me coupa-t-il en s'approchant.

- Tes réactions me prouve le contraire Edward !

Il secoua la tête en serrant les dents.

- Ca fait des mois que je ne ressens plus rien pour elle. Si ça n'était pas le cas je n'aurai pas sacrifier notre histoire en pensant que c'était la seule solution au risque de me perdre moi-même !

- Alors laisse moi vous aider.

- Non, claqua-t-il avec force.

- C'est la seule solution. Je refuse de continuer à vivre ainsi pendant des mois.

- Je trouverai une solution, s'entêta-t-il en repoussant mon idée. On aura une vie normale.

- Et si ça n'arrive pas ? Si rien ne change Edward ?

Son regard brutalement sombre verrouilla le mien, comprimant mon cœur dans ma poitrine.

- Alors tu auras le choix de partir, murmura-t-il d'une voix sans vie.

Je me figeai, perdue dans les tourments qui habitaient Edward depuis des mois et qui me sautaient brusquement aux yeux.

- Tu es un idiot, finis-je par soupirer.

Edward haussa un sourcil, entre colère et surprise.

- Tu crois vraiment que je finirai par partir alors que j'ai failli mourir sans toi ? Que je me suis battue corps et âme pour que tu acceptes de voir la vérité ?

- Isabella on…

- Je refuse que tu renonces à nouveau, le menaçai-je, ma colère me faisant trembler.

- Ca n'arrivera plus, assura-t-il en s'approchant à nouveau.

- Qu'est ce qui me le prouve Edward ? Si Jasper se fait agresser ? Ou Alice à nouveau ? Tu me quitteras encore pour mon bien ?

La colère éclata dans ses yeux alors qu'il attrapa ma nuque pour me ramener brutalement contre lui, écrasant ses lèvres contre les miennes. Sa langue envahit ardemment ma bouche, ne me laissant pas le temps de réagir. Je m'entendis vaguement gémir contre lui, surprise par l'assaut et la pression que sa bouche exerçait contre la mienne.

- Je t'interdis de penser ça, murmura-t-il hors d'haleine en relâchant ma bouche.

Haletante, je scrutai ses yeux sombres quelques secondes, noyée dans la peine que j'y lus.

- Je t'interdis de penser que je vais t'abandonner.

- Tu l'as déjà fait, réussi-je à dire, sentant mes larmes me bruler.

- La plus grosse erreur de ma vie, souffla-t-il en fermant les yeux brièvement, semblant incapable d'affronter mon regard.

- Alors laisse moi t'aider Edward.

Ses yeux sombres retrouvèrent les miens. Il pinça ses lèvres quand je nouai mes bras dans sa nuque, inspirant profondément en me hissant sur la pointe des pieds.

- Je peux aider. Je peux me rendre à cette réception avec toi et parler à Tanya.

- Je ne vois pas comment…

- Si elle doit tenter quelque chose contre moi, elle essaiera Edward. Si elle est vraiment derrière tout ça, elle doit me détester.

Il serra les mâchoires si fort que j'entendis ses dents grincer. Je passai mes mains dans ses cheveux en posant mon front contre le sien, espérant l'apaiser, ne serait-ce qu'un peu.

- On doit essayer, insistai-je devant l'hésitation de ses yeux.

Ses mains agrippèrent mon visage qu'il maintint avec force contre le sien.

- Tu devras obéir à tout mes ordres.

Je levai les yeux au ciel, sentant un sourire voulant naitre sur ma bouche. Cependant, je le retins et inspirai profondément.

- Tout ce que tu voudras, murmurai-je contre sa bouche. Fais-moi confiance Edward… j'en suis capable.

- Je n'en doutes pas une seconde, rétorqua-t-il en faisant glisser ses mains le long de mon corps jusqu'à agripper mes hanches pour me ramener un peu plus contre lui.

Il m'observa -m'admira serait plus juste- de longues secondes, avant de soupirer longuement. La colère dans ses yeux déserta lentement, laissant place à quelque chose à mi chemin entre la stupéfaction et la gêne.

- Qu'as-tu fais de moi ? finit-il par murmurer, son nez caressant doucement le mien.

Je soupirai, le sentant enfin rendre les armes.

- Je t'avais prévenue que j'étais têtue, risquai-je dans un sourire.

Il secoua la tête, incrédule en repoussant un sourire à son tour. Ses traits se détendirent quand je caressai le bout de son nez du mien à mon tour.

- Je pourrais absolument tout faire pour toi, confiai-je à mi-voix.

Son regard devint plus tendre, et beaucoup, beaucoup plus brulant. Ses lèvres effleurèrent les miennes avant qu'il ne se recule légèrement. Ses yeux fouillèrent les miens plusieurs longues secondes, sentant mon cœur s'affoler par la soudaine profondeur de ceux-ci.

- Qu'importe ce que j'ai pu vivre avec Tanya, personne d'autre au monde ne me fait ressentir ce que je ressens quand tu es près de moi… Je t'interdis de penser que je pourrais encore… ressentir quelque chose pour elle, c'est…

Il secoua la tête, comme si pour lui cela était tout bonnement inconcevable.

- Je… Elle a été ta femme, réussi-je à murmurer, perturbée par ce qu'il me confiait.

- Et tu seras la mienne un jour, promit-il, faisant s'arrêter mon cœur.

Le sang quitta mon corps entier pour affluer sur mes joues alors qu'un sourire en coin prenait place sur ses lèvres. Comment pouvait-il me dire une chose pareille sans ciller ? L'air sérieux qu'il arborait rendit ma respiration saccadée. Il inspira profondément avant de m'embrasser brièvement à nouveau.

- Je n'aimerais plus jamais personne comme je t'aime, assura-t-il avec une telle force, une telle conviction que, en toute conscience, je me mis à le croire aussi.


Bon, bah voilà.

J'ai eu des messages très touchants suite à mes derniers postes... concernant un publication en livres... vraiment, je ne sais pas. J'aime ce que je partage avec vous, et, malgré tout ce que vous me dites, je crois que je ne me sens pas prête, pas légitime d'envoyer mes histoires à une maison d'édition... un jour peut-être. C'est un des grands rêves de ma vie.

Je tiens à vous dire aussi que j'ai commencé à (re)publier Je suis, lien dans mon profil pour celles qui veulent !

Et on oubli pas le plus important : laissez moi un mot.

A très vite, ici ou ailleurs.

J'vous embrasse,

Tied.